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Le maire de Lyon Grégory Doucet “peut travailler” avec LFI “à certaines conditions”

Le maire écologiste de Lyon Grégory Doucet a expliqué mardi qu’il pourrait “travailler” avec la candidate rivale de LFI, mais à condition que personne dans son équipe ne soit “impliqué dans des violences”, au cours d’un débat sur BFM TV.   Interrogé sur la possibilité de faire alliance avec Anaïs Belouassa Cherifi pour le second tour, le maire sortant a répondu “oui” “mais à certaines conditions”. “On ne désarmera pas la police municipale”, a-t-il aussi posé comme ligne rouge.Depuis la mort du militant d’extrême droite radicale Quentin Deranque, battu à mort à Lyon et la mise en examen de suspects liés à un député LFI, l’extrême droite, la droite, le centre droit et même une frange de la gauche socialiste réclament une rupture totale avec LFI.Grégory Doucet a qualifié sa mort de “tragédie” et a dénoncé “toutes les formes de violences”.Interrogé sur la possibilité de fusionner sa liste avec celle de sa rivale de LFI si elle atteint la barre des 10% nécessaires pour se maintenir, il a laissé la porte ouverte.”Le soir du premier tour, les Lyonnais et les Lyonnaises nous auront envoyé un message”, a-t-il dit. “Notre responsabilité, c’est d’entendre aussi ce que les Lyonnaises et les Lyonnais ont à dire.”Le maire sortant, donné loin derrière l’ancien patron de l’OL Jean-Michel Aulas dans les sondages, aura besoin de toutes les voix de gauche s’il veut remporter un second mandat.Anaïs Belouassa Cherifi a elle été interrogée sur la possibilité qu’elle se désiste en faveur de Grégory Doucet. “Sachez que ma priorité, c’est bien sûr que monsieur Aulas ne devienne pas le prochain maire de la ville de Lyon. Je ferai tout ce qui est mon pouvoir pour que ce ne soit pas le cas.”

Le nouveau dirigeant malgache opte pour un “partenariat renouvelé” avec la France

Après une visite très remarquée à Moscou, le colonel Michaël Randrianirina, nouveau dirigeant de Madagascar, a acté mardi à Paris au côté d’Emmanuel Macron un partenariat “renouvelé” et “équilibré” avec la France, ex-puissance coloniale.”Dans un contexte international marqué par de nombreux défis, les deux présidents réaffirment leur engagement pour un partenariat renouvelé, équilibré et résolument tourné vers l’avenir, fondé sur le respect mutuel et orienté vers des résultats concrets au bénéfice de leurs populations respectives”, ont-ils souligné dans un communiqué conjoint M. Randrianirina, “président de la Refondation”, a pris le pouvoir en octobre à l’issue d’un vaste mouvement de contestation de la jeunesse et le renversement par l’armée du président Andry Rajoelina.Le coup d’Etat et l’exfiltration par Paris d’Andry Rajoelina avait alors ravivé le ressentiment contre l’ancienne puissance coloniale française.Les deux dirigeants ont “agréé une série d’orientations” fixant le “cap” de la relation bilatérale pour les deux ans à venir, soit l’échéance de la transition annoncée par les nouvelles autorités malgaches. Cela passe par une “consolidation de la relation politique”, le soutien de la France au “développement économique” de Madagascar et la “poursuite de la coopération de sécurité et de défense”.Emmanuel Macron a “réitéré le soutien de la France à la poursuite du processus en vue de l’organisation d’élections libres et transparentes dans le cadre du calendrier établi”.- “Nouvelle ère” -Pour la France, la relation avec Madagascar reste “prioritaire en Afrique”, avait relevé l’Elysée avant la visite.Situé sur des routes maritimes stratégiques reliant l’Afrique, le Moyen-Orient et l’Asie, Madagascar, ancienne colonie française (1897-1960), dispose de ressources naturelles multiples – du nickel au cobalt en passant par des terres agricoles et une grande biodiversité – qui attisent les convoitises.La France espère y maintenir son influence face à la montée en puissance de pays comme la Chine, l’Inde, les Emirats, et plus récemment la Russie.”Elle compte dans l’océan Indien une importante force militaire et une longue tradition de coopération militaire avec l’Etat malgache”, souligne Mathieu Pellerin, chercheur à l’Institut français des Relations internationales (IFRI).Du côté de Madagascar, l’objectif est d’éviter une dépendance exclusive à la France en multipliant les partenariats, un mouvement déjà opéré sous la présidence d’Andry Rajoelina.Jeudi, en visite à Moscou, où il a rencontré Vladimir Poutine, le nouveau dirigeant malgache a ainsi annoncé “une nouvelle ère de coopération”. Depuis janvier déjà, des instructeurs militaires russes sont sur la Grande île pour former leurs homologues malgaches au maniement d’armes livrées en décembre, dont des drones.- Inquiétudes -A partir des années 70, “des liens diplomatiques et militaires assez forts s’étaient (déjà) développés entre le Pacte de Varsovie et Madagascar”, rappelle Samuel Sanchez, professeur à l’université Panthéon-Sorbonne et auteur de “Madagascar, une approche de l’histoire par les documents”.”De nombreux militaires malgaches (…) ont ainsi reçu leur formation en Union soviétique et dans les pays du Bloc de l’Est. Il y a sans doute un legs de cette époque-là”, poursuit l’historien.Le nouveau président, note-t-il, semble en outre reprendre “le concept de +diplomatie tous azimuts+ qui était chère au président Didier Ratsiraka”, lequel dirigea Madagascar pendant plus de 20 ans au total. A l’évidence, il “essaie de tirer profit de la compétition géopolitique actuelle”.L’historien constate néanmoins que plus de 30% des exportations malgaches se dirigent vers l’Union européenne (dont la moitié vers la France) tandis que “la Russie reste un partenaire économique mineur de Madagascar, avec moins de 1% des exportations malgaches”.Si à Paris, on prend acte de la poussée russe, on entend aussi prévenir toute déstabilisation du lien entre la France et Madagascar.”Côté français, on redoute très probablement qu’un rapprochement avec la Russie durcisse les revendications malgaches sur les îles éparses”, aujourd’hui françaises, souligne Mathieu Pellerin. De nombreux diplomates sont aussi inquiets “de la rapidité avec laquelle la Russie a réagi” pour se rapprocher du nouveau président, souligne aussi une source diplomatique occidentale à Madagascar.Dt-fff-bur-vl/sba

Nouvelle-Calédonie: le Sénat adopte une réforme constitutionnelle au parcours très incertain

Le Sénat a adopté mardi la réforme constitutionnelle sur l’avenir institutionnel de la Nouvelle-Calédonie, un texte décrié que le gouvernement défend comme le seul chemin vers une “stabilité” retrouvée pour l’archipel français du Pacifique mais dont la suite du parcours parlementaire s’annonce très incertaine.Dominés par une alliance entre droite et centristes, les sénateurs ont voté à 215 voix contre 41 ce projet de loi constitutionnelle. Le texte est désormais transmis à l’Assemblée nationale.”Le statu quo n’est pas une option viable” mais reviendrait à abandonner “les idéaux républicains, le progrès social et la construction renouvelée de la paix sur le territoire”, avait déclaré Sébastien Lecornu en ouverture des débats. Défendant un texte qui serait “un chemin de sortie politique durable”, le Premier ministre avait averti les sénateurs que s’il était rejeté, ce serait “la première fois que le Parlement refuserait d’être le notaire d’un accord conclu entre les parties calédoniennes”.Le projet de loi retranscrit deux accords conclus avec la majorité des forces politiques calédoniennes: celui de Bougival (juillet 2025) et celui de l’Élysée-Oudinot, signé en janvier 2026 sous l’égide d’Emmanuel Macron.Concrètement, son premier article prévoit d’organiser avant le 26 juillet 2026 un référendum local, lors duquel les électeurs calédoniens seraient appelés à approuver ou rejeter l’accord de Bougival.Son deuxième article, plus structurel, vise à inscrire dans la Constitution française la création d’un “État de la Nouvelle-Calédonie”, appartenant à l’ensemble national, doté d’une nationalité propre et pouvant être reconnue sur la scène internationale.Les sénateurs ont par ailleurs adopté un amendement fixant au 20 décembre 2026 au plus tard la tenue des élections provinciales, scrutin crucial dont dépend la composition du gouvernement local et qui a déjà été reporté à trois reprises depuis 2024.- Pas “d’alternative” ? -“Donnons une chance à ces accords, parce qu’en Nouvelle-Calédonie, l’alternative à un processus politique ouvert n’est jamais l’attente tranquille: c’est l’incertitude”, a lancé la ministre des Outre-mer Naïma Moutchou aux sénateurs.Dominé par une alliance entre droite et centristes, le Sénat a majoritairement partagé le point de vue du gouvernement. “La voie de la raison, c’est d’accompagner la volonté d’une majorité de partenaires, négociée à Bougival”, assume la sénatrice Agnès Canayer (Les Républicains), chargée de piloter l’examen du texte.Mais l’opposition des indépendantistes du FLNKS à ces accords, qu’ils jugent incompatibles avec la pleine souveraineté du territoire, complique sérieusement la donne. L’absence de consensus local fait craindre à de nombreux parlementaires un “passage en force” aux conséquences potentiellement néfastes à Nouméa.”Ne répétons pas les erreurs du passé”, a alerté dans l’hémicycle le sénateur indépendantiste calédonien Robert Xowie, faisant référence aux émeutes meurtrières de mai 2024 en opposition à une précédente réforme constitutionnelle et expliquant que “la Kanaky-Nouvelle-Calédonie a payé cher l’entêtement du gouvernement”.L’autre sénateur calédonien Georges Naturel, pourtant non-indépendantiste, a dit savoir “au fond de (lui) que cette révision constitutionnelle n’apportera malheureusement pas la solution politique stable et de long terme dont la Nouvelle-Calédonie a tant besoin”, résumant les doutes qui persistent jusque dans le camp loyaliste.Il a rappelé que les indépendantistes de l’Union nationale pour l’indépendance (UNI), signataires de Bougival-Elysée-Oudinot, sont désormais fragilisés par l’opposition aux accords exprimée lundi par l’un des leaders historiques du mouvement, Paul Néaoutyne.Les socialistes ont finalement choisi de s’abstenir. “Nous faisons un pas de côté”, a expliqué la sénatrice PS Corinne Narassiguin, disant vouloir donner au gouvernement l’opportunité de “suspendre l’examen du projet de loi constitutionnelle pour convoquer les élections provinciales au printemps”, comme prévu, avant d’ouvrir un nouveau cycle de discussions. – Parcours semé d’embûches -L’examen s’annonce désormais beaucoup plus incertain au Palais Bourbon, à partir du 31 mars. La gauche et le Rassemblement national devraient s’opposer au texte, tandis que beaucoup d’élus s’attendent à de “l’obstruction” des députés Insoumis.Les parlementaires socialistes – qui détiennent une grande partie des clés de l’avenir du texte – restent extrêmement réservés et Corinne Narassiguin a prévenu que si la navette parlementaire se poursuivait comme prévu, les députés socialistes voteraient contre ce projet de loi constitutionnelle. “Le gouvernement a substitué sa contrainte de calendrier à la recherche patiente d’un compromis”, a critiqué le chef des sénateurs socialistes Patrick Kanner, déplorant un “manque de méthode et de continuité” de l’État dans le dossier calédonien.

Accusé d’interférence, l’ambassadeur américain à Paris calme le jeu avec la France

Après avoir ignoré une convocation de la France, l’ambassadeur des Etats-Unis à Paris, Charles Kushner, a eu un geste d’apaisement mardi en appelant le chef de la diplomatie française, et en se disant disposé “à ne pas interférer” dans le débat public national, comme cela lui était reproché.”L’ambassadeur des États Unis en France a appelé le ministre” mardi midi, a indiqué à l’AFP l’entourage de Jean-Noël Barrot.Ce dernier lui a rappelé les raisons qui avaient conduit à sa convocation au Quai d’Orsay: “la France ne peut accepter quelque forme d’ingérence ou d’instrumentalisation de son débat public national par les autorités d’un État tiers”.Charles Kushner “a pris acte, exprimé sa volonté de ne pas interférer dans notre débat public et rappelé l’amitié qui lie la France et les États-Unis”, a indiqué la même source.Charles Kushner, a eu un appel “franc et amical” avec Jean-Noël Barrot, a indiqué pour sa part l’ambassade américaine, apaisant une dispute diplomatique autour du meurtre d’un militant d’extrême droite à Lyon.Le ministère français des Affaires étrangères avait décidé lundi soir de hausser le ton, révoquant l’accès direct au gouvernement français de l’ambassadeur américain.Charles Kushner, qui n’est pas un diplomate de carrière et dont le fils Jared est le gendre du président américain Donald Trump et son proche conseiller, avait été convoqué au Quai en raison de la republication par l’ambassade américaine d’une réaction de l’administration Trump au décès à 23 ans du militant d’extrême droite Quentin Deranque, battu à mort par des membres de l’ultragauche à Lyon, dans le centre-est de la France.L’ambassade avait relayé un message évoquant des informations qui “devraient tous nous préoccuper”.Mardi matin, Jean-Noël Barrot, interrogé sur France Info, avait alors estimé qu’une explication s’imposait de la part de Charles Kushner qui s’était fait représenter à la convocation par un responsable de l’ambassade, invoquant des engagements personnels.En fonctions depuis l’été dernier, il avait déjà été convoqué fin août après des critiques jugées inacceptables par Paris sur “l’absence d’action suffisante” d’Emmanuel Macron contre l’antisémitisme. Il s’était déjà fait représenter, faute cette fois d’être physiquement à Paris.”Quand on a l’honneur de représenter son pays, les Etats-Unis d’Amérique en France, comme ambassadeur, on respecte les usages les plus élémentaires de la diplomatie et on répond aux convocations du ministère des Affaires étrangères”, avait lancé mardi matin Jean-Noël Barrot sur France Info.Lundi soir, le Quai avait souligné l'”apparente incompréhension des attendus élémentaires de la mission d’ambassadeur”. Par conséquent, celui-ci ne pouvait plus “accéder directement aux membres du gouvernement français”.Sollicité à plusieurs reprises par l’AFP, l’ambassade des Etats-Unis n’a pas donné suite aux demandes. Jean-Noël Barrot avait estimé que cet incident relevait de la “responsabilité personnelle” de l’ambassadeur mais qu’elle n’affecterait “en rien la relation entre la France et les États-Unis” qui fêtent cette année le 250ᵉ anniversaire.- Clore l’incident -Dans un souhait apparent de clore définitivement l’incident, le ministre et l’ambassadeur sont convenus “de se rencontrer dans les jours à venir afin de poursuivre le travail au service d’une relation bilatérale dense”, a indiqué l’entourage de Jean-Noël Barrot. Ils évoqueront probablement un autre contentieux: les sanctions américaines à l’encontre de plusieurs citoyens européens, dont l’ancien commissaire européen Thierry Breton et le juge Nicolas Guillou.Le président américain Emmanuel Macron a récemment écrit à son homologue américain Donald Trump pour plaider la levée des “sanctions injustement imposées” contre les deux Français.Concernant la mort de Quentin Deranque, “nous refusons toute instrumentalisation de ce drame (…) à des fins politiques”, avait souligné dimanche Jean-Noël Barrot, estimant que la France n’avait “aucune leçon s’agissant de la violence, en particulier, à recevoir de l’internationale réactionnaire”.La Première ministre italienne Giorgia Meloni avait également commenté la mort du militant d’extrême droite, provoquant une passe d’armes avec Emmanuel Macron qui l’a priée d’arrêter de “commenter ce qui se passe chez les autres”.Emmanuel Macron, qui avait affirmé quelques jours plus tôt qu’il n’y avait “pas de place pour les milices d’où qu’elles viennent”, a réuni mardi des responsables gouvernementaux pour se pencher sur la lutte contre les “groupes violents ultras ou extrêmes”.La mort de l’étudiant a provoqué une tempête politique et médiatique en France, le parti de gauche radicale France insoumise (LFI) étant sous le feu des critiques.Un suspect, mis en examen pour “complicité de meurtre”, était, à ce moment-là, collaborateur parlementaire d’un député LFI.

Démission de la présidente du Louvre, sur la sellette depuis le cambriolage du musée

La présidente du Louvre jette l’éponge: sur la sellette depuis le cambriolage du 19 octobre, Laurence des Cars a démissionné mardi de la tête du musée le plus visité au monde qui a besoin, selon Emmanuel Macron, d’une “nouvelle impulsion”.Sous le feu des critiques depuis le vol de joyaux de la Couronne, Mme des Cars, 59 ans, a remis sa démission au chef de l’État qui l’avait nommée fin 2021. Le président a accepté son départ en saluant un “acte de responsabilité”, a indiqué l’Élysée dans un communiqué, sans préciser le nom de son ou sa successeur.”Le plus grand musée du monde a besoin d’apaisement et d’une nouvelle impulsion forte pour mener à bien des grands chantiers de sécurisation, de modernisation et le projet +Louvre – Nouvelle Renaissance+”, vaste projet annoncé par Emmanuel Macron début 2025, poursuit le communiqué. Ancienne présidente du musée d’Orsay, Mme des Cars était plombée par le cambriolage du Louvre qui a soulevé une onde de choc mondiale et a mis au jour d’importantes failles de sécurité du musée, qui accueille chaque année quelque 9 millions de visiteurs. Le butin, dont s’est emparé le commando de cambrioleurs en plein jour, a été estimé à 88 millions d’euros et reste introuvable. Laurence des Cars avait d’abord défendu son action mais avait été rapidement déstabilisée par la révélation d’audits de sécurité alarmants sur la sécurisation du Louvre, dont elle n’avait appris l’existence qu’après le cambriolage. “Avec le recul, on mesure que des fragilités structurelles subsistaient. Je comprends que cela interroge”, avait-elle concédé le 1er décembre dans une interview au Parisien.- Failles -Au lendemain du braquage, elle avait remis sa démission à la ministre de la Culture Rachida Dati qui l’avait refusée mais avait ordonné une enquête administrative aux conclusions alarmantes. Selon Mme Dati, ce rapport avait notamment mis en lumière une “sous-estimation chronique, structurelle, du risque intrusion et vol” et “un sous-équipement des dispositifs de sécurité”.Dans un autre rapport accablant publié début novembre, la Cour des comptes avait assuré que le Louvre avait “privilégié des opérations visibles et attractives” et négligé les investissements dans la sécurité.L’institution avait également pointé l’existence d’un audit officiel datant de 2017 qui alertait sur les risques d’une “atteinte” sécuritaire contre le musée aux conséquences potentiellement “dramatiques”. Plusieurs parlementaires avaient pris le relais en s’inquiétant de la vétusté du PC de sécurité du musée.Sous la pression, Mme des Cars s’était montrée combative mais avait reconnu des failles. “Il ne s’agit nullement pour moi de me dérober ou d’adopter une position de déni. Malgré nos efforts, malgré notre travail acharné au quotidien, nous avons été mis en échec”, a-t-elle déclaré au Sénat fin octobre.Plusieurs mesures d’urgence avaient été prises, dont le remplacement de la grille empruntée par les cambrioleurs, et Mme des Cars tentait de se projeter sur le projet colossal “Louvre – Nouvelle Renaissance”, qui prévoit une rénovation du bâtiment et la construction d’une nouvelle entrée et d’une nouvelle salle pour la Joconde. Son message a toutefois été affaibli par une avalanche de revers qui ont frappé Le Louvre depuis le cambriolage, contraint de fermer une galerie en raison de la vétusté des locaux et victime d’une vaste fraude à la billetterie portant sur une dizaine de millions d’euros.En interne, son action était également vivement contestée par les personnels engagés depuis mi-décembre dans le plus long conflit social de l’histoire du musée pour dénoncer leurs conditions de travail. Cette mobilisation, toujours en cours, a conduit le musée à fermer ses portes à plusieurs reprises et a mis au jour des problèmes de dialogue social dont certains syndicats tiennent Mme des Cars pour principale responsable. Le mandat de Mme des Cars courait jusqu’à la fin 2026. Selon le communiqué de l’Élysée mardi, Emmanuel Macron lui confié a une mission sur la coopération entre les grands musées des pays du G7.

Ukraine: Macron “très sceptique” sur la possibilité d’une “paix à court terme” 

Le président français Emmanuel Macron s’est dit “très sceptique” mardi sur la possibilité d’aboutir à une “paix à court terme” en Ukraine, lors d’un échange en visioconférence avec ses homologues réunis à Kiev pour le quatrième anniversaire de l’invasion de ce pays par la Russie.”Je suis très sceptique, c’est le moins que l’on puisse dire, sur le fait de pouvoir aboutir à une paix à court terme”, a-t-il dit à l’ouverture de cette réunion de la “coalition des volontaires” alliés de l’Ukraine.”Il est bon de poursuivre ces initiatives” de discussions de paix, mais “il n’y a pas de volonté côté russe d’aboutir à la paix”, a-t-il estimé. Même si “stratégiquement les Russes sont en train d’être défaits en ce moment”, a-t-il ajouté.Le président français a insisté dans ce contexte sur la nécessité de poursuivre le soutien à l’Ukraine. Sur le prêt européen de 90 milliards d’euros à Kiev, bloqué par la Hongrie prorusse, “nous y arriverons, pas de choix, nous avons pris un engagement” lors du Conseil européen de décembre, a-t-il dit. “Nous aurons à travailler dur sur le 20e paquet de sanctions” de l’Union européenne contre la Russie, également bloqué par Budapest, a-t-il renchéri.Emmanuel Macron a aussi insisté sur la nécessité pour certains des quelque 35 pays membres de la Coalition des volontaires de “lever leurs réserves” concernant les garanties de sécurité à apporter à l’Ukraine, une fois un cessez-le-feu conclu, “afin de faciliter le travail des planificateurs”.”Il est super important de finaliser tout ce sur quoi nous nous sommes mis d’accord, en des termes concrets, afin que ce soit crédible”, a-t-il insisté. fff-vl/jmt/dch   

Paris: Lucie Castets tête de liste de la gauche dans le 12e, la maire écologiste sortante écartée

A deux jours de la clôture des listes, l’ex-candidate de la gauche à Matignon Lucie Castets est appelée à la rescousse par le camp d’Emmanuel Grégoire pour remplacer la maire écologiste du 12e, écartée pour soupçon de management toxique. “Lucie Castets a accepté de reprendre la place de la maire du 12e arrondissement Emmanuelle Pierre-Marie”, a indiqué mardi à l’AFP l’équipe de campagne d’Emmanuel Grégoire, candidat de la gauche unie hors LFI, confirmant une information du Nouvel Obs.La situation n’était plus tenable pour l’élue écologiste, épinglée il y a une semaine par Mediapart, qui révélait une mairie devenue une “cocotte-minute, minée par la souffrance au travail et les départs”. Au total, seize départs ont eu lieu au sein de son cabinet en moins de cinq ans, selon son ex-directeur de la communication Maël Coutand, qui évoque également quatre directeurs de cabinet et quatre chefs de cabinet différents.De son côté, l’édile mettait en cause le Parti socialiste parisien, qui n’aurait pas digéré d’abandonner une mairie aux écologistes, l’accusant de lui avoir fait vivre un enfer.Interrogé par l’AFP, Emmanuel Grégoire dit réaffirmer “que le droit du travail et le bien-être de celles et ceux qui s’engagent pour porter et mettre en oeuvre nos politiques publiques seront toujours des intangibles”.  Lors de la désignation de sa liste jeudi, il expliquait pourtant que Mme Pierre-Marie avait toute sa confiance, disant n’avoir “rien vu qui puisse motiver une procédure pénale”.C’était sans compter l’interpellation sur les réseaux de collaborateurs se disant victimes de harcèlement, et les tirs à boulets rouges de la droite. “La maire du 12e fait du management toxique soutenue par Emmanuel Grégoire et David Belliard”, postait vendredi le compte Dati2026 avec des mots en majuscule et en rouge.Mardi sur Instagram, Mme Pierre-Marie a finalement annoncé sa décision “difficile” de retirer sa candidature de la liste parisienne et de celle du 12e arrondissement, “les conditions pour mener une campagne sereine et tournée vers les habitants n’étant plus réunies”. – “Parachutée” -Dimanche, l’élue avait d’abord indiqué qu’elle entendait “la souffrance des personnes qui témoignent”, et leur présentait “sincèrement [ses] excuses”.”Jamais mon intention ne fut de blesser quiconque, ni de mettre en difficulté les membres de mon équipe”, ajoutait-elle.Selon un porte-parole parisien des écologistes, l’inspection générale de la Ville a été saisie sur le cas de l’édile, de même que la cellule interne d’écoute et d’orientation des écologistes.Lucie Castets, “apparentée écologiste” pour cette campagne municipale, porte l’union de la gauche au niveau national et, à titre personnel, ne ferme pas la porte à LFI à Paris. Elle remplace également Emmanuelle Pierre-Marie sur la liste centrale, où cette dernière figurait en 8e position.”Cette désignation m’honore et m’oblige”, a indiqué Mme Castets à l’AFP, qui réside dans le 20e arrondissement. “Nous allons construire ensemble un mandat marqué par l’excellence de nos services publics, par l’ambition sociale et écologique, la confiance et l’exemplarité”, a ajouté l’ex-directrice financière de la Ville, âgée de 38 ans.Aussitôt annoncé, le changement de pied du camp Grégoire a provoqué les foudres de la droite.”Lucie Castets, jusqu’alors totalement étrangère au 12e arrondissement, a été parachutée. Ce choix constitue un désavoeu pour l’équipe municipale en place”, a réagi dans un communiqué Valérie Montandon, tête de liste dans l’arrondissement pour Rachida Dati.”C’est confirmé: le candidat socialiste a décidé de couler définitivement les finances de la Ville”, a fustigé David Alphand, conseiller de Paris proche de Rachida Dati.Cette décision intervient à moins de trois semaines du premier tour, alors qu’Emmanuel Grégoire est donné à 32% dans un sondage Ifop dimanche, stable mais talonné par Rachida Dati (30%). Cette dernière l’emporterait au second dans quatre des cinq configurations envisagées.”Paris n’est pas +à l’abri+. La vague brune, qui pouvait sembler lointaine, peut toucher Paris”, a posté M. Grégoire mardi sur X, faisant référence à une alliance de second tour, possible selon lui, entre l’eurodéputée d’extrême droite Sarah Knafo et Mme Dati.

A Drancy, Lagarde succèdera-t-il à Lagarde?

L’ex-maire de Drancy Jean-Christophe Lagarde, qui a purgé sa peine d’inéligibilité, espère succéder à sa femme et récupérer son fauteuil, quand trois autres candidats rêvent d’être celui qui parviendra à tourner la page d’un “système Lagarde” qui dure depuis un quart de siècle.Au cœur du nouveau quartier des “Quatre routes”, de nombreux passants viennent saluer l’ancien édile, certains lui donnant du “Monsieur le maire”, ce qu’il n’est plus depuis 2017. Cette année-là, en vertu de la loi sur le non-cumul des mandats, il démissionne de son poste de maire pour rester député et c’est sa femme, Aude Lagarde, qui prend le relais à Drancy, ville de la Seine-Saint-Denis d’environ 70.000 habitants.C’est elle qui se présente et remporte les municipales en 2020, mais choisit de ne pas rempiler en 2026, invoquant, en fin d’année dernière, des raisons de santé.Quelques semaines après le retrait de sa femme, Jean-Christophe Lagarde, qui a purgé sa peine d’inéligibilité de deux ans après une condamnation pour détournement de fonds publics, se déclare candidat pour, selon lui, défendre son bilan et empêcher LFI de gagner la ville.Ancien patron de l’UDI, maire de 2001 à 2017 et député entre 2002 et 2022, Jean-Christophe Lagarde affrontera notamment une liste LFI-PCF, une écologiste, ainsi que son ancien adjoint aux sports Hamid Chabani, entré en dissidence.- “Sa vie privée” -Alors que Jean-Christophe Lagarde est mis en examen, notamment pour escroquerie en bande organisée dans l’affaire de la fausse information publiée contre les ex-LFI Alexis Corbière et Raquel Garrido, ses péripéties judiciaires semblent avoir peu d’importance pour les quelques électeurs rencontrés par l’AFP.”On ne peut pas monter dans la politique tout en étant honnête”, estime auprès de l’AFP Michelle, 66 ans, qui considère que “depuis que les Lagarde sont là, la ville est devenue belle”.Kader, 56 ans et gérant d’une entreprise, n’est pas plus embêté par sa condamnation: “Ça ne me dérange pas, c’est sa vie privée, ce n’est pas comme s’il avait détourné de l’argent”.À quelques centaines de mètres, un militant tractant pour le candidat écologiste Hacène Chibane veut se montrer positif mais relève que nombre de ses concitoyens lui paraissent “amnésiques”.Cet élu d’opposition depuis 2014, d’abord sans étiquette, s’est fait une spécialité de dénoncer auprès de la justice les pratiques politiques de Jean-Christophe Lagarde, non sans un certain succès.Lundi, l’opposant a fait un signalement au parquet national financier après un article de la Lettre selon lequel Jean-Christophe Lagarde aurait touché “un salaire confortable” comme seul salarié d’un microparti à la “faible activité”.Interrogé par l’AFP à ce sujet, l’ancien maire a refusé de répondre pour “ne pas alimenter un coup tordu de plus” à trois semaines du premier tour, pointant “une instrumentalisation” de la justice.- “Le bordel LFI” -Les adversaires des Lagarde, de gauche comme de droite, dénoncent un “système” à base de “copinage”, de clientélisme et de pressions.Lors d’une réunion de quartier organisée par Hamid Chabani, où l’assemblée a fini par appeler Jean-Christophe Lagarde “le roi”, l’ancien proche a rendu hommage au “courage” de ceux venus l’écouter.Pour se défendre, l’ex-maire fustige la figure du “diable horrible qu’on a construit” à son propos et concentre ses attaques sur le “danger” LFI, seule liste en mesure de le battre, selon lui.”Vous voyez le bordel LFI à l’Assemblée nationale? Vous voulez de ça au conseil municipal?”, demande-t-il aux habitants, critiquant “la ghettoïsation que font subir les villes PC-LFI à leur population”.Le candidat LFI-PCF, Gokhan Unver, né à Drancy et qui, à 32 ans, n’a presque connu que les Lagarde comme maires, répond vouloir “rassembler et apaiser cette ville”, qui a placé LFI en tête aux européennes de 2024 avec environ 38% des voix.Ce contexte pousse les adversaires de l’ancien maire à espérer un second tour, ce qui serait une première depuis 2001, et à craindre une triangulaire, synonyme de dispersion des voix pour les anti-Lagarde.Pour éviter un tel scénario, Hacène Chibane a déjà promis de se désister s’il n’est pas en mesure de l’emporter, espérant que ses adversaires en fassent de même.”Un canard qui se présente face à Jean-Christophe Lagarde, je vote pour lui”, ironise-t-il.

Mayotte: Darmanin veut 300 places de prison supplémentaires “d’ici un an et demi”

Le ministre de la Justice Gérald Darmanin a annoncé lundi la construction prochaine d’un nouveau site pénitentiaire à Mayotte, où la prison actuelle, conçue pour 278 détenus, affiche un taux d’occupation dépassant régulièrement les 200%.En visite dans l’établissement de Majicavo, le ministre a déclaré vouloir “250-300 places supplémentaires” dans des “prisons modulaires”, après l’identification de deux terrains potentiels. Il a annoncé un possible retour en juillet avec l’Agence publique pour l’immobilier de la justice pour confirmer le projet.Un deuxième établissement pénitentiaire sur l’île française de l’océan Indien avait été annoncé dès 2022, initialement prévu pour 400 places en dur, mais il est bloqué depuis par la question du foncier disponible, une problématique récurrente à Mayotte.Gérald Darmanin a également annoncé des travaux immédiats dans la prison existante, incluant l’installation de filets anti-projections, ainsi qu’une revalorisation des primes des agents mahorais “d’ici deux mois”.”Il faut absolument construire des places de prison mais, par ailleurs, que les étrangers qui commettent des actes de délinquance soient expulsés”, a déclaré à la presse le garde des Sceaux, précisant que 50% des détenus étaient étrangers et 270 ont été expulsés l’année dernière.Les travaux du tribunal judiciaire, dont les retards suscitent l’ire des magistrats locaux, devrait finir le 8 juillet, a précisé le ministre de la Justice, annonçant qu’il viendrait lui-même inaugurer le bâtiment.Aucune annonce n’a en revanche été faite autour du projet de la cité judiciaire, un autre projet datant de 2022. Cent vingt-quatre millions d’euros pour sa réalisation d’ici 2028-2031 sont prévus dans la loi de refondation de Mayotte promulguée en août 2025.

“Productivité et compétitivité”: les mots clés de Genevard pour un “grand réveil alimentaire”

Dans une France agricole guettée par le déclin, la ministre de l’Agriculture a appelé lundi à relancer productivité et compétitivité, piliers du “grand réveil alimentaire” lancé en décembre au nom de la souveraineté.”Pour que ce salon marque le début du grand sursaut agricole, le chantier majeur est celui de la productivité et de la compétitivité”, a lancé Annie Genevard, s’interrogeant par ailleurs sur l’avenir des petites fermes en inaugurant le stand du ministère au Salon de l’agriculture.La ministre a insisté sur l’importance de la future Loi d’urgence agricole dans un calendrier serré: “Je veux que ce texte aille au bout avant 2027. (…) Entre les campagnes municipales et sénatoriales, il reste, en tout et pour tout, quatre mois au maximum disponibles pour faire prospérer des textes avant les élections”, a-t-elle souligné.”Le texte agricole est inscrit (au Parlement, NDLR), contrairement à beaucoup d’autres, car le gouvernement en fait une priorité”, a-t-elle assuré. Annoncé en pleine mobilisation agricole, pour le troisième hiver consécutif, ce projet de loi portant sur les questions de l’eau, de la prédation des bêtes par le loup et des moyens de production est en cours d’élaboration et devrait être présenté en mars pour un examen cet été.Rappelant qu’en 2025, “pour la première fois depuis 1970, la balance commerciale agroalimentaire de la France a frôlé le zéro”, Mme Genevard a vanté une agriculture retrouvant sa puissance par ses volumes de production et ses exportations, fustigeant de nouveau les “apprentis sorciers de la décroissance” qui “nous expliquent avec une tranquille assurance qu’il faudrait produire moins pour produire mieux”.Alors que le président Emmanuel Macron a donné samedi trois axes politiques pour la ferme française: “produire, préserver, protéger”, la ministre LR n’a jamais abordé la question de l’environnement – le mot n’est pas prononcé une seule fois – et de la protection de la biodiversité.- “Taille critique” -Elle a axé son propos sur le réarmement de l’agriculture face à une concurrence mondiale accrue, y compris au sein de l’Europe, déplorant que la France importe aujourd’hui 40% du fromage qu’elle consomme.Pour défendre la compétitivité, la ministre a rappelé l’engagement de l’exécutif à défendre un budget agricole européen puissant et à combattre toute “concurrence déloyale” dans les échanges commerciaux.Elle a listé les mesures déjà prises en France: “abaissement de charges d’un demi-milliard d’euros”, “mouvement de simplification administrative avec le contrôle unique” des fermes, une “première levée d’entraves avec la loi Duplomb-Menonville”, “l’autorisation de l’utilisation de drones en agriculture” et un “investissement dans la recherche et l’innovation”.Alors qu’approche la campagne présidentielle, “la mère des batailles”, Mme Genevard attend des débats guidés par trois mots d’ordre: “production, ré-industrialisation, compétitivité” auxquels s’ajoute “la question du revenu”.Dans cette perspective, elle a invité à s’interroger sur “la taille critique” des exploitations en France: “Les fermes françaises, globalement de taille intermédiaire, fondées sur un modèle familial, (…) peuvent-elle toujours tenir la cadence face à des exploitations, roumaines, polonaises ou même allemandes?”, a-t-elle demandé.En France, la taille des exploitations était en 2020 de 69 hectares en moyenne, avec une tendance marquée à l’agrandissement, encore loin des gigantesques surfaces des fermes céréalières ukrainiennes ou américaines.Sur la taille des exploitations, le président de la FNSEA, premier syndicat agricole, a relevé cette “nouveauté” dans le discours ministériel, trouvant “assez courageux qu’on se pose la question”.Pour le reste, a ajouté Arnaud Rousseau, “on partage le diagnostic”. La ministre est “assez volontariste dans le discours. Le sujet aujourd’hui, c’est comment elle décline le discours”, a-t-il ajouté.Outre des représentants de la FNSEA, ceux de son allié des Jeunes agriculteurs ont assisté au discours de la ministre, en revanche boudé par les deux autres grands syndicats, la Coordination rurale et la Confédération paysanne.