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Primaire de la gauche: Ruffin confirme qu’il sera bien candidat

Le député de Picardie François Ruffin a confirmé lundi dans des interviews à Libération et TF1 qu’il serait bien candidat à la primaire unitaire de la gauche, comme Marine Tondelier pour les Ecologistes et Clémentine Autain pour l’Après, qui aura lieu le 11 octobre.”La primaire est actée : ce sera le 11 octobre prochain. Et oui, sans surprise, je serai candidat”, indique le fondateur du parti Debout! dans Libération.Les participants à cette primaire – à laquelle ne participeront ni Raphaël Glucksmann ni Jean-Luc Mélenchon – ont annoncé ce week-end qu’elle se tiendrait le 11 octobre.”Elle se fera”, assure François Ruffin dans Libération, sans préciser s’il pourrait être candidat si la primaire n’avait pas lieu.”Et je ne reculerai pas: une fois récolté les 500 maires et les 100.000 soutiens, 100.000 parrains citoyens, je serai candidat à l’élection présidentielle”, ajoute-t-il.”J’y vais pour gagner, et surtout j’y vais pour faire gagner les Français”, a-t-il insisté sur TF1.En mai 2025, l’ancien Insoumis – qui a rompu avec fracas avec LFI au moment des législatives de 2024 – avait déjà appelé de ses voeux à une primaire et annoncé qu’il y serait candidat.Depuis, le député de la Somme, fort de ses trois victoires dans sa circonscription depuis 2017, dont deux face au Rassemblement national, a notamment lancé son mouvement Debout, une déclinaison nationale de son petit parti Picardie Debout.Souvent critiqué pour ses difficultés à s’intéger dans un collectif, il est devenu un des principaux défenseurs de la primaire, qu’il souhaite être “de débordement”.Et continue de tendre la main à Jean-Luc Mélenchon et Raphaël Glucksmann pour qu’ils y participent.”De quoi ont-ils peur ? Du vote, du peuple de gauche, de leurs électeurs ?”, lance-t-il dans Libération.En cas de victoire à la présidentielle, l’ancien journaliste, âgé de 50 ans, promet “une nouvelle abolition des privilèges”.”L’exemple viendra d’en haut: je suis le premier député au Smic, je serai le premier Président au Smic. Je paierai mes factures d’électricité comme de Gaulle et j’achèterai ma vaisselle au supermarché comme sa femme Yvonne. Nous ferons vingt millions d’euros d’économies sur le budget de l’Elysée, quatre cents postes d’infirmières. C’est un symbole”, promet-il.Et d’ajouter, sur TF1: “Je ne suis pas né pour ça, enfant je ne me revais pas président, mais je me sens habité par mille voix, mille vies, mille visages”.La co-fondatrice de l’Après Clémentine Autain, qui a également rompu avec La France insoumise, et la patronne des Ecologistes Marine Tondelier ont déjà annoncé leur candidature dans le cadre de cette primaire, où le patron du PS Olivier Faure souhaite engager les socialistes.

Fin de vie: après avoir refusé l’aide à mourir, le Sénat défend les soins palliatifs

Après avoir rejeté toute forme de droit à l’aide à mourir, le Sénat s’est penché lundi sur une proposition de loi plus consensuelle sur l’accès aux soins palliatifs, priorité affichée par la droite majoritaire à la chambre haute.Le texte de la députée macroniste Annie Vidal, qui sera mis au vote mercredi, a été de facto relégué au second plan dans cette discussion au Parlement sur la fin de vie, derrière la création envisagée d’un dispositif d’aide à mourir, examinée en parallèle.Cette loi légalisant sous conditions le suicide assisté et l’euthanasie a été dénaturée par le Sénat la semaine passée, à l’initiative de l’aile la plus conservatrice de la droite et des centristes.Les débats s’étaient envenimés sur ce premier texte. Ils se sont globalement apaisés sur le second lundi, même si la gauche a dénoncé l’attitude de la majorité sénatoriale, l’accusant de ne faire “que la moitié du chemin” sur le débat sur la fin de vie. La droite et les centristes ont, eux, assumé considérer les soins palliatifs comme “un préalable”: “en fonction de l’ambition qu’on mettra dans les soins palliatifs, alors nous pourrons envisager l’aide à mourir”, a assuré la centriste Anne-Sophie Romagny.Cette proposition de loi vise initialement à “garantir l’égal accès de tous à l’accompagnement et aux soins palliatifs”. Pour ce faire, les députés avaient voté pour instaurer un droit “opposable” aux soins palliatifs.Mais les sénateurs l’ont supprimé, en accord avec le gouvernement, craignant qu’il ne suscite “de la déception chez les patients et les familles” car il ne permettra pas, en soi, d’augmenter l’offre de soins. La ministre de la Santé Stéphanie Rist a estimé que cela ne serait qu’une “simple promesse”, redoutant de “nombreux contentieux”.- Quels moyens ? -La ministre a également soutenu l’instauration d’une “stratégie” nationale des soins palliatifs, préférée à une véritable loi de programmation pluriannuelle, votée par les députés.Le gouvernement a sanctuarisé 100 millions d’euros d’investissement dans ce domaine dans le budget de la Sécurité sociale pour 2026. Les sénateurs ont voté pour doubler le montant annuel alloué au secteur dans les prochaines années, même si certains parlementaires ont fait remarquer que ces objectifs chiffrés ne seraient pas contraignants.Alors qu’une dizaine de départements ne disposent pas, actuellement, d’unité de soins palliatifs, le texte crée des “maisons d’accompagnement et de soins palliatifs”.Le Sénat dominé par la droite a également dit ses craintes vis-à-vis des moyens mobilisés. “S’il n’y a pas derrière une volonté politique qui se traduit par les moyens financiers, on aura travaillé sur un sujet sans avoir un retour concret sur les territoires”, s’est inquiété le président LR de la commission des Affaires sociales, Philippe Mouiller.Les deux textes sur la fin de vie seront mis au vote mercredi après-midi. Sur la loi dédiée à l’aide à mourir, le scrutin n’aura néanmoins guère de sens car le texte a été vidé de sa substance.L’Assemblée nationale les examinera en deuxième lecture la semaine du 16 février, sa présidente Yaël Braun-Pivet espérant aboutir à une adoption définitive “avant l’été” sur cette réforme sociétale majeure, promesse d’Emmanuel Macron.

Loi simplification, suppression des ZFE: le gouvernement repousse un vote mal embarqué

Promise au “casse-pipe” à l’Assemblée, la loi sur la simplification et sa mesure controversée de suppression des zones à faibles émissions (ZFE) contre les véhicules polluants, ne sera pas mise au vote cette semaine, le gouvernement espérant d’abord trouver “un compromis” au Parlement.”De très nombreuses mesures (…) sont très largement partagées et attendues, notamment par le monde économique, mais nous avons aussi dans ce texte une mesure qui fait blocage”, a argué sur LCP Laurent Panifous, ministre des Relations avec le Parlement, actant le report du vote déjà ébruité par de nombreuses sources parlementaires et gouvernementales.Selon certaines sources interrogées, le vote pourrait même n’avoir lieu qu’après les municipales de mars.La question devrait rapidement être soulevée autour de Sébastien Lecornu : le Premier ministre tiendra selon son entourage “une réunion la semaine prochaine avec les présidents de groupe pour définir l’agenda parlementaire, dont le texte sur la simplification”.Après un accord mardi en commission mixte paritaire (CMP), le projet de loi pouvait pourtant être définitivement adopté cette semaine en cas de votes favorables mardi à l’Assemblée et jeudi au Sénat.Mais si l’adoption au Sénat fait peu de doute, l’approbation côté Assemblée est une gageure : le groupe macroniste devant à ce stade se résoudre à remettre en cause un totem du premier quinquennat d’Emmanuel Macron.”Plutôt que d’envoyer un texte, pardon de le dire de manière un peu triviale, au casse-pipe, il nous semblait plus opportun d’essayer de trouver un accord en amont”, a justifié M. Panifous. Il a expliqué que le gouvernement pourrait, en cas d’accord avec suffisamment de parlementaires, déposer un amendement pour modifier une dernière fois le texte avant le vote final.- La ZFE qui cache la forêt -En gestation depuis presque deux ans, le projet de loi ambitionnait de simplifier la vie administrative des entreprises et faciliter l’implantation de projets industriels. A l’Assemblée, Les Républicains et le RN y ont ajouté, avec le concours de certaines voix macronistes et LFI, la suppression des ZFE.Initiées en 2019 et étendues en 2021, ces zones entendent limiter les émissions de particules fines en excluant de leur périmètre certains véhicules anciens et polluants, identifiés par les vignettes Crit’Air.Mais dans tous les groupes, y compris ceux favorables à leur maintien, des députés considèrent la mesure mal conçue, et potentiellement injuste pour les foyers n’ayant pas les moyens de changer de véhicule.Certaines sources parlementaires s’attendent aussi à ce que le Conseil constitutionnel rejette la mesure comme “cavalier législatif”, c’est-à-dire un ajout sans lien suffisant avec le texte initial.”Dans ce cas on vote et on voit ce que dit le Conseil constitutionnel”, rétorque Ian Boucard, député LR qui avait présidé la commission sur le texte, et qui déplore un report “pas très respectueux du Parlement”. Pierre Meurin, député RN, a lui dénoncé sur X une “forfaiture démocratique”, et appelé les Français opposés aux ZFE à interpeller leurs parlementaires.A contrario, la députée macroniste Agnès Pannier-Runacher, ex-ministre de la Transition écologique, juge que ce report, décidé à l’aube d’élections municipales, “permettra peut-être à la raison de revenir”, et assure que “quasiment tous les maires concernés par les ZFE ne soutiennent pas” leur suppression sèche.D’autres parlementaires déplorent que cette controverse entrave le reste du projet de loi devenu tentaculaire. Outre la mesure sur les ZFE, le texte prévoit notamment de faciliter l’implantation de centres de données (“datacenters”), et de sécuriser le parcours juridique de projets d’infrastructure comme la controversée autoroute A69.Il porte également un recul du “zéro artificialisation nette” (ZAN), dispositif de lutte contre l’artificialisation des sols, et prévoit des facilitations pour l’accès des entreprises à la commande publique, ou encore la suppression de certaines instances consultatives.

Procès RN: Bruno Gollnisch reconnaît une “organisation”, à défaut d’un “système”

Bruno Gollnisch, ancien numéro deux du Front national, a bien voulu reconnaître une “organisation”, à défaut d’un “système”, dans l’attribution des contrats d’assistants parlementaires des eurodéputés du parti, lundi, devant la cour d’appel de Paris.Devant ses juges, celui qui est apparu pendant des années comme le dauphin de Jean-Marie Le Pen – ce dernier avait cruellement relevé que le destin du cétacé était “parfois de s’échouer” – a entendu proposé une comparaison davantage flatteuse: un “gyrovague”, soit un moine dans l’errance passant de monastère en monastère sans être membre d’aucun.Il s’agit de convaincre la cour d’appel que l’ex-eurodéputé – il a siégé dans l’hémicycle communautaire de 1989 à 2019, mais la période des faits reprochés se borne de 2004 à 2016 – partageait son temps entre son domicile de Lyon, Bruxelles et Strasbourg.Qu’importe, dès lors, pour lui, que ses assistants parlementaires eurent leur bureau à “Montretout”, ce manoir de Saint-Cloud (Hauts-de-Seine) où Le Pen et les siens avaient l’habitude de travailler.Certes, mais pour qui?, s’interroge en substance la cour depuis quinze jours, le Parlement européen et l’accusation soupçonnant lesdits assistants, rémunérés par des enveloppes européennes, de n’effectuer une activité qu’au bénéfice du seul parti.Le détournement de fonds publics, reconnu en première instance, a valu une condamnation du RN, de Marine Le Pen – à date inéligible – et de dix cadres, dont Bruno Gollnisch, notamment condamné à un an de bracelet électronique.- “Vases communicants” -Du reste, l’image du “gyrovague” sied également à ces assistants, eux aussi dans l’errance, passant d’eurodéputés FN en eurodéputés FN, sans sembler être sous les ordres d’aucun. Ou des “vases communicants”, selon l’expression de la présidente de la cour, Michèle Agi.C’est Yann Le Pen, fille cadette de Jean-Marie Le Pen, assistante de Bruno Gollnisch et qui obtient une prime ès qualité, mais octroyée par sa présidente du parti de sœur, Marine Le Pen. “Ça n’est pas elle qui l’emploie, on a quand même le sentiment d’un mélange des genres”, soupire la magistrate.C’est aussi Guillaume Lhuillier, un autre assistant dont la réalité du travail pour M. Gollnisch n’a pas été mise en évidence. “Il eut fallu qu’il travaillât sous l’œil permanent d’une caméra vidéo?”, proteste son ancien patron officiel… avant que la juge ne rappelle qu’un annuaire interne au parti le présentait comme “directeur de cabinet” de Jean-Marie Le Pen. C’est encore Micheline Bruna, elle-aussi supposément “assistante parlementaire de M. Gollnisch” pendant trois ans, puis soudainement rattachée à mi-temps à l’eurodéputée Marine Le Pen. Mais toujours “assistante personnelle” du “Menhir”, selon le même annuaire.”C’est ce qu’on appelle des éléments de contexte”, ironise Michèle Agi, avant de souligner le caractère “confus” de la situation. Bruno Gollnisch: “Ça l’a été pour nous aussi!”.- “Ca fait délictueux” -Pourtant, l’ex-numéro deux du parti à la flamme avait quelques minutes plus tôt défendu une “organisation” – mais pas un “système”, “ça fait délictueux”.Le principe? Une “mutualisation” des assistants parlementaires, réunis dans un “pool” à Montretout, que Bruno Gollnisch désigne comme le “siège du bureau politique et (euro-)parlementaire” et, par ricochet, du “secrétariat” de celui-ci.”J’ai mis mes assistants parlementaires à la disposition de ce secrétariat”, “il m’est apparu naturel de les placer dans cette espèce de vigie”, développe Bruno Gollnisch, reconnaissant qu'”ils avaient évidemment un contact fréquent avec Jean-Marie Le Pen, qui était le président de notre groupe, mais venait moins souvent à Bruxelles”.La présidente bondit: “Vous les avez mis à disposition du secrétariat politique, à Montretout, et sous l’égide de Jean-Marie Le Pen, donc il n’y a pas de lien de subordination avec vous!”. Bruno Gollnisch: “C’est une espèce de détachement…”.Et, pour l’ancien numéro deux, qui doit fêter ses 76 ans mercredi, “c’était organisé, c’était précis: utiliser au mieux la dotation” du Parlement européen. Quelle était la marge de manœuvre des eurodéputés face à la volonté du président du Front national, puis de sa successeuse, Marine Le Pen, finalement préférée au dauphin?”Monsieur Le Pen était volontiers impérieux, et sans doute cette qualité ou ce défaut est passé dans sa filiation par descendance”, a cabotiné Bruno Gollnisch. En s’attribuant pour sa part “retenue et ambivalence”, “le propre des hommes de compromis”.

Glucksmann propose au PS une alternative à la primaire unitaire

La primaire, c’est sans lui. Mais le dernier score du PS à une élection nationale, c’était avec lui. Conscient de ce dilemme chez les socialistes, Raphaël Glucksmann veut les convaincre d’abandonner la primaire des unitaires pour une “plateforme” résolument sociale-démocrate.Ce week-end, le projet de primaire des “unitaires”, réunis autour d’Olivier Faure (PS), de Marine Tondelier (Ecologistes) et des anciens Insoumis Clémentine Autain (Après) et François Ruffin (Debout) sous le nom “Front populaire 2027”, a pris forme avec un scrutin annoncé pour le 11 octobre.Et les organisateurs continuent de tendre la main aux deux candidats de gauche en tête dans les sondages, qui refusent catégoriquement de participer à ce processus de désignation: Jean-Luc Mélenchon et Raphaël Glucksmann.En vain.Lundi sur BFMTV, le fondateur de Place publique, crédité d’environ 13% des intentions de vote, a redit son refus de participer à un processus qui, selon lui, “est une volonté de ne pas choisir entre les deux pôles qui existent à gauche”: la social-démocratie et la gauche radicale.En retour, il a appelé ses “partenaires socialistes”, avec qui il a fait campagne aux européennes de 2024 pour obtenir 13,8%, à construire une “plateforme commune”.Pas suffisant pour convaincre la direction du parti à la rose.Lors d’une conférence de presse lundi matin, le secrétaire général du PS, Pierre Jouvet, a appelé à construire “un fil de cohérence pour les Français” et estimé qu’en 2027, le PS devait se présenter devant les électeurs avec les mêmes partenaires de gauche – notamment les Ecologistes – que pour les municipales de mars.”A la fin, on a une obligation, c’est d’y aller tous ensemble, sinon nous serons spectateurs de cette élection présidentielle”, a martelé le bras droit d’Olivier Faure alors que les soutiens de la primaire espèrent qu’elle créera une dynamique permettant à son vainqueur de bénéficier du “vote utile” à gauche.”Pour Glucksmann, l’intuition de se passer de la primaire, je peux la comprendre mais il faut qu’il instaure un truc avec les Français”, note de son côté un proche du patron des députés PS, Boris Vallaud, dont l’aile est charnière pour faire ou défaire une majorité au PS.Car le Parti socialiste – et Raphaël Glucksmann en est bien conscient – est divisé sur la question de la participation à la primaire.- “Faure a rien le droit de dire” -Ce week-end, Olivier Faure a rappelé que conformément à ses règles internes, le PS, seul à gauche à avoir dirigé le pays, ne s’engagerait formellement dans le processus de primaire qu’après un vote des militants.”Faure a rien le droit de dire. Il est en plein congrès de l’Unef là”, ironise un ténor Insoumis alors que LFI défend le même raisonnement que Glucksmann sur une opposition claire au premier tour de la présidentielle entre gauche radicale et social-démocratie.Les opposants internes au premier secrétaire, dont le maire de Rouen Nicolas Mayer-Rossignol et la présidente de la région Occitanie Carole Delga, ne sont pas favorables à cette primaire, craignant que le vote des militants unitaires de gauche ne profite pas à un socialiste.Carole Delga, qui a récemment jugé dans Le Point que Raphaël Glucksmann était “prêt pour 2027”, a ainsi réagi samedi en appelant à mettre fin aux “petites tractations d’appareils”.”Le projet est le préalable à toute union crédible, solide et sérieuse. Après viendra le temps de savoir qui le portera dans un large rassemblement”, a-t-elle rappelé.”La primaire n’est pas faite pour que Faure la gagne mais il ne l’a pas compris encore”, tacle, plus direct, un élu socialiste. L’ancien président François Hollande, à qui ses adversaires prêtent des ambitions élyséennes pour 2027, penche également pour une fédération de la gauche réformiste allant du PS à Raphaël Glucksmann, Bernard Cazeneuve et Yannick Jadot.”Ça ressemble beaucoup à ce que François Hollande appelle de ses voeux”, saluait lundi, après la déclaration de Raphaël Glucksmann, un proche du député de Corrèze auprès de l’AFP. 

Face aux “pratiques mafieuses” en Corse, l’Etat s’organise

Face à la vingtaine de bandes criminelles répertoriées en Corse, les autorités administratives et judiciaires ont détaillé un plan de bataille pour contrecarrer l’action de “la pieuvre” dans l’île méditerranéenne.Présentées le 15 novembre lors des manifestations antimafia à Ajaccio et Bastia, “trois initiatives pour lutter contre la criminalité organisée et l’emprise mafieuse” sont désormais “à l’oeuvre”, expliquait la semaine dernière le préfet de Corse, Eric Jalon, lors d’un point presse.Trois “groupes d’évaluation de la criminalité organisée en Corse”, un régional et deux départementaux, ont ainsi été créés pour “mettre autour de la table dans un comité restreint les autorités judiciaires, les autorités administratives et les services de police et de gendarmerie de manière à partager un diagnostic, établir des priorités et coordonner au mieux l’action”, a détaillé le préfet.Un millier d’agents de l’État vont par ailleurs être formés pour “qu’ils puissent déceler tous les endroits où la pieuvre peut s’agripper et le signaler notamment à la coordination pour la sécurité”, a indiqué le préfet, pour qui “en formant la jeunesse, avec les actions initiées par le rectorat” de sensibilisation à la mafia dans les collèges et lycées de l’île et “en formant nos agents, on renforce les défenses immunitaires du corps social”.Enfin, à destination des “entreprises affectées par la criminalité organisée”, notamment par des incendies criminels à répétition, les pouvoirs publics recensent “les outils disponibles (Banque de France, Urssaf, finances publiques,..)” pour les aider “à répondre à leurs difficultés”.- “Action féroce” -“Si on est simplement sur la recherche des auteurs des assassinats, on ne résoudra pas le problème de la mafia”, a assuré à l’AFP le coordonnateur pour la sécurité en Corse, Arnaud Vieules, prônant “une action globale avec des poursuites judiciaires et une action administrative féroce contre les acteurs de la criminalité organisée, dans le respect absolu de la loi mais en ne laissant rien passer”.Le procureur de Bastia, Jean-Philippe Navarre a également précisé à l’AFP mettre en oeuvre avec le préfet de Haute-Corse, Michel Prosic, “une logique de harcèlement des groupes criminels”, en “multipliant les enquêtes” dans “les secteurs sensibles des balades en mer, des travaux publics, de la restauration”, victimes de racket ou d’incendies criminels.”Donc on part des groupes criminels, on identifie leurs intérêts économiques, s’ils veulent investir dans un stade de foot, un club de padel ou la construction d’un supermarché et on va regarder si le terrain est constructible, qui a délivré le permis de construire, est-ce que ça a été fait dans les règles, s’il y a eu un marché public, etc…””On ne va pas trouver à chaque fois quelque chose, mais on a déjà plus de chances de trouver”, relève le magistrat, estimant que “c’est à la justice de faire la démonstration de son efficacité avec des enquêtes plus nombreuses, plus ciblées, en attaquant le produit du crime là où il est, en attaquant les investissements de ces activités criminelles dans l’économie et en rendant plus de réponses pénales, plus vite”.Pour Nicolas Septe, procureur d’Ajaccio, 2025 restera une “année charnière”, “sans retour en arrière possible” dans la lutte contre la criminalité organisée, avec la mise en place du pôle régional anticriminalité organisée (Praco) à Bastia et l’entrée en fonction du parquet national anticriminalité organisée (Pnaco).”Les priorités de l’action publique en 2026 demeurent la criminalité organisée, les incendies volontaires, les extorsions, mais aussi les saisies d’avoirs criminels”, a-t-il martelé, en se félicitant des 10 millions d’euros saisis en Corse en 2025.

A Saint-Amand-les-Eaux, Fabien Roussel se veut un choix “rassurant” face à “l’inconnu” RN

“Le pire, c’est le saut dans l’inconnu”: maire sortant de Saint-Amand-les-Eaux (Nord), le patron du Parti communiste Fabien Roussel assure que sa candidature aux municipales vise à “rassurer” les électeurs qui pourraient être tentés par le Rassemblement national.Face au climat instable, que ce soit en raison de la crise politique en France ou du contexte international, Fabien Roussel ne veut pas “ajouter plus d’inquiétude à Saint-Amand”, a-t-il dit devant 300 personnes dimanche matin, lors de la présentation de sa liste pour les scrutins de mars.Au contraire, le secrétaire général du PCF entend “rassurer les Amandinois sur l’avenir de (leur) ville”, en s’inscrivant dans la continuité de son ami et prédécesseur Alain Bocquet, qui lui a laissé il y a un an le fauteuil de maire qu’il occupait depuis 1995.Et le dirigeant communiste d’alerter les électeurs qui pourraient chercher l’alternance lors des municipales: “Le pire, c’est le saut dans l’inconnu”.Fabien Roussel sait que son avenir politique, et notamment une éventuelle candidature à la présidentielle de 2027, passe par une victoire aux municipales des 15 et 22 mars dans cette ville thermale de 16.000 habitants proche de Valenciennes.Or, deux ans après la perte de son mandat de député face à un candidat RN, l’histoire pourrait se répéter: outre Eric Renaud, ancien adjoint d’Alain Bocquet passé dans l’opposition, Fabien Roussel doit faire face à Eric Castelain, conseiller municipal d’opposition soutenu par le RN.Celui-ci, qui se décrit auprès de l’AFP comme “un gaulliste canal historique”, passé par le RPR et le mouvement Debout la République de Nicolas Dupont-Aignan, estime que “les planètes sont alignées”, avec deux listes de gauche face à lui, seul candidat à droite.S’il qualifie sa liste de “transpartisane”, il reconnaît que le soutien apporté par le RN est “un plus indéniable” dans cette ville où le parti d’extrême droite domine régulièrement les scrutins nationaux.- “Pièce rapportée” -Il entend en outre profiter d’un climat “extrêmement dur” entre Fabien Roussel et Eric Renaud. Ce dernier a “la volonté de faire perdre Roussel”, dont il n’a pas digéré l’ascension auprès d’Alain Bocquet il y a une dizaine d’années, estime un proche du dirigeant communiste.Eric Renaud n’a effectivement pas de mots assez durs pour Fabien Roussel. “C’est un pur parigot (…) une pièce rapportée” qui provoque “une forme de rejet” chez les électeurs, assure-t-il.Il le promet: quel que soit le résultat du premier tour, il ne se retirera pas, estimant pouvoir bénéficier d’un meilleur report de voix que Fabien Roussel, contre lequel il existerait “une majorité”.Il croit notamment savoir que les électeurs “n’ont pas avalé” la manière dont M. Roussel a succédé à M. Bocquet, en cours de mandat.”C’était un peu fort de café, on n’a pas eu notre mot à dire”, estime Thérèse, 76 ans, qui se promène dans le centre-ville.Les responsabilités nationales de Fabien Roussel pourraient également lui nuire: “Il est à Paris, il n’est pas à Saint-Amand”, estime le mari de Thérèse, Jean-Michel, qui comme son épouse n’a pas souhaité donner son nom de famille.Tous deux reconnaissent cependant que leur maire est “sympathique”, et disent attendre les programmes pour faire leur choix. Celui de maire sortant sera dévoilé le 2 mars, à deux semaines du premier tour.Jérôme Dubois, lui, a déjà tranché: Roussel “est un super maire, impeccable, on n’a rien à dire”, assure cet électeur en terrasse du café L’Interville, nommé en référence à la célèbre émission de télévision remportée l’été dernier par Saint-Amand-les-Eaux.”Sympathique”, le maire l’est, reconnaît son adversaire Eric Castelain. Mais “le bilan des deux derniers mandats, il en est comptable”, pointe-t-il.Quant à Fabien Roussel, il se voit lui aussi comme l’héritier d’Alain Bocquet, mais en fait une autre lecture: les électeurs “savent ce que nous avons fait ces 30 dernières années” et “sont très majoritairement attachés à ce que ces politiques se poursuivent”, juge-t-il.

Pour Zemmour, Mélenchon “assume” désormais “le grand remplacement”

Le président de Reconquête! Eric Zemmour a affirmé dimanche que Jean-Luc Mélenchon “assume le grand remplacement” et que LFI est “le parti du grand remplacement” après que le leader de gauche a utilisé cette expression de l’extrême droite anti-immigration pour, a-t-il cependant expliqué, caractériser la succession des générations.”Il confirme ce que j’ai toujours dit, c’est à dire qu’il assume le grand remplacement, il est le parti du grand remplacement, c’est à dire de la France arabo-musulmane qui veut remplacer la France française”, a déclaré Eric Zemmour sur BFMTV.Lors d’un meeting jeudi à Toulouse pour les élections municipales, le leader insoumis avait employé ces mots de l’écrivain d’extrême droite Renaud Camus dont la théorie, contestée par de la plupart des démographes, consiste à dire qu’il y aurait en France une substitution de la population par des immigrés non-européens. “Nous avons besoin d’élections municipales qui puissent être une démonstration du niveau de conscience politique du peuple français dans sa diversité, de la capacité de nos listes à incarner la nouvelle France, celle du grand remplacement, celle de la génération qui remplace l’autre parce que c’est comme ça depuis la nuit des temps”, avait lancé Jean-Luc Mélenchon.Eric Zemmour a réaffirmé dimanche son soutien à cette théorie du “grand remplacement”. “Je suis le seul à utiliser cette expression parce que je suis le seul à avoir conscience de l’ampleur historique de ce qui se passe maintenant”, a-t-il dit.”Jean-Luc Mélenchon, tout le monde a compris désormais qu’il jouait son destin électoral sur le peuple des banlieues arabo-musulman”, a-t-il ajouté.Jean-Luc Mélenchon avait déjà eu des échanges de messages sur le réseau X vendredi avec le président du Rassemblement national Jordan Bardella, à la suite de son meeting de Toulouse.”Au moins, les choses sont claires: Jean-Luc Mélenchon défend l’éclatement communautaire, l’ère des minorités contre le peuple et les revendications de l’islam politique”, avait écrit Jordan Bardella.”Le grand remplacement dont je parle est celui des générations. Exemple: Jean-Marie Le Pen était un +Français de souche+. Pas vous. Pourtant, vous le +grand remplacez+ à son poste et dans ses idées. C’est le mécanisme de la vie. C’est ça la nouvelle France”, avait répliqué le leader de la gauche radicale.

Lecornu envisage un ajustement de son gouvernement après la séquence budgétaire

Le Premier ministre Sébastien Lecornu envisage un “ajustement” de son équipe gouvernementale une fois le budget définitivement adopté, a-t-on appris auprès de son entourage, confirmant une information de La Tribune Dimanche.”Le Premier ministre réfléchit à proposer au président de la République un ajustement gouvernemental après la séquence budgétaire, si elle se termine bien”, a-t-on précisé.Le chef du gouvernement pourrait également profiter des prochaines élections municipales (15 et 22 mars) pour procéder à ces changements. La ministre de la Culture Rachida Dati, candidate à la mairie de Paris, a fait savoir qu’elle quitterait le gouvernement avant le scrutin pour se consacrer à sa campagne. Deux autres ministres, Marina Ferrari (Sports) et Michel Fournier (Ruralité) sont candidats aux municipales, respectivement à Aix-les-Bains et dans les Vosges.Quant à la ministre de la Santé Stéphanie Rist, elle était engagée dimanche dans un second tour de législative partielle dans le Loiret. En position plutôt favorable après le premier tour, elle a prévenu qu’elle quitterait le gouvernement en cas de défaite.Sébastien Lecornu a brandi à deux reprises l’article 49.3 pour faire adopter les volets recettes et dépenses du budget 2026. Il doit encore affronter en début de semaine une nouvelle motion de censure. Après un nouveau passage au Sénat, le texte devrait être définitivement adopté début février.Interrogée sur LCI dimanche matin, la porte-parole du gouvernement Maud Bregeon a refusé de commenter les informations sur cet éventuel ajustement gouvernemental. “C’est une prérogative, vous le savez, qui appartient uniquement au président de la République et au Premier ministre”, a-t-elle déclaré.Alors que la page budgétaire est en train de se tourner, Mme Bregeon a estimé que l’activité du gouvernement ne pourra se limiter à gérer les affaires courantes.”Il y a les débats qui seront ceux de la présidentielle et je ne doute pas qu’il y en aura beaucoup. Et puis il y a toutes les urgences du quotidien (qui) ne peuvent pas attendre 2027″, a-t-elle déclaré.Elle s’est dite “convaincue” qu’une majorité était trouvable sur un certain nombre de ces sujets, citant la relance de la construction de logements, l’armement des polices municipales ou encore l’interdiction des réseaux sociaux aux moins de 15 ans qui sera débattue à l’Assemblée lundi.

Le trafic de drogues s’invite dans la campagne des municipales

Le narcotrafic bouscule la campagne des élections municipales: de gauche comme de droite, les prétendants au fauteuil de maire rivalisent de promesses sécuritaires pour endiguer les trafics et les violences qui en découlent. A Clermont-Ferrand, la droite, qui veut ravir la mairie à la gauche, a fait de la question du trafic et plus largement de l’insécurité sa priorité.Signe que ce fléau n’est plus le lot que des grandes métropoles, cette ville de 150.000 habitants a connu en 2025 de violents règlements de comptes liés au narcotrafic, dont cinq homicides, selon la préfecture.Julien Bony, candidat LR, promet 100 policiers municipaux supplémentaires: il veut qu’ils soient armés car allant “au devant d’une plus grande violence” de la part de trafiquants qui “ne font pas la différence entre un policier municipal et un policier national”.Le maire PS sortant Olivier Bianchi, candidat à sa réélection, répond avoir augmenté les effectifs, passés de 40 à 70 policiers municipaux depuis son premier mandat en 2014. Mais il plaide avant tout pour plus d'”enquêteurs”, “une justice avec des moyens et des prisons qui ne soient pas surpeuplées”.- Revirement -A Bordeaux, exemptée jusque-là d’un narcotrafic massif, une fusillade mortelle fin décembre n’a pas manqué d’alimenter la campagne municipale dans laquelle les candidats situés à la droite du maire écologiste Pierre Hurmic, candidat à sa succession, insistent beaucoup sur le thème de la sécurité, préconisant notamment une augmentation du nombre de policiers municipaux et leur armement généralisé. Dans la deuxième ville de Bretagne, Brest, le scrutin de mars pourrait être l’occasion de mettre fin à une exception: après une longue opposition, François Cuillandre, maire PS depuis 2001, a promis une police municipale s’il était réélu pour un cinquième mandat. Le pays a “changé”, notamment avec la montée du narcotrafic, avait-il justifié début janvier pour expliquer son revirement.”Le fait qu’on fasse une police municipale de proximité va permettre à la police nationale de remplir au mieux ses missions régaliennes, notamment de lutter” contre ce trafic, avait développé l’élu, allié aux écologistes.”La question du narcotrafic doit être la réponse numéro une dans les programmes” des candidats, plaide le militant écologiste et antidrogue marseillais Amine Kessaci, qui estime que le sujet n’est “pas assez” évoqué dans la campagne. Le jeune homme de 22 ans, dont les deux frères ont été assassinés, veut créer après les élections une “association nationale des maires de France qui agissent contre le narcotrafic”. “Il n’y a plus de zones blanches” sans narcotrafic, estime Jérôme Durain, ex-sénateur socialiste cosignataire de la proposition de loi contre le narcotrafic adoptée l’été dernier.   La multiplication “des phénomènes criminels inconnus dans certains territoires” (meurtres et tentatives de meurtres, enlèvements et séquestrations dans le cadre de règlements de comptes) “crée un sujet politique” pour les maires, tenus par leurs administrés de s’expliquer sur l’insécurité dans les petites et moyennes villes, analyse-t-il. – Cible de choix -Face à un possible risque de corruption des élus locaux, le président de la Commission nationale des comptes de campagne et des financements politiques (CNCCFP), Christian Charpy, a appelé les candidats à la plus grande vigilance quant au financement de leur campagne. “Premier officier chargé de la sécurité publique et de la tranquillité publique”, le maire peut être une cible de choix à corrompre pour les réseaux criminels, ajoute-t-il. Avant de nuancer: il n’a pas eu vent “de situations dans lesquelles ce risque est avéré”.   Autre promesse de candidats, installer plus de caméras de surveillance dans les rues. Le maire sortant de Lyon, l’écologiste Grégory Doucet, s’y refusait en début de mandat en 2020: il a changé d’avis en 2024 et en promet davantage en cas de réélection.  La lutte contre le narcotrafic “ne se joue pas à quelques caméras supplémentaires”, tempère Anne Vignot, maire sortante écologiste de Besançon. Cette ville de 120.000 habitants entre la Suisse et l’Allemagne a connu de violents affrontements entre bandes rivales en 2019. Malgré leur démantèlement, le trafic y est toujours très présent.Pour l’édile, qui se présente pour un second mandat, il faut aussi “agir à la racine” en ciblant les consommateurs “avec des actions d’information et de prévention”. Elle réclame l’ouverture d’une halte soins addictions, une salle de consommation de drogue similaire à celles de Paris et Strasbourg, quand son rival Ludovic Fagaut, tête d’une liste rassemblant LR et le MoDem, souhaite utiliser la loi narcotrafic pour “faire en sorte que les bailleurs sociaux expulsent des personnes” impliquées dans le trafic.  burs-mby/asl/gvy