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Outre-mer: le Sénat s’attaque au projet de loi contre la “vie chère” et craint un rendez-vous manqué

Érigée comme “urgence” par Sébastien Lecornu, la situation économique en Outre-mer fait l’objet d’un projet de loi contre la “vie chère” examiné mardi au Sénat, qui l’adoptera sans enthousiasme avec la crainte qu’il suscite la “déception” des territoires ultramarins.Les débats ont été ouverts dans l’après-midi à la chambre haute par la nouvelle ministre des Outre-mer, Naïma Moutchou qui a promis de se muer en “ministre de la lutte contre les abus et les ententes qui pèsent sur le portefeuille de nos compatriotes ultramarins”.C’est tout l’objet de ce texte de loi qui entend défendre le pouvoir d’achat, la transparence et la transformation économiques des territoires d’Outre-mer, en réponse notamment aux manifestations qui ont secoué la Martinique à l’automne 2024.Les chiffres sont alarmants. Selon l’Insee, l’écart de prix pour les produits alimentaires peut atteindre jusqu’à 42% entre les territoires d’Outre-mer (Guadeloupe et Martinique en tête) et la France métropolitaine. En Guadeloupe, les prix alimentaires ont bondi de 35% en dix ans. – Budget contraint -Un vote des sénateurs est prévu au plus tôt dans la nuit de mardi à mercredi, avant la transmission de ce projet de loi à l’Assemblée nationale.Son adoption ne fait guère de doute, mais l’enthousiasme a déserté l’hémicycle, quasiment unanime pour regretter les angles morts du texte et son manque “d’ambition”.”Il convient de ne pas donner de faux espoirs, qui engendreront bientôt d’amères déceptions chez nos concitoyens ultramarins”, a noté Micheline Jacques, sénatrice Les Républicains de Saint-Barthélemy et rapporteure d’un projet qu’elle qualifie “d’outil de communication”.Le constat est le même dans les rangs socialistes, où le sénateur de Guadeloupe et ancien ministre des Outre-mer Victorin Lurel redoute une occasion manquée. “Ce pourrait être un grand texte s’il y avait une vraie volonté gouvernementale derrière. Mais malheureusement, Bercy a repris la main” dans un contexte de dérapage budgétaire, affirme-t-il à l’AFP.Naïma Moutchou a assumé le “choix” du gouvernement de ne pas s’inscrire “dans le champ social et budgétaire”, estimant que la question des “revenus” devait se résoudre “dans la durée”.- Mesures phares rejetées -Signal fort des réserves du Sénat vis-à-vis de ce projet de loi, les sénateurs ont supprimé l’une de ses mesures phares: l’exclusion des frais de transport du calcul du seuil de revente à perte (SRP), c’est-à-dire la limite de prix en-dessous de laquelle un distributeur ne peut revendre un produit sous peine d’être sanctionné.Une baisse de ce seuil devait permettre, espère le gouvernement, une diminution des prix en rayon, notamment pour les produits de première nécessité. Mais les sénateurs craignent qu’une telle mesure ne favorise plutôt la position dominante des gros distributeurs.Autre point majeur de crispation au Sénat, la mise en place d’un mécanisme de “péréquation” pour réduire les “frais d’approche” (transport, taxes…) des produits de première nécessité, particulièrement élevés en Outre-mer. Là encore, le gouvernement n’a pas convaincu, refusant d’associer l’État à ce nouveau mécanisme censé réunir les distributeurs et les entreprises de fret maritime. Même le chef du groupe macroniste François Patriat a soulevé “un vrai désaccord de fond”, estimant que ce refus allait à l’encontre de “la parole donnée” aux territoires ultramarins. Résultat: le Sénat a supprimé la mesure… Et Mme Moutchou a fini par reconnaître: “Le projet de loi risque quelque peu d’être vidé de sa substance”.Les sénateurs ont tout de même soutenu le renforcement du “bouclier qualité-prix” (BQP), qui fixe le prix d’un panier de produits de première nécessité, et visera désormais une réduction effective de l’écart de prix avec l’Hexagone et non plus une simple modération. Les sénateurs ont aussi souhaité confier aux préfets des Outre-mer la possibilité de réguler temporairement les prix en cas de crise, comme une catastrophe naturelle. Une mesure similaire plus spécifique au prix des eaux en bouteille, problématique centrale en Outre-mer, a également été votée.Le texte intègre également tout un volet relatif à la transparence, avec plusieurs exigences imposées aux entreprises en matière de transmission de données sur leurs marges et leurs comptes, assorties pour certaines de sanctions. 

Budget: tir de barrage contre la taxe Zucman avant son examen en fin de semaine

Le gouvernement a martelé mardi son opposition à la taxe Zucman sur les hauts patrimoines, y compris dans sa version “allégée” si elle touche à l’outil professionnel, prélude au bras-de-fer qui se jouera d’ici à la fin de semaine avec les socialistes sur le budget et la fiscalité.”Vous pouvez l’appeler taxe Zucman ou taxe Zucman +light+, à partir du moment où ça touche à l’appareil productif, aux usines ou aux grandes startups qui créent de l’innovation, nous serons contre”, a insisté la porte-parole du gouvernement Maud Bregeon.”Pour rien au monde, on ne doit toucher au patrimoine professionnel”, a insisté selon des participants le Premier ministre Sébastien Lecornu lors de la réunion du groupe LR à l’Assemblée à laquelle il a assisté mardi. En pleine discussion budgétaire, le ton monte entre le PS et le gouvernement sur la question de cette taxe dans sa version initiale ou “allégée”. Le premier secrétaire du PS, Olivier Faure, a de nouveau menacé l’exécutif de censure s’il n’évoluait pas. “Personne n’est en position de lancer des ultimatums”, a répondu Mme Bregeon alors que le chef des députés Modem Marc Fesneau a exprimé sa “lassitude” vis-à-vis des “oukazes” du PS.”Il ne faut pas que les compromis soient des compromissions”, a complété Sébastien Lecornu devant les députés LR.Aucun groupe ne dispose d’une majorité, même relative, à l’Assemblée et la discussion budgétaire n’a pu être entamée que grâce à la non-censure des socialistes en échange d’une suspension de la réforme des retraites. – “Pâtisserie allégée” -La taxe proposée par l’économiste Gabriel Zucman prévoit un impôt minimum de 2% sur les patrimoines à partir de 100 millions d’euros. Face aux critiques, notamment sur l’inclusion de l’outil professionnel dans cette taxe, le PS a proposé une alternative : un impôt minimum de 3% à partir de 10 millions d’euros de patrimoine, mais en excluant les entreprises innovantes et familiales. Cette version rapporterait cinq à sept milliards d’euros selon le PS, soit deux fois moins que ce qu’il attendait de la taxe Zucman.Elle n’aura déjà ni le soutien de LR, ni du RN. “Une pâtisserie allégée reste une pâtisserie”, a résumé le rapporteur général du Budget Philippe Juvin (LR). La taxe Zucman, c’est “non, ni light ni hard ni rien du tout”, a renchéri Marine Le Pen, affirmant qu’elle touchait “beaucoup plus de personnes” que la version d’origine.- “Plus un objet” -Le bloc macroniste ne se montre pas plus ouvert. Au cours d’une réunion des députés Renaissance mardi matin, l’ensemble des intervenants se sont dits hostiles à une taxe Zucman, dans une version “allégée” ou pas, selon des participants interrogés par l’AFP.Pour la porte-parole du groupe MoDem Perrine Goulet, tant que les socialistes seront “arc-boutés sur les biens professionnels, il n’y aura pas de vote, on votera contre”. Elle a invité les socialistes à proposer “autre chose” et rappelé que son groupe avait mis sur la table une proposition d’impôt sur la fortune non productive.Selon le député Renaissance Paul Midy, “il y a d’autres pistes” sur la fiscalité des plus riches, notamment sur les holdings, que le gouvernement pourrait négocier dans les prochains jours avec le PS.Sous couvert d’anonymat, un cadre socialiste admet que la taxe Zucman, tout comme sa version dite “allégée”, “ça ne va pas passer”, mais il dit croire à un “amendement de compromis”. “On peut imaginer un amendement où on a une taxe sur la fortune financière qui soit différentielle, avec un certain nombre d’exclusions sur le patrimoine professionnel, mais pour pallier ces exclusions on frappe les holdings”, imagine-t-il.Auprès de l’AFP, un cadre du groupe Ensemble pour la République de Gabriel Attal affirme que la taxe Zucman revisitée n’est d’ores et déjà “plus un objet dans la négociation”, dès lors que le PS a “bien en tête que ça ne passera pas”.A gauche, LFI maintient la pression sur le PS en reprenant l’argumentation de l’économiste Gabriel Zucman lui-même, selon lequel introduire des exonérations à sa taxe, c’est “prendre le risque de lancer la machine à optimisation” comme c’était le cas avec feu l’ISF, l’Impôt de solidarité sur la fortune.Reste à savoir quand cette fameuse taxe sera examinée. “Probablement vendredi”, selon Marc Fesneau.parl-lum-far/jmt/swi

Macron appelle à la “résistance” face aux menaces des réseaux sociaux sur la démocratie

“J’ai besoin de vous”, “je vais me démultiplier aussi”: Emmanuel Macron a invité mardi quelque 200 experts et acteurs de terrain réunis à l’Élysée à proposer des pistes d’ici la fin de l’année pour lutter contre les menaces de l’internet et des réseaux sociaux sur la démocratie et les élections.Il faut “lancer le travail de résistance”, “créer une petite plateforme d’action”, “bâtir un projet d’action commun”, au-delà des mesures législatives et réglementaires, a-t-il dit aux chercheurs, responsables d’associations, neuropsychologues, entrepreneurs et élus présents.Le débat, qui s’est tenu en présence de quelques médias dont l’AFP, portait aussi sur l’impact des écrans sur la santé mentale des enfants, un sujet déjà largement abordé par le chef de l’État ces derniers mois.Pendant plus de deux heures, les intervenants ont enchaîné les prises de parole dans une séquence aux airs de Conseil national de la Refondation (CNR), l’outil initié par Emmanuel Macron au début de son second quinquennat en 2022 pour tenter de rénover le débat démocratique, avec un succès relatif.Le président, en retrait sur la scène politique intérieure depuis la dissolution ratée de 2024, entend faire des effets néfastes des écrans et des réseaux sociaux son nouveau cheval de bataille dans la dernière ligne droite du quinquennat avant les municipales de 2026 et la présidentielle de 2027.Parmi les sujets phare, les algorithmes créés par les plateformes pour capter l’attention des usagers, l’orienter à des fins idéologiques ou publicitaires, avec à la clé des intérêts financiers colossaux.  “Ce qui se joue avec les algorithmes, c’est l’émergence d’un nouveau pouvoir”, au côté de l’exécutif, du législatif et du judiciaire, qui “lui n’a pas encore de contrepouvoirs” et face auquel il faut créer des “contre-algorithmes de supervision”, a expliqué Hugo Micheron, spécialiste des ingérences islamistes sur les réseaux.Dans le monde numérique, “le marché des idées est entre les mains d’un petit nombre de grandes entreprises américaines, chinoises et russes qui ont toujours fait prévaloir leurs intérêts”, a renchéri David Colon, historien de la propagande et de la manipulation de masse. “En Moldavie, le premier client de Facebook fut le Kremlin dans ses opérations d’ingérence dans les élections”, a-t-il affirmé. Les trolls et les bots “faussent la perception des utilisateurs” et peuvent aussi “tromper les algorithmes et démultiplier leurs effets”.Il a suggéré de créer des réseaux sociaux “d’intérêt public”, ne reposant pas sur un “modèle publicitaire prédateur” mais sur des “algorithmes transparents”.Axel Dauchez, fondateur du site Make.org, plateforme de démocratie participative, a suggéré de “construire des périodes de réserves sur les réseaux sociaux” avant les élections comme sur les médias traditionnels.”On est en train de perdre notre indépendance émotionnelle et cognitive”, a conclu Emmanuel Macron, en proposant à ses interlocuteurs de les revoir d’ici fin décembre.

Au Parlement, le gouvernement ramène la fin de vie sur la table, mais temporise sur la Nouvelle-Calédonie

Les propositions de loi concernant la fin de vie seront de nouveau débattues “en février” à l’Assemblée nationale, selon le gouvernement, qui a toutefois temporisé sur une réforme institutionnelle délicate sur la Nouvelle-Calédonie, retirée de l’ordre du jour l’après-midi après y avoir été inscrite le matin.Les deux textes sur la fin de vie – l’un consensuel sur les soins palliatifs, l’autre nettement plus sensible sur la création d’une aide à mourir – ont été adoptés en première lecture à l’Assemblée en mai.Leur retour à l’Assemblée était très attendu par leurs défenseurs et se fera “en février”, a annoncé mardi le ministre des Relations avec le Parlement Laurent Panifous. Ils devront auparavant être discutés au Sénat. La date d’examen n’a pas encore été officiellement entérinée mais plusieurs sources parlementaires évoquaient ces derniers jours l’hypothèse d’un examen à la chambre haute en janvier.Leur cheminement parlementaire a été perturbé par la chute du gouvernement de François Bayrou puis la démission de Sébastien Lecornu, finalement renommé Premier ministre. Mais les débats devront être tranchés “avant l’élection présidentielle de 2027”, a déclaré mi-octobre la porte-parole du gouvernement, Maud Bregeon.Le gouvernement avait par ailleurs inscrit mardi matin à l’ordre du jour prévisionnel de janvier un texte qui promet des débats intenses: le projet de loi constitutionnelle relatif à la Nouvelle-Calédonie, qui prévoit notamment la transcription dans la loi d’un projet d’accord sur une réforme institutionnelle d’ampleur.Une inscription rapide qui a pris de court, y compris chez les soutiens du gouvernement.- “Inquiétude” -Dès mardi après-midi Laurent Panifous a reconnu devant l’Assemblée que ce calendrier “a pu susciter l’inquiétude”, et annoncé que le texte était déjà “retiré de l’ordre du jour prévisionnel”.Ce projet de loi constitutionnelle entend mettre en oeuvre un accord signé en juillet entre l’État, les non-indépendantistes et les indépendantistes. Le projet d’accord de Bougival prévoit la création d’un “Etat de Nouvelle-Calédonie” inscrit dans la Constitution française.Mais la question est particulièrement sensible dans l’archipel, et depuis la conclusion de l’accord, le FLNKS, principale alliance indépendantiste, a retiré sa signature.Le Parlement doit d’abord entériner mercredi par un dernier vote du Sénat le report des élections provinciales, premier jalon vers cet accord.Dès le mois de décembre, où les parlementaires n’auront pas encore conclu la séquence budgétaire, le gouvernement prévoit également l’examen à l’Assemblée de son projet de loi pour lutter contre les fraudes sociales et fiscales.Une proposition de loi visant à encourager l’engagement des élus locaux, reviendra également à l’Assemblée en deuxième lecture, à quelques mois des élections municipales, ainsi qu’une proposition de loi adoptée au Sénat portant statut d’autonomie de la Polynésie française.En janvier, deux autres projets de loi sont inscrits à l’ordre du jour de l’Assemblée: l’un sur l’organisation des jeux Olympiques d’hiver de 2030, et l’autre sur la cybersécurité. Selon une source parlementaire, le président de la commission de la Défense s’est interrogé sur l’absence dans le programme gouvernemental d’une loi de programmation militaire. Le Premier ministre a répondu que celle-ci serait inscrite à partir du moment où elle aura été présentée en Conseil des ministes. 

Budget: le RN s’opposera à la version allégée de la taxe Zucman proposée par le PS

La présidente des députés du Rassemblement national Marine Le Pen a annoncé mardi que son groupe s’opposerait à la taxe Zucman de taxation minimum des hauts patrimoines, y compris dans la version allégée proposée par le parti socialiste. La taxe Zucman, c’est “non, ni light ni hard ni rien du tout”, a-t-elle déclaré à la presse à l’Assemblée. “Il n’en est pas question pour nous”, a insisté la leader d’extrême droite, estimant que la version socialiste qui vise à instaurer un impôt de 3% sur les hauts patrimoines, à partir de 10 millions d’euros, en excluant les entreprises innovantes et familiales, était en fait “aggravée” car touchant “beaucoup plus de personnes” que la version d’origine.La taxe proposée par l’économiste Gabriel Zucman et soutenue par l’ensemble de la gauche prévoit un impôt minimum de 2% sur les patrimoines à partir de 100 millions d’euros. La droite et le bloc central sont également opposés à cette taxe mais les socialistes espèrent convaincre le gouvernement avec leur proposition allégée. Très vite après son arrivée à Matignon, Sébastien Lecornu avait prévenu qu’il s’opposerait au passage de la taxe dans sa version initiale. Mardi, la porte-parole de son gouvernement, Maud Bregeon, a répété que le gouvernement combattrait toute fiscalité qui “touche l’appareil productif, aux usines ou aux grandes startups qui créent de l’innovation”.Dimanche, le premier secrétaire du PS, Olivier Faure, a de nouveau menacé le gouvernement de censure s’il n’évoluait pas sur cette question. “Pour l’extrême droite, les classes populaires doivent payer l’impôt des milliardaires”, a-t-il réagi mardi sur X.  “C’est pourtant en taxant les ultra riches que l’on pourra éviter le gel des pensions de retraites, des prestations sociales, allocations familiales, allocation adultes handicapés, fiscalisation des malades en affection longue durée, abattement fiscal pour les retraités, réductions chèques restaurant et vacances”, a-t-il répondu à Marine Le Pen, évoquant “toutes les horreurs contenues” dans les projet de budget de l’Etat et de la Sécurité sociale actuellement en discussion à l’Assemblée. Olivier Faure a également rappelé que le RN s’était opposé la veille “à deux milliards d’impôts sur les 400 plus grosses entreprises ayant un chiffre d’affaires de plus d’un milliard”. Après avoir obtenu l’abandon du 49.3 et la suspension de la réforme des retraites, le parti à la rose espère pouvoir pousser son avantage sur la question de la justice fiscale face à un gouvernement sous la menace d’une censure. 

Budgets: PS et gouvernement progressent dans leurs accords, la discussion sur les retraites démarre

Le PS et le gouvernement ont trouvé lundi à l’Assemblée un terrain d’entente sur la surtaxe sur les bénéfices des entreprises, semblant progresser dans la quête d’un accord budgétaire global, même si des haies restent à franchir sur la taxation des patrimoines ou la suspension de la réforme des retraites.Saisis du projet de budget de l’Etat, les députés ont longuement débattu dans l’hémicycle de la surtaxe sur les bénéfices des entreprises. Au fil des discussions, le gouvernement a dégainé un amendement augmentant le rendement de la taxe de 4 à 6 milliards d’euros, en faisant peser le poids de la hausse sur les plus grandes entreprises.Au grand dam de députés du groupe ciottiste UDR, et même de certains élus LR et macronistes de Renaissance qui demandaient la suppression pure et simple de la mesure. Manuel Bompard (LFI) a dénoncé un marché passé “dans des salles parallèles” entre le gouvernement et le PS, son groupe votant toutefois la mesure.”On s’est engagé à ce que le gouvernement écoute les débats au sein de l’Assemblée”, a rétorqué le ministre de l’Economie et des Finances Roland Lescure.Devant la presse, le patron des députés socialistes Boris Vallaud s’est lui montré circonspect face à la désunion du camp gouvernemental. “Il n’y a pas de bloc central ni de socle commun. Ce n’est pas rassurant pour la suite”, a-t-il pointé. La “suite” passera notamment cette semaine par l’examen de la taxe Zucman pour une imposition minimum du patrimoine, ou d’une version allégée de celle-ci mise sur la table par les socialistes, qui attendent du camp gouvernemental qu’il concoure à la faire adopter.Olivier Faure, patron du PS, a agité dimanche le spectre d’une nouvelle dissolution si le gouvernement ne cède pas dans les prochains jours en faveur d’une taxe sur les hauts patrimoines.En attendant, les députés ont voté lundi en fin d’après-midi la baisse et la suppression accélérée de la cotisation sur la valeur ajoutée des entreprises (CVAE), un impôt de production décrié par le camp gouvernemental comme par l’extrême droite. Le coût est de 1,3 milliard.- A l’horizon, les retraites -En fin de matinée, le député PS Jérôme Guedj avait salué prudemment des “signaux faibles” en vue d’un accord global, après l’adoption en commission des Affaires sociales de son amendement rehaussant la CSG sur les revenus du patrimoine et des capitaux, au premier jour de l’examen du budget de la Sécurité sociale. Une adoption avec l’abstention de macronistes, qui attendent toutefois des garde-fous pour soutenir la mesure dans l’hémicycle à partir du 4 novembre, où les parlementaires repartiront de la copie initiale du gouvernement.La commission a aussi voté contre le gel, proposé par le gouvernement, du barème utilisé pour calculer des taux de CSG, insistant pour l’indexer sur l’inflation.Autre mesure du gouvernement rejetée par la commission: la création d’une cotisation patronale sur les tickets-restaurants et les chèques-vacances.La mesure-phare du budget de la Sécu restera la suspension de la réforme des retraites, condition de la non-censure du PS.Elle ne sera formellement examinée qu’en fin de débats, mais les députés ont pris de l’avance rejetant largement en commission la piste d’une surtaxe sur les mutuelles pour la financer.Les groupes de gauche, le Rassemblement national et même Les Républicains, membres de la coalition gouvernementale, ont supprimé l’article, arguant tous que les malades paieraient au bout du compte la facture. Le projet de loi suspend jusqu’à janvier 2028 la marche en avant vers les 64 ans, tout comme le relèvement du nombre de trimestres pour partir à taux plein.La droite s’y oppose, et proposera d’effacer cette suspension. Si l’Assemblée la suspend, le Sénat (contrôlé par la droite et les centristes) rétablira la réforme, a prévenu son président Gérard Larcher.Sébastien Lecornu a reçu lundi les chefs des groupes de droite et du centre du Sénat, irrités par les concessions faites aux socialistes. “Je n’ai pas de deal avec les socialistes”, leur a-t-il assuré selon plusieurs participants, leur indiquant qu’il “comprenait” que le Sénat ait lui aussi “ses propres lignes” sur le budget.Le coût de la suspension de la réforme des retraites est estimé à 100 millions d’euros en 2026 et 1,4 milliard d’euros en 2027. Les pistes pour la financer font controverse, alors que le projet de budget de la Sécu est d’une exceptionnelle rigueur financière, avec des économies massives pour réduire le déficit à 17,5 milliards en 2026 (23 milliards en 2025).bur-ito-sac-sl/la/leo/swi

L’administration pénitentiaire dit avoir refusé à deux députés LFI l’accès à Nicolas Sarkozy

L’administration pénitentiaire a refusé à deux députés LFI une rencontre en détention avec Nicolas Sarkozy, relevant que le droit parlementaire à la visite de prisons ne pouvait être utilisé pour s’entretenir avec un détenu spécifique, a assuré lundi à l’AFP une source pénitentiaire, confirmant une information du JDD. Les Insoumis démentent de leur côté avoir voulu voir l’ancien président de la République qui est détenu à la prison de la Santé à Paris depuis la semaine dernière.”Nous n’avons jamais demandé à rencontrer Nicolas Sarkozy. Mais nous assumons d’aller à la maison d’arrêt quand il s’y trouve. Nous avons fait une visite de détention classique. Si on peut s’intéresser aux conditions de détention grâce à l’actualité de Nicolas Sarkozy, c’est tant mieux”, a indiqué à l’AFP le député LFI Ugo Bernalicis, qui a participé à cette visite avec sa collègue Danièle Obono.Dans le cadre de cette visite “en compagnie de trois journalistes”, les deux parlementaires “ont exigé de pouvoir visiter le quartier d’isolement, de rencontrer Nicolas Sarkozy et de pouvoir échanger avec les deux policiers” chargés de la protection de l’ancien chef de l’Etat en détention, a pour sa part affirmé une source pénitentiaire. “Le directeur de l’établissement leur a rappelé” qu’une visite parlementaire visait “à contrôler le fonctionnement global d’un établissement pénitentiaire et ne peut être utilisée pour s’entretenir de manière spécifique avec un détenu”, selon cette source. La visite des deux députés “a pu avoir lieu au sein de l’établissement, sans que les deux parlementaires n’aient accès à Nicolas Sarkozy ou aux fonctionnaires de police chargés de sa protection”, a poursuivi la source.Dans un communiqué, le groupe LFI à l’Assemblée nationale a confirmé que leurs deux élus s’étaient bien rendus lundi matin dans la prison parisienne et qu’ils “ont vu leur droit de visite illégalement restreint”.”Ils n’ont pas pu accéder au quartier d’isolement munis de leur téléphone et accompagnés de leurs attachés parlementaires ainsi que de trois journalistes”, ajoute ce texte, sans mentionner explicitement Nicolas Sarkozy. “Le tribunal administratif de Paris a été saisi sur ce point en référé”, précise le groupe parlementaire de La France insoumise, selon qui l’audience aura lieu mercredi à 10h.Condamné le 25 septembre à cinq ans d’emprisonnement dans le dossier libyen pour association de malfaiteurs, Nicolas Sarkozy a été incarcéré le 21 octobre à la Santé. Cette détention d’un ancien président est une première dans l’histoire de la République.Il bénéficie de la protection de deux officiers de sécurité, une mesure exceptionnelle prise “eu égard à son statut et aux menaces qui pèsent sur lui”, a expliqué le ministre de l’Intérieur, Laurent Nuñez.Le ministre de la Justice, Gérald Darmanin, a dit son intention d’aller voir Nicolas Sarkozy. Son entourage a confirmé lundi à l’AFP que le garde des Sceaux irait “s’assurer que les conditions de sécurité sont bonnes pour ce détenu au statut hors du commun”. Cette source a rejeté toute comparaison avec la démarche des deux députés LFI qui relève, selon elle, du “tourisme pénitentiaire”.”L’indécence”, a pour sa part commenté sur X Bruno Retailleau, le patron des LR, la famille politique de Nicolas Sarkozy.

Macron veut lancer un débat sur les menaces d’internet et des réseaux pour la démocratie

Emmanuel Macron va lancer mardi un débat autour de l’impact des réseaux sociaux et d’internet sur la “déstructuration” du débat public et la démocratie, dans la perspective des prochaines élections, a annoncé lundi l’Elysée.”On assiste à une montée en puissance des réseaux sociaux où l’émotion négative est plus virale que l’émotion qui est elle-même plus virale que l’argument”, relève un conseiller présidentiel. “Au fond, on risque d’assister à une disparition de l’espace public, de l’Agora, avec un grand risque pour nos modèles démocratiques et républicain”, avertit-il.Dans ce contexte, le chef de l’Etat “veut dans les mois à venir s’engager, pour créer les conditions d’un débat éclairé et apaisé”, dit-il.”L’idée c’est de faire vivre ce débat dans la société et à terme prendre des décisions sur toute une série de mesures”, en faisant notamment appel aux quelque 200 experts mobilisés sur le sujet.Emmanuel Macron présidera ainsi mardi matin une réunion sur la “démocratie à l’épreuve des réseaux et des algorithmes” réunissant une douzaine d’acteurs impliqués sur cette question (associations, chercheurs, médecins, chefs d’entreprise…) afin d’engager un “mouvement au-delà de l’Élysée”.- “Garant des institutions” -Seront notamment présents Gérald Bronner, professeur à La Sorbonne et président de la Commission du même nom sur les perturbations de la vie démocratique à l’ère numérique et Hugo Micheron, spécialiste des ingérences islamistes sur les réseaux.Mais aussi la pédiatre Sylvie Dieu-Osika, membre fondatrice du Collectif surexposition écrans,Grégoire Borst, professeur de neurosciences cognitives de l’éducation ou encore l’historien David Colon, spécialiste de la propagande et de la manipulation de masse.Le chef de l’Etat réunira ensuite dans l’après-midi un Conseil présidentiel pour la Science sur la santé mentale des jeunes, suivi d’un dîner avec des acteurs de la tech mondiale axé sur la régulation des réseaux, de l’intelligence artificielle (IA) et l’impact de ces technologies sur la “bonne santé du débat démocratique”.Mercredi, il prendra la parole au Forum de la Paix à Paris sur la désinformation et les ingérences étrangères, au côté de la présidente moldave Maia Sandu, du président ghanéen John Dramani Mahama et du Premier ministre arménien Nikol Pachinian.Coïncidence judiciaire, huit hommes et deux femmes sont jugés depuis lundi à Paris pour cyberharcèlement à l’encontre de l’épouse du président, Brigitte Macron, cible d’une infox mondiale, largement relayée par les réseaux complotistes, selon laquelle elle serait une femme transgenre.Le chef de l’Etat, contraint à plus de réserve sur la scène intérieure sur fond de crises politiques à répétition depuis la dissolution ratée de 2024, entend néanmoins continuer à se faire entendre et rester à la manoeuvre là où il le peut. “C’est son rôle de garant des institutions, des pouvoirs publics, de l’indépendance nationale de s’emparer ces sujets-là”, justifie-t-on à l’Elysée. Il est ainsi “tout à fait dans le périmètre présidentiel tel que défini dans la Constitution”.- “Coalition européenne” -Emmanuel Macron a notamment en ligne de mire les municipales de mars 2026 et la présidentielle de 2027, sur lesquelles “beaucoup de risques peuvent peser”, estime l’Elysée, en rappelant des cas récents en Roumanie ou Moldavie, avec des soupçons d’ingérence russe.Cela peut se traduire par de multiples formes de désinformation via des algorithmes ou des bots (comptes automatisés) qui instillent des débats erronés, tout cela dans le plus parfait anonymat, sans possibilité de remonter à la source.Il n’entend pas non plus “préempter” les “véhicules” qui permettront de mettre en oeuvre les mesures décidées, assure-t-elle. Cela peut être “législatif, administratif, par décret” ou à l’échelle internationale, assure l’Elysée. “La palette d’outils est ouverte”, insiste-t-on.Emmanuel Macron ambitionne notamment de créer une “coalition” avec d’autres chefs d’Etat et de gouvernement pour faire émerger une majorité numérique permettant d’accéder aux réseaux – fixée à 15 ans en France – au niveau européen.La Grèce, l’Espagne, Chypre, la Slovénie et le Danemark se sont déjà inscrits dans le mouvement, selon l’Elysée.”Il est possible d’obliger les plateformes à vérifier l’âge des utilisateurs. Nous sommes en train d’avancer sur les solutions techniques pour le faire. Et nous allons essayer de faire converger tout le monde”, a assuré jeudi Emmanuel Macron à l’issue d’un Conseil européen à Bruxelles.

A la préfecture de police de Paris, passage de relais entre Laurent Nunez et Patrice Faure

Le ministre de l’Intérieur Laurent Nuñez a installé officiellement lundi le nouveau préfet de police de Paris Patrice Faure lors d’une cérémonie aux accents de passation de pouvoirs.Dans la vaste cour de la préfecture de police de Paris (PP), c’était lundi une configuration inédite, avec un ministre fixant les orientations de la feuille de route de son successeur immédiat.Nommé place Beauvau il y a tout juste quinze jours, Laurent Nuñez en a profité pour faire ses adieux à la PP et ses 43.000 agents. Non sans prévenir Patrice Faure qu’il aurait un “oeil particulièrement attentif” sur cette maison qu’il a dirigée durant trois ans.De ce fait, a-t-il ajouté, “je serai plus soucieux et plus exigeant à l’égard de la préfecture de police et à l’endroit de celui à qui je la confie”.Parmi les priorités fixées à son successeur, Laurent Nuñez a cité la lutte contre la délinquance, celle contre l’insécurité, contre “l’hydre islamiste” et “la lutte contre “l’entrisme” érigée au rang de “troisième bataille”.A l’origine de la réforme de la police nationale avec son volet relatif à la police judiciaire, critiqué par les policiers de PJ et des magistrats, le ministre a demandé à Patrice Faure de “décloisonner” la direction de la police judiciaire de la PP et la direction de la sécurité de proximité de l’agglomération parisienne (DSPAP).Il s’agit d’étendre la réforme de la police à la PP, avec l’objectif de réduire le stock des procédures judiciaires en cours.Laurent Nuñez a en outre donné comme “priorité absolue” au nouveau préfet de police de Paris “la reconduite des étrangers qui menacent l’ordre public et piétinent les fondements de notre République”Patrice Faure, nommé mercredi dernier en Conseil des ministres, est un proche d’Emmanuel Macron dont il était le directeur de cabinet à l’Elysée.Son installation officielle est intervenue au lendemain de l’interpellation de deux hommes suspectés d’avoir participé au cambriolage retentissant des bijoux de la Couronne au musée du Louvre le 19 octobre.Ce casse, dont le préjudice est estimé à 88 millions d’euros, était sur toutes les lèvres des invités – policiers, magistrats, élus, hauts fonctionnaires – à cette cérémonie très protocolaire.

Présidentielle: Reconquête n’aura pas “un candidat commun” avec le RN, un parti “socialiste” (Zemmour)

Le parti d’extrême droite Reconquête n’aura pas un candidat commun” à la présidentielle avec le RN, a confirmé lundi son leader Éric Zemmour pour qui le Rassemblement national est un parti “socialiste en économie” qui vote avec LFI.”Mais pourquoi on aurait un candidat commun ? (…) Je ne suis pas proche du Rassemblement national, le RN est socialiste en économie” a critiqué M. Zemmour sur BFMTV/RMC.L’ancien candidat à la présidentielle de 2022 s’en est prix “aux accointances quasi permanentes entre le Rassemblement national et LFI”, . Il a pris comme exemple la question d’un amendement LFI sur “l’impôt universel” voté par le RN pour taxer le citoyen français dont la résidence fiscale est située à l’étranger.Le député RN Jean-Philippe Tanguy “a dit que +fuir la France est immoral+. C’est une phrase qu’aurait pu dire Robespierre. Si c’est immoral, il faut carrément les guillotiner”, a jugé M. Zemmour. Avec le RN, “nous sommes proches pour arrêter l’immigration, Et encore, moi je considère que l’islam n’est pas compatible avec la République. Madame Le Pen si. Je considère qu’il y a un +grand remplacement+, Madame Le Pen dit non. Je suis pour la +remigration+ des délinquants, des chômeurs de longue durée. Madame Le Pen dit que ce n’est pas républicain”, a-t-il énuméré.”Vous voyez, on est très différents”, a-t-il conclu.