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À son procès à Paris, le Martiniquais Serge Letchimy défend les conditions de son départ à la retraite

La figure politique martiniquaise Serge Letchimy a défendu lundi sa “probité” à l’ouverture de son procès à Paris sur les conditions de son départ à la retraite début 2016 en tant que fonctionnaire territorial de Fort-de-France, en parallèle de son mandat de député.Héritier politique d’Aimé Césaire, Serge Letchimy, 72 ans, est poursuivi pour recel de détournement de fonds publics aux côtés du maire de Fort-de-France Didier Laguerre, de son premier adjoint Yvon Pacquit et l’ancien directeur général des services de la collectivité. Le procès est prévu jusqu’à jeudi.”Depuis ma rencontre avec Aimé Césaire et après 40 ans de vie politique et 33 ans en tant qu’élu, à aucun moment ma probité n’a été remise en cause. J’ai toujours eu la volonté d’une grande transparence et l’exigence d’une intégrité dans toutes mes fonctions politiques, tant au niveau national qu’au niveau local”, déclare à la barre celui qui est l’un des visages les plus connus de la vie publique martiniquaise et des outre-mer français.Le parquet national financier (PNF), basé à Paris, reproche à Serge Letchimy d’avoir été réintégré au premier trimestre 2016 dans ses fonctions d’ingénieur territorial pour la mairie de Fort-de-France pour faire valoir ses droits à la retraite anticipée, tandis qu’il exerçait le mandat de député de la 3e circonscription de Martinique.Dans cette “violation du principe de séparation des pouvoirs et de non-cumul des emplois”, la justice lui reproche d’avoir coûté à la mairie de Fort-de-France 34.000 euros de salaires et charges pendant les trois mois de sa réintégration dans l’administration locale. Serge Letchimy est également accusé d’avoir indûment perçu 67.000 euros d’incitation financière au départ à la retraite et 97.000 euros de pensions de retraite entre avril 2016 et mars 2019.Convoqué à la barre pour son interrogatoire de personnalité en ce premier jour d’audience, Serge Letchimy remet en contexte son départ à la retraite. Après sa défaite au second tour des régionales de 2015, il dit avoir envisagé un temps d’abandonner la politique et de partir dans le secteur privé.- Personnage de roman -“Je n’ai jamais demandé à être réintégré au sein de la municipalité pour occuper une fonction. J’ai seulement demandé la possibilité d’exercer mon droit de départ à la retraite. Ensuite, j’ai suivi la procédure qui m’a été indiquée”, affirme-t-il.L’ex-député au casier judiciaire vierge se défend d’avoir exercé la moindre activité à cette occasion, ni même d’avoir demandé paiement de son salaire durant les trois mois de sa réintégration dans la fonction publique territoriale.”C’est une réintégration administrative et tout de suite mise en congés. Lorsque j’ai reçu un premier virement, j’ai tout de suite appelé (le directeur général des services) et j’ai dit +qu’est-ce que c’est que ça ?+. On m’a répondu que c’était obligatoire.”Adoubé très tôt par Aimé Césaire, le père de la “négritude”, Serge Letchimy a connu une trajectoire constamment ascendante: maire de la “capitale” martiniquaise de 2001 à 2010, député de 2007 à 2021, président de la Région en 2010 puis, en 2021, président de la toute jeune Collectivité territoriale de Martinique.A l’Assemblée, ce bon orateur s’était fait un nom à travers plusieurs séquences politiques marquantes. En 2012, son interpellation très vive du ministre de l’Intérieur Claude Guéant après des propos sur la hiérarchie supposée des civilisations avait provoqué la sortie de l’hémicycle du gouvernement Fillon et de l’ensemble de la majorité, un épisode rarissime sous la Ve République.En 2011, il avait été le rapporteur d’une loi sur l’habitat indigne en outre-mer. Rien de surprenant pour cet urbaniste de formation qui a contribué à la réhabilitation de l’emblématique quartier Texaco à Fort-de-France, un ancien bidonville squatté par des familles pauvres d’origine rurale.Un épisode de l’histoire de la Martinique rendu célèbre par le roman “Texaco” de Patrick Chamoiseau, prix Goncourt 1992, dans lequel Serge Letchimy était mis en scène dans le rôle – réel – d’un urbaniste accueilli très froidement par les habitants.Le calendrier judiciaire tombe en outre au plus mal pour Serge Letchimy qui risque l’inéligibilité, alors que l’élu est en plein chantier pour préparer les évolutions institutionnelles de l’île.

Macron et Zelensky signent un accord d’armement “historique”, l’Ukraine veut acheter 100 Rafale

Volodymyr Zelensky a signé lundi avec Emmanuel Macron à Paris une “déclaration d’intention” qu’il a qualifiée d'”historique” en vue de l’achat futur de cent avions de combat français Rafale, dont l’Ukraine entend se doter pour la première fois, et de systèmes de défense aérienne.Cet accord “s’inscrit dans un autre espace de temps” par rapport aux cessions d’armement décidées jusqu’ici par les alliés occidentaux de Kiev pour aider les forces ukrainiennes à repousser l’invasion russe lancée en février 2022, a expliqué le président français devant la presse à l’Elysée.Il s’agit du temps “de la régénération de l’armée ukrainienne dans l’avenir”, afin qu’elle soit “en capacité de dissuader toute nouvelle incursion” une fois la paix ou un cessez-le-feu conclu, a-t-il ajouté.”C’est un accord historique et nous apprécions beaucoup le soutien de la France”, a dit à ses côtés Voldodymyr Zelensky.Auparavant, sur la base aérienne 107 de Villacoublay, au sud-ouest de Paris, des industriels avaient présenté les fleurons de l’armement tricolore au dirigeant du pays en guerre, et les deux présidents avaient signé cette “déclaration d’intention qui porte sur la coopération relative à l’acquisition par l’Ukraine d’équipements de défense français” neufs.Selon Emmanuel Macron et Volodymyr Zelensky, l’accord se projette sur un horizon d’une dizaine d’années et porte sur de possibles contrats à venir pour l’acquisition de quelque “100 Rafale”, avec leurs armements associés, ainsi que huit systèmes de défense aérienne SAMP-T nouvelle génération, en cours de développement.- Scandale de corruption -Sont aussi concernés quatre systèmes de radar, “de nouvelles acquisitions de bombes propulsées (AASM Hammer)”, et des drones d’observation, d’attaque ou d’interception, a précisé la présidence française.Le président ukrainien avait déjà signé le mois dernier une lettre d’intention en vue d’acquérir 100 à 150 avions de chasse suédois Gripen.Ce changement d’approche permet de planifier le renforcement à long terme de la défense ukrainienne après une éventuelle issue du conflit.S’agissant des drones et des bombes guidées, Emmanuel Macron a évoqué “des engagements de production d’ici à la fin de l’année et sur les trois années qui viennent”. Sur les Rafale, les délais s’annoncent plus longs, en raison des temps de négociation des contrats, de production et de formation des pilotes.S’agissant du financement, il reste à clarifier mais la France compte avoir recours à la fois à sa propre contribution budgétaire et aux mécanismes européens. Le président français a d’ailleurs relancé la piste de “l’endettement commun” pour que l’Union européenne puisse “continuer d’apporter à l’Ukraine un soutien financier prévisible et stable à long terme” – malgré la résistance allemande.Cette neuvième visite du dirigeant ukrainien en France depuis le début de la guerre intervient alors que la situation sur le front est compliquée pour son pays, à l’orée de l’hiver. L’armée russe, plus fournie et mieux équipée, poursuit depuis des mois ses attaques sur le front et gagne lentement du terrain dans certains secteurs, en dépit de lourdes pertes. Dans la nuit de dimanche à lundi, des frappes russes ont tué au moins trois personnes dans la région de Kharkiv, dans l’est de l’Ukraine, selon les autorités locales.- “Force multinationale” -“Tout est prêt pour la paix. La Russie seule s’y refuse”, a déclaré Emmanuel Macron, condamnant “l’intensification des frappes contre les infrastructures énergétiques”, “preuve supplémentaire de cette agressivité et de ce cynisme”. Le déplacement, après la Grèce dimanche et avant l’Espagne mardi, a lieu aussi au moment où l’Ukraine est ébranlée par un scandale de corruption ayant poussé deux ministres à la démission et forcé Volodymyr Zelensky à prendre des sanctions contre l’un de ses proches.Le président français s’est borné à cet égard à dire sa “confiance” dans son homologue pour mener les “réformes profondes” requises pour l’adhésion de l’Ukraine à l’UE, “notamment en matière d’État de droit, de transparence, de gouvernance, de lutte contre la corruption”.”Quant à savoir si c’est suffisant (ce qui a été fait pour lutter contre la corruption, ndlr) – non, ce n’est pas suffisant. Nous continuerons les actions correspondantes”, a promis de son côté M. ZelenskyEmmanuel Macron et Volodymyr Zelensky se sont aussi rendus au mont Valérien, à l’ouest de Paris, visiter l’état-major de la “force multinationale Ukraine” que Paris et Londres préparent pour qu’elle puisse être déployée dans le cadre d’un éventuel accord de cessez-le-feu et des “garanties de sécurité” à fournir à Kiev.Mis en place par la “coalition de volontaires”, à laquelle participent, selon l’Elysée, 35 pays en incluant l’Ukraine, cet état-major “fonctionne” et est “dès à présent” capable “de déployer une force dès le lendemain d’un cessez-le-feu”, assure-t-on côté français.Dans l’après-midi à l’Elysée, les deux dirigeants participeront à un “forum drones franco-ukrainien”.

Les députés reviennent sur la hausse prévue du “malus CO2” pour les véhicules polluants

Les députés sont revenus lundi en première lecture, sur proposition du gouvernement, sur une disposition du projet de loi prolongeant d’une année le durcissement du “malus C02” sur les véhicules les plus polluants. Selon la trajectoire adoptée dans le budget 2025, le seuil de déclenchement du malus doit passer de 108 grammes de CO2 émis par kilomètre en 2026 à 103 grammes en 2027.Le gouvernement propose dans son projet de budget de prolonger cette trajectoire par une nouvelle baisse de 5 grammes en 2028 afin “de maintenir l’incitation à la mise sur le marché de véhicules moins polluants”.Mais, du fait notamment de l’opposition de députés RN, LR et du centre, la ministre des Comptes publics Amélie de Montchalin a constaté dans l’hémicycle que “ce point d’ajout d’une nouvelle année dans la trajectoire du malus ne faisait pas consensus” et a proposé de le supprimer.”Dans les marches pour le climat on disait +les petits pas, ça ne suffit pas+, mais vous, vous ne faites même pas les petits pas”, a regretté la députée écologiste Lisa Belluco.Les députés ont par ailleurs adopté un amendement RN pour exonérer les familles nombreuses du “malus masse” sur les véhicules les plus lourds.”Les familles nombreuses de trois enfants et plus ont besoin de véhicules plus grands et donc plus lourds. Plus vous avez d’enfants, vous avez besoin de véhicules plus grands”, a argumenté le RN Jean-Philippe Tanguy. Au nom du gouvernement, le ministre délégué à la Fonction publique David Amiel s’y est opposé, faisant remarquer qu’il y a “déjà des abattements pour les familles nombreuses, de 200 kilos par enfant pour le malus masse”.Enfin, l’Assemblée a adopté un amendement du député Renaissance Jean-Marie Fiévet pour que l’exonération du malus masse ne soit pas limitée aux seuls véhicules électriques +à faible empreinte carbone+ comme cela doit entrer en vigueur au 1er juillet 2026.Selon lui, les véhicules à faible empreinte carbone ne représentent que 35% des modèles électriques commercialisés en France. “Le signal envoyé aux consommateurs est celui d’une fiscalité punitive sur l’électrique”, a-t-il argumenté.Le gouvernement, comme le rapporteur général Philippe Juvin (LR) ont demandé le retrait de cet amendement, expliquant en substance que cette limitation aux seuls véhicules à faible empreinte carbone avantage les modèles fabriqués en Europe par rapport aux véhicules chinois.”Cela permet par exemple, que des véhicules électriques qui sont produits en dehors de l’Union européenne à base d’électricité, dans des centrales à charbon” ne soient pas exonérés de ce malus, a plaidé, en vain, M. Amiel.

Le maire LR de Tarbes, jugé pour favoritisme, plaide des “erreurs”

Le maire de Tarbes, Gérard Trémège (LR), a nié lundi avoir organisé un “système” pour avantager des proches, au premier jour de son procès à Pau pour favoritisme et prise illégale d’intérêts, admettant des “erreurs” mais dénonçant un dossier “orchestré” contre lui.Mis en examen depuis 2015, l’élu de 81 ans, en poste depuis 2001, est soupçonné d’avoir favorisé plusieurs proches en leur attribuant frauduleusement des marchés publics ou en leur cédant des terrains et bâtiments municipaux à prix réduits, entre 2009 et 2015.Dans le viseur des enquêteurs notamment, les contrats d’élagage de cette ville des Hautes-Pyrénées, attribués à une société “qui ne respecte pas la législation”, ou de multiples marchés publics de rénovation accordés à des candidats aux “dossiers incomplets”, couplés souvent avec des coûts “nettement supérieurs” à ceux du marché.”Un système Trémège pour avantager des proches”, ont résumé les enquêteurs qui s’appuient sur deux expertises judiciaires ayant pointé de “gros manques de rigueur” et “de professionnalisme” pour une commune de cette taille (45.000 habitants).L’enquête a démarré fin 2012 après le signalement de citoyens et militants politiques, appuyés par Jean Glavany, ancien ministre socialiste et ex-rival local de M. Trémège, selon le récit de la présidente du tribunal correctionnel de Pau, où le procès a lieu jusqu’à vendredi.”C’est Monsieur (Jean) Glavany et son avocat qui ont orchestré tout cela, en faisant le siège du ministère de la Justice de Mme (Christiane) Taubira à l’époque”, a lancé M. Trémège à la barre, fidèle à sa thèse d’un “complot politicien” qu’il avance depuis le début.Le maire de Tarbes, qui ne briguera pas de cinquième mandat en 2026, explique avoir “toujours préféré des entreprises locales, au service du territoire” sans chercher “d’intérêt personnel”, et assure n’avoir aucun lien avec l’immense majorité de celles citées à l’audience.Droit dans son costume noir, il consent “avoir commis des erreurs”, “avoir peut-être mal fait certaines choses” mais “jamais délibérément”. Ces dernières auraient “peut-être” été provoquées, selon lui, par ses régulières “sautes d’humeur” et “de colère” envers ses équipes, pour exiger “de l’efficacité et de la rapidité”.”Un maire ne peut pas tout faire”, glisse-t-il en se défaussant sur ses services.Huit autres prévenus, des hommes âgés de 54 à 72 ans, dont cinq anciens responsables de services de la ville (direction générale, voirie, architecture, urbanisme, espace vert) et trois entrepreneurs locaux, comparaissent aux côtés de l’élu. La plupart se disant “marqués” psychologiquement par leur mise en cause.

Patrick Sébastien veut peser sur la présidentielle pour “renverser la table”

L’humoriste Patrick Sébastien veut recueillir les propositions de “la France qui en a marre” pour peser sur l’élection présidentielle de 2027, lors de laquelle il faut selon lui “renverser la table”, a-t-il déclaré lundi sur BFMTV et RMC.”Pour cette prochaine élection (présidentielle), il faut renverser la table, faut pas se contenter de changer la nappe”, a-t-il assuré. Sinon, “ça va mal se terminer, les gens vont vraiment se mettre en colère”.”Je ne me présente à rien (…) Je ne veux pas être président de la République”, a précisé l’humoriste. “Mais j’ai mis une boîte mail à disposition pour que les gens m’envoient des propositions”, afin d’en garder “une quarantaine”.Sur cette base, il souhaite ensuite faire “un chantage démocratique” sur les deux finalistes de la présidentielle: “Est-ce que vous vous engagez solennellement à appliquer ce que veulent les gens, ce que veut le peuple? Et dans ces cas-là vous aurez nos voix.””Si on est 800.000 ou plus, on aura vraiment du poids”, a-t-il espéré, en opposant le “dogme” des politiques de tous bords à “la réalité”: “La réalité des gens, c’est: +J’ai plus assez de thunes, j’ai trop de charges, ma sécurité n’est pas assurée+”.Star de la télé populaire des années 1980 à 2010, figure de l’humour beauf pour ses détracteurs, Patrick Sébastien, 72 ans, a déploré faire l’objet de “mépris”: “Cette sorte de mépris qu’il y a pour moi, c’est un mépris général pour toute une France qui n’a plus la parole, qui en a marre”.Interrogé par la journaliste Apolline de Malherbe sur les “similitudes” de ses propositions avec le programme du RN, il a répondu: “Il y a pas mal de similitudes, mais tu sais qui je représente aussi? Je connais des familles de Maghrébins, je connais des familles d’origine africaine, qui en ont – je vais être vulgaire – plein le cul d’être stigmatisées à cause d’une minorité (…). Je représente aussi ceux-là”.En politique, il a dit rejeter seulement “les extrêmes extrêmes, (…) au bout du bout du RN et au bout du bout des Insoumis”.Enfin, il a jugé que le chanteur Alain Souchon avait “dit une bêtise” en affirmant vendredi que les Français n’étaient pas “assez cons” pour élire un président issu du RN: “C’est ce mépris-là qui a fabriqué le RN”.

Pierre Moscovici souhaite un candidat social-démocrate à la présidentielle

Le Premier président de la Cour des comptes Pierre Moscovici a souhaité lundi qu’il y ait un candidat social-démocrate à l’élection présidentielle de 2027, “respecté au-delà des frontières” françaises, tout en indiquant n’y avoir jamais pensé pour sa part.M. Moscovici, qui a fait sa carrière politique au Parti socialiste, puis a été ministre des Finances de 2012 à 2014 sous François Hollande, avant d’être Commissaire européen en charge des affaires économiques (2014 à 2019), préside depuis 2020 la Cour des comptes et se doit à cet égard d’être “impartial”, a-t-il rappelé sur Radio-Classique.Il s’apprête cependant à quitter ce poste pour rejoindre dès le 1er janvier la Cour des comptes européenne à Luxembourg, retrouvant ainsi “une liberté d’écrire, de penser”, tout en “respectant l’obligation de réserve de la Cour des comptes européenne”, a-t-il ajouté.”Dans un pays, pour que la démocratie fonctionne, il faut qu’il y ait une droite et (…) une gauche”, “une gauche qui ait à cœur de gouverner, qui soit pour la transformation mais aussi pour le réalisme”, a-t-il dit, en constatant que, “de ce point de vue-là, LFI et les socialistes et les autres, ce n’est pas exactement pareil”.”Donc je souhaite qu’il y ait une doctrine social-démocrate affirmée, séduisante et qui propose des réformes crédibles et je souhaite qu’il y ait un candidat de ce camp à l’élection présidentielle”, a-t-il ajouté, “qui puisse rassembler et qui puisse aussi être respecté au-delà des frontières de son pays”.Comme on lui demandait si ce pourrait être lui, il a répondu “je n’y ai pas pensé de ma vie”. Pierre Moscovici a par ailleurs jugé “souhaitable et possible” qu’un accord finisse par être trouvé au Parlement sur le budget 2026, tout en insistant : “il est impératif que le déficit public final, quelle que soit la procédure (par laquelle le budget verra le jour, NDLR), soit inférieur à 5%” du PIB.Alors que les entreprises françaises, conviées lundi par le gouvernement à un évènement “Choose France” consacré à leurs investissements dans le pays, sont très mécontentes des multiples taxes décidées à leur égard par la discussion budgétaire de l’Assemblée nationale, M. Moscovici a considéré qu’il ne faut pas “une fiscalité confiscatoire qui empêcherait nos entreprises d’investir”, mais qu’elles “doivent être prêtes à prendre leur juste part à l’effort collectif”.

Municipales: au Conseil de Paris, la droite, divisée depuis 2024, resserre les rangs derrière Dati

Les élus LR du premier groupe d’opposition de droite au Conseil de Paris, qui avaient fait scission avec le groupe de Rachida Dati en 2024, ont annoncé lundi rejoindre la candidate LR aux municipales pour “accompagner sa dynamique de campagne”.Les 17 conseillers LR du groupe Union Capitale, qui en compte 22, rejoindront “dans les prochaines semaines” les 19 élus du groupe dirigé par Rachida Dati Changer Paris, pour reconstituer le plus grand groupe d’opposition de l’assemblée parisienne, a annoncé à l’AFP le maire du 17e arrondissement Geoffroy Boulard, président d’Union Capitale.”Dans un esprit de cohérence et d’unité en vue des municipales de 2026″, ils souhaitent “contribuer pleinement à la dynamique et au rassemblement portés par la candidate de la droite et du centre” Rachida Dati, investie par les LR pour les municipales de mars 2026, expliquent les conseillers dans un communiqué en amont du Conseil de Paris qui s’ouvre mardi.Parmi les cinq élus restants d’Union Capitale figurent Pierre-Yves Bournazel, candidat Horizons à la mairie de Paris soutenu par Renaissance, ainsi que la maire Horizons du 5e arrondissement Florence Berthout.”Rachida Dati est la mieux placée pour gagner et offrir aux Parisiens le changement qu’ils attendent après 25 ans de gestion de la même majorité”, a justifié Geoffroy Boulard. Le maire LR du 17e arrondissement avait quitté les troupes de Rachida Dati pour fonder Union Capitale en juillet 2024, aux côtés de Pierre-Yves Bournazel et d’Agnès Evren, présidente de la fédération LR de Paris.Cette dernière, également sénatrice et conseillère de Paris, a lancé vendredi aux élus de la capitale un “appel à l’unité” pour “travailler efficacement en amont” à quatre mois des élections municipales de mars 2026.Union Capitale, constitué d’une majorité de LR et de quelques élus Horizons et Renaissance, “a porté une méthode, une ouverture nécessaire pour revitaliser l’opposition à Paris. Cette dynamique n’a pas vocation à disparaître car Rachida Dati a organisé un large rassemblement”, estime Geoffroy Boulard. Il assure qu'”aucune tractation” n’a eu lieu avec la maire du 7e arrondissement pour la constitution des listes en vue du scrutin.La droite est aujourd’hui éclatée en trois groupes au Conseil de Paris (163 élus) où la gauche dirigée par Anne Hidalgo est majoritaire. En mars 2024, le sénateur LR Francis Szpiner avait lui aussi créé son propre groupe LR et centristes (Demain Paris, 16 élus) pour marquer son désaccord avec l’entrée de Rachida Dati dans le gouvernement d’Emmanuel Macron.

Barnier (LR) défend l’idée d’un “conclave” pour désigner un candidat pour 2027

L’ancien Premier ministre Michel Barnier (LR) a défendu lundi le principe d’un “conclave” réunissant les responsables de la droite et du centre pour désigner un candidat commun à la présidentielle, plutôt que des primaires car “nous n’aurons pas beaucoup de temps”.”Je pense que nous n’aurons pas beaucoup de temps et sans doute pas le temps ni les conditions pour réunir une primaire”, a estimé le tout frais député sur franceinfo. Il lui préfère un “conclave qui réunit tous les parlementaires” de ce qu’il avait lui-même baptisé le “socle commun”, comprenant les formations du centre et de la droite, de Renaissance jusqu’aux Républicains. “Il y a très peu de temps entre les élections municipales, sénatoriales et l’élection présidentielle et, pour préparer un candidat, pour le décider, pour le désigner et pour qu’il puisse faire campagne, il faut du temps”, a argumenté Michel Barnier. Réunis début novembre en conseil stratégique, l’état-major de LR a décidé pour l’instant de créer un “groupe de travail” afin d’étudier la question de la désignation d’un candidat pour 2027. Sans dissimuler ses propres ambitions, le chef des Républicains, Bruno Retailleau, a néanmoins émis le souhait, dans un entretien-fleuve au média conservateur JDNews le 5 novembre, que ce candidat soit issu de LR au terme d’un processus interne au seul parti, sans élargissement au centre. 

Municipales: le RN et LFI à l’offensive, LR et macronistes profil bas

A quatre mois du premier tour des municipales le 15 mars, les forces politiques finalisent leurs stratégies et alliances locales, souvent le reflet de leurs dynamiques nationales. A gauche, LFI fait cavalier seulDéjà très divisée à l’Assemblée, la gauche ne part pas unie aux municipales. Les Insoumis ont décidé de présenter des listes seuls dans la plupart des villes, y compris de gauche, au risque parfois de les faire basculer à droite. La France insoumise n’escompte pas à ce stade gagner de nombreuses communes (Roubaix, La Courneuve) mais veut s’implanter dans les conseils municipaux dans l’objectif des futures élections sénatoriales.Socialistes, Ecologistes et communistes devraient réussir à s’allier dans une majorité de communes où ils ont gouverné, même si une alliance de premier tour est encore incertaine à Paris, socialiste depuis 2001, où l’écologiste David Belliard se verrait bien ravir la place au candidat du PS Emmanuel Grégoire. Mais les Ecologistes, après la vague de 2020, sont en difficulté dans plusieurs de leurs bastions, comme Lyon, Strasbourg ou Poitiers, dans un contexte où l’écologie est moins présente dans le débat public.Le PS, le plus implanté localement, entend bien conserver ses municipalités, mais a des inquiétudes à Marseille et doit faire face à une opposition écologiste dans deux de ses fiefs, Lille et Montpellier. La gauche espère aussi conquérir quelques communes de droite comme Toulouse, Saint-Etienne, Limoges, Amiens ou Caen.A LR, un rêve de “vague bleue” décoloréBruno Retailleau avait encore l’espoir de “faire se lever une vague bleue” dans la foulée de son élection à la tête des Républicains. Six mois plus tard, son parti n’apparaît nulle part en mesure de se renflouer sous ses seules couleurs.A Paris, il se range derrière Rachida Dati, pourtant suspendue du parti pour être restée au gouvernement. A Toulouse, il soutient le sortant Jean-Luc Moudenc qui a quitté LR il y a trois ans. A Lyon, il adoube Jean-Michel Aulas. A Marseille, sa candidate Martine Vassal fait alliance avec le centre.Même dans ses derniers bastions, la droite ne part pas en position de force, minée par les divisions et les affaires, comme à Nîmes, Toulon ou Saint-Etienne. En embuscade, le RN cherche à lui tailler des croupières, surtout dans le Sud-Est. De l’autre côté, Horizons garde sa porte ouverte aux transfuges.Au risque que la vague vire au reflux et menace la mainmise des Républicains sur le Sénat, dont la moitié des sièges seront renouvelés en septembre.Le RN en conquête sur tous les frontsAvec un nombre record de listes, l’objectif est de s’implanter partout, même sur des terres hostiles comme Brest ou Bordeaux, où les premiers sondages lui promettent des scores à deux chiffres.Mais la victoire se jouera le long de l’arc méditerranéen, de Menton à Perpignan, avec deux cibles principales: Toulon, presque imperdable pour la porte-parole Laure Lavalette, et Nice, où l’allié Eric Ciotti règle une vendetta contre son ex-mentor Christian Estrosi. Nîmes, et surtout Marseille, pourraient basculer dans des circonstances plus aléatoires. Le parti d’extrême droite laboure aussi les campagnes, de l’Aude aux Vosges, et compte s’appuyer dans les petites villes sur des sortants “sans étiquette”. A la fois pour progresser au Sénat et pour sécuriser les 500 parrainages en vue de la présidentielle.Des macronistes sans ambitions Dans le camp gouvernemental, un candidat à l’Elysée est engagé dans ces municipales: Edouard Philippe, qui sollicite un troisième mandat au Havre.S’il ne s’est pas officiellement déclaré, François Bayrou devrait également viser un troisième mandat de maire de Pau, fonction qu’il a conservée à Matignon. Les deux seront soutenus par Renaissance, le parti du président repris en main par son ex-Premier ministre Gabriel Attal. Après avoir raté sa première tentative d’ancrage en 2020, le parti n’a pas “d’ambition mal placée”: il soutient Martine Vassal (ex-LR) à Marseille, Jean-Michel Aulas à Lyon et Pierre-Yves Bournazel (Horizons) à Paris, où une partie des troupes penchait pour Rachida Dati. Renaissance portera ses couleurs à Annecy (Antoine Armand) ou encore à Lille (Violette Spillebout). A Bordeaux, l’ex-ministre Thomas Cazenave et la présidente du Parti radical Nathalie Delattre se disputent encore le rôle de leader du bloc central pour tenter de renverser l’écologiste Pierre Hurmic.

L’Assemblée rouvre les finances 2025, avec un débat attendu sur la perte de TVA

Les députés s’emparent lundi dans l’hémicycle du projet de loi de fin de gestion (PLFG), texte “technique” ajustant les finances de 2025, mais aussi très politique, avec notamment des débats en vue sur les causes de la baisse des recettes de TVA.”C’est un texte technique”, a assuré en commission des Finances la ministre des Comptes publics Amélie de Montchalin. Sans manquer de se féliciter que la France était “en passe de remplir” son objectif de déficit public pour 2025 autour de 5,4% (5,8% en 2024).Le texte, dont l’examen débutera à 21H30, prévoit quelques ouvertures de crédits. Certaines relativement consensuelles, comme 190 millions pour des dépenses de sécurité en Outre-mer et contre les incendies estivaux.D’autres moins, à l’instar d’1,1 milliard sur l’écologie, à l’aune de contrats conclus par le passé et d’une “baisse des prix” sur le marché des énergies renouvelables. Un irritant pour le RN : “elles n’ont qu’à se financer toutes seules”, a pointé le député Jean-Philippe Tanguy.Côté annulation, on note par exemple 1,6 milliard de moins sur le projet “France 2030”, le gouvernement invoquant un surplus de trésorerie. Une baisse des taux directeurs de la Banque centrale européenne permet aussi d’alléger de 2,9 milliards la charge de la dette.La ministre a tenté en commission de marquer l’importance du texte : sans lui “le gouvernement ne pourra pas verser comme prévu l’Allocation adultes handicapés, et la prime d’activité à tous ses bénéficiaires en décembre” (+ 450 millions d’euros de crédits).Sans convaincre les oppositions, la plupart ayant voté contre le texte, rejeté en commission jeudi.Parmi les griefs importants, la baisse annoncée des recettes de TVA, – 5 milliards d’euros par rapport aux prévisions du budget 2025 pour les caisses de l’Etat. “Le problème est encore plus grave” assure Eric Coquerel, président LFI de la commission des Finances, arguant que la part de TVA allant à l’Etat pèse pour “la moitié”. Le trou total pourrait donc être “de 10 milliards”, selon lui.Et le député LFI d’y voir un “cercle récessif” de la politique macroniste, qui grèverait la consommation des ménages.”C’est un sujet que nous suivons de très près”, a assuré Amélie de Montchalin dans Le Parisien dimanche, même si “d’autres recettes plus dynamiques compensent en 2025” (l’impôt sur les sociétés monte notamment de 5 milliards par rapport aux prévisions).En commission elle a annoncé une “mission” à Bercy pour comprendre pourquoi l’impôt manquait sa cible, alors que son “assiette” a augmenté de “1,7%”. Parmi les pistes soulevées par la ministre, l’essor de la consommation par colis, avec un recouvrement moins efficace.