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Municipales à Bordeaux: Hurmic en tête au 1er tour, Cazenave entravé par Dessertine, selon un sondage

Un sondage paru mercredi donne le maire écologiste sortant de Bordeaux Pierre Hurmic nettement en tête du premier tour des municipales et son principal adversaire le député macroniste Thomas Cazenave ne peut espérer l’emporter au second qu’en s’alliant à son rival de centre-droit Philippe Dessertine.A deux semaines et demie du scrutin, M. Hurmic est crédité de 33% des voix au premier tour, devant Thomas Cazenave (25%), l’universitaire Philippe Dessertine (15%), le candidat LFI Nordine Raymond (12%) et Julie Rechagneux pour le RN (7%), selon ce sondage réalisé par Ifop-Fiducial pour LCI, Sud Ouest et Sud Radio.La liste du NPA conduite par Philippe Poutou est, elle, créditée de 5%.Réalisée auprès de 707 personnes inscrites sur les listes électorales à Bordeaux, interrogées au téléphone du 19 au 24 février, l’étude comporte une marge d’erreur de 1,6 à 3,8 points.L’institut de sondage a testé trois scénarios pour le second tour, dont une quinquangulaire où le maire sortant reste en tête, crédité de 34% des intentions de vote, neuf points devant M. Cazenave.Dans le cas d’une quadrangulaire sans les Insoumis, le maire écologiste de Bordeaux sortirait largement vainqueur avec 46% des intentions de vote.L’autre quadrangulaire étudiée par le sondage, avec LFI et le RN, mais dans l’hypothèse d’un désistement de M. Dessertine, M. Cazenave devancerait légèrement Pierre Hurmic (37% contre 35%).Le sondage n’évoque toutefois pas le scénario d’une quadrangulaire avec MM. Hurmic, Cazenave, Dessertine et Raymond, sans le RN, qui ne pourra pas se maintenir s’il n’atteint pas la barre des 10% au premier tour.”C’est bien de virer en tête. Je trouve qu’il y a un socle solide autour de ces 33%”, a réagi le maire sortant après un meeting électoral à Bordeaux, jugeant ces résultats “encourageants” pour la suite de la campagne.Dans un communiqué, M. Cazenave estime, lui, que la “dispersion serait une erreur” et que sa liste est le “seul vote utile” pour battre M. Hurmic.En novembre, un premier sondage commandé par Renaissance à OpinionWay donnait déjà Pierre Hurmic en tête du premier tour (32%), devant une liste menée par M. Cazenave (26%), et favori du second tour (35%) dans l’hypothèse d’une quadrangulaire sans M. Dessertine, alors crédité de 12% au premier tour.Les intentions de vote ne constituent pas une prévision du résultat du scrutin. Elles donnent une indication des rapports de force et des dynamiques au jour de la réalisation du sondage.

Motions de censure RN et LFI sur l’énergie: “un désordre politique inutile”, cingle Lecornu

Les motions de censure déposées par le Rassemblement national et La France insoumise sur la feuille de route énergétique du gouvernement constituent “un désordre politique inutile”, a cinglé Sébastien Lecornu mercredi à l’Assemblée nationale.Le Premier ministre a dénoncé “une succession d’improvisations” de la part des deux partis, évoquant notamment “des chiffres inventés” du côté du Rassemblement national et accusant LFI de “préférer importer du gaz russe que de produire de l’électricité nucléaire décarbonée française”.Le gouvernement a dévoilé par décret le 12 février sa nouvelle stratégie énergétique, après trois ans d’intenses débats et d’innombrables reports, et les groupes censeurs ont dénoncé un contournement du Parlement. Leurs motions ont peu de chances d’être adoptées, la gauche ne votant jamais les motions déposées par le RN, et le PS ayant annoncé ne pas voter celle déposée par LFI.”Quand les macronistes perdent avec les règles de la démocratie, ils choisissent de passer en force avec cette +PPE3+. Votre dérive libérale est totale”, a accusé le député RN Jean-Philippe Tanguy.Le RN, contrairement à son habitude, ne votera pas la motion déposée par LFI, M. Tanguy invoquant “l’indécence du comportement, le soutien assumé et ré-assumé des Insoumis à une milice séditieuse haineuse” après la mort du militant identitaire Quentin Deranque à Lyon.De son côté, le député insoumis Maxime Laisney a qualifié de “nouvelle sorte de 49.3” la “publication de la programmation pluriannuelle de l’énergie sans vote du Parlement”.Mettant l’accent sur la relance de la consommation d’une électricité décarbonée, notamment d’origine nucléaire, en remplacement des énergies fossiles coûteuses à importer, la programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE3) a aussi acté un moindre déploiement de l’éolien terrestre et du solaire.”La France mérite une politique énergétique sérieuse” et “renverser un gouvernement ne produira pas un mégawattheure. Cela ne réduira pas d’un euro notre facture d’importation. Cela ne construira aucun réacteur”, a fait valoir Sébastien Lecornu.Le Premier ministre a une nouvelle fois reproché à LFI son attitude autour de la mort de Quentin Deranque. “Quand une formation politique entretient l’ambiguïté sur la violence, quand elle brouille les repères républicains, la priorité devrait être la clarification interne, Mme Panot, pas la déstabilisation institutionnelle”, a-t-il lancé, sous les protestations de la présidente du groupe insoumis Mathilde Panot.Le Premier ministre a également égratigné le RN qui, “toute honte bue”, par “une gêne momentanée” et “un réveil trop tardif”, ne votera pas la motion insoumise.

Municipales à Paris: Bournazel refuse toute alliance avec Dati, Philippe le contredit

En léger décrochage dans les sondages, le candidat de centre-droit à la mairie de Paris Pierre-Yves Bournazel a mis l’accent mercredi sur son refus d’alliance avec Rachida Dati au second tour des municipales, avant d’être contredit par Edouard Philippe, l’un de ses soutiens de poids.”Je ne rejoindrai ni Grégoire, ni Dati au second tour. Je mène campagne pour gagner et je crois que les Parisiens méritent un autre chemin que celui proposé par M. Grégoire et Mme Dati”, a affirmé M. Bournazel au micro de France Inter.”J’ai beaucoup réfléchi, j’écoute les Parisiens. Ils me demandent de proposer un chemin pour ne pas avoir à subir ce match du passé contre le passé entre Grégoire et Dati. J’incarne la solution”, a-t-il ajouté, affirmant que “le match n’est pas du tout joué”.Ce n’est pas la première fois que Pierre-Yves Bournazel, candidat Horizons soutenu par Renaissance, prend cette position. Mais c’est la première fois qu’il le dit aussi clairement, alors que son camp le pousse à une alliance avec Rachida Dati au soir du 15 mars.- Recadrage -L’ex-Premier ministre Edouard Philippe et patron d’Horizons n’a pas d’ailleurs manqué de s’en démarquer nettement quelques heures plus tard, dans une forme de recadrage.Interrogé par l’AFP, le maire du Havre a indiqué qu’il ferait “tout” pour “l’alternance” à Paris, “avec un grand rassemblement de la droite et du centre” au second tour.”Ce que je peux vous dire, moi, c’est que la compétition doit être projet contre projet au premier tour, elle ne doit pas être personnelle, et qu’au soir du premier tour, je ferai tout ce que je peux pour qu’on fasse l’union et qu’on ait l’alternance à Paris, avec un grand rassemblement de la droite et du centre”, a-t-il déclaré. Une mise au point qualifiée de “responsable” par Mme Dati.M. Bournazel a redit en fin de journée sur RTL qu’il menait “campagne pour gagner” et non “pour rejoindre” une liste ou l’autre dans l’entre-deux tours.”On mérite mieux que ce match (…) entre deux clans qui se détestent”, a développé celui qui se dépeint comme un “homme libre”. Tout en se gardant de redire explicitement qu’il refuserait toute alliance.Crédité d’une tendance à la hausse jusque début janvier, où il atteignait 16% des suffrages selon l’Ifop, M. Bournazel, également soutenu par le patron de Renaissance Gabriel Attal, était donné dimanche à 12% des voix, en perte de deux points par rapport à fin janvier. – “Suicide politique” -Deux points gagnés par Rachida Dati, dont le camp ne cesse d’appeler au “vote utile” pour battre la gauche alors même que 78% des sondés assurent désormais avoir fait leur choix.Signe d’une sortie calculée sur France Inter, l’équipe de campagne de Pierre-Yves Bournazel a aussitôt diffusé une tribune à la presse.Et, dans le camp Bournazel, tout le monde n’est pas de l’avis d’Edouard Philippe. Son aile gauche notamment, pour qui “les troupes du bloc central sont chez Bournazel et non chez Dati”.”Dati peut être candidate avec le risque d’être condamnée à de la prison en septembre”, a déclaré à l’AFP un soutien, allusion au renvoi en procès pour corruption de Mme Dati pour des faits qu’elle dément.”Les gens qui votent pour Pierre-Yves Bournazel sont des gens qui ont envie d’alternance, pas de bêtise, et qui veulent du sérieux”, a ajouté cette source, souhaitant garder l’anonymat.Le camp Dati n’a pas manqué de réagir.”Les Parisiens sont prévenus. Pierre-Yves Bournazel choisit délibérément d’empêcher l’alternance à Paris”, a réagi de son côté le député macroniste Sylvain Maillard. Thierry Guerrier, tête de liste pour Rachida Dati dans le XVIIIe, a lui évoqué un “suicide politique”.”Il serait inconcevable que le candidat Horizons prenne le risque de laisser la gauche d’Anne Hidalgo continuer à plomber Paris pendant six ans”, a également réagi Bruno Retailleau, président de LR et candidat à l’élection présidentielle.

Dernière ligne droite pour les négociations sur l’assurance chômage et les ruptures conventionnelles

Patronat et syndicats tentent mercredi de trouver un accord sur l’assurance chômage dégageant au moins 400 millions d’euros d’économies par an, principalement sur les ruptures conventionnelles, et d’éviter ainsi que le gouvernement ne reprenne la main sur les conditions d’indemnisation.Pour les salariés ayant conclu une rupture de contrat d’un commun accord avec leur employeur, les droits au chômage seraient ainsi réduits.Les trois organisations patronales interprofessionnelles (Medef, CPME, U2P) ont transmis lundi un projet d’accord qui ferait passer de 18 à 15 mois la durée d’indemnisation maximale pour les chômeurs ayant signé une rupture conventionnelle.Cette seule mesure permettrait d’économiser 270 millions dès 2027 et 940 millions d’euros une fois la mesure pleinement montée en charge, c’est-à-dire à partir de 2030, selon un chiffrage de l’Unédic. Elle aurait toutefois besoin d’être votée par le Parlement avant de pouvoir être appliquée.Selon plusieurs négociateurs, un accord pourrait également être trouvé pour assurer un meilleur recouvrement des trop-perçus versés aux chômeurs, dont les trois quarts sont inférieurs à 650 euros et dont 68% sont d’ores et déjà recouvrés au bout de quatre ans.Ces trop-perçus représentent au total près de 1,3 milliard d’euros en 2025, soit 3% des indemnités versées par l’Unédic.Les autres mesures envisagées par le patronat, comme la dégressivité des allocations après une rupture conventionnelle ou un durcissement des conditions d’indemnisation des intermittents du spectacle, seraient abandonnées.Pour protester contre cette dernière éventualité, au moins 300 personnes se sont réunies dans la matinée à l’appel de la CGT devant le siège de l’Unédic, en présence de sa secrétaire générale Sophie Binet, qui a dénoncé une baisse “inédite” des droits des chômeurs de 25% depuis 2017.”On ne lutte pas contre le chômage en s’attaquant aux chômeurs”, a-t-elle estimé.Des rassemblements sur le même thème se sont également tenus dans d’autres villes, dont Marseille, où plus d’une centaine de personnes ont manifesté devant le siège régional du Medef. Une dizaine de manifestants se sont introduits dans les locaux de l’organisation patronale pendant une heure sans commettre de dégradations, a-t-on appris de sources concordantes.- “Voie de passage” –  Le patronat a depuis le début tenu à élargir le spectre de la négociation et à dégager un milliard d’euros d’économies par an, au grand dam des syndicats, alors que le gouvernement a demandé aux partenaires sociaux de trouver au moins 400 millions, “notamment” sur les ruptures conventionnelles.En 2024, 515.000 ruptures conventionnelles individuelles ont été conclues, notamment dans de petites entreprises. Avec des dépenses d’allocations chômage atteignant 9,4 milliards d’euros, soit 26% du total, le dispositif, créé en 2008, est trop cher aux yeux du gouvernement, qui dénonce des “abus”. Plus jeunes et plus diplômés que la moyenne des demandeurs d’emploi, les chômeurs issus de ces ruptures touchent en moyenne des allocations plus élevées, ouvrant des droits plus longtemps, selon l’Unédic. Le gouvernement Lecornu a écarté une remise à plat complète de la convention d’assurance chômage de novembre 2024, demandée en août par son prédécesseur François Bayrou, avec un objectif d’économies de quatre milliards d’euros.Lundi, les chefs de file des cinq syndicats de salariés représentatifs ont appelé le patronat à se montrer “raisonnable”, plusieurs se disant optimistes sur un possible accord. La secrétaire générale de la CFDT, Marylise Léon, a ainsi évoqué une “voie de passage”.”Depuis toujours on nous dit que c’est dans la philosophie du gouvernement de vouloir reprendre la main sur l’assurance chômage mais à chaque fois, on lui a démontré qu’on était capable de trouver des accords”, selon son homologue de FO, Frédéric Souillot. La CGT, qui désigne les employeurs comme responsables des abus de ruptures conventionnelles et propose un “malus” pour ceux y ayant beaucoup recours, est moins accommodante. De l’issue de cette journée dépendra aussi la possibilité d’avancer dans l’autre négociation en cours, sur les contrats courts.bj-gag-boc-dac/ito/tes

L’Assemblée s’empare du projet de loi contre la fraude fiscale et sociale

Après le Sénat en novembre, l’Assemblée nationale s’empare à partir de mercredi soir du projet de loi de lutte contre les fraudes sociales et fiscales, vivement critiqué par la gauche qui dénonce un texte par trop focalisé selon elle sur la fraude sociale.Les débats pour cette première lecture devraient se tenir à partir de 21H30 et jusqu’à vendredi, avec à la clé plus de 1.000 amendements à examiner, sur une grosse centaine d’articles. La France insoumise a déposé une motion de rejet qui sera examinée à l’entame des débats, et le gouvernement devrait appeler certains articles en priorité.Nouveaux moyens de détection des fraudes, sanctions et obligations renforcées, partage d’informations amélioré dans les administrations… le projet de loi entend “accélérer le passage de la suspicion à la détection, de la détection à la sanction et de la sanction au recouvrement”, avait résumé la ministre de la Santé Stéphanie Rist en novembre.Le gouvernement espère qu’il fasse entrer dans les caisses plus de deux milliards d’euros, une manne bienvenue à l’heure où le déficit public peine à se résorber.Sur le volet social à lui seul, la fraude représenterait un manque à gagner annuel de 13 milliards d’euros, selon le Haut Conseil du financement de la protection sociale. Or seuls 2,9 milliards ont pu être détectés en 2024, avec un taux de recouvrement effectif très faible.Le projet de loi, touffu, propose notamment d’étendre les informations fiscales et patrimoniales auxquels pourront avoir accès différents organismes sociaux ; de rendre obligatoire la géolocalisation des transporteurs sanitaires et des taxis conventionnés ; de mieux réguler le secteur des voitures de transport avec chauffeur (VTC) ; de s’attaquer à la fraude à la formation ; et de renforcer l’obligation de vigilance du donneur d’ordre et du maître d’ouvrage face au travail dissimulé dans les chaînes de sous-traitance.Il prévoit aussi de créer une procédure de “flagrance sociale” permettant une saisie à titre conservatoire des actifs d’une entreprise suspectée de travail au noir, ou encore de suspendre le versement des allocations chômage lorsque France Travail a des “indices sérieux de manœuvres frauduleuses”.- Données des compagnies aériennes -Une mesure similaire concernant les prestations sociales a été supprimée en commission à l’initiative de la gauche et du groupe centriste Liot.Egalement supprimée en commission, cette fois-ci à la demande du rapporteur Patrick Hetzel (LR), une disposition particulièrement polémique introduite au Sénat, donnant à France Travail l’accès aux données du fichier des compagnies aériennes et aéroportuaires pour mieux détecter les fraudes. Des députés LR tenteront de la rétablir dans l’hémicycle, contre l’avis du ministère du Travail qui a fait savoir qu’il y était opposé.Face à la grogne des médecins libéraux, le gouvernement a comme il s’y était engagé déposé un amendement pour supprimer le caractère obligatoire de la “mise sous objectif” par l’Assurance maladie des médecins qui sur-prescrivent.Un autre amendement gouvernemental doit permettre aux préfets de prononcer la fermeture administrative temporaire d’un établissement ayant recouru sciemment, directement ou indirectement, au service d’une personne exerçant un travail dissimulé.Lors des débats en commission, le député LFI Louis Boyard a fustigé une “politique de classe” et un acharnement sur “un petit pourcentage de personnes qui vivent avec 800 à 1.000 euros (…) tandis que les gros fraudeurs échappent aux sanctions”.Un point de vue que ne devrait pas manquer de conforter la publication la semaine dernière d’une note de Bercy montrant que plus de 13.000 foyers fortunés ne payent aucun impôt sur le revenu.Le ministère du Travail souligne lui que c’est un “devoir républicain de lutter contre les fraudes”, et entend tordre le cou à “certaines idées reçues”: “la moitié de la fraude sociale concerne la fraude aux cotisations, c’est-à-dire du travail dissimulé, qui concerne les entreprises”, souligne-t-on.Un vote solennel sur le texte est prévu le 31 mars, après la coupure parlementaire liée aux élections municipales.

Loi sur la protection de l’enfance: les associations critiquent un “abandon” du gouvernement

La décision du gouvernement de ne pas inscrire son projet de loi sur la Protection de l’enfance à l’agenda législatif d’ici juin inquiète les associations qui dénoncent un “abandon non assumé”. Le texte sur la refondation de la protection de l’enfance n’a pas été inscrit à l’agenda législatif du gouvernement pour la session ordinaire qui s’achève en juin, où figurent la loi fin de vie et l’interdiction des réseaux sociaux aux moins de 15 ans.Le calendrier paraît bouché après l’été avec les sénatoriales en septembre et les discussions sur le budget.Souhaitant que le texte soit voté, Matignon a proposé à la députée socialiste Isabelle Santiago de le reprendre en tant que proposition de loi avec “l’appui du gouvernement”, a-t-elle indiqué à l’AFP mercredi.Cette option supposerait de trouver une place dans les semaines réservées aux initiatives parlementaires, et donc avoir un accord entre plusieurs groupes politiques, souligne la députée.Ce recul “interroge sur les choix politiques du gouvernement et la priorité accordée aux enfants”, a relevé Mme Santiago, autrice d’un rapport parlementaire alarmant sur la Protection de l’enfance en avril 2025.”La fenêtre se referme: il est impossible qu’un projet ou proposition de loi soit adopté sous cette législature. Tout le monde le comprend et le gouvernement essaie de noyer le poisson”, a réagi Pierre-Alain Sarthou, directeur général de la Cnape, qui rassemble 180 associations gestionnaires de la Protection de l’enfance, y voyant un “abandon non assumé”.Le projet de loi prévoit notamment des mesures de soutien aux familles pour éviter le placement. S’il est nécessaire, il prévoit de recourir davantage à un environnement familial plutôt qu’à des foyers.La ministre des Familles Stéphanie Rist avait annoncé mi-février que ce texte, également porté par le ministre de la Justice Gérald Darmanin, allait “arriver dans les semaines qui viennent”. Interrogé par l’AFP, son cabinet n’avait pas réagi mercredi.Près de 400.000 jeunes sont suivis en Protection de l’enfance, dont 224.600 placés hors de leur famille, selon les services statistiques des ministères sociaux.Mineures prises dans la prostitution, enfants victimes de brimades par des éducateurs ou frappés par d’autre mineurs: depuis plusieurs années, les cris d’alarme se succèdent sur l’Aide sociale à l’enfance (Ase, ex-Ddass). Elle est confrontée à un nombre croissant de jeunes pris en charge, une pénurie de professionnels, un épuisement des acteurs de terrain et une justice saturée.

La porte-parole du gouvernement qualifie de “totalitaire et complotiste” le rapport de LFI à la presse

La porte-parole du gouvernement Maud Bregeon a qualifié mercredi de “totalitaire et complotiste” le rapport de La France insoumise avec “tout ou partie de la presse”, après notamment l’organisation d’une conférence de presse de Jean-Luc Mélenchon excluant les médias traditionnels. Lors du compte rendu du Conseil des ministres, Mme Bregeon a également vivement dénoncé comme “une honte absolue” les propos selon elle “absolument ignobles” de la candidate LFI à la mairie de Paris Sophia Chikirou. L’Insoumise qualifiait certains journalistes de “nazis aux petits pieds”, selon une vidéo publiée récemment sur les réseaux sociaux. Jean-Luc Mélenchon a critiqué lundi avec virulence le traitement médiatique réservé à la mort du militant d’extrême droite radicale Quentin Deranque et les mises en cause de La France insoumise qui ont suivi, lors d’une conférence de presse à laquelle seuls les “médias numériques alternatifs” ont été invités. “Je n’ai pas de problème avec les médias, ce sont les médias qui ont un problème avec moi”, a martelé le fondateur de LFI devant plusieurs influenceurs, médias en ligne et médias alternatifs, souvent marqués à gauche. Plusieurs médias dont l’AFPTV, Libération et TF1 n’ont pas obtenu d’accréditation pour cet événement.”Quant Jean-Luc Mélenchon assume de trier les médias, de trier les journalistes et d’exclure sciemment la presse que je qualifierais de traditionnelle d’une conférence de presse, en expliquant que la ligne éditoriale qui serait tenue (…) ne leur correspond pas, c’est extrêmement grave”, a déclaré Maud Bregeon. Quant aux propos de la très proche du leader LFI, elle a estimé qu’ils devraient “provoquer un tollé au sein même de leur parti”. “Qu’en démocratie on puisse à ce point piétiner le travail des journalistes, ostraciser une large partie de la presse et tenir de tels propos, c’est profondément inquiétant”, a-t-elle asséné.

Faire barrage à LFI ? Maud Bregeon n’appelle “le RN à rien”

La porte-parole du gouvernement Maud Bregeon a affirmé mercredi n’appeler “le RN à rien” pour les élections municipales, contrairement à sa collègue ministre Aurore Bergé qui avait demandé au parti à la flamme de se désister dans les villes “où LFI peut gagner”.”Nous n’appelons le RN à rien. Nous ne demandons rien au Rassemblement national, de même que nous n’appelons la France insoumise à rien”, a déclaré Mme Bregeon sur franceinfo.La porte-parole du gouvernement a pris ainsi le contre-pied de la ministre déléguée à l’Égalité femmes-hommes Aurore Bergé, qui avait appelé dimanche le RN à retirer ses candidats pour empêcher la victoire des Insoumis dans certaines villes, à trois semaines du premier tour du scrutin.”Pourquoi maintiendrait-il des candidats dans des villes où ils savent que le RN n’a aucune chance de gagner et où LFI peut gagner ?”, s’était interrogée Mme Bergé.Mme Bregeon a préféré renvoyer LFI et RN dos à dos, les qualifiant de “lignes rouges extrêmement claires”. “Je les combats pour des raisons différentes mais pour des raisons majeures dans les deux cas.””Il ne peut y avoir aucun accord électoral, qu’il soit affiché ou implicite, avec des formations d’extrême droite ou d’extrême gauche”, a-t-elle insisté. “Nous disons une chose simple et c’est la position du gouvernement et c’est d’ailleurs la position d’Aurore Bergé, qu’elle a rappelée à plusieurs reprises: ni le RN, ni LFI”, a ensuite déclaré Mme Bregeon, interrogée sur ce point lors du compte-rendu du Conseil des ministres.”Nous n’appelons ni le RN à procéder à des décisions électorales ni la France insoumise, de même. Notre position là-dessus est extrêmement claire”, a-t-elle insisté. La porte-parole du gouvernement avait un peu plus tôt appelé “le reste de la gauche à avoir une position on ne peut plus lisible, ferme et définitive” vis-à-vis de LFI, et “à faire preuve de courage”.Dans son département des Hauts-de-Seine, assure-t-elle, “il y a des villes où dès le premier tour, il y a sur les mêmes tracts de campagne, les logos EELV, La France insoumise, Parti communiste et Parti socialiste”, a-t-elle déploré. 

Municipales: à Poitiers, la gauche désunie en terrain conquis

A Poitiers, la maire écologiste se représente sans ses alliés communistes, associés cette fois-ci aux Insoumis, et face au PS, dans l’opposition depuis sa défaite en 2020: la gauche part désunie aux municipales dans ce fief qu’elle tient depuis un demi-siècle.Il y a six ans, portée par la vague verte, Léonore Moncond’huy avait emporté une triangulaire face au sortant Alain Claeys (2008-2020), successeur d’un autre socialiste Jacques Santrot (1977-2008), et au candidat macroniste Anthony Brottier, en lice aujourd’hui sans étiquette et classé au centre gauche.La droite n’avait même pas atteint le second tour, à l’image de ses scores aux scrutins nationaux. À la présidentielle de 2022, Valérie Pécresse n’avait recueilli que 4% des voix dans cette ville de 90.000 habitants – guère plus propice au Rassemblement national: Marine Le Pen y avait alors obtenu 11,56% des suffrages.Pendant son mandat, Léonore Moncond’huy a ferraillé au tribunal administratif avec la préfecture, notamment pour une subvention à une association prônant la désobéissance civile, et a été l’instigatrice d’un amendement pour maintenir l’indemnité des élus en congé maternité, après avoir vu ses revenus sérieusement réduits lors du sien en 2024.- Cicatrices pas refermées -Elle revendique aussi sa politique de végétalisation (cours d’école, plantations d’arbres), une gouvernance plus proche des habitants, un dispositif Vacances pour tous et d’importants projets de construction et réhabilitation (centre socioculturel rénové, nouveau pôle d’animation, caserne de pompiers transformée en tiers-lieu…).Pour être réélue, elle rappelle avoir ouvert “dès septembre 2024” des discussions “avec toutes les forces de gauche” mais certaines plaies restent ouvertes. “Pour le PS de Poitiers, il semble encore prématuré, après le changement de municipalité de 2020, d’envisager une dynamique municipale commune”, estime l’élue écologiste.”EELV a fait le choix il y a six ans de présenter une candidature face au maire socialiste sortant, considérant que leur projet pour Poitiers était différent. Six ans après, je confirme que le projet était différent”, répond le candidat PS François Blanchard, qui veut “redonner de l’attractivité” et dénonce la fermeture de services publics (crèche familiale et résidence autonomie).Le PCF, lui, a refusé la proposition des écologistes “au vu des conditions” et préféré s’allier aux Insoumis au sein de “Poitiers en commun”. Léonore Moncond’huy reconnaît “des convergences programmatiques évidentes” avec ces derniers mais juge que les “cultures démocratiques” de chacun “divergeaient trop pour forcer un accord qui aurait été fragile”.- Transports et sécurité -Les désaccords programmatiques restent limités à gauche, notamment sur l’un des principaux sujets de campagne: les transports.Tous les candidats parlent d’étendre la gratuité, mise en place le samedi depuis deux ans, mais diffèrent sur les modalités. LFI, qui prônait la gratuité totale des bus comme la candidate investie par Renaissance Lucile Parnaudeau, a adouci sa position depuis son alliance avec les communistes.Pour l’autre sujet majeur, la sécurité, le débat porte sur l’armement de la police municipale, qui avait fait grève en ce sens en décembre 2024, un mois après la mort d’un adolescent abattu par un homme connu pour trafic de stupéfiants, qui avait également blessé quatre mineurs.La majorité sortante y est opposée, comme la liste Poitiers en Commun, quand Anthony Brottier souhaite doter les agents d’armes létales. François Blanchard propose, lui, de leur fournir des “armes dites intermédiaires, de type pistolets à impulsion électrique ou LBD”.Le socialiste et l’ancien macroniste, alliés dans l’opposition municipale, “sont d’accord sur l’essentiel”, souligne l’ancien maire Alain Claeys, qui “aspire toujours à l’union entre François Blanchard et Anthony Brottier” car “c’est la condition pour gagner”.”Je ferai tout pour que ce rassemblement ait lieu au second tour”, a-t-il ajouté lundi dans la Nouvelle République Centre Presse.Bertrand Geay, chef de file de “Poitiers en commun”, ouvre déjà la porte, lui, à un rassemblement avec les écologistes, en soulignant que “pour le second tour, de bonnes relations existent” entre les deux listes.

Le maire de Lyon Grégory Doucet prêt à s’allier avec LFI au second tour

Le maire écologiste de Lyon Grégory Doucet s’est dit mardi prêt à s’allier avec LFI au second tour des municipales, lors d’un débat télévisé avec ses rivaux en partie phagocyté par la mort du militant d’extrême droite radicale Quentin Deranque.Ce “drame nous a tous bouleversé”, a déclaré d’emblée le maire sortant qui débattait pour la première fois en public avec le grand favori des sondages, l’ex-patron de l’OL Jean-Michel Aulas, soutenu par la droite et le centre-droit, mais aussi avec le candidat UDR Alexandre Dupalais, allié au RN, et l’insoumise Anaïs Belouassa Cherifi.Interrogé sur la possibilité de faire alliance avec cette dernière, le maire sortant a répondu pour la première fois clairement “oui”, “mais à certaines conditions”, notamment que personne dans son équipe ne soit “impliqué dans des violences”.Quant à une fusion des listes si la député parvenait à atteindre la barre des 10% pour se maintenir, Grégory Doucet ne l’a pas exclu: “le soir du premier tour, les Lyonnais et les Lyonnaises nous auront envoyé un message” et “notre responsabilité” sera de les entendre.Depuis le décès de Quentin Deranque, battu à mort à Lyon le 12 février, et la mise en examen de suspects liés à un député LFI, l’extrême droite, la droite, le centre droit et même une frange de la gauche socialiste réclament une rupture totale avec LFI.Jusque là, le maire sortant, qui aura besoin de toutes les voix de gauche s’il veut remporter un second mandat, avait refusé de se prononcer. Anaïs Belouassa Cherifi a aussi laissé la porte ouverte à cette alliance. “Sachez que ma priorité, c’est que monsieur Aulas ne devienne pas le prochain maire de la ville de Lyon. Je ferai tout ce qui est mon pouvoir pour que ce ne soit pas le cas.”- “Coquille vide” -A moins de trois semaines des municipales, le chef d’entreprise, qui garde une grande popularité à Lyon du fait de ses 36 ans à la tête de son club de foot, pointe avec plus de dix points d’avance au premier tour et est donné largement vainqueur au second, dans tous les sondages.A 76 ans, ce novice en politique était celui qui avait le plus à perdre dans ce débat, et il s’est surtout évertué à se présenter comme “candidat de la société civile”, affranchi des querelles partisanes. A plusieurs reprises ses adversaires l’ont malmené, l’accusant d’être “à côté de la plaque” (Grégory Doucet), ou une “coquille vide” (Anaïs Belouassa Cherifi). “A part de grandes dépenses non financées, personne n’a compris votre ligne politique”, a encore assené Alexandre Dupalais.Mais ce dernier a aussi “volé à son secours”, comme l’a noté la députée insoumise, en répondant pour lui à des questions mettant en cause son bilan de président de l’OL en matière de lutte contre les supporteurs extrémistes et violents. Certains étaient présents samedi dans la marche pour Quentin Deranque, qui a rassemblé 3.200 personnes à Lyon dont de nombreux militants identitaires ou nationalistes et qui a été entaché par des saluts nazis.- Jeune Garde -Les obsèques du jeune homme se sont déroulées mardi après une messe dans la plus stricte intimité dans une église de la ville.La candidate insoumise a pour sa part été bombardée de questions sur ses liens avec “la Jeune Garde” antifasciste, un groupe fondé en 2018 à Lyon par le député LFI Raphaël Arnault et dissous en juin 2025, auquel appartenaient certains des suspects des violences contre Quentin Deranque.”Personne ne doit mourir pour ses idées, je condamne toutes les violences mais je reste une militante antifaciste”, a-t-elle martelé.Le gouvernement a annoncé mardi avoir saisi la justice au sujet d’une possible “reconstitution” de la Jeune garde. Et Emmanuel Macron a demandé à Beauvau de lancer des procédures de dissolution contre cinq de ses “émanations” locales.Le président a également enjoint le gouvernement à veiller à ce que la campagne des municipales “se déroule sereinement”, après que “22 permanences parlementaires de LFI ont été dégradées” en une dizaine de jours, a assuré un participant à une réunion sur les groupes violents à l’Elysée.