AFP Politics

La France fixe une nouvelle doctrine d’intervention en mer contre les traversées clandestines vers l’Angleterre

Après des mois de discussions, la France a annoncé vendredi qu’elle allait débuter “prochainement” des opérations visant à intercepter en mer des petits bateaux clandestins en chemin vers l’Angleterre, avant qu’ils n’embarquent des groupes de migrants.Ce changement de doctrine engagé par Paris sous pression de Londres était en gestation depuis plusieurs mois.Les forces de l’ordre françaises peinent à trouver la parade face aux “taxi-boats”, un mode d’action des passeurs consistant à faire partir une embarcation d’un point éloigné des principales plages de départ où sont rassemblés les migrants. Le taxi-boat s’approche ensuite du rivage et vient récupérer des passagers directement dans l’eau, avant de poursuivre sa route vers l’Angleterre.”La Gendarmerie maritime sera bientôt en mesure d’effectuer des opérations de contrôle et d’intervention en mer, sur des embarcations soupçonnées d’être des taxi-boats”, a déclaré à l’AFP la préfecture maritime de la Manche et de la mer du Nord (Prémar), confirmant des informations du journal Le Monde.Le quotidien évoque un document signé par le préfet maritime mais aussi ceux du Nord, de la Somme et du Pas-de-Calais.Le ministère de l’Intérieur français n’a pas souhaité réagir. Côté britannique, un porte-parole du gouvernement a simplement rappelé vendredi à l’AFP que Londres a “déjà travaillé à s’assurer que les autorités en France réforment leurs tactiques en mer afin qu’elles puissent intervenir dans les eaux peu profondes”.- Pas de filets à ce stade -Actuellement, une fois une embarcation clandestine en mer, seul le dispositif de secours intervient en cas de besoin, en raison des risques que présentent ce type d’opérations, comme prévu par les conventions internationales.Désormais, il pourra aussi y avoir des “opérations de contrôle et d’intervention (…) issues d’études menées par l’ensemble des services de l’État concernés”, a précisé la Prémar. Elles “comportent des dispositions prenant en compte la primauté de la sauvegarde de la vie humaine”.Ces futures opérations de la gendarmerie maritime sont prévues en amont de l’embarquement de passagers, pour ne pas mettre leurs vies en péril, selon une source proche du dossier.”L’ensemble des travaux sur le sujet se fait en lien avec les parquets concernés”, a souligné à l’AFP la procureure de Boulogne-sur-Mer (Pas-de-Calais), Cécile Gressier.En outre, la Prémar précise que “l’emploi de filets visant à stopper le taxi-boat n’est pas envisagé à ce stade”.Cette méthode, mentionnée la semaine dernière dans la presse, avait soulevé l’indignation d’associations d’aide aux migrants et d’ONG comme Amnesty International.Pour le professeur de droit international Thibaut Fleury-Graff, “les interceptions sont susceptibles d’être contraires au droit de quitter tout pays” inscrit dans le Pacte de l’ONU sur les droits civils et politiques, et doivent respecter “l’ensemble des droits de la personne humaine”.Les taxi-boats embarquent leurs passagers sur une ou plusieurs haltes et repartent en direction de l’Angleterre surchargés, transportant régulièrement plus de 70 candidats à l’exil dans des conditions périlleuses.Au moins 27 migrants sont morts cette année lors de ces dangereuses tentatives de traversées de la Manche, selon un décompte de l’AFP.Après le pire naufrage dans la Manche, qui a fait 31 morts en novembre 2021, le parquet de Paris a demandé vendredi un procès en correctionnelle pour 14 hommes, nés pour la plupart en Afghanistan et en Irak, soupçonnés d’être impliqués dans des réseaux de passeurs à l’origine du drame.Depuis le 1er janvier, plus de 39.000 personnes sont arrivées sur les côtes anglaises à bord de petites embarcations, selon les données britanniques, soit plus que sur la totalité de 2024.Plus de la moitié des personnes arrivées clandestinement au Royaume-Uni entre septembre 2024 et septembre 2025 sont de cinq nationalités: Érythréens (la nationalité la plus représentée), Afghans, Iraniens, Soudanais et Somaliens.Le gouvernement travailliste britannique, sous pression de l’extrême-droite, a annoncé ce mois-ci une réforme qui durcit fortement sa politique d’asile et d’immigration, espérant ainsi décourager les arrivées irrégulières de migrants sur ces “small boats”, qu’il peine à endiguer.

Elections et désinformation: Macron propose de nouvelles pistes

Création d’une action judiciaire d’urgence contre “les fausses informations” sur les réseaux sociaux, “interdiction en période électorale de la publicité rémunérée” sur ces mêmes sites: Emmanuel Macron a avancé vendredi à Mirecourt (Vosges) plusieurs pistes pour lutter contre la désinformation.Le président de la République a annoncé avoir demandé au gouvernement un travail, à rendre “d’ici la fin de l’année” pour instaurer un “référé” contre les fausses informations ou les informations attentatoires à la dignité d’une personne. Il s’agit d’obtenir qu’elles puissent être bloquées en urgence sur les réseaux sociaux.Le chef de l’Etat s’exprimait lors d’un débat avec des lecteurs des journaux de l’est de la France, appartenant au groupe Ebra, sur le thème de “la démocratie à l’épreuve des réseaux sociaux et des algorithmes”.Après Toulouse et Arras, le président a poursuivi sa tournée des titres régionaux pour échanger sur le sujet de la régulation des réseaux sociaux face aux risques qu’ils font peser, selon lui, sur la démocratie.Interrogé par une lectrice qui s’est dite harcelée sur les réseaux par un collègue qui a continué à diffuser des images d’elle détournées par l’intelligence artificielle malgré une première condamnation, Emmanuel Macron a dit avoir été “personnellement confronté au même genre de choses” et son épouse Brigitte Macron “encore plus”.”Ca prend un temps fou, ça continue, les gens le voient (…) et là on n’a aucun moyen de saisir le juge”, a-t-il regretté.Le couple présidentiel a engagé une longue procédure en diffamation aux Etats-Unis pour faire cesser la diffusion de rumeurs et d’infox sur le genre de naissance de Brigitte Macron.Avec un système de référé, il devrait être possible de demander au juge de statuer “en 48 heures” et d'”obliger” le harceleur présumé à “fermer” ses publications, a estimé le chef de l’Etat.- Elections et “guerre informationnelle” -La période électorale qui s’ouvre avec les scrutins municipaux de mars pose aussi la question des “ingérences étrangères” qui sont une “réalité”, a-t-il souligné.Les réseaux sociaux sont “structurés pour créer plutôt de la dépendance, de l’excitation” et “gagnent leur argent en repoussant de la publicité individuelle”, a-t-il poursuivi.Mais l’achat “massif” de “pages ou de comptes” peut permettre en période électorale “de pénétrer totalement dans l’espace informationnel”. Dans ce cadre, “les trolls jouent un rôle extrêmement important”, a-t-il ajouté.Emmanuel Macron a insisté sur le rôle doivent jouer les plateformes elles-mêmes. “On doit exiger des réseaux sociaux le fait qu’ils assument, qu’ils garantissent que derrière chaque compte, il y ait une personne réelle”, a-t-il dit, précisant que le combat devait être mené “au niveau européen”.Avant les élections, il a mis en avant le rôle de Viginum, le service de vigilance et de protection contre les ingérences numériques étrangères créé en 2021, mais aussi du Quai d’Orsay.Aussi questionné sur l’interdiction des réseaux sociaux aux moins de 15 ans, le président de la République a exprimé sa volonté d’étendre l’interdiction du téléphone portable au lycée à partir de la rentrée prochaine. Les portables sont déjà interdits à l’école primaire ainsi qu’au collège.”A partir de la rentrée prochaine, on veut faire +plus de portables au lycée+ pour vraiment aller au bout de cette démarche et dire: +c’est pas le lieu où vous devez faire ça, c’est le lieu où vous apprenez et puis c’est le lieu où vous échangez+”, a-t-il dit.”Tout ce qu’on s’est dit ce matin va donner lieu à un agenda de décisions et d’actions”, notamment des textes législatifs, a conclu le président après deux heures d’échanges, en appelant à la “vigilance” des lecteurs qui ont participé à ces débats.

Le gouvernement et ArcelorMittal s’opposent de concert au projet de nationalisation

Le gouvernement et ArcelorMittal ont réaffirmé vendredi leur opposition ferme à toute nationalisation des actifs français de l’aciériste, au lendemain de l’adoption en première lecture à l’Assemblée nationale d’une proposition de loi LFI en ce sens, qui risque fort d’être retoquée par le Sénat.Nationaliser le sidérurgiste ArcelorMittal France serait “une réponse populiste à un problème structurel”, a déploré le ministre de l’Economie Roland Lescure.”La France a besoin d’un cap industriel clair, pas d’une prétendue formule magique que serait la nationalisation”, a-t-il écrit dans un message publié sur le réseau Bluesky.L’Assemblée nationale a adopté jeudi en première lecture une proposition de loi LFI visant à nationaliser ArcelorMittal France, qui a annoncé en avril des mesures de réorganisation qui entraîneront des suppressions d’emplois, évaluées à 260 à ce stade.”C’est un vote historique, c’est une victoire qui a été arrachée grâce à la mobilisation des travailleurs et des travailleuses et de toute la CGT”, a réagi la secrétaire générale de la CGT, Sophie Binet après de l’AFP, appelant le gouvernement à “respecter le vote qu’il y a eu au Parlement”.Le texte a été adopté avec le soutien de la gauche (insoumis, socialistes, écologistes et communistes), tandis que le RN s’est abstenu et que le camp gouvernemental a voté contre. Son avenir est toutefois hautement incertain, car il lui sera difficile d’être adopté au Sénat, dominé par la droite et le centre.”Le véritable enjeu, ce n’est pas de nationaliser Arcelor, c’est de se battre contre les importations massives d’acier chinois, c’est un débat au niveau européen”, a relevé vendredi le ministre du Travail Jean-Pierre Farandou, opposé comme l’ensemble du gouvernement à une nationalisation chiffrée à trois milliards d’euros, sur fond de disette budgétaire.Le ministre de l’Industrie Sébastien Martin a estimé auprès de l’AFP que “ce vote crée l’illusion d’une protection, mais il ne résout ni la chute de la demande européenne, ni la concurrence mondiale faussée, ni les coûts de production qui pèsent sur la filière”.Ce que prévoit le texte, “ce n’est pas de nationaliser le groupe ArcelorMittal, c’est de n’en nationaliser qu’une partie”, a renchéri Pascal Deshayes, délégué syndical central CFE-CGC pour ArcelorMittal France, qui estime qu’on va ainsi “nationaliser des dettes”, l’Europe étant “l’enfant malade du groupe”.”L’avenir de la sidérurgie française ne se joue pas dans les postures. Il se joue dans des décisions courageuses : protéger l’acier européen à Bruxelles, investir, alléger les impôts de production, sécuriser les sites, lutter contre la concurrence déloyale”, a ajouté Sébastien Martin. – “Les leviers sont européens” -Le plan acier de la Commission européenne prévoit de diviser par deux environ les quotas d’acier étranger pouvant être importés dans l’UE sans droits de douane, tout en doublant les droits de douane pour les importations dépassant ces quotas, à hauteur de 50% contre 25% précédemment.En dépit de ces mesures de protection annoncées, les Insoumis voient dans une nationalisation “l’unique solution” pour sauver la filière et ses 15.000 emplois directs, lutter contrer le plan social et relancer la décarbonation des hauts-fourneaux.Les socialistes, défendent davantage une “mise sous tutelle” qu’une nationalisation, mais ont voté pour le texte.ArcelorMittal a estimé vendredi matin qu’une nationalisation “ne permettrait en aucun cas de résoudre les problèmes rencontrés par l’industrie de l’acier en France et en Europe”, appelant à “agir sur les facteurs structurels de compétitivité”, et soulignant que “les leviers sont européens”.”Le marché européen de l’acier est inondé d’importations massives à bas prix, qui ont un effet dévastateur pour les producteurs européens. L’Europe doit (…) appliquer au plus vite les mesures de défense commerciale annoncées en octobre, ainsi qu’un mécanisme d’ajustement carbone aux frontières efficace”, plaide le groupe dans un communiqué.ArcelorMittal, deuxième sidérurgiste mondial, emploie plus de 7.000 salariés dans son pôle du nord de la France qui compte sept usines. Le groupe emploie 15.000 personnes au total en France.Le groupe a fait le “choix stratégique assumé de privilégier la distribution” de liquidités “aux actionnaires, au détriment de l’anticipation” et de l’investissement, estimait le cabinet d’expertise Secafi mandaté par le comité social et économique central (CSEC), dans un rapport contesté par l’entreprise.bur-cda-bj-jul-ngu/ved/apz/

Mélenchon sera convoqué devant la commission d’enquête sur les liens entre partis et islamisme

Le chef de file de La France insoumise Jean-Luc Mélenchon va être convoqué par la commission d’enquête lancée par Les Républicains à l’Assemblée, sur des liens supposés entre mouvements politiques et des réseaux islamistes, visant implicitement LFI, a-t-on appris vendredi de sources parlementaires.La convocation du fondateur du mouvement de gauche radicale était attendue mais elle a été officiellement annoncée vendredi, et figure sur le site de l’Assemblée. La commission d’enquête, son président Xavier Breton (LR) et son rapporteur Matthieu Bloch (UDR), entendent auditionner M. Mélenchon mardi, même si la date est subordonnée à une réponse de l’intéressé.”Jean-Luc Mélenchon n’a reçu aucune convocation”, a assuré son entourage, interrogé par l’AFP, estimant que cette commission “a été complètement dévoyée en contournant le règlement de l’Assemblée nationale”.En creux, les Insoumis s’insurgent notamment contre le fait que le bureau (président, vices-présidents, secrétaires…) de cette commission ne comprenne pas de député issu de groupes de gauche, alors que le règlement dispose que ces nominations doivent se faire en s'”efforçant de reproduire la configuration politique de l’Assemblée”. Jean-Luc Mélenchon “se rendrait à toute convocation reçue d’une commission d’enquête qui respecte les règles définies par le règlement de l’Assemblée nationale”, poursuit son entourage.Sur le fond, les cadres de LFI critiquent un manque supposé de révélations et une commission fondée sur un présupposé “ridicule et politicien”, selon les mots du coordinateur du mouvement Manuel Bompard.”On n’est pas là pour se faire LFI”, rétorque le rapporteur ciottiste Matthieu Bloch, interrogé par l’AFP le 23 novembre. La commission d’enquête “va permettre de faire un état des lieux précis sur le phénomène d’entrisme dans notre pays”, a-t-il argué, estimant qu’elle permettra de faire des propositions concrètes, notamment pour guider les élus locaux.Mardi la commission d’enquête auditionnera la patronne des Ecologistes Marine Tondelier (16H30) et prévoit d’interroger le ministre de la Justice Gérald Darmanin jeudi, selon une source parlementaire.Lancée après de multiples soubresauts, la commission d’enquête est déjà bientôt contrainte de terminer ses travaux (autour du 10 décembre).Elle a auditionné plusieurs personnalités ou responsables, notamment des auteurs d’ouvrages visant La France insoumise mais aussi des chercheurs universitaires, des sondeurs ou des responsables comme le directeur du renseignement de la Préfecture de police de Paris ou le ministre de l’Intérieur Laurent Nunez.Les pouvoirs d’une commission d’enquête comprennent notamment des convocations avec obligation pour la personne de s’y rendre, des pouvoirs d’investigation et de conduire des auditions sous serment.

Nationaliser ArcelorMittal ? L’Assemblée adopte un article-clé, les débats se poursuivent

Les discussions sur l’avenir de la sidérurgie française, en grande difficulté, se poursuivent jeudi à l’Assemblée nationale, qui débat d’un texte LFI pour nationaliser ArcelorMittal France, contre l’avis du gouvernement qui estime que la bataille se joue à Bruxelles.Les débats sont tendus, entre LFI accusant le RN d’obstruction, et le groupe de Marine Le Pen reprochant aux Insoumis de susciter de “faux espoirs” pour les salariés. Les députés ont toutefois adopté en début de soirée l’article principal de la proposition de loi, défendue lors de la journée annuelle réservée aux textes du groupe LFI.Elle devra encore être mise au vote avant l’interruption des débats à minuit, pour espérer suivre un chemin parlementaire.L’article dispose que “la société ArcelorMittal France est nationalisée”, et prévoit un mécanisme pour déterminer sa valeur (le coût d’une nationalisation est chiffré à trois milliards d’euros). Il a été largement adopté avec 113 voix des groupes de gauche (LFI, PS, écologistes, communistes et ultramarins), contre 36 du camp gouvernemental peu mobilisé.Le RN s’est abstenu et son allié de l’UDR a voté contre.- “Tsunami” -Les Insoumis considèrent la nationalisation comme “l’unique solution” pour sauver la filière et ses 15.000 emplois directs, a répété à la tribune Aurélie Trouvé, rapporteure du texte.Objectif: contrer le plan social annoncé en avril et relancer la décarbonation des hauts-fourneaux, faute de quoi l’acier français deviendrait non rentable dès 2030, alors qu’il “faut quatre ans” pour construire et faire tourner les fours électriques, a-t-elle argué.Le gouvernement y est au contraire défavorable, le ministre de l’Industrie Sébastien Martin a averti qu’elle “fragiliserait l’emploi au lieu de le protéger”, estimant que la menace vient plutôt d’un “tsunami” d’acier asiatique qui “inonde nos marchés à prix cassés”.Pour lui, la réponse se trouve “à Bruxelles, pas dans un décret de nationalisation”, rappelant que la France a obtenu un plan d’urgence européen : au-delà d’un certain volume d’importations, des droits de douane de 50% seront appliqués pour freiner la concurrence chinoise, une mesure que Paris veut rendre effective dès 2026.”Arrêtez de faire croire qu’un changement de propriétaire, ça résoudra leur problème et ça permettra de sauver leur entreprise”, a abondé Marie Lebec (Renaissance).Les socialistes, qui défendent une “mise sous tutelle” plutôt qu’une nationalisation, voteront pour. “On n’a pas le luxe d’attendre”, a insisté Julien Gokel.Après avoir qualifié ArcelorMittal de “maître chanteur”, Stéphane Peu, président du groupe communiste et ultramarin, s’en est pris au RN, “qui prétend défendre la souveraineté industrielle mais refuse de nationaliser”, et dénonçant une “pitoyable stratégie d’obstruction”.Une obstruction assumée par le groupe de Marine Le Pen et ses alliés ciottistes, invoquant des représailles aux blocages de LFI sur leurs textes ces derniers mois. Ils ont déposé la très large majorité des 285 amendements, même si plusieurs responsables du RN ont indiqué que leur groupe pourrait en retirer, pour permettre un vote dans les délais.- Nationalisation contre “golden-share” -Sur le fond le RN, qui capte une large partie du vote ouvrier, n’est pas favorable à une nationalisation et accuse LFI de donner de “faux espoirs” aux travailleurs. “Le Sénat ne votera jamais votre loi et il n’y aura pas de nationalisation avant la présidentielle”, a lancé Jean-Philippe Tanguy aux Insoumis.Le RN plaide pour une “golden share”, droit de veto de l’État sur les décisions stratégiques sans gestion directe, a répété le député RN Frédéric Weber.L’examen du texte se déroule sous la surveillance de salariés de l’entreprise.À l’appel de la CGT, quelque 200 salariés, venus en bus des sites du Nord et de Moselle, ont manifesté dans la matinée sur l’esplanade des Invalides, à proximité de l’Assemblée pour soutenir le texte. Fumigènes en mains, des militants CGT ont fait détonner des pétards.Syndicats comme mouvements de gauche s’accordent à faire monter la pression politique.”Le plan acier est en train de passer au Parlement européen. Il sera voté le 3 décembre. Donc ça veut dire qu’il faut qu’on tienne la pression jusque là-bas”, souligne Gaëtan Lecocq, délégué CGT à Dunkerque.Les débats reprendront à 21H30.bur-bat-cma-sac/jmt/dch   

Budget: le Sénat marque son intransigeance, le compromis reste lointain

Le Sénat, dominé par la droite, s’est attaqué jeudi au projet de budget de l’Etat pour 2026 en assumant une attitude plus intransigeante que jamais sur sa ligne “anti-taxes”, quitte à refermer encore un peu plus l’étroite voie de passage vers un compromis budgétaire.Le projet de loi de finances (PLF) pour 2026 occupera les sénateurs jusqu’à un vote solennel le 15 décembre. Leur comportement sera particulièrement scruté: faut-il s’attendre à une chambre haute constructive?Leader incontesté de la droite sénatoriale, Bruno Retailleau n’est pas franchement dans l’ouverture. “Il ne restera rien du budget. Le Sénat va faire son travail”, a-t-il encore lancé jeudi lors d’une intervention au Sommet de l’économie, organisé par le magazine Challenges.”C’est-à-dire qu’il y aura moins d’impôts (…) et on va faire beaucoup, beaucoup, beaucoup plus d’économies que le gouvernement dans sa copie initiale”, a-t-il affirmé.Après sa sortie du gouvernement en octobre, le président des Républicains marque sa différence en critiquant notamment les concessions faites par le Premier ministre Sébastien Lecornu en direction de la gauche, “une tambouille” avec “comme seul objectif de pouvoir durer”, selon le sénateur de Vendée.Au Sénat, le chef du parti gaulliste aura probablement les moyens de ses ambitions, grâce à la solide alliance nouée avec les centristes.- “Un rouleau-compresseur” -Les débats sur le budget de la Sécurité sociale, ces derniers jours, ont déjà dressé le tableau d’une droite sénatoriale inflexible, refusant notamment la suspension de la réforme des retraites.Ce texte va désormais revenir sur le bureau des députés, samedi en commission et mardi dans l’hémicycle, pour une nouvelle lecture.Bis repetita sur le budget de l’Etat? “Notre majorité, c’est un rouleau-compresseur, elle vote en bloc, contrairement à l’Assemblée”, assure à l’AFP le chef des centristes, Hervé Marseille, par ailleurs patron de l’UDI.Avec à leurs côtés Gérard Larcher (président LR du Sénat) et Mathieu Darnaud (président des sénateurs LR), les deux chefs de parti proposent ainsi une copie de “responsabilité” et entendent respecter l’objectif d’un déficit ramené à 4,7% du PIB en 2026, contre 5,4% en 2025.Transformation de l’aide médicale d’Etat pour les sans-papiers en aide médicale d’urgence, non-remplacement d’un fonctionnaire sur deux partant à la retraite, suppression de 4.000 postes d’enseignants supplémentaires, refus de la surtaxe sur les bénéfices des grandes entreprises, restriction de la taxe sur les “holdings patrimoniales” proposée par le gouvernement… Voici, pèle-mêle, les propositions que la Haute assemblée promet de voter.- Compromis impossible? -“C’est la droite la plus dure qu’on ait connue”, s’inquiète le patron du groupe socialiste au Sénat, Patrick Kanner. “Nous faisons face à une droite revancharde, complètement sourde. Clairement, ce n’est pas avec elle que nous pourrons avancer” vers un compromis, renchérit son collègue Thierry Cozic.Si la gauche est minoritaire au Sénat, le gouvernement peut difficilement faire sans elle à l’Assemblée nationale. L’abstention des socialistes y sera nécessaire – voire insuffisante – pour envisager l’adoption définitive d’un budget, si Sébastien Lecornu continue de renoncer à l’article 49.3.Devant les sénateurs, les ministres Roland Lescure et Amélie de Montchalin ont appelé la chambre haute au compromis. “Le temps nous est compté”, a lancé le premier, espérant un “débat constructif”. “Echouer, ce serait acter l’affaiblissement durable de notre pays”, a craint la seconde.L’intransigeance de Bruno Retailleau commence à irriter au sein du gouvernement. “Il y a tout un jeu de postures qui se joue (…) pour des raisons personnelles et électorales”, s’agace un conseiller de l’exécutif.Plusieurs sources parlementaires et gouvernementales espèrent néanmoins qu’un accord potentiel sur le budget de la Sécu, la semaine prochaine à l’Assemblée, ferait souffler un vent positif sur le budget de l’Etat.”Chacun affiche ses positions mais je pense qu’il y a la volonté non feinte de trouver une voie de passage”, a reconnu le rapporteur général du budget au Sénat, Jean-François Husson (LR). “Il faudra à un moment qu’on enlève les costumes.”Le sénateur Horizons Claude Malhuret, président d’un groupe des Indépendants très aligné sur l’alliance LR-centristes, a lui aussi plaidé pour un accord. Mais “une négociation n’est pas une reddition”, a-t-il prévenu, assurant que le Sénat allait “devoir siffler la fin de la récréation”.

Les entreprises ne vivent “pas dans un enfer fiscal” en France, assure Olivier Faure

Le patron des socialistes Olivier Faure a affirmé que les entreprises ne vivaient pas “dans un enfer fiscal en France” lors d’une intervention devant des chefs d’entreprises au Sommet de l’économie, organisé par le magazine Challenges.”Nous ne sommes pas dans un pays qui est taxophile. Nous sommes dans un pays qui est dans la moyenne et qui permet aujourd’hui aux entreprises de vivre”, a affirmé le premier secrétaire du PS.M. Faure a dit comprendre le point de vue patronal qui est “d’aller plus loin dans la baisse des cotisations et de la fiscalité”, mais selon lui le taux de l’Impôt sur les entreprises (IS) a “baissé depuis 40 ans”, passant de 50% en 1986 à 25% aujourd’hui.”Là je parle du taux théorique. Je ne parle même pas du taux effectif qui est beaucoup plus bas pour les grands groupes, un peu moins bas pour les PME, mais pour l’ensemble inférieur à la moyenne des pays de l’OCDE”, a-t-il encore affirmé.”Il faut bien sûr tenir compte de ce que vivent les grands groupes. Il ne s’agit pas de leur imposer une fiscalité qui serait pénalisante, mais ne pas laisser penser non plus qu’aujourd’hui on vivrait dans un enfer fiscal en France, ce qui n’est pas le cas”, a martelé M. Faure.”Je ne vous hais point”, a-t-il assuré à un chef d’entreprise qui demandait “pourquoi cette haine?”.”La vision que je porte est celle d’un monde social-démocrate (…) dans lequel on a su concilier des libertés comme nulle part ailleurs et en même temps une protection sociale comme nulle part ailleurs”, a-t-il ajouté.Le patron des socialistes en a aussi profité pour défendre les débats à l’Assemblée sur le budget, “qui donnent le sentiment d’une certaine confusion”. a-t-il reconnu.”Je revendique le fait que le débat parlementaire est utile, qu’il n’est pas médiocre et qu’il permet aussi de figurer ce que sont les alternatives et donc parfois aussi de clarifier les positions de chacun”.Sur le PLF, “tout le monde a voté contre. Pourquoi? Parce que, en première lecture, chacun vient affirme ce qu’il est. (…) Ce temps-là était un temps nécessaire, un temps de décantation. Maintenant, ce à quoi il faut parvenir, c’est un deuxième temps qui soit celui de la recherche sincère du compromis”, pour trouver un budget nécessaire aux entreprises, aux collectivités locales et “au commun des mortels”.

Municipales: Dati veut faire “entre 600 millions et un milliard d’économies” pour désendetter Paris

Rachida Dati, candidate LR à la mairie de Paris, promet si elle est élue de “redresser les finances” de la ville en réalisant entre “600 millions et un milliard d’euros d’économies” via la réduction des dépenses pour le logement social et le coût de fonctionnement de l’Hôtel de ville.Les économies dégagées sur l’ensemble de la mandature iraient en partie au désendettement de la capitale, qui s’élève à 9,3 milliards d’euros, ainsi qu’au “renforcement des politiques de sécurité et de propreté”, détaille Rachida Dati jeudi dans un entretien aux Echos.”Je ne ferai pas de hausses d’impôts”, assure la ministre de la Culture et maire du 7e arrondissement, critiquant la “mauvaise gestion” de la maire PS sortante Anne Hidalgo, notamment la hausse de 52% du taux de la taxe foncière décidée en 2023.La candidate des Républicains tacle aussi “les dérives dans les notes de frais”, après la polémique sur les frais de représentation de l’édile socialiste et son voyage à Tahiti.”On peut me reprocher ce qu’on veut, mais je n’ai jamais été mise en cause pour de l’argent public”, se défend Rachida Dati, qui doit comparaître devant le tribunal correctionnel en septembre 2026 pour corruption et trafic d’influence, soupçonnée d’avoir touché de l’argent pour faire du lobbying en faveur de Renault-Nissan quand elle était eurodéputée. Des charges qu’elle conteste.Si elle est élue, elle limitera “drastiquement” la préemption d’immeubles pour les transformer en logements sociaux, ce qui permettrait de dégager “100 millions d’euros par an pour un grand plan de rénovation du parc social”. Et n’entend pas aller au-delà des 25% de logements sociaux, objectif fixé par la loi SRU, aujourd’hui atteint sur l’ensemble de la capitale malgré un net déséquilibre entre les arrondissements de l’est et de l’ouest.Rachida Dati pense dégager “65 millions d’euros d’économies en réduisant le train de vie de l’Hôtel de ville” où travaillent 53.000 agents. Avec une diminution “des postes de bureaux pour mettre plus de monde sur le terrain, pour la propreté, les crèches, la sécurité”.Les subventions municipales seront coupées aux associations “dont l’utilité est trop éloignée des Parisiens, dont celles à l’international”.Ce plan devrait selon elle permettre “d’amorcer un désendettement avant la fin de la mandature”, alors que la chambre régionale a épinglé en septembre la situation financière “dégradée” de la ville, dont la dette a explosé en dix ans.Son concurrent Pierre-Yves Bournazel, candidat Horizons aux municipales soutenu par Renaissance, a présenté la semaine dernière un plan d’économies de 400 millions d’euros en s’attaquant aux “privilèges” de l’Hôtel de ville.Un récent sondage donne Rachida Dati en tête du premier tour en mars 2026 (28%), devant le candidat socialiste Emmanuel Grégoire (22%) et Pierre-Yves Bournazel (15%).

L’Assemblée nationale adopte à l’unanimité une résolution contre l’accord UE-Mercosur avant des votes clés européens

L’Assemblée nationale a adopté jeudi à l’unanimité une résolution invitant le gouvernement à s’opposer à l’accord de libre-échange entre l’Union européenne et le Mercosur, avant des votes décisifs attendus en décembre au niveau européen.Porté par La France insoumise (LFI) dans le cadre de sa journée réservée, le texte sans valeur contraignante demande à l’exécutif de constituer une minorité de blocage au Conseil de l’UE et de saisir la Cour de justice européenne pour vérifier la conformité de l’accord. La proposition a été approuvée par 244 voix contre 1. La seule députée ayant voté contre a indiqué dans la foulée s’être trompée et être favorable à la résolution.”C’est un choix de civilisation”, a lancé Matthias Tavel (LFI), dénonçant un accord “mortifère” pour l’agriculture et le climat. “Mettons une pression maximale sur Emmanuel Macron”, a-t-il lancé à la tribune, alors qu’un vote des États membres est attendu avant le 20 décembre.Signé fin 2024 après des décennies de négociations, le traité prévoit d’accroître les exportations européennes de voitures, machines et vins vers l’Amérique du Sud, en contrepartie d’une ouverture accrue aux produits agricoles sud-américains (bœuf, volaille, sucre, miel) via des droits de douane réduits. Bruxelles assure avoir renforcé en septembre les clauses de sauvegarde pour les filières sensibles, mais ces garanties sont jugées largement insuffisantes par les opposants à l’accord, et notamment les agriculteurs français. “Un leurre pour nous faire gober le Mercosur”, a dénoncé jeudi le député Julien Limongi (RN).À la tribune, le ministre délégué chargé de l’Europe Benjamin Haddad a répété que “l’accord tel que conclu en 2024 n’est pas acceptable en l’état”. Le ministre s’est réjoui d’avoir obtenu en octobre de la Commission européenne un renforcement des clauses de sauvegarde, “un gain concret de la France dans la pression que nous avons mise sur les institutions européennes”. Il a appelé à l’adoption rapide de ce règlement européen, “avant toute expression du Conseil en ce qui concerne l’accord lui-même”.”Cette avancée, qui est utile et nécessaire, n’est pas suffisante aujourd’hui. Le compte n’y est pas”, a aussi souligné le ministre, rappelant deux autres exigences françaises: des “clauses miroirs” pour garantir l’équité des normes, et des contrôles sanitaires et phytosanitaires accrus.

Deuxième condamnation définitive pour Nicolas Sarkozy avec Bygmalion

Une deuxième mention au casier judiciaire de l’ex-président, avant d’affronter le procès libyen en appel: la Cour de cassation a rendu définitive mercredi la condamnation de Nicolas Sarkozy dans l’affaire Bygmalion en rejetant son pourvoi.”Nicolas Sarkozy prend acte du rejet de son recours comme il l’a toujours fait des décisions rendues à son encontre”, ont réagi ses avocats à la Cour Patrice Spinosi et Emmanuel Piwnica dans un communiqué transmis à l’AFP.Passée au second plan avec l’incarcération de l’ancien chef de l’État à la prison parisienne de la Santé dans le cadre du procès libyen, cette procédure en cassation était son ultime recours en droit français dans ce dossier emblématique.Dans l’affaire Bygmalion, Nicolas Sarkozy a été condamné le 14 février 2024 par la cour d’appel de Paris à un an d’emprisonnement dont six mois ferme pour le financement illégal de sa campagne présidentielle perdue de 2012.Sa peine en appel, dont la cour avait ordonné l’aménagement pour la partie ferme (bracelet électronique, semi-liberté…), était légèrement inférieure à celle d’un an d’emprisonnement ferme prononcée en première instance en 2021.La Cour de cassation ayant rejeté les moyens soulevés par son pourvoi, “le candidat, le directeur de sa campagne et les deux directeurs du parti politique qui soutenait le candidat sont donc définitivement condamnés”, a indiqué dans un communiqué la plus haute instance judiciaire de France, qui juge le respect du droit et non le fond des dossiers.”Le candidat a personnellement donné son accord à ses collaborateurs pour qu’ils engagent des frais de campagne pour son compte, alors même qu’il savait que ces dépenses conduiraient à dépasser le plafond fixé par la loi”, a considéré la Cour de cassation dans sa décision. Nicolas Sarkozy, qui a assisté mercredi soir au parc des Princes au match de Ligue des champions PSG-Tottenham aux côtés de la présidente de l’Assemblée nationale Yaël Braun-Pivet et du président du club parisien Nasser Al-Khelaifi, sera convoqué dans les prochaines semaines par le juge de l’application des peines pour mettre à exécution sa condamnation.”Nous allons réfléchir avec notre client sur l’opportunité de porter le litige devant la Cour européenne des droits de l’Homme”, ont indiqué Mes Spinosi et Piwnica.”Le +prisonnier+ va-t-il publier un livre racontant la terrible injustice qu’il va vivre avec un bracelet électronique à la cheville?”, a ironisé sur X Marine Tondelier, cheffe de file des Verts, l’une des rares personnalités politiques à avoir réagi à sa condamnation définitive mercredi.- Bracelet électronique -Les investigations ont révélé que, pour masquer l’explosion des dépenses de sa campagne – près de 43 millions d’euros pour un maximum autorisé de 22,5 millions -, un système de double facturation avait été mis en place imputant à l’UMP (devenue LR), sous couvert de conventions fictives, une grosse partie du coût des meetings.Contrairement à ses coprévenus, l’ex-chef de l’État n’était pas mis en cause pour ce système de fausses factures mais comme bénéficiaire, en tant que candidat, d’un financement politique illégal.En première instance comme en appel, Nicolas Sarkozy avait contesté “vigoureusement toute responsabilité pénale”, dénonçant “fables” et “mensonges”.Trois des dix condamnés en appel du procès Bygmalion s’étaient joints au pourvoi: le directeur de campagne, Guillaume Lambert, et les ex-cadres de l’UMP Eric Cesari et Pierre Chassat.En décembre 2024, la Cour de cassation avait déjà rendu définitive la condamnation de Nicolas Sarkozy à un an d’emprisonnement ferme sous bracelet électronique pour corruption et trafic d’influence dans l’affaire des écoutes, également appelée Bismuth.L’ancien président, aujourd’hui âgé de 70 ans, a porté un bracelet entre février et mai, avant l’obtention d’une libération conditionnelle avant mi-peine, notamment en raison de son âge.Cette deuxième condamnation définitive complique encore davantage les perspectives judiciaires de Nicolas Sarkozy, qui se prépare pour le procès en appel du dossier libyen prévu du 16 mars au 3 juin.Le 25 septembre, le tribunal correctionnel de Paris l’a condamné à cinq ans de prison pour avoir sciemment laissé ses collaborateurs démarcher la Libye du dictateur Mouammar Kadhafi pour solliciter un financement occulte de sa campagne présidentielle victorieuse de 2007.Pour déterminer sa peine, le tribunal avait tenu compte de l’affaire des écoutes, reprochant dans son jugement à M. Sarkozy d’avoir “relativisé cette condamnation” en “minimisant la gravité des faits”, mais avait en revanche écarté la condamnation Bygmalion en raison de son caractère alors non définitif.Nicolas Sarkozy, qui clame son innocence, a été incarcéré pendant trois semaines à la Santé, une détention inédite pour un ex-président dans l’histoire de la République française et qui a suscité de vifs débats.La cour d’appel de Paris l’a remis en liberté sous contrôle judiciaire le 10 novembre. L’ex-président va relater cette expérience carcérale dans un livre, “Le Journal d’un prisonnier”, qui paraîtra un mois exactement après sa sortie de prison.