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LFI “n’acceptera jamais l’entrisme religieux”, assure Mélenchon devant la commission d’enquête

La France insoumise “n’acceptera jamais l’entrisme religieux”, a assuré samedi Jean-Luc Mélenchon lors de son audition devant la commission d’enquête parlementaire sur des liens supposés entre mouvements politiques et réseaux islamistes, assurant que son mouvement avait déjà été “innocenté” par les travaux de la commission.”La question de la laïcité de l’État est fondatrice” pour LFI, a affirmé Jean-Luc Mélenchon après avoir reconnu “l’existence d’une menace islamiste au milieu de bien d’autres”. Il a appelé à ne pas confondre “l’islam et l’islamisme” et “l’islamisme avec le terrorisme”.La commission d’enquête a auditionné plusieurs personnalités ou responsables, notamment des auteurs d’ouvrages visant La France insoumise mais aussi des chercheurs universitaires, des sondeurs ou des responsables comme le directeur du renseignement de la Préfecture de police de Paris ou le ministre de l’Intérieur Laurent Nuñez.Elle “a déjà produit les documents qui nous innocentent absolument. Tous les responsables de services de renseignement que vous avez entendus, aucun ne dit qu’il y a un lien entre nous et les islamistes”, a assuré le fondateur de LFI.M. Mélenchon a notamment fait référence à l’audition des auteurs du rapport sur l’entrisme des Frères musulmans qui ont répété ne pas avoir observé de stratégie “au niveau national” sur les partis politiques.”Il n’a pas été mis en évidence, à notre connaissance, dans la doctrine de la mouvance française, de documents visant l’islamisation à court ou moyen terme”, avait relevé l’un des deux auteurs Pascal Courtade.M. Mélenchon a assuré également n’avoir “aucune sorte de sympathie pour le régime iranien. Nous sommes opposés à tous les régimes théocratiques”, a-t-il affirmé. Quant aux accusations sur la présence d’islamistes aux côtés d’Insoumis dans certaines manifestations propalestiniennes, il a renvoyé la balle au président Les Républicains de la commission Xavier Breton, hostile au Mariage pour tous, en assurant que personne ne lui avait cherché “querelle sur la présence d’islamistes dans les manifestations” à l’époque.- “inquisiteurs de circonstance” -Devant la commission, M. Mélenchon, invoquant de nombreuses références historiques, a longuement défendu sa vision de la laïcité, “protectrice de la liberté du culte” et garantie par la loi de 1905 qui “n’est pas un athéisme d’Etat”.Il a expliqué “avoir évolué” sur la question et “renoncé à une forme d’anticléricalisme grossier”. Il a mis en garde contre la tentation à droite et à l’extrême droite de vouloir réglementer des pratiques religieuses, interdire le port du voile dans la rue ou la pratique du jeûne.”Bien sûr il y a des gens qui (le) mettent sur la tête comme un signal religieux. A nous de faire preuve à ce moment-là de discernement. C’est l’État qui est laïque en France, ce n’est pas la rue et les adultes s’habillent comme ils l’entendent”, a-t-il plaidé.Confronté aux accusations d’antisimétisme de son mouvement par la députée Renaissance Prisca Thévenot, il les a balayées, faisant part de son “agacement de devoir sans cesse montrer patte blanche devant des inquisiteurs de circonstance”. “Vous n’étiez pas née, j’étais en train d’aider des juifs à quitter l’URSS”, a-t-il assuré.

Sondage Ifop sur l’islam en France: LFI saisit la justice

Les députés de La France insoumise ont saisi vendredi la justice après la publication d’un sondage Ifop sur l’islam en France qui a, selon eux, “servi de support à des discours incitants à la discrimination, à la haine ou à la violence”, ont-ils annoncé sur X.Les députés signalent en outre que plusieurs médias ont documenté “l’existence de liens étroits entre le commanditaire de ce sondage, la revue confidentielle Ecran de veille, et les services de renseignement des Emirats arabes unis”, ce qui serait susceptible de participer “d’une opération d’influence d’une puissance étrangère sur notre sol”, affirment-ils dans leur courrier adressé à la procureure de Paris.Le fondateur et rédacteur en chef d’Ecran de veille, Atmane Tazaghart, a récusé une telle influence. “Il n’y a pas de financement étranger. Le procureur fera son travail. Nous n’avons rien à nous reprocher”, a déclaré à l’AFP M. Tazaghart, précisant avoir “financé l’étude” avec les revenus de la revue.Les députés insoumis, dont deux d’entre eux font l’objet d’une plainte de l’Ifop pour avoir dénigré cette enquête publiée le 18 novembre, ont saisi la procureure au titre de l’article 40 du code de procédure pénale.Ils expliquent que ce sondage est “fondé sur une méthodologie très contestable, faisant l’objet de nombreuses remises en cause scientifiques”, et a contribué à “une série d’amalgames et de confusion entre islam et islamisme d’une part, musulmans, islamistes et terroristes d’autre part”. Ce sondage avait provoqué de vives réactions dès sa publication. L’extrême droite y a vu un signe d'”islamisation”, tandis que des représentants de la communauté musulmane ont déploré “une stigmatisation”. Quatre conseils départementaux du culte musulman (CDCM) ont même déposé plainte contre X auprès du tribunal judiciaire de Paris.L’Ifop avait alors dénoncé une manoeuvre pour “remettre en cause la fiabilité de (son) enquête sur la base de considérations erronées”.Les députés LFI soulignent que “depuis sa parution, plusieurs actes islamophobes ont été rapportés”, citant une mosquée vandalisée en Haute-Loire, une autre profanée à Lyon et une balle retrouvée dans la boîte aux lettres d’une troisième dans l’Ain.S’agissant du média Ecran de veille, dont Mediapart et Le Monde ont mis en évidence les liens avec les Emirats arabes unis, “la logique voudrait que ce soit les accusateurs de notre revue qui apportent les preuves de l’existence d’un financement ou une ingérence étrangers”, a répondu son rédacteur en chef. “Or, tous les médias et les députés qui nous accusent exigent que ce soit à nous et l’Ifop d’apporter les preuves qu’il n’y a pas un financement ou une ingérence d’un pays étranger. Ce qui est contraire à toutes les règles et usages de l’investigation journalistique, parlementaire ou judiciaire”, insiste-t-il.M. Tazaghart a par ailleurs déploré que le député Paul Vannier, visé par la plainte de l’Ifop, ait rendu publique sur X l’adresse de leur média, les obligeant à déménager dans d’autres locaux. Une plainte a été déposée pour “incitation au meurtre et mise en danger de la vie d’autrui”.  Une cinquantaine de députés du bloc présidentiel avaient dénoncé cette divulgation et saisi eux aussi la justice. Les parlementaires insoumis visent également deux journalistes travaillant pour Ecran de veille, qui ont récemment témoigné devant la commission d’enquête lancée par LR à l’Assemblée sur des liens supposés entre mouvements politiques et réseaux islamistes, commission qui vise implicitement LFI. S’il est avéré qu’ils “agissaient pour le compte d’un mandant étranger”, ils pourraient “être en infraction”, préviennent les insoumis. Les deux journalistes, Nora Bussigny et Emmanuel Razavi, ont tous deux écrit des livres évoquant des liens entre LFI et islamisme.

Budget de la Sécu: l’Assemblée adopte les recettes et poursuit les débats, nouveau vote décisif en vue mardi

Du répit pour le gouvernement : l’Assemblée a adopté vendredi dans un scrutin à suspense la partie recettes du budget de la Sécurité sociale, malgré la division du camp gouvernemental, une issue qui permet aux débats de se poursuivre, avec pour horizon un vote sur l’ensemble du texte mardi.”On peut trébucher à chaque instant”, prévenait toutefois vendredi Laurent Panifous, ministre des Relations avec le Parlement. Et pour cause, les députés devront par exemple voter entre vendredi soir et dimanche, sur la partie “dépenses” du texte, qui contient la cruciale “suspension” de la réforme des retraites.Son rejet n’empêcherait pas le projet de loi d’être soumis au vote mardi, mais il serait amputé d’une mesure tellement importante dans le compromis politique avec le PS qu’il serait selon toute vraisemblance invotable en l’état.Vendredi la chambre basse avait adopté la partie recettes par 166 voix contre 140 et 32 abstentions, avec le soutien de Renaissance, du MoDem, du PS et des indépendants de Liot. L’alliance RN-UDR, LFI et les écologistes ont voté contre, quand LR et Horizons, membres du camp gouvernemental, se sont majoritairement abstenus.Le scrutin a été marqué par une faible affluence pour un vote crucial, et surtout les groupes les plus fermement opposés au texte (RN, UDR, LFI) avaient un nombre conséquent d’absents.- Résultat “pas reconductible” -“Ca passe parce que le RN avait seulement 69 présents (sur 123 députés, NDLR), le vote d’aujourd’hui n’est pas reconductible” mardi, alerte un cadre macroniste. “Arithmétiquement, si on considère les positions politiques des groupes aujourd’hui, ça ne passerait pas mardi”, abonde un député socialiste.Le résultat serré est donc un avertissement pour le gouvernement. Même s’il est aussi une forme de succès, quoique temporaire, après avoir multiplié les gestes d’ouverture en espérant faire passer le texte sans 49.3.Le Premier ministre Sébastien Lecornu a lui salué “le travail de concertation” avec les forces politiques. Vendredi les députés ont aussi rétabli la création d’un réseau de maisons “France Santé” pour améliorer l’accès aux soins, promesse de M. Lecornu.Le gouvernement a aussi annoncé qu’il appelait en priorité certains débats, dont cette suspension et le sensible gel des pensions de retraites et des minima sociaux. Ils devraient donc avoir lieu à partir de 21h30 vendredi, et samedi matin si besoin.Jeudi, l’exécutif avait tenté de trouver un chemin entre le PS et la droite, faisant voter une réécriture d’une hausse de CSG sur le capital voulue par la gauche, mais en réduisant son périmètre. Au prix d’un rendement en nette baisse, attendu autour de 1,5 milliard d’euros, au lieu de 2,8 dans la version initiale.- Quel déficit ? -Les Républicains et Horizons, échaudés par les concessions faites au PS sur la CSG et la réforme des retraites, prennent aussi appui sur le niveau de déficit pour expliquer leurs abstentions majoritaires sur le texte.Paul Christophe (Horizons) a fustigé un “déficit de la sécurité sociale artificiellement réduit”, en référence notamment à un transfert prévu de fonds des caisses de l’Etat vers celles de la Sécu pour lui donner de l’air, mais sans alléger le déficit global du pays.Le gouvernement espère ramener le déficit de la Sécu à 20 milliards, et Amélie de Montchalin, ministre des Comptes publics, a estimé qu’il se trouvait théoriquement autour de 16 milliards d’euros à la fin de l’examen des “recettes”.Mais les députés sont par exemple très opposés au gel des pensions et minima sociaux initialement censé rapporter 3,6 milliards, et devraient donc supprimer des mesures qui alourdiront mécaniquement le déficit.La porte-parole du gouvernement Maud Bregeon a également assuré vendredi qu’il n’y aurait aucune augmentation – ni dans le budget ni par décret – des franchises médicales.L’exécutif envisage aussi de remonter l’objectif des dépenses de l’assurance maladie (l’Ondam) “jusqu’à +2,5%” (contre +2% jusqu’ici).Si des cadres du camp gouvernemental espéraient voir les écologistes s’abstenir, ceux-ci ont largement voté contre les recettes. “C’est un budget décliniste (…) Nous allons dégrader les conditions de travail des soignants”, a fustigé leur patronne Cyrielle Chatelain.Jeudi, Sébastien Lecornu a martelé qu’en l’absence de budget de la Sécu, le déficit filerait à “29 ou 30 milliards” d’euros sur l’ensemble de 2026. Mais le Parlement peut aussi adopter un budget en début d’année comme il y a quelques mois après la censure de Michel Barnier.Pressé par ailleurs par plusieurs ténors de son camp d’activer l’article 49.3 de la Constitution pour éviter un vote à haut risque, Sébastien Lecornu l’a de nouveau exclu.sac-are-la-sl/jmt/dsa

“Personne ne me débranchera”, affirme Raphaël Glucksmann

Le leader de Place publique Raphaël Glucksmann a assuré vendredi sur RTL que “personne ne (le) débranchera”, après la Une de l’hebdomadaire Marianne évoquant cette option, à la suite d’une prestation télévisée décevante.    “Personne ne me débranchera de la lutte que j’ai lancée, une lutte qui vise à éviter que la France bascule dans le camp de Orban, de Poutine, de Trump, en élisant un président du Rassemblement national, une lutte contre l’extrême droite”, a-t-il asséné.Marianne a titré jeudi “faut-il débrancher Raphaël Glucksmann?”, et plusieurs autres médias se sont interrogés sur la capacité de l’eurodéputé à se lancer dans la course à la présidentielle. Après s’être fait discret dans les médias sur les sujets nationaux ces derniers mois, il a paru en difficulté face à un panel de Français lors d’ une intervention sur LCI fin novembre.Regrettant que “beaucoup” de ses adversaires politiques, mais aussi dans sa famille politique “passent leur temps à taper” sur lui, l’eurodéputé a souligné que lui-même “ne se trompait pas de cible”.”Personne ne me débranchera de cette quête d’une France qui renoue avec sa grandeur, qui renoue avec son esprit de liberté et de conquête, qui fait face à ses responsabilités historiques et qui retrouve un destin”, a encore martelé celui qui n’a pas encore fait acte de candidature pour 2027.”On ne sait pas encore qui sera candidat à la présidentielle mais ce qui est certain, c’est que nous n’avons pas le droit de rater le rendez-vous”, a-t-il assuré, disant vouloir que “la social-démocratie et l’écologie soient la digue qui empêche la bascule” à l’extrême droite. Sur Facebook, la veille, il avait déjà répondu à Marianne, affirmant que ce qui compte pour lui, “ce n’est pas ce que dit en off X ou Y. Ou les considérations tactiques des uns ou des autres”.

Municipales à Nice: la bataille des frères ennemis Estrosi/Ciotti prend toute la place

Ils avaient promis une campagne d’idées au-dessus des querelles personnelles mais à trois mois des municipales, la rivalité à droite entre les anciens amis Christian Estrosi et Eric Ciotti tourne à l’affrontement.Les camps du maire Horizons et du député de l’Union des Droites (UDR), allié au Rassemblement national (RN), occupent le terrain en distillant des éléments de programme au compte-goutte mais surtout en multipliant les petites piques.C’est parfois cocasse, comme quand M. Ciotti promet de transformer un supermarché désaffecté en bowling quelques jours avant la validation en conseil municipal d’un projet similaire. Ou quand les services sanitaires de la mairie viennent inspecter — et fermer — un restaurant où le député a prévu une réunion de campagne.Un petit montage de vidéos anciennes d’Eric Ciotti, 60 ans, faisant l’éloge de Christian Estrosi, 70 ans, quand il était son bras droit a bien plu aux partisans du maire lors d’un meeting de lancement de campagne il y a deux semaines. Mais étaient-ils 3.000 ou 800 ? La bataille des chiffres a fait rage pendant plusieurs jours.Le débat tombe parfois plus bas. Fin novembre, un proche de M. Ciotti a traité M. Estrosi, qui brigue un 4e mandat, d'”analphabète”. Et lundi, un proche du maire a qualifié le député de “petit candidat aussi rabougri que sa vision de Nice”.Sur le plan des idées, c’est encore flou. Les candidats multiplient les réunions en petit comité, à l’écoute des habitants. M. Estrosi a distribué un questionnaire pour recueillir doléances et propositions, promettant, parmi une série d’engagements participatifs, d’intégrer les auteurs des deux idées les plus intéressantes en position éligible sur sa liste pour qu’ils les mettent eux-mêmes en oeuvre.- “Où il veut, comme il veut” -Côté Ciotti, les premières mesures évoquées portent sur l’annulation de la hausse de près de 20% de la taxe foncière votée en 2024, ou encore sur un projet de logements pour policiers sous la houlette de Jean-Pierre Rivère, ancien président du club de football de l’OGC Nice et recrue de poids pour sa liste.Le député UDR assure d’ailleurs que cette liste officiellement sans étiquette intègrera, outre quelques membres du RN, des personnalités du centre et même de la gauche. Si c’est le cas, les listes des deux frères ennemis risquent de se ressembler, puisque que M. Estrosi compte d’anciens FN/RN parmi ses proches.La lutte sera donc surtout personnelle, et M. Ciotti semble avoir hâte d’en découdre avec son ancien mentor, réclamant un débat avec le maire “où il veut, comme il veut”.Dans le camp Estrosi, on explique que ce n’est pas le moment et qu’il ne faut pas oublier les autres candidats. Mais lors d’une réunion de campagne en petit comité il y a quelques jours, en présence d’une journaliste du quotidien Libération, le maire est sorti du script: “Il le regrettera son débat. Il va se retrouver, lui l’élève, en face du maître (…). Les coucougnettes vont s’agiter dans tous les sens”.Dans ce tintamarre, les autres têtes de liste, dont plusieurs ont déjà assuré qu’elles ne donneraient pas de consigne de vote pour le second tour, voyant peu de différences entre les deux candidats de droite, ont du mal à se faire entendre: Juliette Chesnel-Le Roux (PS-PCF-Verts), Mireille Damiano (LFI-liste citoyenne), Hélène Granouillac (écologiste), Jean-Marc Governatori (écologiste centriste), Nathalie Dloussky (souverainiste), Cédric Vella (Reconquête).Et la presse a pris les devants, échaudée par de nombreux dérapages récents: des journalistes insultés sur le terrain, pris à partie sur les réseaux sociaux, snobés par tel ou tel candidat, court-circuités par une équipe qui appelle leur direction pour tenter d’infléchir un article…Le club de la presse de Nice a ainsi présenté cette semaine une “charte de respect mutuel”. Beaucoup de journalistes et tous les candidats déclarés l’ont signée. A voir si elle sera respectée.

La France confirme sa participation à l’Eurovision et son refus d’un boycott d’Israël

La France a confirmé vendredi sa participation à l’Eurovision 2026 et son soutien à la présence d’Israël au concours musical, s’opposant au boycott annoncé par plusieurs pays comme l’Espagne ou l’Irlande.Interrogée par l’AFP, une porte-parole de France Télévisions, le diffuseur français, a réitéré le soutien du groupe à la participation de la chaîne israélienne KAN à l’événement, qui aura lieu en Autriche en mai prochain. L’organisation de l’Eurovision de la chanson relève des chaînes membres de l’Union européenne de radiodiffusion (UER), qui est présidée par la présidente de France Télévisions, Delphine Ernotte Cunci.Lors de l’assemblée générale de l’UER jeudi à Genève, “une large majorité” des diffuseurs ont “convenu de ne pas organiser un vote sur la participation” d’Israël, contestée par plusieurs pays en raison de sa politique dans la bande de Gaza, a indiqué l’organisation. Cette annonce a déclenché aussitôt une salve de retraits des diffuseurs de l’Espagne, des Pays-Bas, de l’Irlande et de la Slovénie.Le chef de la diplomatie française, Jean-Noël Barrot, s’est félicité vendredi dans un message sur X “que l’Eurovision n’ait pas cédé aux pressions, et que la France ait contribué à empêcher un boycott d’Israël dans cette enceinte”.”J’appelle au refus catégorique de l’obscurantisme promu par les tenants du boycott dans les salles de spectacles comme dans les universités. Faudrait-il, par opposition à la politique d’un gouvernement, pousser la bêtise jusqu’à interdire les romans de David Grossman, les films d’Amos Gitaï, les concerts d’Avishai Cohen et de Daniel Barenboïm ?”, a-t-il ajouté.”La situation à Gaza, malgré le cessez-le-feu et l’approbation du processus de paix, ainsi que l’utilisation du concours à des fins politiques par Israël, rendent de plus en plus difficile le maintien de l’Eurovision en tant qu’événement culturel neutre”, avait indiqué jeudi le secrétaire général de la chaîne de télévision publique espagnole RTVE, Alfonso Morales.Israël a été accusé d’ingérences et d’instrumentalisation politique du concours. Sous pression des appels au boycott, l’UER avait annoncé le 21 novembre une modification des règles du télé-crochet et un renforcement des efforts pour “détecter et prévenir toute activité de vote frauduleuse ou coordonnée”. D’autres mesures ont été annoncées jeudi pour renforcer la transparence du concours.

Plainte autour du média training du RN payé par le Parlement européen

L’association AC!! Anti-Corruption a déposé plainte vendredi contre X pour détournement de fonds publics autour d’une formation de média training au RN, financée par le Parlement européen mais qui aurait servi à Jordan Bardella pendant la campagne présidentielle française de 2022.”Les fonds détenus par les membres du Rassemblement national en leur qualité d’eurodéputés” auraient ainsi été utilisés “à des fins étrangères à leur attribution”, selon la plainte basée sur un article du Canard Enchaîné et adressée au parquet national financier (PNF) dont l’AFP a eu connaissance.Or le formateur du média training avait été engagé pour “préparer à l’exercice médiatique les élus européens du Rassemblement national” et était “payé par le Parlement européen sur le fondement de l’enveloppe budgétaire mise à la disposition des élus” européens, poursuit AC!! Anti-Corruption.L’association s’appuie sur un article du Canard Enchaîné qui “révèle qu’à partir de septembre 2021” le formateur a été chargé d’aider Jordan Bardella, président du RN, “non pas sur sa connaissance de l’actualité européenne mais en vue de la préparation de l’élection présidentielle française de 2022″ (où la leader du RN, Marine Le Pen, était candidate).”Jordan Bardella conteste bien entendu ces accusations qui le visent dans le contexte politique que l’on connaît, et se réserve le droit d’engager des poursuites en diffamation et dénonciation calomnieuse”, a fait savoir le RN à l’AFP.Cette plainte s’inscrit “dans la suite des différentes affaires de financement occulte de ce parti et qui visent à capter l’argent où qu’il se trouve afin de nuire à l’égalité des partis et au pluralisme démocratique”, expose à l’AFP Me Jérôme Karsenti, avocat de AC!! Anti-Corruption. Le RN “pille sans vergogne les fonds publics pour étendre son hégémonie politique”, dénonce encore le conseil de l’association, qui réclame que la justice française et le parquet européen envisagent “l’ensemble des affaires qui affectent le RN de manière globale et systémique”.AC!! Anti-Corruption souhaite que sa plainte soit mise en perspective avec l’affaire des assistants parlementaires européens, qui a notamment valu à Marine Le Pen d’être condamnée en première instance à une peine d’inéligibilité de 5 ans avec exécution provisoire. La leader du RN sera jugée en appel du 13 janvier au 12 février 2026.Début juillet 2025, le parquet européen avait par ailleurs annoncé l’ouverture d’une enquête sur l’ancien groupe Identité et Démocratie (ID), auquel appartenait le RN, soupçonné d’avoir “indûment dépensé” plus de 4,3 millions d’euros entre 2019 et 2024.

Budget de la sécu: “pas d’autre horizon” que de le voter, dit le gouvernement

Le ministre délégué chargé des Relations avec le Parlement, Laurent Panifous, a estimé vendredi qu’il n’y avait “pas d’autre horizon” que d’avoir “un budget de la Sécurité sociale qui soit voté mardi”, évoquant “un moment de grande gravité”.”On peut trébucher à chaque instant et c’est pour ça que c’est un moment de grande gravité. C’est pour ça que le Premier ministre lui-même vient au banc et y passe des heures”, a déclaré le ministre sur Franceinfo, à propos du texte actuellement examiné en deuxième lecture, dont l’adoption s’annonce périlleuse, à commencer par le volet recettes vendredi.Le Premier ministre, Sébastien Lecornu, qui refuse d’employer le 49.3 pour imposer l’adoption du texte sans vote, comme il l’a promis au début de son parcours parlementaire, a annulé plusieurs rendez-vous jeudi pour consacrer sa journée au dossier.Interrogé sur la possibilité que le budget de la Sécu soit rejeté par l’Assemblée, Laurent Panifous a regretté “une petite musique que nous entendons depuis maintenant quelques jours qui est de dire +finalement, ne pas voter le budget de la Sécurité sociale, c’est pas si grave+”.”Qu’est-ce qui aura changé en janvier, février ou mars ? Quelles seraient les concessions supplémentaires qui pourraient être faites sans faire craquer un côté ou l’autre de l’hémicycle ?” a fustigé Laurent Panifous, à l’adresse des anciens Premiers ministres Édouard Philippe (Horizons) et Michel Barnier (LR), qui estiment à ce stade ne pas pouvoir voter le texte, alors même que leur camp appartient au gouvernement.”Il y a des gens qui veulent trouver des solutions, à condition qu’on les écoute, à condition qu’on cherche des compromis, parfois du côté droit, parfois du côté gauche”, a poursuivi l’ancien président du groupe indépendant Liot, qui reconnaît que “c’est pour ça que c’est un exercice difficile, c’est pour ça que nous ne sommes sûrs de rien”.Le ministre a tenu à rappeler la complexité de la procédure en cas de rejet vendredi sur la partie recettes ou mardi sur le texte entier, car il “partirait au Sénat, et la seule issue possible, qui paraît hautement improbable, serait que le texte du Sénat et celui de l’Assemblée soient identiques”. Il a ainsi estimé que “l’on pourrait considérer que nous n’aurions pas de budget de la Sécurité sociale”.

Budget: le gouvernement s’engage à ne pas augmenter les franchises médicales

Le gouvernement s’est engagé vendredi à ne procéder à aucune augmentation des franchises médicales ni dans le budget de la Sécurité sociale, actuellement à l’étude à l’Assemblée nationale, ni par décret par la suite, a déclaré sa porte-parole Maud Bregeon. “Il n’y a pas de majorité pour augmenter les franchises donc (…)  il n’y aura pas d’augmentation des franchises médicales dans le budget qui est étudié aujourd’hui”, a assuré Maud Bregeon sur TF1.Interrogée sur la possibilité qu’une augmentation passe par décret par la suite, elle a promis que le gouvernement “ne fera pas sans les parlementaires”. “Par contre, attention, si on renonce à cette mesure-là (…), il faudra trouver des mesures d’économies à mettre en face, parce que la question de la cible du déficit qu’on souhaite, nous, autour de 20 milliards d’euros, n’a pas changé”, a prévenu la porte-parole. Alors que l’ancien Premier ministre Michel Barnier (LR) affirme dans Les Echos qu’il ne votera pas “en l’état” le budget de la Sécurité sociale, Maud Bregeon l’a interpellé: “quelle est l’alternative?”. “Comment fait-on puisque aucune loi spéciale n’est possible?”, a-t-elle questionné à propos de cet outil permettant au Parlement d’autoriser l’Etat à reconduire tel quel au 1er janvier son budget de l’année précédente. “Il y a eu des avancées encore hier sur la question de la CSG (du capital) et on va continuer, il reste de nombreuses heures de débats à l’Assemblée nationale”, a-t-elle rappelé. L’Assemblée doit se prononcer vendredi sur la partie recettes du budget de la Sécu au lendemain d’une journée marquée par d’intenses tractations entre le gouvernement et les députés, qui ont notamment abouti à l’adoption d’un compromis sur la question clé de la hausse de la contribution sociale généralisée sur les revenus du capital.L’adoption de la partie recettes est cruciale puisque son rejet vaudrait rejet de tout le texte et entraînerait une troisième lecture, elle-même décisive.

Montchalin annonce ne plus tabler sur le doublement des franchises médicales

La ministre des Comptes publics Amélie de Montchalin a déclaré jeudi devant les députés que le doublement des franchises médicales, l’une des mesures les plus inflammables discutée dans le cadre du budget de la Sécurité sociale, ne pouvait plus “être inclus” dans “les projections financières” pour l’année prochaine, faute de consensus.”Je ne passerai pas en force sur la question des franchises médicales”, a également déclaré un peu plus tard le Premier ministre Sébastien Lecornu.Les compromis recherchés dans l’hémicycle de l’Assemblée peuvent “permettre de repousser un certain nombre de mesures qui étaient dans les textes initiaux du gouvernement, dont peut-être les franchises médicales, mais je souhaite qu’on puisse les compenser”, a-t-il ensuite ajouté.Les franchises médicales sont le reste à charge payé par les patients, par exemple sur les boîtes de médicaments. Les franchises sur ces dernières passeraient de 1 à 2 euros si elles étaient doublées. Mais “le gouvernement prend acte du fait que dans la majorité de ce pays, manifestement, cette proposition ne fait pas consensus et que donc elle ne peut être incluse dans nos projections financières”, a déclaré Amélie de Montchalin. La mesure de doublement, censée rapporter 2,3 milliards, peut être prise par décret.Mais les recettes attendues sont prises en compte dans les équilibres financiers du projet de budget de la Sécurité sociale pour 2026. Or, les députés discutent âprement cette semaine lors d’une nouvelle lecture du texte pour contenir le déficit de la Sécu l’année prochaine. Après ces déclarations, le député socialiste Jérôme Guedj a demandé au gouvernement de s’engager clairement: “Aujourd’hui vous devez nous dire qu’il n’y aura pas de décret portant doublement des franchises médicales.”- Rallonge pour l’Ondam? -Mme de Montchalin a également abordé jeudi soir le sujet brûlant de l’objectif national de dépenses d’Assurance maladie (Ondam). Elle a annoncé que le gouvernement souhaitait “potentiellement rehausser encore l’Ondam, qui, vous le savez aujourd’hui, est à à peu près plus 2%. Le gouvernement envisage potentiellement d’aller jusqu’à plus 2,5 %.””Mais pour ce faire”, il faut “continuer à travailler à des économies”, a-t-elle ajouté. La ministre a enfin annoncé que le gouvernement avait pris “la décision” de “compenser 2 milliards d’euros de plus d’exonérations d’allègement généraux”. Ces allègements généraux de cotisations sociales sur les salaires visent à réduire le coût du travail. L’Etat peut compenser sur ses deniers ce manque à gagner pour la Sécurité sociale.”C’est une manière de considérer que les entreprises, par les allègements généraux, contribuent aux recettes de la Sécurité sociale”, a fait valoir Amélie de Montchalin. Mais ces compensations “renvoient le problème vers le PLF”, le budget de l’Etat, a noté plus tard M. Lecornu.