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Venezuela: Macron “prend acte” de la fin de la “dictature” et ulcère la gauche

Emmanuel Macron a “pris acte” samedi de la fin de la “dictature Maduro”, dont le “peuple vénézuélien” ne peut que se “réjouir”, dit-il. Une position qualifiée de “honte” par la gauche qui accuse le président français de complaisance envers les États-Unis.”Le peuple vénézuélien est aujourd’hui débarrassé de la dictature de Nicolas Maduro et ne peut que s’en réjouir”, a écrit sur X le chef de l’État. “En confisquant le pouvoir et en piétinant les libertés fondamentales, Nicolas Maduro a porté une atteinte grave à la dignité de son propre peuple”, a-t-il insisté, sans évoquer dans son tweet les attaques américaines qui ont abouti à la capture du président vénézuélien.L’entourage de M. Macron a fait savoir peu après qu’avait été pris “acte de l’opération américaine”. “Un dictateur a été déchu. Le droit international doit désormais être respecté”, a-t-on fait valoir de même source.Mais pour Jean-Luc Mélenchon, leader de La France insoumise, “la prise de position de Macron n’est pas la voix de la France. Il nous fait honte. Il abandonne le droit international”. “Jour sombre pour notre pays”, a-t-il encore écrit sur X, appuyé par son lieutenant Manuel Bompard qui s’est désolé de voir “la France réduite à féliciter les coups de force de Trump”.Même indignation du côté du Parti socialiste. Selon son premier secrétaire Olivier Faure, “la France n’est pas un État vassal des USA et notre président ne peut pas se comporter comme un simple porte-parole de la Maison-Blanche”. “M. Macron piétine ce soir toute notre histoire diplomatique. Une honte”, a abondé le patron des sénateurs PS Patrick Kanner.Une “honte ultime” même pour le N.1 du Parti communiste Fabien Roussel, pour qui la France est “rabaissée au rang de 51e état des USA”.Samedi en fin d’après-midi, plus d’un millier de personnes, agitant pour certaines des drapeaux vénézuéliens, étaient réunies place de la République à Paris pour protester contre l’attaque, à l’appel notamment de LFI et du parti communiste, a constaté un journaliste de l’AFP. Parmi elles, M. Mélenchon qui a dit qu’il fallait “sans barguigner, exiger la libération et le retour immédiat de Nicolas Maduro libre au Venezuela”.L’exécutif avait  été plus offensif samedi après-midi par la voix du ministre des Affaires étrangères Jean-Noël Barrot qui a affirmé que l’opération américaine “contrevient” au droit international. “La France rappelle qu’aucune solution politique durable ne saurait être imposée de l’extérieur et que les peuples souverains décident seuls de leur avenir”, avait-il encore écrit sur X.M. Macron a préféré mettre l’accent sur la “transition à venir” qui “doit être pacifique, démocratique et respectueuse de la volonté du peuple vénézuélien”. En ce sens, il plaide pour que celle-ci soit assurée “au plus vite” par Edmundo Gonzalez Urrutia, candidat de l’opposition à la présidentielle 2024. Alors que Donald Trump a de son côté déclaré que les États-Unis “dirigeraient” le Venezuela jusqu’à ce qu’une transition politique “sûre” puisse avoir lieu.”Ce qui importe à présent est que la parole revienne au plus vite au peuple vénézuélien”, appuie encore l’entourage de M. Macron, qui précise que ce dernier a échangé samedi avec Donald Trump, le président argentin Javier Milei ou brésilien Lula.- Equilibrisme -A l’image de l’exécutif, d’autres responsables politiques ont dû s’employer à un exercice d’équilibriste samedi, partagés entre la volonté de dénoncer l’attaque américaine, sans pour autant apparaître comme un soutien de Nicolas Maduro.”Pas une larme pour le dictateur ploutocrate Maduro, mais il faut avoir conscience que nous entrons dans un monde sans droit international où prévaut la loi du plus fort”, a déclaré l’eurodéputé social-démocrate Raphaël Glucksmann.Dans la même veine, Gabriel Attal, chef de file des députés macronistes, a affirmé qu’il “ne regrette pas” le départ de ce “dictateur”.Il a dit voir dans l’opération américaine “un signe supplémentaire que le monde est désormais régi par la force” et a incité les Européens à s’adapter pour ne pas être cantonnés au rôle de “spectateurs impuissants”.La patronne du Rassemblement National Marine Le Pen a jugé qu’il y avait “mille raisons de condamner le régime de Nicolas Maduro: communiste, oligarchique et autoritaire” mais que “la souveraineté des États n’est jamais négociable”.”Renoncer à ce principe aujourd’hui pour le Venezuela, pour n’importe quel État, reviendrait à accepter demain notre propre servitude”, a-t-elle ajouté.Le président des Républicains Bruno Retailleau a semblé plus conciliant avec Donald Trump, en estimant que le narcotrafic nécessite “une réplique ferme” même si la souveraineté vénézuélienne “demeure sacrée”.

Décès de Dominique Bucchini, figure communiste et ex-président de l’Assemblée de Corse

L’ancien président de l’Assemblée de Corse et ex-député européen Dominique Bucchini est mort à l’âge de 82 ans, la classe politique saluant samedi l'”amour pour la Corse” de ce dirigeant communiste et “une figure majeure de l’histoire contemporaine” de l’île.Le président du conseil exécutif de Corse, Gilles Simeoni, a salué samedi sur le réseau social X un “militant infatigable au service de ses convictions communistes, homme de dialogue et de paix imprégné de culture corse et universelle”, voyant en Dominique Bucchini “une figure majeure de l’histoire contemporaine de l’île.”Corse Matin indique qu’il s’est éteint vendredi soir dans sa ville natale, “éreinté par une maladie qui fut son dernier combat”.Né en janvier 1943 à Sartène, en Corse du sud, Bucchini a très tôt milité pour le parti communiste. Enseignant de profession, il fut maire de Sartène de 1977 à 2001.Au début des années 1980, il devient député au sein de la première législature du Parlement européen. En 2010 il est élu pour cinq ans à la tête de l’Assemblée de Corse –l’organe qui règle par ses délibérations les affaires de l’île, contrôle notamment le conseil exécutif et vote le budget.”Dirigeant du PCF, Dominique Bucchini s’en est allé. Nous garderons en mémoire son amour pour la Corse, pour la République, la force de ses convictions et une droiture à toute épreuve. Au revoir camarade”, s’est ému sur son compte X Fabien Roussel, secrétaire national du Parti communiste français.L’actuelle présidente autonomiste de l’Assemblée de Corse Marie-Antoinette Maupertuis retient, elle, sur X “son engagement pionnier en matière de lutte contre la violence et sa prise de position en faveur de la co-officialité de la langue corse”.Le sénateur de Corse-du-Sud Jean-Jacques Panunzi, apparenté au groupe Les Républicains, a également salué la mémoire d’un homme qui “a traversé cinquante ans d’histoire politique de notre île, cinquante ans au cours desquels il a su prendre des positions courageuses”, indique-t-il dans un communiqué.

Venezuela: la gauche condamne fermement l’attaque américaine, l’extrême droite plus nuancée

Des responsables de gauche, Jean-Luc Mélenchon en tête, ont dénoncé samedi “l’enlèvement” du président vénézuélien Nicolas Maduro par les forces américaines et appelé Paris à le condamner, tandis que l’extrême droite s’est montrée bien plus nuancée.”Les USA de Trump s’emparent du pétrole du Venezuela en violant sa souveraineté avec une intervention militaire d’un autre âge et l’enlèvement odieux du président Maduro et de son épouse”, a dénoncé sur le réseau social X l’Insoumis Jean-Luc Mélenchon.”Quelqu’un réveille le président Macron ? Il est temps que la République française condamne l’attaque contre le Venezuela. Il n’y a pas de bonne invasion. Seulement des mauvaises”, a-t-il ajouté, les autorités françaises étant pour l’heure restées muettes.Le président américain, Donald Trump, a annoncé samedi que ses forces avaient “capturé et exfiltré” Nicolas Maduro et son épouse lors d’une opération “de grande envergure” au Venezuela.Donald Trump accuse le président Maduro d’être à la tête d’un vaste réseau de narcotrafic, ce que l’intéressé dément, reprochant aux Etats-Unis de vouloir le renverser pour s’emparer des réserves de pétrole du pays, les plus grandes de la planète.Jean-Luc Mélenchon a estimé que le narcotrafic était un “prétexte” pour “détruire ce qu’il reste d’ordre international libre de la loi du plus fort”.M. Mélenchon est régulièrement accusé d’être un soutien du président vénézuélien Nicolas Maduro, ce qu’il récuse, même si Hugo Chavez était un de ses modèles politiques. Le patron du Parti socialiste Olivier Faure a lui affirmé sur X que “quoi que l’on pense de Maduro, cet acte doit être unanimement condamné”.Jugeant que “la force ne peut remplacer le droit”, il s’est inquiété d'”un feu vert donné à tous les autocrates du monde”.Le coordinateur de La France Insoumise Manuel Bompard a déclaré que les Etats-Unis “renouent avec les coups d’Etat et la guerre”.- Appel au rassemblement -Plus largement, LFI a enjoint dans un communiqué “le gouvernement français à condamner sans ambiguïté cette guerre, à exiger un cessez-le-feu immédiat et à défendre la souveraineté du Venezuela. Dans l’immédiat, elle doit demander une réunion du conseil de sécurité de l’ONU”.Le parti de gauche radicale a appelé à un rassemblement de “soutien au peuple vénézuélien” samedi à 18H00, place de la République à Paris. Le parti communiste, qui appelle aussi ses militants à se réunir samedi à 15H00 autour de la statue de Bolivar, dénonce pour sa part un “scandale absolu”. “La France doit réagir fermement”, a exhorté son N.1 Fabien Roussel sur X.La cheffe des Ecologistes Marine Tondelier a de son côté plaidé pour que la France condamne les bombardements nocturnes au Venezuela, sans mentionner la capture de Nicolas Maduro.A l’autre bout du spectre politique, le président du Rassemblement national Jordan Bardella s’est montré moins tranché.Si “personne” ne regrettera le “régime rouge” de Nicolas Maduro, “le respect du droit international et de la souveraineté des États ne peut être à géométrie variable”, a-t-il écrit sur X.Jordan Bardella a appelé à ce que “la parole soit rendue dans les plus brefs délais au peuple vénézuélien, afin qu’il puisse sortir de cette crise majeure par un processus démocratique libre, transparent et loyal”.Eric Ciotti, dont le parti UDR est allié du RN, a même salué la “chute du dictateur Maduro”.”Cette bonne nouvelle pour le peuple vénézuélien doit s’intégrer dans le respect du droit international”, a-t-il dit, demandant “un processus démocratique”.

Avec sa promesse d’année “utile”, Macron signe surtout son impuissance

Emmanuel Macron a promis une année 2026 “utile”, à la France, mais ses vœux laissent surtout l’impression d’un président sur la défensive, en fin de règne, alors que la prochaine élection présidentielle approche à grands pas.”Ce sont des vœux défensifs, de repli, des vœux de fin de règne qui ne lui ressemblent pas du tout”, a estimé jeudi Philippe Moreau-Chevrolet, professeur en communication à Sciences Po, pointant un discours surtout “axé sur la protection” des agriculteurs, de l’industrie…Le président, qui avait opté cette année pour des vœux très courts – moins de 10 minutes – et le décor plus feutré du Salon des ambassadeurs, est apparu dans un semi clair-obscur, devant une cheminée et un sapin illuminé.”Le manque de lumière, de dynamisme parce qu’on a l’impression qu’il est éclairé à la bougie, qu’il parle très lentement, le fait qu’il rappelle que c’est son dernier mandat (…) ça a créé une ambiance crépusculaire”, a noté Philippe Moreau-Chevrolet.Le politologue Bruno Cautrès juge aussi très surprenants ces vœux à la “tonalité à la fois sobre et sans perspective”, où l’on “voit très clairement l’amorce d’une sortie du jeu d’Emmanuel Macron”, à seize mois de la présidentielle à laquelle il ne peut se représenter.- “Sous-dimensionné” -Le chef de l’Etat, très affaibli depuis la dissolution ratée de 2024, s’est certes efforcé de poser les jalons d’une année “utile”, en dépit de l’instabilité politique, faute de majorité à l’Assemblée.Il a tracé sa feuille de route et martelé qu’il resterait “jusqu’à la dernière seconde au travail”, comme pour mieux conjurer le risque d’effacement qui le guette.Mais “au bout de presque dix ans de pouvoir, un chef d’Etat qui nous annonce que les grands chantiers du pays, c’est interdire les réseaux sociaux aux moins de 15 ans, une loi sur la fin de vie et le rétablissement sur une base volontaire du service national, ça semble sous-dimensionné” par rapport aux enjeux et attentes des Français, souligne Bruno Cautrès.Emmanuel Macron n’a que très peu évoqué l’impasse budgétaire, qui plombe pourtant ce début d’année, à moins de trois mois des élections municipales, appelant seulement gouvernement et Parlement à s’atteler sans tarder à “bâtir des accords”.Son vœu final “d’espérance”, ponctué d’innombrables “ne renonçons pas” au “progrès”, à une “nation plus solidaire”, au “beau”, à la “culture”, autant de thèmes macronistes depuis dix ans, avait aussi une “dimension presque testamentaire”, analyse Bruno Cautrès.Enfin, le président est apparu très solitaire, n’évoquant qu’une fois le chef du gouvernement Sébastien Lecornu.Son ex-Premier ministre Edouard Philippe, dans les starting-blocks pour 2027, qui avait appelé à une présidentielle anticipée, n’a de nouveau pas été tendre avec le chef de l’Etat dans ses propres vœux, regrettant jeudi une année “sans stratégie et sans cap” dans un pays où “rien de décisif” ne se produira d’ici 2027. – “Rien dit mais bien dit” -“A un an de plier les gaules, vous vous attendiez à quoi ? (…) Il n’a rien dit mais il l’a bien dit”, a considéré pour sa part le député Renaissance Karl Olive, sur la chaîne Cnews.    Pour un conseiller ministériel, le président a eu “raison de ne pas entrer dans les détails”, notamment sur le budget, car “il ne fallait surtout rien de tranchant dans une Assemblée sans majorité, sinon tu abandonnes l’esprit de compromis et tu te fais censurer”.C’étaient des “vœux mesurés en fonction de ce qu’on peut faire”, “il n’a pas pris de risque”, renchérit, stoïque, un ténor du bloc central.S’il a évoqué son départ programmé, Emmanuel Macron s’est efforcé de repousser au plus tard l’échéance présidentielle, qui signera de facto sa mise en retrait, fixant le début de la campagne électorale “à la fin de l’année”. “Il essaie de contrôler le calendrier. En réalité, on est déjà en campagne pour 2027, mais il veut gagner du temps et pouvoir continuer à se présenter comme étant dans l’action”, relève Philippe Moreau-Chevrolet.

Edouard Philippe ne veut pas “céder” à la “résignation” en dépit d’une situation politique “mauvaise”

Le patron d’Horizons et candidat déclaré à la présidentielle Edouard Philippe a estimé jeudi dans ses voeux pour 2026 qu’il ne fallait “céder ni à la résignation ni au renoncement” malgré une “situation politique” en France “mauvaise”, en raison notamment de l’absence de majorité à l’Assemblée.”L’année 2025 s’achève comme elle a commencé : sans budget, sans stratégie, et sans cap”, fustige l’ancien Premier ministre d’Emmanuel Macron, considérant une nouvelle fois que “plus rien de décisif ne se produira dans le pays d’ici à la prochaine élection présidentielle”.L’ancien chef de gouvernement devenu très critique du président de la République dit néanmoins avoir “bon espoir” que les élections municipales en mars “revitalisent le débat public français” et que ceux “qui portent les couleurs d’Horizons, ainsi que nos amis de la droite et du centre l’emporteront” à ce scrutin.Il dit aussi avoir “bon espoir” que “le grand débat démocratique” de la présidentielle “soit à la hauteur des immenses enjeux” parce que “l’avenir du pays est dans la balance”.Edouard Philippe souhaite que les Français “adhèrent massivement au projet de réparation, de modernisation et de relance du pays” qu’il proposera.Emmanuel Macron a promis dans ses voeux mardi soir de rester au travail “jusqu’à la dernière seconde” de son mandat, alors que des voix se sont élevées jusqu’au sein du camp présidentiel, notamment celle d’Edouard Philippe, pour réclamer une présidentielle anticipée.

Ces candidats royalistes qui rêvent d’être sacrés aux municipales

Ils voudraient voir tomber la République. Mais en attendant l’hypothétique retour d’un roi, ils se plient à ses règles et tentent de se faire connaître en candidatant aux élections municipales de mars prochain.”On voit bien que la Vème République est à bout de souffle. C’est terminé”, assure à l’AFP l’un de ces royalistes convaincus, Sébastien Piffard.Ce chauffeur routier de 44 ans, père de six enfants, brigue la mairie de sa petite commune du Maine-et-Loire, Les Hauts-d’Anjou.Mais ce qu’il voudrait surtout, c’est observer l’avènement d'”une royauté des temps modernes”.Nostalgique d’une époque qu’il ne connaît que par les livres d’Histoire, Sébastien Piffard est convaincu que c’était mieux avant:  “La France, comme royauté, elle a brillé”.Pour lui, la monarchie évoque la puissance, la stabilité et l’unité. Tandis que le pluralisme politique républicain, au contraire, serait “fait pour diviser les Français”.- “Farfelu” -Sébastien Piffard se présente sous les couleurs du Lys Royal de France, petit parti royaliste créé il y a un an.Il l’a découvert sur le réseau social TikTok sur lequel une de ses responsables diffuse des vidéos vantant les mérites de la monarchie. Malgré ces efforts, le courant royaliste reste ultraminoritaire, dénué de poids politique. L’objectif pour ces municipales est donc surtout de se faire connaître.Conscient que l’étiquette de son mouvement “effraie”, Sébastien Piffard cherche encore à compléter sa liste électorale avant la date butoir de dépôt des candidatures, le 26 février.”Quand on dit qu’on est royalistes, on est des marginaux”, renchérit un autre candidat à Rodez (Aveyron), Ulrich Bailleul, qui admet passer pour un “farfelu”. Cet aide-soignant trentenaire, grand passionné d’Histoire, peine lui aussi à attirer des colistiers et ne se fait pas d’illusion sur ses chances de victoire.- Louis de Bourbon -La nébuleuse royaliste concentre plusieurs mouvements, dont le groupe d’extrême droite Action Française.Un autre parti, l’Alliance Royale, assure qu’il présentera aussi des candidats aux municipales, mais aucun en tête de liste.Si tous ces groupes veulent le retour d’un roi, ils ne s’accordent pas sur son identité. Leurs militants sont divisés en plusieurs branches, dont les plus importantes sont les orléanistes et les légitimistes.Le poulain de ces derniers s’appelle Louis de Bourbon, descendant direct des Capétiens.La crise politique suscitée par les récents changements de gouvernements lui a offert une porte d’entrée dans les médias, notamment ceux du milliardaire conservateur Vincent Bolloré.En octobre, dans une tribune pour le JDD, Louis de Bourbon a esquissé le portrait d’une République “au bord de l’effondrement”, et invité les Français à s’inspirer de leur “héritage monarchique”.Fin décembre encore, rebondissant sur la mobilisation contre un accord UE-Mercosur, il a reproché à l’Etat d'”abandonner” ses agriculteurs dans les pages de l’hebdomadaire de droite conservatrice Valeurs actuelles.- Anti-UE -“Il y a de plus en plus de Français dégoûtés par la politique de la République”, estime Damien Pennes, fondateur du Lys Royal de France.Les personnages politiques “se ressemblent tous”, lance ce commerçant de Corrèze âgé de 39 ans, qui dit avoir toujours été fasciné par la monarchie.Son parti ne se revendique “ni de gauche, ni de droite”. Mais il défend un contrôle ferme des frontières, une sortie de l’Union européenne, une baisse des impôts et la primauté de la religion catholique.Si participer à une élection peut paraître contradictoire quand on veut voir chuter la République, Damien Pennes juge qu’ils n’ont pas d’autre choix que d’utiliser “les armes à (leur) disposition”.A terme, il espère que des maires royalistes pourraient aider à rassembler les 500 parrainages nécessaires pour déposer une candidature à la présidentielle. L’objectif, très lointain, est conçu comme un tremplin pour propulser leur roi au pouvoir.Le retour d’une monarchie, “il ne faut pas croire que c’est un doux rêve”, maintient néanmoins le candidat Sébastien Piffard.Il voit son engagement politique comme temporaire, le temps que ce but ultime soit atteint.”Le jour où le roi est remis sur le trône de France, moi je disparais, je reprends ma petite vie tranquille”, dit-il, sans se risquer à avancer une date.

Macron promet une année 2026 “utile” et de rester au travail “jusqu’à la dernière seconde”

Emmanuel Macron a promis mercredi soir, dans ses voeux, une année 2026 “utile” aux Français en dépit de l’instabilité politique et de la fin du quinquennat qui approche, assurant qu’il restera “jusqu’à la dernière seconde au travail” malgré les appels récurrents à sa démission.”Cette année doit être et sera une année utile”, a-t-il lancé dans ses traditionnels voeux du Nouvel an, ses plus courts depuis 2017 – moins de 10 minutes, comme pour mieux conjurer son risque d’effacement alors qu’il apparaît déjà très affaibli à 16 mois de la présidentielle, à laquelle il ne pourra se représenter.”Notre histoire nous enseigne que nous pouvons tout relever, tout affronter si nous savons rester unis”, a martelé le chef de l’Etat, confronté à une impopularité record et une Assemblée sans majorité.”Chaque Française, chaque Français, a un rôle à jouer pour relever les défis qui sont devant nous”, a-t-il insisté alors que l’instabilité politique est devenue leur sujet de préoccupation majeure et que la guerre continue à faire rage en Ukraine.Contraint à plus de distance sur la scène intérieure depuis la dissolution ratée de 2024, Emmanuel Macron s’est tout de même fixé, dans ses voeux, trois priorités pour 2026 : l’instauration d’un service militaire volontaire, la régulation des réseaux sociaux auprès des jeunes et une loi sur la fin de vie qui promet un débat de société difficile.- “Dans la dignité”Le service militaire volontaire, qui doit commencer à être mis en place cette année, “renforcera les liens entre nos armées et la Nation”, s’est-il félicité.Avec une meilleure régulation des réseaux sociaux, “nous protégerons nos enfants”, a t-il ajouté. Un projet de loi, consulté par l’AFP, fixant la majorité numérique à 15 ans dès le 1er septembre 2026 et interdisant le portable au lycée, sera discuté au Parlement en début d’année. “Nous irons au bout du travail législatif sur la question de la fin de vie dans la dignité, sujet sur lequel je m’étais engagé devant vous en 2022”, a-t-il enfin pointé. Les textes sur le sujet seront examinés à partir du 20 janvier au Sénat avant de revenir à l’Assemblée. Les débats s’annoncent compliqués, notamment au Sénat, où le groupe Les Républicains, première force de cet hémicycle, est très réservé sur la création d’un dispositif d’aide à mourir.Le chef de l’Etat a aussi appelé le Premier ministre Sébastien Lecornu et le Parlement à s’atteler “dès les premières semaines de l’année” à “bâtir des accords” pour “doter la Nation d’un budget”, alors que gouvernement, socialistes et bloc central ont échoué à se mettre d’accord à la fin décembre.Emmanuel Macron a promis de rester au travail “jusqu’à la dernière seconde” de son mandat, alors que des voix se sont élevées jusqu’au sein du camp présidentiel, notamment chez son ex-Premier ministre Edouard Philippe, pour réclamer une présidentielle anticipée.Et de “tout faire” pour que la présidentielle de 2027 se déroule le plus sereinement possible” et “à l’abri de toute ingérence étrangère”.  – “Litanie d’annonces” -Se félicitant que l’Europe de la défense, pour laquelle il a longtemps plaidé en vain, ne soit plus désormais un “débat” mais une réalité face à l’urgence de la guerre en Ukraine, il a aussi appelé à “l’accélérer”.Dès le 6 janvier à Paris, les principaux alliés de l’Ukraine “prendront des engagements concrets pour protéger l’Ukraine et assurer une paix juste et durable sur notre continent”, a-t-il assuré, sans plus de précision.S’il a planté le décor des défis à venir, Emmanuel Macron n’est pas revenu sur sa promesse du 31 décembre 2024 de consulter les Français sur de grands sujets, un engagement qui ne s’est pas concrétisé en 2025.”Qui se sent concerné par cette litanie d’annonces déjà cent fois trahies et de mots vides ? (…) Quelque chose est cassé en lui et avec le pays”, a lancé le leader des Insoumis, Jean-Luc Mélenchon, sur X. Plus tôt dans la journée, Marine Le Pen et Jordan Bardella ont appelé, dans leurs voeux, à la mobilisation pour les municipales des 15 et 22 mars, souhaitant que 2026 soit pour le Rassemblement national, en tête dans les sondages,  une “année de conquête” en vue de la “grande alternance” qu’ils espèrent incarner en 2027.Le “basculement” est “à portée de vote”, assurent-ils, Jordan Bardella dénonçant “un système à bout de souffle”, appuyé sur “une coalition de survie” à l’Assemblée nationale.

Macron va présenter ses voeux pour une dernière “année d’action” avant 2027

Des menaces pesant sur l’Europe aux enjeux sociétaux sur la fin de vie et l’internet, Emmanuel Macron, confronté à une impopularité record, présente mercredi ses voeux aux Français pour 2026, sa dernière année pleine à l’Elysée, dont il entend faire “une année d’action” malgré ses faibles marges de manoeuvre.2026 sonne un peu comme le crépuscule pour le chef de l’Etat, très entravé depuis le pari manqué de la dissolution de 2024 et qui, après deux quinquennats, ne peut se représenter.A plus d’un titre, la séquence qui s’ouvre s’annonce inédite, des municipales de mars au verdict sur l’inégibilité de Marine Le Pen, à l’été, qui donnera de facto le coup d’envoi de la campagne pour 2027.Un scrutin que le Rassemblement national abordera pour la première fois en position de force, et où le camp présidentiel doit encore identifier son champion.”Tout le problème d’Emmanuel Macron, c’est qu’il sort du jeu, il n’existe plus. Tout le monde est dans le coup d’après”, résume un ténor de droite.Un constat que le président est bien décidé à démentir jusqu’au bout, malgré les appels réguliers à sa démission dans un pays bloqué par l’absence de majorité et un domaine réservé largement circonscrit à la scène internationale.”Ce seront ses derniers voeux d’année pleine mais justement c’est tout sauf des vœux d’immobilisme et de rétrospective. Il va vouloir montrer que 2026 sera une année d’action et une année utile”, déroule-t-on dans son entourage.- “Domaine réservé” -Avec trois priorités pour lui sur la scène intérieure : l’instauration d’un service militaire volontaire, la régulation des réseaux sociaux, notamment auprès des jeunes, et une loi sur la fin de vie.”Ce n’est pas des sujets qui pèsent léger dans un bilan présidentiel”, veut croire un proche.Près de quatre ans après le début de la guerre en Ukraine et alors que les efforts en faveur de la paix de Donald Trump peinent à se concrétiser, la situation géopolitique de l’Europe sera aussi au coeur de son allocution.”C’est à la fois son domaine réservé, et ce encore plus depuis un an et demi (dissolution, ndlr). L’an prochain sera un moment décisif pour ce qu’il défend depuis toujours : la capacité de l’Europe d’assurer par elle-même sa sécurité”, pointe son entourage.Début janvier, la Coalition des volontaires, constituée en grande partie d’Européens, se réunira à Paris pour “finaliser” les garanties de sécurité qu’elle accordera à l’Ukraine, une fois un cessez-le-feu acquis, dont le déploiement de forces dans ce pays.Le chef de l’Etat pourrait aussi évoquer la dissuasion nucléaire, alors que Paris et Londres ont déjà acté un rapprochement d’ampleur en la matière et que des discussions sont à l’étude sur un possible élargissement de ce parapluie à d’autres pays européens.- Référendum -Dans l’immédiat, les Français sont surtout sensibles à l’instabilité politique, l’événement le plus marquant de l’année pour 47% d’entre eux devant les problèmes de pouvoir d’achat (40%) ou le conflit en Ukraine (33%), selon un sondage Odoxa-Backbone publié jeudi par Le Figaro.Emmanuel Macron est avant tout jugé à l’aune des “enjeux nationaux”, renchérit Jean-Daniel Lévy, directeur délégué de Toluna/Harris, en pointant une cote de confiance présidentielle de nouveau à son plus bas en décembre, avec seulement 25% d’avis favorables. Mais durant ses voeux, le chef de l’Etat devrait laisser les “affaires gouvernementales au gouvernement” et se contenter de réitérer son appel à la culture du “compromis” entre forces politiques, indique-t-on dans son entourage.Lors du dernier Conseil des ministres de l’année, le 22 décembre, il a tout de même appelé à “donner au plus vite, en janvier, un budget à la Nation”, sans aller toutefois jusqu’à demander à Sébastien Lecornu d’utiliser le 49.3.Soucieux de continuer à exister sur la scène intérieure, Emmanuel Macron est surtout monté en première ligne contre les dérives des réseaux sociaux, à coups de débats publics à travers l’Hexagone, et contre le fléau du narcotrafic.Mais après avoir promis de demander aux Français de “trancher” sur des sujets “déterminants” lors de ses derniers voeux, il n’a jamais dégainé l’arme du référendum.”Vu l’instabilité gouvernementale, c’est compliqué”, mais “c’est un outil qu’il garde dans sa manche”, relève le proche.

Feu vert à la poursuite du chantier de l’A69

La cour administrative d’appel de Toulouse a sans surprise autorisé mardi la poursuite du chantier contesté de l’autoroute A69 entre Toulouse et Castres, en rétablissant son autorisation environnementale qui avait été annulée en première instance.Conformément aux recommandations du rapporteur public, les magistrats d’appel ont estimé que “le projet de liaison autoroutière doit être regardé comme répondant à une raison impérative d’intérêt public majeur (RIIPM)”.Selon la cour, c’est donc “à tort” que le tribunal administratif de Toulouse avait, le 27 février, annulé l’autorisation environnementale de ce projet, conduisant à stopper temporairement les travaux de ces 53 km de voie rapide.Le tribunal avait alors estimé que les lourdes atteintes à l’environnement n’étaient justifiées par aucune RIIPM puisque l’enclavement des villes de Castres et Mazamet, principal argument des promoteurs de l’autoroute, n’était pas démontré.Mais, à l’inverse, la cour juge qu’il n’est pas “nécessaire de justifier d’une situation critique ou de tension particulière quant à l’enclavement ou au décrochage démographique et économique du bassin de vie de Castres-Mazamet” pour autoriser le projet.L’autoroute “permettra de relier dans des meilleures conditions le bassin de vie de Castres Mazamet, qui compte plus de 130.000 habitants, à la métropole de Toulouse”, explique la cour, dans un communiqué sur sa décision.- “Décision majeure” -Elle estime en outre qu’il n’existe “pas de solution alternative satisfaisante à la création d’un nouveau tronçon autoroutier” et que “le maintien des espèces protégées” n’est pas menacé “car des mesures compensatoires efficaces sont prévues”.Avant même que la cour ne communique sur cette décision, le ministère des Transports a salué “une décision majeure” qui “permet d’envisager la livraison, très attendue par le territoire, de cette infrastructure structurante, à l’horizon d’octobre 2026”.Atosca, futur concessionnaire de l’autoroute qui supervise actuellement les travaux, “accueille favorablement la décision de la cour administrative d’appel de Toulouse, qui valide la raison impérative d’intérêt public majeur et l’autorisation environnementale de l’autoroute A69 dans toutes ses composantes, permettant de poursuivre sans ambiguïté le chantier”.”Cette décision tranche le débat sur le fond et confirme la nécessité d’une infrastructure attendue depuis plusieurs décennies par le sud du Tarn”, indique Atosca, dans un communiqué.Du côté des opposants, en revanche, la décision de la cour d’appel est jugée “incompréhensible” et “décevante”.”Nous engageons un pourvoi en cassation immédiatement: la décision à venir du Conseil d’Etat sera rendue avant la mise en service fantasmée par le ministre Tabarot”, a affirmé leur principal collectif, La Voie est libre (LVEL).- “Chantier de la honte” -Les anti-A69 soulignent que l’arrêt était de toute façon “prévisible”, du fait que plusieurs magistrats de la cour, parties prenantes de cette décision, avaient déjà participé à celle autorisant une reprise anticipée des travaux, en mai.”Lorsque des magistrats ayant déjà jugé en procédure accélérée avaient refusé de se récuser pour statuer sur le fond, on est en droit de se questionner sur leur impartialité!”, fustige LVEL.Parallèlement à son pourvoi, le collectif entend poursuivre sa contestation devant les tribunaux, notamment par la voie pénale.Le 12 janvier, une juge du tribunal de Toulouse, saisie en urgence, doit ainsi statuer sur des dépassements non-autorisés du chantier, en “violation manifeste de l’ordre public environnemental”, selon le parquet de Toulouse.Face à cette expansion illégale de l’emprise des travaux, les préfets de Haute-Garonne et du Tarn ont d’ores et déjà pris des arrêtés pour faire interdire la poursuite des travaux qui s’y déroulent.”D’autres actions juridiques sont à venir, avec un volet pénal bien chargé, qui n’a pas dévoilé toutes ses surprises et qui pourrait bien suspendre à nouveau ce chantier de la honte”, espèrent les militants de LVEL.Sur le terrain, “les équipes vont désormais se concentrer sur les travaux qui reprendront à l’issue des congés de fin d’année”, annonce Atosca, dans son communiqué.Le concessionnaire entend lancer “courant janvier” une dernière étape décisive de ce chantier: la pose des quelque 500.000 tonnes de revêtement de la future autoroute qui doit être produite par deux centrales d’enrobé à chaud, installées depuis l’automne à proximité immédiate du chantier, dans le Tarn, et qui étaient jusqu’à présent en phase de test.

Brigitte Bardot, une longue proximité avec l’extrême droite

Brigitte Bardot, décédée dimanche à 91 ans, a longtemps flirté avec l’extrême droite et voyait en Marine Le Pen, patronne du Front national devenu RN, “la Jeanne d’Arc du XXIe siècle”, tout en assurant que ses choix politiques étaient avant tout dictés par la cause animale.”On m’a fermement collé une image de frontiste” pour avoir répondu au début des années 1990 à un questionnaire du quotidien catholique d’extrême droite Présent, affirmait-elle en 2018 dans son livre testament “Larmes de combat”. “N’ayant jamais fait de politique de ma vie, je ne savais tout simplement pas ce qu’était +l’extrême droite+”, assurait l’icône du cinéma français devenue militante de la cause animale. “A partir de ce jour-là, je fus considérée comme raciste, FN, égérie de Jean-Marie Le Pen et j’en passe”.”Je n’ai jamais demandé à personne d’être raciste et je ne pense pas nourrir de haine raciale”, affirmait-elle en dépit de plusieurs condamnations, notamment pour des propos contre les musulmans.Brigitte Bardot, qui prêta ses traits à la Marianne républicaine dans les années 1960, se revendiquait “conservatrice” en politique et “patriote”. La droite est le “seul remède urgentissime à l’agonie de la France”, écrivait-elle dans son “BBcédaire” paru en 2025.En 1996, dans sa biographie “Initiales B.B.”, elle rendait hommage à Jean-Marie Le Pen, “un homme charmant, intelligent, révolté comme moi par certaines choses” et ne cachait pas partager les idées du fondateur du FN contre “la poussée terrifiante de l’immigration”. C’est chez lui qu’elle avait rencontré son quatrième mari, Bernard d’Ormale.En 2012, B.B. appelait les maires de France à apporter leurs parrainages à Marine Le Pen, candidate à la présidentielle, et annonçait voter pour cette “femme admirable”. Avant la présidentielle de 2017, elle affirmait encore: “Marine Le Pen, je l’aime beaucoup et depuis longtemps”.Brigitte Bardot, qui se disait “contre le vivre ensemble”, voyait en elle une responsable politique capable de “reprendre la France en main, de remettre des frontières et de redonner la priorité aux Français”.”Le départ de Brigitte est un chagrin immense”, a écrit dimanche Marine Le Pen sur X, tandis que Jordan Bardella, président du RN, rendait hommage à “une ardente patriote”.- “Perspective identitaire” -Dans le passé, Jean-Marie Le Pen et sa fille ont régulièrement rendu hommage à l’ancienne actrice. “Les plages françaises sont celles de Bardot et Vadim”, affirmait Marine Le Pen en pleine polémique sur le burkini à l’été 2016, en allusion au film “Et Dieu… créa la femme”.”La référence à Bardot est faite dans une perspective identitaire” et permet au parti de gagner en légitimité, alors qu’il est dans l’ensemble boudé par les artistes, décryptait en 2018 Sylvain Crépon, enseignant-chercheur en sciences politiques, auprès de l’AFP.Souvent reçue à l’Elysée, Brigitte Bardot a pu avoir la dent dure avec les chefs de l’Etat, pas assez engagés, selon elle, dans la protection des animaux. Invitée par Charles de Gaulle, elle était arrivée vêtue d’une veste à brandebourgs et avait été accueillie par un “Chic! Un militaire”. Valéry Giscard d’Estaing, “son ami”, l’avait “draguée”, racontait-elle. François Mitterrand, “maudit soit le jour de son investiture. (…) Toute la détresse que nous subissons est la suite de son oeuvre maléfique”, lâchait-elle dans son “BBcédaire”.Quant à Jacques Chirac, “c’est le roi des menteurs” qui “fait la course” avec Nicolas Sarkozy, avait-elle assuré dans une interview à France 2.Dans une lettre ouverte, elle fustigeait encore l'”inutilité”, la “lâcheté” et le “mépris des Français” d’Emmanuel Macron.”Je juge les politiques à l’aune de ce qu’ils proposent pour la cause animale. C’est aussi simple que ça”, disait-elle au Monde en 2017. “J’ai eu un espoir insensé quand le Front national a fait des propositions concrètes pour réduire la souffrance animale. Mais j’ai aussi sollicité (le chef de file de La France insoumise) Mélenchon (…) Si demain un communiste reprend les propositions de ma fondation, j’applaudis et je vote”, assurait-elle.La cause animale a souvent figuré dans les programmes électoraux en France, parmi les pays d’Europe qui comptent le plus d’animaux de compagnie, rappelait le politologue Sylvain Crépon. Mais, selon lui, Brigitte Bardot avait “une sémantique beaucoup plus proche du FN”.