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Les plaintes s’accumulent en France dans le dossier des laits infantiles

L’affaire des laits infantiles, déjà à l’origine de deux enquêtes ouvertes en France après la mort de deux nourrissons, connaît jeudi un nouvel épisode judiciaire avec la plainte déposée à Paris par l’association Foodwatch et huit familles qui accusent les industriels et le gouvernement de ne pas avoir agi à temps.A un mois, Adam, nourri au lait Guigoz, s’est retrouvé plusieurs semaines en réanimation, après des crises de diarrhées et vomissements. Amani, cinq mois, a été pris de vomissements et maux de ventre pendant quatre jours, jusqu’à ce qu’il arrête de boire son Babybio. Fièvres répétées et problèmes de digestion ont alerté le personnel de crèche et les parents d’un bébé de quatre mois nourri au Picot 1er âge…”Certains parents ont vraiment cru que leur enfant allait mourir”, a raconté Ingrid Kragl, directrice de l’information de Foodwatch, lors d’une conférence de presse.Huit familles – représentant neuf bébés – se sont jointes à cette plainte de l’association, consultée par l’AFP, et font le lien entre les maux de leurs nourrissons et le lait concerné par des rappels de lots potentiellement contaminés par la toxine céréulide.”Les faits sont particulièrement graves puisque ces laits contaminés à la toxine céréulide sont souvent destinés à des nourrissons de moins de six mois, parfois des prématurés au système immunitaire d’autant plus vulnérable”, a souligné cette association européenne de consommateurs.”Ils ont été vendus dans le monde entier par des multinationales qui ont commercialisé des produits exposant les bébés à un risque pour leur santé. C’est hors la loi”, poursuit-elle.- Soixantaine de pays -Plusieurs industriels, dont les géants Nestlé (Guigoz, Nidal), Danone (Blédilait, Gallia) et Lactalis (Picot), mais aussi de plus petits acteurs comme Vitagermine (Babybio Optima) et la Marque en Moins ont procédé depuis décembre à des rappels de laits infantiles dans plus d’une soixantaine de pays, dont la France.A Angers et Bordeaux, la justice enquête déjà sur les décès de deux nourrissons ayant consommé un lait infantile rappelé par Nestlé pour cause de “possible contamination” par une substance d’origine bactérienne, sans “lien de causalité” établi pour l’heure, selon les autorités.A Paris, où le tribunal est doté d’un pôle “santé publique”, la plainte contre X vise une série de délits, dont la mise en danger et l’atteinte à l’intégrité physique des nourrissons, la tromperie aggravée ou le manquement aux obligations de sécurité.”(Les) fabricants ne pouvaient ignorer les obligations de sécurité sanitaire qui leur incombent. Nous demandons la plus grande fermeté”, a déclaré l’avocat des familles et de l’association, Me François Lafforgue.La toxine mise en cause, la céréulide, est une substance produite par certaines bactéries et “susceptible d’entraîner principalement des troubles digestifs, tels que des vomissements ou des diarrhées”, indiquait jeudi dernier le ministère de la Santé. Sans faire de lien, “à ce stade”, entre la consommation des laits rappelés et les symptômes.- “Opacité” -Au centre des préoccupations se trouve une huile riche en acide arachidonique (ARA), à l’origine de la présence potentielle de céréulide. Le producteur chinois Cabio Biotech, qui détient des parts de marché importantes au niveau mondial sur ce produit, a été mis en cause par plusieurs fabricants de lait infantile ayant procédé à des rappels, même si un lien de causalité n’a pas formellement été établi à ce stade.Foodwatch reproche notamment aux fabricants de lait d’avoir tardé entre les premières alertes émises en décembre et les rappels.”On veut casser ce cycle d’opacité et d’impunité, en le dénonçant haut et fort, et en comptant sur le fait que la justice fasse son travail”, a déclaré la directrice générale de Foodwatch, Karine Jacquemard.L’association estime que les parents n’ont pas été suffisamment informés, souvent trop tard et de façon confuse et met en cause les autorités dans la plainte pour avoir tardé à agir et pour des carences dans les contrôles.Le gouvernement a lui défendu son action en affirmant que les procédures avaient été “très très bien respectées” et que tous les lots concernés ont “été retirés”.Mercredi, le tribunal administratif de Paris avait rejeté le recours déposé par une association de défense de la santé des enfants pour “carence grave de l’Etat dans la gestion du scandale sanitaire des laits infantiles contaminés”.

Immigration: Glucksmann prône le “contrôle” mais réfute toute “submersion”

L’eurodéputé Place publique Raphaël Glucksmann a réfuté jeudi toute “submersion” de la France par l’immigration mais prôné “la maîtrise”, le “contrôle” de l’immigration clandestine estimant qu'”il n’y a pas de ras-le-bol” de l’immigration économique, étudiante ou de l’asile politique.”Il y a un ras-le-bol face à l’absence de contrôle, il y a un ras-le-bol face à ces situations de totale opacité concernant l’immigration clandestine, il y a un ras-le-bol face à la non application des OQTF” (Obligation de quitter le territoire français), a assuré sur franceinfo celui qui pourrait se lancer dans la présidentielle en 2027. “Mais il n’y a pas de ras-le-bol face à ces travailleurs qui viennent chez nous et qui travaillent pour la société française, il n’y a pas de ras-le-bol face au fait que nous sommes un pays qui rayonne et qui doit attirer des étudiants”, a-t-il complété. Il a également évoqué “les titres de séjours qui sont donnés au titre du droit d’asile pour les Ukrainiens, première nationalité, les ressortissants de la République démocratique du Congo ou d’Afghanistan”. “Est-ce qu’on veut fermer complètement notre pays aux femmes afghanes? Non”, a-t-il ajouté. “Quand on rentre dans le détail, il n’y a pas de submersion comme je l’entends partout”, a encore insisté Raphaël Glucksmann. Le gouvernement a annoncé mercredi son intention de “renforcer la sélectivité des étudiants” étrangers accueillis en France et, à l’inverse, de réfléchir sur “les filières économiques prioritaires” en matière d’immigration. Les chiffres de l’immigration en 2025 ont été publiés mardi et montrent qu’il a été délivré plus de titres de séjour et moins de régularisations. La France a également enregistré une petite baisse des demandes d’asile. Dans un débat politique toujours plus polarisé sur ce thème en vue de la présidentielle, Raphaël Glucksmann a défendu notamment l'”immigration de travail” dans “des secteurs entiers qui en ont besoin”, mais avec la volonté de “contrôler qui vient sur notre territoire et faire en sorte que nos lois soient appliquées”. Il faut “proposer aux pays de provenance un contrat où on facilite les migrations pendulaires, c’est-à-dire que les gens viennent travailler et peuvent repartir chez eux de manière digne, pas en risquant leur peau dans la Méditerranée”, a-t-il encore plaidé, moyennant “en échange” des laissez-passer consulaires de la part des pays de provenance. 

Fin de vie: le Sénat rejette la loi sur l’aide à mourir, bientôt de retour à l’Assemblée

Après des débats chaotiques sur la fin de vie, le Sénat a rejeté mercredi une proposition de loi sur l’aide à mourir déjà vidée de sa substance par les opposants à cette réforme sociétale majeure soutenue par l’exécutif. Les députés s’apprêtent à reprendre la main.Le texte du député Olivier Falorni, qui avait recueilli une majorité claire à l’Assemblée nationale au printemps 2025, va retourner au palais Bourbon en deuxième lecture dès le 16 février. C’est un retour à la case départ, ou presque: suite au rejet du texte par le Sénat, les députés seront saisis de leur propre version adoptée il y a près d’un an. Ils pourront y apporter des modifications s’ils le souhaitent.Promesse présidentielle du second quinquennat d’Emmanuel Macron, la proposition de loi prévoit la création d’un dispositif encadré de suicide assisté et d’euthanasie, même si ces deux termes, dont la connotation est jugée négativement, n’y sont pas mentionnés noir sur blanc.- “Sabordage collectif” -Le débat sur la fin de vie, qui se voulait apaisé et serein, a finalement tourné au vinaigre au Sénat. L’aile la plus conservatrice de la droite et des centristes, incarnée notamment par le patron des Républicains Bruno Retailleau, s’est très largement mobilisée lors de la discussion de ce texte pour en supprimer certaines mesures phares.Résultat: la proposition de loi a été totalement vidée de sa substance. Un “texte fantôme”, “caricatural”, “un puzzle sans modèle” voire “une forme de sabordage collectif”, selon plusieurs sénateurs. Au final, ce texte sans cohérence a été rejeté dans sa globalité au Sénat, par la combinaison des voix de la gauche, qui militait pour un retour au texte voté à l’Assemblée nationale, et d’une part non-négligeable d’élus centristes et LR, très insatisfaits par l’issue des débats. Seulement 122 sénateurs ont voté pour, contre 181 oppositions.Certains ont notamment redouté que ce texte ainsi modifié, s’il avait été adopté, vienne affaiblir la loi Claeys-Léonetti actuellement en vigueur, qui autorise notamment la “sédation profonde et continue jusqu’au décès” pour certains patients en fin de vie. “Rejeter le texte, c’est finalement n’offrir qu’un silence en réponse aux travaux de l’Assemblée”, a regretté la sénatrice Les Républicains Frédérique Puissat, pour qui la rédaction du Sénat offrait “une piste équilibrée”.De nombreux sénateurs ont au contraire fait part de leur malaise face à cette copie sans ossature. “Ce que nous avons vécu ici ressemble à une forme d’abandon démocratique, abandon du débat, abandon de la nuance. Nous avons collectivement échoué”, a regretté le sénateur Renaissance Xavier Iacovelli.- Dernier mot aux députés ? -Les dissensions qui traversent le Sénat sur cette réforme risquent en tout cas de mettre la chambre haute hors-jeu dans ce débat sociétal d’importance, car le gouvernement pourra donner la décision finale aux députés en cas de désaccord persistant.”Le principe constitutionnel, c’est le dernier mot à l’Assemblée”, a prévenu mercredi sur Public Sénat le ministre des Relations avec le Parlement, Laurent Panifous. La présidente de l’Assemblée nationale, Yaël Braun-Pivet, s’est elle dite convaincue que le texte pourrait y être adopté définitivement “avant l’été”.Les associations et collectifs mobilisés sur le sujet ont eu des analyses opposées après ce vote du Sénat. Les plus favorables à l’aide à mourir, comme l’Association pour le droit de mourir dans la dignité (ADMD), ont fustigé “l’incapacité du Sénat à se montrer à la hauteur du débat”. Alors que les opposants, comme la Société française d’accompagnement et de soins palliatifs (SFAP) ont appelé le gouvernement à “entendre le signal du Sénat”.Si cette réforme aboutissait, la France rejoindrait d’autres pays ayant légiféré sur la question, comme les Pays-Bas, la Belgique, la Suisse, le Canada.Emmanuel Macron a aussi envisagé un référendum sur le sujet si les blocages persistaient. Une option qui semble avoir été atténuée à ce stade par la porte-parole du gouvernement Maud Bregeon, car il n’y a pas “d’enlisement parlementaire” selon elle.Un autre texte sur les soins palliatifs, passé au second plan mais examiné en parallèle et adopté très largement au Sénat, pourrait lui faire l’objet d’un accord entre les deux chambres du Parlement, au vu de son caractère bien plus consensuel. Il prévoit notamment l’instauration d’une stratégie nationale de déploiement de ces soins, ainsi que la création de “maisons d’accompagnement et de soins palliatifs” dans les territoires.

Au procès en appel du RN, les mauvais comptes du trésorier de Saint-Just

Trésorier du Front national de 2009 à 2021, Wallerand de Saint-Just s’est péniblement défendu mercredi devant la cour d’appel de Paris, niant avoir chapeauté un système de détournement de fonds du Parlement européen pour alléger les charges du parti d’extrême droite.À la barre, l’avocat retraité de 75 ans, costume sombre et cravate rouge, se présente comme prenant ses fonctions de trésorier bénévole en 2009 en étant animé du seul souci, par un méticuleux jeu d’économies et de recettes, de maintenir financièrement à flot le FN, laminé dans les urnes en 2007.C’est dans ce contexte, explique-t-il, qu’il dresse un tableau où se trouvent réparties entre les catégories “Europe”, “Siège” et “Equipe Marine”, des salariés théoriquement rattachés au Parlement européen.”Je fais ce tableau car je vois notamment au Paquebot (le siège d’alors du parti à Saint-Cloud, dans les Hauts-de-Seine, NDLR) un certain nombre de personnes qui ne sont pas salariées du RN, je fais ce tableau pour savoir ce qu’ils font, où se trouve leur bureau et par qui ils sont payés”, se justifie-t-il.”C’est curieux cette mention +payés autrement+”, tique la présidente Michèle Agi.En première instance, le tribunal correctionnel de Paris a estimé que Wallerand de Saint-Just était parfaitement informé des “transferts de charges” entre le FN et le Parlement européen, qu’il a “incité” et dont il a “assuré le suivi”. Il l’a condamné en conséquence à trois ans de prison, dont deux avec sursis.Il est reproché à Marine Le Pen, au Rassemblement national (alors appelé Front national) et à dix autres cadres le paiement entre 2004 et 2016 de salariés du parti, qui traversait alors des difficultés financières en raison de mauvais résultats électoraux, avec de l’argent du Parlement européen.Sur les 25 condamnés en première instance l’année dernière, seule la moitié a fait appel.- “Marine sait tout cela” -Après un début d’interrogatoire ronronnant, la difficulté monte d’un cran pour Wallerand de Saint-Just lorsque la cour commence à aborder les cas individuels. Bien vite, il se trouve acculé sur le contrat de Charles Hourcade. Employé par le FN, ce graphiste a subitement basculé pendant six mois sur un contrat d’assistant parlementaire, de septembre 2014 à février 2015, avant de redevenir officiellement graphiste salarié du parti. Condamné à six mois avec sursis en première instance pour ces faits, l’intéressé n’a pas fait appel.”Je ne peux pas imaginer que (l’eurodéputée) Marie-Christine Boutonnet ne va pas lui donner du travail. Pour moi, c’est inimaginable. Quand je lui parle, pour moi, son travail va changer”, assure à la barre, embarrassé, M. de Saint-Just.”Ce n’est pas la même chose que de travailler comme assistant parlementaire que comme graphiste”, lui objecte la présidente.Son inconfort empire quand est abordé un courriel que lui adresse en juin 2014 l’eurodéputé Jean-Luc Schaffhauser au sujet de l’embauche d’assistants parlementaires, un élément accablant de l’accusation au cours de l’instruction et du premier procès.Dans ce message, M. Schaffhauser s’inquiète auprès du trésorier: “Ce que Marine nous demande équivaut qu’on signe pour des emplois fictifs”. “Je crois bien que Marine sait tout cela”, lui répond M. de Saint-Just.”Ça me paraît tellement en dehors de la réalité que je me borne à l’envoyer sur les roses”, jure Wallerand de Saint-Just, affirmant mordicus aux juges ne pas “imaginer un instant que (Marine Le Pen) puisse commettre une infraction”.Cette journée marque la fin de la séquence des interrogatoires des prévenus dans ce procès à hauts enjeux politiques, dans lequel Marine Le Pen joue sa candidature à la présidentielle de 2027.À la reprise lundi après-midi, la cour examinera la personnalité des prévenus avant d’entendre mardi les très attendues réquisitions du parquet général.

Quatre ans de prison pour Joël Guerriau pour soumission chimique sur Sandrine Josso

Un cas retentissant de soumission chimique: le tribunal correctionnel de Paris a condamné mardi soir à quatre ans de prison, dont 18 mois ferme, l’ex-sénateur Joël Guerriau, reconnu coupable d’avoir drogué en 2023 la députée Sandrine Josso en vue de la violer.Au terme de plus de quatre heures de délibéré, le tribunal a considéré que l’ancien élu centriste, qui plaidait l’accident, avait bien intentionnellement drogué à la MDMA une amie députée, Sandrine Josso, lors d’un dîner en tête-à-tête le 14 novembre 2023 à son domicile parisien.De même, l’intention sexuelle du prévenu, que celui-ci dément fermement, “se déduit” notamment des “conditions intimistes de la soirée”, des “déclarations constantes de la plaignante” et de “l’insistance” du sénateur à lui faire boire la flûte de champagne qu’il avait préparée contenant de la MDMA diluée.Il a été condamné en conséquence à 30 mois de prison avec sursis probatoire pendant deux ans, comprenant notamment une obligation de soins, et 18 mois ferme.Pour la partie ferme, le tribunal a décerné à l’encontre de l’ex-élu Horizons de 68 ans un mandat de dépôt à effet différé, mais sans exécution provisoire. Celui-ci sera donc suspendu par l’appel du sénateur, que son avocat Henri Carpentier a annoncé à la presse après l’audience.Devant les caméras, Sandrine Josso a exprimé son “immense soulagement” de voir sa qualité de victime reconnue sur toute la ligne par la juridiction.À l’encontre de celui qui avait été l’un des représentants de la Loire-Atlantique au Sénat de 2011 à 2025, charge dont il a démissionné en octobre 2025, le parquet avait requis dans l’après-midi quatre ans de prison, dont trois ferme, estimant que son geste était “préparé, prémédité”.”Je suis totalement écrasé par ce que le procureur a pu dire et ses conclusions. Je n’ai jamais eu l’intention de commettre une agression ou de faire du mal à Mme Josso”, a réagi Joël Guerriau, visiblement abattu, lors de son ultime passage à la barre avant que le tribunal ne se retire pour délibérer.Les deux jours d’audience ont donné lieu à l’affrontement dans le prétoire de lectures opposées de ce huis-clos vespéral survenu dans le pied-à-terre de Joël Guerriau, à deux pas du Sénat.”Je suis allée voir un ami, je suis allée le cœur léger fêter sa réélection. Au fur et à mesure de la soirée, j’ai découvert un agresseur, en fait”, a résumé lundi d’une voix faible à la barre Sandrine Josso, 50 ans, qui s’est dite meurtrie psychologiquement et physiquement par cette soirée.- “Un imbécile” -Invitée par Joël Guerriau, un ami de dix ans de sa famille politique, la députée Modem avait débarqué vers 20H00 dans son petit triplex de la rue Monsieur Le Prince, profitant d’une pause entre deux séances à l’Assemblée nationale. Là elle avait découvert avec surprise son hôte en jogging et qu’elle était la seule invitée.A mots pesés, la parlementaire a refait devant le tribunal le fil de la soirée: il lui demande si elle souhaite du champagne blanc ou rosé, elle choisit le blanc. Il prépare les verres sur le comptoir de sa kitchenette, les sert. En bouche, le champagne s’avère “sucré”, “comme un peu gluant”.”J’ai pensé que c’était peut-être un mauvais champagne. Là, il a insisté pour qu’on trinque à nouveau. Je trouvais ça étonnant. Et puis il allait vers le variateur (de lumière). Et puis après, il mettait fort l’intensité, puis il baissait. Il revenait s’asseoir. Il disait +Mais tu bois rien+”, a raconté Sandrine Josso.Au bout d’une vingtaine de minutes, la députée commence à se sentir mal: palpitations cardiaques, bouffées de chaleur ou de froid, nausées, tremblements… La panique la gagne totalement lorsqu’elle le voit manipuler, à la cuisine, un sachet transparent à côté de sa coupe de champagne.Prétextant devoir retourner à l’Assemblée, elle commande un taxi, récupérée au palais Bourbon par des collègues, en grande détresse, parlant ou se tenant difficilement debout, se croyant mourir.Transportée à l’hôpital, les analyses toxicologiques relèvent une forte intoxication de son corps à l’ecstasy, très nettement supérieure à une prise récréative. Associée à l’alcool, la MDMA peut provoquer des trous de mémoire.Interrogé durant trois heures lundi par le tribunal, Joël Guerriau a justifié par une rocambolesque inadvertance l’intoxication par une MDMA pure à 91,1% de son amie “Sandrine” – qui le nomme, elle, “M. Guerriau”.Selon sa version, il aurait servi par erreur à son invitée la poudre euphorisante qu’il s’était destiné dans le contexte d’un épisode dépressif.”Bref, je suis un imbécile”, a-t-il conclu… allant même jusqu’à saluer l’engagement politique de Sandrine Josso contre le fléau de la soumission chimique.

Gabriel Attal: chez Renaissance, combien de divisions ?

Chez Renaissance, Gabriel Attal contrôle les instances et le groupe de députés. Il entend en faire “un vrai parti” et dispose de moyens importants pour préparer l’élection présidentielle. Mais sa stratégie ne fait pas l’unanimité, certains ténors critiquant une démarche “personnelle”.Renaissance organisait mardi soir la “Nuit de la Nouvelle République” au Palais Brongniart à Paris. Une soirée de débats dont la teneur tranchait quelque peu avec leurs intitulés iconoclastes (“Faut-il tout péter pour refonder la France ?”, “Ecologie, économie, autorité: tout est foutu ?”).Avec des invités de marque, de Patrick Martin (Medef) et Amir Reza-Tofighi (CPME) à Marylise Léon, ou encore Alain Finkielkraut, un peu bougon de devoir répondre à une question posée par l’animateur de la soirée, une intelligence artificielle baptisée “Nuit”, qui ne s’est pas formalisée des remontrances de l’académicien.”Ce n’est pas un meeting politique”, a expliqué en ouverture Gabriel Attal. Car “dans la période d’affrontements, de doute que traverse notre pays, je veux y voir une forme de parenthèse, loin du tumulte de la vie politique” car “notre pays a besoin d’apaisement”.Peu de membres de Renaissance ont pris la parole. Car l’évènement n’était “pas axé autour d’une personnalité ou d’un parti”, avait fait valoir l’entourage de M. Attal.”Nouvelle République” ? Si le changement de nom n’est pas encore officiel -renvoyé à l’après-municipales-, l’appellation s’affiche déjà au fronton du siège du parti. Cette démarche, l’ancien Premier ministre l’a lancée en septembre à Arras. Lors de cette rentrée du parti, un certain nombre de ténors avaient séché son discours, invoquant malicieusement les Journées du patrimoine, en réalité pour protester contre la tonalité trop émancipée de leur secrétaire général vis-à-vis d’Emmanuel Macron.Parmi eux, Élisabeth Borne, qui a remis une pièce lundi, expliquant qu’elle ne se rendrait pas au Palais Brongniart.”On peut avoir en tête l’échéance présidentielle mais il ne faut pas perdre de vue qu’il y a avant une échéance municipale. Et je crois que c’est important que notre parti, y compris son secrétaire général, s’implique”, a-t-elle lancé, ajoutant qu’un parti devait être “un collectif” et non “un outil d’une communication personnelle”.”Je suis secrétaire général de ce parti. Les militants m’ont élu pour ça, et mon objectif c’est d’en faire un véritable parti, de tout refonder. (…) Pour le reste il y a toujours des commentaires”, a rétorqué Gabriel Attal mardi sur RMC et BFMTV.- “Un après-municipales” -“La politique, c’est une incarnation et des idées. Et Gabriel, depuis un an, il apporte l’incarnation qu’on avait avec le président et qu’on n’avait plus depuis. Et le parti n’a jamais autant travaillé”, défend une dirigeante.M. Attal et ses équipes mettent régulièrement en avant les nombreuses conventions thématiques organisées depuis un an. D’abord sur les questions régaliennes, un “angle mort de ce qu’a été le macronisme”, mais aussi sur l’écologie, l’économie ou encore les retraites.D’autres conventions, sur la santé et l’éducation, livreront leurs conclusions dans les prochaines semaines, qui devraient également voir M. Attal dévoiler des propositions sur les institutions.Le patron de Renaissance a également porté l’interdiction des réseaux sociaux aux moins de 15 ans, votée lundi à l’Assemblée, sur fond de concurrence avec l’Élysée.”Attal doit montrer ce qu’il veut incarner lui, et ses thèmes. Et ensuite, au niveau du parti, recréer une dynamique sur les propositions, comme il l’a fait sur les retraites”, souligne une députée.Faudra-t-il déjà réussir les élections municipales ? Un autre sujet de critiques. “On n’existe nulle part”, fulmine une figure du parti, regrettant l’absence de candidat estampillé Renaissance dans la plupart des plus grandes villes.”La stratégie de 2020 consistant à planter le drapeau partout nous a conduit à ne pas avoir d’élu à Paris, Lyon, Marseille, qui étaient quand même des bastions”, rétorque un proche de M. Attal, qui vante la stratégie “d’implantation locale” retenue pour 2026.Gabriel Attal peaufine sa candidature présidentielle. Sans pour l’heure se déclarer: le projet avant tout. Mais “il y aura un après-municipales”, pronostique un député. “Si c’est le parti d’Attal et de personne d’autre, il y aura un moment de clarification… Sauf s’il s’impose dans les sondages”.

L’Assemblée adopte le budget de l’Etat, qui va être transmis au Sénat

L’Assemblée nationale a de nouveau repoussé mardi deux motions de censure déposées contre le gouvernement de Sébastien Lecornu, permettant l’adoption en nouvelle lecture du budget de l’Etat pour 2026, qui après un bref passage au Sénat devrait être adopté définitivement en début de semaine prochaine.Le débat a été l’occasion pour le Premier ministre, disant engager sa responsabilité “devant l’Histoire”, de défendre un budget de “sursaut”, qui permettra d’augmenter les crédits de la défense de 6,5 milliards d’euros – occasion aussi pour lui de distribuer quelques coups de griffe et d’inviter à regarder “plus loin” que 2026.La motion de censure commune des groupes Insoumis, écologiste et GDR (communistes et ultra-marins) a été approuvée par 267 députés, alors que 289 voix étaient nécessaires pour faire tomber le gouvernement.Celle du RN et de son allié le groupe ciottiste UDR a recueilli seulement 140 voix.Les uns et les autres ont une nouvelle fois dénoncé sur le plan de la méthode le choix du Premier ministre de recourir à l’article 49 alinéa 3 de la Constitution, qui permet de faire passer un texte sans vote, en rupture avec la promesse faite en octobre devant le Parlement d’y renoncer.Sur le fond, l’oratrice écologiste Christine Arrighi a fustigé un budget qui relègue l’écologie “au tout dernier rang”, pointant notamment l'”effondrement” du budget alloué au Fonds vert: dédié à accompagner localement la transition écologique, celui-ci a, selon elle, vu ses crédits fondre de 2,5 milliards d’euros en 2024 à 850 millions d’euros en 2026.Pour le RN, Jean-Philippe Tanguy a critiqué un budget qui va alourdir les impôts “d’au moins 9 milliards d’euros”, tout en creusant la dette.Comme déjà vendredi, le PS et LR ont refusé de s’associer à ces motions, au nom de la “stabilité” et de la nécessité de doter la France d’un budget.- Impôts et économies “imaginaires” -Le député LR Corentin Le Fur, saluant l'”humilité” et l'”écoute” de Sébastien Lecornu durant les débats, n’a cependant pas manqué d’égratigner un budget qui reste “largement imparfait”, dans la mesure où il évite de s’attaquer suffisamment “au chantier fondamental de la réduction de notre dépense publique”.Prenant la parole après tous les orateurs, le Premier ministre a répondu sur un ton particulièrement offensif.S’en prenant à tous ceux, à droite comme à gauche, qui “parlent d’un autre budget, mais sans jamais dire lequel”, et font surgir des impôts ou des économies “imaginaires”, l’ancien élu de la chambre haute n’a pas épargné la droite sénatoriale, qui se prétend “plus rigoureuse”, mais in fine a voté “un budget à 5,3% de déficit”. “Pour la première fois depuis longtemps, les chiffres disent une chose claire: la dépense ralentit réellement”, a-t-il défendu, tout en affirmant la nécessité dans le futur de mener des “réformes de structures profondes” et de recentrer l’Etat sur “l’essentiel”.Invitant à “regard(er) plus loin”, il a souhaité que les crédits militaires puissent atteindre “des niveaux proches de 90 à 100 milliards d’euros par an”, contre 57 en 2026, alors que “nous changeons de monde”.Le Sénat, qui examinera le texte jeudi, devrait le rejeter d’emblée, permettant son retour rapide à l’Assemblée pour une lecture définitive.Le Premier ministre pourrait ainsi engager la responsabilité de son gouvernement une troisième fois dès vendredi, s’exposant à deux dernières motions de censure, qui pourraient être rejetées le 2 ou le 3 février, fermant quatre mois de débats parlementaires sur le budget.

L’Assemblée adopte l’interdiction des réseaux sociaux aux moins de 15 ans

La France bientôt pionnière en Europe? Les députés ont adopté dans la nuit de lundi à mardi une proposition de loi interdisant les réseaux sociaux aux moins de 15 ans, une mesure visant à protéger la santé des adolescents, soutenue de tout leur poids par le gouvernement et Emmanuel Macron.La proposition de loi Renaissance devra maintenant être examinée au Sénat, et ce “dans les semaines à venir” a promis la ministre du Numérique Anne Le Hénanff. Le président de la République, attaché à cette réforme qui marquerait son second quinquennat, a salué “une étape majeure”. “Parce que le cerveau de nos enfants n’est pas à vendre. Ni aux plateformes américaines, ni aux réseaux chinois”, a-t-il ajouté sur X. S’il est adopté définitivement, la France deviendrait le deuxième pays à se doter d’une législation aussi restrictive pour les mineurs, après l’Australie qui a interdit les réseaux sociaux aux moins de 16 ans début décembre.Le gouvernement souhaite aller vite, avec une interdiction mise en œuvre dès la rentrée 2026 pour les nouveaux comptes, et une vérification d’âge efficace pour tous les utilisateurs (y compris les comptes déjà existants) d’ici le 1er janvier 2027, a précisé Mme Le Hénanff.Le texte, porté par la députée Laure Miller, prévoit que “l’accès à un service de réseau social en ligne fourni par une plateforme en ligne est interdit aux mineurs de quinze ans”.Il exclut de l’interdiction certaines plateformes éducatives. “Les messageries privées interpersonnelles” comme WhatsApp ne sont pas non plus concernées, a indiqué Mme Miller.La proposition de loi a été adoptée par 130 voix contre 21, avec notamment le soutien du camp gouvernemental, de l’alliance RN-UDR, et de la majorité des socialistes. Seuls les insoumis et deux députés du groupe écologiste ont voté contre.Durant les débats, le député LFI Arnaud Saint-Martin a dénoncé “une forme de paternalisme numérique” et une réponse “simpliste”.- Santé mentale -Les débats se sont par moments déroulés au pas de course, et des votes à quelques voix près ont parfois créé la surprise. Plusieurs amendements visant à contraindre les plateformes de réseaux sociaux, combattus par la rapporteure et la ministre car contrevenant selon elles au droit européen, ont été adoptés. Il y aura “encore de multiples occasions de réajuster le texte”, a toutefois voulu rassurer l’entourage de Mme Miller, dans une déclaration à l’AFP.Le texte entendait aussi étendre l’interdiction des téléphones portables aux lycées, comme c’est déjà le cas dans les écoles et les collèges. Les députés ont adopté une réécriture de cette mesure, prévoyant désormais que le réglement intérieur des lycées précise “les lieux et les conditions d’utilisation” des téléphones portables. A défaut, cette utilisation est “interdite pendant les cours” et “dans les couloirs, mais autorisée dans une zone définie de la cour”, prévoit l’amendement.Les réseaux comme TikTok, Snapchat ou encore Instagram, devenus omniprésents dans la vie des adolescents, nuisent gravement à leur santé mentale, a alerté au début du mois l’Agence nationale de sécurité sanitaire (Anses).Les risques listés sont nombreux, entre cyberharcèlement, comparaison permanente ou exposition à des contenus violents. Également pointés: les systèmes de captation de l’attention, au détriment du sommeil.L’ex-Premier ministre et chef des députés Renaissance Gabriel Attal s’est félicité d’une mesure “décisive pour la protection de nos jeunes”, rappelant qu’elle semblait “impossible” il y encore “quelques mois”. – Sanctions -La principale difficulté du texte réside dans l’obligation de conformité avec le droit européen – plus précisément avec son règlement sur les services numériques (DSA). Objectif: ne pas subir le même sort qu’une loi de 2023 instaurant une majorité numérique à 15 ans mais n’ayant jamais pu être appliquée.Depuis cet été, la publication par la Commission européenne de nouvelles lignes directrices a permis d’ouvrir la voie à une régulation, dans le droit national, de l’accès aux réseaux sociaux sous un certain âge.”Les plateformes ne respectant pas l’interdiction (…) seront passibles de sanctions pouvant s’élever jusqu’à 6% de leur chiffre d’affaires”, a déclaré Laure Miller.Pour que l’interdiction devienne une réalité, un système de vérification d’âge efficace devra être mis en place. Des travaux sont en cours au niveau européen.Un “tiers de confiance”, qui ne serait “ni l’État ni les plateformes de réseaux sociaux” pourrait procéder soit par reconnaissance faciale, soit par téléchargement de documents d’identité, a avancé lundi Gabriel Attal. Plusieurs députés ont toutefois estimé que des contournements par les mineurs seraient inévitables. “Mais est ce une raison pour renoncer?”, leur a lancé la rapporteure Laure Miller.

Municipales à Paris: Dati promet de “rafraîchir” et “apaiser” la capitale

Rachida Dati, candidate de droite à la mairie de Paris, a dévoilé mardi son programme pour l’écologie qui ambitionne de “rafraîchir” et d'”apaiser” la capitale avec une végétalisation “systématique”, et de faire de la rénovation du bâti le “chantier du siècle”.Critiquant “l’écologie de communication” de la majorité sortante d’Anne Hidalgo, elle veut mettre l’arbre “au centre” d’une “politique de végétalisation systématique”, en promettant de n’abattre “aucun des 200.000 arbres de Paris et 300.000 des bois, sauf exception motivée”.”Beaucoup d’arbres sont morts et ont été abattus par la politique des chantiers permanents” de l’actuelle équipe municipale, regrette la candidate des LR et du MoDem dans un entretien au Parisien.Si elle est élue en mars, Rachida Dati créera “500 nouvelles bandes végétalisées” en privilégiant la “plantation en pleine terre plutôt que des installations d’affichage”.La capitale compte actuellement 4.530 surfaces végétalisées sur la voie publique, essentiellement sur des places de stationnement supprimées, soit un doublement depuis 2020, selon la mairie.La ministre de la Culture et maire du 7e arrondissement espère “gagner 3 degrés dans les rues” en “débitumant” Paris pour en faire une “ville éponge”, à l’instar de ce que prévoit le “plan pluie” adopté cet été en Conseil de Paris.L’avenue de la Grande Armée (ouest) sera “largement végétalisée et débitumée” avec des pavés filtrants pour laisser passer l’eau, détaille le dossier de presse. La place de la République (est), aujourd’hui “entièrement bitumée”, “devra être remise en chantier” et végétalisée par endroits, ajoute Rachida Dati qui voit dans le réaménagement de ce site “le symbole de l’échec de la majorité sortante”.Elle s’engage à faire de la rénovation thermique du bâti le “chantier du siècle parisien”, avec une exonération de la taxe foncière pendant cinq ans des logements qui sont sortis des étiquettes G ou F. Cela répond à une demande régulièrement défendue par des associations de propriétaires et certains professionnels immobiliers.La candidate promet aussi de rénover 10.000 logements sociaux par an – le double de l’objectif que s’est fixé la ville – en raccordant le quart des résidences aux réseaux urbains de froid et de chaleur.Elle entend réduire “la moitié des nuisances sonores” d’ici 2032, avec un “permis à points” pour les terrasses, pour atteindre “un équilibre entre le Paris festif et le droit au sommeil”. Pour “apaiser la circulation”, des revêtements phoniques seront posés sur les artères les plus fréquentées, y compris le boulevard périphérique.Une étude sur le passage à 50 km/h sur cette autoroute urbaine sera par ailleurs lancée pour évaluer ses effets sur la pollution.  Rachida Dati souhaite encourager les modes de déplacement à faible empreinte écologique, avec des aides à l’achat de véhicules électriques, et préserver la place du vélo en “renforçant et sécurisant les pistes cyclables sur les axes sous-dotés, comme l’axe nord-sud”. 

Au procès du RN, le travail inconditionnel de Catherine Griset “pour Marine Le Pen”

“Je travaillais pour Marine Le Pen, pas pour un parti”: Catherine Griset a soutenu mardi devant la cour d’appel de Paris n’avoir jamais été qu’au service de la leader d’extrême droite lorsque celle-ci était eurodéputée… mais aussi, malgré tout, patronne du RN.En 1995, dans l’un de ses “albums”, le mouvement de jeunesse du Front national, le FNJ, consacre un encadré à “Catherine” titré “Je bosse grâce à Le Pen”: “Mes camarades (du FNJ) m’ont trouvé un poste de secrétaire chez un avocat proche du Front”, témoigne la brune de 23 ans à côté de son portrait en gros plan.Son employeur était en fait la fille du président du FN, une robe noire nommée Marine Le Pen, rencontrée trois ans plus tôt. Depuis, les deux ont toujours lié leur destin amical, professionnel et même familial – Mme Griset fut la compagne du frère du second mari de sa patronne, les deux se sont depuis séparées.Est-ce l’intensité d’une telle proximité qui a conduit Catherine Griset à ne pas s’embarrasser de séparer la personne de ses fonctions ?Au neuvième jour du procès en appel du RN, celle qui est elle-même devenue eurodéputée RN, en convient: elle a pu, à hauteur de “20%”, travailler pour Marine Le Pen présidente du FN lorsqu’elle était officiellement à 100% au service de Le Pen Marine députée européenne et, à ce titre, payée par des enveloppes du Parlement de Strasbourg.Là réside l’accusation de détournement de fonds pour laquelle les deux, ainsi que le parti et neuf autres cadres sont poursuivis.En première instance, Catherine Griset avait notamment été condamnée à un an d’emprisonnement avec sursis.- “C’est bien le problème” -A la barre, l’assistante s’attarde sur son travail, tenue de l’agenda et organisation de déplacements. “On ne peut pas dire que tout le travail de Marine Le Pen se résumait à son activité de députée européenne: à cette époque, elle est cheffe du parti”, fonction dont “on imagine bien qu’elle a dû générer une activité importante”, lui fait observer la présidente de la cour d’appel, Michèle Agi.D’autant, appuie la magistrate, qu’elle apparaît dans un organigramme – public – du parti FN comme “l’assistante de Marine Le Pen”, sous-entendu la présidente de la formation – le même document mentionne au passage un “assistant parlementaire” de l’eurodéputée Le Pen. “Ça ne m’a pas choquée parce que je travaillais pour Marine Le Pen”, élude Catherine Griset. “C’est bien le problème: vous travailliez pour Marine Le Pen mais ça n’est plus elle qui vous embauche: c’est le Parlement européen qui vous paie”, la coupe la présidente. Catherine Griset, sans vaciller: “Moi, mon travail, je l’ai fait, je l’ai bien fait. J’étais la seule à gérer l’agenda”. “Donc, forcément, vous gérez aussi l’agenda de Marine Le Pen présidente du parti”, enfonce la magistrate.Catherine Griset, en reprenant à la volée: “Vous avez raison. C’est la partie où j’ai travaillé pour elle en tant que présidente”.- “Un militant politique” -Le demi-aveu passé, l’interrogatoire se resserre. Car la prévenue n’a pas respecté son obligation de résidence à Bruxelles – inhérente à l'”assistante accréditée” qu’elle était, entre décembre 2010 et 2016 -, ce qui ne constitue pas stricto sensu un élément de l’infraction reprochée mais tout de même “un élément dans le débat”, relève la magistrate.Plus ennuyeuse, cette fonction de “cheffe de cabinet” de la présidente du FN à partir de février 2015. “Ça n’a absolument rien changé à mon travail”, jure l’intéressée, “Marine Le Pen n’a plus de chef de cabinet, il faut faire un organigramme, c’est juste honorifique”.Michèle Agi hausse la voix: “Là, je ne vous suis plus du tout: vous disiez que vous pouviez être assistante parlementaire parce qu’il y avait un chef de cabinet (qui s’occupait du reste), et vous dites que lorsque vous le devenez, ça ne change rien!”C’est encore un ton haut dessus que, mardi après-midi, la présidente a rudoyé Guillaume L’Huillier, officiellement l’assistant de Bruno Gollnisch, puis de Marine Le Pen, puis à nouveau de Bruno Gollnisch, tout en étant le directeur de cabinet de Jean-Marie Le Pen.”Moi, je suis un militant politique. Que je fasse mon travail” pour l’un ou l’autre des trois, “c’est pareil: je ne suis pas fonctionnaire européen !”, s’est-il agacé.”Je ne me suis pas posé la question”, insiste-t-il, “à raison”. La présidente, sèchement: “Ça, vous laisserez la cour l’apprécier”.