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Glucksmann propose au PS une alternative à la primaire unitaire

La primaire, c’est sans lui. Mais le dernier score du PS à une élection nationale, c’était avec lui. Conscient de ce dilemme chez les socialistes, Raphaël Glucksmann veut les convaincre d’abandonner la primaire des unitaires pour une “plateforme” résolument sociale-démocrate.Ce week-end, le projet de primaire des “unitaires”, réunis autour d’Olivier Faure (PS), de Marine Tondelier (Ecologistes) et des anciens Insoumis Clémentine Autain (Après) et François Ruffin (Debout) sous le nom “Front populaire 2027”, a pris forme avec un scrutin annoncé pour le 11 octobre.Et les organisateurs continuent de tendre la main aux deux candidats de gauche en tête dans les sondages, qui refusent catégoriquement de participer à ce processus de désignation: Jean-Luc Mélenchon et Raphaël Glucksmann.En vain.Lundi sur BFMTV, le fondateur de Place publique, crédité d’environ 13% des intentions de vote, a redit son refus de participer à un processus qui, selon lui, “est une volonté de ne pas choisir entre les deux pôles qui existent à gauche”: la social-démocratie et la gauche radicale.En retour, il a appelé ses “partenaires socialistes”, avec qui il a fait campagne aux européennes de 2024 pour obtenir 13,8%, à construire une “plateforme commune”.Pas suffisant pour convaincre la direction du parti à la rose.Lors d’une conférence de presse lundi matin, le secrétaire général du PS, Pierre Jouvet, a appelé à construire “un fil de cohérence pour les Français” et estimé qu’en 2027, le PS devait se présenter devant les électeurs avec les mêmes partenaires de gauche – notamment les Ecologistes – que pour les municipales de mars.”A la fin, on a une obligation, c’est d’y aller tous ensemble, sinon nous serons spectateurs de cette élection présidentielle”, a martelé le bras droit d’Olivier Faure alors que les soutiens de la primaire espèrent qu’elle créera une dynamique permettant à son vainqueur de bénéficier du “vote utile” à gauche.”Pour Glucksmann, l’intuition de se passer de la primaire, je peux la comprendre mais il faut qu’il instaure un truc avec les Français”, note de son côté un proche du patron des députés PS, Boris Vallaud, dont l’aile est charnière pour faire ou défaire une majorité au PS.Car le Parti socialiste – et Raphaël Glucksmann en est bien conscient – est divisé sur la question de la participation à la primaire.- “Faure a rien le droit de dire” -Ce week-end, Olivier Faure a rappelé que conformément à ses règles internes, le PS, seul à gauche à avoir dirigé le pays, ne s’engagerait formellement dans le processus de primaire qu’après un vote des militants.”Faure a rien le droit de dire. Il est en plein congrès de l’Unef là”, ironise un ténor Insoumis alors que LFI défend le même raisonnement que Glucksmann sur une opposition claire au premier tour de la présidentielle entre gauche radicale et social-démocratie.Les opposants internes au premier secrétaire, dont le maire de Rouen Nicolas Mayer-Rossignol et la présidente de la région Occitanie Carole Delga, ne sont pas favorables à cette primaire, craignant que le vote des militants unitaires de gauche ne profite pas à un socialiste.Carole Delga, qui a récemment jugé dans Le Point que Raphaël Glucksmann était “prêt pour 2027”, a ainsi réagi samedi en appelant à mettre fin aux “petites tractations d’appareils”.”Le projet est le préalable à toute union crédible, solide et sérieuse. Après viendra le temps de savoir qui le portera dans un large rassemblement”, a-t-elle rappelé.”La primaire n’est pas faite pour que Faure la gagne mais il ne l’a pas compris encore”, tacle, plus direct, un élu socialiste. L’ancien président François Hollande, à qui ses adversaires prêtent des ambitions élyséennes pour 2027, penche également pour une fédération de la gauche réformiste allant du PS à Raphaël Glucksmann, Bernard Cazeneuve et Yannick Jadot.”Ça ressemble beaucoup à ce que François Hollande appelle de ses voeux”, saluait lundi, après la déclaration de Raphaël Glucksmann, un proche du député de Corrèze auprès de l’AFP. 

Face aux “pratiques mafieuses” en Corse, l’Etat s’organise

Face à la vingtaine de bandes criminelles répertoriées en Corse, les autorités administratives et judiciaires ont détaillé un plan de bataille pour contrecarrer l’action de “la pieuvre” dans l’île méditerranéenne.Présentées le 15 novembre lors des manifestations antimafia à Ajaccio et Bastia, “trois initiatives pour lutter contre la criminalité organisée et l’emprise mafieuse” sont désormais “à l’oeuvre”, expliquait la semaine dernière le préfet de Corse, Eric Jalon, lors d’un point presse.Trois “groupes d’évaluation de la criminalité organisée en Corse”, un régional et deux départementaux, ont ainsi été créés pour “mettre autour de la table dans un comité restreint les autorités judiciaires, les autorités administratives et les services de police et de gendarmerie de manière à partager un diagnostic, établir des priorités et coordonner au mieux l’action”, a détaillé le préfet.Un millier d’agents de l’État vont par ailleurs être formés pour “qu’ils puissent déceler tous les endroits où la pieuvre peut s’agripper et le signaler notamment à la coordination pour la sécurité”, a indiqué le préfet, pour qui “en formant la jeunesse, avec les actions initiées par le rectorat” de sensibilisation à la mafia dans les collèges et lycées de l’île et “en formant nos agents, on renforce les défenses immunitaires du corps social”.Enfin, à destination des “entreprises affectées par la criminalité organisée”, notamment par des incendies criminels à répétition, les pouvoirs publics recensent “les outils disponibles (Banque de France, Urssaf, finances publiques,..)” pour les aider “à répondre à leurs difficultés”.- “Action féroce” -“Si on est simplement sur la recherche des auteurs des assassinats, on ne résoudra pas le problème de la mafia”, a assuré à l’AFP le coordonnateur pour la sécurité en Corse, Arnaud Vieules, prônant “une action globale avec des poursuites judiciaires et une action administrative féroce contre les acteurs de la criminalité organisée, dans le respect absolu de la loi mais en ne laissant rien passer”.Le procureur de Bastia, Jean-Philippe Navarre a également précisé à l’AFP mettre en oeuvre avec le préfet de Haute-Corse, Michel Prosic, “une logique de harcèlement des groupes criminels”, en “multipliant les enquêtes” dans “les secteurs sensibles des balades en mer, des travaux publics, de la restauration”, victimes de racket ou d’incendies criminels.”Donc on part des groupes criminels, on identifie leurs intérêts économiques, s’ils veulent investir dans un stade de foot, un club de padel ou la construction d’un supermarché et on va regarder si le terrain est constructible, qui a délivré le permis de construire, est-ce que ça a été fait dans les règles, s’il y a eu un marché public, etc…””On ne va pas trouver à chaque fois quelque chose, mais on a déjà plus de chances de trouver”, relève le magistrat, estimant que “c’est à la justice de faire la démonstration de son efficacité avec des enquêtes plus nombreuses, plus ciblées, en attaquant le produit du crime là où il est, en attaquant les investissements de ces activités criminelles dans l’économie et en rendant plus de réponses pénales, plus vite”.Pour Nicolas Septe, procureur d’Ajaccio, 2025 restera une “année charnière”, “sans retour en arrière possible” dans la lutte contre la criminalité organisée, avec la mise en place du pôle régional anticriminalité organisée (Praco) à Bastia et l’entrée en fonction du parquet national anticriminalité organisée (Pnaco).”Les priorités de l’action publique en 2026 demeurent la criminalité organisée, les incendies volontaires, les extorsions, mais aussi les saisies d’avoirs criminels”, a-t-il martelé, en se félicitant des 10 millions d’euros saisis en Corse en 2025.

A Saint-Amand-les-Eaux, Fabien Roussel se veut un choix “rassurant” face à “l’inconnu” RN

“Le pire, c’est le saut dans l’inconnu”: maire sortant de Saint-Amand-les-Eaux (Nord), le patron du Parti communiste Fabien Roussel assure que sa candidature aux municipales vise à “rassurer” les électeurs qui pourraient être tentés par le Rassemblement national.Face au climat instable, que ce soit en raison de la crise politique en France ou du contexte international, Fabien Roussel ne veut pas “ajouter plus d’inquiétude à Saint-Amand”, a-t-il dit devant 300 personnes dimanche matin, lors de la présentation de sa liste pour les scrutins de mars.Au contraire, le secrétaire général du PCF entend “rassurer les Amandinois sur l’avenir de (leur) ville”, en s’inscrivant dans la continuité de son ami et prédécesseur Alain Bocquet, qui lui a laissé il y a un an le fauteuil de maire qu’il occupait depuis 1995.Et le dirigeant communiste d’alerter les électeurs qui pourraient chercher l’alternance lors des municipales: “Le pire, c’est le saut dans l’inconnu”.Fabien Roussel sait que son avenir politique, et notamment une éventuelle candidature à la présidentielle de 2027, passe par une victoire aux municipales des 15 et 22 mars dans cette ville thermale de 16.000 habitants proche de Valenciennes.Or, deux ans après la perte de son mandat de député face à un candidat RN, l’histoire pourrait se répéter: outre Eric Renaud, ancien adjoint d’Alain Bocquet passé dans l’opposition, Fabien Roussel doit faire face à Eric Castelain, conseiller municipal d’opposition soutenu par le RN.Celui-ci, qui se décrit auprès de l’AFP comme “un gaulliste canal historique”, passé par le RPR et le mouvement Debout la République de Nicolas Dupont-Aignan, estime que “les planètes sont alignées”, avec deux listes de gauche face à lui, seul candidat à droite.S’il qualifie sa liste de “transpartisane”, il reconnaît que le soutien apporté par le RN est “un plus indéniable” dans cette ville où le parti d’extrême droite domine régulièrement les scrutins nationaux.- “Pièce rapportée” -Il entend en outre profiter d’un climat “extrêmement dur” entre Fabien Roussel et Eric Renaud. Ce dernier a “la volonté de faire perdre Roussel”, dont il n’a pas digéré l’ascension auprès d’Alain Bocquet il y a une dizaine d’années, estime un proche du dirigeant communiste.Eric Renaud n’a effectivement pas de mots assez durs pour Fabien Roussel. “C’est un pur parigot (…) une pièce rapportée” qui provoque “une forme de rejet” chez les électeurs, assure-t-il.Il le promet: quel que soit le résultat du premier tour, il ne se retirera pas, estimant pouvoir bénéficier d’un meilleur report de voix que Fabien Roussel, contre lequel il existerait “une majorité”.Il croit notamment savoir que les électeurs “n’ont pas avalé” la manière dont M. Roussel a succédé à M. Bocquet, en cours de mandat.”C’était un peu fort de café, on n’a pas eu notre mot à dire”, estime Thérèse, 76 ans, qui se promène dans le centre-ville.Les responsabilités nationales de Fabien Roussel pourraient également lui nuire: “Il est à Paris, il n’est pas à Saint-Amand”, estime le mari de Thérèse, Jean-Michel, qui comme son épouse n’a pas souhaité donner son nom de famille.Tous deux reconnaissent cependant que leur maire est “sympathique”, et disent attendre les programmes pour faire leur choix. Celui de maire sortant sera dévoilé le 2 mars, à deux semaines du premier tour.Jérôme Dubois, lui, a déjà tranché: Roussel “est un super maire, impeccable, on n’a rien à dire”, assure cet électeur en terrasse du café L’Interville, nommé en référence à la célèbre émission de télévision remportée l’été dernier par Saint-Amand-les-Eaux.”Sympathique”, le maire l’est, reconnaît son adversaire Eric Castelain. Mais “le bilan des deux derniers mandats, il en est comptable”, pointe-t-il.Quant à Fabien Roussel, il se voit lui aussi comme l’héritier d’Alain Bocquet, mais en fait une autre lecture: les électeurs “savent ce que nous avons fait ces 30 dernières années” et “sont très majoritairement attachés à ce que ces politiques se poursuivent”, juge-t-il.

Pour Zemmour, Mélenchon “assume” désormais “le grand remplacement”

Le président de Reconquête! Eric Zemmour a affirmé dimanche que Jean-Luc Mélenchon “assume le grand remplacement” et que LFI est “le parti du grand remplacement” après que le leader de gauche a utilisé cette expression de l’extrême droite anti-immigration pour, a-t-il cependant expliqué, caractériser la succession des générations.”Il confirme ce que j’ai toujours dit, c’est à dire qu’il assume le grand remplacement, il est le parti du grand remplacement, c’est à dire de la France arabo-musulmane qui veut remplacer la France française”, a déclaré Eric Zemmour sur BFMTV.Lors d’un meeting jeudi à Toulouse pour les élections municipales, le leader insoumis avait employé ces mots de l’écrivain d’extrême droite Renaud Camus dont la théorie, contestée par de la plupart des démographes, consiste à dire qu’il y aurait en France une substitution de la population par des immigrés non-européens. “Nous avons besoin d’élections municipales qui puissent être une démonstration du niveau de conscience politique du peuple français dans sa diversité, de la capacité de nos listes à incarner la nouvelle France, celle du grand remplacement, celle de la génération qui remplace l’autre parce que c’est comme ça depuis la nuit des temps”, avait lancé Jean-Luc Mélenchon.Eric Zemmour a réaffirmé dimanche son soutien à cette théorie du “grand remplacement”. “Je suis le seul à utiliser cette expression parce que je suis le seul à avoir conscience de l’ampleur historique de ce qui se passe maintenant”, a-t-il dit.”Jean-Luc Mélenchon, tout le monde a compris désormais qu’il jouait son destin électoral sur le peuple des banlieues arabo-musulman”, a-t-il ajouté.Jean-Luc Mélenchon avait déjà eu des échanges de messages sur le réseau X vendredi avec le président du Rassemblement national Jordan Bardella, à la suite de son meeting de Toulouse.”Au moins, les choses sont claires: Jean-Luc Mélenchon défend l’éclatement communautaire, l’ère des minorités contre le peuple et les revendications de l’islam politique”, avait écrit Jordan Bardella.”Le grand remplacement dont je parle est celui des générations. Exemple: Jean-Marie Le Pen était un +Français de souche+. Pas vous. Pourtant, vous le +grand remplacez+ à son poste et dans ses idées. C’est le mécanisme de la vie. C’est ça la nouvelle France”, avait répliqué le leader de la gauche radicale.

Lecornu envisage un ajustement de son gouvernement après la séquence budgétaire

Le Premier ministre Sébastien Lecornu envisage un “ajustement” de son équipe gouvernementale une fois le budget définitivement adopté, a-t-on appris auprès de son entourage, confirmant une information de La Tribune Dimanche.”Le Premier ministre réfléchit à proposer au président de la République un ajustement gouvernemental après la séquence budgétaire, si elle se termine bien”, a-t-on précisé.Le chef du gouvernement pourrait également profiter des prochaines élections municipales (15 et 22 mars) pour procéder à ces changements. La ministre de la Culture Rachida Dati, candidate à la mairie de Paris, a fait savoir qu’elle quitterait le gouvernement avant le scrutin pour se consacrer à sa campagne. Deux autres ministres, Marina Ferrari (Sports) et Michel Fournier (Ruralité) sont candidats aux municipales, respectivement à Aix-les-Bains et dans les Vosges.Quant à la ministre de la Santé Stéphanie Rist, elle était engagée dimanche dans un second tour de législative partielle dans le Loiret. En position plutôt favorable après le premier tour, elle a prévenu qu’elle quitterait le gouvernement en cas de défaite.Sébastien Lecornu a brandi à deux reprises l’article 49.3 pour faire adopter les volets recettes et dépenses du budget 2026. Il doit encore affronter en début de semaine une nouvelle motion de censure. Après un nouveau passage au Sénat, le texte devrait être définitivement adopté début février.Interrogée sur LCI dimanche matin, la porte-parole du gouvernement Maud Bregeon a refusé de commenter les informations sur cet éventuel ajustement gouvernemental. “C’est une prérogative, vous le savez, qui appartient uniquement au président de la République et au Premier ministre”, a-t-elle déclaré.Alors que la page budgétaire est en train de se tourner, Mme Bregeon a estimé que l’activité du gouvernement ne pourra se limiter à gérer les affaires courantes.”Il y a les débats qui seront ceux de la présidentielle et je ne doute pas qu’il y en aura beaucoup. Et puis il y a toutes les urgences du quotidien (qui) ne peuvent pas attendre 2027″, a-t-elle déclaré.Elle s’est dite “convaincue” qu’une majorité était trouvable sur un certain nombre de ces sujets, citant la relance de la construction de logements, l’armement des polices municipales ou encore l’interdiction des réseaux sociaux aux moins de 15 ans qui sera débattue à l’Assemblée lundi.

Le trafic de drogues s’invite dans la campagne des municipales

Le narcotrafic bouscule la campagne des élections municipales: de gauche comme de droite, les prétendants au fauteuil de maire rivalisent de promesses sécuritaires pour endiguer les trafics et les violences qui en découlent. A Clermont-Ferrand, la droite, qui veut ravir la mairie à la gauche, a fait de la question du trafic et plus largement de l’insécurité sa priorité.Signe que ce fléau n’est plus le lot que des grandes métropoles, cette ville de 150.000 habitants a connu en 2025 de violents règlements de comptes liés au narcotrafic, dont cinq homicides, selon la préfecture.Julien Bony, candidat LR, promet 100 policiers municipaux supplémentaires: il veut qu’ils soient armés car allant “au devant d’une plus grande violence” de la part de trafiquants qui “ne font pas la différence entre un policier municipal et un policier national”.Le maire PS sortant Olivier Bianchi, candidat à sa réélection, répond avoir augmenté les effectifs, passés de 40 à 70 policiers municipaux depuis son premier mandat en 2014. Mais il plaide avant tout pour plus d'”enquêteurs”, “une justice avec des moyens et des prisons qui ne soient pas surpeuplées”.- Revirement -A Bordeaux, exemptée jusque-là d’un narcotrafic massif, une fusillade mortelle fin décembre n’a pas manqué d’alimenter la campagne municipale dans laquelle les candidats situés à la droite du maire écologiste Pierre Hurmic, candidat à sa succession, insistent beaucoup sur le thème de la sécurité, préconisant notamment une augmentation du nombre de policiers municipaux et leur armement généralisé. Dans la deuxième ville de Bretagne, Brest, le scrutin de mars pourrait être l’occasion de mettre fin à une exception: après une longue opposition, François Cuillandre, maire PS depuis 2001, a promis une police municipale s’il était réélu pour un cinquième mandat. Le pays a “changé”, notamment avec la montée du narcotrafic, avait-il justifié début janvier pour expliquer son revirement.”Le fait qu’on fasse une police municipale de proximité va permettre à la police nationale de remplir au mieux ses missions régaliennes, notamment de lutter” contre ce trafic, avait développé l’élu, allié aux écologistes.”La question du narcotrafic doit être la réponse numéro une dans les programmes” des candidats, plaide le militant écologiste et antidrogue marseillais Amine Kessaci, qui estime que le sujet n’est “pas assez” évoqué dans la campagne. Le jeune homme de 22 ans, dont les deux frères ont été assassinés, veut créer après les élections une “association nationale des maires de France qui agissent contre le narcotrafic”. “Il n’y a plus de zones blanches” sans narcotrafic, estime Jérôme Durain, ex-sénateur socialiste cosignataire de la proposition de loi contre le narcotrafic adoptée l’été dernier.   La multiplication “des phénomènes criminels inconnus dans certains territoires” (meurtres et tentatives de meurtres, enlèvements et séquestrations dans le cadre de règlements de comptes) “crée un sujet politique” pour les maires, tenus par leurs administrés de s’expliquer sur l’insécurité dans les petites et moyennes villes, analyse-t-il. – Cible de choix -Face à un possible risque de corruption des élus locaux, le président de la Commission nationale des comptes de campagne et des financements politiques (CNCCFP), Christian Charpy, a appelé les candidats à la plus grande vigilance quant au financement de leur campagne. “Premier officier chargé de la sécurité publique et de la tranquillité publique”, le maire peut être une cible de choix à corrompre pour les réseaux criminels, ajoute-t-il. Avant de nuancer: il n’a pas eu vent “de situations dans lesquelles ce risque est avéré”.   Autre promesse de candidats, installer plus de caméras de surveillance dans les rues. Le maire sortant de Lyon, l’écologiste Grégory Doucet, s’y refusait en début de mandat en 2020: il a changé d’avis en 2024 et en promet davantage en cas de réélection.  La lutte contre le narcotrafic “ne se joue pas à quelques caméras supplémentaires”, tempère Anne Vignot, maire sortante écologiste de Besançon. Cette ville de 120.000 habitants entre la Suisse et l’Allemagne a connu de violents affrontements entre bandes rivales en 2019. Malgré leur démantèlement, le trafic y est toujours très présent.Pour l’édile, qui se présente pour un second mandat, il faut aussi “agir à la racine” en ciblant les consommateurs “avec des actions d’information et de prévention”. Elle réclame l’ouverture d’une halte soins addictions, une salle de consommation de drogue similaire à celles de Paris et Strasbourg, quand son rival Ludovic Fagaut, tête d’une liste rassemblant LR et le MoDem, souhaite utiliser la loi narcotrafic pour “faire en sorte que les bailleurs sociaux expulsent des personnes” impliquées dans le trafic.  burs-mby/asl/gvy

Gabriel Attal, Édouard Philippe: la drôle de primaire

L’un est candidat déclaré à l’élection présidentielle. L’autre s’en cache à peine. Ces deux anciens Premiers ministres ont en commun de s’être éloignés d’Emmanuel Macron. Chacun dirige son parti, tourné vers l’Élysée. Mais ni Édouard Philippe, ni Gabriel Attal ne sont – encore – décidés à céder.Humour froid d’Élisabeth Borne. Gabriel Attal, candidat naturel de Renaissance ? “Il y a beaucoup de candidats naturels. Donc à un moment, il va falloir que tous ces candidats naturels se parlent”.Édouard Philippe et Gabriel Attal ont justement rendez-vous le 10 février au Cirque d’Hiver pour un meeting de Pierre-Yves Bournazel. Ce proche du patron d’Horizons, candidat à la mairie de Paris, a reçu le soutien du parti attaliste, au grand dam de Rachida Dati. Preuve que les deux rivaux savent s’entendre. “Leur relation est assez fluide, malgré leurs ambitions respectives”, affirme un proche de M. Philippe. “Une alliance de revers contre Macron”, brocarde un dirigeant du bloc central.Si Paris vaut bien une entente, pour l’Élysée, la messe n’est pas dite. “Ils sont tous les deux candidats, sur un ton qui n’appelle pas la discussion”, s’inquiète un allié. A seize mois du départ du président, et alors que le Rassemblement national domine les sondages, son camp est divisé. Et pour ne rien arranger, ses frontières sont mal définies. Faut-il un candidat commun avec la droite, qui gouverne avec le camp macroniste depuis la dissolution ? Les Républicains, déjà, ne manquent pas de prétendants (Bruno Retailleau, Xavier Bertrand, David Lisnard…). Mais ce scénario “socle commun” a ses adeptes chez LR (Michel Barnier) comme chez Renaissance (Gérald Darmanin). Certains plaident pour une primaire, mais personne ne s’accorde sur le périmètre. Et surtout, Édouard Philippe n’en veut pas.Pour le fondateur d’Horizons, la route de l’Élysée passe d’abord par une nouvelle victoire au Havre en mars. En attendant, un jeune proche, le conseiller d’État Clément Tonon, coordonne le programme “massif” promis après cette échéance municipale. Le parti réfléchit à un rassemblement au printemps. La campagne n’est pas encore pleinement lancée. Et les sondages se sont tassés. Dans le camp présidentiel, sa sortie sur une démission “ordonnée” d’Emmanuel Macron est mal passée.”Édouard Philippe est candidat depuis 18 mois. Quand vous perdez en dynamique, vous n’avez plus beaucoup de cartouches pour vous relancer. Il reste, effectivement, la présentation du programme…”, glisse-t-on chez Renaissance.-“Faire durer le suspense”-“On observe un très grand ralentissement chez Édouard Philippe. Si j’étais Attal, je ferais durer le suspense”, abonde une députée macroniste.Jeudi, Gabriel Attal a expliqué “beaucoup réfléchir à la manière d’exercer cette fonction de président de la République”. L’ancien Premier ministre, qui s’est emparé de Renaissance comme du groupe à l’Assemblée après la dissolution, a façonné les équipes du parti, multiplié les initiatives et opté pour des propositions “en continu” dont certaines – interdiction du voile aux moins de 15 ans, nouveau système de retraites – ont “structuré le débat public autour de nous”, juge son entourage.Nouveau chapitre: la “nuit de la Nouvelle République” – prochain nom du parti ? – mardi au Palais Brongniart. Des invités de marque (le futur Premier ministre néerlandais Rob Jetten, Alain Finkielkraut, la syndicaliste Marilyse Léon ou le représentant des PME Amir Reza-Tofighi) pour des débats aux intitulés décapants: “faut-il tout péter pour refonder la France ?” ou encore “Ecologie, économie, autorité: tout est foutu ?”.Gabriel Attal publiera un livre au printemps. Et prépare son entrée en scène. “Il peut y avoir des candidatures différentes, y compris au sein du bloc central et du socle commun. Parce qu’il faut exprimer des lignes politiques, des idées, des propositions. Et il peut y avoir un moment de rassemblement et de responsabilité d’ici à l’élection présidentielle, sous une forme ou sous une autre”, entend-on chez Renaissance.Horizons reste de marbre. “Que Bruno Retailleau et Gabriel Attal tentent de jouer leur partition après les municipales, on ne peut pas le leur reprocher. Comment faire vivre un parti comme Renaissance ou comme Les Républicains sans dire qu’on a un projet pour la présidentielle, et éventuellement un candidat ?”, déroule un dirigeant.Mais “est-ce qu’Attal peut soutenir Retailleau au premier tour ? Est-ce que Retailleau peut soutenir Attal au premier tour?”, poursuit cette source, sceptique. Qui voit en Édouard Philippe “le bon point de convergence” du centre et de la droite.

A Tours, la gauche unitaire annonce sa primaire pour le 11 octobre

La primaire de la gauche non mélenchoniste en vue de la présidentielle de 2027 a passé la vitesse supérieure samedi à Tours, où ses représentants ont annoncé qu’elle aurait lieu le 11 octobre prochain, même si le PS, divisé en interne, doit encore se prononcer officiellement sur sa participation.La machine est lancée. Après leur serment fait en juillet dernier à Bagneux (Hauts-de-Seine) d’avoir un “candidat commun” pour 2027,  la cheffe des Ecologistes Marine Tondelier, les députés Clémentine Autain (L’Après), François Ruffin (Debout!) et l’ancienne prétendante de la gauche à Matignon, Lucie Castets, ont annoncé qu’une primaire aura lieu le 11 octobre, destinée à leur permettre d’accéder au second tour de la présidentielle.”Nous n’avons pas le droit de ne pas offrir une perspective aux classes populaires, au peuple de gauche”, a défendu Clémentine Autain, lors d’une conférence de presse commune.Face au scepticisme de certains à gauche, Marine Tondelier a répliqué que “toutes les personnes qui prétendent pouvoir se qualifier au deuxième tour seules vous mentent, se mentent à elles- mêmes et mentent à leurs électeurs”.Les membres du Front Populaire 2027, nom de leur alliance, ont indiqué avoir pour objectif deux millions de votants à la primaire, avec un vote physique dans tous les cantons de France, et possiblement aussi un vote numérique. Si les modalité de scrutin n’ont pas encore été actées, l’idée d’un scrutin uninominal à deux tours semble avoir été écartée à ce stade.Ils ont également annoncé que tout prétendant à la primaire devrait recueillir 500 parrainages de maires, comme c’est le cas pour une élection présidentielle. Un maire pourra parrainer deux ou trois candidats. Cela signifie “qu’il n’y aura pas de candidature bidon de gens qui pourront venir alors même qu’ils n’auraient pas les soutiens qui leur permettraient, à l’issue de cette primaire, de devenir candidat à l’élection présidentielle”, a détaillé Olivier Faure.Ce dernier a rappelé que ce processus de primaire serait soumis après les municipales au vote des militants socialistes, qu’il tentera de convaincre, alors que ses opposants internes, dont le camp du maire de Rouen Nicolas Mayer-Rossignol n’y sont pas favorables.Olivier Faure n’a “pas mandat” pour “cautionner les annonces” faites à Tours, avait précisé vendredi le chef des sénateurs socialistes Patrick Kanner.-Convaincre Vallaud-Le patron des socialistes a assuré qu’il continuerait à se battre au sein de son parti “pour que cette primaire ait lieu”.Il n’a pas encore indiqué s’il serait candidat, à l’inverse de Clémentine Autain, Marine Tondelier et François Ruffin, déjà dans les starting-blocks.Mais chez les socialistes, certains, dont François Hollande, penchent pour une fédération de la gauche réformiste allant du PS à Raphaël Glucksmann, Bernard Cazeneuve et Yannick Jadot, qui désignerait un candidat au consensus.Pour M. Hollande, “la preuve que la primaire n’a pas de sens, c’est bien ce qui se passe à l’Assemblée, où Ecologistes, Autain et Ruffin ont voté pour la censure de LFI et contre le budget au risque de faire sauter le gouvernement quand les socialistes cherchaient une issue”.”Nous avons des divergences, nous avons des différences. Simplement, nous estimons que le moment fait que ce que nous avons en commun est infiniment supérieur à ce qui nous divise”, a répondu Clémentine Autain.  Olivier Faure devra aussi convaincre le camp de Boris Vallaud, charnière pour faire ou défaire une majorité au PS, qui considère qu’en l’absence de Raphaël Glucksmann dans le dispositif, cette primaire est “de bric et de broc”, selon les mots d’un proche du chef des députés socialistes.Les mêmes réclament par ailleurs que le PS désigne en amont son propre candidat, sans faire mystère de l’ambition de Boris Vallaud. “Il sera OK pour la primaire de la gauche s’il gagne celle du PS”, ironise un responsable favorable à la primaire.Mais les doutes subsistent toujours sur cette démarche unitaire, d’autant que les deux candidats de gauche les mieux placés dans les sondages, le leader de LFI Jean-Luc Mélenchon et le dirigeant de Place publique Raphaël Glucksmann, sur deux lignes antagonistes, continuent de refuser d’y participer.Le PCF n’est pas de l’aventure non plus, même si PS et Ecologistes sont convaincus qu’il rentrera tôt ou tard dans le dispositif.”Quand le train (de la primaire) aura démarré ceux qui seront restés à quai auront l’air bien bête”, a prévenu François Ruffin. 

Macron veut l’interdiction des réseaux sociaux aux moins de 15 ans “dès la rentrée prochaine”

Emmanuel Macron a promis, dans une vidéo diffusée samedi par BFMTV, que le gouvernement engagerait “la procédure accélérée” pour que le texte sur l’interdiction des réseaux sociaux aux moins de 15 ans soit rapidement adopté par le Parlement et puisse entrer en vigueur à la rentrée prochaine. “J’ai demandé au gouvernement d’engager la procédure accélérée pour que ça puisse aller le plus vite possible, que ça puisse passer au Sénat. Parce que ce que je veux faire, l’engagement que j’ai pris d’ailleurs dans un de mes débats en province avec la presse quotidienne régionale, c’est que ce soit applicable à la rentrée prochaine”, déclare le chef de l’Etat dans cette vidéo où il se filme lui-même, visiblement depuis l’Elysée.La “procédure accélérée” d’examen, au Parlement, d’un texte permet selon la Constitution une entrée en vigueur rapide de ce dernier.  Selon la présidence, interrogée par l’AFP, le président de la République a adressé cette  vidéo à la députée Renaissance Laure Miller, qui défend le texte qui sera étudié à partir de lundi dans l’hémicycle de l’Assemblée nationale.”On interdit les réseaux sociaux au moins de 15 ans et on va interdire les portables dans nos lycées. Je crois que c’est une règle claire, claire pour nos adolescents, claire pour les familles, claire pour les enseignants, et on avance”, déclare encore Emmanuel Macron sur cet enregistrement. “Le cerveau de nos enfants et de nos adolescents n’est pas à vendre. Les émotions de nos enfants et de nos adolescents ne sont pas à vendre ou à manipuler, ni par les plateformes américaines, ni par les algorithmes chinois”, ajoute Emmanuel Macron, qui porte dans la vidéo les lunettes de soleil avec lesquelles il a été vu ces derniers jours.La proposition de loi du groupe Renaissance entend aussi étendre l’interdiction, dès la rentrée 2026, des téléphones portables pour les élèves au lycée comme dans les écoles et collèges.

L’armement des policiers municipaux, un débat qui n’en est presque plus un

Dans une campagne pour les municipales où la sécurité s’affirme comme la première préoccupation des électeurs, la dotation des policiers municipaux en armes à feu, une demande des agents eux-mêmes, fait de moins en moins débat.Les sondages placent la sécurité en tête des thèmes déterminants pour le scrutin des 15 et 22 mars, et “l’insécurité n’est pas juste un sentiment”, explique à l’AFP Thierry Colomar, président de la Fédération nationale des policiers municipaux de France (FNPMF).Avec l’essor du narcotrafic, “la délinquance se déplace énormément sur le territoire”, notamment “dans les petites communes où il n’y a pas de caméras de surveillance”, et les dealeurs “n’hésitent pas à utiliser leurs armes à feu partout”, détaille le policier municipal.Dans ce contexte, l’idée d’équiper les policiers municipaux d’armes létales ne provoque plus de débats houleux, comme lors des municipales de 2020. La France compte plus de 28.000 policiers municipaux (pour près de 150.000 policiers nationaux), répartis dans 4.500 communes où vit environ 80% de la population, selon le ministère de l’Intérieur. Leur nombre a presque doublé depuis 2012, où ils étaient environ 15.000. Les policiers municipaux sont autorisés à porter des armes à feu létales (de catégorie B1), ainsi que des matraques, bombes lacrymogènes, flash-balls ou tasers.”L’armement de la police municipale, qui n’allait pas de soi historiquement, s’impose désormais comme une évidence pour une large majorité de communes”, note un rapport d’information du Sénat de mai dernier.En France, 83% des polices municipales étaient armées (d’armes létales ou non) en 2023, contre 65% en 2016. Et la part des agents dotés d’une arme à feu de poing est passée de 48% en 2012 à 58% en 2023. Exception notable: Paris, où les plus de 2.200 policiers municipaux ne sont pas armés du tout. C’est “une police d’ultraproximité, pas une police d’intervention”, explique la mairie.Du centre droit à l’extrême droite, les candidats à l’Hôtel de ville Pierre-Yves Bournazel, Rachida Dati, Sarah Knafo et Thierry Mariani proposent d’augmenter les effectifs et de les équiper d’armes à feu.A contrario, le chef de file de la gauche unie (hors LFI) et ancien premier adjoint socialiste, Emmanuel Grégoire, se dit “totalement hostile” à leur armement létal, estimant qu'”aucune des missions confiées à la police municipale ne le justifie”. Les brigades nocturnes pourront néanmoins être dotées de pistolets à impulsion électrique, s’il est élu maire. – “Une arme à la ceinture, ça rassure” -La dotation en arme à feu est une demande des fonctionnaires eux-mêmes. “Ils veulent être armés pour leur sécurité et pour protéger la population, parce qu’ils sont souvent les premiers sur les lieux” d’un incident, explique à l’AFP Jean-Paul Jeandon, maire socialiste de Cergy (Val-d’Oise) et coprésident de la commission prévention de la délinquance et sécurité de l’Association des maires de France. “Avoir une arme à la ceinture pour faire des contrôles routiers la nuit, ça rassure”, estime Stéphane Poupeau, policier municipal à Tours et président du Syndicat national de la sécurité publique. “La mise en place de l’armement est aujourd’hui une condition sine qua non pour développer une police municipale digne de ce nom”, insiste Sofyan El Belqasmi, chef de la police municipale de Saint-Denis, qui est équipée d’armes à feu.Les policiers municipaux suivent une formation obligatoire, dispensée par le Centre national de la fonction publique territoriale (CNFPT). Elle dure 120 jours pour les agents, 183 pour les encadrants. Le maniement des armes leur est enseigné par des moniteurs eux-mêmes formés par la police nationale ou la gendarmerie. Thierry Colomar assure que les entraînements au tir sont “très contrôlés, autant que dans les troupes d’élite comme le GIGN”, l’unité d’intervention de la gendarmerie. Selon lui, l’armement des policiers municipaux “ne devrait plus être un débat”. Alors que 4.500 postes de policiers municipaux restent non pourvus en France, la possibilité d’être armé attire davantage de candidats. Quand Jean-Paul Jeandon a créé en 2022 la brigade de nuit de la police municipale de Cergy, non armée, il n’a reçu aucune candidature. Il lui a fallu doter les postes de nuit d’armes à feu pour qu’ils trouvent preneurs.