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Le Sénat adopte l’interdiction de la vente de protoxyde d’azote aux particuliers

Après l’Assemblée, le Sénat: la chambre haute a adopté jeudi son propre texte interdisant la vente aux particuliers de protoxyde d’azote, dont l’usage détourné est devenu un “fléau” dangereux.Surnommé “gaz hilarant”, ce produit vendu sous forme de cartouches ou de bonbonnes, inhalé pour ses effets euphorisants via des ballons de baudruche, a notamment été pointé du doigt dans la hausse de la mortalité routière l’année dernière.Plusieurs faits divers dramatiques impliquant des conducteurs ont fait les gros titres.Le ministre l’Intérieur Laurent Nuñez a fait savoir que des mesures sur le protoxyde d’azote seraient intégrées dans un projet de loi sur la sécurité du quotidien, attendu au Parlement d’ici l’été. Mais sans l’attendre, les initiatives parlementaires se sont multipliées. Le Sénat avait déjà voté en mars la pénalisation de l’usage détourné du protoxyde d’azote, ainsi qu’un texte s’attaquant à la question des déchets générés par cette consommation.Avant cela, en janvier 2025, l’Assemblée avait adopté un texte interdisant la vente aux particuliers de protoxyde d’azote.Son rapporteur, le député LFI Idir Boumertit, a d’ailleurs regretté jeudi que le Sénat ne se soit pas plutôt saisi de son texte, pour le faire adopter plus rapidement: “quel gâchis, encore du temps perdu”, a-t-il écrit sur X.Mais pour l’auteure socialiste de la proposition de loi sénatoriale étudiée jeudi, Marion Canalès: “il faut que le gouvernement se saisisse de ce sujet”.”Plutôt que d’être poussif dans des navettes (parlementaires), l’idée c’était de dire, le Parlement s’est exprimé”, a-t-elle expliqué à l’AFP.- “Urgence” -Selon le texte adopté, il serait “interdit de vendre, d’offrir, de détenir ou de transporter du protoxyde d’azote”. Un décret devrait préciser à quels professionnels la vente resterait autorisée, ce produit étant notamment utile en pâtisserie ou pour des usages médicaux.Pour le moment, l’interdiction de la vente de protoxyde d’azote se limite aux mineurs, depuis une loi de 2021.Les sénateurs ont également doublé le montant de l’amende prévue en cas de violation de l’interdiction (portée à 7.500 euros), et prévu que le montant soit reversé aux communes, confrontées aux coûts de nettoyage des bonbonnes.Un autre article se concentre sur la prévention, prévoyant une sensibilisation dans les collèges, lycées et écoles aux risques du protoxyde d’azote, qui peut notamment provoquer des troubles neurologiques.La ministre déléguée à l’Intérieur Marie-Pierre Vedrenne, tout en reconnaissant un “fléau” pour la “santé publique”, a émis un avis de “sagesse”, c’est-à-dire ni pour ni contre, sur le texte sénatorial.Elle a fait valoir les démarches en cours au niveau européen pour classer le protoxyde d’azote comme substance toxique. Adopter “un dispositif national isolé” en amont ferait courir “un risque juridique, celui d’une fragilité au regard du principe de libre circulation des biens”, a-t-elle argumenté.Une position très mal reçue par de nombreux sénateurs.”Le rôle d’un gouvernement n’est pas de constater ou de commenter un problème, ou encore d’attendre une éventuelle législation européenne”, lui a lancé le chef des sénateurs socialistes Patrick Kanner.”Il y a urgence”, a abondé Marie-Do Aeschlimann (LR). “Le gouvernement doit s’engager.”

L’île de Molène ne votera pas au 1er tour des municipales, faute de candidats

Les habitants de la petite commune insulaire de Molène (Finistère) ne voteront pas au premier tour des municipales, faute de candidats, a annoncé jeudi le sous-préfet de Brest, alors que le dépôt de candidatures a clos à 18h pour toute la France.À l’image d’autres petites communes en France et en raison de la modification du mode de scrutin pour celles de moins de 1.000 habitants, il fallait neuf volontaires, dont quatre ou cinq femmes, pour constituer une liste. Malgré une réunion publique de la dernière chance le 19 février, personne n’a fait acte de candidature pour succéder au maire sortant Didier Delhalle, parti dans le Périgord pour raisons familiales.”C’est un naufrage”, a réagi le maire sortant de l’Île-Molène, petite commune de 176 habitants sur cette île bretonne à 12 kilomètres du continent. “C’est difficile à admettre qu’aucun Molénais ne veuille reprendre le flambeau. Je trouve ça lamentable, mais c’est leur choix”, a-t-il poursuivi.Conformément à la loi, le mandat de l’équipe municipale sortante prendra fin le 15 mars au soir. Trois fonctionnaires seront nommés par le préfet du Finistère “entre le 16 et le 20 mars” afin de constituer une délégation spéciale qui administrera la commune, a précisé Jean-Philippe Setbon, sous-préfet de Brest.Ils seront chargés de gérer les affaires courantes pour une période de trois mois renouvelable. “On espère évidemment que les habitants de Molène vont se mettre d’accord dans ce délai pour constituer une liste, mais si ce n’est pas le cas, on prolongera de trois mois, et ainsi de suite”, a-t-il ajouté.À terme, le village pourrait être rattaché à une autre collectivité du littoral et risquerait de perdre son exception fiscale. Molène n’a pas d’impôts locaux, un privilège qui remonte à Louis XIV.Seule commune du Finistère sans aucun candidat aux municipales, Molène n’est pas un cas isolé: 106 communes françaises étaient dans cette situation lors du scrutin de 2020, d’après le ministère de l’Intérieur.

Le Pen – Bardella, le relais de la flamme

Côte à côte jeudi au Salon de l’agriculture, Marine Le Pen et Jordan Bardella font “bloc”. Mais derrière cette unité s’esquisse un passage de flambeau en vue de la présidentielle entre la cheffe des députés RN, suspendue à son sort judiciaire, et le jeune patron du parti.Que l’horizon du 7 juillet 2026 paraît encore lointain pour Marine Le Pen, qui connaîtra ce jour-là la décision de la cour d’appel de Paris dans le dossier des assistants des eurodéputés RN.Une attente qu’elle vit “mal”, a-t-elle dit mercredi soir sur BFMTV, car empêchant son parti de se projeter d’ores et déjà dans la campagne présidentielle, alors qu’ont été requis à son encontre quatre ans de prison, dont un ferme aménageable sous bracelet électronique, ainsi que cinq ans d’inéligibilité qui lui barreraient la route vers l’Élysée.”Je ne suis pas résignée, je suis juste sage”, assure-t-elle encore, déclinant une devise stoïcienne: “quand la décision ne dépend pas de vous, ça ne sert à rien de s’exciter, ça ne sert à rien de s’agiter, ça ne sert à rien de faire des plans sur la comète”. Cela ne dispense pas d’une carte postale au ton acide pour la justice et ces “trois magistrats qui décideront si oui ou non, les millions de Français qui veulent voter pour moi pourront le faire ou pas”.Dans ce contexte, la triple candidate à l’Élysée fait flotter un petit parfum de succession au bénéfice de M. Bardella, officiellement adoubé comme son remplaçant. Un exercice délicat, car il s’agit de maintenir vivace l’espoir chez ses partisans qu’elle puisse postuler, tout en préparant l’avenir.”Il semble hautement improbable qu’elle soit candidate”, décrypte un ministre. “J’ai l’impression, car je la côtoie à l’Assemblée, que ça fait un moment qu’elle a intégré le truc, qu’elle est sereine avec ça”, avance-t-il aussi.En façade, rien ne bouge. Jordan Bardella a ainsi pris soin d’insister jeudi sur le fait qu’à ce stade, il se “prépare à devenir chef du gouvernement et Marine se prépare à devenir présidente de la République”.”Nous avons toujours fait bloc et je crois que personne n’en doute. Nous travaillons ensemble, main dans la main”, a-t-il insisté.- Émancipation -Par touches cependant, Mme Le Pen travaille à l’émancipation de son cadet. D’abord en actant qu’il lui serait impossible de faire campagne si elle était condamnée à porter un bracelet électronique, jugeant qu’une telle sanction serait “une autre manière” de l’empêcher d’être candidate.Surtout, elle a assuré qu’elle ne jouerait pas “un rôle de tutelle” auprès de Jordan Bardella, qu’il soit candidat ou président.”Je n’ai aucun regret et surtout, je me félicite d’avoir réussi, à la différence de beaucoup de dirigeants politiques d’ailleurs, à faire émerger une personnalité qui, en cas d’empêchement, a les qualités pour pouvoir porter nos idées à la présidentielle”, a-t-elle poursuivi.Et c’est “lui qui déterminera à quel niveau il a besoin de ma présence, de mes conseils”, a-t-elle souligné, le présentant comme un “homme libre”.De fait, Jordan Bardella doit consolider sa légitimité pour convaincre, s’il est amené à sortir du rôle de second.La stratégie de campagne dépendra du candidat, pointe un cadre du RN. Il y a la question de “l’image présidentielle”, estime cette source. “Marine a moins à construire que Jordan, qui doit renforcer, construire”, ce qui pourrait passer par des déplacements à l’étranger, analyse-t-il.Le jeune président du parti, qui vient déjà d’écumer la France pour assurer la promotion de son récent livre, s’est aussi lancé dans la campagne des municipales. Samedi, il occupera la tête d’affiche d’un grand meeting à Perpignan, vitrine du frontisme municipal, au côté du maire Louis Aliot.En attendant, le trentenaire a reçu un accueil plutôt chaleureux et multiplié les selfies dans les allées du Salon de l’agriculture, nonobstant quelques quolibets – plusieurs “fasciste” ont été lancés. “2027, on y va Jordan!”, a crié un visiteur. De quoi chatouiller les ambitions de M. Bardella, alors qu’un sondage Odoxa pour Le Figaro, publié début février, montre que plus de deux tiers des sympathisants RN préféreraient sa candidature à celle de Marine Le Pen.arz-led-fff-jmt/vl/abl

Accusé d’être contrôlé par les Américains, le géant de l’audiovisuel Mediawan affirme son ancrage français

Mediawan, géant mondial de la production derrière les succès “10 pour cent” ou “Miraculous” et prestataire important de France Télévisions, a tenté de rassurer jeudi sur son ancrage français devant l’Assemblée nationale, malgré l’insistance de députés sur le rôle de son actionnaire américain.Le groupe fondé en 2015 par le trio de Français Pierre-Antoine Capton, Xavier Niel et Matthieu Pigasse, et devenu un géant mondial présent à Hollywood, était auditionné jeudi par la commission d’enquête sur l’audiovisuel public, car il produit des magazines emblématiques comme “C à vous” ou “C dans l’air” sur France Télévisions.Les députés n’ont pu entendre que M. Capton le matin. Prévue l’après-midi, l’audition de Matthieu Pigasse et de Xavier Niel a dû être reportée, à cause d’un “empêchement urgent” de M. Niel, a annoncé le président de la commission Jérémie Patrier-Leitus, précisant qu’il l’a “(reprogrammera) fin mars”.Le rendez-vous était attendu, car le rapporteur de la commission, le député de l’UDR, allié du RN, Charles Alloncle, a ciblé plusieurs fois Mediawan. Selon lui, la “première société de production à bénéficier des contrats avec France Télévisions” serait majoritairement détenue “par un fonds d’investissement américain, KKR”. Une manière de dénoncer que des fonds publics financeraient des intérêts étrangers.”J’aimerais (…) qu’on ne dise plus dans le cadre de cette commission d’enquête que Mediawan est un groupe sous contrôle américain, ce qui n’est pas le cas”, a voulu mettre au point M. Capton dès le début de son audition.”Mediawan est un groupe français au sens juridique, fiscal et opérationnel. Son contrôle est français (…) Notre siège est à Paris, nos équipes sont en France, nos décisions stratégiques sont prises en France, le groupe dans son ensemble est soumis au droit français, à la fiscalité française et aux obligations sociales françaises”, a-t-il énuméré.- “secret des affaires” -Pas suffisant aux yeux de Charles Alloncle, qui s’est attardé sur le sujet pendant plus d’une heure, parfois épaulé par le président de la commission Jérémie Patrier-Leitus (Horizons). Ce dernier a souligné le contexte de “guerre audiovisuelle et cinématographique” avec les États-Unis de Donald Trump.”KKR est un actionnaire important qui n’a ni le contrôle ni la majorité”, a insisté M. Capton.Le dirigeant a néanmoins refusé de lever le voile sur la répartition du capital du groupe au chiffre d’affaires de 1,5 milliard d’euros dans le monde en 2024, au nom du “secret des affaires”, Mediawan n’étant plus coté en bourse.La montée de KKR dans le capital de Mediawan en 2020 avait accéléré sa dimension internationale. Le groupe, qui a racheté en 2017 AB Productions, emblématique en France pour ses émissions de jeunesse, rassemble 80 maisons de productions dans le monde, dont les sociétés américaines Plan B, présidée par Brad Pitt, ou The North Road Company, acquise début 2026. Mediawan peut se targuer d’être derrière des succès-phares comme la série “Adolescence” sur Netflix ou les films “Le comte de Monte-Cristo” ou “F1″.De quoi relativiser l’importance de France Télévisions dans son modèle économique, a tenté de démontrer M. Capton.”Notre développement ne repose pas sur le service public”, a-t-il assuré, précisant que “France Télévisions représente moins de 5% de l’activité consolidée de Mediawan” au niveau mondial, mais “25% en France”, pour un montant annuel d’environ 100 millions d’euros de contrats.Depuis le début des travaux de la commission, Charles Alloncle dénonce les “conflits d’intérêts” et l’opacité qui règnerait selon lui dans l’audiovisuel public, qu’il accuse aussi de pencher idéologiquement à gauche.Jeudi, il a demandé à M. Capton s’il n’était pas gêné par le positionnement politique de Matthieu Pigasse, patron du groupe de presse Combat (Les Inrockuptibles, Radio Nova) qui revendique sa volonté de contrer le RN, “en rupture” avec “les missions de service public” de France Télévisions selon Charles Alloncle.”Les prises de parole de Matthieu Pigasse se font à titre personnel et elles n’engagent jamais Mediawan”, a assuré M. Capton.”M. Pigasse a des journaux, des radios d’opinion”, mais à Mediawan, “on répond à la ligne éditoriale de nos clients”, a-t-il ajouté. 

Municipales: Philippe Dessertine, l’inattendu trouble-fête bordelais

C’est l’outsider du scrutin bordelais: donné troisième du premier tour par un sondage, l’inattendu Philippe Dessertine contraint le député macroniste Thomas Cazenave à appeler au “vote utile” face au maire sortant écologiste Pierre Hurmic, annoncé en tête.”Merci d’être si nombreux, il se passe quelque chose à Bordeaux”, avait lancé lundi soir cet universitaire habitué des plateaux télévisés devant un millier de personnes, à la moyenne d’âge avancée, venues l’écouter dans un théâtre.Celui qui annonce sa victoire depuis qu’il s’est déclaré candidat, mi-septembre, est crédité de 15% des intentions de vote par une étude Ifop publiée mercredi soir par Sud Ouest, LCI et Sud Radio, contre 33% à Pierre Hurmic et 25% à Thomas Cazenave.Par rapport à un sondage OpinionWay en novembre, il gagne trois points quand l’ex-ministre macroniste en perd un et que la députée européenne Julie Rechagneux (RN) recule de 12 à 7%.Candidat “sans étiquette” qui érige la “protection des habitants” en priorité, Philippe Dessertine séduit principalement à droite et à l’extrême droite: parmi les personnes interrogées, il rassemble 37% de celles ayant voté pour Valérie Pécresse au premier tour de la présidentielle 2022, 22% des partisans de Marine Le Pen et 35% de l’électorat zemmouriste.- “Détermination” -Entré en campagne quand Thomas Cazenave bataillait encore avec Nathalie Delattre, présidente du Parti radical, pour mener la liste d’union de la droite et du centre, le sexagénaire séduit aussi 35% des électeurs de feu Nicolas Florian, ex-dauphin de l’ancien maire LR Alain Juppé, battu par Pierre Hurmic en 2020 et décédé l’an dernier.Philippe Dessertine, novice en campagne mais dont l’épouse a longtemps fait partie de l’équipe Juppé, accueille ce sondage “avec détermination” et promet de “poursuivre (sa) campagne de rassemblement pour battre le maire sortant”. “Des alliances, des choses comme ça, c’est le monde politique traditionnel. Je ne suis pas un politique traditionnel”, a esquivé ce docteur en gestion lors d’un débat organisé jeudi par Sud Ouest et la chaîne locale TV7, refusant de “tirer des plans sur la comète sur la base d’un sondage ou d’accords politiques”.Thomas Cazenave a lui appelé mercredi soir au “vote utile”, jugeant que “toute voix portée sur une autre liste” que la sienne “renforcerait la majorité sortante” et que “la dispersion serait une erreur”.- Épée de Damoclès -Pierre Hurmic était au contraire d’humeur badine mercredi soir après un meeting.”François Mauriac disait, après la Seconde Guerre Mondiale, +Moi, j’aime tellement l’Allemagne que je suis content qu’il y en ait deux+. Moi, j’aime tellement la droite que je suis content quand il y en a deux”, a-t-il ironisé, satisfait de “virer en tête” dans l’étude.”Philippe Dessertine a dit haut et fort qu’il irait jusqu’au bout (…) J’ai plutôt tendance à penser que ce qu’il a dit, il le fera”, a ajouté l’écologiste, qui veut “poursuivre et amplifier” la politique mise en place depuis 2020 (autonomie énergétique renforcée via notamment la solarisation de bâtiments publics, secteur piétonnier augmenté, grand plan de végétalisation…).Au second tour, le sondage Ifop le donne vainqueur d’une quinquangulaire qui l’opposerait à Nordine Raymond (LFI) – crédité de 12% au premier tour, contre 5% à Philippe Poutou (NPA) – ainsi qu’à Thomas Cazenave, Philippe Dessertine et Julie Rechagneux, dont l’institut juge la qualification encore “crédible”.Mais, en cas d’alliance Cazenave-Dessertine, le maire sortant perdrait la quadrangulaire, d’après l’étude. De quoi le contraindre à se rapprocher de LFI, hypothèse validée jeudi par M. Raymond, mais exclue jusqu’ici par Pierre Hurmic ? À chacun son “épée de Damoclès”, a commenté le directeur général de l’Ifop, Frédéric Dabi, dans le journal Sud Ouest.Soutenu par les Écologistes, PS, PCF, Génération.s, Nouvelle Donne, Place publique et le mouvement l’Après, Pierre Hurmic se dit “persuadé que tout électeur de gauche préfèrera voir notre coalition diriger la ville” plutôt qu’une “coalition de droite”.Le maire sortant attire à lui 43% des électeurs de Jean-Luc Mélenchon à la présidentielle 2022, parmi les personnes interrogées dans le sondage dévoilé mercredi. 

Accord sur les ruptures conventionnelles: le gouvernement satisfait, la CGT remontée

Le gouvernement a salué jeudi le “sens des responsabilités” des partenaires sociaux après l’accord trouvé mercredi soir sur les ruptures conventionnelles, mettant en avant des économies “solides”, la CGT, qui s’y oppose, dénonçant pour sa part des efforts pesant uniquement sur les salariés.”Le dialogue social fonctionne quand on lui laisse du temps”, a réagi le Premier ministre Sébastien Lecornu sur X après l’accord conclu entre les trois organisations patronales (Medef, CPME, U2P) et deux syndicats, la CFDT et la CFTC. FO réserve encore sa réponse tandis que la CGT et la CFE-CGC ont indiqué qu’elles ne signeraient pas.”Le dialogue social, ça marche (…) et ça prouve que les organisations, qu’elles soient sociales ou patronales, ont le sens des responsabilités”, a abondé le ministre du Travail Jean-Pierre Farandou sur Francetvinfo. Avec l’accord trouvé mercredi soir, les salariés qui perdront leur emploi après un accord amiable avec leur employeur verront leur durée maximale d’indemnisation réduite de 18 à 15 mois s’ils ont moins de 55 ans, et à 20,5 mois à partir de cet âge contre 22,5 mois aujourd’hui pour les 55-56 ans, et 27 mois pour les 57 et plus.Pour pouvoir entrer en vigueur, le projet d’avenant à la convention chômage doit encore être avalisé par les instances de ces organisations, au plus tard le 23 mars, puis transposé par voie législative.Les économies estimées sont de l’ordre de “500 millions d’euros par an en moyenne, soit près d’1 milliard d’euros en régime de croisière”, a indiqué Sébastien Lecornu, saluant des “économies solides” et des “effets réels sur l’emploi.”Pour Jean-Pierre Farandou, “les partenaires sociaux ont rempli pleinement la feuille de route qu’on leur avait proposée puisqu’ils sont même au-delà de l’économie qu’on avait demandée”, qui s’élevait à au moins 400 millions d’euros par an. Dans un communiqué, la CGT a dénoncé un accord qui “fait reposer les économies uniquement sur les salariés ayant connu une rupture conventionnelle et se retrouvant au chômage”, sans nouvelle contribution patronale.”Ce sera la double peine: perte d’emploi, la plupart du temps un licenciement déguisé, et baisse de la durée des droits”, estime le syndicat.”Comme (cet accord) nécessite des évolutions législatives, nous allons fermement discuter avec les parlementaires, hors extrême droite, pour éviter des baisses de droits”, a souligné mercredi soir le négociateur de la CGT, Denis Gravouil.Dans un communiqué, les trois organisations patronales ont, elles, dit réaffirmer à travers ce projet d’accord “leur attachement au pilotage paritaire de l’Unédic”, qui gère le régime d’assurance chômage. Elles soulignent qu’il “s’inscrit dans un contexte financier dégradé pour l’Unédic, avec près de 61 milliards d’euros d’endettement en 2026”.Au-delà de la mesure de raccourcissement de la durée maximale d’indemnisation post-rupture conventionnelle, le projet d’accord demande que l’Etat “cesse tout prélèvement financier sur le régime d’assurance chômage” et que le supplément de contribution des entreprises sur les ruptures conventionnelles, intégré dans le budget 2026, soit affecté à l’Unédic.

“Tontons flingueurs”: Tondelier estime que Mélenchon et Hollande mènent la gauche vers la “défaite”

Des “Tontons flingueurs”: la secrétaire nationale des Ecologistes, Marine Tondelier, a accusé jeudi Jean-Luc Mélenchon et François Hollande d’envoyer la gauche vers la “défaite”, se disant “très inquiète” pour les municipales des 15 et 22 mars.”J’en ai marre de Jean-Luc Mélenchon, de François Hollande, de ces Tontons flingueurs de la gauche qui, toute la journée, nous emmènent dans un piège, le piège de la défaite”, a-t-elle dit sur France Inter, jugeant que l’un était “spécialiste du renoncement” et l’autre du “sectarisme”.Le mouvement de Jean-Luc Mélenchon, La France insoumise, a été pris dans la tempête en étant accusé par ses adversaires d’avoir un lien indirect avec l’homicide du militant d’extrême droite radicale Quentin Deranque. L’ancien président socialiste François Hollande a lui appelé à refuser toute alliance avec les Insoumis.Marine Tondelier a estimé que, si LFI faisait des mauvais scores aux municipales, “ce sera leur responsabilité parce qu’ils ont des comportements qui sont violents dans les méthodes” et les propos.Elle n’a toutefois pas fermé la porte à des alliances au second tour “au cas par cas” et avec “une exigence de clarification de leur part”.L’écologiste s’est dite “très inquiète” pour les municipales et “pas que pour les villes écologistes”. “Si la gauche perd la moitié de ses grandes villes, oui, on devra tous se remettre en question et 2027 sera de toute manière compromise”, a-t-elle dit.L’écologiste a reproché à LFI d'”invectiver la moitié de la terre” et de se comporter comme si leurs “principaux adversaires” étaient à gauche plutôt qu’à droite.”Jean-Luc, pour être aimé, faut être aimable”, a-t-elle lancé.Marine Tondelier a assuré que, contrairement à ce qui avait été avancé, le service d’ordre de son parti n’avait jamais été formé par La Jeune Garde, groupe d’ultragauche mis en cause dans la mort de Quentin Deranque.Depuis le Salon de l’agriculture où elle s’est ensuite rendue, Mme Tondelier a refusé de parler “tactique de deuxième tour” aux municipales mais souligné que ce scrutin allait, selon elle, avoir “beaucoup d’impact sur l’agriculture”.Les écologistes ont notamment lancé une campagne “Zone hors Mercosur”, invitant les candidats aux municipales à dire, en cas d’élection, “s’il placeront leur commune hors Mercosur. Symboliquement, mais pas seulement”, a-t-elle expliqué lors d’une conférence de presse, vêtue de sa célèbre veste verte.”Un maire, il peut décider que dans son cahier des charges, pour la cantine par exemple de nos enfants ou les EHPAD, il n’y aura pas de produits issus du Mercosur et qu’il fera plutôt du local”, a-t-elle insisté. Distribuant des tracs dans le salon, elle a incité les visiteurs à interpeller leur maire sur le sujet. Tout en évitant de croiser les patrons du RN,  Marine Le Pen et Jordan Bardella, présents eux aussi dans les travées du salon.

Le Pen et Bardella font “bloc” au Salon de l’agriculture

Travailler “ensemble”, être “main dans la main”: Jordan Bardella et Marine Le Pen ont martelé jeudi un message d’unité lors de leur déambulation commune au Salon de l’agriculture, l’un ou l’autre étant appelé à porter les couleurs du Rassemblement national pour la présidentielle de 2027.”Nous avons toujours fait bloc et je crois que personne n’en doute. Nous travaillons ensemble, main dans la main”, a affirmé devant des journalistes Jordan Bardella, président du parti d’extrême droite, Mme Le Pen se tenant à ses côtés.”Nous faisons campagne ensemble et nous continuerons à faire campagne ensemble. Je me prépare à devenir chef du gouvernement et Marine se prépare à devenir présidente de la République”, a-t-il ensuite insisté.Mais le sort de Marine Le Pen, présidente des députés RN et déjà triple candidate présidentielle, est suspendu à la décision de la cour d’appel de Paris, attendue le 7 juillet, dans le dossier des assistants des eurodéputés RN. Elle avait été condamnée en première instance notamment à deux ans de port de bracelet électronique et cinq ans d’inéligibilité avec exécution immédiate, ce qui lui barrerait la route vers l’Elysée.Marine Le Pen a aussi exclu mercredi de faire campagne si elle était condamnée à porter un bracelet électronique, tout comme de jouer un “rôle de tutelle” sur Jordan Bardella s’il reprenait son flambeau.Le duo a attiré les curieux, avides de selfies, lors de leur passage au Salon jeudi. “Jordan je t’aime”, a crié un jeune, tandis qu’une femme estimait que “c’est un bel homme, il n’y a pas à tergiverser”.”Fasciste!”, a lancé une autre.Mme Le Pen a affirmé qu’ils étaient venus apporter “une double dose d’espoir” à l’agriculture française, que M. Bardella a promis de défendre lors des prochains scrutins, y compris aux municipales.Questionné sur les “brebis galeuses”, des candidats RN accusés d’avoir tenu des propos racistes ou antisémites, il a assuré avoir été “extrêmement prudent” au moment des investitures.Si quelqu’un sort de la ligne, “eh bien nous le mettons à la porte” ce qui n’est “pas le cas dans les autres mouvements”, a affirmé M. Bardella, allusion à peine voilée aux attaques visant La France insoumise depuis la mort du militant d’extrême droite radicale Quentin Deranque à Lyon.Il a réitéré ses appels à un “front commun” contre LFI, qui “s’est placée hors de la République”. “La République, c’est nous”, a encore assuré M. Bardella, qui veut faire de son parti un “bouclier” face à la supposée “stratégie du désordre permanent” de LFI. 

Municipales: la ministre de la Culture Rachida Dati démissionne pour se consacrer à Paris

Candidate à la mairie de Paris tout en conservant son poste de ministre de la Culture, Rachida Dati a finalement annoncé mercredi soir sa démission du gouvernement pour se concentrer sur l’élection municipale, à moins de trois semaines du premier tour.Mme Dati a longtemps laissé planer le suspense sur la fin de ses fonctions rue de Valois, repoussant son départ alors que la campagne fait rage dans la capitale. “Paris est pour moi l’engagement d’une vie. J’ai l’énergie, la détermination et la volonté nécessaires pour transformer la ville et relever les défis qui l’attendent”, a-t-elle martelé dans un communiqué envoyé dans la soirée par ses équipes.La ministre était au même moment sur BFMTV, où elle a annoncé avoir remis sa démission du gouvernement au président Emmanuel Macron.Opiniâtre et déterminée, l’ex-ministre sarkozyste de 60 ans était l’une des rares avoir survécu à tous les remaniements depuis janvier 2024, malgré des poursuites pour corruption dont elle répondra au tribunal à l’automne.”Le chef de l’État l’a remerciée pour l’action utile qu’elle a déployée au service des Français ces deux dernières années et lui a adressé tous ses encouragements dans le combat qu’elle mène”, a fait savoir l’Élysée dans un communiqué.Les adversaires de Rachida Dati à Paris, qui avaient à plusieurs reprises critiqué sa double casquette ces dernières semaines, l’ont à nouveau tancée après cette annonce. “Enfin”, a réagi le socialiste Emmanuel Grégoire auprès de l’AFP.”Enfin! Rachida Dati aura été une ministre sans bilan et sans action pour la culture. 2 ans de vide, de flou, et de budgets en baisse. Son seul intérêt pour ce ministère: préparer sa campagne”, a de son côté écrit sur le réseau social X l’écologiste David Belliard, allié à M. Grégoire pour ce scrutin.”Maintenant qu’elle n’est plus ministre, j’espère qu’elle a du temps libre pour accepter les débats télévisés !”, a pour sa part ironisé Sophia Chikirou, candidate LFI, auprès de l’AFP.Rachida Dati, soutenue par LR et le MoDem, est créditée de 30% des voix au premier tour des municipale le 15 mars, en hausse de deux points, derrière le candidat de la gauche unie hors LFI Emmanuel Grégoire (32%), selon un sondage Ifop publié dimanche.- “Vote utile” -Elle l’emporterait au second tour dans quatre des cinq configurations étudiées. Le match reste toutefois âpre pour s’emparer de la capitale et son camp réitère les appels au “vote utile” pour battre la gauche.Parmi ses principales propositions, Mme Dati souhaite doubler les effectifs de police municipale à 5.000 agents et les doter d’armes à feu, geler la production de logements sociaux via la préemption pour investir massivement dans la rénovation des HLM existants ou encore revenir à la semaine de quatre jours à l’école.La désormais ex-ministre a aussi mené une campagne active sur les réseaux sociaux, multipliant les rencontres de terrain et s’affichant par exemple avec un manteau fluo sur le dos aux côtés d’éboueurs pour illustrer l’un de ses axes de campagne en faveur de la propreté de la capitale. Dans son bilan comme ministre, Rachida Dati a notamment mis en avant mercredi la préservation du patrimoine et l’accès à la culture en territoire rural. Elle assure aussi avoir réussi à limiter la casse dans la culture, même si les crédits de son ministère accusent cette année une baisse de 173,4 millions sur 3,7 milliards d’euros de budget (hors audiovisuel).Ses détracteurs pointent eux des baisses de crédits à la création, le gel de la part collective du pass Culture ou encore des financements rabotés qui mettent en péril l’emploi dans le spectacle vivant subventionné. Son mandat restera en outre marqué par les soubresauts du Louvre: vol des bijoux à l’écho mondial, avaries et grève perlée des personnels débutée mi-décembre.

Municipales: “pas question” pour le RN de retirer ses candidats pour faire barrage à LFI, dit Le Pen

Il n’est “pas question” pour le Rassemblement national de retirer des candidats aux élections municipales afin de faire barrage à des candidats LFI, comme l’a demandé la ministre Aurore Bergé, a indiqué mercredi soir la cheffe de file du RN Marine Le Pen.”Le retrait de nos listes, c’est la violation de la confiance que les électeurs ont mis en vous lorsqu’ils ont déposé un bulletin au premier tour”, a appuyé Mme Le Pen lors d’un entretien sur BFMTV.”Il n’est pas question de retirer des candidats”, a-t-elle ajouté, enjoignant à la ministre Aurore Bergé de “garder ses bonnes idées pour son propre mouvement politique”.”Lorsqu’on arrive au second tour aux élections municipales, on a des conseillers municipaux d’opposition qui sont élus”, a encore rappelé Mme Le Pen.La proposition de la ministre déléguée à l’Égalité femmes-hommes avait déjà été contredite par la porte-parole du gouvernement Maud Bregeon qui a assuré plus tôt dans la journée qu’elle n’appelait “le RN à rien”.Aurore Bergé avait demandé au parti d’extrême droite de se désister dans les villes “où LFI peut gagner”.Marine Le Pen a pas ailleurs ciblé la “manière” qu’a Jean-Luc Mélenchon “d’insulter, de pousser à l’hystérisation du débat politique”, alors que les Insoumis sont accusés par leurs adversaires politiques d’avoir une part de responsabilité dans la mort du militant identitaire Quentin Deranque à Lyon.”Dans les propos de Jean-Luc Mélenchon, il y a une forme de légitimation de la violence”, a accusé Mme Le Pen, qui a affronté le leader insoumis à trois élections présidentielles.”Depuis un certain nombre de temps, Jean-Luc Mélenchon oscille entre la stratégie de la pacification et la stratégie du pire. Et il a choisi la stratégie du pire, c’est la stratégie de l’intimidation. Or, ça pose un problème parce que, dans l’esprit de La France insoumise, tout ce qui est à droite de La France insoumise est fasciste”, a encore déclaré la patronne des députés RN.Mme Le Pen a également assuré que son parti n’avait “aucun lien structurel” avec des “groupuscules” d’ultradroite, ce qui le distinguait “de la mouvance antifa qui a des liens structurels avec la France insoumise”.”Ces groupuscules, je les ai virés, je les ai foutus à la porte. Ça a été un des premiers actes de ma présidence du Front national”, a plaidé celle qui a entretenu des amitiés avec des membres du GUD (groupe union défense), comme Frédéric Châtillon. Dans ce contexte, la députée RN Lisette Pollet a dû annoncer mercredi le licenciement d’un de ses assistants parlementaires, Vincent Claudin, en raison de la publication sur des comptes X sous pseudonymes de messages racistes, homophobes et antisémites, révélés par Mediapart. M. Claudin a aussi appartenu au groupuscule d’ultradroite Lyon Populaire, qui a fait l’objet d’une procédure de dissolution.