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La Cour de cassation confirme l’inéligibilité du maire de Roubaix

La Cour de cassation a confirmé mecredi la peine d’inéligibilité du maire divers droite de Roubaix (Nord) Guillaume Delbar, condamné pour un système frauduleux de défiscalisation via des micros-partis.La Cour a annulé sa condamnation pour recel d’abus de confiance, considérant que la période de prévention retenue par la Cour d’appel de Douai concernant ces faits était incorrecte, selon un arrêt dont l’AFP a eu copie. Elle a en revanche confirmé le reste de sa condamnation. Toutes les peines sont maintenues, a précisé une source judiciaire.Le maire de Roubaix a été condamné en mai 2024 en appel à Douai à six mois d’emprisonnement avec sursis et deux ans d’inéligibilité pour escroquerie en bande organisée.Son pourvoi en cassation avait suspendu l’exécution de sa peine, lui permettant de demeurer jusqu’à présent maire de Roubaix.Une fois la peine d’inéligibilité définitive, il revient à la préfecture de prononcer la démission d’office du maire, qui peut également démissionner de lui-même.La décision tombe à quelques mois des municipales, alors que M. Delbar, élu depuis 2014, n’a pas encore annoncé être candidat à sa réélection dans cette ville de 100.000 habitants parmi les plus pauvres de France. A gauche, le député LFI David Guiraud est en campagne depuis un an pour conquérir la ville, face notamment au chef de file de l’opposition municipale, Karim Amrouni, qui mène une liste commmune de gauche.M. Delbar avait été jugé avec son ex-premier adjoint et leurs proches pour escroquerie en bande organisée, pour un système frauduleux de défiscalisation via des micro-partis.Lors de son procès en appel, Guillaume Delbar avait assuré “ne pas avoir connaissance” de ce système.Mis en place à deux reprises, via les partis “Vivement demain” puis “Vivre autrement localement”, le système avait perduré de 2015 à 2020, faisant transiter des dizaines de milliers d’euros entre ces micro-partis censés financer des campagnes électorales et des associations fictives.Les donateurs pouvaient bénéficier d’une réduction d’impôts de 66% des sommes, mais récupéraient en plus, via des chèques de ces associations “coquilles vides”, au moins 50% des montants initialement versés.L’administration fiscale a estimé son préjudice à près de 40.000 euros.amd-cnp-kau-ldf/cnp/swi

Lecornu annonce suspendre d’ici au printemps une hausse envisagée de la taxe foncière

Le gouvernement va suspendre d’ici au printemps une hausse envisagée de la taxe foncière, qui avait suscité un tollé dans la classe politique, le temps de “changer (la) méthode” pour son calcul qui sera plus locale, a annoncé Sébastien Lecornu mercredi.”J’ai demandé aux ministres concernés de dilater ce calendrier pour nous emmener jusqu’au mois de mai ou juin pour permettre cette approche départementale”, voire “commune par commune”, a déclaré le Premier ministre lors de la séance des questions au gouvernement au Sénat.Cette taxe devait augmenter en raison d’une mise à jour de sa base de calcul par le ministère de l’Economie. En moyenne, la hausse de cette taxe, payée par quelque 32 millions de propriétaires, serait de 63 euros par an pour chacun des 7,4 millions de logement concernés.”On est en train de traiter nationalement un sujet qui parfois n’a strictement rien à voir d’un département à l’autre”, a expliqué le chef du gouvernement, dénonçant au passage “le procès” lancé par “certains extrêmes ou démagogues” contre les élus locaux qui la perçoivent.”Notre système de revalorisation des bases locatives, tel qu’il existe depuis 1959″, est devenu “caduc”, a ajouté M. Lecornu, en invitant les élus locaux “à tracer un chemin nouveau sur la révision” de ces bases. La base de calcul de la taxe foncière repose notamment sur des éléments dits “de confort”, tels que la présence d’eau courante, d’électricité, de WC ou de lavabos dans le logement, inclus dans les “bases foncières”. Or la présence de chacun de ces éléments augmente artificiellement le nombre de mètres carrés pris en compte, et mécaniquement le montant de la taxe. “Lorsque vous rajoutez des règles qui peuvent apparaître complètement déconnectées de toute forme de sens commun, par définition, elles deviennent incompréhensibles. Et ça pose une question plus grave qui est la question du consentement à l’impôt”, a fait valoir M. Lecornu.Il répondait au chef de file du groupe Les Républicains Mathieu Darnaud, qui avait dénoncé dans ce mode de calcul “un chef-d’œuvre de cynisme” et rappelé qu’il voulait dans le budget “plus d’économies” et “moins de taxes injustes”.Le président du parti Renaissance Gabriel Attal a salué “une excellente nouvelle pour les propriétaires, que nous réclamions depuis le premier jour”. Le patron du Rassemblement national Jordan Bardella s’est félicité d’avoir “fait annuler la scandaleuse hausse de la taxe foncière” et “fait respecter la France des propriétaires”.Le maire de Saint-Germain-en-Laye et porte-parole du parti Horizons Arnaud Péricard s’est réjoui de cette “décentralisation” de la décision.”Toute modernisation des impôts locaux doit se faire tranquillement, en concertation avec les élus locaux. On ne peut pas balancer comme ça, à la sauvette, des choses qui angoissent nos concitoyens”, a réagi Antoine Homé, qui représentait l’Association des maires de France lors d’une réunion organisée à Bercy dans la matinée.”Nous voulons du temps pour comprendre les impacts concrets dans chaque département”, a indiqué de son côté Jean-François Debat, maire PS de Bourg-en-Bresse et représentant des villes moyennes.”Les bases de notre taxe foncière sont totalement archaïques et très largement injustes par rapport à la valeur des biens, mais il est sage de renoncer à une réforme forcément très partielle alors qu’on doit préparer une réforme de fond”, a estimé Boris Ravignon, maire DVD de Charleville-Mézières.

Le gouvernement confirme des débats avec vote à l’Assemblée sur la Défense puis le narcotrafic les 10 et 17 décembre

Des débats suivis de votes auront bien lieu à l’Assemblée nationale le 10 décembre sur “la trajectoire d’augmentation des moyens de nos armées” et le 17 décembre sur le narcotrafic, a confirmé mercredi la porte-parole du gouvernement Maud Bregeon.Ces débats font partie des discussions parlementaires thématiques sur des sujets jugés prioritaires annoncées lundi par le Premier ministre Sébastien Lecornu face au “blocage” sur le budget au Parlement. Il s’agit de débats en vertu de l’article 50-1 de la Constitution, suivis d’un vote non contraignant pour l’exécutif.Sur la défense nationale, “c’est un débat qui aurait dû avoir lieu dans la partie dépenses du projet de loi de finances”, mais le volet recettes ayant été rejeté, il “n’aura pas lieu en première lecture”, a expliqué la porte-parole devant la presse à l’issue du Conseil des ministres.”Et donc le Premier ministre estimait absolument nécessaire sur un sujet aussi crucial et démocratique, aussi important, que l’Assemblée nationale et le Sénat puissent se prononcer sur la nécessité, encore une fois, d’augmenter les moyens alloués à nos armées”, a-t-elle ajouté.L’augmentation des crédits de la Défense (+6 milliards d’euros) est régulièrement présentée au sein du camp gouvernemental comme un argument pour faire adopter le projet de budget de l’Etat avant le 31 décembre, plutôt que de passer par une loi spéciale qui permet à l’Etat de fonctionner, mais sans investissements massifs.”Sur les autres sujets qui ont été évoqués lundi, le Premier ministre échangera avec les différents groupes parlementaires pour définir les modalités et le calendrier des décisions qui devront être prises”, a complété Maud Bregeon.Le chef du gouvernement a annoncé lundi sa volonté de saisir le Parlement de différents débats thématiques (déficit, réforme de l’Etat, énergie, agriculture, sécurité) pour que les groupes se positionnent directement sur ces sujets en parallèle des débats sur les budgets de l’Etat et de la Sécurité sociale, dont les adoptions sont à ce stade très incertaines. 

Budget: Hollande juge qu’il ne faut pas se “priver” du 49.3

L’ancien président de la République François Hollande, désormais député, a affirmé mercredi qu’il ne fallait pas se “priver pour toujours” de l’article 49.3 de la Constitution, auquel le Premier ministre a promis de ne pas avoir recours pour faire passer le budget.”Il ne faut jamais se priver d’une disposition constitutionnelle”, a déclaré M. Hollande sur BFMTV, interrogé sur la possibilité que le gouvernement revienne sur sa décision et utilise le 49.3 en plein blocage budgétaire.”Nous verrons bien (…), c’est trop tôt pour le dire”, a estimé l’ex-président de la République, tout en jugeant qu’il serait “mieux” que le Parlement s’entende et vote.”Si on disait qu’on s’en priverait pour toujours, oui ce serait une erreur. Si on disait aussi on ne va pas continuer à chercher un compromis, ce serait une erreur”, a dit François Hollande, qui avait lui-même eu recours au 49.3 durant son mandat présidentiel.Le gouvernement, qui ne dispose pas de majorité à l’Assemblée nationale, a renoncé au 49.3 qui lui a permis depuis 2022 de faire adopter, sans vote, tous les budgets.L’examen des projets de budget de l’Etat et de la Sécurité sociale se poursuit cette semaine au Sénat mais les perspectives de compromis sont faibles alors que le volet recettes du premier a été rejeté quasi unanimement par l’Assemblée nationale vendredi soir et que la chambre haute est en train de détricoter celui de la Sécurité sociale. M. Hollande a cependant affirmé “croire” encore à la possibilité que le Parlement vote un budget.La porte-parole du gouvernement? Maud Bregeon, a voulu écarter l’hypothèse 49.3.Devant la presse à l’issue du Conseil des ministres, elle en a appelé à la “responsabilité des parlementaires” en affirmant que “loi spéciale, ordonnances ou retour par la fenêtre du 49.3 ne sont évidemment pas des solutions”.”Il n’y a pas d’alternative au compromis parlementaire. La loi spéciale et les ordonnances ne sont pas aujourd’hui des réponses”, a-t-elle martelé.Questionnée sur la possibilité que les socialistes enjoigne au gouvernement d’utiliser le 49.3, la porte-parole a répondu qu’ils ne l’ont “pas demandé” et que le Premier ministre, Sébastien Lecornu, s’est “très clairement engagé à ne pas utiliser le 49.3, pas uniquement pour faire plaisir aux socialistes” mais pour laisser le Parlement bâtir un budget.L’insoumis Eric Coquerel a accusé M. Hollande d’être le “poisson pilote du PS pour trouver des pistes de +compromis+ avec le macronisme”.”Je me suis laissé dire que Sébastien Lecornu pourrait utiliser le 49.3 à condition que le PS lui demande officiellement et évidement garantisse de ne pas voter la censure qui suivra”, a-t-il écrit sur X.

Retailleau dénonce la “tartufferie” de Lecornu sur un budget “tambouille”

Le président des Républicains, Bruno Retailleau, a dénoncé mercredi comme une “tartufferie” le choix de Sébastien Lecornu de procéder à des débats thématiques sur la défense ou l’énergie dans l’espoir de favoriser un compromis sur le budget qu’il rejette comme étant de “la tambouille”. La nouvelle méthode du Premier ministre, Sébastien Lecornu, “c’est de la tartufferie”, a réagi M. Retailleau sur franceinfo. “L’important pour le Parlement, ce n’est pas que de débattre, c’est de voter sur des textes qui vont s’appliquer et qui auront une vraie portée”, a-t-il jugé.Sur l’énergie, “il y a une proposition de loi (dite Gremillet, consacrant une relance massive du nucléaire) votée au Sénat en première lecture, ensuite à l’Assemblée, deuxième lecture au Sénat. Il suffirait d’un jour pour que cette proposition soit votée”, a-t-il jugé. Censé faire partie du socle commun (centre et droite) qui soutient le gouvernement, M. Retailleau est engagé dans une opposition virulente au gouvernement depuis son départ fracassant du ministère de l’Intérieur, même s’il n’est pas suivi par tous les députés LR dont le vote sera indispensable pour adopter le budget de l’État.Sur le budget, “le Premier ministre parle de compromis. Moi, je parle de tambouille”, a encore dénoncé le sénateur.Il a justifié à nouveau le départ de son parti d’un gouvernement “où c’est Monsieur Olivier Faure (premier secrétaire du PS, NDLR) qui décide et Monsieur Sébastien Lecornu qui exécute, un gouvernement où il y a une totale confusion, une politique qui désespère parce que c’est la tambouille politicienne”.

Pour la présidente de l’Assemblée Braun-Pivet, une majorité absolue n’est plus “souhaitable”

Le retour d’une majorité absolue n’est pas “souhaitable” à l’Assemblée nationale, où son absence depuis 2022 oblige à rechercher des compromis, a estimé la présidente de l’Assemblée, Yaël Braun-Pivet, dans un nouveau podcast diffusé mercredi.”J’ai une conviction personnelle forte qui est que nous n’aurons pas demain à nouveau une majorité absolue mais je pense surtout, et c’est ça ma conviction forte, c’est que ce n’est pas souhaitable pour notre pays”, a-t-elle déclaré dans le podcast “Dans l’Hémicycle”. “Je suis convaincue que la délibération collective avec des groupes politiques qui ne partagent pas les mêmes orientations mais qui essayent de trouver des solutions, elle est bénéfique”, a-t-elle poursuivi. Depuis 2022, le camp présidentiel auquel appartient Mme Braun-Pivet ne dispose pas d’une majorité absolue à l’Assemblée nationale. Face à une fragmentation de l’hémicycle encore accentuée depuis la dissolution de juin 2024, de nombreux députés disent espérer le retour d’une majorité absolue après l’élection présidentielle de 2027. Mais pas la présidente de l’Assemblée. “J’ai toujours privilégié le travail en collégialité, (…) et je m’étais toujours dit, au fond de moi, une Assemblée où il y a une majorité absolue, c’est une Assemblée qui finalement ne représente pas bien les Français”, a-t-elle déclaré dans cette interview.Sans majorité, pour décider par exemple de la création d’une commission d’enquête ou encore de la tenue d’un débat, “vous présentez nécessairement des décisions qui sont les plus justes pour l’institution et les plus équilibrées, parce qu’autrement, ça ne passe pas”, a-t-elle dit.Cette situation force aussi à “inventer des nouvelles façons de faire”, a-t-elle ajouté en donnant l’exemple des semaines dédiées aux textes proposés par les députés, auparavant dévolues à ceux de la majorité. Depuis 2022, ces semaines sont devenues “transpartisanes”, avec des propositions soutenues par différents groupes.Au moment où les débats budgétaires peinent à aboutir, Mme Braun-Pivet a toutefois estimé qu’il fallait encore “adapter” les règles de l’Assemblée à cette nouvelle configuration. Elle a rappelé avoir lancé une réflexion autour d’une modification du règlement de l’institution. 

En France, les autorités inquiètes de l’influence de la nébuleuse MAGA

Avec le retour au pouvoir de Donald Trump, la droite radicale américaine s’est engagée dans une offensive idéologique hors de ses frontières, notamment en France où les autorités surveillent de près les manoeuvres d’influence de cette nébuleuse, à l’approche d’importantes d’échéances électorales.Viginum, le service gouvernemental chargé de détecter les ingérences numériques étrangères, n’a à ce jour documenté aucune action coordonnée émanant de la sphère trumpiste MAGA – acronyme du slogan du président américain “Make America Great Again”. Mais il existe une vraie préoccupation”, confie une source sécuritaire à l’AFP.Dans la sphère MAGA, mouvance traversée par d’importantes divergences d’opinions, certains entendent pousser en Europe l'”idéologie nationaliste ultra-conservatrice”, souligne Célia Belin, du centre de réflexion ECFR (European Council on Foreign Relations).L’administration américaine elle-même ne se prive pas de s’immiscer dans les affaires du Vieux continent.En juin, Donald Trump affirmait que l’Europe devait agir contre “l’immigration hors de contrôle”.Quelques mois plus tôt, en février, son vice-président, JD Vance, avait déjà attaqué avec virulence les pays européens dans un discours retentissant à Munich, avant d’échanger avec Alice Weidel, la dirigeante du parti d’extrême droite allemand AfD, à une semaine d’élections législatives.- “Laboratoire” -Les contacts des dirigeants américains avec “l’extrême droite internationale” sont beaucoup plus assumés que lors du premier mandat Trump (2017-2021), explique Nina Jankowicz, cofondatrice d’une organisation de lutte contre la désinformation après un court passage dans l’administration Biden en 2022: “Aujourd’hui, c’est une politique officielle”.Comme l’Allemagne, la France, qui tient des élections municipales au printemps 2026 puis présidentielle en 2027, fait partie des cibles.Pour Nathalie Loiseau, eurodéputée Renew (centre), “les éléments de langage de l’extrême droite européenne sont très souvent des copiés-collés de ce que l’on peut entendre du côté des MAGA”. Dernier exemple notable en date: l’offensive coordonnée de partis d’extrême droite au Parlement européen pour exiger une minute de silence pour l’Américain Charlie Kirk, l’influenceur MAGA assassiné en septembre 2025, et en proposant son nom pour le prix Sakharov pour la liberté d’expression. Une initiative portée par le groupe de l’eurodéputée française du parti Reconquête, Sarah Knafo. “Nous sommes confrontés à des enjeux très similaires” à ceux des Américains, assume-t-elle, en expliquant à l’AFP entretenir des contacts avec plusieurs acteurs de la sphère MAGA: “Ils sont pour nous un laboratoire de ce qui fonctionne et de ce qui ne fonctionne pas”.- Reconquête en phase, RN plus ambigu -Reconquête, dont le candidat Eric Zemmour a obtenu 7% des suffrages à la présidentielle de 2022, est le parti “le plus en phase avec certains pans de la rhétorique MAGA”, observe Jean-Yves Camus, spécialiste de l’extrême droite française.Pour Marion Maréchal, autre eurodéputée d’extrême droite et ex-membre de Reconquête, le soutien de la sphère MAGA est “politique et médiatique”, affirme-t-elle à l’AFP.”La liberté sur les réseaux sociaux aide à établir ce contact, cette passerelle, et à nous renforcer les uns les autres pour avancer dans nos combats communs”, détaillait-elle début novembre, après avoir rencontré à Paris Alex Bruesewitz, conseiller média de la campagne de Trump et figure de la sphère MAGA.Son passage à Paris a été facilité par une association française, la Bourse Tocqueville, qui orchestre rencontres et échanges entre conservateurs des deux côtés de l’Atlantique. L’entité, dirigée par le couple franco-américain Kate et Alexandre Pesey, a notamment organisé une visite début mai à Paris de Kevin Roberts, président du cercle de réflexion conservateur Heritage Foundation, considéré comme le réservoir idéologique de la pensée trumpiste.Kevin Roberts expliquait alors vouloir tisser des liens avec des Européens qui souhaitent s’allier “avec des amis américains, afin de pouvoir ressusciter l’esprit de la civilisation occidentale”.Du côté du Rassemblement national, principal parti d’extrême droite français qui ambitionne de conquérir le pouvoir en 2027, l’attitude à l’égard de la sphère MAGA est plus ambiguë.”On a toujours dit qu’on voulait être une voix indépendante, qu’on n’est affilié ni aux uns, ni aux autres”, assure à l’AFP le vice-président du RN Louis Aliot, qui a assisté à l’investiture de Donald Trump ainsi qu’à l’hommage rendu à Charlie Kirk en septembre dans le Colorado.”On peut se trouver des points communs sur des thématiques telles que la lutte contre l’immigration et la protection des frontières” ou la dénonciation du “wokisme”, détaille M. Aliot.Mais il existe des différences: “Ils sont dans une dynamique qui mêle patriotisme et d’une certaine manière religion, qui nous est totalement étrangère”.Pour le camp trumpiste, “avec l’Allemagne et le Royaume-Uni, c’est plus facile” qu’en France “car leurs partis (nationalistes, NDLR) sont davantage alignés avec l’agenda MAGA”, commente une source diplomatique française.- Rôle de la “Big Tech” -Pour faire circuler les narratifs MAGA en Europe, le rôle des plateformes “Big Tech” (Apple, Alphabet, Meta…) est fondamental, souligne Maud Quessard, spécialiste de politique étrangère américaine et chercheuse à l’Institut de Recherche Stratégique de l’Ecole Militaire (Irsem).Le patron de Viginum, Marc-Antoine Brillant, a récemment appelé au Sénat à considérer les plateformes comme “des acteurs de la menace informationnelle”, capables “d’agir sur le débat public en France au travers de leurs algorithmes” ou de “l’abaissement des politiques de modération”.En Allemagne, plus de la moitié des contenus politiques recommandés sur X étaient favorables à l’AfD lors des élections législatives de février, selon l’ONG Global Witness. Le chiffre montait même à 78% sur la plateforme chinoise TikTok.La réponse publique des autorités françaises et européennes, qui craignent d’éventuelles mesures de rétorsion de Donald Trump, reste à ce stade timide.Le ministère français des Affaires étrangères a bien lancé en septembre le compte X “French response”, dont l’objectif est de réagir aux fausses informations visant la France sur les réseaux sociaux.Mais “pour l’instant, ce compte a une visibilité limitée” avec moins de 10.000 abonnés, observe le chercheur Julien Nocetti, spécialiste des questions de guerre informationnelle. Pas de quoi faire de l’ombre à l’influence numérique du patron de X, Elon Musk, un temps fervent soutien du président américain.tll-gbh-Dt-dab/sva/hba

L’ex-ministre Delphine Batho candidate à la présidentielle pour conjurer la “rikikisation” de l’écologie

L’ex-ministre écologiste Delphine Batho a annoncé mardi dans L’Obs sa candidature à l’élection présidentielle de 2027 pour conjurer une “rikikisation” et une “disparition” de l’écologie, se disant “opposée” à une primaire de la gauche.”J’ai décidé de me porter candidate à l’élection présidentielle”, a dit celle qui fut ministre de l’Ecologie de l’ex-président socialiste François Hollande en 2012-2013, dans cet entretien mis en ligne mardi soir.L’ancienne socialiste âgée de 52 ans, aujourd’hui présidente du parti Génération écologie, justifie sa décision par la volonté des Ecologistes de Marine Tondelier de rejoindre une future primaire de la gauche. Selon elle, ils “ont franchi un Rubicon, actant qu’il n’y aurait pas de bulletin écologiste au premier tour”. “Ce n’est pas une affaire de personne, mais un choix visant à reconstruire en France une écologie capable de gouverner. Si d’autres personnalités écologistes sont prêtes à rompre avec la logique de disparition, nous sommes tout à fait ouverts et favorables à ce qu’il y ait une primaire entre écologistes”, a ajouté la députée des Deux-Sèvres. Elle avait déjà été candidate malheureuse à la primaire écologiste en vue de la présidentielle de 2022.”L’écologie est en voie de +rikikisation+, si j’ose dire. Elle est en passe de devenir un satellite de l’extrême gauche”, a-t-elle déploré.La patronne des Écologistes Marine Tondelier a aussi déclaré sa candidature, mais pour porter les couleurs de son parti à une primaire de la gauche que plusieurs forces tentent d’organiser.”Je suis opposée à cette primaire”, a martelé Delphine Batho, jugeant que “le discours unitaire est un cache-misère” qui “cache un vide, et dans ce vide, il y a beaucoup d’ambiguïtés”.

Aulas et LR font alliance pour les élections à la métropole de Lyon

L’ancien patron de l’OL et candidat à la mairie de Lyon Jean-Michel Aulas et la cheffe de file LR aux élections métropolitaines ont annoncé mardi faire alliance pour tenter de reprendre aux écologistes la puissante collectivité.En cas de victoire en mars, Véronique Sarselli, maire LR de Sainte-Foy-lès-Lyon, deviendra présidente du Grand Lyon, la deuxième métropole de France avec 1,4 million d’habitants, et “elle a accepté que je siège à ses côtés dans l’exécutif métropolitain”, a déclaré l’ancien président de l’Olympique lyonnais.L’accord repose sur un principe de “clarté démocratique”, a-t-il ajouté pendant l’inauguration de leur local de campagne: “il n’y aura aucune alliance ni de près, ni de loin avec les extrêmes, ni au premier, ni au second tour”. Les deux parties se sont également mises d’accord pour la parité des têtes de liste dans les 14 circonscriptions, a-t-il souligné.”Je vous remercie de faire cette union avec les maires en première ligne”, a poursuivi Véronique Sarselli, désignée au printemps par son parti pour mener la campagne du Grand Lyon, la seule communauté d’agglomération de France dont l’assemblée est élue au suffrage universel direct.De son côté, Jean-Michel Aulas est parti en campagne pour la mairie de Lyon en septembre, sans étiquette mais avec le soutien d’une large coalition du centre et de la droite. Donné grand favori des sondages face au maire écologiste sortant Grégory Doucet, il a vite déclaré vouloir utiliser cette dynamique au niveau métropolitain avec des listes baptisées “Grand coeur lyonnais”.Ces dernières semaines, il avait obtenu le ralliement des élus Renaissance ou Modem mais Véronique Sarselli, forte du soutien des nombreux maires LR de l’agglomération, tardait à faire de même.Mardi, elle a expliqué se ranger derrière la bannière Grand cœur lyonnais parce qu’elle “rassemble” et qu’elle est “très attendue” par les habitants qui désirent l’alternance.L’écologiste Bruno Bernard, 54 ans, qui préside le Grand Lyon depuis 2020, n’a pas encore officialisé son entrée en lice.La métropole de Lyon, créée en 2015, a repris les compétences du département sur les 58 communes qui la composent. Dotée d’un budget de près de 4 milliards d’euros (contre moins de 1,2 milliard pour la ville de Lyon), elle dispose de larges compétences: développement économique, voirie, collèges, action sociale…

Budgets: le Sénat rétablit la réforme des retraites, Lecornu et Faure croient toujours au compromis

Inflexible, le Sénat s’est opposé mardi soir à la suspension de la réforme des retraites, signal supplémentaire d’un compromis budgétaire toujours impossible à entrevoir au Parlement, malgré les espoirs de Sébastien Lecornu et Olivier Faure.Dominée par la droite, la chambre haute s’est prononcée à 190 voix contre 108 pour refuser ce décalage à janvier 2028 de la réforme “Borne” portant l’âge légal de départ à 64 ans, principale condition posée par les socialistes pour ne pas censurer le gouvernement. La mesure pourra être rétablie par l’Assemblée nationale par la suite dans le budget de la Sécurité sociale, mais l’opposition très ferme du Sénat risque d’acter des divergences irréconciliables entre les deux chambres du Parlement, au moins sur ce texte.La chambre haute a notamment rétabli une autre mesure très irritante: le gel en 2026 des prestations sociales et des pensions de retraite. Les sénateurs ont néanmoins préservé les pensions inférieures à 1.400 euros par mois qui resteront indexées sur l’inflation.Ces désaccords profonds entre Assemblée et Sénat risquent d’aboutir à un échec de la commission mixte paritaire (CMP) prévue mercredi soir sur le budget de la Sécu, après le vote du Sénat programmé dans l’après-midi.”Il y a zéro chance qu’il y ait un accord”, a encore balayé mardi un cadre de la coalition gouvernementale. Conséquence: l’Assemblée nationale devra statuer sur le projet de budget de la Sécurité sociale en nouvelle lecture la semaine prochaine.- Le PS refuse un “échec collectif” -Un compromis impossible ? “Nous allons y arriver”, ont pourtant rétorqué tour à tour le chef du gouvernement Sébastien Lecornu lundi et le premier secrétaire du PS, Olivier Faure, utilisant la même formule. Le président Emmanuel Macron a lui aussi dit mardi, sur RTL, avoir “bon espoir” que les parlementaires, “dont c’est la responsabilité”, parviennent à un accord. Et ce, malgré le rejet du projet de budget de l’Etat 2026 en première lecture vendredi par la quasi-unanimité des députés.Le Premier ministre propose une nouvelle méthode: l’organisation de débats suivis de votes au Parlement sur plusieurs “priorités absolues” à commencer par la défense le 10 décembre, puis le narcotrafic. “Nous avons besoin de faire avancer le pays”, a de son côté plaidé sur franceinfo M. Faure, refusant un “échec collectif” et regrettant que La France insoumise et le Rassemblement national cherchent à “faire dérailler le train”. Deux formations dont M. Lecornu a également dénoncé le “cynisme” et la volonté de “blocage”.Tel un “éclaireur”, le Premier ministre entend “aiguiller” les discussions budgétaires avec ces débats thématiques pour convaincre ses soutiens de la droite et du centre de voter les budgets, explique un proche.Devant le groupe EPR (Renaissance), il a souhaité, d’après un participant, ne “pas laisser s’installer la petite musique” d’une “loi spéciale”, en ciblant le patron des Républicains Bruno Retailleau. Ce dernier a clairement laissé entendre qu’il préfèrerait cette loi pour pallier l’absence de budget et assurer la continuité de l’Etat début 2026.”La suspension de la réforme des retraites, c’est le tribut payé par le Gouvernement à la gauche pour durer”, a-t-il encore lancé mardi soir au Sénat.Le chef des sénateurs PS Patrick Kanner a dénoncé en retour le “matraquage méthodique, inique, cynique” par la droite “des quelques avancées qui avaient été obtenues à l’Assemblée nationale”.- “Se défausser” -Avec sa proposition de débats à l’Assemblée, Sébastien Lecornu peut-il faire bouger les lignes ? “Lecornu veut forcer les LR à voter pour le budget avec le socle commun, en les faisant voter d’abord sur la défense”, analyse un membre du groupe PS.Après le renoncement au 49.3, le locataire de Matignon n’en est pas à son premier “changement de méthode”. Mais sa manière de procéder interroge jusqu’à ses propres soutiens.Le président de la commission des Affaires sociales de l’Assemblée nationale, Frédéric Valletoux (groupe Horizons), fustige dans le journal L’Opinion un gouvernement qui “se contente de faire les additions des mesures votées, comme s’il allait rejeter par avance la faute de l’échec des discussions sur le Parlement”. Or il “ne peut pas se défausser et se placer uniquement en spectateur” de propositions “qui viennent de lui”.Le Premier ministre “godille en fonction des événements matin, midi et soir”, avance un autre cadre du bloc central.bpa-parl-are-ama/sde/swi