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Derniers prĂ©paratifs avant l’inhumation de Jean-Marie Le Pen Ă  La TrinitĂ©-sur-Mer

Les obsèques de Jean-Marie Le Pen, dĂ©cĂ©dĂ© mardi Ă  l’âge de 96 ans, doivent ĂŞtre cĂ©lĂ©brĂ©es samedi Ă  14H30 dans l’intimitĂ© familiale dans sa ville natale de La TrinitĂ©-sur-Mer (Morbihan), oĂą de nombreuses forces de l’ordre ont Ă©tĂ© dĂ©ployĂ©es pour Ă©viter tout incident.MalgrĂ© un ciel couvert et un temps froid, quelques badauds ont commencĂ© Ă  se rassembler dans le calme en fin de matinĂ©e aux abords de la petite Ă©glise Saint-Joseph, devant laquelle des barrières de sĂ©curitĂ© ont Ă©tĂ© installĂ©es, selon des journalistes de l’AFP sur place. “Je suis venu en curieux, pour rendre hommage Ă  un homme qui a servi la France et qui a aimĂ© la France”, explique Johann, 40 ans, qui vit non loin Ă  Auray (Morbihan). De nombreuses forces de l’ordre Ă©taient visibles dans le bourg et le port. Une centaine d’entre eux, dont un escadron de gendarmes mobiles, ont Ă©tĂ© mobilisĂ©s pour Ă©viter tout dĂ©bordement, selon une source proche du dossier.Quelque 200 personnes pourront assister aux obsèques qui doivent ĂŞtre cĂ©lĂ©brĂ©es par le père Dominique Le Quernec, recteur de la paroisse de Carnac, selon une source religieuse.L’ex-leader de l’extrĂŞme droite française doit ĂŞtre inhumĂ© dans le caveau oĂą reposent ses parents. Des barrières ont Ă©tĂ© Ă©rigĂ©es autour du cimetière, situĂ© Ă  quelques centaines de mètres de l’Ă©glise.Plusieurs couronnes ou gerbes de fleurs, commandĂ©es notamment par des dĂ©putĂ©s ou sĂ©nateurs du Rassemblement national, Ă©taient visibles chez le fleuriste de la commune.”Le Menhir” avait exprimĂ© par le passĂ© son souhait d’ĂŞtre inhumĂ© dans le caveau familial Ă  La TrinitĂ©-sur-Mer, commune touristique du littoral de 1.700 habitants, oĂą il a grandi.Une autre cĂ©rĂ©monie, “religieuse et d’hommage”, aura elle lieu le 16 janvier Ă  11H00 en l’Ă©glise Notre Dame du Val-de-Grâce Ă  Paris, rattachĂ©e au diocèse aux ArmĂ©es françaises. Cette messe, dĂ©cidĂ©e par Marine Le Pen et ses sĹ“urs Marie-Caroline et Yann, sera elle ouverte au public.Les deux Ă©vĂ©nements devraient rester propices au recueillement, a estimĂ© Louis Aliot, vice-prĂ©sident du RN, alors que mardi soir, plusieurs centaines d’opposants se sont rassemblĂ©s dans certaines villes de France, dont Paris, Lyon ou Rennes, pour cĂ©lĂ©brer, avec chants, fumigènes et feux d’artifice, le dĂ©cès de “JMLP”.”Ils ne vont pas venir manifester Ă  un enterrement. Et s’ils le font, je suppose que l’Etat veillera Ă  les maintenir loin”, a prĂ©venu le maire de Perpignan.- ArrĂŞtĂ© prĂ©fectoral -Vendredi, le prĂ©fet du Morbihan Pascal Bolot a pris un arrĂŞtĂ© d’interdiction de manifester dans la commune, Ă©tant donnĂ© que “la personnalitĂ© politique du dĂ©funt” Ă©tait “susceptible d’attirer, en marge de la cĂ©rĂ©monie religieuse et de l’inhumation, une forte affluence composĂ©e Ă  la fois de sympathisants mais aussi possiblement Ă©galement d’opposants”.La prĂ©fecture motive son arrĂŞtĂ© par “les risques de perturbations et de contre-manifestations susceptibles de provoquer des affrontements entre des mouvements antagonistes aux idĂ©ologies diamĂ©tralement opposĂ©es et incitant rĂ©gulièrement Ă  la violence”.Le ministre de l’IntĂ©rieur Bruno Retailleau avait jugĂ© “honteuses” les scènes de liesse mardi tandis que Mathilde Panot, patronne des dĂ©putĂ©s LFI, avait dit ne pas ĂŞtre “choquĂ©e”.Tribun provocateur, obsĂ©dĂ© par l’immigration et les juifs, Jean-Marie Le Pen a Ă©tĂ© condamnĂ© pour plusieurs de ses dĂ©clarations sur la Seconde guerre mondiale, et pour des injures homophobes.Elu dĂ©putĂ© en 1956 sous la IVe RĂ©publique, il avait sorti l’extrĂŞme droite française de sa marginalitĂ© au cours d’une carrière politique qui a marquĂ© la Ve RĂ©publique.Cet ancien combattant d’Indochine Ă©tait ensuite reparti, en AlgĂ©rie, oĂą il sera accusĂ© de torture – ce qu’il a toujours contestĂ©.Le 21 avril 2002, il choque la classe politique et une grande partie de l’opinion publique françaises en accĂ©dant au second tour de la prĂ©sidentielle derrière le sortant Jacques Chirac.Jean-Marie Le Pen, après avoir Ă©tĂ© mariĂ© avec Pierrette Lalanne, la mère de ses filles Marie-Caroline, Yann (elle-mĂŞme mère de l’eurodĂ©putĂ©e Marion MarĂ©chal) et Marine, avait Ă©pousĂ© en secondes noces Jany Paschos.En 2019, le port breton et l’Ă©glise Saint-Joseph avaient accueilli les obsèques d’un autre personnage qui avait marquĂ© son Ă©poque, le chanteur Alain Barrière.

DiagnostiquĂ©e d’un cancer du sein il y a trois ans, Braun-Pivet appelle les femmes Ă  se faire dĂ©pister

La prĂ©sidente de l’AssemblĂ©e nationale, YaĂ«l Braun-Pivet, a rĂ©vĂ©lĂ© avoir Ă©tĂ© diagnostiquĂ©e d’un cancer du sein il y a trois ans Ă  l’occasion d’un examen de routine, et suivre aujourd’hui une hormonothĂ©rapie, appelant les  femmes Ă  se faire dĂ©pister.”Aujourd’hui, je vais bien”, Ă©crit sur X Mme Braun-Pivet, prĂ©sidente de l’AssemblĂ©e nationale depuis juin 2022, relayant un extrait d’une interview publiĂ©e par le mĂ©dia Mesdames vendredi. “Je suis sous hormonothĂ©rapie et je suis suivie rĂ©gulièrement par une Ă©quipe de soignants qui tout au long de ce processus a Ă©tĂ© formidable d’engagement et de dĂ©vouement”, prĂ©cise-t-elle.”En 2022, dans la sĂ©rie des bonnes rĂ©solutions de nouvel an, je me suis dit : +allez, j’y vais maintenant+. J’ai pris rendez-vous pour une mammographie… et c’est Ă  cette occasion que mon cancer a Ă©tĂ© dĂ©tectĂ©”, affirme-t-elle, parlant d’un “coup de tonnerre dans (sa) vie”.Alors que le cancer du sein est “la première cause de mortalitĂ© par cancer chez les femmes”, “près d’une femme sur deux ne fait pas le dĂ©pistage auquel elle a droit tous les deux ans”, souligne la dĂ©putĂ©e Renaissance des Yvelines auprès de Mesdames. “Il faut que toutes les femmes fassent ce dĂ©pistage”, insiste-t-elle.

Jean-Marie Le Pen doit être inhumé à La Trinité-sur-Mer dans la stricte intimité familiale

Les obsèques de Jean-Marie Le Pen, dĂ©cĂ©dĂ© mardi Ă  l’âge de 96 ans, auront lieu samedi Ă  14H30 dans sa ville natale de La TrinitĂ©-sur-Mer (Morbihan), dans la plus stricte intimitĂ© familiale, avec un dispositif de sĂ©curitĂ© devant “prĂ©venir les Ă©ventuels troubles Ă  l’ordre public”.La cĂ©rĂ©monie doit se tenir dans la petite Ă©glise Saint-Joseph oĂą quelque 200 personnes pourront assister aux obsèques qui doivent ĂŞtre cĂ©lĂ©brĂ©es par le père Dominique Le Quernec, recteur de la paroisse de Carnac, a indiquĂ© Ă  l’AFP une source religieuse.L’ex-leader de l’extrĂŞme droite française doit ĂŞtre inhumĂ© dans le caveau oĂą reposent ses parents. “Le Menhir” avait exprimĂ© par le passĂ© son souhait d’ĂŞtre inhumĂ© dans le caveau familial Ă  La TrinitĂ©-sur-Mer, commune touristique du littoral de 1.700 habitants, oĂą il a grandi.Une autre cĂ©rĂ©monie, “religieuse et d’hommage”, aura elle lieu le 16 janvier Ă  11H00 en l’Ă©glise Notre Dame du Val-de-Grâce Ă  Paris, rattachĂ©e au diocèse aux ArmĂ©es françaises. Cette messe, dĂ©cidĂ©e par Marine Le Pen et ses sĹ“urs Marie-Caroline et Yann, sera elle ouverte au public.Les deux Ă©vĂ©nements devraient rester propices au recueillement, a estimĂ© Louis Aliot, vice-prĂ©sident du RN, alors que mardi soir, plusieurs centaines d’opposants se sont rassemblĂ©s dans certaines villes de France, dont Paris, Lyon ou Rennes, pour cĂ©lĂ©brer, avec chants, fumigènes et feux d’artifice, le dĂ©cès de “JMLP”.”Ils ne vont pas venir manifester Ă  un enterrement. Et s’ils le font, je suppose que l’Etat veillera Ă  les maintenir loin”, a prĂ©venu le maire de Perpignan.- ArrĂŞtĂ© prĂ©fectoral -Vendredi, le prĂ©fet du Morbihan Pascal Bolot a pris un arrĂŞtĂ© d’interdiction de manifester dans la commune, Ă©tant donnĂ© que “la personnalitĂ© politique du dĂ©funt” Ă©tait “susceptible d’attirer, en marge de la cĂ©rĂ©monie religieuse et de l’inhumation, une forte affluence composĂ©e Ă  la fois de sympathisants mais aussi possiblement Ă©galement d’opposants”.La prĂ©fecture motive Ă©galement son arrĂŞtĂ© par “les risques de perturbations et de contre-manifestations susceptibles de provoquer des affrontements entre des mouvements antagonistes aux idĂ©ologies diamĂ©tralement opposĂ©es et incitant rĂ©gulièrement Ă  la violence”.Le ministre de l’intĂ©rieur Bruno Retailleau avait jugĂ© “honteuses” les scènes de liesse mardi tandis que Mathilde Panot, patronne des dĂ©putĂ©s LFI, avait dit ne pas ĂŞtre “choquĂ©e”.Selon la prĂ©fecture du Morbihan, “un dispositif de sĂ©curitĂ© sera mis en place pour assurer que les obsèques se dĂ©roulent dignement et prĂ©venir les Ă©ventuels troubles Ă  l’ordre public”.Une centaine de forces de l’ordre, dont un escadron de gendarmes mobiles, seront prĂ©sents pour Ă©viter tout dĂ©bordement, selon une source proche du dossier.Tribun provocateur, obsĂ©dĂ© par l’immigration et les juifs, Jean-Marie Le Pen a Ă©tĂ© condamnĂ© pour plusieurs de ses dĂ©clarations sur la Seconde guerre mondiale, et pour des injures homophobes.Elu dĂ©putĂ© en 1956 sous la IVe RĂ©publique, il avait sorti l’extrĂŞme droite française de sa marginalitĂ© au cours d’une carrière politique qui a marquĂ© la Ve RĂ©publique.Cet ancien combattant d’Indochine Ă©tait ensuite reparti, en AlgĂ©rie, oĂą il sera accusĂ© de torture – ce qu’il a toujours contestĂ©.Le 21 avril 2002, il choque la classe politique et une grande partie de l’opinion publique françaises en accĂ©dant au second tour de la prĂ©sidentielle derrière le sortant Jacques Chirac.Jean-Marie Le Pen, après avoir Ă©tĂ© mariĂ© avec Pierrette Lalanne, la mère de ses filles Marie-Caroline, Yann (elle-mĂŞme mère de l’eurodĂ©putĂ©e Marion MarĂ©chal) et Marine, avait Ă©pousĂ© en secondes noces Jany Paschos.En 2019, le port breton et l’Ă©glise Saint-Joseph avaient accueilli les obsèques d’un autre personnage qui avait marquĂ© son Ă©poque, le chanteur Alain Barrière.

Retraites, budget… nĂ©gociations intenses, Lombard pense qu’on peut “avancer”

A l’approche de la dĂ©claration de politique de gĂ©nĂ©rale de François Bayrou mardi, les tractations se sont intensifiĂ©es sur les retraites et le budget, le ministre de l’Économie Éric Lombard jugeant possible “d’avancer”, alors que les socialistes demandant une suspension de l’application de la mesure des 64 ans, le temps de sa renĂ©gociation.En fin de journĂ©e, Éric Lombard a estimĂ© devant la presse, Ă  l’issue d’une semaine-marathon entre Bercy et les partis politiques reprĂ©sentĂ©s au Parlement, que l’esprit qui a animĂ© le dialogue “permettra d’avancer”. Dans le mĂŞme temps, un Ă©cologiste a dit Ă  l’AFP sentir les nĂ©gociations “s’enliser”.Depuis plusieurs jours, dĂ©clenchant la fureur de Jean-Luc MĂ©lenchon qui a dĂ©noncĂ© “leur servilitĂ©”, socialistes, Écologistes et communistes discutent avec le gouvernement, principalement Bercy. Avec l’objectif de trouver “un chemin” qui leur permettrait de ne pas voter la motion de censure que les Insoumis ont l’intention de dĂ©poser après la dĂ©claration de politique gĂ©nĂ©rale.Le chef des sĂ©nateurs socialistes Patrick Kanner a Ă©voquĂ© sur franceinfo, Ă  dĂ©faut d’une abrogation de la rĂ©forme des retraites entrĂ©e en vigueur en septembre 2023, une suspension de l’application du report progressif de l’âge de dĂ©part de 62 Ă  64 ans, pendant 6 mois, le temps d’une renĂ©gociation avec les partenaires sociaux.”Cette nĂ©gociation de six mois pourrait commencer très vite et, pendant ce temps lĂ , nous demandons une suspension ou l’Ă©quivalent d’une suspension”, a dit M. Kanner.Il a ensuite prĂ©cisĂ© Ă  l’AFP que cette durĂ©e de six mois rĂ©sultait d’une rĂ©flexion personnelle, qui n’engageait pas le Parti socialiste. “Si nous sommes entendus (…), il n’y aura pas de censure portĂ©e par les socialistes”, a assurĂ© le sĂ©nateur. Les discussions porteraient notamment sur les “64 ans”, “j’ai senti quelques bougĂ©s au niveau du gouvernement”.Au final, “l’arbitrage va revenir Ă  François Bayrou”, mais une des pistes envisagĂ©es est bien de faire “une pause” sur la rĂ©forme pour rĂ©enclencher des nĂ©gociations, a confirmĂ© Ă  l’AFP un cadre de la majoritĂ©.Ces discussions poussĂ©es avec le gouvernement mettent en fureur La France insoumise, qui accuse dĂ©sormais le PS de vouloir abandonner la retraite par rĂ©partition pour un système de retraite par points, cher Ă  Emmanuel Macron, ce qu’a dĂ©menti le secrĂ©taire gĂ©nĂ©ral Pierre Jouvet, dĂ©nonçant une “fake news”.- discussion “jusqu’Ă  lundi soir” -Une “synthèse” des Ă©changes entre le gouvernement et les formations politiques sera transmise samedi au Premier ministre, a fait savoir Éric Lombard, saluant “l’esprit de responsabilitĂ© et de transparence qui a animĂ© toute cette semaine”. La ministre des Comptes publics AmĂ©lie de Montchalin, qui l’accompagnait, s’est dite “très rassurĂ©e”: “il y a dans notre pays des responsables politiques qui (…) partagent le sentiment (…) qu’il nous faut un budget rapidement”.Les locataires de Bercy seront reçus samedi soir par François Bayrou, avec la ministre du Travail et de la SantĂ© Catherine Vautrin, selon une source au sein de l’exĂ©cutif.Le dĂ©bat porte avant tout sur le coĂ»t d’une remise en cause de la rĂ©forme alors que le gouvernement souhaite un effort budgĂ©taire d’environ 50 milliards d’euros cette annĂ©e.Selon la Caisse nationale d’assurance vieillesse, abroger le recul de l’âge de la retraite coĂ»terait 3,4 milliards d’euros en 2025 et près de 16 milliards en 2032. Le PS propose de mettre Ă  contribution le Fonds de rĂ©serve des retraites créé Ă  la fin des annĂ©es 1990, Ă  hauteur de 2 Ă  3 milliards d’euros cette annĂ©e. Le gouvernement ne doit pas non plus s’aliĂ©ner le soutien des macronistes qui ont dĂ©fendu la rĂ©forme en dĂ©pit des manifestations massives des opposants. À cĂ´tĂ© des retraites, les socialistes ont mis d’autres questions sur la table, comme les suppressions de postes dans l’Éducation nationale ou la justice fiscale. Selon le journal L’Opinion, AmĂ©lie de Montchalin a Ă©voquĂ© devant eux la piste d’une taxation du patrimoine des plus riches.  A la presse vendredi soir, la ministre a simplement fait part de la “conviction” du gouvernement qu’il ne fallait pas “rĂ©duire le dĂ©ficit en augmentant les impĂ´ts pour les classes moyennes”.Outre l’abandon de la rĂ©forme des retraites, les Écologistes rĂ©clament, eux, de “remettre 7 milliards a minima sur l’environnement”, a expliquĂ© Marine Tondelier Ă  l’AFP.  far-caz-od-sde/jp/

La méthode Bayrou: des poids lourds en première ligne, un Premier ministre en surplomb

Par pragmatisme ou pour limiter les risques, François Bayrou assume de rester en retrait des nĂ©gociations sur le budget, laissant ses poids lourds Ă  la manĹ“uvre pour tenter d’obtenir une non-censure de la gauche sans froisser ses partenaires de la droite et du centre.C’est le Premier ministre qui arbitrera nĂ©anmoins les choix budgĂ©taires susceptibles d’Ă©viter une censure des socialistes, qui devraient figurer dans sa dĂ©claration de politique gĂ©nĂ©rale mardi.A dĂ©faut d’avoir pu faire entrer dans le gouvernement des ministres socialistes, François Bayrou a nommĂ© des “poids lourds” qui ont une “histoire” avec la gauche, explique une source gouvernementale, dont Eric Lombard (Economie), un ancien banquier Ă  la fibre rocardienne, qui a pilotĂ© l’essentiel des discussions.François Bayrou entend les laisser s’exprimer dans les mĂ©dias et ne relira pas leurs interviews comme c’est d’usage, parce que c’est “infantilisant”, explique-t-on Ă  Matignon.Au risque de rĂ©veiller des compĂ©titions mortifères en vue de la prĂ©sidentielle, comme celle entrevue dans les expressions multiples des ministres Bruno Retailleau (IntĂ©rieur, LR) et GĂ©rald Darmanin (Justice, Renaissance), bien que ces derniers s’en dĂ©fendent.- “Un pas vers l’autre” -Pour le budget, c’est Eric Lombard et sa collègue du Budget AmĂ©lie de Montchalin, et non le Premier ministre, qui ont reçu tour Ă  tour les groupes parlementaires, et Ă  deux reprises les reprĂ©sentants socialistes, sans les voix desquelles les dĂ©putĂ©s LFI et du Rassemblement national ne peuvent pas faire tomber le gouvernement.Catherine Vautrin, en charge du projet de loi de financement de la SĂ©curitĂ© sociale, a elle aussi entendu les forces politiques.Le ministre de l’Economie remettra, avec ses collègues, samedi soir Ă  François Bayrou la “synthèse” de ce dialogue qui d’après lui “permettra d’avancer” sur le budget 2025. Eric Lombard “sait faire dans les nĂ©gos”, souligne un de ses amis, ancien ministre macroniste, mĂŞme si “ce n’est pas la mĂŞme chose de nĂ©gocier un accord politique et un closing bancaire”.Concernant la mĂ©thode Bayrou, un ancien dĂ©putĂ© MoDem dĂ©fend le “pragmatisme” du BĂ©arnais car sur “quelques points”, les Français “ne sont ni de droite ni de gauche”. Une ancienne ministre macroniste salue, elle, la dĂ©marche de “laisser les ministres y aller”, sans “esbroufe”, en “respectant” le Parlement.François Bayrou a Ă©changĂ© de son cĂ´tĂ© avec les partenaires sociaux, qui se sont entretenus Ă©galement avec M. Lombard. Une mĂ©thode qui diffère d’Emmanuel Macron, accusĂ© de contourner les corps intermĂ©diaires et d’oublier la gauche.”Jamais je n’abandonne l’idĂ©e que des gens, mĂŞme très diffĂ©rents, acceptent de faire un pas l’un vers l’autre. C’est la condition mĂŞme du redressement et de la reconstruction”, a-t-il affirmĂ© vendredi soir lors de la prĂ©sentation de ses voeux Ă  Pau, ville dont il est restĂ© maire.- “ResponsabilitĂ©” -Le Premier ministre a prĂ©parĂ© le terrain de ces concertations. “Il a compris ce que Barnier n’avait pas rĂ©ussi. Il a pris contact avec tout le monde, très en amont”, alors qu’il avait Ă©tĂ© reprochĂ© Ă  Michel Barnier de ne pas avoir reçu assez tĂ´t les socialistes et le RN, fait valoir une source parlementaire.”C’est pas idiot de discuter en amont avec ceux qui ont les moyens de vous censurer plutĂ´t que de les voir en dernier et de les braquer”, ajoute cette source.Le chef du gouvernement s’appuie par ailleurs au Parlement sur deux piliers de sa famille politique, le ministre des Relations avec le Parlement Patrick Mignola et le prĂ©sident du groupe MoDem, qui a dĂ©jĂ  occupĂ© ce ministère, Marc Fesneau.Rester en surplomb lui permet en outre de ne pas Ă©corner son image, alors que seuls 20% des Français lui font confiance, un niveau très Ă©loignĂ© de ceux enregistrĂ©s par ses prĂ©dĂ©cesseurs Ă  leurs dĂ©buts Ă  Matignon, selon un sondage Elabe.Eric Lombard a saluĂ© vendredi soir “l’esprit de responsabilitĂ©” des socialistes.”Sur le terrain, les gens disent avoir besoin de stabilitĂ© et d’un budget. La gauche ne peut pas ne pas entendre ce son de cloche”, soutient un ministre macroniste.Si les discussions aboutissent Ă  un accord avec le PS, il restera Ă  convaincre les macronistes et la droite.Mais mĂŞme si le groupe macroniste est opposĂ© Ă  une Ă©ventuelle suspension de la rĂ©forme des retraites, le “risque est faible” qu’il vote la censure, selon la source parlementaire.Gabriel Attal pour les dĂ©putĂ©s macronistes et Laurent Wauquiez au nom des RĂ©publicains “ne vont pas s’opposer au fait qu’il y ait un budget, ils ne vont pas s’opposer Ă  la loi agricole, ils ne vont pas s’opposer Ă  Mayotte”, fait valoir cette source.Un ancien ministre du camp prĂ©sidentiel estime qu'”il y aura moins d’impatience” chez les macronistes Ă  voir tomber Bayrou.

Une proposition de loi pour restreindre le droit du sol Ă  Mayotte Ă  l’AssemblĂ©e le 6 fĂ©vrier

Une proposition de loi visant Ă  restreindre le droit du sol Ă  Mayotte doit ĂŞtre dĂ©battue Ă  l’AssemblĂ©e nationale lors de la journĂ©e rĂ©servĂ©e aux textes des RĂ©publicains (LR) le 6 fĂ©vrier, a appris vendredi l’AFP, confirmant une information de L’Opinion.Depuis 2018, une dĂ©rogation existe dĂ©jĂ  Ă  Mayotte, qui restreint la possibilitĂ© de devenir Français pour les enfants nĂ©s sur l’archipel. Il faut que l’un des parents ait, au jour de la naissance, Ă©tĂ© prĂ©sent de manière rĂ©gulière en France depuis trois mois.Le texte portĂ© par les Ă©lus du groupe LR propose d’Ă©largir cette condition aux “deux parents”, et d’Ă©tendre la durĂ©e nĂ©cessaire de leur prĂ©sence rĂ©gulière sur le territoire Ă  un an. Il est “impĂ©ratif de stopper l’attractivitĂ© de Mayotte pour les flux migratoires”, explique l’exposĂ© des motifs du texte. “Le droit du sol, dans sa forme actuelle, joue un rĂ´le d’aimant en attirant des populations en situation irrĂ©gulière” en provenance de l’archipel voisin des Comores, ajoute-t-il.Une telle modification ne nĂ©cessiterait pas de rĂ©forme constitutionnelle, fait par ailleurs valoir la proposition, contrairement Ă  une suppression du droit du sol Ă  Mayotte, comme rĂ©clamĂ©e par le Rassemblement national. Le texte est “soutenu” par le ministre de l’IntĂ©rieur Bruno Retailleau, a dĂ©clarĂ© Ă  l’AFP le dĂ©putĂ© LR Philippe Gosselin, qui sera rapporteur du texte. Mais aussi selon lui par “le gouvernement plus largement” et “le socle commun”.Une tribune publiĂ©e ce week-end et co-signĂ©e par le ministre des Outre-mer Manuel Valls mentionnait, parmi des mesures pouvant “ĂŞtre prises”, l’allongement de “la durĂ©e de rĂ©sidence rĂ©gulière des parents sur l’accès des enfants Ă  la nationalitĂ© française”. Jeudi, en visite Ă  Mayotte, la prĂ©sidente macroniste de l’AssemblĂ©e nationale YaĂ«l Braun-Pivet s’est dite favorable “Ă  ce que les deux parents soient concernĂ©s” par la dĂ©rogation au droit du sol actuellement en vigueur. Pour la dĂ©putĂ©e RN de Mayotte Anchya Bamana, “si ce texte est votĂ©, c’est tant mieux”, mais “on est en train de bricoler face Ă  un phĂ©nomène qui mĂ©rite d’avoir une vraie politique de lutte” contre l’immigration, dĂ©plore-t-elle.  La proposition de loi sera examinĂ©e en premier le jour de la niche parlementaire, a prĂ©cisĂ© M. Gosselin, afin de s’assurer que les dĂ©bats ne soient pas interrompus faute de temps.Le groupe LR prĂ©sentera aussi durant cette journĂ©e rĂ©servĂ©e des textes visant notamment Ă  prioriser les travailleurs dans l’attribution de logements sociaux ou Ă  plafonner le cumul de prestations sociales en vue de crĂ©er une “aide sociale unique”.Le texte sur Mayotte avait Ă©tĂ© dĂ©posĂ© avant le passage il y a moins d’un mois du dĂ©vastateur cyclone Chido. Il n’a pas “Ă©tĂ© fait Ă  la va-vite sur un coin de table”, a martelĂ© M. Gosselin. “C’est une dĂ©marche dans la durĂ©e, rĂ©flĂ©chie.”Un projet de loi d’urgence pour la reconstruction de Mayotte doit par ailleurs ĂŞtre examinĂ© en commission Ă  l’AssemblĂ©e nationale Ă  partir de lundi.Mais le texte ne contient pas de mesures migratoires, dont le gouvernement veut qu’elles fassent l’objet d’un autre projet de loi dans plusieurs mois.

Gabriel Attal appelle Ă  “dĂ©noncer l’accord franco-algĂ©rien de 1968”

L’ex-Premier ministre Gabriel Attal, appelle Ă  dĂ©noncer l’accord franco-algĂ©rien de 1968, pour “poser les limites et assumer le rapport de force avec l’AlgĂ©rie”, après une sĂ©ries d’Ă©vĂ©nements qui ont envenimĂ© les relations entre les deux pays.Dans une tribune au Figaro, il dĂ©nonce notamment l’arrestation de l’Ă©crivain franco-algĂ©rien Boualem Sansal, le renvoi par l’AlgĂ©rie d’un influenceur algĂ©rien expulsĂ© quelques heures plus tĂ´t de France, et “les provocations et les insultes des hiĂ©rarques du rĂ©gime” algĂ©rien.L’accord de 1968, qui confère un statut particulier aux AlgĂ©riens en matière de circulation, de sĂ©jour et d’emploi en France, “est aujourd’hui devenu une filière d’immigration Ă  part entière, permettant le regroupement familial et l’installation de personnes, sans mĂŞme qu’elles aient Ă  connaĂ®tre notre langue ou montrer leur intĂ©gration”, accuse Gabriel Attal. “Il rend pratiquement impossible de retirer des titres de sĂ©jour aux ressortissants algĂ©riens, mĂŞme pour des motifs d’ordre public”.Alors que plusieurs influenceurs algĂ©riens “prĂŞcheurs de haine”, ont Ă©tĂ© interpellĂ©s ces derniers jours en France après avoir postĂ© en ligne des contenus appelant Ă  des actes violents, l’ex-Premier ministre estime que remettre en cause l’accord de 1968 est “une première urgence”.  Face au rĂ©gime algĂ©rien qui “balaie toutes nos mains tendues et ne cesse de tester notre pays”, “l’heure de la fermetĂ© a sonnĂ©”, Ă©crit le patron de Renaissance,dĂ©nonçant aussi l’arrestation en AlgĂ©rie de Boualem Sansal. “Ce n’est pas seulement Boualem Sansal qui est pris en otage, c’est la France”. “La France doit poser des limites et assumer le rapport de force, “affirme-t-il. “La France est une grande puissance”, qu'”on n’intimide pas” et qu'”on ne provoque pas sans consĂ©quence”.”Il est temps de se dĂ©barrasser des procès en culpabilisation et de la rente mĂ©morielle”, ajoute-t-il, estimant que sa gĂ©nĂ©ration, qui “n’a pas vĂ©cu l’AlgĂ©rie française, la guerre d’AlgĂ©rie ou la dĂ©colonisation”, constitue “une opportunitĂ© historique pour Ă©tablir une relation normale, dĂ©passionnĂ©e”.Outre la remise en cause de l’accord franco-algĂ©rien de 1968, il rĂ©clame de “rĂ©duire le nombre de visas accordĂ©s” et de “pĂ©naliser les hiĂ©rarques qui profitent de nos largesses”, en revenant sur un autre accord de 2007, qui “permet Ă  tous les dĂ©tenteurs de passeports diplomatiques algĂ©riens de venir et circuler librement et sans contrainte en France”. Enfin, “l’arme commerciale peut ĂŞtre un outil très utile”, menace-t-il, souhaitant des discussions au niveau europĂ©en pour, “s’il le faut, augmenter des tarifs douaniers avec l’AlgĂ©rie”. 

Fonction publique: les syndicats optimistes après leur rencontre avec le nouveau ministre 

Les syndicats reprĂ©sentatifs de la fonction publique ont Ă©tĂ© reçus cette semaine par le nouveau ministre Laurent Marcangeli, et saluent une volontĂ© affichĂ©e “d’apaisement”, sans avoir toutefois obtenu de garanties sur l’avenir de mesures contestĂ©es.”Je vous aime”, avait lancĂ© Laurent Marcangeli aux agents publics lors de sa prise de fonction fin dĂ©cembre, conscient d’arriver Ă  la tĂŞte d’une fonction publique en crise, Ă©chaudĂ©e par trois mois de vives turbulences entre l’ancien locataire de la rue de Grenelle, Guillaume Kasbarian, et les organisations syndicales.La tension a atteint son paroxysme quand des centaines de milliers de personnes, enseignants en tĂŞte, ont dĂ©filĂ© le 5 dĂ©cembre dernier en France, Ă  l’appel des organisations syndicales, pour dĂ©noncer des mesures d’Ă©conomies du gouvernement: notamment l’allongement du dĂ©lai de carence de un Ă  trois jours pour les agents publics en cas d’arrĂŞt maladie, une baisse de leur rĂ©munĂ©ration de 100% Ă  90% en cas d’arrĂŞt maladie, ou la suspension d’une prime de soutien au pouvoir d’achat. Les syndicats tançaient Ă©galement la mĂ©thode de l’ex-ministre, accusĂ© de “stigmatiser” les agents publics, d’encenser Elon Musk, en disant publiquement son impatience de partager avec lui les “bonnes pratiques” en matière de gestion de l’administration.En moins de trois mois, l’ensemble des organisations syndicales boycottaient les instances du dialogue social auxquelles participait M. Kasbarian.Depuis lundi, Laurent Marcangeli, l’ancien chef des file des dĂ©putĂ©s Horizons Ă  l’AssemblĂ©e, a reçu les huit formations syndicales reprĂ©sentatives au ministère, et les rencontres se sont terminĂ©es vendredi en fin d’après-midi.”Le contraste fait qu’on en sort presque soulagĂ©, on revient Ă  quelque chose de normal et ça parait extraordinaire”, a dĂ©clarĂ© Ă  l’AFP Mylène Jacquot, secrĂ©taire gĂ©nĂ©rale de la CFDT Fonction publique. “Il se montre dans le respect et l’Ă©coute”, confirme GaĂ«lle Martinez, de Solidaires fonction publique. “Guillaume Kasbarian Ă©tait violent dans sa pratique, lĂ  on a un ministre qui ne fera pas preuve de ça et qui nous a dit vouloir prendre le temps d’Ă©couter nos propositions”, estime auprès de l’AFP Christophe Delecourt, secrĂ©taire gĂ©nĂ©ral de l’Union fĂ©dĂ©rale des syndicats de l’État de la CGT. – Contrepied -Et sur le fond? “Le ministre nous a dit qu’il ne saurait y avoir de copie conforme avec ce qui a Ă©tĂ© fait par Guillaume Kasbarian”, relève le reprĂ©sentant de la CGT.Selon plusieurs sources syndicales, le ministre s’est dit ouvert Ă  la discussion sur plusieurs mesures contestĂ©es, en particulier concernant l’allongement du dĂ©lai de carence, ou la suspension d’une prime en soutien au pouvoir d’achat, mais sans s’engager pour autant.DĂ©sormais, “il va devoir gagner ses arbitrages”, estime le reprĂ©sentant de la CGT. Une qualitĂ© qu’il reconnait Ă  AmĂ©lie de Montchalin, ministre des Comptes publics, qui, “malgrĂ© de nombreux dĂ©saccords et conflits, savait se dĂ©gager des marges de manĹ“uvres budgĂ©taires”, lors de son passage au ministère de la fonction publique (juillet 2020 – mai 2022).Aux vĹ“ux du Conseil supĂ©rieur de la fonction publique territoriale (CSFPT), Laurent Marcangeli n’a rien dit des mesures de son prĂ©dĂ©cesseur, mais a esquissĂ© quelques axes de travail.Il a dit vouloir aller “le plus vite possible” pour adapter dans la loi un “accord sur la protection sociale” des agents publics des collectivitĂ©s, signĂ© en juillet 2023, et qui dĂ©finit un socle minimal de garanties en matière de financement des frais de prĂ©voyance pour les deux millions d’agents des collectivitĂ©s. A long terme, il a indiquĂ© ne pas ĂŞtre opposĂ© Ă  l’ouverture de discussions sur une refonte de la grille indiciaire qui jalonne l’Ă©volution des rĂ©munĂ©rations des agents publics en cours de carrière. Dans un communiquĂ© diffusĂ© en fin de journĂ©e, le ministère a souhaitĂ© qu’une nouvelle rencontre avec les organisations syndicales “se tienne rapidement, dès les prochaines semaines”.

Retraites: la position du gouvernement encore “nĂ©buleuse”, selon la CGT après un rendez-vous avec Lombard

La numĂ©ro un de la CGT Sophie Binet a jugĂ© vendredi que la position du gouvernement Ă©tait encore “nĂ©buleuse” sur l’avenir de la rĂ©forme des retraites, et a souhaitĂ© n’avoir Ă  discuter avec le patronat que du financement d’une abrogation.Eric Lombard, le ministre de l’Economie, “nous a (dit) que, sur les retraites, ils avaient compris qu’il fallait bouger. Mais pour le reste, les choses sont beaucoup trop nĂ©buleuses, nous n’avons pas eu de rĂ©ponse Ă  nos questions sur la nĂ©cessitĂ©, un, de parler du financement de l’abrogation de la rĂ©forme des retraites et pas d’autres sujets, et deux, la nĂ©cessitĂ© de bloquer immĂ©diatement l’application de la rĂ©forme”, a dĂ©clarĂ© Mme Binet Ă  l’issue d’un entretien Ă  Bercy avec le ministre.Selon elle, il faut que le Premier ministre François Bayrou “annonce très clairement” dans son discours de politique gĂ©nĂ©rale, mardi, comment il compte “ouvrir un chemin” vers l’abrogation. Et sur cette question, “il faut redonner la main au Parlement, ou organiser un rĂ©fĂ©rendum”, a relevĂ© la dirigeante syndicale.Pour la CGT, les choses “ne pourront pas se rĂ©gler dans un tĂŞte-Ă -tĂŞte avec le patronat (qui) souhaite une retraite par capitalisation et confier nos systèmes de retraite Ă  la spĂ©culation”.Le gouvernement et les parlementaires “doivent prendre leurs responsabilitĂ©s” et uniquement demander aux partenaires sociaux de rĂ©flĂ©chir au financement de l’abrogation. “Ça, c’est une question simple Ă  laquelle nous pouvons rĂ©pondre”, a-t-elle affirmĂ©, assurant avoir des propositions.Elle a jugĂ© que la durĂ©e envisagĂ©e pour les discussions, cinq Ă  six mois, Ă©tait “beaucoup trop longue”. “Un ou deux mois suffiraient largement”, selon elle.Mme Binet souhaite aussi que le gouvernement Bayrou, “s’il veut s’inscrire dans la durĂ©e”, retire du budget “l’ensemble des reculs” qui figuraient dans le budget prĂ©parĂ© par le gouvernement Barnier censurĂ© en dĂ©cembre.Il faut “augmenter les recettes, aller taxer les entreprises et les plus hauts revenus (…), il y a de l’argent en France et il faut aller le prendre oĂą il est” a-t-elle ajoutĂ©.Reçue pour sa part jeudi, la numĂ©ro un de la CFDT Marylise LĂ©on avait indiquĂ© que la rencontre avait Ă©tĂ© “l’occasion de balayer les sujets du moment”, la rĂ©forme des retraites Ă©tant “un des sujets”, sur lequel sa dĂ©lĂ©gation avait donnĂ© “sa vision de ce qui pourrait ĂŞtre des conditions de dĂ©marrage des discussions”.

Venezuela: le prĂ©sident Maduro investi pour un 3ème mandat, “un coup d’Etat” selon l’opposition

“Je le jure”: le prĂ©sident vĂ©nĂ©zuĂ©lien sortant Nicolas Maduro, fort du soutien de l’armĂ©e et d’une administration aux ordres, a prĂŞtĂ© serment vendredi pour un troisième mandat de six ans lors d’une cĂ©rĂ©monie qualifiĂ©e de “coup d’Etat” par l’opposition et dĂ©noncĂ©e notamment par les Etats-Unis et l’Union europĂ©enne. “Je jure que ce nouveau mandat prĂ©sidentiel sera celui de la paix, de la prospĂ©ritĂ©, de l’Ă©galitĂ© et de la nouvelle dĂ©mocratie”, a-t-il lancĂ© devant le prĂ©sident de l’AssemblĂ©e Jorge Rodriguez qui a ensuite dĂ©clarĂ©: “Vous ĂŞtes investi comme prĂ©sident constitutionnel”.Une fois autour du cou l’Ă©charpe prĂ©sidentielle et le grand “collier de la clef de l’Arche”, qui ouvre le sarcophage de Simon Bolivar, Maduro a insistĂ©: “Dites ce que vous voulez, faites ce que vous voulez, mais cette investiture constitutionnelle (…) n’a pas pu ĂŞtre empĂŞchĂ©e et est une grande victoire pour la dĂ©mocratie vĂ©nĂ©zuĂ©lienne”.Nicolas Maduro a mĂŞme plaisantĂ© sur la prĂ©sence de l’opposant Edmundo Gonzalez Urrutia qui revendique la victoire au scrutin prĂ©sidentiel et avait promis de prĂŞter serment en lieu et place du prĂ©sident sortant.RĂ©agissant Ă  un bruit qui a perturbĂ© la cĂ©rĂ©monie, M. Maduro a ironisĂ©: “Quelqu’un est tombĂ© ? Edmundo est arrivĂ© ?”, avant de poursuivre : “Comme j’attends son arrivĂ©e, je suis un peu nerveux”. La cĂ©rĂ©monie, initialement prĂ©vue Ă  midi, a Ă©tĂ© avancĂ©e d’une heure et demie, sans prĂ©avis. Elle a durĂ© deux heures environ. Nicolas Maduro est arrivĂ© au Palais de l’AssemblĂ©e nationale vers 10H30 locales (14H30 GMT), passant entre une haie de soldats en tenue de gala. Il a longuement serrĂ© les deux mains du prĂ©sident cubain Miguel Diaz-Canel, l’un des rares chefs d’Etat prĂ©sents avec le prĂ©sident nicaraguayen Daniel Ortega. La plupart des personnalitĂ©s du pouvoir, dont le ministre de l’IntĂ©rieur Diosdado Cabello ou le ministre de la DĂ©fense Vladimir Padrino Lopez, personnages-clefs dans la rĂ©pression des troubles post-Ă©lectoraux, Ă©taient aussi lĂ . “Un coup d’État a Ă©tĂ© accompli”, a rĂ©agi l’opposition dans un communiquĂ© publiĂ©, dĂ©nonçant une “usurpation du pouvoir par Nicolas Maduro (…), soutenu par la force brute et ignorant la souverainetĂ© populaire exprimĂ©e avec force le 28 juillet”. “C’est Edmundo Gonzalez Urrutia qui doit ĂŞtre investi aujourd’hui ou demain (…) La volontĂ© du peuple se fera respecter”, conclut le texte.Alfredo Romero, le prĂ©sident de l’ONG Foro Penal qui documente les dĂ©tentions politiques au Venezuela, a rapportĂ© vendredi pendant la cĂ©rĂ©monie avoir recensĂ© depuis le dĂ©but de l’annĂ©e “49 arrestations Ă  des fins politiques, dont 42 depuis le 7 janvier. Et cela continue”. Les alentours de l’AssemblĂ©e dans le centre de Caracas Ă©taient quadrillĂ©s par les forces de l’ordre tandis que la tĂ©lĂ©vision publique diffusait des images de centaines de partisans de M. Maduro dĂ©filant dans les rues. -“Simulacre”-Les Etats-Unis ont rapidement dĂ©noncĂ© un “simulacre” et imposĂ© de nouvelles sanctions contre Caracas, portant notamment Ă  25 millions de dollars la rĂ©compense pour toute information permettant de traduire le dirigeant vĂ©nĂ©zuĂ©lien en justice.”Aujourd’hui, Nicolas Maduro a organisĂ© une inauguration prĂ©sidentielle illĂ©gitime au Venezuela dans une tentative dĂ©sespĂ©rĂ©e de s’emparer du pouvoir”, a estimĂ© le secrĂ©taire d’Etat amĂ©ricain Antony Blinken.Londres a qualifiĂ© Nicolas Maduro d'”illĂ©gitime” et a imposĂ© des sanctions contre quinze personnes-clefs du pouvoir. M. Maduro n’a “aucune lĂ©gitimitĂ© dĂ©mocratique”, a rĂ©agi pour sa part la cheffe de la diplomatie europĂ©enne Kaja Kallas. La cĂ©rĂ©monie d’investiture intervient au lendemain de manifestations de l’opposition qui conteste la victoire du chef de l’État socialiste de 62 ans Ă  l’Ă©lection du 28 juillet, dont la proclamation a Ă©tĂ© suivie de troubles meurtriers et de milliers d’arrestations.Après la cĂ©rĂ©monie d’investiture, le SecrĂ©taire gĂ©nĂ©ral de l’ONU a demandĂ©, selon son porte-parole, la libĂ©ration de toutes les personnes “dĂ©tenues arbitrairement”. Edmundo Gonzalez Urrutia a rĂ©pĂ©tĂ© jeudi, en RĂ©publique dominicaine, qu’il Ă©tait le “prĂ©sident Ă©lu”. Sans faire plier celui qui a succĂ©dĂ© en 2013 Ă  Hugo Chavez et dirige depuis le Venezuela d’une main de fer.- L’armĂ©e, pilier du pouvoir -Jeudi, le pouvoir avait appelĂ© Ă  une marche de soutien au prĂ©sident Maduro dans la capitale, alors que l’opposition avait organisĂ© une manifestation au cours de laquelle sa cheffe, Maria Corina Machado, qui vit dans la clandestinitĂ© depuis le scrutin, est apparue pour la première fois en public depuis aoĂ»t. “Nous n’avons pas peur !”, ont scandĂ© des milliers de manifestants. Une certaine confusion a marquĂ© la fin de journĂ©e, quand l’opposition a annoncĂ© la “violente” arrestation de sa cheffe Maria Corina Machado, puis sa libĂ©ration.Le pouvoir a dĂ©menti cette version des faits, le procureur gĂ©nĂ©ral Tarek William Saab dĂ©nonçant “une opĂ©ration psychologique en vue de dĂ©clencher la violence au Venezuela”.Le Conseil national Ă©lectoral (CNE) a proclamĂ© M. Maduro vainqueur avec 52% des voix mais sans publier les procès-verbaux, se disant victime d’un piratage informatique, une hypothèse jugĂ©e peu crĂ©dible par de nombreux observateurs.L’annonce du CNE avait provoqué dans tout le Venezuela des manifestations, durement rĂ©primĂ©es. Bilan des troubles post-Ă©lectoraux : 28 morts, plus de 200 blessĂ©s et 2.400 personnes arrĂŞtĂ©es pour “terrorisme”.