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Glucksmann inaugure les locaux parisiens de Place publique et veut “un projet pour Paris”

L’eurodéputé Raphaël Glucksmann a appelé ses troupes à “produire un projet pour Paris”, affirmant samedi que la gauche parisienne “devra compter sur Place publique” pour les municipales de 2026, lors de l’inauguration des bureaux parisiens de son parti.”Il y a des conquêtes à faire, des villes à garder à gauche”, a lancé le leader de Place publique devant plus d’une centaine de militants venus inaugurer le local parisien de son parti, dans le IXe arrondissement de la capitale. L’eurodéputé réélu en juin aux élections européennes a fixé le cap en vue des municipales, exhortant ses troupes à “garder la flamme (de la campagne des européennes) et la propager”. Il s’exprimait aux côtés de la coprésidente du parti, l’eurodéputée Aurore Lalucq, et des coordinateurs de la section parisienne de Place publique, Saïd Benmouffok et Théa Fourdrinier.Alors que la campagne est véritablement lancée pour la succession d’Anne Hidalgo chez les socialistes – avec deux concurrents, Emmanuel Grégoire et Rémi Féraud – et chez les Ecologistes, avec la déclaration de candidature de Yannick Jadot, Place publique entend aussi “contribuer à ce que Paris reste à gauche”. “C’est impossible pour les autres forces politiques de gauche de ne pas nous prendre en compte. La gauche devra compter sur nous”, a expliqué Raphaël Glucksmann à l’AFP, assurant vouloir “produire un projet pour Paris, pousser des idées, pousser des candidats”. Sans souhaiter à ce stade apporter son soutien à l’un des candidats déjà déclarés.Le section parisienne du parti se targue d’avoir vu ses adhésions exploser depuis les élections européennes et les 13,8% obtenus par Raphaël Glucksmann à la tête de la liste PS-Place publique, passant de 350 à 1.500 adhérents payants. 

Valls dénonce les “ingérences” de l’Azerbaïdjan dans les outre-mer

Le ministre des Outre-mer Manuel Valls dénonce les “opérations d’ingérence et de déstabilisation” de l’Azerbaïdjan dans les territoires ultramarins, accusant Bakou de s’attaquer à l'”intégrité” de la France “sans le moindre scrupule”.”Je veux dénoncer fermement les opérations d’ingérence et de déstabilisation de l’Azerbaïdjan dans nos territoires d’outre-mer. Elles méritent une condamnation unanime de tous”, a déclaré Manuel Valls dans un entretien publié samedi soir par le quotidien Ouest-France.”Ce régime, à visage découvert et sans le moindre scrupule, s’attaque à notre intégrité, et à nos principes fondamentaux. C’est inacceptable”, a-t-il ajouté, appelant les élus et les forces politiques à “condamner ces agissements” et à “refuser toute complaisance avec le régime de Bakou”.Des représentants de mouvements indépendantistes de plusieurs territoires ultramarins et de Corse se sont réunis jeudi et vendredi en Nouvelle-Calédonie pour le congrès constitutif du “Front international de décolonisation”.L’événement a été relayé, sur ses réseaux sociaux, par le Baku Initiative Group (BIG), une organisation promue par l’Etat azerbaïdjanais très impliquée dans le soutien aux mouvements indépendantistes français.Ce congrès s’est tenu après que des représentants de formations indépendantistes françaises s’étaient accordés en juillet sur la création d’un “front de libération” commun lors d’un congrès organisé en Azerbaïdjan.Depuis des mois, Paris accuse Bakou d'”ingérence” et de manipulation sur la Nouvelle-Calédonie et plus généralement sur les outre-mer, dans un contexte de tensions entre les deux capitales en raison du soutien de la France à l’Arménie, le rival historique de l’Azerbaïdjan.Le congrès de Nouméa réunissait des personnalités politiques de la Martinique, la Guadeloupe, la Guyane, la Nouvelle-Calédonie, la Corse et la Polynésie française. Deux territoires néerlandais étaient représentés, Bonaire et la partie sud de l’île de Saint-Martin (Sint Maarten).

Le Premier ministre François Bayrou interviewé lundi à 20H50 sur LCI

François Bayrou sera interviewé lundi à 20H50 sur LCI, a annoncé la chaîne vendredi, au moment où le chef du gouvernement est sous haute pression pour faire voter le budget de l’Etat et échapper à une nouvelle tentative de censure.”Le Premier ministre répondra en direct aux questions de Darius Rochebin autour du budget, du pouvoir d’achat, de l’immigration, de la sécurité et de la stabilité politique”, précise la chaîne info dans un communiqué. François Bayrou s’est montré discret dans les médias depuis la formation de son gouvernement le 23 décembre et son interview ce jour-là sur BFMTV.Le projet de budget de l’Etat pour 2025 a enfin franchi l’étape du Sénat jeudi, un premier pas pour le gouvernement Bayrou qui cherche encore à négocier sa survie avec les socialistes, toujours très remontés.Crucial pour l’Etat qui tourne actuellement au ralenti sous le régime exceptionnel d’une loi spéciale votée en fin d’année, le budget représente une équation quasi-insoluble pour l’exécutif, privé de majorité absolue à l’Assemblée nationale mais sommé par Bruxelles de redresser les finances publiques.Le Parti socialiste n’a pas voté la première motion de censure visant le Premier ministre le 16 janvier, mais il accentue la pression sur les textes budgétaires. Lundi, François Bayrou sera en matinée à Pau, ville dont il est resté maire, puis dans l’après-midi à Paris. Il procèdera à 18H30 au ravivage de la flamme du soldat inconnu sous l’Arc de Triomphe en présence de représentants de l’Union des déportés d’Auschwitz, en ce jour qui marquera le 80e anniversaire de la libération du camp de la mort nazi.

Retailleau déroule sa politique pour maîtriser l’immigration

“La régularisation n’est pas un droit” pour les sans-papiers : le ministre de l’Intérieur Bruno Retailleau lance concrètement sa politique de “maîtrise” de l’immigration via de nouvelles consignes plus strictes qui suscitent d’ores et déjà des remous.”Cette maîtrise de l’immigration est absolument fondamentale” et la régularisation “n’est pas un droit automatique, mais une mesure exceptionnelle”, a jugé lors d’un déplacement à la préfecture des Yvelines le locataire de la place Beauvau vendredi, au lendemain de la diffusion d’un nouveau texte encadrant ces régularisations.Le ministre LR, qui a fait de la lutte contre l’immigration sa priorité, exige avec cette nouvelle circulaire adressée aux préfets de mettre fin aux “régularisations à tour de bras” avec application immédiate.Si le texte ne change pas à proprement parler les critères pour obtenir cette “admission exceptionnelle au séjour” (AES), ce tour de vis met fin à la circulaire de son prédécesseur Manuel Valls qui laissait une marge de manœuvre aux préfets et pouvaient dénouer certaines situations en dérogeant au règles classiques des régularisations. La circulaire qui encadre l’accès aux titres de séjour des étrangers en situation irrégulière permettait ainsi depuis 2012 de régulariser quelque 30.000 personnes chaque année pour motif familial, économique, ou étudiant à “titre exceptionnel”.Pourquoi une nouvelle circulaire ? “Depuis la précédente (…) en décembre 2012, beaucoup de choses ont changé”, selon le ministre de l’Intérieur, rappelant que “le droit” et “plusieurs lois immigration” ont été votées depuis. “Je voulais aussi simplifier. La circulaire Valls, c’était douze pages, 27 critères. La nouvelle circulaire, c’est trois pages”, a-t-il poursuivi.”Si on veut diminuer cette immigration, notamment illégale, il ne faut pas régulariser de façon trop quantitative, parce que (sinon) on donne une prime à l’irrégularité, à ceux qui ont fraudé”, a insisté le ministre.Interrogé par la presse, il a refusé de préciser les objectifs chiffrés: “Une circulaire donne des repères avec des critères. Si on donnait un chiffre à l’avance, on trahirait l’esprit d’une circulaire, (qui) deviendrait attaquable”, a-t-il plaidé.S’il n’a pas obtenu du Premier ministre une nouvelle loi sur l’immigration, comme il le souhaitait, Bruno Retailleau montre qu’il n’entend pas abandonner pas ce sujet, au coeur de son action, avec des premières mesures concrètes, quitte à braquer.- “Un affront à nos valeurs” -“Je pense qu’on va trop loin”, a déploré le député Ensemble pour la République (EPR) Roland Lescure. “Je pense qu’il faut vraiment se méfier de la caricature”, a-t-il ajouté. “C’est un affront à nos valeurs républicaines. C’est un boulevard offert aux idées et aux politiques du RN”, a réagi la députée LFI Claire Lejeune.Ce resserrement inquiète également les entreprises alors que le dispositif permettait à des patrons qui peinent à recruter de fidéliser leurs employés en les régularisant. Dans un communiqué, l’Umih (première organisation professionnelle dans l’hôtellerie-restauration), demande “une reconnaissance au niveau national de nos métiers dans la liste des métiers en tension”, qui justifieraient une régularisation, selon un communiqué. Dans cette nouvelle circulaire, la durée recommandée pour régulariser un travailleur sans papiers a été allongée à sept ans de présence en France contre cinq auparavant, voire parfois trois ans. En outre, les critères de régularisation pour motifs familiaux (résider depuis cinq ans en France et avoir un enfant scolarisé depuis au moins trois ans, notamment) ont disparu dans le nouveau texte.Le ministre prévoit par ailleurs une prochaine circulaire sur les naturalisations, “avec le même objectif”.Celui qui avait tenté de durcir en vain, lorsqu’il était patron des LR au Sénat, la précédente loi immigration, bénéficie d’un contexte mondial de durcissement des politiques migratoires, notamment avec la montée des partis d’extrême droite.Ces nouvelles restrictions “ne vont pas manquer de plonger plus encore de personnes dans une précarité qui concerne et effraie un nombre croissant de Français”, a réagi la Fédération des acteurs de la solidarité (FAS). Pour la Cimade, une association d’aide aux migrants, “ce texte participe au renforcement de la machine à bannir et à expulser les personnes étrangères” et dénonce “un pouvoir d’arbitraire (renforcé) qu’ont les préfectures”. 

Retailleau commence à dérouler sa politique contre l’immigration

“Des règles beaucoup plus strictes” pour régulariser les sans-papiers: le ministre de l’Intérieur Bruno Retailleau lance concrètement sa politique contre l’immigration via de nouvelles consignes qui suscitent d’ores et déjà des remous.”L’objectif, c’est de diminuer l’immigration, de lutter contre l’immigration notamment illégale et de ne pas régulariser à tour de bras”, a expliqué vendredi le locataire de la place Beauvau sur Europe 1-Cnews au lendemain de la diffusion d’un nouveau texte encadrant ces régularisations.Le très droitier ministre de l’Intérieur qui a fait de la lutte contre l’immigration sa priorité, multipliant les déclarations dans les médias depuis son arrivée au gouvernement en septembre, exige dans une nouvelle circulaire adressée aux préfets de mettre fin aux “régularisations à tour de bras” avec application immédiate.Si le texte ne change pas à proprement parler les critères pour obtenir cette “admission exceptionnelle au séjour” (AES), ce tour de vis met fin à la circulaire de son prédécesseur Manuel Valls qui laissait une marge de manœuvre aux préfets qui pouvaient dénouer certaines situations en dérogeant au règles classiques des régularisations. La circulaire qui encadre l’accès aux titres de séjour des étrangers en situation irrégulière permettait ainsi depuis 2012 de régulariser quelque 30.000 personnes chaque année pour motif familial, économique, ou étudiant à “titre exceptionnel”.”Si on veut diminuer cette immigration, notamment illégale, il ne faut pas régulariser de façon trop quantitative, parce que (sinon) on donne une prime à l’irrégularité, à ceux qui ont fraudé”, a insisté vendredi le ministre.Bruno Retailleau qui doit se rendre vendredi après-midi à la préfecture des Yvelines n’a toutefois pas donné d’objectifs chiffrés.Avec ce nouveau texte, le ministre LR qui s’est vu refuser une nouvelle loi immigration, montre qu’il ne compte pas pour autant abandonner le sujet avec des premières mesures concrètes, quitte à braquer.”Je pense qu’on va trop loin”, a déploré vendredi le député Ensemble pour la République (EPR) Roland Lescure.- “Un affront à nos valeurs” -“Je pense qu’il faut vraiment se méfier de la caricature, et là on est un peu dans la caricature”, a ajouté le macroniste. “C’est un affront à toutes nos valeurs républicaines. C’est un boulevard offert aux idées et aux politiques du RN”, a réagi de son côté la députée LFI Claire Lejeune.Ce haussement de ton inquiète également du côté des entreprises alors que le dispositif permettait à des patrons qui peinent à recruter de fidéliser leurs employés en les régularisant. Dans cette nouvelle mouture du texte, la durée recommandée pour régulariser un travailleur sans papiers a été allongée à sept ans de présence en France contre cinq auparavant, voire trois dans certains cas. Si les préfets “appliquent à 100% les critères”, “ça va poser problème”, s’est inquiété sur FranceInfo le président de l’Union des métiers de l’hôtellerie-restauration (Umih) d’Île-de-France Frank Delvau.Le ministre, qui estime que “l’immigration n’est pas une chance” ne prévoit pourtant pas de s’arrêter là et a fait savoir vendredi qu’il prévoyait une prochaine circulaire sur les naturalisations “avec le même objectif”.Celui qui avait tenté de durcir en vain, lorsqu’il était patron des LR au Sénat, la loi immigration, finalement censurée en partie par le Conseil constitutionnel, bénéficie d’un contexte mondial hostile à l’immigration avec la montée des partis d’extrême droite.Quand il rencontre ses homologues européens, le ministre assure ainsi que “sur la base de leurs propos sur l’immigration”, il n’arrive plus “à distinguer celui ou celle qui appartient à un gouvernement de gauche ou de droite”.”Désormais, ce ne sont pas seulement les Français de droite. Ce sont aussi une majorité de Français de gauche qui sont pour cette politique de fermeté”, a-t-il également affirmé.Ces nouvelles restrictions “ne vont pas manquer de plonger plus encore de personnes dans une précarité qui concerne et effraie un nombre croissant de Français”, a réagi la Fédération des acteurs de la solidarité (FAS). 

Vote de Hassan sur Sansal: “une honte” pour Glucksmann, “un scandale” pour Retailleau

“Honte”, “scandale”… le vote de plusieurs eurodéputés LFI, dont Rima Hassan, contre une résolution du Parlement européen demandant la libération de l’écrivain Boualem Sansal, incarcéré depuis la mi-novembre en Algérie, suscitait un tollé vendredi à gauche comme à droite.”C’est une honte! Franchement, s’abstenir ou voter contre un tel texte factuel où il n’y a rien d’idéologique, rien d’historique qui soit contestable, c’est simplement cautionner l’emprisonnement d’un immense écrivain dans des geôles et c’est profondément scandaleux”, a déclaré sur BFMTV/RMC Raphaël Glucksmann, qui siège avec les socialistes.Les députés européens ont voté jeudi à une écrasante majorité (533 voix pour, 24 contre et 48 abstentions) une résolution pour demander la libération de l’écrivain franco-algérien ainsi que d’autres critiques du pouvoir algérien.La délégation de La France insoumise s’est partagée entre 4 votes contre et 2 abstentions. Rima Hassan a ainsi voté contre, tandis que Manon Aubry s’est abstenue.L’ancien Insoumis François Ruffin s’est dit en “désaccord complet” avec le vote de ses anciens camarades. “La place d’un écrivain n’est pas en prison, qu’on soit d’accord ou pas avec ce qu’il écrit. Evidemment qu’il faut tout faire pour la libération d’un écrivain”, a-t-il réagi sur France Inter.Tollé également à droite. “Vous vous rendez compte que cette résolution demandait la libération immédiate d’un homme malade, d’un homme âgé. Et Mme Rima Hassan dit +non, je refuse, je vote contre+. C’est inhumain, c’est politiquement scandaleux. Et je demande d’ailleurs à LFI de se justifier”, a renchéri le ministre de l’Intérieur Bruno Retailleau sur Europe1/Cnews.Rima Hassan s’est défendue sur X en affirmant notamment “s’opposer à l’instrumentalisation qui est faite” du cas de M. Sansal par la droite et l’extrême droite dans les relations déjà houleuses entre la France et son ancienne colonie.M. Retailleau a admis que Boualem Sansal était “sans doute l’otage de cette relation tendue entre les deux pays. Boualem” et a demandé “au régime algérien un geste humanitaire”.Selon le quotidien français Le Monde, le pouvoir algérien aurait mal pris des déclarations de M. Sansal au média français Frontières, réputé d’extrême droite, reprenant la position du Maroc selon laquelle le territoire du pays aurait été tronqué sous la colonisation française au profit de l’Algérie.Pour M. Glucksmann, ce vote est un argument supplémentaire pour justifier la rupture en France entre socialistes et Insoumis. “Notre vision du monde, nos principes ne sont pas les mêmes, Notre rapport au débat public n’est pas le même. Arrêtons l’hypocrisie”, a-t-il plaidé. 

C’est la fin de la régularisation “à tour de bras”, déclare Retailleau

La réforme de la circulaire Valls signe la fin de la régularisation “à tour de bras” des personnes sans-papiers, a déclaré vendredi le ministre de l’Intérieur Bruno Retailleau au lendemain de l’envoi d’une nouvelle circulaire aux préfets les appelant à serrer la vis. “L’objectif, c’est de diminuer l’immigration, de lutter contre l’immigration notamment illégale et de ne pas régulariser à tour de bras”, a déclaré le locataire de la place Beauvau sur Europe 1.”Si on veut diminuer cette immigration, notamment illégale, il faut ne pas régulariser de façon trop quantitative, parce que (sinon) on donne une prime à l’irrégularité, à ceux qui ont fraudé”, a-t-il ajouté.”Il n’y a pas de droit à la régularisation”, a encore insisté Bruno Retailleau. “J’ai rappelé (aux préfets, ndlr) qu’il n’y avait pas de droit systématique, de droit automatique, de droit opposable à la régularisation.”Le nouveau texte, dont l’AFP a eu connaissance, est “applicable dès aujourd’hui” et sera présenté officiellement dans la journée par Bruno Retailleau lors d’un déplacement dans les Yvelines. La circulaire prévoit de changer la philosophie de la circulaire Valls permettant chaque année aux préfectures de régulariser par le travail ou pour motif familial plus de 30.000 sans-papiers.Sur Europe 1, Bruno Retailleau a également fait savoir qu’il prévoyait une prochaine circulaire sur les naturalisations “avec le même objectif”.”Le concept d’assimilation, on en parle de moins en moins parce qu’on a une panne de l’intégration (…) mais le code civil est clair, il évoque le mot assimilation”, a-t-il dit. “Assimiler des valeurs, assimiler les valeurs de liberté, de croire ou ne pas croire, d’égalité hommes et femmes, la fraternité qui n’est pas une fraternité religieuse, mais républicaine, civile”, a-t-il énuméré.

A l’Assemblée, le retour sans effet de manche de Manuel Valls

C’est profil bas, studieux mais sans fulgurance, que Manuel Valls a fait son retour au Palais Bourbon cette semaine. L’ex-Premier ministre peut savourer l’adoption mercredi à la quasi-unanimité de son projet de loi sur Mayotte, dans une Assemblée qui l’a jusqu’ici plutôt épargné. La dernière fois que Manuel Valls s’était exprimé dans l’hémicycle, il était député. C’était le 2 octobre 2018 et il faisait ses adieux à la politique française, quittant son siège pour briguer la mairie de Barcelone. Dans les travées, des pancartes “bon débarras” étaient brandies par des députés insoumis, en guise de pot de départ pour cet ancien Premier ministre socialiste, passé sous giron macroniste, et honni par la gauche.   S’en est suivie une longue traversée du désert, commencée avec sa défaite en terres catalanes, et qui s’est poursuivie avec l’échec cuisant de sa réélection comme député aux législatives françaises de 2022. Lundi, Manuel Valls a fait son grand retour dans l’arène de l’Assemblée, dans le costume de ministre des Outre-mer, venu défendre le premier texte du gouvernement de François Bayrou.- “Indifférent” -A cette occasion, les députés ont “découvert” un “nouveau Manuel Valls”, loin des déclarations à “l’emporte-pièce”, à la “personnalité clivante” et aux “positions tranchées”, auxquelles la classe politique était habituée, selon plusieurs élus interrogés par l’AFP.Au cours de l’examen de ce texte adopté à la quasi-unanimité des voix mercredi, “j’ai découvert un ministre extrêmement fort et technique, apaisé et pédagogue, très à l’écoute des parlementaires, de gauche comme de droite”, observe le député macroniste Pierre Cazeneuve. “Ceux qui ont de l’inimitié politique historique envers lui, doivent être bien embêtés face à la qualité dont il fait preuve depuis quelques jours”, pense-t-il.Au sein du groupe socialiste, peu de députés acceptent de commenter les débuts de Manuel Valls à visage découvert.Leur chef, Boris Vallaud, se dit “indifférent” à ce retour, la “trahison” de M. Valls étant ancienne.Manuel Valls a siégé dix ans sur les bancs des socialistes, comme député de l’Essonne, jusqu’en 2012, avant de devenir ministre puis Premier ministre de François Hollande (qui siège désormais comme député de l’opposition face à lui). Il a rejoint les macronistes après sa défaite à la primaire socialiste début 2017. “Ça me fait mal de le dire, mais Valls, il est bon”, confie un député socialiste à l’AFP. Même la députée insoumise Aurélie Trouvé, qui préside la commission des Affaires économiques, où le texte sur Mayotte a d’abord été examiné, concède du bout des lèvres: “il s’est plutôt inscrit dans une démarche constructive” jusqu’ici. Son collègue Aurélien Taché, le trouve “particulièrement sage”, se disant surpris de retrouver un “ministre presque effacé”, qui “fuit les questions”, au lieu “de batailler, et de relever le gant” quand on l’attaque.- “Sortir du bois” -A droite, un député s’étonne lui qu’il n’ait “pas été plus malmené” par la gauche. Durant la séance des questions au gouvernement, où les ministres sont régulièrement chahutés, Manuel Valls a plutôt été épargné mardi. Il répondait à un député insoumis au sujet de la crise de l’eau à la Réunion. “La situation est tellement difficile en ce moment dans les territoires ultramarins” que personne ne “peut se permettre de bouder” ou d’avoir “des états d’âme” au motif qu’il s’agit de Manuel Valls, relève le député socialiste Philippe Naillet. D’autant que dans les Outre-mer, la nomination de cet ancien Premier ministre, troisième dans le rang protocolaire, a été plutôt bien accueillie.  “Avoir quelqu’un du calibre de Manuel Valls, c’est ce que les ultramarins attendent”, selon le président du conseil départemental de Mayotte Ben Issa Ousseni, qui salue “sa disponibilité” dans les échanges, mais espère davantage sur le plan de l’action. Il est très attendu sur la prochaine loi Mayotte annoncée pour mars, où la lutte contre l’immigration devrait constituer un “volet primordial”, selon ses mots. “En mars, quand toutes les propositions les plus nauséabondes vont arriver des bancs les plus à droite de l’hémicycle, il ne pourra plus se cacher”, pense le député insoumis Aurélien Taché. “Manuel Valls va devoir sortir du bois”.bur-caz-tbm-ab-cma/sl/jmt/jp 

Régularisation des sans-papiers: pour Lescure, la nouvelle circulaire de Retailleau “va trop loin”

Le député macroniste Roland Lescure a estimé vendredi que la circulaire de Bruno Retailleau sur le resserrement des conditions de régularisation des sans-papiers “va trop loin”, alors que le ministre de l’Intérieur va présenter vendredi ce texte qui remplace la circulaire Valls de 2012. “Ça va trop loin, je pense qu’on va trop loin”, a affirmé sur TF1 le vice-président de l’Assemblée nationale à propos de la circulaire qui sera détaillée par Bruno Retailleau vendredi lors d’un déplacement dans les Yvelines. “Je pense qu’il faut vraiment se méfier de la caricature, et là on est un peu dans la caricature”, a ajouté le député Ensemble pour la République (EPR), à propos de ce nouveau texte qui fixe à sept ans, contre cinq ans auparavant, la durée minimale de présence sur le territoire français pour espérer une régularisation.La circulaire prise par Manuel Valls, lorsqu’il était lui-même ministre de l’Intérieur, permettait chaque année aux préfectures de régulariser par le travail ou pour motif familial plus de 30.000 sans-papiers.”Autant il faut être extrêmement ferme sur l’immigration illégale, (…) autant il faut faire attention aux gens qui sont intégrés, qui travaillent aujourd’hui pendant cinq ans et notamment dans des métiers en tension”, a déclaré l’ancien ministre chargé de l’Industrie et de l’Énergie, et considéré comme appartenant à l’aile gauche de la macronie. “Il faut qu’on soit humain et surtout qu’on soit pragmatique”, car il y a un “besoin de main d’œuvre” dans certains secteurs, a ajouté Roland Lescure, dont la position illustre les tensions potentielles sur l’immigration au sein de la coalition qui soutient le Premier ministre François Bayrou.

Ascenseurs, repas à un euro pour les étudiants…: carton plein pour le PS à l’Assemblée

Cinq textes examinés, cinq adoptés: le PS a engrangé les victoires jeudi à l’Assemblée lors de sa “niche parlementaire”, occasion pour ses députés de montrer leur “utilité” et leur capacité à dégager des majorités, en bénéficiant souvent de l’abstention des macronistes.Le premier texte vise à lutter contre la vie chère en outre-mer, le deuxième instaure des ratios de soignants à l’hôpital, le troisième entend généraliser les repas à un euro dans les restaurants universitaires pour tous les étudiants, le quatrième veut lutter contre les pannes d’ascenseur, et le cinquième mieux “protéger les enfants accueillis dans les crèches”.”Nous avions pris un engagement au travers de notre niche, pour travailler pour les Françaises et les Français, et je crois (…) qu’aujourd’hui, nous avons rempli notre rôle”, s’est félicité le député PS Stéphane Delautrette peu avant minuit, heure à laquelle les “niches”, ces journées dédiées aux propositions de chaque groupe, se terminent obligatoirement.Les deux derniers textes ont été examinés au pas de charge – une célérité contrastant avec l’habituelle stratégie consistant pour le gouvernement et la majorité à ralentir les débats pour empêcher l’opposition de faire adopter ses textes.De manière emblématique, la proposition de loi sur les repas à un euro a été adoptée avec une très large majorité, deux ans après qu’une initiative quasiment identique eut été battue en brèche par les macronistes. Cette fois-ci, ces derniers se sont pour la plupart abstenus, malgré leurs réticences, dans un contexte où le gouvernement cherche à amadouer les socialistes et à obtenir qu’ils ne censurent pas le gouvernement de François Bayrou, à l’occasion de l’examen du budget.Plus tôt dans la journée, les socialistes avaient fait voter un texte qui propose d’instaurer progressivement dans les hôpitaux un nombre minimal de soignants par patient et par service.Il s’agit de répondre à la “souffrance” de l’hôpital public, a expliqué le rapporteur Guillaume Garot (PS), soulignant que les ratios ne seraient appliqués que très progressivement – ceci afin d’éviter que, faute de personnel, des services hospitaliers ne soient contraints de fermer, ce qui serait contraire à l’effet recherché.Les élus de la droite et du centre ont déploré une “fausse bonne idée”, pointant la “pénurie actuelle de soignants”, mais se sont finalement, pour la plupart, abstenus. Le texte, voté dans les mêmes termes qu’au Sénat, peut donc entrer en vigueur.- Un retour… d’ascenseur? -Dans la matinée, l’Assemblée avait voté une première proposition socialiste, présentée par Béatrice Bellay pour lutter contre la vie chère en outre-mer. Le texte permet le plafonnement par l’Etat du prix d’un panier de biens de première nécessité pour le ramener au niveau constaté en métropole. Il s’attaque également aux monopoles et autres oligopoles, ainsi qu’à la toute-puissance de la grande distribution.Là aussi, les députés du “socle commun” ont préféré s’abstenir, le ministre des Outre-mer, Manuel Valls, saluant “un premier pas nécessaire”, malgré ses réserves.Dans la soirée, les députés ont adopté un texte se proposant de lutter contre les pannes d’ascenseur. Il prévoit d’obliger les sociétés gérant ces équipements à intervenir dans les deux jours ouvrés et à constituer des stocks suffisants de pièces détachées pour réparer au plus vite et éviter ainsi que les pannes se prolongent et tournent au “calvaire” pour les habitants d’immeubles de grande hauteur.Quelques minutes avant minuit, ils ont approuvé une proposition pour lutter contre la “financiarisation” des crèches. Le texte instaure une autorisation préalable pour les fonds d’investissement souhaitant entrer au capital d’une entreprise de crèches.Après avoir renoncé la semaine dernière à censurer le gouvernement Bayrou – dont ils espèrent encore obtenir des concessions sur le budget – les élus PS entendaient marquer des points. Le chef des élus PS, Boris Vallaud, n’avait pas caché attendre “sur certains textes, un soutien” de la part du gouvernement et des élus du centre et de la droite.Quant aux élus du Rassemblement national, ils avaient annoncé leur intention de voter “comme d’habitude ce qui va dans le bon sens, celui de l’intérêt de la France et des Français”. En l’occurrence, ils ont approuvé les texte sur les prix en outre-mer, sur les repas à un euro et sur les crèches, se sont abstenus sur les ratios de soignants, et ont voté contre le texte sur les ascenseurs.