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Nevers, laboratoire désenchanté du macronisme

Marcheur avant l’heure, le maire de Nevers Denis Thuriot a fait de sa ville un laboratoire du “ni droite ni gauche”. Mais aujourd’hui, deux fidèles se présentent contre lui, et les partis “classiques” croient en leur résurrection. “Le macronisme est fini”, assurent-ils.”Moi, je ne vote pas pour un parti. Mais, vous, vous avez fait de bonnes choses pour la ville”, lance une retraitée dans l’entrebâillement de sa porte, qu’elle vient d’ouvrir à Denis Thuriot.”Vous voyez, les gens savent faire la différence”, assure le maire de 59 ans, distribuant des tracts qui ne font aucune mention de son appartenance au parti présidentiel Renaissance. “Ici, l’étiquette, c’est +Nevers à venir+”, lance le candidat à sa réélection en mars. Emmanuel Macron, il lui arrive de le mentionner: “Ma proximité avec le président, je m’en sers pour Nevers”, dit-il ainsi à une mère inquiète pour son fils étudiant, lui expliquant que c’est grâce à l’État qu’il peut développer l’Université.En 2013, Denis Thuriot, avocat issu du PS, déchire sa carte et créé une liste rassemblant société civile, droite et centre. La recette réussit et, en 2014, il met fin à 43 ans de socialisme à Nevers, ancien fief du Premier ministre Pierre Bérégovoy.Plus tard, il devient l’un des premiers à rejoindre le parti En Marche du futur président. C’est d’ailleurs à Nevers, ville de 33.000 habitants, qu’Emmanuel Macron tiendra un de ses premiers meetings.En 2020, Denis Thuriot est réélu dès le premier tour, offrant à la macronie un de ses rares succès dans ces municipales.-“Infidèles”-“Historique”, titrait alors Le Journal du Centre, dont la Une est encore accrochée dans le local de campagne du “candidat” Thuriot. Y figure également une photo de 2014 du petit groupe parti à la conquête de Nevers: les représentants de la droite mais aussi deux soutiens de la première heure: Xavier Morel, un entrepreneur, et Amandine Boujlilat, fille d’une figure du PS jamais encartée.Aujourd’hui, chacun d’eux présente sa liste contre le maire. “Ils sont devenus infidèles”, raille Denis Thuriot, amer.”Le macronisme est fini. Ca a été un essai loupé”, se justifie Amandine Boujlilat, 41 ans. Ancienne Première adjointe de M. Thuriot et ex-référente départementale de La République en marche, elle mène dorénavant une liste “vraiment indépendante”. “J’ai été séduite par Macron, par sa nouvelle façon de faire de la politique, mais j’ai fait le constat que son parti fonctionne comme tous les partis”, lâche-t-elle. “Denis Thuriot est devenu le porte-parole du gouvernement, mais les gens nous disent +le macronisme, on en a marre+”.”Thuriot utilise sa ville comme un strapontin”, renchérit Xavier Morel. Ancien adjoint au maire, cet entrepreneur de 62 ans a fait partie de la “société civile” attirée par l’ambition de “faire de la politique autrement”. “C’est moi qui suis allé chercher Thuriot en 2013 pour créer un mouvement sans étiquette. Il a rejoint Macron en 2017. C’est lui qui m’a trahi”, accuse-t-il, assurant mener une liste réellement apolitique. – Le réveil des partis -Face à l’implosion de la macronie, les partis “traditionnels” croient en leur résurrection. “C’est une réinvention”, estime Wilfrid Séjeau, à la tête de la seule liste de gauche (PS, écologistes et PCF). En 2020, il y en avait eu cinq. “Certains à gauche ont voté pour Denis Thuriot mais ils se sont sentis trahis quand il a pris un virage à droite”, juge ce libraire de 46 ans, vice-président du département et conseiller régional.La droite aussi se sent pousser des ailes: après avoir soutenu Denis Thuriot en 2020, elle présente aujourd’hui sa propre liste. “Le macronisme est impossible. Dans la vie, on n’est pas sans étiquette”, croit le LR Baptiste Dubost, 28 ans. Ce pharmacien dénonce “l’insécurité en hausse” et les “nombreux immigrés”, des thèmes à prendre alors que le RN ne présentera aucun candidat, malgré sa percée aux législatives de 2024. Malgré cette concurrence, Denis Thuriot ne sonne pas la fin du macronisme. “L’esprit de rassembler hors des partis, je continue à le porter. Ici, les décisions du conseil municipal sont prises à l’unanimité à 94%”.

Face à Trump, l’extrême droite française, dans tous ses états, désunie

Nouveau révélateur des dissensions de l’extrême droite française, Donald Trump y suscite toute la panoplie des réactions: si Eric Zemmour continue de s’en revendiquer, Marion Maréchal s’accroche à quelques “combats communs”, tandis que Jordan Bardella cherche à se dissocier d’un allié devenu encombrant.Dans la famille nationaliste, il y a les trumpistes décomplexés. Eric Zemmour est de ceux-là, qui “ne renie pas” son soutien de longue date au président américain, même quand sa police de l’immigration tue deux personnes en trois semaines dans la ville de Minneapolis.Bien au contraire, le président du parti Reconquête “approuve globalement la politique d’immigration” de la Maison Blanche, qui est “un immense succès”. Et pour cause, puisqu’il y voit la mise en oeuvre de la “remigration” qu’il dit être “le seul à défendre” dans l’Hexagone.Disant se sentir “très proche” du vice-président américain JD Vance, M. Zemmour a même affirmé dimanche sur BFMTV qu’il “incarne en France ce mouvement de pensée” -baptisé MAGA (“Make America Great Again”) outre-Atlantique- qui porte selon lui l’aspiration des “peuples occidentaux qui ne veulent pas se faire remplacer”.Rhétorique subitement mise à mal par les visées de M. Trump sur le Groenland, d’où l’Américain se verrait volontiers déloger les Danois. Pratiquant un trumpisme plus à la carte, Marion Maréchal préfère donc souligner qu’elle partage “un certain nombre de combats communs avec lui”. En l’occurrence: “la lutte contre l’immigration, l’insécurité, le narcotrafic et le +wokisme+”, a-t-elle précisé lundi sur France Inter.Autant de “défis qui nous rassemblent entre Européens et Américains”, souligne-t-elle, assumant d’entretenir “des relations” avec le Parti républicain, même si ces alliés “peuvent en parallèle de cela être des concurrents géopolitiques et économiques parfois féroces”.Une brutalité qui peut aussi servir d’inspiration, pour celle qui juge “très intéressant” d’observer comment l’administration Trump démontre que “la volonté politique peut reprendre le pas sur la techno-bureaucratie (et) le gouvernement des juges”.- “L’empire” et le “patriote” -La posture est plus délicate du côté du Rassemblement national, où Jordan Bardella tente de prendre ses distances avec Washington. Ainsi, quand il critique l’intervention au Venezuela et la capture de Nicolas Maduro: “Une ingérence manifeste dans les affaires d’un Etat”.Son allié Eric Ciotti s’était à l’inverse réjoui d’une opération qui “sert aussi les intérêts de la France” (contre le narcotrafic aux Antilles et en Guyane) et prouve au passage que “la politique ce n’est pas que des paroles, c’est aussi de l’efficacité”.M. Bardella s’est encore démarqué la semaine dernière, en exhortant l’Union européenne au “rapport de force” face à la “menace” d’annexion du Groenland et au “chantage” américain sur les droits de douane, allant jusqu’à proclamer que la “soumission serait une faute historique”.Aussitôt le jeune président du RN est renvoyé à ses propos passés: “L’élection de Trump est une bonne chose pour les Américains et je me réjouis que les Américains aient fait ce choix”, affirmait-il début 2025, juste après le retour au pouvoir du président des Etats-Unis.Pour s’en justifier un an plus tard, M. Bardella a expliqué jeudi sur CNews avoir “loué le patriotisme de Donald Trump dans une époque où (il) défendait l’intérêt américain”, tout en soulignant qu’il “ne défendait ni les intérêts français ni les intérêts européens”.Désormais “extrêmement inquiet” du comportement des Etats-Unis qui “ne se comportent plus comme une nation (mais) comme un empire”, il considère donc “naturel” de brandir des “menaces ciblées” pour se protéger, “même face à un patriote comme Donald Trump”.Message relayé par son vice-président Sébastien Chenu, lundi sur Public Sénat: “Les Etats-Unis sont un pays ami et allié, mais on peut tout de même être exigeant (…) Il faut leur tenir la dragée haute”.Le discours a toutefois ses limites: s’il assure que le RN “n’a jamais été trumpiste”, le député du Nord reconnaît aussi que “Trump a des côtés séduisants”. Ceux d’un chef d’Etat qui “fait ce qu’il dit, se bat pour les intérêts des siens” et possède “cette capacité à faire bouger les lignes qui, effectivement, peut plaire”.

L’Assemblée adopte l’article phare du texte interdisant les réseaux sociaux aux moins de 15 ans

La France bientôt pionnière en Europe? Les députés ont approuvé lundi l’article phare d’une proposition de loi interdisant les réseaux sociaux aux moins de 15 ans, une mesure visant à protéger la santé des adolescents, soutenue de tout leur poids par le gouvernement et Emmanuel Macron.Un vote sur l’ensemble du texte, porté par le groupe Renaissance, doit avoir lieu un peu plus tard dans la soirée. Les débats restants porteront notamment sur l’interdiction des téléphones portables dans les lycées, comme c’est déjà le cas dans les écoles et les collèges.La proposition de loi devrait, sauf surprise, recevoir le feu vert de l’Assemblée. Elle ira ensuite au Sénat à la “mi-février”, selon l’ex-Premier ministre Gabriel Attal, où le texte n’a toutefois pas officiellement été programmé à ce stade.Si le texte est adopté définitivement, la France deviendrait le deuxième pays à se doter d’une législation aussi restrictive pour les mineurs, après l’Australie qui a interdit les réseaux sociaux aux moins de 16 ans début décembre.Le gouvernement souhaite aller vite, avec une interdiction mise en œuvre dès la rentrée 2026 pour les nouveaux comptes, et une vérification d’âge efficace pour tous les utilisateurs (y compris les comptes déjà existants) d’ici le 1er janvier 2027, a précisé lundi la ministre du Numérique Anne Le Hénanff.Premier pas en ce sens: les députés ont adopté un amendement identique du gouvernement et de la rapporteure Renaissance du texte, Laure Miller, réécrivant l’article-clé du texte.Il prévoit que “l’accès à un service de réseau social en ligne fourni par une plateforme en ligne est interdit aux mineurs de quinze ans”.La ministre a défendu cet âge, qui “correspond en France à la définition de la majorité sexuelle” et au “passage du collège au lycée”. L’article a été adopté par 116 voix contre 23, avec le soutien du camp gouvernemental, de l’alliance RN-UDR, des communistes, des indépendants de Liot et de la majorité des écologistes. Les insoumis ont voté contre. Les socialistes se sont eux en majorité abstenus.Durant les débats, le député LFI Arnaud Saint-Martin a dénoncé “une forme de paternalisme numérique” et une réponse “simpliste”.Neuf associations de protection de l’enfance ont appelé lundi les élus à “responsabiliser les plateformes”, plutôt que “bannir” les enfants des réseaux sociaux.- WhatsApp pas concerné -Les réseaux comme TikTok, Snapchat ou encore Instagram, devenus omniprésents dans la vie des adolescents, nuisent gravement à leur santé mentale, a alerté au début du mois l’Agence nationale de sécurité sanitaire (Anses).Les risques listés sont nombreux, entre cyberharcèlement, comparaison permanente ou exposition à des contenus violents. Également pointés: les systèmes de captation de l’attention, au détriment du sommeil.”Les émotions de nos enfants et de nos adolescents ne sont pas à vendre ou à manipuler, ni par les plateformes américaines, ni par les algorithmes chinois”, a déclaré dans une vidéo diffusée ce week-end le président de la République, attaché à cette réforme qui marquerait son second quinquennat.Le texte exclut de l’interdiction les “encyclopédies en ligne” ou encore les “répertoires éducatifs”.”Les messageries privées interpersonnelles” comme WhatsApp ne sont pas non plus concernées, a indiqué Mme Miller.- Sanctions -La proposition de loi a été plusieurs fois réécrite. Le Conseil d’Etat avait notamment émis un avis très critique sur la version initiale.La principale difficulté réside dans l’obligation de conformité avec le droit européen – plus précisément avec son règlement sur les services numériques (DSA). Objectif: ne pas subir le même sort qu’une loi de 2023 instaurant une majorité numérique à 15 ans mais n’ayant jamais pu être appliquée.Depuis cet été, la publication par la Commission européenne de nouvelles lignes directrices a permis d’ouvrir la voie à une régulation, dans le droit national, de l’accès aux réseaux sociaux sous un certain âge.”Les plateformes ne respectant pas l’interdiction (…) seront passibles de sanctions pouvant s’élever jusqu’à 6% de leur chiffre d’affaires”, a déclaré Laure Miller.Plusieurs députés ont soulevé la question du contournement possible par les mineurs, par exemple en utilisant un VPN.Pour que l’interdiction devienne une réalité, un système de vérification d’âge efficace devra en effet être mis en place. Des travaux sont en cours au niveau européen.Un “tiers de confiance”, qui ne serait “ni l’État ni les plateformes de réseaux sociaux” pourrait procéder soit par reconnaissance faciale, soit par téléchargement de documents d’identité, a avancé lundi Gabriel Attal. 

“Nouvelle République”: le journal ironise sur le “plagiat” d’Attal

Le quotidien régional La Nouvelle République a ironisé sur le “plagiat” de Gabriel Attal, qui entend rebaptiser du même nom le parti Renaissance, évoquant un “hommage embarrassant” dans un éditorial lundi soir.”Le parti du président de la République changera bientôt de nom. Problème, il opterait pour le nom d’un groupe de presse historique : le nôtre”, écrit la “NR”, qui revendique cette marque depuis “huit décennies”.”L’hommage est embarrassant même si la timidité de Gabriel Attal est émouvante. Le leader politique n’a en effet pas osé informer la NR de son idée”, poursuit le titre de presse, qui dit vendre “120.000 journaux” chaque jour “dans cinq départements”.Une version contestée par l’entourage de M. Attal, qui a fait savoir lundi soir à l’AFP que le président du directoire de la Nouvelle République, Olivier Saint-Cricq, avait bel et bien été “informé il y a quelques mois” de cette “réflexion” autour du nom. Si Renaissance, créé par Emmanuel Macron en avril 2016 sous le nom d’En Marche!, ne sera officiellement rebaptisé qu’après les municipales, cette nouvelle appellation s’affiche déjà sur le fronton du siège du parti.Selon RTL, M. Attal a pris conseil de juristes pour s’assurer qu’il n’y aurait pas de conflit avec le journal, qui ironise en retour sur la “prudence” de l’ancien Premier ministre et espère qu’il “ne lui empruntera pas ses vieux logos et autres slogans fédérateurs”.”Si Gabriel Attal manque d’inspiration, qu’il s’intéresse aux municipales. Ce rendez-vous électoral dans lequel son parti peine à peser mais que La Nouvelle République chronique sans parti pris”, grince encore le quotidien régional dans son éditorial signé de Luc Bourriane, son directeur de la rédaction.

Municipales: Amine Kessaci s’engage avec Payan pour combattre le narcotrafic à Marseille

Le militant écologiste et anti-drogue Amine Kessaci est candidat aux municipales à Marseille sur la liste du maire sortant de gauche Benoît Payan, souhaitant faire de la deuxième ville de France une “vitrine dans la lutte contre le narcotrafic”.L’annonce officielle a été faite lundi soir depuis un lieu symbolique, l’Après M, un ancien McDonald’s en plein coeur des quartiers déshérités du Nord, devenu avec l’aide de la municipalité un “fast social food” où il est arrivé sous les applaudissements et des dizaines de personnes qui scandaient son prénom.”J’ai la garantie de savoir que le maire va porter mon combat, qu’à ses côtés, je pourrai porter la lutte et faire finalement de Marseille la vitrine nationale de la lutte contre le narcotrafic”, a expliqué le jeune homme de 22 ans, dans un entretien avec l’AFP.La liste du Printemps marseillais n’a pas été détaillée mais Amine Kessaci rejoint une coalition allant des socialistes aux communistes, en passant par Les Ecologistes, sous la houlette du maire sortant et ex-socialiste Benoît Payan.”Résoudre les questions de narcotrafic, ça ne se fait pas avec des annonces (…) ça ne se fait pas avec uniquement des moyens répressifs”, a martelé M. Kessaci, plaidant pour “des politiques sociales, des logements dignes, une école forte.”En 2020, il avait perdu son grand frère Brahim, impliqué dans le trafic, dont le corps avait été retrouvé carbonisé. Avant d’être endeuillé le 13 novembre par la mort de son petit frère Mehdi, dans un probable “crime d’intimidation” en représailles à son militantisme.Raison pour laquelle, il a promis lundi devant sa mère un “accompagnement des familles”: “plus jamais à Marseille, il n’y aura une maman qui pleurera son enfant seule”.- Un “rôle central” -Benoît Payan a rappelé que “Marseille est à la croisée des chemins. Le Rassemblement national guette” et “il est hors de question pour nous de laisser la haine gagner cette ville”.A moins de deux mois des municipales, face au RN qui affiche ses ambitions et place la sécurité au centre de sa campagne, le maire sortant peut se targuer ici d’un joli coup politique avec Amine Kessaci qui jouera un “rôle central” dans sa campagne.Et ce malgré le dispositif de sécurité entourant le militant, qui admet ne plus “faire un pas sans avoir quatre ou cinq policiers” autour de lui et qui doit bien souvent mettre un gilet pare-balle en public.”Je ne suis coupable de rien et je ne vivrai pas assigné à résidence”, a-t-il averti, tout en ayant à coeur de ne “jamais mettre en danger” ceux qui assurent sa sécurité lors de sa campagne.Après l’assassinat de Mehdi, Amine Kessaci a enchaîné les interventions médiatiques, son visage rond, à peine vieilli par la barbe, affichant sa douleur et son épuisement.Mercredi, depuis Paris, il annonçait son intention de créer une association nationale des maires de France engagés contre le narcotrafic. Quelques jours plus tôt, il était l’invité surprise à Lyon du premier meeting de l’écologiste Grégory Doucet, apportant son soutien au maire sortant candidat à sa réélection.Jeune militant de quartier propulsé sur la scène nationale, M. Kessaci n’en est pas à son premier essai en politique.En 2024, candidat d’une gauche unie aux législatives dans le nord de Marseille, il s’était hissé au second tour avant d’être battu de justesse par la députée sortante d’extrême droite, la RN Gisèle Lelouis.- “Pas une fatalité” -Dans un livre au titre prémonitoire, publié à l’automne, “Marseille essuie tes larmes” (Le bruit du monde), il plantait le décor de son enfance dans la cité de Frais-Vallon, choyé par une mère algérienne dans une famille “modeste mais pas ignorante”.Une mère à qui il dédie son engagement, pour elle et toutes ces mamans de quartiers qui luttent pour protéger leurs enfants de la drogue.C’est notamment pour épauler ces familles que l’association qu’il a créée, Conscience, intervient dans des banlieues déshéritées en France.Aujourd’hui, sa parole porte jusqu’au sommet de l’Etat et il a rencontré Emmanuel Macron plusieurs fois.”Il ne s’agit pas uniquement de parler mais d’agir tous les jours pour montrer que le narcotrafic n’est pas une fatalité”, insiste le militant.

Au procès de Joël Guerriau, la soirée sous drogue qui a traumatisé Sandrine Josso

Perverse tentative de soumission chimique ou rocambolesque inadvertance ? Au procès à Paris de l’ex-sénateur Joël Guerriau pour avoir lourdement drogué la députée Sandrine Josso, les deux protagonistes ont livré lundi des lectures opposées de ce retentissant huis clos.L’ancien élu centriste de Loire-Atlantique, qui a démissionné en octobre dernier du Sénat, est jugé lundi et mardi par le tribunal correctionnel de Paris pour avoir drogué à l’ecstasy son amie politique de dix ans afin de la violer. Dans cette affaire souvent perçue comme un cas emblématique de soumission chimique, le prévenu de 68 ans nie toute motivation sexuelle.”Je suis allée voir un ami, je suis allée le cœur léger fêter sa réélection. Au fur et à mesure de la soirée, j’ai découvert un agresseur, en fait”, résume d’une voix faible à la barre Sandrine Josso, 50 ans, veste bleu électrique sur tenue noire, devant une salle comble.De mots lents, pesés, la parlementaire MoDem refait devant le tribunal le fil de la soirée qui a fait basculer sa vie, la décortiquant image par image comme sur le canapé du psychiatre qui la suit désormais.Invitée le 14 novembre 2023 au soir par Joël Guerriau à célébrer sa fraîche réélection au Sénat, Sandrine Josso débarque vers 20h, entre deux séances à l’Assemblée nationale, à son pied-à-terre du 6e arrondissement. Arrivée dans le petit triplex, elle découvre à sa grande surprise son hôte en jogging décontracté, et qu’elle est l’unique invitée.Il lui demande si elle souhaite du champagne blanc ou rosé, elle choisit le blanc. Il prépare les verres sur le comptoir de sa kitchenette et les lui sert. En bouche, le champagne s’avère “sucré”, “comme un peu gluant”.”J’ai pensé que c’était peut-être un mauvais champagne. Là, il a insisté pour qu’on trinque à nouveau. Je trouvais ça étonnant. Et puis il allait vers le variateur (de lumière). Et puis après il mettait fort l’intensité, puis il baissait. Il revenait s’asseoir. Il disait +mais tu bois rien+”, raconte Sandrine Josso.- “Je suis un imbécile” -Au bout d’une vingtaine de minutes, elle commence à se sentir mal: palpitations cardiaques, bouffées de chaleur ou de froid, nausées, tremblements… La panique la gagne totalement lorsqu’elle le voit manipuler, à la cuisine, un sachet transparent à côté de sa coupe de champagne.”Sa tenue vestimentaire, le fait qu’il soit monté sur pile, qu’il me force à boire, je me dis qu’il a mis quelque chose dans mon verre. Là je comprends qu’il faut que je parte, je comprends le danger”, dit Sandrine Josso, qui a dû se faire retirer quatre dents depuis les faits tant le stress lui crispe la mâchoire.En grande détresse, parlant et se tenant debout avec difficulté, persuadée qu’elle s’apprête à mourir tant son cœur bat à toute vitesse, elle quitte précipitamment vers 22H00 le domicile de Joël Guerriau et demande à des collègues de la récupérer à l’Assemblée nationale.Transportée à l’hôpital, les analyses toxicologiques relèvent une forte intoxication de son corps à l’ecstasy, avec une présence de MDMA à hauteur de 388 nanogrammes par millilitre de sang. Une concentration très nettement supérieure à une prise récréative de cette drogue euphorisante.Associée à l’alcool, la MDMA peut provoquer des trous de mémoire. Cette drogue n’est toutefois utilisée que dans 2% des cas avérés de soumission chimique en 2018, a relevé un expert au cours de l’instruction.Interrogé durant trois heures avant elle, Joël Guerriau justifie par une abracadabrante inadvertance l’intoxication de son amie “Sandrine” – qui le nomme, elle, “M. Guerriau” – dans un contexte d’épisode dépressif.La veille de sa venue, en proie à une “crise d’angoisse”, “pas bien du tout” après une “journée horrible”, il dit avoir versé la poudre d’ecstasy, fournie par un collègue sénateur pour l'”aider”, dans une coupe pour la prendre. Mais il aurait finalement changé d’avis et rangé la coupe dans le placard, laissant la drogue au fond du verre, oubliant même sa présence.”Ça paraît incompréhensible”, fait remarquer, dubitatif, le président Thierry Donard.Ce n’est qu’au cours de la soirée avec Sandrine Josso, déclare d’une voix posée et doucereuse Joël Guerriau à ses juges, qu’il se rappelle soudain avoir oublié la drogue au fond d’un des deux verres qu’il a servis.La députée note le regard “insistant” de son ami. Lui assure qu’il l’observe pour voir si elle a des symptômes dont il devrait s’inquiéter. “Je ne vois aucun signe, rien, ça me rassure.””Bref, je suis un imbécile”, conclut-il… allant même jusqu’à saluer l’engagement politique de Sandrine Josso contre le fléau de la soumission chimique.Le procès continue mardi.

Primaire de la gauche: Ruffin confirme qu’il sera bien candidat

Le député de Picardie François Ruffin a confirmé lundi dans des interviews à Libération et TF1 qu’il serait bien candidat à la primaire unitaire de la gauche, comme Marine Tondelier pour les Ecologistes et Clémentine Autain pour l’Après, qui aura lieu le 11 octobre.”La primaire est actée : ce sera le 11 octobre prochain. Et oui, sans surprise, je serai candidat”, indique le fondateur du parti Debout! dans Libération.Les participants à cette primaire – à laquelle ne participeront ni Raphaël Glucksmann ni Jean-Luc Mélenchon – ont annoncé ce week-end qu’elle se tiendrait le 11 octobre.”Elle se fera”, assure François Ruffin dans Libération, sans préciser s’il pourrait être candidat si la primaire n’avait pas lieu.”Et je ne reculerai pas: une fois récolté les 500 maires et les 100.000 soutiens, 100.000 parrains citoyens, je serai candidat à l’élection présidentielle”, ajoute-t-il.”J’y vais pour gagner, et surtout j’y vais pour faire gagner les Français”, a-t-il insisté sur TF1.En mai 2025, l’ancien Insoumis – qui a rompu avec fracas avec LFI au moment des législatives de 2024 – avait déjà appelé de ses voeux à une primaire et annoncé qu’il y serait candidat.Depuis, le député de la Somme, fort de ses trois victoires dans sa circonscription depuis 2017, dont deux face au Rassemblement national, a notamment lancé son mouvement Debout, une déclinaison nationale de son petit parti Picardie Debout.Souvent critiqué pour ses difficultés à s’intéger dans un collectif, il est devenu un des principaux défenseurs de la primaire, qu’il souhaite être “de débordement”.Et continue de tendre la main à Jean-Luc Mélenchon et Raphaël Glucksmann pour qu’ils y participent.”De quoi ont-ils peur ? Du vote, du peuple de gauche, de leurs électeurs ?”, lance-t-il dans Libération.En cas de victoire à la présidentielle, l’ancien journaliste, âgé de 50 ans, promet “une nouvelle abolition des privilèges”.”L’exemple viendra d’en haut: je suis le premier député au Smic, je serai le premier Président au Smic. Je paierai mes factures d’électricité comme de Gaulle et j’achèterai ma vaisselle au supermarché comme sa femme Yvonne. Nous ferons vingt millions d’euros d’économies sur le budget de l’Elysée, quatre cents postes d’infirmières. C’est un symbole”, promet-il.Et d’ajouter, sur TF1: “Je ne suis pas né pour ça, enfant je ne me revais pas président, mais je me sens habité par mille voix, mille vies, mille visages”.La co-fondatrice de l’Après Clémentine Autain, qui a également rompu avec La France insoumise, et la patronne des Ecologistes Marine Tondelier ont déjà annoncé leur candidature dans le cadre de cette primaire, où le patron du PS Olivier Faure souhaite engager les socialistes.

Fin de vie: après avoir refusé l’aide à mourir, le Sénat défend les soins palliatifs

Après avoir rejeté toute forme de droit à l’aide à mourir, le Sénat s’est penché lundi sur une proposition de loi plus consensuelle sur l’accès aux soins palliatifs, priorité affichée par la droite majoritaire à la chambre haute.Le texte de la députée macroniste Annie Vidal, qui sera mis au vote mercredi, a été de facto relégué au second plan dans cette discussion au Parlement sur la fin de vie, derrière la création envisagée d’un dispositif d’aide à mourir, examinée en parallèle.Cette loi légalisant sous conditions le suicide assisté et l’euthanasie a été dénaturée par le Sénat la semaine passée, à l’initiative de l’aile la plus conservatrice de la droite et des centristes.Les débats s’étaient envenimés sur ce premier texte. Ils se sont globalement apaisés sur le second lundi, même si la gauche a dénoncé l’attitude de la majorité sénatoriale, l’accusant de ne faire “que la moitié du chemin” sur le débat sur la fin de vie. La droite et les centristes ont, eux, assumé considérer les soins palliatifs comme “un préalable”: “en fonction de l’ambition qu’on mettra dans les soins palliatifs, alors nous pourrons envisager l’aide à mourir”, a assuré la centriste Anne-Sophie Romagny.Cette proposition de loi vise initialement à “garantir l’égal accès de tous à l’accompagnement et aux soins palliatifs”. Pour ce faire, les députés avaient voté pour instaurer un droit “opposable” aux soins palliatifs.Mais les sénateurs l’ont supprimé, en accord avec le gouvernement, craignant qu’il ne suscite “de la déception chez les patients et les familles” car il ne permettra pas, en soi, d’augmenter l’offre de soins. La ministre de la Santé Stéphanie Rist a estimé que cela ne serait qu’une “simple promesse”, redoutant de “nombreux contentieux”.- Quels moyens ? -La ministre a également soutenu l’instauration d’une “stratégie” nationale des soins palliatifs, préférée à une véritable loi de programmation pluriannuelle, votée par les députés.Le gouvernement a sanctuarisé 100 millions d’euros d’investissement dans ce domaine dans le budget de la Sécurité sociale pour 2026. Les sénateurs ont voté pour doubler le montant annuel alloué au secteur dans les prochaines années, même si certains parlementaires ont fait remarquer que ces objectifs chiffrés ne seraient pas contraignants.Alors qu’une dizaine de départements ne disposent pas, actuellement, d’unité de soins palliatifs, le texte crée des “maisons d’accompagnement et de soins palliatifs”.Le Sénat dominé par la droite a également dit ses craintes vis-à-vis des moyens mobilisés. “S’il n’y a pas derrière une volonté politique qui se traduit par les moyens financiers, on aura travaillé sur un sujet sans avoir un retour concret sur les territoires”, s’est inquiété le président LR de la commission des Affaires sociales, Philippe Mouiller.Les deux textes sur la fin de vie seront mis au vote mercredi après-midi. Sur la loi dédiée à l’aide à mourir, le scrutin n’aura néanmoins guère de sens car le texte a été vidé de sa substance.L’Assemblée nationale les examinera en deuxième lecture la semaine du 16 février, sa présidente Yaël Braun-Pivet espérant aboutir à une adoption définitive “avant l’été” sur cette réforme sociétale majeure, promesse d’Emmanuel Macron.

Loi simplification, suppression des ZFE: le gouvernement repousse un vote mal embarqué

Promise au “casse-pipe” à l’Assemblée, la loi sur la simplification et sa mesure controversée de suppression des zones à faibles émissions (ZFE) contre les véhicules polluants, ne sera pas mise au vote cette semaine, le gouvernement espérant d’abord trouver “un compromis” au Parlement.”De très nombreuses mesures (…) sont très largement partagées et attendues, notamment par le monde économique, mais nous avons aussi dans ce texte une mesure qui fait blocage”, a argué sur LCP Laurent Panifous, ministre des Relations avec le Parlement, actant le report du vote déjà ébruité par de nombreuses sources parlementaires et gouvernementales.Selon certaines sources interrogées, le vote pourrait même n’avoir lieu qu’après les municipales de mars.La question devrait rapidement être soulevée autour de Sébastien Lecornu : le Premier ministre tiendra selon son entourage “une réunion la semaine prochaine avec les présidents de groupe pour définir l’agenda parlementaire, dont le texte sur la simplification”.Après un accord mardi en commission mixte paritaire (CMP), le projet de loi pouvait pourtant être définitivement adopté cette semaine en cas de votes favorables mardi à l’Assemblée et jeudi au Sénat.Mais si l’adoption au Sénat fait peu de doute, l’approbation côté Assemblée est une gageure : le groupe macroniste devant à ce stade se résoudre à remettre en cause un totem du premier quinquennat d’Emmanuel Macron.”Plutôt que d’envoyer un texte, pardon de le dire de manière un peu triviale, au casse-pipe, il nous semblait plus opportun d’essayer de trouver un accord en amont”, a justifié M. Panifous. Il a expliqué que le gouvernement pourrait, en cas d’accord avec suffisamment de parlementaires, déposer un amendement pour modifier une dernière fois le texte avant le vote final.- La ZFE qui cache la forêt -En gestation depuis presque deux ans, le projet de loi ambitionnait de simplifier la vie administrative des entreprises et faciliter l’implantation de projets industriels. A l’Assemblée, Les Républicains et le RN y ont ajouté, avec le concours de certaines voix macronistes et LFI, la suppression des ZFE.Initiées en 2019 et étendues en 2021, ces zones entendent limiter les émissions de particules fines en excluant de leur périmètre certains véhicules anciens et polluants, identifiés par les vignettes Crit’Air.Mais dans tous les groupes, y compris ceux favorables à leur maintien, des députés considèrent la mesure mal conçue, et potentiellement injuste pour les foyers n’ayant pas les moyens de changer de véhicule.Certaines sources parlementaires s’attendent aussi à ce que le Conseil constitutionnel rejette la mesure comme “cavalier législatif”, c’est-à-dire un ajout sans lien suffisant avec le texte initial.”Dans ce cas on vote et on voit ce que dit le Conseil constitutionnel”, rétorque Ian Boucard, député LR qui avait présidé la commission sur le texte, et qui déplore un report “pas très respectueux du Parlement”. Pierre Meurin, député RN, a lui dénoncé sur X une “forfaiture démocratique”, et appelé les Français opposés aux ZFE à interpeller leurs parlementaires.A contrario, la députée macroniste Agnès Pannier-Runacher, ex-ministre de la Transition écologique, juge que ce report, décidé à l’aube d’élections municipales, “permettra peut-être à la raison de revenir”, et assure que “quasiment tous les maires concernés par les ZFE ne soutiennent pas” leur suppression sèche.D’autres parlementaires déplorent que cette controverse entrave le reste du projet de loi devenu tentaculaire. Outre la mesure sur les ZFE, le texte prévoit notamment de faciliter l’implantation de centres de données (“datacenters”), et de sécuriser le parcours juridique de projets d’infrastructure comme la controversée autoroute A69.Il porte également un recul du “zéro artificialisation nette” (ZAN), dispositif de lutte contre l’artificialisation des sols, et prévoit des facilitations pour l’accès des entreprises à la commande publique, ou encore la suppression de certaines instances consultatives.

Procès RN: Bruno Gollnisch reconnaît une “organisation”, à défaut d’un “système”

Bruno Gollnisch, ancien numéro deux du Front national, a bien voulu reconnaître une “organisation”, à défaut d’un “système”, dans l’attribution des contrats d’assistants parlementaires des eurodéputés du parti, lundi, devant la cour d’appel de Paris.Devant ses juges, celui qui est apparu pendant des années comme le dauphin de Jean-Marie Le Pen – ce dernier avait cruellement relevé que le destin du cétacé était “parfois de s’échouer” – a entendu proposé une comparaison davantage flatteuse: un “gyrovague”, soit un moine dans l’errance passant de monastère en monastère sans être membre d’aucun.Il s’agit de convaincre la cour d’appel que l’ex-eurodéputé – il a siégé dans l’hémicycle communautaire de 1989 à 2019, mais la période des faits reprochés se borne de 2004 à 2016 – partageait son temps entre son domicile de Lyon, Bruxelles et Strasbourg.Qu’importe, dès lors, pour lui, que ses assistants parlementaires eurent leur bureau à “Montretout”, ce manoir de Saint-Cloud (Hauts-de-Seine) où Le Pen et les siens avaient l’habitude de travailler.Certes, mais pour qui?, s’interroge en substance la cour depuis quinze jours, le Parlement européen et l’accusation soupçonnant lesdits assistants, rémunérés par des enveloppes européennes, de n’effectuer une activité qu’au bénéfice du seul parti.Le détournement de fonds publics, reconnu en première instance, a valu une condamnation du RN, de Marine Le Pen – à date inéligible – et de dix cadres, dont Bruno Gollnisch, notamment condamné à un an de bracelet électronique.- “Vases communicants” -Du reste, l’image du “gyrovague” sied également à ces assistants, eux aussi dans l’errance, passant d’eurodéputés FN en eurodéputés FN, sans sembler être sous les ordres d’aucun. Ou des “vases communicants”, selon l’expression de la présidente de la cour, Michèle Agi.C’est Yann Le Pen, fille cadette de Jean-Marie Le Pen, assistante de Bruno Gollnisch et qui obtient une prime ès qualité, mais octroyée par sa présidente du parti de sœur, Marine Le Pen. “Ça n’est pas elle qui l’emploie, on a quand même le sentiment d’un mélange des genres”, soupire la magistrate.C’est aussi Guillaume Lhuillier, un autre assistant dont la réalité du travail pour M. Gollnisch n’a pas été mise en évidence. “Il eut fallu qu’il travaillât sous l’œil permanent d’une caméra vidéo?”, proteste son ancien patron officiel… avant que la juge ne rappelle qu’un annuaire interne au parti le présentait comme “directeur de cabinet” de Jean-Marie Le Pen. C’est encore Micheline Bruna, elle-aussi supposément “assistante parlementaire de M. Gollnisch” pendant trois ans, puis soudainement rattachée à mi-temps à l’eurodéputée Marine Le Pen. Mais toujours “assistante personnelle” du “Menhir”, selon le même annuaire.”C’est ce qu’on appelle des éléments de contexte”, ironise Michèle Agi, avant de souligner le caractère “confus” de la situation. Bruno Gollnisch: “Ça l’a été pour nous aussi!”.- “Ca fait délictueux” -Pourtant, l’ex-numéro deux du parti à la flamme avait quelques minutes plus tôt défendu une “organisation” – mais pas un “système”, “ça fait délictueux”.Le principe? Une “mutualisation” des assistants parlementaires, réunis dans un “pool” à Montretout, que Bruno Gollnisch désigne comme le “siège du bureau politique et (euro-)parlementaire” et, par ricochet, du “secrétariat” de celui-ci.”J’ai mis mes assistants parlementaires à la disposition de ce secrétariat”, “il m’est apparu naturel de les placer dans cette espèce de vigie”, développe Bruno Gollnisch, reconnaissant qu'”ils avaient évidemment un contact fréquent avec Jean-Marie Le Pen, qui était le président de notre groupe, mais venait moins souvent à Bruxelles”.La présidente bondit: “Vous les avez mis à disposition du secrétariat politique, à Montretout, et sous l’égide de Jean-Marie Le Pen, donc il n’y a pas de lien de subordination avec vous!”. Bruno Gollnisch: “C’est une espèce de détachement…”.Et, pour l’ancien numéro deux, qui doit fêter ses 76 ans mercredi, “c’était organisé, c’était précis: utiliser au mieux la dotation” du Parlement européen. Quelle était la marge de manœuvre des eurodéputés face à la volonté du président du Front national, puis de sa successeuse, Marine Le Pen, finalement préférée au dauphin?”Monsieur Le Pen était volontiers impérieux, et sans doute cette qualité ou ce défaut est passé dans sa filiation par descendance”, a cabotiné Bruno Gollnisch. En s’attribuant pour sa part “retenue et ambivalence”, “le propre des hommes de compromis”.