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Marion Maréchal, la nièce en quête de l’héritage Le Pen

Dans une famille politique traditionnellement régie par le droit du sang, la petite-fille de Jean-Marie Le Pen revendique sa part d’héritage. Au moment où sa tante joue sa survie devant la justice, et alors que Jordan Bardella se prépare à la remplacer, Marion Maréchal prend date, à quinze mois de la présidentielle.On n’échappe pas à son patronyme. Née Le Pen, lancée dans l’arène sous l’appellation Maréchal-Le Pen, l’ex-plus jeune députée de France avait “laissé de côté” ce “nom de guerre” après son retrait de la vie politique. Revenue dans le jeu, elle l’assume plus fièrement que jamais. Et le fait savoir.Tout est dit dans le titre de son essai, largement autobiographique, paru cette semaine. Cela aurait pu s’intituler “Au nom du grand-père”; elle a choisi “Si tu te sens Le Pen”, formule épistolaire signée de son aïeul, pour la pousser à conquérir la circonscription de Carpentras, en 2012, à seulement 22 ans.La voilà donc, à 36 ans, livrant le récit parfois intime d’une vie dans l’ombre portée du “Menhir”, sulfureux bâtisseur de l’extrême droite française obsédé par l’immigration et les juifs. Une sorte de confession qui rappelle celle de Marine Le Pen (elle aussi née Marion), à peu près au même âge, dans son premier ouvrage baptisé “A contre-flots”.Désormais l’extrême droite a le vent en poupe. Les temps ont changé, l’éditeur aussi: c’est dans l’opulence du Salon Haute Couture du Plaza Athénée (8e arrondissement de Paris) que la maison Fayard a organisé le lancement de sa nouvelle publication mardi soir.L’autrice rejoint ainsi l’écurie politico-littéraire du milliardaire conservateur Vincent Bolloré, au côté des best-sellers Philippe de Villiers, Nicolas Sarkozy, Eric Zemmour et Jordan Bardella. Une union des droites sur étagère, qui peine encore à se concrétiser dans les urnes.Le président du Rassemblement national, flanqué de quelques lieutenants, était tout de même présent sous les lustres du palace parisien, pour saluer cette alliée héréditaire. Ne manquait que Marine Le Pen, “privée de soirée en raison d’un imprévu”, mais qui a souhaité à sa nièce “beaucoup de succès” avec ce manuscrit “sincère et sensible”.- Entretenir la flamme -Réconciliée avec sa tante, Marion Maréchal n’a cependant rien renié de sa ligne plus identitaire et libérale, qui la conduisit à quitter le Front national en 2017, puis à rejoindre l’aventure d’Eric Zemmour en 2022. Avant de revenir au bercail par la petite porte dans le fracas de la dissolution de 2024.Enième “trahison” d’une “opportuniste”, enrage encore le dirigeant de Reconquête, qui n’a toujours pas digéré la volte-face de sa tête de liste aux européennes.Chez les Le Pen en revanche, les offenses sont pardonnées. “On peut être touchée sans être dans un reproche éternel. De toutes façons, dans la famille nous avons le pardon facile”, assurait la tante Marine juste avant la trêve de Noël – alors que sa propre histoire avec son père disait le contraire.La mort du patriarche, début 2025, a sans doute oeuvré à ressouder le clan. La nièce Marion s’était fait remarquer par son hommage appuyé à ce “cher Daddy” dont elle avait juré de “relever la mission”. Tant pis pour la “dédiabolisation” du parti patiemment entreprise depuis que le fondateur, connu pour ses provocations qui lui ont valu plusieurs condamnations en justice, avait passé le relais à sa fille.Peu importe aussi l’ordre de succession acté par la triple candidate présidentielle, dont la quatrième tentative se joue depuis mi-janvier devant la cour d’appel de Paris. Si son inéligibilité était confirmée d’ici l’été, Jordan Bardella devrait “reprendre le flambeau”, a énoncé la patronne.Mais il faudra composer avec une Marion Maréchal déterminée à entretenir la flamme et à “veiller”, comme elle l’écrit, à ce que “cette conquête du pouvoir ne se (fasse) pas au prix des reniements”. Quitte à s’accommoder de ses affinités trumpistes, quand le parti tente de prendre ses distances avec l’imprévisible président américain.Forte d’une cote de popularité flatteuse dans tous les baromètres, la légataire de la marque Le Pen conclut comme on menace: “Ce vieux nom breton (est) une forme de garantie”. Plus littérale, sa tante l’avait déjà traduit en français: “Le Pen, ça veut dire le chef”. 

A Lyon, feu Gérard Collomb omniprésent dans la campagne électorale

Deux ans après sa mort, la figure de Gérard Collomb, ancien maire et ex-ministre de l’Intérieur, plane sur la campagne à Lyon, tous les candidats – y compris ses rivaux d’hier – s’inscrivant dans son sillage. Pendant près de vingt ans, ce socialiste devenu macroniste, décédé en novembre 2023 à 76 ans, a façonné la ville à travers ce qu’il appelait le “modèle lyonnais”, un développement urbain mêlant stabilité politique, attractivité économique et grands chantiers.De ce “maire bâtisseur” salué par le président Emmanuel Macron lors de ses obsèques, les Lyonnais retiennent l’émergence d’un nouveau quartier à la confluence de la Saône et du Rhône ou le vélo en libre-service.Ces derniers mois, le maire-sortant écologiste Grégory Doucet et son principal adversaire, l’ex-patron de l’OL Jean-Michel Aulas, soutenu par le centre et la droite, ont multiplié les hommages envers l’ancien édile. “Gérard Collomb a l’image largement répandue d’un bon maire. Aujourd’hui, tout le monde veut récupérer une partie de cette bonne image”, observe Gérard Angel qui a chroniqué pendant 15 ans les “potins” politiques lyonnais dans un journal satirique.Pourtant, Gérard Collomb est sorti par la petite porte au scrutin de 2020, ses listes ayant été balayées par une vague écologiste inédite, sur fond d’alliance controversée avec la droite entre les deux tours.- “Légitimité” -Grégory Doucet l’a battu, mais il le qualifie dès son investiture de “grand amoureux de Lyon”, et salue un “maire transformateur et humaniste” à son décès. Il inaugure aussi une place et une station de métro à son nom. “Il a été un grand maire, il faut le dire, et je lui ai rendu hommage pour cela mais nous n’étions pas toujours d’accord”, nuance l’écologiste dans un échange avec l’AFP, revendiquant une “ligne de continuités et de ruptures”.Sa majorité a ainsi repris plusieurs des projets de Gérard Collomb, comme la transformation des quartiers de la Part-Dieu et de La Confluence, avec plus d’arbres et de vélos toutefois. Et elle a dit niet à un projet routier visant à boucler le périphérique lyonnais par l’ouest.Par ces égards, M. Doucet a cherché “à s’approprier une forme de légitimité”, à “contrecarrer le stigmate du militant écologiste déconnecté des réalités”, explique à l’AFP Romain Meltz, politologue et chercheur associé à l’ENS de Lyon.”Quand on est élu, on a une responsabilité de s’appuyer sur ce qui a été fait” par nos prédécesseurs, souligne pour sa part Bruno Bernard, le président écologiste de la Métropole de Lyon, une collectivité façonnée par et pour Gérard Collomb.”C’est ça l’efficience d’une politique publique”, poursuit l’élu, qui préfère le terme de “successeur” à celui “d’héritier”.- “Intéressée” -En face, Jean Michel Aulas, novice politique à 76 ans, revendique pleinement avoir “été très proche de Gérard Collomb”.Patron de l’OL et de la compagnie de logiciels Cegid pendant des décennies, il a beaucoup fréquenté l’ancien maire de Lyon. Leur relation tenait à un “même logiciel sur le rayonnement urbain par l’entreprise”, selon M. Meltz.Les deux hommes ont aussi collaboré pour la construction d’un grand stade à l’est de Lyon, inauguré il y a dix ans, vitrine de l’OL et de la ville à l’international, dans une relation “intéressée”, selon Gérard Angel.Alors quand Jean-Michel Aulas commence à penser à la mairie, il prend le soin de s’afficher avec l’ex-gymnaste Yann Cucherat, ancien adjoint et allié de M. Collomb aux élections de 2020.”Lyon, c’est Gérard Collomb et son humanisme bâtisseur !”, lance-t-il ensuite lors de son premier meeting. Et avec son alliée LR à la Métropole, Véronique Sarselli, il ressort des cartons le projet d’une cinquième ligne de métro, hérité de l’ère Collomb et abandonné par les écologistes.Pour ceux qui furent proches du Gérard Collomb socialiste, la pilule est dure à avaler. Le conseiller métropolitain Louis Pelaez, qui quittera la politique en mars, a ainsi déploré “toute forme de récupération” du nom du défunt.

Quatre mois de débats pour un 49.3: les députés s’interrogent sur le parlementarisme

Une séquence budgétaire harassante et un dernier recours à l’arme du 49.3 vendredi. Loin d’avoir vécu le “moment parlementaire” espéré, les élus se divisent sur les constats comme sur les solutions à apporter.Sur le perron de Matignon début octobre, Sébastien Lecornu solennise le contexte de son renoncement au 49.3: “Je pense que nous sommes dans le moment le plus parlementaire de la Ve République”.Quatre mois plus tard, s’il considère que cet outil constitutionnel ne “pourra plus être un réflexe”, le Premier ministre sera pourtant contraint d’y recourir comme ses prédécesseurs pour faire passer le budget de l’État à la faveur d’une non-censure négociée avec le Parti socialiste.Ce scénario n’avait jamais vraiment quitté la table faute de majorité, sur un texte qui détermine traditionnellement qui soutient ou non le gouvernement. Mais la conclusion est amère pour tout le monde, après “350 heures” de débats.- “Sclérose” -“C’était un drôle de pari, et ça n’a rien changé ensuite sur la nature des discussions”, se remémore Frédéric Valletoux, président Horizons de la commission des Affaires sociales. S’il reconnaît que le Premier ministre a hérité d’une situation “impossible”, le député regrette une “méthode” qui a trop laissé le stylo au Parlement sur le budget: “La commission des Finances c’est vingt administrateurs, celle des Affaires sociales, quinze. Comment voulez-vous qu’on fasse un budget satisfaisant ?”.Sébastien Lecornu a toutefois une victoire: le budget de la Sécurité sociale a bien été adopté par un vote dans l’hémicycle. Une première sous ce quinquennat.”À ce moment-là on pouvait se dire que le Parlement a réussi à s’imposer et à changer ses pratiques”, mais les concessions des oppositions “cachaient une volonté de n’en trouver aucune sur le budget de l’État”, déplore Erwan Balanant, député MoDem.Dès lors deux questions taraudent: le Parlement va-t-il trouver une manière plus satisfaisante de débattre des budgets ? Et comment ?”Ce que démontre cette séquence c’est que le parlementarisme est incompatible avec la Ve République”, tranche l’écologiste Sandrine Rousseau pour qui les “postures” liées à la présidentielle ont engendré “une sclérose parlementaire”.Un constat en partie partagé par Philippe Brun, député PS. “Si vous voulez vraiment du parlementarisme il faut supprimer l’élection présidentielle et renoncer au 49.3”, analyse-t-il, plaidant dans ce cas-là pour “interdire” les gouvernements minoritaires en rendant obligatoire le vote de confiance.- “Acteurs” -Coordinateur de LFI, Manuel Bompard ne croit pas à une “tripartition politique” qui durera “pour toujours”, mais réfléchit à un mode de scrutin qui renouvelle le Parlement. Comme sur une proportionnelle “avec un système d’apparentement”, permettant à chaque formation politique de concourir sous ses couleurs, mais en annonçant au préalable avec qui elle va additionner ses sièges pour former une coalition.Autre réflexion: “une prime majoritaire pour la coalition arrivée en tête, si elle atteint un score minimal, par exemple 40%. Si elle fait moins, vous ne pouvez pas considérer que le pays a voulu une majorité”, élabore le député.Toujours est-il qu’une réforme constitutionnelle, ou même un changement du mode de scrutin par une loi simple, seraient une gageure d’ici 2027, tant les positions divergent.”Le problème n’est pas la Constitution, c’est d’abord l’état d’esprit politique”, relève Renaud Labaye, secrétaire général du groupe RN à l’Assemblée.S’il estime qu’en cas d’entrée de l’extrême droite à l’Élysée, les électeurs à la recherche d’une “rupture” pourraient redonner à l’Assemblée une majorité nécessaire, il plaide pour ne “surtout pas écraser les oppositions”.”Même si vous êtes en majorité absolue il faut considérer que les lignes politiques entrant au Parlement sont représentatives de la population” et “même stratégiquement ce n’est pas bon de chercher à écraser”, poursuit ce proche conseiller de Marine Le Pen. Il juge toutefois impératif de “tout revoir” sur la procédure budgétaire.En marge de l’un des recours au 49.3 en janvier, la présidente de l’Assemblée Yaël Braun-Pivet avait déclaré: “C’est la démocratie (…) qui perd aujourd’hui”. La députée Renaissance a ainsi lancé une mission de réflexion à l’Assemblée pour que ce budget soit “le dernier discuté de cette façon-là”, souhaitant réformer le règlement ou les lois régissant la procédure budgétaire.Un député se montre toutefois circonspect: “la loi est bien écrite, le problème ce sont les acteurs”.

L’Assemblée adopte un texte pour la protection d’urgence d’enfants victimes de violences

L’Assemblée nationale a adopté jeudi en première lecture une proposition de loi transpartisane visant à mieux protéger un enfant victime d’inceste ou de violences, en accroissant les contrôles et en instaurant une nouvelle “ordonnance de protection provisoire”.Porté par Perrine Goulet (MoDem), le texte a été adopté par l’ensemble des 35 députés présents. Il devra désormais aller au Sénat.”Pour de trop nombreux enfants la famille n’est pas un espace protecteur, elle peut même devenir le lieu du danger (…) il est temps que le doute bénéficie à la protection de l’enfant, plutôt qu’à la personne soupçonnée de violences”, a déclaré la députée.Comportant plusieurs volets, la proposition de loi entend notamment renforcer les contrôles dans les lieux d’accueil et de protection de l’enfance, en les rendant obligatoires tous les trois ans, – voire deux ans pour les pouponnières à caractère social -, contre cinq ans jusqu’ici.Les députés ont aussi adopté des amendements pour qu’une majorité des contrôles prévus se fassent de manière “inopinée”.Fin 2025, une vidéo montrant des éducateurs d’un foyer à Paris rasant la tête d’un enfant de 8 ans contre son gré, en guise de “sanction”, avait déclenché l’ouverture d’une enquête pour violences volontaires sur mineur.La nouvelle loi interdirait également l’ouverture de structures de protection de l’enfance sous statut privé à but lucratif, laissant trois ans à celles qui existent pour s’y conformer. Le gouvernement soutient en partie le texte, mais la ministre Charlotte Parmentier-Lecocq (Autonomie et Personnes handicapées) a jugé que cette mesure emportait un “risque constitutionnel”.Elle a estimé “plus sûr” d’imposer “des conditions d’autorisation et de contrôle plus strictes”, expliquant que le gouvernement le proposerait via un projet de loi à venir sur l’aide sociale à l’enfance.Autre pilier de la proposition de loi portée par Perrine Goulet : la création d’une “ordonnance de protection provisoire”, qui vise à agir avant d’éventuelles poursuites judiciaires.En cas de mise en danger de l’enfant par un parent, le procureur de la République devrait organiser sa mise sous protection, pouvant aller jusqu’à interdire au parent mis en cause d’entrer en contact avec l’enfant et de paraître dans certains lieux (domicile, école, lieux d’activités…).Il devra statuer dans les 72 heures, puis saisir le juge compétent dans les huit jours, afin que ce dernier dispose ensuite de 15 jours pour décider du maintien ou non de la mesure. L’enfant devrait donner son consentement pour revoir son parent violent.

Municipales à Paris: des élus écologistes rejoignent Sophia Chikirou

Les conseillers de Paris écologistes Jérôme Gleizes et Emile Meunier ont annoncé jeudi rejoindre Sophia Chikirou, candidate LFI à la mairie de Paris, marquant leur rupture avec la ligne de leur parti, qui a choisi de s’allier dès le premier tour avec les socialistes.”On est rentrés très souvent en conflit avec la politique sociale-démocrate menée à Paris, que ce soit sur les questions d’urbanisme, sur les questions de la place de la publicité, ce qu’on appelle la +LVMHisation+”, a déclaré à l’AFP Emile Meunier, conseiller du 18e arrondissement, qui avait voté contre le ralliement des écologistes à une union de la gauche hors LFI emmenée par le socialiste Emmanuel Grégoire.Au total, 20% des places éligibles sur la liste LFI pour la mairie centrale et les mairies d’arrondissement seront réservées à des candidats écologistes réunis dans le collectif des “Verts populaires”.”On a passé beaucoup de temps à travailler sur le programme”, a expliqué Sophia Chikirou.Parmi les propositions vertes intégrées à son programme, celle de faire évoluer le périphérique parisien “vers un boulevard urbain”, ou encore le fait de “ne plus artificialiser un seul mètre carré”.Les deux élus parisiens, qui revendiquent être “plusieurs dizaines” à franchir le pas à Paris, font partie des quelque 400 signataires d’une tribune, publiée lundi dans Mediapart, qui critique la stratégie d’alliance de la direction nationale du parti Les Ecologistes. Les signataires disent refuser d’être “la béquille d’une social-démocratie qui entend exclure La France insoumise et choisit de tourner le dos au programme comme à la logique unitaire du Nouveau Front populaire”. Cette stratégie d’alliance parisienne rappelle celle récemment annoncée à Montpellier.”L’élection municipale n’est pas déconnectée des enjeux nationaux”, a commenté Sophia Chikirou, qui critique régulièrement Emmanuel Grégoire pour ses votes en tant que député à l’Assemblée nationale, notamment pour avoir validé le budget 2026 aux côtés des députés macronistes.”A Paris, Grégoire se dit de gauche. Mais à l’Assemblée, ses votes sont clairs: brutalisation du Parlement, austérité, coupes dans la santé, la culture, l’écologie, le social”, lui avait-elle reproché mardi sur X.La candidate LFI, qui tient son premier grand meeting vendredi, souhaite par ailleurs entamer dès ce week-end un travail de terrain pour “aller chercher les abstentionnistes”, notamment les jeunes et les habitants des quartiers populaires.”Notre objectif, c’est d’aller chercher les 30% d’électeurs qui ont voté Mélenchon en 2022 parce que s’ils ont adhéré au projet +Avenir en commun+, c’est qu’ils adhèrent au projet +Nouveau Paris Populaire+”, a-t-elle précisé.”Jérôme Gleizes et Émile Meunier ont exprimé lors des échanges internes leur désaccord sur le choix de l’union avec les forces de gauches qui l’ont souhaité, ils ont été largement minoritaires”, a réagi auprès de l’AFP l’ex-tête de liste écologiste David Belliard, assurant veiller “à ne rien faire qui puisse faciliter la victoire de la droite radicalisée à Paris”.

Municipales à Paris: Grégoire veut relancer le pouvoir d’achat des Parisiens

Emmanuel Grégoire, candidat de la gauche unie hors LFI à la mairie de Paris, a dévoilé jeudi une série de mesures pour réduire le coût de la vie des Parisiens en matière de santé, d’alimentation et de logement.”Paris c’est la plus belle ville du monde, mais quand on n’a pas d’argent, quand on n’a pas de temps, elle peut être très dure”, a-t-il déclaré lors d’un point presse.Sur le logement, dont les loyers représentent en moyenne à Paris 36% du budget mensuel des ménages, M. Grégoire ambitionne de créer à terme “jusqu’à 60.000 logements” sociaux et intermédiaires supplémentaires et de “rendre aux Parisiens les 70.000 meublés touristiques qui font artificiellement monter les prix”. Un plan de rénovation des copropriétés privées doit par ailleurs permettre de rénover 200.000 logements d’ici la fin de la mandature.”On a des loyers qui sont, à Paris, 40% plus élevés que la moyenne française. On a des produits alimentaires qui sont 7% plus chers dans les supermarchés parisiens qu’ailleurs en France”, a rappelé Lucie Castets, ex-candidate du Nouveau front populaire pour Matignon qui a rejoint la liste d’Emmanuel Grégoire.A l’instar de sa concurrente LFI Sophia Chikirou, M. Grégoire dresse lui aussi le constat d’une capitale qui “devient un désert médical”. Il propose pour y remédier de mettre en place une mutuelle municipale et de créer cinq centres de santé supplémentaires -la Ville en coordonne dix- ainsi que d’en rénover deux autres, ce qui permettra selon lui d’organiser “100.000 consultations supplémentaires par an”.Face à l’envolée des prix de l’énergie, l’ex-premier adjoint veut proposer aux Parisiens des achats groupés d’énergie grâce auxquels il estime pouvoir “réduire de 100 à 200 euros par ménage et par an la facture”.Sur le plan de l’alimentation, alors qu’un Français sur six ne mange pas à sa faim, selon le Credoc, il souhaite créer un réseau d’épiceries et de supermarchés solidaires “à moins de dix minutes à pied” de chaque habitant, instaurer un goûter gratuit dans les écoles et maintenir le gel du tarif des cantines pour tous les élèves.Il propose enfin de mieux lutter contre le non-recours aux aides sociales, de créer “un statut particulier pour les aidants” et propose deux heures de garde gratuites par semaine, sous condition de ressources, pour les “mamans solos”. La gratuité des fournitures scolaires sera par ailleurs étendue jusqu’au collège, également sous condition de ressources.

Condamnation de Joël Guerriau: Sandrine Josso appelle Larcher à réagir à de “graves dérives”

La députée Sandrine Josso a demandé jeudi au président du Sénat Gérard Larcher de sortir du “silence” à son égard et de faire la lumière sur de “graves dérives” impliquant le Sénat après la condamnation du sénateur Joël Guerriau pour l’avoir droguée à son insu.Dans un courrier dont l’AFP a obtenu copie, la députée MoDem s’adresse au patron de la chambre haute, ténor des Républicains. Elle se dit notamment “peinée” et “surprise” face au “silence” du sénateur des Yvelines, à qui elle a déjà écrit par deux fois depuis les faits, sans réponse selon elle. Joël Guerriau a été condamné mardi soir à quatre ans de prison, dont 18 mois ferme, coupable d’avoir drogué en 2023 la députée Sandrine Josso en vue de la violer. Lui plaide un accident et a fait appel. Mme Josso s’inquiète notamment du fait que M. Guerriau a affirmé avoir reçu la drogue qui s’est retrouvée dans son organisme auprès d’un autre sénateur. Elle s’interroge aussi sur les révélations de Mediapart, le média ayant affirmé que le Sénat aurait fait pression sur le gendarme audiovisuel (l’Arcom) pour mettre en garde l’émission Complément d’enquête sur France 2, dont un volet a été dédié au Sénat et incluait une interview téléphonique de Joël Guerriau.Des pratiques “illégales” ou “contraires a l’éthique” sur lesquelles la présidence du Sénat devrait enquêter au nom de la “transparence”, dit-elle. “Je vous prie de mettre en oeuvre dès maintenant des actions pour expliquer et mettre fin définitivement à ces graves dérives”, écrit la députée. Interrogé en début de semaine sur RTL, Gérard Larcher avait expliqué avoir attendu pendant un an une réponse du procureur, préalable selon lui à une saisine du comité de déontologie du Sénat. Celui-ci a été saisi cet été, quelques mois avant que Joël Guerriau n’annonce sa démission de son poste de sénateur.”Les faits sont d’une extrême gravité”, avait-il insisté, mais “je ne pouvais pas démissionner de moi-même ce sénateur”.

Narcotrafic: Macron demande de nouvelles mesures pour les douanes et les Antilles

“Plan douanes massif” dans les ports et aéroports, mobilisation accrue aux Antilles, campagne de sensibilisation: Emmanuel Macron a demandé jeudi au gouvernement de “muscler” la lutte contre le narcotrafic, enjeu majeur à quelques semaines des municipales.Lors d’une réunion autour du chef de l’Etat, le Premier ministre Sébastien Lecornu et plusieurs membres du gouvernement ont fait le point sur les décisions prises depuis novembre et sur de “nouvelles mesures” voulues par le président, a dit son entourage à des journalistes.Emmanuel Macron a demandé “un plan douanes massif” pour “muscler notre action dans la lutte contre le narcotrafic dans les ports et les aéroports”, estimant qu’il fallait “changer d’échelle”. Sébastien Lecornu et la ministre des Comptes publics Amélie de Montchalin doivent “rendre ce plan dans un mois”, a rapporté la présidence.Les autorités ont constaté que les opérations contre les mules, ces personnes chargées d’acheminer la drogue, particulièrement sur les avions au départ de Guyane, avaient eu un vrai succès, mais ont aussi comme conséquences de déporter le trafic via d’autres plateformes aéroportuaires ou dans les bagages et le frêt des avions.Il s’agit donc notamment d’investir dans des scanners de “façon massive” afin que les contrôles ne se concentrent pas uniquement sur les passagers.Emmanuel Macron a aussi demandé des “opérations coup de poing” dès “les prochains jours” dans plusieurs aéroports, y compris en métropole, a ajouté l’Elysée.- Après Marseille, les Antilles -Il a par ailleurs estimé que “la mobilisation devait être totale et beaucoup plus massive” dans les Antilles, où il se rendra “dans les prochains mois” pour faire le point.A l’instar de ce qui est fait à Marseille, il a demandé des “moyens humains, techniques et interministériels qui soient à la hauteur” du nombre élevé des “narchomicides” de l’année 2025, notamment à Fort-de-France en Martinique, a ajouté la présidence. Il a dit attendre “sous un mois” des “propositions”, avec notamment un “plan d’urgence sur les quatre îles de la zone avec une coopération régionale intensifiée immédiatement” avec les partenaires d’Amérique du Nord et du Sud, selon la même source.Enfin, le chef de l’Etat a réclamé une “campagne de sensibilisation” sur “les ravages de la consommation” d’ici la fin du premier trimestre, a dit son entourage.Il avait annoncé en décembre le doublement de l’amende forfaitaire pour la consommation de stupéfiants, et d’autres mesures sur le sujet sont attendues dans le prochain projet de loi sur la sécurité du quotidien.Il faut “rediaboliser” les drogues dites “récréatives”, a-t-on fait valoir à l’Elysée.S’agissant des mesures actées fin 2025, en matière de coopération avec des pays étrangers, le président a dit vouloir des “résultats” avec des “auteurs d’assassinats” impliqués dans les cartels de drogue “qui puissent être localisés et neutralisés judiciairement pour qu’ils puissent arrêter de donner leurs ordres de trafic, voire d’assassinats commandités depuis l’étranger sur le territoire national”.Pour alléger la charge de juridictions nationales “embolisées” par les dossiers liés au narcotrafic, des dispositions ont été identifiées et seront intégrées au prochain projet de loi du ministre de la Justice Gérald Darmanin.Outre M. Darmanin et Mme de Montchalin, les ministres Laurent Nuñez (Intérieur), Stéphanie Rist (Santé), Naïma Moutchou (Outre-mer) étaient présents, et celui des Affaires étrangères Jean-Noël Barrot représenté.Il s’agissait de la troisième réunion de ce type depuis celle du 18 novembre convoquée quelques jours après l’assassinat à Marseille de Mehdi Kessaci, jeune frère d’un militant écologiste, Amine, engagé dans la lutte contre le narcotrafic et candidat sur la liste du maire sortant de gauche, Benoît Payan, à Marseille.

La CNCDH dénonce une gestion “essentiellement répressive” de la crise calédonienne en 2024

La gestion de la crise qui a embrasé la Nouvelle-Calédonie en mai 2024 a été “essentiellement répressive”, estime la Commission nationale consultative des droits de l’Homme (CNCDH) dans un avis publié jeudi, jugeant que l’État n’a durant la crise pas respecté plusieurs droits humains fondamentaux.”Les réponses des pouvoirs publics ont essentiellement été répressives, s’appuyant sur des mesures de police administrative, une intervention massive des forces de l’ordre, des mesures judiciaires exceptionnelles et des mesures (…) perçues comme de rétorsion collective”, pointe l’instance indépendante dans cet avis.La CNCDH avait été saisie par le Sénat coutumier, instance consultative de représentation des Kanak, après ces violences qui avaient fait 14 morts et plus de deux milliards d’euros de dégâts, en réponse à un projet de réforme électorale votée à Paris.Elle formule six recommandations pour “rétablir la confiance”, appelant notamment à “respecter pleinement l’intégrité” du processus de décolonisation de l’archipel français du Pacifique sud.  Parmi celle-ci, la Commission demande des “mesures effectives visant à remédier aux discriminations systémiques et aux inégalités structurelles” subies par les Kanak. Selon la CNCDH, le déploiement massif des forces de l’ordre après les premières violences du 13 mai 2024, l’état d’urgence imposé sur l’archipel du 15 au 28 mai ou les transferts de détenus vers l’Hexagone ont alimenté les tensions.L’avis évoque “un traitement judiciaire hors normes” et souligne que “la majorité des affaires a été jugée en comparution immédiate”, une procédure appliquée “quasi-exclusivement à la population kanak” qui soulève “des interrogations” sur d’éventuels “biais”.Il relève aussi une “présomption de culpabilité” pesant de manière disproportionnée sur cette population. Le rapport s’attarde également sur des décisions prises après les violences par la province Sud, dirigée par les loyalistes, et “perçues comme autant de mesures de rétorsion collective”.Le gouvernement avait défendu à l’époque le déploiement des forces de l’ordre et l’état d’urgence comme une réponse aux violences. De son côté, la province Sud avait justifié ses décisions post-émeutes, notamment une forte baisse des aides scolaires, par la perte de recettes fiscales après les émeutes.La commission a mené de nombreuses auditions et “ce n’est pas un avis écrit sur un bureau à Paris”, insiste auprès de l’AFP le président de la commission, Jean-Marie Burguburu, déplorant que plusieurs responsables n’aient cependant pas répondu à ses sollicitations.La réponse de l’État a présenté un “caractère partisan”, estime le vice-président Pierre Tartakowsky. Les pouvoirs publics “savaient que ça risquait de dégénérer” mais ont “appelé les renforts (…) au lieu de déminer politiquement le conflit”, estime-t-il.La CNCDH formule six recommandations visant à “rétablir la confiance” et “restaurer la proportionnalité” de l’action publique. Anticipant des critiques, M. Burguburu assure qu'”aucune orientation partisane” ne guide la commission. L’avis de la CNCDH devait être initialement publié le 20 novembre mais son adoption avait été reporté in extremis par l’assemblée plénière.

Municipales à Montpellier: la liste LFI engrange les ralliements au détriment des Verts

La candidate LFI aux municipales à Montpellier, la députée Nathalie Oziol, a annoncé mercredi plusieurs ralliements à gauche, dont neuf transfuges de la liste du député EELV Jean-Louis Roumégas, de plus en plus isolé à six semaines du premier tour.L’objectif est de “battre” le maire socialiste Michaël Delafosse, qui se représente, et de “tourner la page du PS”, a expliqué lors d’une conférence de presse cette proche de Jean-Luc Mélenchon, qui viendra la soutenir lors d’un meeting le 15 février.”Il est possible de rompre avec le macronisme et son relais local”, a ajouté depuis un kiosque à musique du centre-ville la députée de 35 ans, entourée de ses nouveaux alliés, leur promettant d’être “très haut” sur sa liste.A ses côtés se trouvait notamment Julia Mignacca, figure de l’aile gauche des Verts, qui a annoncé lundi son retrait de la liste “Printemps montpelliérain” du député Jean-Louis Roumégas et sa démission des Ecologistes, dont elle présidait le conseil fédéral.”Ce n’est pas rien de quitter sa famille politique”, a expliqué Julia Mignacca, en lui reprochant ses liens “privilégiés” avec le PS et à Jean-Louis Roumégas d’avoir été “incapable” de faire alliance avec LFI.Même critique pour l’un des huit autres transfuges, Kevin Hoareau, chef de file local de Génération.S, pour qui “le Printemps montpelliérain n’a pas tenu ses promesses de rassemblement”.M. Roumégas, qui prône l’autonomie vis-à-vis du PS et de LFI, se retrouve d’autant plus seul que des écologistes avec lesquels il a rompu de longue date sont en bonne place sur la liste de Michaël Delafosse.Nathalie Oziol a aussi rallié à sa cause l’élue de gauche Alenka Doulain (Cause commune), qui s’était alliée à la surprise générale en 2020 au milliardaire Mohed Altrad, dont elle juge aujourd’hui qu’il “n’a rien fait et n’a rien à dire”.Côté programme, “on ne revient pas sur la gratuité” des transports en commun à Montpellier, a affirmé Nathalie Oziol, clarifiant une position jusqu’ici ambiguë, tout en critiquant “le manque de planification” dans sa mise en place par Michaël Delafosse.S’ils n’ont pas d’avis unanime sur le projet controversé de chaudière CSR (combustibles solides de récupération), la candidate LFI et ses colistiers ont promis une “convention citoyenne” pour solliciter l’avis des Montpelliérains sur “toute la gestion des déchets”.