AFP Politics

Budget: Bayrou va dégainer le 49.3 au risque de la censure

François Bayrou fera usage pour la première fois lundi de l’article 49 alinéa 3 de la Constitution pour faire adopter le budget, mettant ainsi en jeu son poste mercredi lors d’une motion de censure dont l’adoption dépendra des socialistes et du RN.Deux mois après la chute du gouvernement Barnier, les députés doivent examiner à partir de 16H00 le texte de compromis dont a accouché vendredi une commission mixte paritaire réunissant à huis clos 14 parlementaires des deux chambres.L’ensemble des députés d’opposition ont voté contre le texte en CMP, ne laissant guère d’autre choix au Premier ministre que d’engager la responsabilité du gouvernement, en l’absence de majorité à l’Assemblée.”Maintenant, il faut passer sans tarder à l’adoption. Un pays comme le nôtre ne peut pas rester sans budget. Le seul moyen, c’est d’engager la responsabilité du gouvernement”, a annoncé M. Bayrou à La Tribune Dimanche.Le Premier ministre devrait enchaîner rapidement, peut-être dès lundi soir, un deuxième 49.3, sur la première partie du budget de la Sécurité sociale, qui arrive en nouvelle lecture à l’Assemblée. Deux ou trois 49.3 au total devront être déclenchés sur ce texte avant sa transmission au Sénat, un pour chaque partie.- les socialistes partagés -La France insoumise a annoncé de longue date une motion de censure pour faire chuter M. Bayrou, que devraient voter mercredi communistes et écologistes.La position du Rassemblement national et du PS, sans les voix desquelles cette motion ne peut passer, n’est pas encore connue. Les regards sont plus particulièrement braqués sur les socialistes, avec qui le gouvernement négocie depuis plusieurs semaines.Dans une interview à Ouest-France dimanche, le président du groupe PS Boris Vallaud a affirmé que la question n’était “pas encore tranchée”. Un bureau national se réunit lundi midi, mais la décision pourrait se faire attendre jusqu’à mercredi.Si le PS a “arraché des concessions”, elles “restent largement insuffisantes pour faire de ce budget un bon budget”, affirme-t-il. “Mais nous savons aussi que ce pays a besoin d’un budget et nous entendons les inquiétudes, les craintes des entreprises, des collectivités ou des associations”, dit-il.Deux lignes s’affrontent donc au PS entre ceux qui ne veulent pas laisser le pays sans gouvernement et sans budget, comme le leur demande l’ancien Premier ministre Lionel Jospin, et ceux qui veulent censurer notamment au nom des valeurs depuis que François Bayrou a utilisé le terme de “sentiment de submersion” migratoire, cher à l’extrême droite.Lundi, ce sont davantage les premiers qui se faisaient entendre. “Ce n’est évidemment pas un budget (de la Sécurité sociale) de gauche mais il est assurément plus acceptable que le budget Barnier qui faisait des économies à la serpe”, a estimé dans les Echos Jérôme Guedj.- changement d’alliance -Les socialistes pourraient-ils demander de nouvelles concessions d’ici mercredi ? Pas dans le budget de l’Etat puisque la porte-parole du gouvernement Sophie Primas a confirmé lundi sur France 2 que le texte soumis au 49.3 sera celui issu de la CMP. “On a été au bout de ce qui peut être une discussion”, a jugé le chef des députés Modem Marc Fesneau.Quant à une hausse du Smic demandée par les socialistes, celle-ci “n’est pas à l’ordre du jour”, selon la ministre du Travail Catherine Vautrin qui l’a renvoyé à “une conférence sociale plus large sur le travail” qui se déroulerait après le conclave sur les retraites. Les socialistes restent par ailleurs sous la pression des Insoumis. S’ils “ne votent pas la motion de censure, alors ils auront procédé à un changement d’alliance. Ils seront dans un soutien sans participation au gouvernement et auront renié les engagements pris devant les électeurs”, répète le coordinateur de LFI Manuel Bompard.Mais LFI devrait “peut-être s’interroger sur sa stratégie”, a répondu le député socialiste Philippe Brun après la nette défaite de son candidat Louis Boyard à la municipale partielle de Villeneuve-Saint-Georges (Val-de-Marne).- Le RN attend la décision des chefs -Le sort de François Bayrou dépend également du RN, plus en retrait, le Premier ministre ayant choisi de négocier avec le PS. “Nous avons une réunion lundi après-midi pour déterminer notre position”, a déclaré sur Public Sénat le porte-parole du RN Julien Odoul.Le député Jean-Philippe Tanguy a estimé dimanche que le budget proposé était “pire que l’absence de budget”, et que lui-même souhaitait la censure.Mais il appartiendra à Marine Le Pen et à Jordan Bardella de trancher. Au RN, pas de vote interne mais “une unité de commandement”, s’est félicité M. Tanguy.

Darmanin à Rome lundi pour étudier le régime carcéral réservé aux mafieux

Le ministre français de la Justice, Gérald Darmanin, est attendu lundi à Rome pour une visite d’étude du régime carcéral italien réservé aux détenus les plus dangereux, dans le cadre de son projet de créer un établissement de haute sécurité pour les plus gros narcotrafiquants. M. Darmanin doit visiter dans la matinée le Centre pénitentiaire romain de Rebibbia, où une cinquantaine de détenus appartenant au crime organisé sont soumis à un régime d’isolement et de surveillance particulièrement draconien.Des entretiens sont prévus avec son homologue Carlo Nordio et le procureur national anti-mafia et anti-terrorisme, Giovanni Melillo, avant une conférence de presse à 18H30.M. Darmanin a annoncé début janvier son intention de rassembler les “cent plus gros narcotrafiquants” incarcérés dans “une prison de haute sécurité”.Cet établissement sera “réalité” fin juillet, et deux autres d’ici deux ans, pour détenir “plus de 600” narcotrafiquants “particulièrement dangereux”, a-t-il par la suite précisé.Il souhaite priver ces détenus de moyens de contacter l’extérieur sans contrôle et de poursuivre leurs activités de narcotrafic depuis leur cellule.Très restrictif, le modèle italien de détention réservé aux condamnés les plus dangereux pourrait inspirer le garde des Sceaux dans son ambition de doter l’administration pénitentiaire de prisons bunker.- “La prison dure” -L’Italie dispose d’un régime de détention connu sous le nom de 41-bis, appliqué essentiellement à des prisonniers poursuivis pour crimes mafieux et terroristes.Régulièrement dénoncé par les ONG de défense des droits, ce régime fait partie d’un arsenal législatif et pénitentiaire connu sous le nom de “prison dure”.Il a été créé en 1975 pour éviter des mutineries mais a été introduit à plus grande échelle après la vague d’attentats et d’assassinats perpétrés par la mafia dans les années 1980 et 1990.Cet article du règlement pénitentiaire, qui suspend de fait les conditions habituelles de détention, est devenu une arme essentielle de l’arsenal de l’Etat contre le crime organisé.Il peut également être appliqué à d’autres crimes violents et au terrorisme. Selon des chiffres de février 2024, 725 détenus étaient soumis à ce régime carcéral, dont quatre terroristes, les autres appartenant aux principaux groupes mafieux et groupes criminels organisés de la péninsule.Ce régime de détention prévoit l’isolement total pour le prisonnier, sauf deux heures à l’air libre dans un groupe ne pouvant pas dépasser quatre détenus soigneusement choisis pour éviter plusieurs risques: d’un côté celui de la connivence avec d’autres personnes appartenant au même groupe criminel, de l’autre d’éventuel conflits avec un groupe criminel opposé.Ils ont en outre droit à un seul entretien par mois avec des membres de leur famille, derrière une paroi de verre, et cet entretien est enregistré par les autorités carcérales. Ceux qui ne profitent pas de ce droit ont, après au moins six mois de détention, le droit à un appel téléphonique par mois, d’une durée de dix minutes maximum, avec des membres de leur famille, le tout également enregistré.Des limites sont également introduites concernant les sommes d’argent et autres biens que ces détenus peuvent recevoir.- La taille des casseroles -Ils occupent des sections dédiées des prisons italiennes et sont surveillés par des gardes appartenant à un groupe spécial de la police pénitentiaire.Ces gardes changent de prison tous les six mois pour éviter des contacts prolongés avec des détenus dangereux.L’objectif de ce système est double: couper la communication des prisonniers avec l’extérieur, empêchant ainsi les mafieux de diriger leurs organisations depuis la prison; et les convaincre, en raison des conditions pénibles, de devenir des collaborateurs de justice (“repentis”).Dans un récent rapport, l’ONG Antigone, qui s’occupe des conditions des détenus en Italie, a dénoncé “certaines restrictions dont l’objectif semble être de harceler davantage plutôt que de garantir la sécurité: par exemple la taille des casseroles autorisées ou le nombre et la taille des photos et livres pouvant être gardés dans la cellule”.

Budget: François Bayrou va dégainer le 49.3 pour la première fois

Le Premier ministre François Bayrou fera usage pour la première fois lundi de l’article 49 alinéa 3 de la Constitution pour faire adopter le budget, ouvrant la porte à une motion de censure de gauche à l’issue incertaine.Les députés doivent examiner à partir de 16H00 le texte de compromis dont a accouché vendredi une commission mixte paritaire réunissant à huis clos 14 parlementaires des deux chambres.L’ensemble des députés d’opposition ont voté contre le texte en CMP, ne laissant guère d’autre choix au Premier ministre que d’engager la responsabilité du gouvernement, en l’absence de majorité à l’Assemblée.”Maintenant, il faut passer sans tarder à l’adoption. Un pays comme le nôtre ne peut pas rester sans budget. Le seul moyen, c’est d’engager la responsabilité du gouvernement. Ce sera fait ce lundi”, a annoncé M. Bayrou à La Tribune Dimanche.Le Premier ministre devrait enchaîner rapidement, peut-être dès lundi soir, un deuxième 49.3, sur la première partie du budget de la Sécurité sociale, qui arrive en nouvelle lecture à l’Assemblée. Trois 49.3 au total devront être déclenchés sur ce texte avant sa transmission au Sénat, un pour chaque partie.- “Comptes à rendre” -La France insoumise a annoncé de longue date une motion de censure pour faire chuter M. Bayrou, que devraient voter mercredi communistes et écologistes.La position du Rassemblement national et du PS, sans les voix desquels cette motion ne peut passer, n’est pas encore connue. Les regards sont plus particulièrement braqués sur les socialistes, avec qui le gouvernement négocie depuis plusieurs semaines.Dans une interview à Ouest-France dimanche, le président du groupe PS Boris Vallaud a affirmé que la question n’était “pas encore tranchée”.Si le PS a “arraché des concessions”, elles “restent largement insuffisantes pour faire de ce budget un bon budget”, affirme-t-il. “Mais nous savons aussi que ce pays a besoin d’un budget et nous entendons les inquiétudes, les craintes des entreprises, des collectivités ou des associations”, dit-il.M. Vallaud, qui s’est élevé avec force mardi contre les propos du Premier ministre sur une supposée “submersion migratoire”, craint aussi de voir arriver en France “un moment trumpiste”, dont les signaux seraient la remise en cause du droit du sol à Mayotte, la circulaire du ministre de l’Intérieur durcissant les critères de régularisation des sans-papiers, la remise en cause du Pacte vert, la “révolte” de certains grands patrons.”Ceux qui se compromettent là-dedans, auront des comptes à rendre au regard de l’histoire”, assure-t-il.- Jospin contre la censure -L’ancien Premier ministre Lionel Jospin est intervenu dans ce débat samedi, en appelant les socialistes et la gauche de manière générale “à ne pas voter la censure”, ce qui laisserait sinon le pays sans gouvernement et sans budget.Argumentaire vivement contesté par les leaders Insoumis dimanche. Le coordinateur de LFI Manuel Bompard s’est dit “en désaccord radical” avec M. Jospin, au nom de la fidélité aux promesses faites aux électeurs. Le président Insoumis de la commission des finances à l’Assemblée, Eric Coquerel, a lui souligné la faiblesse des concessions obtenues par le PS, avec au total un budget “pire” que celui proposé par Michel Barnier, prévoyant 6,2 milliards d’euros de recettes en moins et 6,4 milliards d’économies en plus.Il a aussi relativisé l’urgence pour le pays de se doter d’un budget, alors que la loi spéciale votée fin 2024 permet de gérer les affaires courantes et qu’un projet de loi pourrait permettre de voter rapidement des dispositions urgentes et consensuelles.Le RN, plus en retrait, François Bayrou négociant en premier lieu avec le PS, a lui aussi déclaré qu’il ferait connaître sa position en début de semaine. Le député Jean-Philippe Tanguy a estimé dimanche sur France 3 que le budget proposé était “pire que l’absence de budget”, et que lui-même souhaitait la censure.Mais il appartiendra à Marine Le Pen, présidente du groupe, et à Jordan Bardella, président du parti, de trancher, a-t-il souligné.

La candidate LR remporte la municipale de Villeneuve-Saint-Georges, test manqué pour LFI

Test manqué pour LFI à un an des municipales: la candidate LR Kristell Niasme a largement remporté dimanche l’élection municipale anticipée de Villeneuve Saint-Georges (Val-de-Marne) avec 49% des voix, devant le député Insoumis Louis Boyard et le maire sortant divers droite Philippe Gaudin.L’ex-première adjointe passée dans l’opposition l’emporte avec 442 voix d’avance sur le candidat LFI (38,75%), malgré le maintien de Philippe Gaudin, qui n’obtient lui que 12,25%.Son salut nazi en plein conseil municipal en avril 2024 avait entraîné la démission de plusieurs conseillers municipaux et la tenue de cette élection anticipée.Pour ce second tour, la participation était en hausse avec près de 40% d’électeurs (39,69%) qui se sont déplacés, contre 33,45% au premier tour dimanche dernier.La France insoumise a ainsi échoué à ce scrutin à un an des prochaines élections municipales et alors que le parti manque cruellement d’élus locaux. Pourtant sur le papier, cette ville du sud du Val-de-Marne de quelque 35.000 habitants est un terreau fertile pour les ambitions municipales d’un mouvement qui concentre sa stratégie électorale sur la jeunesse et les quartiers populaires. Elle est la commune la plus défavorisée, avec un taux de pauvreté de 34%, et la plus jeune de ce département de banlieue parisienne.Louis Boyard avait d’ailleurs été réélu député au second tour des législatives en juillet 2024 avec un score prometteur de 61% dans cette ville.Au premier tour dimanche dernier, le député LFI de 24 ans était arrivé légèrement en tête avec 24,89% des voix contre 22,70% à sa rivale LR, la devançant de seulement 92 voix. “Seule contre tous, LFI a rassemblé 38% des voix”, a réagi Louis Boyard, qui s’est refusé à “porter un discours de défaite” dimanche soir, alors que lors des municipales de 2020, “la gauche rassemblée sans LFI avait fait 27% au second tour des élections”.”Où étaient nos camarades ?”, s’est-il interrogé, en désignant les écologistes, les communistes et les socialistes. “Où étaient-ils quand on a imploré la fusion ? Ils n’étaient pas là”, a-t-il dénoncé.- La droite “vraiment de retour” -“Les Villeneuvois ont envoyé un signal fort, ils ne veulent ni du chaos, ni de la faillite que représente #LFI, mais une maire courageuse et compétente”, a salué sur X la présidente LR de la région Ile-de-France, Valérie Pécresse.”La défaite sévère qu’a subie Louis Boyard est une bonne nouvelle pour les habitants, mais aussi pour tous les Français attachés à la République et à une certaine idée de la politique”, a quant à lui tweeté le ministre de l’Intérieur Bruno Retailleau. “Ce soir, la droite est vraiment de retour”, a-t-il ajouté.Lors de sa campagne, Mme Niasme avait misé sur un rejet du candidat Insoumis, le décrivant dans sa profession de foi comme un “apparatchik parachuté” et un “agitateur”, animé par “une idéologie du chaos”.Louis Boyard avait répondu à l’anathème en appelant sur les réseaux sociaux à la “mobilisation” contre “l’extrême droite de Kristell Niasme”.”La responsabilité des forces de gauche qui ont refusé le rassemblement au second tour est immense. Les déclarations du Parti socialiste, reprenant les campagnes de dénigrement des médias fascistes contre la liste de Louis Boyard, auront contribué au maintien au pouvoir de la droite la plus extrême”, a fustigé sur X le coordinateur de LFI, Manuel Bompard.Même critique chez le leader de La France insoumise Jean-Luc Mélenchon, qui a dénoncé une classe politique “uni[e] face à LFI”. “Le score de Boyard est un acquis pour la prochaine municipale dans un an et pour toutes nos listes au premier tour”, a-t-il toutefois souligné.Arrivée en troisième position au premier tour, avec 20,70% des voix, la liste d’union de gauche PCF-EELV-PS s’était retirée et avait appelé à faire battre la droite, sans réussir pour autant à fusionner avec celle de Louis Boyard. “Les Villeneuvois•es sont les grands perdants de la division à gauche, imposée d’en haut”, a déploré sur X Daniel Henry, candidat PCF de cette liste. Ancienne cité ouvrière, Villeneuve-Saint-Georges s’est développée autour de son imposante gare SNCF de triage avant de subir les affres de la désindustrialisation.Marquée par son fort héritage cheminot, elle a été dirigée pendant plus de 30 ans par les communistes depuis la Seconde Guerre mondiale, dont récemment entre 2008 et 2020.

A Villeneuve-Saint-Georges, LFI tente de ravir la mairie à une droite divisée

Un scrutin incertain: trois listes s’affrontent dimanche au second tour de l’élection municipale anticipée de Villeneuve-Saint-Georges (Val-de-Marne), où le député insoumis Louis Boyard, sans l’alliance PCF-EELV-PS, est opposé à deux candidats de droite, dont le maire sortant Philippe Gaudin.Au premier tour de cette municipale pour laquelle un tiers des électeurs se sont déplacés, le député LFI de 24 ans était arrivé en tête avec 24,89% des voix, juste devant l’ex-première adjointe LR Kristell Niasme (22,70%) et la liste d’union de gauche PCF-EELV-PS (20,70%). Cette dernière s’est retirée et a appelé à faire battre la droite, sans réussir à fusionner pour autant avec la liste de Louis Boyard. Le maire sortant Philippe Gaudin (divers droite), nettement distancé avec 15,54% au premier tour, a tout de même choisi de se maintenir dans une triangulaire. Son salut nazi en plein conseil municipal en avril 2024 avait entraîné la démission de plusieurs conseillers municipaux et la tenue de cette élection anticipée.A droite et à l’extrême-droite, plusieurs personnalités ont appelé à “faire barrage” à M. Boyard, notamment le président du Rassemblement national Jordan Bardella et le patron des députés LR Laurent Wauquiez, qui n’a toutefois pas explicitement appelé à voter pour la candidate LR, alors que Reconquête a expliqué soutenir la liste de Kristell Niasme. La candidature de Louis Boyard a des allures de ballon d’essai pour les Insoumis, qui manquent cruellement d’élus locaux et ont déployé les grands moyens pour tenter de remporter le scrutin. En cas de victoire de Louis Boyard, Villeneuve-Saint-Georges, avec ses quelque 35.000 habitants, deviendrait la plus grande commune à hisser le drapeau LFI.Sur le papier, cette ville du sud du Val-de-Marne est un terreau fertile pour les ambitions municipales d’un mouvement qui concentre sa stratégie électorale sur la jeunesse et les quartiers populaires. Elle est la commune la plus défavorisée, avec un taux de pauvreté de 34%, et la plus jeune de ce département de banlieue parisienne. Louis Boyard avait d’ailleurs été réélu député au second tour des législatives en juillet 2024 avec un score prometteur de 61% dans cette ville.Ancienne cité ouvrière, Villeneuve-Saint-Georges s’est développée autour de son imposante gare SNCF de triage avant de subir les affres de la désindustrialisation.Marquée par son fort héritage cheminot, elle a été dirigée pendant plus de 30 ans par les communistes depuis la Seconde Guerre mondiale, dont récemment entre 2008 et 2020.

Censure du budget: Bompard en “désaccord radical” avec Jospin

Le coordinateur de LFI Manuel Bompard s’est dit dimanche “en désaccord radical” avec l’ancien Premier ministre Lionel Jospin, après son appel à ne pas voter la censure du gouvernement Bayrou, et a confirmé qu’un refus des socialistes de le faire équivaudrait pour lui à un “changement d’alliance électorale”.”Je suis en désaccord radical avec ce que dit Lionel Jospin. Précisément, ce qui a fait beaucoup de mal à la gauche, c’est quand vous faites campagne sur un programme, que donc vous déplacez des électeurs et puis (…) finalement quelques mois plus tard, vous reniez votre programme”, a-t-il déclaré sur BFMTV.”Personne ne peut croire sérieusement que le budget présenté par François Bayrou a quelque rapport que ce soit avec le programme que nous avons porté dans les élections législatives”, a-t-il ajouté.Dans une interview à France 5, Lionel Jospin a jugé “pas responsable” de voter la censure alors qu’un 49.3 aura lieu lundi sur le budget avec par conséquent une motion de censure déposée par une partie de la gauche dont LFI.En cas de chute du gouvernement, “qui pourrait faire face au drame de Mayotte, qui chercherait la réconciliation en Nouvelle-Calédonie, qui assurerait la sécurité ?”, s’est inquiété l’ancien Premier ministre socialiste qui avait dirigé un gouvernement de “gauche plurielle” entre 1997 et 2002.Si les socialistes “ne votent pas la motion de censure, alors ils auront procédé à un changement d’alliance, c’est-à-dire qu’ils seront dans un soutien sans participation au gouvernement de François Bayrou. A partir de ce moment-là, ils auront renié les engagements qu’ils ont pris devant les électeurs”, a insisté M. Bompard. L’Insoumis a également dénoncé le “chantage” de François Bayrou lorsqu’il dit que la France “ne peut pas rester sans budget”.”Les députés ont voté une loi qui permet de renouveler les lignes budgétaires de l’année 2024. Donc, en fait, aujourd’hui, on a un budget, c’est le budget 2024. Mais vous avez des consignes qui sont données dans les ministères et qui consistent à dire +Non, pour l’instant, on gèle toutes les dépenses+ alors qu’en fait, si on peut dépenser”, a-t-il assuré.”Cette manière d’essayer de nous obliger à renoncer à nos convictions pour adopter ce budget alors qu’il serait très mauvais, c’est un chantage”, a-t-il renchéri.

Bardella pousse l’idée d’un référendum sur l’immigration face à la “submersion”

Le président du Rassemblement national, Jordan Bardella, a poussé samedi lors d’un meeting à Montélimar d’idée d’un référendum sur l’immigration, réponse à la “submersion migratoire en cours et à venir”, sans dire un mot sur la question brûlante du budget et d’une éventuelle censure de François Bayrou.Devant 3.000 personnes, dans ce département où deux députés sur quatre sont RN, l’eurodéputé s’est longuement attardé sur l’idée d’un “référendum sur l’immigration” – dont la constitutionnalité est largement remise en cause par de nombreux experts -, qu’il réclame immédiatement à Emmanuel Macron.A défaut, “nous (l’)organiserons dès notre arrivée au pouvoir”, promet-il.”Le projet de loi qui sera soumis à l’approbation des Français constituera un véritable bouclier juridique et politique face à la +submersion migratoire+ en cours et à venir”, s’est amusé le président du parti d’extrême droite, paraphrasant le Premier ministre.François Bayrou a suscité un tollé à gauche et jusque dans son camp en évoquant lundi sur LCI le “sentiment de submersion” migratoire selon lui ressenti par les Français, estimant qu’il faut en la matière une juste “proportion”, et que “cette question de proportion, elle est très rapidement et très souvent atteinte”.L’expression, empruntée à l’extrême droite et assumée par M. Bayrou lors des Questions au gouvernement mardi, a redonné de la vigueur à l’hypothèse d’une censure du gouvernement par le PS.Le président du parti d’extrême droite s’est montré fort peu disert sur la question, alors qu’un 49.3 est attendu lundi sur le budget, et par conséquent une motion de censure mercredi, promise par une partie de la gauche dont LFI. “La décision n’est pas prise”, a-t-il sobrement commenté auprès de plusieurs journalistes après le meeting, faisant valoir que le texte sur lequel M. Bayrou demandera aux députés de se prononcer peut encore évoluer.Une commission mixte paritaire réunissant à huis clos sept sénateurs et sept députés a abouti vendredi à une version de compromis sur le budget, que le gouvernement peut encore amender.A l’issue de la CMP, le député RN Jean-Philippe Tanguy avait affirmé à la presse que son groupe déciderait lundi de son vote sur la version finale du budget -si vote il y a- et de sa position sur la censure.

Karima Delli candidate à la tête des Ecologistes face à Tondelier

L’ex-eurodéputée Karima Delli a annoncé vendredi à La Voix du Nord sa candidature pour diriger les Ecologistes, en promouvant “une ligne poulaire, fiable”, face à Marine Tondelier qui brigue un deuxième mandat lors du prochain congrès en avril.Mme Delli, âgée de 45 ans et actuellement élue au conseil régional des Hauts-de-France aux côtés de Mme Tondelier, plaide pour “redonner toute sa place à l’écologie, aujourd’hui écrabouillée entre le PS et LFI, et attaquée de toute part”.”Nous cultivons une forme d’entre-soi”, déplore-t-elle auprès du quotidien régional. “Or je considère que l’écologie est la nouvelle lutte des classes. Il nous faut une ligne populaire, fiable et promouvoir de réels changements et arrêter de nous regarder le nombril et nous perdre dans des enjeux politiciens”, appuie-t-elle.Alors que Mme Tondelier fait figure de chantre de l’union à gauche au sein du Nouveau front populaire, Mme Delli fustige le manque de “victoires politiques” obtenues par sa concurrente. “J’aurais aimé qu’on sorte des négociations avec le gouvernement en disant qu’on avait réussi à obtenir le ticket climat qui permettrait aux gens, comme en Allemagne, de voyager en illimité dans les transports en commun pour 29 euros par mois, ce qui est une vraie mesure populaire”, fait-elle valoir.Mme Delli attaque aussi le bilan de Mme Tondelier aux Européennes de 2024, à l’issue desquelles les Ecologistes n’ont obtenu que 5,5%.”Je considère qu’une veste verte”, comme celle qu’arbore régulièrement Mme Tondelier, “ne doit pas masquer les vestes que nous avons prises aux élections”, ironise celle qui fut eurodéputée de 2009 à 2024.Secrétaire nationale des Ecologistes depuis 2022, Mme Tondelier remet son mandat en jeu au printemps, avec un vote attendu du 24 au 26 avril, au terme d’un long processus interne.

Dati annonce qu’un spectacle du Puy du Fou est “éligible” au Pass Culture

La ministre de la Culture Rachida Dati a indiqué vendredi que le spectacle nocturne proposé par le parc d’attractions vendéen le Puy du Fou était “éligible” au Pass culture attribué aux jeunes.Mme Dati a rappelé sur X que “les parcs d’attraction ne sont pas éligibles au @pass_Culture”. Toutefois, “le Puy-du-Fou a la particularité d’organiser un spectacle vivant disposant d’une billetterie autonome” du parc d’attraction, le spectacle du soir “La Cinéscénie”. “Ce spectacle, comme d’autres, est donc éligible au @pass_Culture, sauf à être victime d’une discrimination contraire à la liberté artistique !”, a-t-elle ajouté.Le reste des spectacles proposés par le Puy du fou est, à ce stade, couplé à l’entrée pour le parc d’attractions.Le Pass Culture est un dispositif qui accorde aux jeunes de 15 à 18 ans 300 euros à dépenser dans la culture. Depuis son arrivée à son poste il y a un an, la ministre a souhaité le réformer en faisant, entre autres, une part plus large au spectacle vivant.Le 18 janvier, Mme Dati avait indiqué, toujours sur X, avoir “demandé à (ses) services d’examiner la demande du @PuyduFou concernant l’éligibilité (…) (au) Pass Culture”.Dans une lettre ouverte publiée mercredi sur le site du quotidien Libération, le député de Seine-Saint-Denis Alexis Corbière (LFI) s’en alarmait. Il dénonçait une “polémique montée de toutes pièces, par des courants de la droite réactionnaire et conservatrice ainsi que de l’extrême droite, sur les acteurs culturels pouvant (…) prétendre” à ce dispositif.”Ces réseaux (…) estiment qu’il s’agit d’une inégalité de traitement et qu’ils subissent une injustice dirigée, selon eux, de manière politicienne notamment par +la gauche wokiste+, les +gauchistes+ ou encore +l’extrême gauche+”, écrivait Alexis Corbière.”Pourquoi céder face à la controverse fabriquée par l’extrême droite ?”, interrogeait encore le député, affirmant que le “Puy est un endroit fortement marqué idéologiquement, avec un point de vue historique orienté de manière totalement subjective sur notre passé, se rapprochant plus d’une propagande réactionnaire, mêlant fiction, réécriture de l’histoire et Histoire”.En France, en Espagne et aux Pays-Bas, où le parc vendéen collabore depuis plusieurs années avec le parc d’attraction Efteling, le Puy du Fou a, en 2024, accueilli 2,8 millions de visiteurs et joué 11.828 représentations de ses spectacles.Créé par le souverainiste et soutien d’Éric Zemmour Philippe de Villiers il y a 47 ans, le parc a été accusé dans le livre “Le Puy du Faux”, paru en 2022 et écrit par quatre historiens, de se servir de “vieux clichés historiques” pour diffuser des “messages politiques très marqués à droite”. 

Confiance en hausse pour Bayrou, au plus bas pour Macron, selon un sondage

François Bayrou gagne 4 points de cote de confiance, à 36% des sondés, tandis qu’Emmanuel Macron perd un point supplémentaire à 31%, retrouvant son plus bas niveau dans le baromètre Toluna – Harris Interactive pour LCI publié vendredi.M. Bayrou voit sa cote de confiance progresser par rapport à la précédente livraison de cette étude le 27 décembre, deux semaines après son arrivée à Matignon et quelques jours après la formation de son gouvernement.”En pleine négociation dans le cadre du vote du projet de loi de finances, le Premier ministre voit son niveau de confiance progresser auprès des sympathisants de quasiment tous les bords politiques”, relève l’institut. A l’exception des sympathisants d’Ensemble pour la République (Renaissance), chez qui la cote de M. Bayrou a chuté de 5 points, mais reste néanmoins la plus élevée (69%).De son côté, Emmanuel Macron perd un point par rapport à décembre, à 31%, soit le niveau le plus bas recueilli dans ce baromètre, comme en janvier 2019 lors de la crise des “gilets jaunes”.Ce “baromètre de la confiance politique” donne par ailleurs en baisse la cote de la quasi-totalité des ministres. Bruno Retailleau reste en tête à 40% (-2), devant Gérald Darmanin (39%, -2).S’agissant des autres personnalités politiques, Jordan Bardella est toujours en tête (40%, +1) devant Marine Le Pen (38%, stable), Édouard Philippe (36%, -2) et Gabriel Attal (34%, +2).Par ailleurs, toujours selon Toluna – Harris Interactive, 67% des sondés estiment que le recours à l’article 49.3 de la Constitution par François Bayrou pour faire adopter le budget serait “une mauvaise méthode”, contre 61% en novembre pour Michel Barnier et 57% en janvier 2023 pour Elisabeth Borne.Mais seulement 45% des sondés se disent favorable à une motion de censure sur ce budget, soit une baisse de 4 points par rapport à décembre.Enquête réalisée en ligne du 28 au 30 janvier, portant sur un échantillon de 1.054 personnes représentatif des Français âgés de 18 ans et plus (méthode des quotas). Marge d’erreur de 1,4 à 3,1 points.