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Pas Ă  pas, l’IA gĂ©nĂ©rative “souveraine” Albert infuse dans la fonction publique française

Plus d’un an après son lancement, l’intelligence artificielle (IA) gĂ©nĂ©rative Albert, dĂ©veloppĂ©e par l’Etat français, infuse peu Ă  peu dans les services publics et se prĂ©pare, malgrĂ© certaines critiques et rĂ©sistances, Ă  une gĂ©nĂ©ralisation dès 2025.Jeudi, le ministre de la Fonction publique Laurent Marcangeli doit dĂ©voiler sa feuille de route pour l’IA, quelques jours avant que la France n’accueille un sommet international sur cette technologie (10-11 fĂ©vrier).Dans le 7e arrondissement de Paris, au coeur d’un dĂ©dale de couloirs blancs, la direction interministĂ©rielle du numĂ©rique (Dinum) a mis au point Albert Ă  partir de logiciels ouverts pour “ne pas dĂ©pendre de technologies outre-atlantique”, prĂ©cise Ă  l’AFP Pierre Pezziardi, conseiller de la Dinum. “La souverainetĂ© est une vraie contrainte”, souligne-t-il. “Dans le moment gĂ©opolitique dans lequel on vit, on veut avoir la capacitĂ© de maĂ®triser nos donnĂ©es”. – Des dĂ©marches en ligne aux douanes -Albert a d’abord Ă©tĂ© dĂ©ployĂ© auprès de conseillers volontaires des maisons France Services, qui aident les citoyens dans leurs dĂ©marches administratives courantes.”Cela permet aux agents d’interroger une base de connaissance fiable” qui gĂ©nère “des rĂ©ponses avec des sources en lien”, explique Ulrich Tan, chef du Datalab de la Dinum. Au moins 48 maisons France Services sur sept dĂ©partements en disposent. Cette IA est aussi disponible sur la messagerie sĂ©curisĂ©e de l’Etat, Tchap, et permet de gĂ©nĂ©rer des rĂ©ponses automatiques Ă  des avis sur la plateforme “Service Public +”.  “L’agent reste responsable de la publication de la rĂ©ponse” qu’il peut amender, insiste M. Tan. “Il y a toujours une supervision humaine”.Albert dĂ©signe plus largement une interface de programmation (API), disponible depuis l’Ă©tĂ© dernier, sur laquelle peuvent se connecter les administrations qui souhaitent dĂ©velopper un nouveau produit d’intelligence artificielle. On leur met Ă  disposition “les algorithmes et la puissance de calcul”, dĂ©taille Ulrich Tan, l’idĂ©e Ă©tant “d’abaisser la barrière Ă  l’entrĂ©e pour que les administrations puissent s’approprier le plus facilement possible la technologie”.Les services de douanes et la gendarmerie s’en sont saisi mais aussi des agents du ministère de la Culture, comme Lucie Termignon, qui a Ă©laborĂ© Compar:IA, un comparateur de rĂ©ponses gĂ©nĂ©rĂ©es par plusieurs modèles d’IA gĂ©nĂ©rative en français. “C’est un outil qui permet d’objectiver des biais culturels et de donner accès Ă  une diversitĂ© de modèles”, dĂ©taille-t-elle Ă  l’AFP. – “Travail du clic” -Mais Albert est loin de sĂ©duire tous les services de l’Etat.La direction gĂ©nĂ©rale des Finances publiques refuse de l’utiliser sur les bases de donnĂ©es fiscales et prĂ©fère dĂ©velopper sa propre IA, a confiĂ© Ă  l’AFP Benjamin Gandouin, du syndicat Solidaires Finances Publiques. France Travail collabore directement avec la start-up française Mistral et a annoncĂ© mardi un renforcement de ce partenariat pour mettre des robots conversationnels Ă  disposition des conseillers.  Certains agents ayant utilisĂ© Albert au sein des maisons France Services ont en effet trouvĂ© que “les rĂ©sultats Ă©taient souvent moins pertinents qu’une recherche Google”, raconte M. Gandouin.   “C’est un outil qui a plutĂ´t Ă©tĂ© dĂ©ployĂ© du haut vers le bas, sans forcĂ©ment d’information ni mĂŞme de formation vis-Ă -vis des conseillers”, ajoute-t-il. Avec les expĂ©rimentations sur l’IA, “loin de soulager les tâches chronophages, les agents vont devoir traiter des listes d’anomalies extrĂŞmement grandes” avec le risque “d’une intensification des tâches rĂ©pĂ©titives” et de “se retrouver dans des postures de travail du clic”, pointe de son cĂ´tĂ© Alexandre Bataille, de CFDT Fonction publique.Albert atteint près de 65% de pertinence, “ce qui correspond aux performances les plus avancĂ©es des grands modèles de langage”, tempère Yann Ferguson, sociologue du travail Ă  l’Institut national de recherche en sciences et technologies du numĂ©rique (Inria). “Avec cependant une forte volatilitĂ©”, reconnaĂ®t-il. “Parfois, c’est parfait, parfois, ce sont des hallucinations (lorsque l’IA dĂ©raille, NDLR)”, ajoute le chercheur dont les travaux portent notamment sur le dĂ©ploiement de cette technologie dans la fonction publique. Pour lui, la principale crainte des fonctionnaires est l’automatisation forcĂ©e avec pour objectif de rĂ©duire la dĂ©pense publique et donc le nombre d’agents.Mais aussi “la perte de sens” lorsque “l’IA Ă©tait supposĂ©e ĂŞtre notre outil et c’est nous qui sommes l’outil de l’IA”, note-t-il. Pour cet expert, l’Etat n’est cependant ni moins bon ni meilleur que le privĂ© dans le dĂ©ploiement de l’intelligence artificielle gĂ©nĂ©rative. Plus de 25 administrations utilisent aujourd’hui Albert, d’après Ulrich Tan, dont l’objectif pour 2025 est d’ĂŞtre capable de gĂ©rer “le passage Ă  l’Ă©chelle sur l’ensemble” des services de l’Etat.  

Bayrou affronte deux motions de censure vouĂ©es Ă  l’Ă©chec et se projette sur l’après-budget

Après son recours au 49.3 sur les projets de budget 2025, François Bayrou affronte mercredi deux nouvelles motions de censure, vouĂ©es Ă  l’Ă©chec, le gouvernement promettant une rĂ©forme de l’Etat et des mesures d'”ordre et d’autoritĂ©” une fois la sĂ©quence budgĂ©taire passĂ©e.A partir de 15H30, l’AssemblĂ©e nationale examinera une première motion de La France insoumise, contre le 49.3 du Premier ministre pour faire adopter sans vote le projet de budget de l’État pour 2025.L’objectif affichĂ© par l’exĂ©cutif est de ramener, avec ce texte, le dĂ©ficit public Ă  5,4% du PIB. Avec pour cela de nouvelles recettes grâce notamment Ă  des contributions exceptionnelles sur les mĂ©nages les plus aisĂ©s et les bĂ©nĂ©fices des grandes entreprises, mais aussi des coupes dans les dĂ©penses.La grande majoritĂ© des Ă©cologistes et communistes devraient voter la motion, mais la censure sera impossible en l’absence des voix du PS, qui nĂ©gocie depuis des semaines avec le gouvernement pour revoir les projets de budget, et probablement de celles du Rassemblement national.S’il considère que la copie n’est pas bonne, le groupe socialiste a actĂ© qu’il ne censurerait pas au nom de “l’intĂ©rĂŞt gĂ©nĂ©ral” de doter le pays d’un budget. Quelques dĂ©putĂ©s pourraient toutefois braver la consigne, anticipent des sources internes au groupe.- “Divergence stratĂ©gique” -Le prĂ©sident du groupe socialiste Ă  l’AssemblĂ©e nationale, Boris Vallaud, a assumĂ© “une divergence stratĂ©gique” avec LFI. “Pour eux, c’est tout ou rien. Et finalement, ils prĂ©fèrent que ce soit rien pour les Français”, a-t-il argumentĂ© sur franceinfo, mettant en avant les concessions obtenues du gouvernement sur la non-suppression des 4.000 postes dans l’Education nationale ou le milliard d’euros supplĂ©mentaire pour l’hĂ´pital.Mais pour le prĂ©sident Insoumis de la commission des Finances, Eric Coquerel, en dĂ©cidant de ne pas censurer, les socialistes “sont en soutien” Ă  la coalition Bayrou. Une position que ne partagent pas les cadres Ă©cologistes.S’ils fustigent le texte, le RN et ses alliĂ©s ciottistes ne devraient Ă©galement pas s’associer Ă  une motion aux “consĂ©quences plus lourdes pour l’Ă©conomie” que celle qui a entraĂ®nĂ© la chute du gouvernement de Michel Barnier, selon Jordan Bardella.Le rejet attendu de la motion de censure vaudra adoption Ă  l’AssemblĂ©e nationale du budget, avant un dernier vote sans suspense au SĂ©nat le lendemain.La ministre des Comptes publics, AmĂ©lie de Montchalin, a promis sur France inter de suivre rigoureusement “l’exĂ©cution budgĂ©taire” en 2025 pour “tenir cette cible de 5,4%” et tirer “les leçons de ce qui s’est passĂ© l’annĂ©e dernière” lorsque l’exĂ©cutif avait laissĂ© dĂ©raper le dĂ©ficit.- Barre Ă  droite ? -Mercredi, en fin d’après-midi, les dĂ©putĂ©s examineront une deuxième motion de censure, contre le 49.3 dĂ©clenchĂ© cette fois sur le projet de budget de la SĂ©curitĂ© sociale. Mais lĂ  encore, les voix socialistes et du RN devraient manquer pour atteindre les 289 suffrages nĂ©cessaires.Dans cette journĂ©e chargĂ©e, M. Bayrou devrait ensuite dĂ©clencher un autre 49.3, puis encore un autre en fin de semaine ou en dĂ©but de semaine prochaine, toujours sur le budget de la SĂ©curitĂ© sociale. Avec donc au total, quatre censures Ă  esquiver sur le budget.Les socialistes en ont annoncĂ© une cinquième sur “les valeurs rĂ©publicaines” et contre la “trumpisation du dĂ©bat public”, en rĂ©action notamment aux propos de François Bayrou sur le “sentiment de submersion” migratoire.Une “balle Ă  blanc” pour LFI, qui n’imagine pas le RN la voter.SĂ©bastien Chenu, cadre du RN, ne voit pas l’intĂ©rĂŞt de censurer “jusqu’Ă  ce qu’il y ait la possibilitĂ©”, d’une nouvelle dissolution de l’AssemblĂ©e nationale, qui ne peut intervenir avant l’Ă©tĂ©. En revanche, “dès qu’on peut retourner devant les Ă©lecteurs, il faut retourner devant les Ă©lecteurs”, a-t-il insistĂ© mercredi.Cela pourrait donc laisser quelques mois Ă  M. Bayrou qui souhaite s’attaquer Ă  “la rĂ©forme de l’État dès l’adoption” de “l’Himalaya” du budget. Reconnaissant qu’avant cela, il y a encore “des crevasses” Ă  franchir.A l’issue du conseil des ministres mercredi, la porte-parole du gouvernement, Sophie Primas, a surtout estimĂ© que passer l’obstacle budgĂ©taire permettrait de “rĂ©pondre Ă  la demande d’ordre et d’autoritĂ© exprimĂ©e par les Français”.Les Ă©lus de gauche s’inquiètent de voir les initiatives sur l’immigration pulluler, avec, dès jeudi, un texte Les RĂ©publicains Ă  l’AssemblĂ©e nationale pour restreindre le droit du sol Ă  Mayotte, et deux autres textes en gestation au SĂ©nat.”Ce qui arrive après ça va ĂŞtre bien violent. C’est aussi pour ça que c’est irresponsable de ne pas censurer maintenant”, estime Manuel Bompard (LFI). Mme Primas a rĂ©futĂ© tout “coup de barre Ă  droite”, invoquant le besoin de rĂ©pondre aux “prĂ©occupations des Français”.sac-parl-far-brk-fff/sl/sde/tes

Gaza: selon le gouvernement français, les dĂ©clarations de Trump sont “dangereuses pour la stabilitĂ©”

Les dĂ©clarations de Donald Trump sur un projet d’occupation amĂ©ricaine de la bande de Gaza et le transfert des Palestiniens qui y vivent sont “dangereuses pour la stabilitĂ© et pour le processus de paix”, a affirmĂ© mercredi la porte-parole du gouvernement français Sophie Primas.”La France est opposĂ©e pleinement aux dĂ©placements des populations”, a-t-elle expliquĂ© Ă  l’issue du conseil des ministres.”Nous nous en tenons Ă  notre politique qui est: pas de dĂ©placement des populations, la recherche d’un cessez-le-feu temporaire vers un processus de paix et une solution Ă  deux États” israĂ©lien et palestinien, a-t-elle ajoutĂ©.Une position appuyĂ©e par le ministère français des Affaires Ă©trangères, selon lequel l’avenir de Gaza passe par “un futur Etat palestinien” et non par le contrĂ´le “d’un pays tiers”.”L’avenir de Gaza doit s’inscrire non dans la perspective d’un contrĂ´le par un Etat tiers mais dans le cadre d’un futur Etat palestinien, sous l’Ă©gide de l’AutoritĂ© palestinienne”, prĂ©cise le Quai d’Orsay dans un communiquĂ©, en rĂ©itĂ©rant l’opposition de la France Ă  “tout dĂ©placement forcĂ© de la population palestinienne de Gaza”.Une telle mesure “constituerait une violation grave du droit international” et “une entrave majeure Ă  la solution Ă  deux Etats”, mais aussi “un facteur de dĂ©stabilisation majeur pour nos partenaires proches que sont l’Egypte et la Jordanie”, oĂą M. Trump a suggĂ©rĂ© que les Gazaouis pourraient ĂŞtre dĂ©placĂ©s, souligne le Quai.”La France continuera de marquer son opposition Ă  la colonisation, contraire au droit international, et Ă  toute vellĂ©itĂ© d’annexion unilatĂ©rale de la Cisjordanie”, ajoute-t-il.Le prĂ©sident amĂ©ricain a affirmĂ© mardi vouloir prendre “le contrĂ´le” de Gaza et dĂ©placer les habitants du territoire palestinien, après avoir reçu Ă  la Maison Blanche le Premier ministre israĂ©lien Benjamin Netanyahu.vl-fff-emps-cl/jf/cco

La rĂ©novation urbaine doit redevenir une “prioritĂ© politique”, plaide Patrice Vergriete

Le nouveau patron de l’Anru, l’agence qui pilote depuis vingt ans la transformation des quartiers populaires, souhaite remettre la question de la rĂ©novation urbaine au coeur des prioritĂ©s politiques et enclencher un troisième programme Anru.NommĂ© vendredi Ă  la tĂŞte de l’Agence nationale pour la rĂ©novation urbaine, Patrice Vergriete a effectuĂ© mardi son premier dĂ©placement Ă  Saint-Denis (Seine-Saint-Denis), dont l’intercommunalitĂ© abrite “le plus grand projet Anru de France”, selon son prĂ©sident Mathieu Hanotin. “Aujourd’hui, la rĂ©novation urbaine n’est pas Ă  l’agenda politique et mon job est de le remettre Ă  l’agenda”, a dĂ©clarĂ© l’ex-ministre du Logement puis des Transports dans un entretien Ă  l’AFP.”Est-ce qu’on veut des quartiers relĂ©guĂ©s ou une ville Ă©quilibrĂ©e, capable d’anticiper le changement climatique ?”, interroge le premier Ă©dile de Dunkerque (Nord), qui entend conserver son mandat. NĂ©e en 2004 sous l’impulsion de l’ex-ministre de la Ville Jean-Louis Borloo, l’Anru est connue pour ses spectaculaires opĂ©rations de dĂ©molition-reconstruction de tours et barres d’immeubles, dont l’objectif est de dĂ©senclaver les quartiers populaires pour amĂ©liorer la qualitĂ© de vie et la sĂ©curitĂ© de leurs habitants. Elle intervient aujourd’hui de plus en plus sur la rĂ©habilitation du bâti existant ainsi que sur la transformation de l’espace public et la crĂ©ation de nouveaux Ă©quipements.En vingt ans, deux grands programmes se sont succĂ©dĂ©, dont le dernier (NPNRU), dotĂ© de 12 milliards d’euros, doit s’achever en 2030. Un rapport très attendu sur l’avenir de l’agence doit par ailleurs ĂŞtre rendu public ce mois-ci.”Il ne doit pas y avoir de dĂ©bat sur le prolongement de l’Anru et je souhaite qu’il y ait une Anru 3″, plaide Patrice Vergriete, pour qui cette agence “a largement dĂ©montrĂ© son utilitĂ© en changeant la vie des gens”.Les dĂ©bats sur son avenir portent Ă  la fois sur son pĂ©rimètre d’action et son mode de financement. Le NPNRU est aujourd’hui financĂ© par l’organisme paritaire Action logement (8,4 milliards d’euros), ainsi que par les bailleurs sociaux (2,4 milliards d’euros) et l’Etat (1,2 milliard).- AmbiguĂŻtĂ© -L’Anru doit-elle par ailleurs continuer Ă  se concentrer sur les seuls quartiers prioritaires? Ou bien faut-il l’Ă©largir Ă  la rĂ©sorption de l’habitat indigne dans les villes hors quartiers prioritaires, voire Ă  la relocalisation d’habitations menacĂ©es par l’Ă©rosion cĂ´tière? “Il y a une forme d’ambiguĂŻtĂ© dans le terme de rĂ©novation urbaine parce qu’aujourd’hui la rĂ©novation ne concerne que les quartiers +politique de la ville+ mais vous pouvez aussi en faire lĂ  oĂą il y a beaucoup de logements vacants”, reconnaĂ®t Patrice Vergriete. Sur ce point, le nouveau prĂ©sident de l’Anru ne souhaite pas “prĂ©empter les dĂ©bats en imposant (sa) vision”, mais plutĂ´t “ĂŞtre l’artisan du rapprochement des diffĂ©rents points de vue”, seul moyen selon lui de dĂ©crocher des financements Ă  la hauteur des enjeux.Sur le terrain, des Ă©lus se plaignent de voir arriver au compte-goutte les crĂ©dits Anru pour des raisons budgĂ©taires, retardant certains projets.Au dĂ©part inexistant, le budget de l’agence pour 2025 sera finalement abondĂ© Ă  hauteur de 50 millions d’euros.”Je pense qu’il y a une prise de conscience du fait que l’État devra aussi faire sa part”, commente M. Vergriete, pour qui “cette participation devra augmenter en 2026”.InterrogĂ© sur le bilan de l’agence, critiquĂ© après les Ă©meutes dĂ©clenchĂ©es Ă  l’Ă©tĂ© 2023 par la mort du jeune Nahel Ă  Nanterre, l’ex-ministre du Logement le juge au contraire “très positif”.”S’il n’y avait pas de politique de la ville, la situation serait bien pire”, balaye-t-il en rappelant que les Ă©meutes n’ont pas touchĂ© que des quartiers prioritaires.”L’Anru est un succès pour la transformation de l’urbain, mais ce n’est peut-ĂŞtre pas vrai du volet social qui a Ă©tĂ© le parent pauvre de la politique de la ville”, estime-t-il.Quant Ă  l’objectif d’amĂ©liorer la mixitĂ© sociale dans les quartiers, l’une des promesses initiales de l’Anru, le maire de Dunkerque trouve que cette dernière “n’a pas Ă©chouĂ©”.”Passer d’un quartier qui concentre les difficultĂ©s sociales Ă  un quartier populaire qui se banalise, c’est dĂ©jĂ  un progrès gigantesque et la diversification du peuplement viendra dans le temps”, juge-t-il en rappelant “qu’il faut parfois 50 ans pour changer l’image d’un quartier”.

Bayrou affronte deux motions de censure, vouĂ©es Ă  l’Ă©chec

Après son recours Ă  l’article 49.3 sur les budgets de l’Etat et de la SĂ©curitĂ© sociale, François Bayrou affronte mercredi deux nouvelles motions de censure, destinĂ©es Ă  Ă©chouer faute des voix des socialistes et du Rassemblement national.A partir de 15H30, l’AssemblĂ©e nationale examinera une première motion de La France insoumise, contre le 49.3 de François Bayrou pour faire adopter sans vote le projet de budget de l’État pour 2025.L’objectif affichĂ© par l’exĂ©cutif est de ramener, avec ce texte, le dĂ©ficit public Ă  5,4% du PIB. Avec pour cela de nouvelles recettes grâce notamment Ă  des contributions exceptionnelles sur les mĂ©nages les plus aisĂ©s et les bĂ©nĂ©fices des grandes entreprises, mais aussi des coupes dans les dĂ©penses de plusieurs ministères.Face au Premier ministre, qui dĂ©fendra la nĂ©cessitĂ© pour la France d’envoyer “un signal de responsabilitĂ©”, AurĂ©lie TrouvĂ© (LFI) dĂ©noncera un budget “catastrophe pour l’Ă©conomie”, appelant Ă  censurer.L’essentiel des Ă©cologistes et communistes devraient abonder, mais la censure sera impossible en l’absence des voix du PS, qui nĂ©gocie depuis des semaines avec le gouvernement pour revoir les budgets.S’il considère que la copie n’est pas bonne, le groupe socialiste a actĂ© qu’il ne censurerait pas au nom de “l’intĂ©rĂŞt gĂ©nĂ©ral” d’avoir un budget. Quelques dĂ©putĂ©s pourraient toutefois braver la consigne, anticipent des sources internes au groupe.- “divergence stratĂ©gique” -Le prĂ©sident du groupe socialiste Ă  l’AssemblĂ©e Boris Vallaud a assumĂ© “une divergence stratĂ©gique” avec LFI. “Pour eux, c’est tout ou rien. Et finalement, ils prĂ©fèrent que ce soit rien pour les Français”, a-t-il argumentĂ© sur franceinfo, mettant en avant les concessions obtenues sur la non-suppression des 4.000 postes dans l’Education nationale ou le milliard supplĂ©mentaire pour l’hĂ´pital.Mais pour le prĂ©sident Insoumis de la commission des Finances Eric Coquerel, en dĂ©cidant de ne pas censurer, les socialistes “sont en soutien” au gouvernement. Une position que ne partagent pas les cadres Ă©cologistes.De leur cĂ´tĂ©, s’ils fustigent le texte, le Rassemblement national et ses alliĂ©s ciottistes ne devraient Ă©galement pas s’associer Ă  une motion aux “consĂ©quences plus lourdes pour l’Ă©conomie” que celle qui a entraĂ®nĂ© la chute du gouvernement de Michel Barnier, selon Jordan Bardella.Le vice-prĂ©sident du RN SĂ©bastien Chenu a aussi justifiĂ© sur BFMTV/RMC le choix de son parti par le fait “qu’il n’y a plus d’enjeux” après la dĂ©cision du PS.Le rejet attendu de la motion de censure vaudra adoption Ă  l’AssemblĂ©e nationale du budget, avant un dernier vote sans suspense au SĂ©nat le lendemain.La ministre des Comptes publics AmĂ©lie de Montchalin a promis sur France inter de suivre rigoureusement “l’exĂ©cution budgĂ©taire” au fil de l’annĂ©e 2025 pour que “nous soyons en capacitĂ© de tenir cette cible de 5,4%” et tirer “les leçons de ce qui s’est passĂ© l’annĂ©e dernière” lorsque l’exĂ©cutif avait laissĂ© dĂ©raper le dĂ©ficit.- Tunnel de motions -Mercredi, en fin d’après-midi, les dĂ©putĂ©s examineront une deuxième motion de censure, contre le 49.3 dĂ©clenchĂ© cette fois sur le budget de la SĂ©curitĂ© sociale. Mais lĂ  encore les voix socialistes et du RN, devraient manquer pour atteindre les 289 suffrages nĂ©cessaires.Et dans cette journĂ©e chargĂ©e, François Bayrou devrait ensuite dĂ©clencher un autre 49.3, puis encore un autre en fin de semaine ou en dĂ©but de semaine prochaine, toujours sur le budget de la SĂ©curitĂ© sociale, qui avait coĂ»tĂ© son poste Ă  Michel Barnier. Avec donc au total, quatre censures Ă  esquiver, voire cinq.Car après celles de LFI sur les budgets, les socialistes entendent en dĂ©poser une sur “les valeurs rĂ©publicaines” et contre la “trumpisation du dĂ©bat public”, en rĂ©action notamment aux propos de François Bayrou sur le “sentiment de submersion” migratoire. Une nouvelle motion qui questionne un dĂ©putĂ© MoDem, qui se demande ce qu’en fera le Rassemblement national: “il faut toujours ĂŞtre prudent”. Une “balle Ă  blanc” pour LFI, qui n’imagine pas le RN la voter quand celui-ci exige du gouvernement de nouvelles mesures sur l’immigration. Ce qu’a laissĂ© entendre SĂ©bastien Chenu: il ne voit pas l’intĂ©rĂŞt de faire tomber le gouvernement “jusqu’Ă  ce qu’il y ait la possibilitĂ© de dĂ©clencher de nouvelles Ă©lections”, c’est-Ă -dire jusqu’Ă  une Ă©ventuelle dissolution de l’AssemblĂ©e impossible avant l’Ă©tĂ© prochain.En revanche, “dès qu’on peut retourner devant les Ă©lecteurs, il faut retourner devant les Ă©lecteurs”, a-t-il insistĂ©.Cela pourrait donc laisser quelques mois Ă  François Bayrou qui souhaite s’attaquer Ă  “la rĂ©forme de l’État dès le lendemain de l’adoption” de “l’Himalaya” du budget. Reconnaissant qu’avant cela il y a encore “des crevasses” Ă  franchir.sac-parl-far-brk/sde/pta

Budgets: Bayrou affronte deux motions de censures, vouĂ©es Ă  l’Ă©chec

Après son recours Ă  l’article 49.3 sur les budgets de l’Etat et de la SĂ©curitĂ© sociale, le Premier ministre François Bayrou affronte mercredi deux nouvelles motions de censure, destinĂ©es Ă  Ă©chouer sans les voix des socialistes et probablement du Rassemblement national.A partir de 15H30, l’AssemblĂ©e nationale examinera une première motion de La France insoumise, contre le 49.3 de François Bayrou pour faire adopter sans vote le projet de budget de l’État pour 2025.L’objectif affichĂ© par l’exĂ©cutif est de ramener, avec ce texte, le dĂ©ficit public Ă  5,4% du PIB. Avec pour cela de nouvelles recettes grâce notamment Ă  des contributions exceptionnelles sur les mĂ©nages les plus aisĂ©s et les bĂ©nĂ©fices des grandes entreprises, mais aussi des coupes dans les dĂ©penses de plusieurs ministères.Face au Premier ministre, qui dĂ©fendra la nĂ©cessitĂ© pour la France d’envoyer “un signal de responsabilitĂ©”, AurĂ©lie TrouvĂ© (LFI) dĂ©noncera un budget “catastrophe pour l’Ă©conomie”, appelant Ă  censurer.L’essentiel des Ă©cologistes et communistes devraient abonder, mais la censure sera impossible en l’absence des voix du PS, qui nĂ©gocie depuis des semaines avec le gouvernement pour revoir les budgets.S’il considère que la copie n’est pas bonne, le groupe socialiste a actĂ© qu’il ne censurerait pas au nom de “l’intĂ©rĂŞt gĂ©nĂ©ral” du pays, a dĂ©fendu le premier secrĂ©taire Olivier Faure. Quelques dĂ©putĂ©s pourraient toutefois braver la consigne, anticipent des sources internes au groupe.”C’est l’heure de vĂ©ritĂ©, il y aura des consĂ©quences”, prĂ©vient Manuel Bompard, coordinateur de LFI. Sans censure, les socialistes “sont en soutien” au gouvernement mĂŞme s’ils n’en font pas partie, estime Eric Coquerel, une position que ne partagent pas les cadres Ă©cologistes.Le Rassemblement national et ses alliĂ©s ciottistes, s’ils fustigent le texte, feront planer le suspense jusqu’Ă  environ 15H00. Mais Jordan Bardella, prĂ©sident du parti, s’est clairement exprimĂ© mardi contre une censure aux “consĂ©quences plus lourdes pour l’Ă©conomie” que celle de Michel Barnier.Le rejet attendu de la motion de censure vaudra adoption Ă  l’AssemblĂ©e nationale du budget, avant un dernier vote sans suspense au SĂ©nat le lendemain.- Tunnel de motions -Mercredi, en fin d’après-midi, les dĂ©putĂ©s examineront une deuxième motion de censure, contre le 49.3 dĂ©clenchĂ© cette fois sur le budget de la SĂ©curitĂ© sociale. Mais lĂ  encore les voix socialistes, et sans doute celles du RN, devraient manquer pour atteindre les 289 suffrages nĂ©cessaires.Et dans cette journĂ©e chargĂ©e, François Bayrou devrait ensuite dĂ©clencher un autre 49.3, puis encore un autre en fin de semaine ou en dĂ©but de semaine prochaine, toujours sur le budget de la SĂ©curitĂ© sociale, qui avait coĂ»tĂ© son poste Ă  Michel Barnier. Avec donc au total quatre censures Ă  esquiver, voire cinq.Car après celles de LFI sur les budgets, les socialistes entendent en dĂ©poser une sur “les valeurs rĂ©publicaines” et contre la “trumpisation du dĂ©bat public”, en rĂ©action notamment aux propos de François Bayrou sur le “sentiment de submersion” migratoire. Une nouvelle motion qui questionne un dĂ©putĂ© MoDem, qui se demande ce qu’en fera le Rassemblement national: “il faut toujours ĂŞtre prudent”. Une “balle Ă  blanc” pour LFI, qui n’imagine pas le RN la voter quand celui-ci exige du gouvernement de nouvelles mesures sur l’immigration. “Pour justifier la non-censure (sur les budgets) les socialistes vont nĂ©cessairement devoir obtenir des gains politiques tout le temps, et donc entrer dans une logique de compromis. Ils vont passer dans la sphère d’attraction de la macronie”, tance Manuel Bompard.D’autant que le calendrier parlementaire n’est pas simple pour la gauche: le premier texte examinĂ© jeudi sera une proposition de la droite pour restreindre le droit du sol Ă  Mayotte, qui pourrait passer avec les voix d’une partie du camp gouvernemental.”On a bien ça en tĂŞte”, reconnaĂ®t une source au groupe socialiste, qui y voit toutefois l’occasion d’illustrer que le PS est du “mĂŞme cĂ´tĂ© de la barricade” que ses alliĂ©s du Nouveau Front populaire.Quant Ă  François Bayrou, il a dit mardi son ambition de s’attaquer Ă  “la rĂ©forme de l’État dès le lendemain de l’adoption” de “l’Himalaya” du budget. Reconnaissant qu’avant cela il y a encore “des crevasses” Ă  franchir.sac-parl/sde/gvy

Loi d’orientation agricole: le SĂ©nat planche sur la “reconquĂŞte” de la souverainetĂ© alimentaire

Près d’un an après son dĂ©pĂ´t, le projet de loi d’orientation agricole a enfin repris son parcours lĂ©gislatif mardi soir au SĂ©nat, la ministre Annie Genevard appelant le Parlement Ă  “semer les premières graines de la reconquĂŞte de notre souverainetĂ© alimentaire”.AdoptĂ© Ă  l’AssemblĂ©e nationale au dĂ©but du printemps 2024, suspendu par la dissolution puis reportĂ© par la censure, ce texte revient enfin au Parlement. L’examen s’Ă©tirera jusqu’au 18 fĂ©vrier avec un vote solennel prĂ©vu quatre jours seulement avant le lancement du Salon de l’agriculture Ă  Paris.A l’ouverture des dĂ©bats, la ministre de l’Agriculture Annie Genevard a promis un “changement de cap” sur la politique agricole de la France, impĂ©ratif pour atteindre des objectifs très ambitieux: 30% d’apprenants supplĂ©mentaires dans les filières agricoles et agroalimentaires d’ici 2030, 400.000 exploitations et 500.000 exploitants agricoles Ă  l’horizon 2035.”Ce sont bien les intĂ©rĂŞts fondamentaux de la nation qui sont en cause lorsqu’il s’agit de garantir la souverainetĂ© alimentaire et agricole de la France”, a-t-elle lancĂ©, promettant “d’aller vite, afin de permettre l’entrĂ©e en vigueur au plus vite de ce texte très attendu”.Si l’adoption du texte ne fait aucun doute, l’alliance droite-centristes majoritaire au SĂ©nat entend nettement muscler ce projet de loi programmatique, qui balaye nombre de sujets, de l’enseignement Ă  la formation en passant par le dossier crucial de la transmission des exploitations.- “IntĂ©rĂŞt gĂ©nĂ©ral majeur” et “non-rĂ©gression” -Dans son article inaugural, cette loi d’orientation Ă©lève l’agriculture au rang “d’intĂ©rĂŞt gĂ©nĂ©ral majeur”. En commission, le SĂ©nat a maintenu cette notion tout en allant plus loin, Ă©rigeant notamment la “souverainetĂ© alimentaire” en “intĂ©rĂŞt fondamental de la Nation”.Le SĂ©nat a Ă©galement instituĂ© un principe dĂ©criĂ© de “non-rĂ©gression de la souverainetĂ© alimentaire”. La portĂ©e juridique de cette disposition, qui fait volontairement Ă©cho au principe de “non-rĂ©gression environnementale” dĂ©jĂ  existant, interroge ses dĂ©tracteurs.”Quand on a fait ça sur l’environnement, on disait que ça n’aurait aucun impact et on a vu que ça a Ă©tĂ© l’inverse. Pourquoi cela ne marcherait-il pas?”, balaye Laurent Duplomb (LR), l’autre rapporteur du texte.Si la notion n’a pas convaincu le gouvernement qui tentera de la faire supprimer, M. Duplomb assume une version sĂ©natoriale plus “ambitieuse”, susceptible, selon lui, de rĂ©pondre au “manque de courage politique” du texte initial, qui “Ă©vitait tous les sujets qui fâchent”.Cette dĂ©marche ulcère la gauche, qui s’alarme d’un “durcissement” du texte. Le principe de non-rĂ©gression “sous entend en rĂ©alitĂ© une logique productiviste et il pourrait Ă  terme participer Ă  la remise en cause des rĂ©glementations environnementales”, s’est inquiĂ©tĂ© le socialiste Jean-Claude Tissot. Ces dĂ©bats juridiques risquent de s’Ă©tirer durant de longues heures Ă  nouveau mercredi.La droite sĂ©natoriale a dĂ©jĂ  remportĂ© un succès ces derniers jours, en faisant adopter Ă  la chambre haute, avec l’appui du gouvernement, un texte plus sensible encore sur la levĂ©e des “barrières” Ă  la profession, avec la rĂ©introduction notable de certains pesticides.- Femmes en agriculture -Parmi ses autres dispositions, la loi d’orientation prĂ©voit la crĂ©ation d’un “Bachelor Agro”, un diplĂ´me de bac+3 censĂ© faire rĂ©fĂ©rence Ă  l’avenir. Les sĂ©nateurs proposent Ă©galement de crĂ©er un “volontariat agricole” dans le cadre du service civique.La crĂ©ation d’un guichet unique dĂ©partemental, censĂ© favoriser les installations et transmissions d’exploitations, est Ă©galement au cĹ“ur du projet.Annie Genevard a par ailleurs insistĂ© mardi sur l’importance d’augmenter la place des femmes en agriculture, promettant plusieurs amendements en ce sens, pour faciliter par exemple leur accès au statut de cheffe d’exploitation. Elle a aussi annoncĂ© le lancement Ă  venir de “confĂ©rences de la souverainetĂ© alimentaire”, pour permettre aux filières de dĂ©finir collĂ©gialement des “objectifs Ă  dix ans” avec “l’accompagnement” de l’Etat.L’alliance syndicale majoritaire FNSEA-JA a appelĂ© ces derniers jours les sĂ©nateurs Ă  “concrĂ©tiser l’ambition” en faveur du renouvellement des gĂ©nĂ©rations, regrettant certains freins Ă  la transmission dans le texte, tout en saluant des “avancĂ©es significatives” comme le renforcement du service de remplacement ou la mise en place d’une “aide au passage de relais”, dont l’objectif est d’offrir une sortie digne Ă  des agriculteurs dĂ©sespĂ©rĂ©s.Le texte entend aussi accĂ©lĂ©rer les procĂ©dures de contentieux en cas de recours contre des stockages d’eau ou des bâtiments d’Ă©levage, et propose d’amĂ©nager les sanctions en cas d’atteintes Ă  l’environnement non-intentionnelles.

Budget: le RN ne censurera pas non plus, Bayrou peut se projeter… un peu

BientĂ´t un budget, et un gouvernement Ă©pargnĂ©: après le PS, le RN a mis fin au suspense mardi en laissant entendre qu’il ne votera pas la censure, donnant au Premier ministre François Bayrou la possibilitĂ© de se projeter, un peu, dans l’avenir.Si le Rassemblement national prendra officiellement sa dĂ©cision mercredi, il ne devrait pas voter le mĂŞme jour la censure du gouvernement pour ne pas aggraver “l’instabilitĂ©”, a affirmĂ© son prĂ©sident Jordan Bardella.”Il faut Ă©viter l’incertitude parce que beaucoup de nos compatriotes (…) sont extrĂŞmement inquiets d’une instabilitĂ© qui pourrait s’installer dans la durĂ©e”, a-t-il justifiĂ©, “avec des consĂ©quences plus lourdes pour l’Ă©conomie que lors de la censure” du gouvernement de Michel Barnier en dĂ©cembre.Faute de majoritĂ© Ă  l’AssemblĂ©e nationale, François Bayrou a dĂ©gainĂ© lundi ses deux premiers 49.3 pour faire adopter sans vote le budget de l’Etat et une partie de celui de la SĂ©curitĂ© sociale.En retour, La France insoumise a dĂ©posĂ© deux motions de censure qui seront dĂ©fendues Ă  partir de 15H30 mercredi mais ne seront soutenues que par les Ă©cologistes et les communistes.”Nous refusons cette idĂ©e qu’il ne pourrait pas y avoir de dĂ©bat dĂ©mocratique sur le budget”, a dĂ©clarĂ© la cheffe de file du groupe Ă©cologiste, Cyrielle Chatelain, en taclant un texte “clairement pas Ă  la hauteur des besoins”.MĂŞme si le RN avait dĂ©cidĂ© de la voter, cette censure n’a aucune chance d’ĂŞtre adoptĂ©e après le refus des socialistes de la soutenir.Après avoir “beaucoup hĂ©sitĂ©”, comme l’a admis leur premier secrĂ©taire Olivier Faure, les socialistes ont en effet fini par “faire le choix de donner un budget Ă  la France”.”Nous avons Ă©tĂ© sollicitĂ©s par une multitude d’acteurs, les collectivitĂ©s locales, associations, entreprises… qui dĂ©pendent de la commande publique et ne peuvent attendre davantage. Nous avons choisi, non pas de soutenir le gouvernement, mais de ne pas pratiquer la politique du pire”, a-t-il expliquĂ©.- Une “rupture” pour LFI -“Il y a un dĂ©bat budgĂ©taire, le gouvernement et le Parlement sont en train d’arriver Ă  son terme. Je m’en fĂ©licite parce le pays a besoin de stabilitĂ©”, a rĂ©agi le prĂ©sident de la RĂ©publique Emmanuel Macron, lors d’un dĂ©placement au centre de lutte contre le cancer Gustave Roussy.De nombreux dĂ©putĂ©s de la coalition gouvernementale et des ministres ont saluĂ© “l’esprit de responsabilitĂ© du PS”. “Le Parti socialiste a rompu un accord avec La France insoumise, (…) c’est courageux”, s’est fĂ©licitĂ© dans l’Ă©mission C Ă  vous sur France 5 le garde des Sceaux GĂ©rald Darmanin. “Il faut qu’on Ă©coute davantage le PS”, a -t-il ajoutĂ©. De leur cĂ´tĂ©, les Insoumis restent très remontĂ©s contre le choix de ceux censĂ©s ĂŞtre leurs alliĂ©s au sein du NFP.”Le Nouveau Front populaire est rĂ©duit d’un parti”, a rĂ©agi Jean-Luc MĂ©lenchon. “Ce sera une rupture avec tous les socialistes qui ne votent pas la censure”, a renchĂ©ri le prĂ©sident de la commission des Finances Eric Coquerel.”Ce n’est pas Jean-Luc MĂ©lenchon qui dit qui appartient au Nouveau Front populaire”, a rĂ©pondu M. Faure.”Est-ce que le vote sur la censure doit ĂŞtre la manière de dĂ©finir le pĂ©rimètre du Nouveau Front populaire ? La rĂ©ponse est non”, a aussi relativisĂ© Cyrielle Chatelain. – Motion “spontanĂ©e” -Pour autant, dans un art consommĂ© de la synthèse, les socialistes dĂ©poseront la semaine prochaine une motion de censure “spontanĂ©e” sur la base de l’article 49.2 de la Constitution en rĂ©action aux propos de François Bayrou sur le “sentiment de submersion” migratoire.Il s’agit de protester contre “une forme de trumpisation du dĂ©bat public sous l’influence notamment de Bruno Retailleau”, le ministre (LR) de l’IntĂ©rieur, a plaidĂ© Olivier Faure. Le Parti socialiste, qui reconnait ne pas vouloir faire tomber le gouvernement pour ne pas, selon M.Faure, “avoir un Premier ministre plus Ă  droite qui nĂ©gocie sa propre survie avec l’extrĂŞme droite” ou “une dĂ©mission du chef de l’Etat”, partent de l’idĂ©e que le RN ne votera pas leur motion de censure.Mais le parti d’extrĂŞme droite a montrĂ© par le passĂ© qu’il pouvait voter une motion de censure de gauche, faisant fi des mots qu’elle contenait.”Il faut toujours ĂŞtre prudent”, a reconnu un dĂ©putĂ© MoDem mettant en garde “ceux qui veulent jouer aux apprentis sorciers”.S’il n’a pas Ă©tĂ© interrogĂ© sur le vote du RN sur cette motion socialiste, M. Bardella n’a pas exclu que le gouvernement puisse “tomber demain, après-demain, dans une semaine, sur un autre sujet” que le budget.

Agriculture: la loi d’orientation arrive enfin au SĂ©nat, juste avant le Salon

Près d’un an après son dĂ©pĂ´t par le gouvernement Attal, le projet de loi d’orientation agricole arrive mardi soir dans l’hĂ©micycle du SĂ©nat, qui s’apprĂŞte Ă  muscler ce texte très attendu par le secteur mais dĂ©noncĂ© par la gauche, Ă  quelques jours du Salon de l’agriculture.AdoptĂ© Ă  l’AssemblĂ©e nationale au dĂ©but du printemps 2024, suspendu par la dissolution puis reportĂ© par la censure, ce texte revient enfin au Parlement, portĂ© par Annie Genevard.Issue des RĂ©publicains, la ministre de l’Agriculture partage nombre de points communs avec la vision des sĂ©nateurs, dominĂ©s par une alliance droite-centristes.De quoi laisser prĂ©sager une adoption confortable de ce texte programmatique, qui balaye nombre de sujets, de l’enseignement Ă  la formation en passant par le dossier crucial de la transmission des exploitations.Les dĂ©bats Ă  la chambre haute, qui s’Ă©tireront jusqu’au vote solennel du 18 fĂ©vrier, raviveront nĂ©anmoins les clivages, avec une gauche vigoureusement opposĂ©e Ă  un texte qui incarne, selon elle, des “reculs” sur la question environnementale.L’examen se dĂ©roule de surcroĂ®t dans un contexte tendu par la remise en cause, parfois violente, de certains Ă©tablissements publics, notamment l’Office français de la biodiversitĂ© (OFB), ciblĂ© par des agriculteurs qui fulminent face aux “normes” et “entraves” administratives.Mme Genevard rĂ©fute cette interprĂ©tation. “Ma conviction profonde est qu’opposer environnement et agriculture constitue une impasse”, a-t-elle encore assurĂ© ces derniers jours devant les sĂ©nateurs, Ă  quelques jours du Salon de l’agriculture, qui cristallisera Ă  Paris toutes les revendications du mĂ©tier, Ă  partir du 22 fĂ©vrier.- “IntĂ©rĂŞt gĂ©nĂ©ral majeur” et “non-rĂ©gression” -“Les agriculteurs ont besoin de ce texte Ă  l’approche du Salon”, martèle auprès de l’AFP le centriste Franck Menonville, l’un des deux rapporteurs du projet de loi. Ce dernier appelle la Haute assemblĂ©e Ă  “Ă©viter les caricatures” en votant pour “rĂ©armer juridiquement la notion de souverainetĂ© alimentaire”.C’est en effet le cĹ“ur de cette loi d’orientation, qui Ă©lève l’agriculture au rang “d’intĂ©rĂŞt gĂ©nĂ©ral majeur” dans son article inaugural. En commission, le SĂ©nat a maintenu cette notion tout en allant plus loin, Ă©rigeant notamment la “souverainetĂ© alimentaire” en “intĂ©rĂŞt fondamental de la Nation”.Le SĂ©nat a Ă©galement instituĂ© un principe dĂ©criĂ© de “non-rĂ©gression de la souverainetĂ© alimentaire”. La portĂ©e juridique de cette disposition, qui fait volontairement Ă©cho au principe de “non-rĂ©gression environnementale” dĂ©jĂ  existant, interroge ses dĂ©tracteurs.”Quand on a fait ça sur l’environnement, on disait que ça n’aurait aucun impact et on a vu que ça a Ă©tĂ© l’inverse. Pourquoi cela ne marcherait-il pas?”, balaye Laurent Duplomb (LR), l’autre rapporteur du texte.Si la notion n’a pas convaincu le gouvernement qui tentera de la faire supprimer, M. Duplomb assume une version sĂ©natoriale plus “ambitieuse”, susceptible, selon lui, de rĂ©pondre au “manque de courage politique” du texte initial, qui “Ă©vitait tous les sujets qui fâchent”.- Volontariat agricole -Cette dĂ©marche ulcère la gauche, qui s’alarme d’un “durcissement” et d’une “radicalisation” du dĂ©bat public sur l’agriculture, selon l’Ă©cologiste Daniel Salmon. “La droite estime qu’il n’y a qu’un modèle qui est le bon, celui d’une souverainetĂ© alimentaire réécrite Ă  la sauce libĂ©rale”, dĂ©plore-t-il.La droite sĂ©natoriale a dĂ©jĂ  remportĂ© un succès ces derniers jours sur ce volet, en faisant adopter Ă  la chambre haute, avec l’appui du gouvernement, un texte plus sensible encore sur la levĂ©e des “barrières” Ă  la profession, avec la rĂ©introduction notable de certains pesticides.Parmi ses autres dispositions, la loi d’orientation prĂ©voit la crĂ©ation d’un “Bachelor Agro”, un diplĂ´me de bac+3 censĂ© faire rĂ©fĂ©rence Ă  l’avenir. Les sĂ©nateurs proposent Ă©galement de crĂ©er un “volontariat agricole” dans le cadre du service civique.La crĂ©ation d’un guichet unique dĂ©partemental, censĂ© favoriser les installations et transmissions d’exploitations, est Ă©galement au cĹ“ur du projet.L’alliance syndicale majoritaire FNSEA-JA a appelĂ© ces derniers jours les sĂ©nateurs Ă  “concrĂ©tiser l’ambition” en faveur du renouvellement des gĂ©nĂ©rations, regrettant certains freins Ă  la transmission dans le texte, tout en saluant des “avancĂ©es significatives” comme le renforcement du service de remplacement ou la mise en place d’une “aide au passage de relais”, dont l’objectif est d’offrir une sortie digne Ă  des agriculteurs dĂ©sespĂ©rĂ©s.Le texte entend aussi accĂ©lĂ©rer les procĂ©dures de contentieux en cas de recours contre des stockages d’eau ou des bâtiments d’Ă©levage, et propose d’amĂ©nager les sanctions en cas d’atteintes Ă  l’environnement non-intentionnelles.

Immigration 2024: titres de sĂ©jour et expulsions en hausse, demandes d’asile en baisse

Plus de titres de sĂ©jour et d’expulsions, moins de demandes d’asile: le bilan 2024 de l’immigration a Ă©tĂ© publiĂ© mardi. Des chiffres scrutĂ©s de près par Bruno Retailleau qui s’est fixĂ© l’objectif de diminuer le nombre d’Ă©trangers en France.La France a dĂ©livrĂ© 336.700 premiers titres de sĂ©jour l’an dernier, un chiffre en hausse de 1,8% par rapport Ă  2023, tandis que les expulsions augmentaient de 26,7% avec 21.601 reconduites au total, a annoncĂ© le ministère de l’IntĂ©rieur.L’immigration reste un sujet brĂ»lant: fin janvier, François Bayrou a indignĂ© la gauche et une partie de son camp en affirmant que la France “approch(ait)” d’un “sentiment de submersion en matière d’immigration”.”Hausse de 27% du nombre de clandestins expulsĂ©s en 2024. Je me rĂ©jouis de ces rĂ©sultats obtenus grâce Ă  la politique de fermetĂ© que nous avons menĂ©e durant les 9 premiers mois de l’annĂ©e 2024, poursuivie par @BrunoRetailleau”, a Ă©crit sur X le ministre de la Justice GĂ©rard Darmanin, auteur de la dernière loi immigration en 2024. Ce message a Ă©tĂ© repostĂ© par le LR Bruno Retailleau qui lui a succĂ©dĂ© Ă  Beauvau en septembre. Depuis son arrivĂ©e, le ministre multiplie les dĂ©clarations contre l’immigration dont il estime qu’elle “n’est pas une chance” et a rĂ©pĂ©tĂ© son souhait de la diminuer. La cheffe de file des dĂ©putĂ©s Rassemblement national, Marine Le Pen, a dĂ©plorĂ© la hausse des premières demandes: “Il n’est plus possible pour les Français de se contenter de mots et de dĂ©clarations sans lendemain, il faut dĂ©sormais passer aux actes et mettre en place les mesures nĂ©cessaires pour reprendre le contrĂ´le de notre politique migratoire”, a-t-elle postĂ© sur X.La hausse des titres de sĂ©jour l’an dernier s’est faite Ă  “un rythme moins soutenu” que l’annĂ©e prĂ©cĂ©dente (+4%), souligne la direction gĂ©nĂ©rale des Ă©trangers en France (DGEF) qui dĂ©pend du ministère de l’IntĂ©rieur. En tĂŞte des motifs de dĂ©livrance, les titres Ă©tudiants ont reprĂ©sentĂ© un tiers du total (109.300) et les motifs familiaux un quart (90.600), selon le rapport annuel sur l’immigration rendu public par le ministère.Une forte augmentation (+13,5%) a Ă©tĂ© enregistrĂ©e pour les motifs humanitaires, autour de 55.000, tandis que les titres de sĂ©jour pour motifs Ă©conomiques se stabilisaient autour de 55.600.Les trois pays du Maghreb arrivent en tĂŞte des primo-dĂ©livrances, avec un quart des titres. Les AlgĂ©riens qui demandent pour la première fois un titre sont en baisse de 9% . Au total, au 31 dĂ©cembre 2024, on dĂ©nombrait 4,3 millions de titres de sĂ©jour valides en France (+3,9%).- Retours forcĂ©s -Sur les expulsions, l’IntĂ©rieur a fait Ă©tat d’une hausse de 26,7% d’Ă©trangers en situation irrĂ©gulière reconduits Ă  la frontière l’an dernier (qu’ils soient forcĂ©s, aidĂ©s, ou spontanĂ©s), soit 21.601 personnes. Les Ă©loignements forcĂ©s s’Ă©lèvent Ă  12.856 (+9,7% sur un an).Par ailleurs 31.250 personnes sans-papiers ont Ă©tĂ© rĂ©gularisĂ©es, soit une baisse de 10%. C’est la première fois depuis 2020 que la tendance diminue pour cette “admission exceptionnelle au sĂ©jour”, faite au titre de la circulaire Valls rĂ©cemment durcie par Bruno Retailleau.”La rĂ©gularisation n’est pas un droit” pour les sans-papiers, avait-il affirmĂ©.Parmi ces personnes rĂ©gularisĂ©es on trouve des travailleurs sans-papiers (10.330, en baisse de 10%) tandis que le motif familial concernait 20.090 personnes (-9%).En ce qui concerne la demande d’asile, le ministère a fait Ă©tat d’une baisse de 5,5% du total, Ă  157.947 dossiers. Cette baisse s’explique notamment par une chute “de 45% des demandes Dublin”, c’est-Ă -dire formulĂ©es dans un autre pays oĂą le demandeur est passĂ© initialement, a expliquĂ© Guillaume Mordant, responsable du dĂ©partement statistique de la DGEF.Les demandes d’asile baissent “globalement” en Union europĂ©enne, puisqu’on estime Ă  950.000 le nombre de dossiers dĂ©posĂ©s en 2024 après 1,050 million en 2023, a-t-il ajoutĂ©.L’an dernier, l’Ukraine a pris le relais de l’Afghanistan comme première nationalitĂ© des ressortissants demandant l’asile. La demande ukrainienne a en effet Ă©tĂ© multipliĂ©e par quatre en un an Ă  13.350 demandes. “Sur l’ensemble de l’Union europĂ©enne la France enregistre les deux tiers des demandes d’asile ukrainiennes”, a soulignĂ© M. Mordant, qui n’a pas d’explications Ă  ce phĂ©nomène.Le taux de protection (y compris avec les recours) a lui bondi de 4,6 points Ă  49,3%.