AFP Politics

Le gouvernement veut un budget en janvier avant de passer au régalien

Le gouvernement veut “un budget en janvier” et appelle députés et sénateurs à “s’accorder sur la question de fond” avant de parler procédure, afin de consacrer le premier trimestre 2026 à un “paquet régalien” armée-justice-police, a déclaré lundi sa porte-parole Maud Bregeon. “Il faut un budget en janvier, il y aura un budget en janvier” car “il est temps de passer à autre chose”, a indiqué la ministre à RMC-BFMTV. “La première étape, c’est de s’accorder sur la question de fond avant de parler des outils de procédure qui permettent de faire passer ce budget”, a-t-elle précisé alors que les ministres des Finances et des Comptes publics Roland Lescure et Amélie de Montchalin doivent recevoir cette semaine les groupes parlementaires, hors LFI et RN, pour trouver un terrain d’entente, tout en restant en dessous de 5% de déficit public. Parmi les points de blocage qui ont empêché sénateurs et députés de trouver un compromis fin décembre, elle a cité l'”effort demandé aux collectivités territoriales” ou encore la surtaxe d’impôt sur les sociétés pour les 300 plus grandes entreprises. Une fois un budget adopté, le gouvernement souhaite se projeter sur le régalien, a-t-elle ajouté. Il s’agira de la “priorité des premiers mois de l’année” et comprendra l’augmentation du budget des armées, le projet de loi justice, le “renforcement des moyens” de la police municipale mais aussi “le déploiement de lois qu’on a déjà votées”, comme la loi contre le narcotrafic. Parallèlement, Mme Bregeon a rappelé que le Premier ministre, Sébastien Lecornu, recevait lundi les syndicats du monde agricole en leur promettant de nouvelles “mesures” et un retour au “bon sens” pour apaiser la colère que la période des fêtes n’a pas érodée. 

“Sales connes”: “Je ne suis pas une femme mesurée”, se justifie Brigitte Macron

L’épouse du chef de l’État, Brigitte Macron, interrogée sur ses propos contre des militantes féministes en marge d’un spectacle début décembre de l’humoriste Ary Abittan, a déclaré dimanche “ne pas être une femme mesurée” et redit “être absolument désolée”.”Je ne suis pas une femme, mesurée. Je suis une femme qui s’enflamme aussi facilement”, a dit sur TF1 l’épouse du chef de l’Etat, à l’occasion du lancement de l’opération Pièces Jaunes en faveur des enfants à l’hôpital.Mme Macron avait qualifié de “sales connes” des militantes du collectif féministe #NousToutes qui avaient interrompu le 6 décembre un spectacle de l’humoriste Ary Abittan, accusé de viol mais ayant bénéficié d’un non-lieu.Ses propos avaient suscité une vague d’indignation dans les rangs féministes, de la gauche et également dans le milieu de la culture, où de nombreuses actrices, à l’image de Judith Godrèche et de Marion Cotillard, ont apporté leur soutien aux victimes de violences sexuelles.”Je suis absolument désolée d’avoir blessé les femmes qui ont pu se sentir agressées ou d’avoir choqué”, a ajouté dimanche Brigitte Macron, reconnaissant que les “termes étaient certainement pas adéquats”.Dans une interview au média Brut mi-décembre, Mme Macron s’était déjà dit “désolée” si elle avait “blessé des femmes victimes” tout en indiquant ne “pas regretter” ses paroles.”Il y a des moments où j’oublie, et je ne devrais pas, mais je ne suis pas épouse de président à longueur de temps. Il y a des moments où Brigitte reprend le dessus et Brigitte n’est pas une femme mesurée”, a-t-elle encore justifié dimanche.

Candidate LFI à la mairie de Paris, Sophia Chikirou sera jugée pour escroquerie

Sophia Chikirou, candidate LFI à la mairie de Paris, sera jugée en mai pour escroquerie par le tribunal correctionnel de Paris, une annonce de procès destinée, selon elle, à la “salir” avant les municipales de mars. Prévu le 12 mai, ce procès se penchera sur des faits présumés remontant à juillet 2018, a appris dimanche l’AFP de source judiciaire, un simple “différend commercial” déjà réglé selon elle.Mme Chikirou est soupçonnée d’avoir “tenté à plusieurs reprises de tromper la banque Crédit du Nord” au préjudice du site d’actualité Le Média, qu’elle avait cofondé. Ses “tentatives” visaient à remettre une somme de plus de 67.000 euros à Mediascop, la société de conseil en communication de Mme Chikirou, a précisé la source judiciaire.Dans ce dossier, les enquêteurs ont mis en avant “un commencement d’exécution”: la prévenue est accusée de s’être présentée comme présidente de la société Le Média, alors qu’elle “n’avait plus cette qualité” et d’avoir demandé un virement, finalement non abouti, car il n’y avait pas suffisamment d’argent sur le compte.Le virement n’a toutefois pas été réalisé car le chargé de compte s’est “méfié” au regard “des circonstances particulières de l’opération” et que la “nouvelle présidente” du Média a fait “opposition”. Mme Chikirou doit aussi comparaître pour avoir “soustrait frauduleusement deux formules de chèque”. – “Aucun plaignant ni préjudice” – L’annonce du procès a fait bondir Sophia Chikirou, investie par le mouvement de Jean-Luc Mélenchon comme tête de liste aux municipales de mars 2026. Elle était la seule candidate. “Le parquet de Paris décide de me faire un procès en pleine campagne municipale au sujet d’une histoire datant de 2018 qui relève d’un différend commercial entre deux sociétés”, a réagi Sophia Chikirou après de l’AFP. “Depuis, cette date, les deux sociétés ont convenu d’un accord et ont cessé toutes leurs démarches”, a-t-elle affirmé. “C’est donc un procès décidé par le ministère public pour une affaire où il n’y a aucun plaignant ni préjudice! L’affaire est éminemment politique et n’a pour but que de salir et gêner ma campagne”, a-t-elle fustigé.Pour la formation de Jean-Luc Mélenchon, l’enjeu de ces élections est d’asseoir sa présence dans les conseils municipaux, pour cimenter son implantation locale, LFI ne dirigeant actuellement qu’une petite poignée de villes. Dans la capitale, la liste LFI concurence celle d’Emmanuel Grégoire, qui réunit les autres partis de la gauche parisienne.Âgée de 46 ans, Sophia Chikirou a grandi en Haute-Savoie dans un milieu populaire. Députée depuis 2022, conseillère régionale, elle s’est fait connaître en politique en s’occupant de la communication des campagnes présidentielles de Jean-Luc Mélenchon en 2012 et 2017. Elle est une figure de premier plan de LFI.En septembre 2024, elle a été mise en examen, notamment pour escroquerie aggravée, dans une information judiciaire liée aux comptes de campagne 2017 de Jean-Luc Mélenchon. Les investigations sont en cours et elle conteste les accusations.La justice soupçonne Mediascop d’avoir surfacturé certaines prestations durant cette campagne, soit une possible escroquerie au préjudice de l’Etat s’agissant de dépenses remboursées par l’argent public.Mme Chikirou n’est pas la seule aspirante à la mairie de Paris, à avoir maille à partir avec la justice.La ministre Rachida Dati fait l’objet de plusieurs enquêtes, dont l’une a conduit en décembre à des perquisitions dans sa mairie du 7e arrondissement et à ses domiciles. Surtout, Mme Dati doit comparaître en septembre 2026 dans un procès pour corruption et trafic d’influence, aux côtés de l’ancien magnat de l’automobile Carlos Ghosn.

Venezuela: Macron “se soumet” à Trump, accuse Villepin

L’ancien Premier ministre Dominique de Villepin a accusé dimanche Emmanuel Macron de se “soumettre” aux Etats-Unis de Donald Trump avec sa réaction “irresponsable” après la capture du président vénézuélien Nicolas Maduro par les forces américaines. “Emmanuel Macron se soumet”, a estimé M. de Villepin sur BFMTV, en dénonçant une “logique de soumission et de vassalisation” de la France.Le président français “a préféré ne pas surréagir, puisqu’il a craint à un moment donné d’irriter Donald Trump, par rapport à la décision américaine d’intervenir à Caracas parce qu’il a le sentiment de devoir mener un combat qui, pour lui, est plus important, qui est le combat de l’Ukraine. Et donc il a choisi en quelque sorte sa cible. Ce qu’il ne comprend pas, ce qui lui échappe, c’est que l’ensemble de ses sujets sont aujourd’hui liés. Ne pas réagir à ce qui se passe au Venezuela, c’est s’affaiblir dans la négociation sur l’Ukraine”, a-t-il développé.Samedi, le chef de l’Etat a dit “prendre acte” de la fin du régime de Nicolas Maduro, sans évoquer les attaques américaines qui ont abouti à la capture du président vénézuélien.Une prise de parole qui a suscité énormément de critiques au sein de la classe politique française, surtout à gauche. Une réaction “aveugle, inconsciente des réalités et irresponsable en ce qui concerne l’avenir de notre pays et l’avenir de l’Europe”, selon Dominique de Villepin dimanche.”La première chose que devraient faire les Européens, c’est d’abord marquer clairement ce qui est inacceptable pour nous dans la décision américaine, se doter de leviers, et ça, c’est une urgence absolue (…) c’est l’inverse de ce qu’a fait Emmanuel Macron hier soir”, a encore jugé l’ancien ministre des Affaires étrangères sur BFMTV.”Nous sommes en train de nier notre propre identité historique”, a martelé celui qui s’était fait remarquer en 2003 quand il était chef de la diplomatie de Jacques Chirac par son discours à l’ONU contre la guerre en Irak engagée par les Etats-Unis de George W. Bush, et qui ne cache pas ses ambitions présidentielles pour 2027.

Venezuela: Macron “prend acte” de la fin de la “dictature” et ulcère la gauche

Emmanuel Macron a “pris acte” samedi de la fin de la “dictature Maduro”, dont le “peuple vénézuélien” ne peut que se “réjouir”, dit-il. Une position qualifiée de “honte” par la gauche qui accuse le président français de complaisance envers les États-Unis.”Le peuple vénézuélien est aujourd’hui débarrassé de la dictature de Nicolas Maduro et ne peut que s’en réjouir”, a écrit sur X le chef de l’État. “En confisquant le pouvoir et en piétinant les libertés fondamentales, Nicolas Maduro a porté une atteinte grave à la dignité de son propre peuple”, a-t-il insisté, sans évoquer dans son tweet les attaques américaines qui ont abouti à la capture du président vénézuélien.L’entourage de M. Macron a fait savoir peu après qu’avait été pris “acte de l’opération américaine”. “Un dictateur a été déchu. Le droit international doit désormais être respecté”, a-t-on fait valoir de même source.Mais pour Jean-Luc Mélenchon, leader de La France insoumise, “la prise de position de Macron n’est pas la voix de la France. Il nous fait honte. Il abandonne le droit international”. “Jour sombre pour notre pays”, a-t-il encore écrit sur X, appuyé par son lieutenant Manuel Bompard qui s’est désolé de voir “la France réduite à féliciter les coups de force de Trump”.Même indignation du côté du Parti socialiste. Selon son premier secrétaire Olivier Faure, “la France n’est pas un État vassal des USA et notre président ne peut pas se comporter comme un simple porte-parole de la Maison-Blanche”. “M. Macron piétine ce soir toute notre histoire diplomatique. Une honte”, a abondé le patron des sénateurs PS Patrick Kanner.Une “honte ultime” même pour le N.1 du Parti communiste Fabien Roussel, pour qui la France est “rabaissée au rang de 51e état des USA”.Samedi en fin d’après-midi, plus d’un millier de personnes, agitant pour certaines des drapeaux vénézuéliens, étaient réunies place de la République à Paris pour protester contre l’attaque, à l’appel notamment de LFI et du parti communiste, a constaté un journaliste de l’AFP. Parmi elles, M. Mélenchon qui a dit qu’il fallait “sans barguigner, exiger la libération et le retour immédiat de Nicolas Maduro libre au Venezuela”.L’exécutif avait  été plus offensif samedi après-midi par la voix du ministre des Affaires étrangères Jean-Noël Barrot qui a affirmé que l’opération américaine “contrevient” au droit international. “La France rappelle qu’aucune solution politique durable ne saurait être imposée de l’extérieur et que les peuples souverains décident seuls de leur avenir”, avait-il encore écrit sur X.M. Macron a préféré mettre l’accent sur la “transition à venir” qui “doit être pacifique, démocratique et respectueuse de la volonté du peuple vénézuélien”. En ce sens, il plaide pour que celle-ci soit assurée “au plus vite” par Edmundo Gonzalez Urrutia, candidat de l’opposition à la présidentielle 2024. Alors que Donald Trump a de son côté déclaré que les États-Unis “dirigeraient” le Venezuela jusqu’à ce qu’une transition politique “sûre” puisse avoir lieu.”Ce qui importe à présent est que la parole revienne au plus vite au peuple vénézuélien”, appuie encore l’entourage de M. Macron, qui précise que ce dernier a échangé samedi avec Donald Trump, le président argentin Javier Milei ou brésilien Lula.- Equilibrisme -A l’image de l’exécutif, d’autres responsables politiques ont dû s’employer à un exercice d’équilibriste samedi, partagés entre la volonté de dénoncer l’attaque américaine, sans pour autant apparaître comme un soutien de Nicolas Maduro.”Pas une larme pour le dictateur ploutocrate Maduro, mais il faut avoir conscience que nous entrons dans un monde sans droit international où prévaut la loi du plus fort”, a déclaré l’eurodéputé social-démocrate Raphaël Glucksmann.Dans la même veine, Gabriel Attal, chef de file des députés macronistes, a affirmé qu’il “ne regrette pas” le départ de ce “dictateur”.Il a dit voir dans l’opération américaine “un signe supplémentaire que le monde est désormais régi par la force” et a incité les Européens à s’adapter pour ne pas être cantonnés au rôle de “spectateurs impuissants”.La patronne du Rassemblement National Marine Le Pen a jugé qu’il y avait “mille raisons de condamner le régime de Nicolas Maduro: communiste, oligarchique et autoritaire” mais que “la souveraineté des États n’est jamais négociable”.”Renoncer à ce principe aujourd’hui pour le Venezuela, pour n’importe quel État, reviendrait à accepter demain notre propre servitude”, a-t-elle ajouté.Le président des Républicains Bruno Retailleau a semblé plus conciliant avec Donald Trump, en estimant que le narcotrafic nécessite “une réplique ferme” même si la souveraineté vénézuélienne “demeure sacrée”.

Décès de Dominique Bucchini, figure communiste et ex-président de l’Assemblée de Corse

L’ancien président de l’Assemblée de Corse et ex-député européen Dominique Bucchini est mort à l’âge de 82 ans, la classe politique saluant samedi l'”amour pour la Corse” de ce dirigeant communiste et “une figure majeure de l’histoire contemporaine” de l’île.Le président du conseil exécutif de Corse, Gilles Simeoni, a salué samedi sur le réseau social X un “militant infatigable au service de ses convictions communistes, homme de dialogue et de paix imprégné de culture corse et universelle”, voyant en Dominique Bucchini “une figure majeure de l’histoire contemporaine de l’île.”Corse Matin indique qu’il s’est éteint vendredi soir dans sa ville natale, “éreinté par une maladie qui fut son dernier combat”.Né en janvier 1943 à Sartène, en Corse du sud, Bucchini a très tôt milité pour le parti communiste. Enseignant de profession, il fut maire de Sartène de 1977 à 2001.Au début des années 1980, il devient député au sein de la première législature du Parlement européen. En 2010 il est élu pour cinq ans à la tête de l’Assemblée de Corse –l’organe qui règle par ses délibérations les affaires de l’île, contrôle notamment le conseil exécutif et vote le budget.”Dirigeant du PCF, Dominique Bucchini s’en est allé. Nous garderons en mémoire son amour pour la Corse, pour la République, la force de ses convictions et une droiture à toute épreuve. Au revoir camarade”, s’est ému sur son compte X Fabien Roussel, secrétaire national du Parti communiste français.L’actuelle présidente autonomiste de l’Assemblée de Corse Marie-Antoinette Maupertuis retient, elle, sur X “son engagement pionnier en matière de lutte contre la violence et sa prise de position en faveur de la co-officialité de la langue corse”.Le sénateur de Corse-du-Sud Jean-Jacques Panunzi, apparenté au groupe Les Républicains, a également salué la mémoire d’un homme qui “a traversé cinquante ans d’histoire politique de notre île, cinquante ans au cours desquels il a su prendre des positions courageuses”, indique-t-il dans un communiqué.

Venezuela: la gauche condamne fermement l’attaque américaine, l’extrême droite plus nuancée

Des responsables de gauche, Jean-Luc Mélenchon en tête, ont dénoncé samedi “l’enlèvement” du président vénézuélien Nicolas Maduro par les forces américaines et appelé Paris à le condamner, tandis que l’extrême droite s’est montrée bien plus nuancée.”Les USA de Trump s’emparent du pétrole du Venezuela en violant sa souveraineté avec une intervention militaire d’un autre âge et l’enlèvement odieux du président Maduro et de son épouse”, a dénoncé sur le réseau social X l’Insoumis Jean-Luc Mélenchon.”Quelqu’un réveille le président Macron ? Il est temps que la République française condamne l’attaque contre le Venezuela. Il n’y a pas de bonne invasion. Seulement des mauvaises”, a-t-il ajouté, les autorités françaises étant pour l’heure restées muettes.Le président américain, Donald Trump, a annoncé samedi que ses forces avaient “capturé et exfiltré” Nicolas Maduro et son épouse lors d’une opération “de grande envergure” au Venezuela.Donald Trump accuse le président Maduro d’être à la tête d’un vaste réseau de narcotrafic, ce que l’intéressé dément, reprochant aux Etats-Unis de vouloir le renverser pour s’emparer des réserves de pétrole du pays, les plus grandes de la planète.Jean-Luc Mélenchon a estimé que le narcotrafic était un “prétexte” pour “détruire ce qu’il reste d’ordre international libre de la loi du plus fort”.M. Mélenchon est régulièrement accusé d’être un soutien du président vénézuélien Nicolas Maduro, ce qu’il récuse, même si Hugo Chavez était un de ses modèles politiques. Le patron du Parti socialiste Olivier Faure a lui affirmé sur X que “quoi que l’on pense de Maduro, cet acte doit être unanimement condamné”.Jugeant que “la force ne peut remplacer le droit”, il s’est inquiété d'”un feu vert donné à tous les autocrates du monde”.Le coordinateur de La France Insoumise Manuel Bompard a déclaré que les Etats-Unis “renouent avec les coups d’Etat et la guerre”.- Appel au rassemblement -Plus largement, LFI a enjoint dans un communiqué “le gouvernement français à condamner sans ambiguïté cette guerre, à exiger un cessez-le-feu immédiat et à défendre la souveraineté du Venezuela. Dans l’immédiat, elle doit demander une réunion du conseil de sécurité de l’ONU”.Le parti de gauche radicale a appelé à un rassemblement de “soutien au peuple vénézuélien” samedi à 18H00, place de la République à Paris. Le parti communiste, qui appelle aussi ses militants à se réunir samedi à 15H00 autour de la statue de Bolivar, dénonce pour sa part un “scandale absolu”. “La France doit réagir fermement”, a exhorté son N.1 Fabien Roussel sur X.La cheffe des Ecologistes Marine Tondelier a de son côté plaidé pour que la France condamne les bombardements nocturnes au Venezuela, sans mentionner la capture de Nicolas Maduro.A l’autre bout du spectre politique, le président du Rassemblement national Jordan Bardella s’est montré moins tranché.Si “personne” ne regrettera le “régime rouge” de Nicolas Maduro, “le respect du droit international et de la souveraineté des États ne peut être à géométrie variable”, a-t-il écrit sur X.Jordan Bardella a appelé à ce que “la parole soit rendue dans les plus brefs délais au peuple vénézuélien, afin qu’il puisse sortir de cette crise majeure par un processus démocratique libre, transparent et loyal”.Eric Ciotti, dont le parti UDR est allié du RN, a même salué la “chute du dictateur Maduro”.”Cette bonne nouvelle pour le peuple vénézuélien doit s’intégrer dans le respect du droit international”, a-t-il dit, demandant “un processus démocratique”.

Avec sa promesse d’année “utile”, Macron signe surtout son impuissance

Emmanuel Macron a promis une année 2026 “utile”, à la France, mais ses vœux laissent surtout l’impression d’un président sur la défensive, en fin de règne, alors que la prochaine élection présidentielle approche à grands pas.”Ce sont des vœux défensifs, de repli, des vœux de fin de règne qui ne lui ressemblent pas du tout”, a estimé jeudi Philippe Moreau-Chevrolet, professeur en communication à Sciences Po, pointant un discours surtout “axé sur la protection” des agriculteurs, de l’industrie…Le président, qui avait opté cette année pour des vœux très courts – moins de 10 minutes – et le décor plus feutré du Salon des ambassadeurs, est apparu dans un semi clair-obscur, devant une cheminée et un sapin illuminé.”Le manque de lumière, de dynamisme parce qu’on a l’impression qu’il est éclairé à la bougie, qu’il parle très lentement, le fait qu’il rappelle que c’est son dernier mandat (…) ça a créé une ambiance crépusculaire”, a noté Philippe Moreau-Chevrolet.Le politologue Bruno Cautrès juge aussi très surprenants ces vœux à la “tonalité à la fois sobre et sans perspective”, où l’on “voit très clairement l’amorce d’une sortie du jeu d’Emmanuel Macron”, à seize mois de la présidentielle à laquelle il ne peut se représenter.- “Sous-dimensionné” -Le chef de l’Etat, très affaibli depuis la dissolution ratée de 2024, s’est certes efforcé de poser les jalons d’une année “utile”, en dépit de l’instabilité politique, faute de majorité à l’Assemblée.Il a tracé sa feuille de route et martelé qu’il resterait “jusqu’à la dernière seconde au travail”, comme pour mieux conjurer le risque d’effacement qui le guette.Mais “au bout de presque dix ans de pouvoir, un chef d’Etat qui nous annonce que les grands chantiers du pays, c’est interdire les réseaux sociaux aux moins de 15 ans, une loi sur la fin de vie et le rétablissement sur une base volontaire du service national, ça semble sous-dimensionné” par rapport aux enjeux et attentes des Français, souligne Bruno Cautrès.Emmanuel Macron n’a que très peu évoqué l’impasse budgétaire, qui plombe pourtant ce début d’année, à moins de trois mois des élections municipales, appelant seulement gouvernement et Parlement à s’atteler sans tarder à “bâtir des accords”.Son vœu final “d’espérance”, ponctué d’innombrables “ne renonçons pas” au “progrès”, à une “nation plus solidaire”, au “beau”, à la “culture”, autant de thèmes macronistes depuis dix ans, avait aussi une “dimension presque testamentaire”, analyse Bruno Cautrès.Enfin, le président est apparu très solitaire, n’évoquant qu’une fois le chef du gouvernement Sébastien Lecornu.Son ex-Premier ministre Edouard Philippe, dans les starting-blocks pour 2027, qui avait appelé à une présidentielle anticipée, n’a de nouveau pas été tendre avec le chef de l’Etat dans ses propres vœux, regrettant jeudi une année “sans stratégie et sans cap” dans un pays où “rien de décisif” ne se produira d’ici 2027. – “Rien dit mais bien dit” -“A un an de plier les gaules, vous vous attendiez à quoi ? (…) Il n’a rien dit mais il l’a bien dit”, a considéré pour sa part le député Renaissance Karl Olive, sur la chaîne Cnews.    Pour un conseiller ministériel, le président a eu “raison de ne pas entrer dans les détails”, notamment sur le budget, car “il ne fallait surtout rien de tranchant dans une Assemblée sans majorité, sinon tu abandonnes l’esprit de compromis et tu te fais censurer”.C’étaient des “vœux mesurés en fonction de ce qu’on peut faire”, “il n’a pas pris de risque”, renchérit, stoïque, un ténor du bloc central.S’il a évoqué son départ programmé, Emmanuel Macron s’est efforcé de repousser au plus tard l’échéance présidentielle, qui signera de facto sa mise en retrait, fixant le début de la campagne électorale “à la fin de l’année”. “Il essaie de contrôler le calendrier. En réalité, on est déjà en campagne pour 2027, mais il veut gagner du temps et pouvoir continuer à se présenter comme étant dans l’action”, relève Philippe Moreau-Chevrolet.

Edouard Philippe ne veut pas “céder” à la “résignation” en dépit d’une situation politique “mauvaise”

Le patron d’Horizons et candidat déclaré à la présidentielle Edouard Philippe a estimé jeudi dans ses voeux pour 2026 qu’il ne fallait “céder ni à la résignation ni au renoncement” malgré une “situation politique” en France “mauvaise”, en raison notamment de l’absence de majorité à l’Assemblée.”L’année 2025 s’achève comme elle a commencé : sans budget, sans stratégie, et sans cap”, fustige l’ancien Premier ministre d’Emmanuel Macron, considérant une nouvelle fois que “plus rien de décisif ne se produira dans le pays d’ici à la prochaine élection présidentielle”.L’ancien chef de gouvernement devenu très critique du président de la République dit néanmoins avoir “bon espoir” que les élections municipales en mars “revitalisent le débat public français” et que ceux “qui portent les couleurs d’Horizons, ainsi que nos amis de la droite et du centre l’emporteront” à ce scrutin.Il dit aussi avoir “bon espoir” que “le grand débat démocratique” de la présidentielle “soit à la hauteur des immenses enjeux” parce que “l’avenir du pays est dans la balance”.Edouard Philippe souhaite que les Français “adhèrent massivement au projet de réparation, de modernisation et de relance du pays” qu’il proposera.Emmanuel Macron a promis dans ses voeux mardi soir de rester au travail “jusqu’à la dernière seconde” de son mandat, alors que des voix se sont élevées jusqu’au sein du camp présidentiel, notamment celle d’Edouard Philippe, pour réclamer une présidentielle anticipée.

Ces candidats royalistes qui rêvent d’être sacrés aux municipales

Ils voudraient voir tomber la République. Mais en attendant l’hypothétique retour d’un roi, ils se plient à ses règles et tentent de se faire connaître en candidatant aux élections municipales de mars prochain.”On voit bien que la Vème République est à bout de souffle. C’est terminé”, assure à l’AFP l’un de ces royalistes convaincus, Sébastien Piffard.Ce chauffeur routier de 44 ans, père de six enfants, brigue la mairie de sa petite commune du Maine-et-Loire, Les Hauts-d’Anjou.Mais ce qu’il voudrait surtout, c’est observer l’avènement d'”une royauté des temps modernes”.Nostalgique d’une époque qu’il ne connaît que par les livres d’Histoire, Sébastien Piffard est convaincu que c’était mieux avant:  “La France, comme royauté, elle a brillé”.Pour lui, la monarchie évoque la puissance, la stabilité et l’unité. Tandis que le pluralisme politique républicain, au contraire, serait “fait pour diviser les Français”.- “Farfelu” -Sébastien Piffard se présente sous les couleurs du Lys Royal de France, petit parti royaliste créé il y a un an.Il l’a découvert sur le réseau social TikTok sur lequel une de ses responsables diffuse des vidéos vantant les mérites de la monarchie. Malgré ces efforts, le courant royaliste reste ultraminoritaire, dénué de poids politique. L’objectif pour ces municipales est donc surtout de se faire connaître.Conscient que l’étiquette de son mouvement “effraie”, Sébastien Piffard cherche encore à compléter sa liste électorale avant la date butoir de dépôt des candidatures, le 26 février.”Quand on dit qu’on est royalistes, on est des marginaux”, renchérit un autre candidat à Rodez (Aveyron), Ulrich Bailleul, qui admet passer pour un “farfelu”. Cet aide-soignant trentenaire, grand passionné d’Histoire, peine lui aussi à attirer des colistiers et ne se fait pas d’illusion sur ses chances de victoire.- Louis de Bourbon -La nébuleuse royaliste concentre plusieurs mouvements, dont le groupe d’extrême droite Action Française.Un autre parti, l’Alliance Royale, assure qu’il présentera aussi des candidats aux municipales, mais aucun en tête de liste.Si tous ces groupes veulent le retour d’un roi, ils ne s’accordent pas sur son identité. Leurs militants sont divisés en plusieurs branches, dont les plus importantes sont les orléanistes et les légitimistes.Le poulain de ces derniers s’appelle Louis de Bourbon, descendant direct des Capétiens.La crise politique suscitée par les récents changements de gouvernements lui a offert une porte d’entrée dans les médias, notamment ceux du milliardaire conservateur Vincent Bolloré.En octobre, dans une tribune pour le JDD, Louis de Bourbon a esquissé le portrait d’une République “au bord de l’effondrement”, et invité les Français à s’inspirer de leur “héritage monarchique”.Fin décembre encore, rebondissant sur la mobilisation contre un accord UE-Mercosur, il a reproché à l’Etat d'”abandonner” ses agriculteurs dans les pages de l’hebdomadaire de droite conservatrice Valeurs actuelles.- Anti-UE -“Il y a de plus en plus de Français dégoûtés par la politique de la République”, estime Damien Pennes, fondateur du Lys Royal de France.Les personnages politiques “se ressemblent tous”, lance ce commerçant de Corrèze âgé de 39 ans, qui dit avoir toujours été fasciné par la monarchie.Son parti ne se revendique “ni de gauche, ni de droite”. Mais il défend un contrôle ferme des frontières, une sortie de l’Union européenne, une baisse des impôts et la primauté de la religion catholique.Si participer à une élection peut paraître contradictoire quand on veut voir chuter la République, Damien Pennes juge qu’ils n’ont pas d’autre choix que d’utiliser “les armes à (leur) disposition”.A terme, il espère que des maires royalistes pourraient aider à rassembler les 500 parrainages nécessaires pour déposer une candidature à la présidentielle. L’objectif, très lointain, est conçu comme un tremplin pour propulser leur roi au pouvoir.Le retour d’une monarchie, “il ne faut pas croire que c’est un doux rêve”, maintient néanmoins le candidat Sébastien Piffard.Il voit son engagement politique comme temporaire, le temps que ce but ultime soit atteint.”Le jour où le roi est remis sur le trône de France, moi je disparais, je reprends ma petite vie tranquille”, dit-il, sans se risquer à avancer une date.