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Dépassée par Bardella, Le Pen réaffirme sa primauté

Surclassée par son dauphin dans les sondages, Marine Le Pen a encore martelé mardi qu’elle se présentera en 2027 “si (elle) peut être candidate”, tout en vantant la “force de (son) duo” avec Jordan Bardella, appelé à la remplacer en cas d’empêchement judiciaire.On ne change pas une équipe donnée gagnante. Jusqu’à nouvel ordre, c’est donc Marine Le Pen la titulaire et Jordan Bardella le suppléant. “Nous en avons décidé ainsi”, a affirmé la patronne du Rassemblement national sur BFMTV et RMC.Un “choix commun” pris avec son cadet, qui ne souffre aucune discussion. “Si je peux être candidate je le serai, si je ne peux pas être candidate, il le sera”, a-t-elle développé. Parole de cheffe : “Il n’y a pas de primaire chez nous, donc les choses sont extrêmement claires. La mise au point s’imposait pourtant, une semaine après un nouveau sondage fracassant pour le jeune président du parti à la flamme, donné gagnant de la prochaine présidentielle face à tous ses adversaires potentiels au second tour.De quoi semer le trouble après les sorties fatalistes de la triple candidate à l’Elysée, assurant qu’elle ne se présenterait “évidemment pas” une quatrième fois si son procès en appel début 2026 (dans l’affaire des assistants parlementaires européens) confirmait sa peine d’inéligibilité.Même pas proposée dans les intentions de vote, Mme Le Pen a d’abord feint de s’en amuser. “Ca ne me traumatise pas qu’un institut de sondage n’ait pas voulu me tester. Peut-être n’a-t-il pas assez d’argent (ou) pas assez de clients pour pouvoir tester les deux candidatures?”, a-t-elle ainsi ironisé samedi depuis son fief du Pas-de-Calais.Avant de s’offusquer mardi matin de “la manière dont les élites, une partie de la magistrature, les médias, maintenant les instituts de sondage cherchent à contourner les Français pour pouvoir imposer leurs vues (et) choisir les candidats”.Ce qui n’a pas empêché le parti de reprendre à son compte les résultats de l’enquête d’opinion, et de vanter “l’alternance (…) plébiscitée par une majorité de Français”, visuels de ses deux têtes d’affiche à l’appui.- “Main dans la main” -Les spécialistes de l’opinion sont pourtant formels: M. Bardella a pris l’ascendant sur Mme Le Pen. Il y a six mois à peine, les deux étaient “quasiment à égalité”, à présent “il la surclasse” observe Céline Bracq.Non content de culminer à 39% de “cote d’adhésion” (contre 35% pour sa mentor), l’étoile montante du RN “creuse l’écart” chez les retraités (5 points d’avance chez les 65 ans et plus), les jeunes (+6 points chez les 25-34 ans) et surtout les sympathisants LR (63% contre 50% pour Marine Le Pen), détaille la directrice générale d’Odoxa.”Il capte un peu plus de reports venus de la droite”, confirme le patron d’Elabe, Bernard Sananès, qui constate sur la base d’études “qualitatives” que même dans l’électorat d’extrême droite, le favori ressort “en avance sur quasiment tous les traits d’image, avec un décalage net à son profit”.Consciente de cette situation, Mme Le Pen cherche à en tirer profit. “Il a une cote de popularité de plus en plus forte, je m’en réjouis”, dit-elle, pour mieux mettre en avant “la force de (leur) duo” et promettre qu’ils “vont combattre ensemble”.Dans tous les cas de figure: si elle est candidate, “il sera mon Premier ministre”, sinon “je serai son premier soutien”, prévient celle que Matignon n’intéresse pas.Jordan Bardella, lui, reste dans son rôle. Celui de “préparer notre mouvement à l’exercice des responsabilités” et de “créer les conditions du rassemblement le plus large possible”, auquel “nous travaillons main dans la main avec Marine Le Pen”, a-t-il déclaré dimanche sur CNews.Message destiné autant aux électeurs qu’aux cadres. “Il y a un ticket, il est populaire dans l’opinion (…) on ne peut que s’en satisfaire”, mais “aujourd’hui c’est Marine qui est candidate”, a souligné le maire de Perpignan, Louis Aliot, mardi sur RTL.Et si leur championne devait renoncer, “nous respecterons son choix”, assure une autre cadre mariniste, certaine que Mme Le Pen “accompagnera” M. Bardella. “D’ailleurs, on le lui demandera”.

La démographie, défi à anticiper pour les finances publiques, selon un rapport

Fécondité en baisse, allongement de l’espérance de vie: le poids de la démographie sur les finances publiques va aller croissant, souligne mardi la Cour des comptes, qui invite à repenser “la vision collective” du vieillissement et de l’âge du départ à la retraite. “La contrainte systémique que fait peser la démographie sur les systèmes de retraite par répartition invite à repenser la tranche d’âge 60-70 ans comme une décennie où l’activité professionnelle devra continuer à prendre une place croissante pour ceux qui le pourront”, note le rapport de la Cour des comptes.A l’heure où l’Assemblée nationale va reprendre l’examen du budget de la Sécurité sociale, la Cour souligne que “l’âge de bascule” du travail à l retraite exerce, “au moins autant que le niveau des pensions, une influence décisive sur l’équilibre des finances publiques”. Mais “l’intensité du débat sur les retraites” ne devrait pas éclipser les autres défis posés par le vieillissement de la population, insiste l’institution.Avec le déclin de la fécondité (1,62 enfant par femme en 2024), l’espérance de vie allongée, l’arrivée à des âges avancés des générations nombreuses du baby-boom, la part des 65 ans et plus dans la population française est passée de 16,3% en 2005 à 21,8% en 2024. Par ailleurs, d’ici 2070, cette part pourrait même atteindre 28,9%. Pour la Cour des comptes, la réduction du nombre d’habitants en âge de travailler va éroder les recettes publiques, qui vont décrocher par rapport à des dépenses pour les retraites, la santé et la dépendance durablement augmentées par les effets du vieillissement.En maintenant les dépenses par tête et par tranche d’âge à leur niveau actuel, les dépenses publiques pourraient représenter 60,8% du PIB en 2070, un niveau comparable à celui déjà atteint lors du pic de la crise du Covid-19. Il est ensuite revenu à 57%.Concernant l’hypothèse d’une stabilisation à ce niveau à l’horizon 2070, la dépense publique annuelle par tête “devrait alors être réduite”, au fil des décennies, “de 1,7% en 2030, 3,3% en 2040, 4,8% en 2050, 5,1% en 2060 et 6,1% en 2070”, écrit le rapport.Dans ce contexte, les modalités de financement du système de protection sociale “seront nécessairement appelées à évoluer” et il incombera aux responsables politiques d’arbitrer “entre fiscalité ou cotisations, solidarité intergénérationnelle ou intragénérationnelle, secteur public et secteur privé” pour garantir équité et soutenabilité, selon les estimations de la Cour.Avec ce document, la Cour n’est “pas en train d’appeler à la retraite à 70 ans” mais elle espère “éclairer le débat public que nous devons impérativement avoir, et je pense en premier lieu à (l’élection présidentielle de) 2027” , a souligné Pierre Moscovici, Premier président de la Cour des comptes, en marge d’une conférence de presse. Car malgré son prévisible impact massif sur les finances publiques, “la démographie reste la grande absente” des débats budgétaires, a-t-il souligné. Pour M. Moscovici, pouvoirs publics et partenaires sociaux doivent anticiper ces transformations démographiques, faute de quoi la France risque de se retrouver “au pied du mur”.”Ne commettons pas la même erreur avec la démographie que celle que nous avons commise avec la dette publique”, a-t-il prévenu. 

Bardella agressé: le suspect de 74 ans renvoyé en comparution immédiate mardi

Le septuagénaire ayant écrasé samedi un oeuf sur la tête de Jordan Bardella doit comparaître libre mardi devant le tribunal correctionnel de Montauban, a-t-on appris lundi auprès de son avocate. Le juge des libertés et de la détention (JLD) n’a pas suivi les réquisitions du parquet de Montauban qui avait demandé le placement en détention provisoire de cet homme dans l’attente de sa comparution, a indiqué Me Rachel Lheureux à un correspondant de l’AFP.”Il est éprouvé par ses 48h de garde à vue, mais soulagé d’être rentré chez lui”, a-t-elle affirmé, ajoutant: “il exprime des regrets quant au fait d’avoir exprimé son mécontentement par ce biais”.”Il souligne qu’il ne visait pas l’homme mais le mouvement politique, qui lui fait peur dans sa dimension incompatible avec la démocratie”, a-t-elle encore affirmé.Cet homme de 74 ans, connu de la justice “pour avoir commis exactement les mêmes faits” à l’encontre d’Eric Zemmour en 2022, a indiqué en garde à vue avoir agi en “opposition par rapport à l’extrême droite”, a indiqué Bruno Sauvage, procureur de la République de Montauban, dans un communiqué.Selon la gendarmerie, cet agriculteur à la retraite s’est présenté samedi après-midi à une séance de dédicace du président du Rassemblement national à Moissac (Tarn-et-Garonne) puis a cassé un œuf sur le tête de celui-ci avant d’être maîtrisé par la sécurité du RN et d’être interpellé. L’eurodéputé a pu ensuite reprendre la séance de dédicace de son livre.La garde à vue du septuagénaire, “en état de récidive légale de violence volontaires notamment à l’égard d’un élu”, a été prolongée de 24 heures pour déterminer s’il avait participé auparavant au rassemblement anti-RN en marge de la séance de dédicace.Une plainte a été déposée au nom de Jordan Bardella et du Rassemblement national, a précisé le parti samedi.Jordan Bardella a également été enfariné mardi lors de la visite d’une foire agricole à Vesoul et un lycéen de 17 ans a été placé en garde à vue avant d’être libéré. Le mineur devra suivre un stage de citoyenneté.Outre les faits visant MM. Bardella et Zemmour, le retraité avait aussi jeté des œufs en avril 2022 sur un des bus de campagne de Marine Le Pen de passage dans le département. Cet incident n’avait pas donné lieu à poursuites.

Chantage à la sextape: prison ferme et inéligibilité pour le maire de Saint-Etienne

Malgré ses dénégations, le maire de Saint-Etienne Gaël Perdriau a été reconnu “entièrement coupable” d’avoir fait chanter un rival avec une sextape et condamné lundi à quatre ans de prison ferme et une inéligibilité immédiate.”Je suis innocent, cette décision est totalement incompréhensible”, a-t-il déclaré à la sortie du tribunal correctionnel de Lyon, en annonçant qu’il ferait appel.L’édile de 53 ans a toujours nié avoir participé au piège tendu à son ancien premier adjoint Gilles Artigues, filmé en 2015 à la caméra cachée en compagnie d’un prostitué, puis contraint à faire profil bas.Mais sa défense a été fragilisée par les déclarations de ses co-prévenus, qui ont reconnu avoir ourdi ce piège en assurant l’avoir fait à sa demande, et par un enregistrement, réalisé à son insu, dans lequel il menace Gilles Artigues de sortir le film “avec parcimonie”.”Le tribunal a bien entendu tout ce que vous avez opposé” aux accusations, mais il “n’a rien trouvé en termes d’excuses” pour minimiser “l’extrême gravité des faits”, en a conclu lundi la présidente du tribunal Brigitte Vernay.Soulignant “le devoir d’exemplarité”, “de dignité” et “de représentation” des élus, elle a déclaré le maire “entièrement coupable” des chefs de chantage, association de malfaiteurs et détournement de fonds publics.Allant au-delà des trois ans ferme requis, elle a condamné Gaël Perdriau à cinq ans de prison, dont quatre ans ferme, avec mandat de dépôt à effet différé assorti de l’exécution provisoire. Autrement dit, il sera bientôt incarcéré.Elle a également prononcé une peine de cinq ans d’inéligibilité avec application immédiate, ce qui lui impose de quitter tout de suite la mairie. L’édile avait été exclu du parti Les Républicains quand le scandale a éclaté en 2022. – “Inouïe” -A l’annonce du jugement, Gaël Perdriau est resté impassible, et quelques applaudissements ont retenti dans la salle. “Nous prenons acte de cette décision d’une sévérité inouïe, dont l’exécution provisoire nous parait parfaitement injustifiée. Nous déposerons une demande de mise en liberté dès que possible”, ont réagi ses avocats dans une déclaration commune à l’AFP.A la sortie du tribunal, Gilles Artigues s’est au contraire dit “soulagé” d’une décision qui reconnaît son “statut de victime”. “Aujourd’hui, je pense que je vais pouvoir me reconstruire”, a ajouté cet ancien député centriste.”C’est une bonne nouvelle pour Saint-Etienne”, a également estimé la conseillère d’opposition Isabelle Dumestre, venue entendre le délibéré. “La justice a mis Gaël Perdriau hors d’état de nuire”, a renchéri son confrère socialiste Johann Cesa.Le soir, plusieurs centaines de personnes ont fêté son départ devant l’Hôtel de ville avec du vin chaud et des fumigènes, en tapant sur une grosse tête de marionnette à son effigie.- “Les juges ont compris” -Le tribunal a également condamné trois anciens proches du maire qui ont, eux, assumé leurs responsabilités.Pierre Gauttieri, qui fut pendant dix ans directeur de cabinet du maire, a ainsi écopé de deux ans de prison ferme.A la barre du tribunal, il avait assuré que M. Perdriau lui avait demandé, dès son élection en 2014, “une solution pour tenir en respect Gilles Artigues”, dont il doutait de la loyauté.L’idée de piéger avec un escort-boy ce catholique opposé au mariage entre personnes de même sexe a germé lors d’échanges avec l’ambitieux adjoint à l’Education Samy Kéfi-Jérôme et le conjoint de ce dernier Gilles Rossary-Lenglet.Pour cet ancien couple, le tribunal a retenu une peine de trois ans ferme.Gilles Rossary-Lenglet, “barbouzeur” autoproclamé, est l’homme par lequel le scandale est arrivé: c’est lui qui, séparé, au chômage, et malade, est allé voir Mediapart avec la “sextape” en 2022.”Le jugement dit que je dis bien la vérité. Cette vérité est implacable pour moi, mais je l’assume”, a-t-il commenté.Lors du procès, fin septembre, deux couples à la tête d’associations stéphanoises avaient comparu à leurs côtés. Sans être au courant de l’existence de la vidéo, ils étaient accusés d’avoir perçu des subventions municipales, attribuées sur la réserve du maire, et de les avoir reversées à Gilles Rossary-Lenglet. Le tribunal les a relaxés, estimant ne pas avoir discerné d”intentions frauduleuses” de leur part.

Budget de la Sécu: un compromis à portée de main selon les socialistes

Les socialistes, interlocuteurs de premier plan du Premier ministre dans les discussions sur les budgets, ont assuré lundi se rapprocher d’un compromis sur celui de la Sécurité sociale qui revient à l’Assemblée à partir de mardi.Le premier secrétaire du PS Olivier Faure, accompagné par les chefs de file des députés Boris Vallaud et des sénateurs Patrick Kanner, ainsi que de plusieurs autres élus, est ressorti sur une tonalité positive après une heure et demi d’entretien avec Sébastien Lecornu et plusieurs ministres.”Nous pouvons dire que nous progressons, que nous sommes dans une approche qui peut permettre d’aboutir à un compromis” même si “nous n’en sommes pas encore là”, a affirmé M. Faure, seul à s’exprimer à l’issue du rendez-vous. “Nous jugerons en fonction de ce qui nous est présenté in fine”.Le Premier ministre a échangé ensuite avec les responsables du Parti communiste qui n’ont pas souhaité s’exprimer. Il rencontrera les représentants des écologistes mardi à 16H30, et ceux du Rassemblement national mercredi à 17H00, après avoir vu ceux du groupe indépendant Liot et des Républicains la semaine dernière.Il doit voir également cette semaine plusieurs organisations patronale et syndicales (Medef, CFDT, FO), ainsi que des parlementaires sur la défense et l’énergie, thèmes qu’il entend soumettre au débat et au vote du Parlement, pour faciliter l’adhésion au budget de l’Etat.- Majorité “disciplinée” -A cet égard il a prévenu, à l’issue d’une réunion au ministère des Armées avec les parlementaires chargés des questions de défense, que “sans budget”, passer des commandes militaires nouvelles devenait “compliqué”, tout comme la “mise à jour” de la loi de programmation militaire 2024-2030, dans un contexte international où les “risques se cumulent”.”Ceux qui disent que l’absence de budget n’a pas d’impact, mentent”, a-t-il insisté, en redisant qu’il ne souhaitait pas recourir au 49.3, qui permet de faire passer un texte sans vote, et en appelant chaque parlementaire “à la responsabilité”. Il a expliqué aussi que sa majorité n’avait pas “besoin d’être disciplinée” par un 49.3, alors que ses soutiens de la droite et du centre sont divisés et que la petite musique d’un retour de cet outil constitutionnel se fait de plus en plus insistante, au PS comme chez LR.Boris Vallaud a pourtant souligné la “grande dispersion” des groupes parlementaires du socle commun. “Il faut que la responsabilité, elle soit dans tous les camps. Ça ne peut pas être le seul apanage des socialistes”, a souligné M. Faure.De fait, la droite montre peu d’empressement à soutenir le texte: “A l’heure où je vous parle (…) j’ai très envie de ne pas voter ce budget de la Sécurité sociale”, a déclaré le rapporteur général du Budget de l’Etat Philippe Juvin. Et le groupe Horizons hésite entre vote contre et abstention.- Réponses mardi ? -Le projet de loi de financement de la Sécurité sociale (PLFSS) revient à l’Assemblée dans la version transmise par le Sénat, assez éloignée de celle des députés, puisque les sénateurs ont rejeté la suspension de la réforme des retraites, principale condition mise par les socialistes pour ne pas censurer le gouvernement.Le Sénat a aussi écarté la hausse de la CSG sur les revenus du capital, piste de recettes arrachée par les députés socialistes.Un premier vote sur la partie “recettes” est attendu dans la semaine et le vote sur l’ensemble du texte le 9 décembre.Samedi, la commission des Affaires sociales a rejeté le PLFSS, LR votant contre, tandis que le PS s’est abstenu. “On est assez loin d’un accord”, a convenu le président Horizons de la commission, Frédéric Valletoux. Ce vote ne préjuge pas forcément de la suite mais témoigne de l’étroitesse du chemin, avec un PS frileux et surtout un socle commun de plus en plus timoré.Alors que tout indique que LFI et l’alliance RN-UDR voteront contre, il faudrait, pour que ce budget soit adopté, que les groupes de la coalition gouvernementale l’approuvent, et qu’au minimum le PS et les écologistes s’abstiennent. Ou bien que le PS vote pour, alors que les écologistes semblent tentés de voter contre.Outre la suspension de la réforme des retraites, les socialistes ont souhaité notamment lundi que les prestations sociales et les pensions de retraite “ne soient pas gelées” et que le doublement des franchises médicales “ne soient pas appliqué”, selon M. Faure.Le Premier ministre, qui assistera à la séance d’examen du PLFSS mardi après-midi, pourrait leur apporter quelques réponses.

Commission d’enquête sur les liens entre partis et islamisme: Mélenchon ne doit pas répondre à sa convocation, selon Bompard

Le coordinateur de La France insoumise, Manuel Bompard, a estimé dimanche sur France 3 que les Insoumis, au premier rang desquels Jean-Luc Mélenchon, ne devaient pas répondre aux “invitations” de la commission d’enquête lancée par LR à l’Assemblée, sur des liens supposés entre mouvements politiques et réseaux islamistes, visant implicitement LFI.”Je considère que cette commission d’enquête ne respecte pas les règles et donc ce n’est pas une commission d’enquête. Et donc je considère que les Insoumis ne doivent pas répondre à ses invitations”, a déclaré M. Bompard.La commission d’enquête présidée par Xavier Breton (LR) souhaitait auditionner M. Mélenchon mardi, comme l’a officiellement annoncé l’Assemblée nationale, mais la date restait subordonnée à une réponse de l’intéressé.Les Insoumis s’insurgent notamment contre le fait que le bureau (président, vices-présidents, secrétaires…) de cette commission ne comprenne pas de député issu de groupes de gauche, alors que le règlement dispose que ces nominations doivent se faire en s'”efforçant de reproduire la configuration politique de l’Assemblée”.Interrogé sur le plateau de BFMTV dimanche, le ministre de l’Intérieur Laurent Nuñez a jugé “dommage” que LFI ne souhaite pas répondre à la convocation de la commission d’enquête.”Indirectement, quand vous critiquez le gouvernement français et que vous le traitez d’islamophobe parce qu’il mène des actions pour lutter contre l’entrisme (…), en reprenant un discours de l’islam politique qui dit qu’en fait le gouvernement français est islamophobe, quelque part en condamnant l’action du gouvernement, vous donnez du crédit à cette mouvance”, a jugé le ministre, pour qui ce serait “intéressant d’entendre” LFI à ce sujet.La secrétaire nationale des Ecologies, Marine Tondelier, sera elle auditionnée mardi.”Nous ne sommes évidemment pas dupes de l’instrumentalisation politique qui est faite de cette commission d’enquête par le parti qui l’a initiée, mais nous n’avons rien à cacher, et donc pas de raison de refuser une commission d’enquête validée par le parlement”, a expliqué l’entourage de Mme Tondelier dimanche.”En revanche, nous irons dire aux parlementaires qui en sont à l’origine ce que nous pensons de la suspicion permanente qu’ils font peser sur nos compatriotes musulmans et de la vendetta politique qu’elle sous-tend contre certains partis politiques. Car que doit-on déduire de la convocation des Ecologistes ? L’ensemble des partis politiques vont-ils être auditionnés ?”, s’est interrogé cette source.

Bardella dénonce une “brutalisation du débat démocratique”, la garde à vue de son agresseur prolongée

Jordan Bardella a dénoncé dimanche sur CNEWS une “brutalisation du débat démocratique”, alors que la garde à vue du septuagénaire soupçonné d’avoir écrasé un œuf sur la tête du président du RN samedi lors d’une séance de dédicace à Moissac, dans le Tarn-et-Garonne, a été prolongée de 24 heures.”Je suis extrêmement inquiet de voir un climat de plus en plus violent s’installer dans notre pays, une brutalisation du débat démocratique”, a déclaré le président du RN, qui a dénoncé “ceux qui frappent” et “ceux qui légitiment, banalisent la violence” en désignant “l’extrême-gauche” et La France insoumise.Décrivant une agression “assez virulente”, M. Bardella s’est ensuite adressé aux chefs des partis politiques, disant refuser “qu’on fasse une campagne, que ce soit municipale, législative ou présidentielle, dans un climat de violence”.Il a dénoncé un “grand silence”, jugeant faible le nombre de réactions de condamnation au sein de la classe politique. Dimanche, la porte-parole du gouvernement Maud Bregeon, le ministre de l’Intérieur Laurent Nunez ou encore le patron de Place publique Raphaël Glucksmann ont notamment condamné cette agression.La garde à vue du septuagénaire a été prolongée de 24h00, a annoncé dimanche à l’AFP le parquet de Montauban.Cet agriculteur à la retraite de 74 ans avait déjà visé Eric Zemmour en 2022, écrasant également un oeuf sur la tête de l’homme politique d’extrême droite, alors que celui-ci, candidat de Reconquête à la présidentielle, était en campagne à Moissac, a souligné le parquet, confirmant une information de La Dépêche du Midi. Il reste en garde à vue “pour établir avec exactitude les faits mais surtout ce qui a pu se passer avant les faits”, a précisé le procureur de Montauban Bruno Sauvage.Il s’agit notamment de déterminer si l’agresseur présumé, placé en garde à vue samedi pour “violence sur personne dépositaire de l’autorité publique sans incapacité”, a participé au rassemblement anti-RN en marge de la séance de dédicace de Jordan Bardella à Moissac.Selon la gendarmerie, qui a procédé à l’interpellation, cet homme était dans la file pour la dédicace et s’est jeté sur Jordan Bardella, lui cassant un oeuf sur la tête.- Zemmour agressé par le même homme -La sécurité présente est intervenue, le président du RN n’a pas été blessé et a ensuite pu reprendre la séance de dédicace de son livre. Mais une plainte a été déposée au nom de Jordan Bardella et du Rassemblement national, a précisé le parti samedi.Le ministre de l’Intérieur Laurent Nunez a condamné “très fermement” une agression “inacceptable”, dimanche sur BFM TV. “Nous sommes dans une démocratie, tout le monde doit pouvoir s’exprimer.”En juillet 2022, l’agresseur présumé avait été condamné à une amende de 500 euros avec sursis pour l’agression d’Eric Zemmour. Père d’un enfant autiste, l’agriculteur avait justifié son geste par son opposition “avec les prises de position controversées de M. Zemmour au sujet des enfants en situation de handicap”, avait alors expliqué le parquet de Montauban.  Le Tarn-et-Garonnais avait aussi jeté des oeufs en avril 2022 sur un des bus de campagne de Marine Le Pen, de passage dans le département. Mais l’incident n’avait pas donné lieu à poursuites.Mardi, Jordan Bardella a été enfariné lors de la visite d’une foire agricole à Vesoul et un lycéen de 17 ans a été placé en garde à vue avant d’être libéré mercredi. Le mineur devra suivre un stage de citoyenneté.

A Evry, Farida Amrani en campagne pour offrir à LFI sa première ville-préfecture

La députée LFI Farida Amrani s’est lancée dimanche dans la course à la mairie d’Evry-Courcouronnes (Essonne), qui deviendrait en cas de victoire la première ville-préfecture conquise par la France insoumise.Ville de 70.000 habitants située à une heure de Paris, Evry-Courcouronnes est dirigée depuis 2019 par l’ex-LR désormais sans étiquette Stéphane Beaudet, pressenti par plusieurs figures politiques locales pour se représenter. Soutenue par le Nouveau front populaire, Farida Amrani l’avait battu au second tour des législatives en 2024, avec 56,33% des voix à Evry.A quatre mois des municipales, la députée LFI a donné dimanche le coup d’envoi de sa campagne lors d’un meeting dans le quartier des Aunettes à Evry, où elle a grandi et vit toujours. “Cette ville coule dans mes veines depuis plus de trente ans”, a déclaré Farida Amrani devant une centaine de sympathisants. “Devenir la maire de cette ville serait pour moi la plus belle des missions (…) Les bus ne passent plus, le sentiment d’insécurité grandit, le béton a remplacé les espaces verts sous l’influence de promoteurs”, a-t-elle égrené.Ville populaire, métissée et jeune (près d’un quart de la population a moins de 30 ans), Evry-Courcouronnes est “l’une des chances les plus sérieuses de gagner une préfecture pour La France insoumise”, estime le coordinateur national de LFI Manuel Bompard, qui faisait partie des quelques députés Insoumis présents dimanche au meeting.”Je suis vraiment inquiet pour Evry”, a abondé un élu LR francilien auprès de l’AFP, sous couvert d’anonymat.Outre la députée LFI, un autre candidat est officiellement en lice: Julien Monier, 41 ans, dont la liste Agissons citoyens est soutenue par Europe écologie les Verts. Côté socialistes, il n’y aura pas de liste: ils disent avoir entamé des discussions avec les deux candidats mais n’avoir pas encore choisi lequel soutenir. “Nous regrettons qu’il n’y ait pas de liste unitaire permettant de proposer une alternative de gauche puissante”, déplore Nastassja Naguszewski, responsable du PS en Essonne.   – Victoire symbolique -A l’échelle nationale, LFI dispose d’une faible implantation locale: elle ne compte que deux maires dans des communes de plus de 5.000 habitants et ne dirige aucune ville-préfecture.Gagner la ville d’Evry-Courcouronnes serait par ailleurs une victoire symbolique pour les Insoumis, qui entretiennent une relation particulière avec l’Essonne. Le premier siège social du mouvement était à Massy, ville dont Jean-Luc Mélenchon fut adjoint au maire dans les années 1980 avant de devenir conseiller général de l’Essonne pendant 13 ans puis sénateur de ce même département pendant 19 ans. Les Insoumis sont également le parti qui compte le plus de députés en Essonne, avec quatre députés sur un total de dix circonscriptions. L’ancrage des mélenchonistes dans le département est “un facteur plutôt favorable” à LFI en vue des municipales, estime le politologue Olivier Rouquan, chercheur associé au Cersa (université Panthéon-Assas).  Il relève toutefois qu’une victoire des Insoumis “dépendra fortement de la mobilisation électorale”. “Les municipales sont des élections qui restent marquées par une forte participation, mais on observe une progression de l’abstention. Cela demeure un vrai point d’incertitude pour les municipales à venir, surtout dans des zones très urbanisées comme Evry”, souligne-t-il.Outre le chef-lieu de l’Essonne, la direction du mouvement a par ailleurs identifié Roubaix (Nord) ou encore La Courneuve (Seine-Saint-Denis) comme communes où la victoire serait un objectif crédible.- Figure locale -A 49 ans, Farida Amrani pourrait être le visage de cette victoire des Insoumis à Evry.Conseillère municipale depuis 2014, elle s’est engagée localement dès 2013 en s’opposant à la réforme des rythmes scolaires, puis pleinement en politique en se présentant aux municipales d’Evry comme tête de liste du Front de gauche.Candidate aux législatives dans le département en 2017 puis en 2018, elle a été battue à chaque fois au second tour: d’abord par l’ex-Premier ministre Manuel Valls, puis par l’ancien maire d’Evry Francis Chouat. Avant d’être finalement élue en 2022, avec le soutien  de l’alliance de gauche de l’époque, la Nupes.Pour les municipales à venir, son premier visuel de campagne la présente avec le slogan “Votre future maire du quotidien”: le pouvoir d’achat, les transports, la dégradation des logements ou la paupérisation de la ville feront partie des thèmes abordés pendant sa campagne.”C’est un moment important pour cette ville. Pour nos quartiers. Pour créer un avenir ensemble. Farida est une femme qui nous ressemble et qui nous rassemble”, a insisté Assa Traoré, figure du combat contre les violences policières, présente au meeting ce dimanche.

Laurent Nuñez “pas favorable” à l’interdiction du voile aux mineures

Le ministre de l’Intérieur Laurent Nuñez s’est dit dimanche sur BFMTV “pas favorable” à l’interdiction du port du voile aux mineures dans l’espace public, une mesure défendue par le chef des députés LR Laurent Wauquiez.Cette proposition “est très stigmatisante vis-à-vis de nos compatriotes musulmans qui peuvent se sentir blessés”, a affirmé le ministre, “je n’y suis pas favorable comme ça”.Laurent Wauquiez a déposé lundi une proposition de loi pour interdire le port du voile aux mineures dans l’espace public.Un rapport des Républicains au Sénat évoque par ailleurs l’interdiction du  jeûne du ramadan aux moins de 16 ans, dans le sillage du rapport sur l’entrisme islamique rendu public au printemps par Bruno Retailleau, alors ministre de l’Intérieur.”On se rapproche pas mal du délit d’opinion, donc il faut qu’on soit extrêmement prudents dans les mesures que l’on va proposer”, a déclaré M. Nuñez au sujet de ces deux idées, “il faut faire attention aux mesures qui seraient trop stigmatisantes”, a-t-il martelé.”Ce qu’on vise, c’est des structures, des individus qui portent un discours d’entrisme islamiste qui vise à terme à faire en sorte qu’a terme la loi religieuse s’impose aux lois de la République”, a-t-il dit.Selon le ministre, “il faut plutôt essayer de s’attaquer à ces structures, à ces individus qui disent à ces jeunes filles qu’elles doivent avoir le droit d’aller voilées à l’école et (…) que sinon il faut refuser d’aller à l’école”.Sur CNews-Europe 1 dimanche, la ministre chargée de l’Egalité Hommes-femmes Aurore Bergé s’est pour sa part dite favorable à l’interdiction du port du voile aux fillettes, pour “protéger les enfants”.”Ca fait des années que je le propose et ce serait bien que maintenant on le fasse. Les groupes politiques peuvent inscrire des propositions de loi à l’ordre du jour et je n’ai aucun doute sur le fait qu’il y a maintenant une majorité à l’Assemblée nationale et au sénat pour le voter”.

La campagne démarre au Grand Lyon, qui concentre le pouvoir local

A la Métropole de Lyon, véritable siège du pouvoir local, les LR, rangés sous la bannière de Jean-Michel Aulas, espèrent reprendre la présidence à l’écologiste Bruno Bernard qui a officialisé dimanche briguer un second mandat.”Je suis candidat avec une équipe renouvelée pour une nouvelle étape”, a-t-il annoncé au quotidien régional Le Progrès, précisant s’appuyer sur une large union des partis de gauche, hors LFI – et de la société civile.Critiquant une campagne marquée jusque-là par “une suite de fake news, de propos caricaturaux, d’opposition systématique”, il a estimé qu’il était “temps de débattre des propositions”.A moins de quatre mois du scrutin, Bruno Bernard, un ancien chef d’entreprise de 54 ans réputé fin stratège et gros bosseur mais jugé peu charismatique, part, selon les sondages, avec un handicap.Au premier tour, il est donné neuf points derrière la cheffe de file des Républicains Véronique Sarselli, selon deux études d’opinion réalisées avant même qu’elle noue son alliance avec l’ancien patron de l’OL.L’annonce mardi que la maire de Sainte-Foy-lès-Lyon ferait campagne sous les couleurs de “Grand cœur Lyonnais”, le mouvement de Jean-Michel Aulas lui-même candidat à la mairie de Lyon, a encore renforcé l’optimisme dans son camp.”Je suis très heureuse de voir Véronique, femme de ma famille politique porter cette campagne”, mais “Jean-Michel est XXL par rapport à nous tous”, s’enthousiasme la directrice de campagne de ce dernier et élue municipale LR Béatrice de Montille.- “Bulle” -“Aujourd’hui il existe une bulle autour de Jean-Michel Aulas, un mythe”, estime pour sa part Bruno Bernard, dont l’entourage est persuadé qu'”il reste un chemin” pour se maintenir à la tête de la deuxième métropole de France.En 2020, l’écologiste était donné perdant dans tous les sondages jusqu’aux élections, rappellent ses proches. “Notre enjeu est de dépasser la question +pour ou contre les Verts+ et de ramener le débat sur le bilan et le projet”, poursuivent-ils.Encadrement des loyers, développement des pistes cyclables et du tramway, amélioration de la qualité de l’air… dans son entretien au Progrès, le président sortant a commencé à défendre les politiques menées depuis cinq ans par la puissante collectivité.Créée en 2015, le Grand Lyon, qui englobe 58 communes et 1,4 million d’habitants, est la seule communauté d’agglomération de France dont l’assemblée est élue au suffrage universel direct. Elle a récupéré une partie des compétences du département (développement économique, voirie, collèges, action sociale) et est dotée d’un budget annuel de près de 4 milliards d’euros (contre moins de 1,2 milliard pour la ville de Lyon).L’ancien maire de Lyon Gérard Collomb ne s’y était pas trompé: en 2020, il a été candidat – malheureux – au Grand Lyon pas à la ville, la loi interdisant de cumuler les deux casquettes. “C’est à la métropole qu’on fait bouger les choses”, justifiait-il alors.- “Réacteur” -A 76 ans, après une vie dans le foot et les affaires, Jean-Michel Aulas a, lui, choisi Lyon pour son entrée en politique pour “ce qu’elle représente” et parce qu’il la considère comme “le réacteur” de la métropole, souligne son entourage.Mais il sait tout le poids du Grand Lyon et plusieurs de ses propositions ont une dimension métropolitaine (extension de la gratuité dans les transports en commun, création d’une police métropolitaine, etc.).Quant à Bruno Bernard, même s’il vit et vote à Villeurbanne, son sort sera scellé dans la ville-centre: sur les 14 circonscriptions qui composent la métropole, six sont lyonnaises et, en 2020, les écologistes en ont raflé cinq. Pour rester aux commandes, il lui faudra rééditer ce score.Son équipe mise sur la “sociologie” de Lyon, dont les quatre députés sont de gauche, pour donner tort aux sondages qui, là encore, donnent le maire EELV sortant Grégory Doucet sèchement battu par Jean-Michel Aulas. Conscientes que leur destin est lié, les équipes des deux candidats écologistes partagent des bureaux, tout comme leurs rivaux font QG commun.Bernard-Doucet versus Sarselli-Aulas, le match lyonnais se jouera en double.