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Charles Alloncle, le député qui cuisine l’audiovisuel public

Pugnace pour les uns, “inquisiteur” pour les autres, le député ciottiste Charles Alloncle et ses méthodes musclées font débat au sein de la commission d’enquête sur l’audiovisuel public, qui reprendra ses travaux dans une dizaine de jours sur de bonnes résolutions.”Pas de communication en temps réel sur les réseaux sociaux” ou de “déformation des propos des personnes auditionnées”, et “sobriété” dans les médias: le bureau de cette commission, qui rassemble des parlementaires de tous bords, a acté ces principes mardi.Les auditions reprendront la semaine du 19 janvier, avec celles de représentants des salariés de France Télévisions et de Radio France, a indiqué le président de la commission, Jérémie Patrier-Leitus (Horizons), qui ne veut pas d’un “tribunal politique”.En cause: l’attitude du rapporteur Charles Alloncle, 32 ans, dont le groupe UDR est allié au RN. Les incidents se sont multipliés depuis le démarrage fin novembre de la commission.”Je tâche de poser des questions que des millions de Français se posent”, dit l’élu de l’Hérault à l’AFP, admettant être “insistant”.Mi-décembre, la présidente de l’Assemblée nationale, Yaël Braun-Pivet, a “rappelé à l’ordre” Charles Alloncle, craignant que la commission soit “dévoyée”.Les soutiens du rapporteur ont volé à son secours: c’est “une pression intolérable” selon Marine Le Pen (RN) alors que son travail est “remarquable” d’après le président du parti Jordan Bardella. Sur les réseaux sociaux, d’importants influenceurs d’extrême droite ont loué M. Alloncle.Ce dernier poursuivra sa mission avec “talent” et “courage”, a fait valoir Eric Ciotti. Le jeune député, ancien président des Jeunes avec Nicolas Sarkozy et partisan de l’union des droites, a rallié l’ex-patron de LR lorsqu’il s’est rapproché du RN.Air austère et look soigné, le trentenaire blond a déjà mis sur le gril le président du régulateur, l’Arcom, et les dirigeantes de France Télévisions et Radio France.Cette dernière, Sibyle Veil, a déploré les “déformations publiques” de ses propos par le rapporteur sur le réseau social X.Lundi, sur Instagram, l’animateur-producteur Nagui a menacé M. Alloncle de poursuites pour avoir déclaré qu’il pourrait être “la personne, sur les dix dernières années en France, qui s’est le plus enrichie sur l’argent public”.- “des fins idéologiques” -Dans une tribune au Monde, le président LR des Hauts-de-France Xavier Bertrand a estimé mardi que la commission était “instrumentalisée par son rapporteur à des fins idéologiques pour disqualifier, intimider, soupçonner”.Lors des auditions en fin d’année des journalistes Thomas Legrand et Patrick Cohen, plusieurs élus de gauche ont réclamé d'”arrêter (le) spectacle”, dénonçant une “tentative d’humiliation” de la part de l’extrême droite.La commission a été créée après la révélation d’une vidéo de ces deux journalistes qui a nourri les accusations de partialité en faveur de la gauche dans l’audiovisuel public.Au sein du bloc central macroniste, la députée Céline Calvez est déçue que l'”on passe à côté du sujet”.La commission porte sur “la neutralité, le fonctionnement et le financement de l’audiovisuel public”, comme souhaité par Eric Ciotti, dont l’allié RN prône la privatisation du secteur.Charles Alloncle ne se prononce pas sur ce point. “Envoyé Spécial, Secrets d’histoire… J’ai été biberonné à la télé et la radio publiques”, assure ce fidèle auditeur de Fip, fils d’un préfet et d’une juriste devenue enseignante.”C’est pour sauver l’audiovisuel public qu’il faut purger les soupçons, cesser les entorses au principe de neutralité”, selon le néodéputé élu en juillet 2024, ancien entrepreneur passé par Sciences Po, HEC et l’université américaine de Berkeley.A l’inverse, Erwan Balanant (MoDem) voit dans l’attitude de M. Alloncle “une attaque frontale de notre modèle démocratique et d’information”.Aux yeux de l’insoumis Aurélien Saintoul, le rapporteur “s’affranchit des faits et transpose les méthodes de CNews”. “Qui lui souffle les questions?”, demande un autre.L’intéressé récuse toute proximité avec Vincent Bolloré, qu’il n’a “jamais rencontré”, ainsi qu’avec les médias de sa galaxie comme CNews, dont il fréquente peu les plateaux.Charles Alloncle “affronte tout seul le système” et “a tout le monde contre lui, sauf l’opinion publique”, a lancé fin décembre un Pascal Praud louangeur, sur la première chaîne info de France.

Le maire PS de Brest promet une police municipale s’il est réélu

Après y avoir été longtemps opposé, le maire PS de Brest François Cuillandre a promis mardi de doter sa ville d’une police municipale s’il était réélu en mars, mettant ainsi fin à la seule exception parmi les grandes villes de France.En se prononçant en ce sens, M. Cuillandre s’aligne sur la position de ses concurrents, tous en faveur d’une telle force, à l’exception de La France Insoumise (LFI).Maire depuis 2001, le socialiste s’était jusqu’à présent toujours opposé à la création d’une police municipale dans la deuxième ville de Bretagne, estimant que la sécurité relevait du domaine de l’État.”Les maires, et notamment les maires de gauche, qui ont accepté de mettre en place une police municipale (…), ils font ce que l’État doit faire. Ce n’est pas à nous de faire ça”, avait-il déclaré à l’AFP en septembre 2022.En mai dernier, il avait même moqué “le concours Lépine de la police municipale” de ses opposants, “entre ceux qui la veulent armée, à cheval et j’en passe”, avait rapporté le quotidien Le Télégramme.Interrogé sur ce revirement, M. Cuillandre a expliqué, mardi lors d’une conférence de presse, que le pays avait “changé”, notamment avec la montée du narcotrafic.”Le fait qu’on fasse une police municipale de proximité va permettre à la police nationale de remplir au mieux ses missions régaliennes, notamment de lutter face au narcotrafic”, a développé l’élu, qui s’est allié aux écologistes pour cette cinquième candidature au poste de maire de Brest. Il a promis d’embaucher 50 policiers municipaux d’ici à la fin du prochain mandat, “un dimensionnement réaliste pour un coût soutenable de 3 millions d’euros” par an. Ces policiers ne seront pas dotés d’armes létales mais de bâtons, menottes et bombes lacrymogènes. De son côté, le candidat de la droite et du centre Stéphane Roudaut a promis une force armée de 150 policiers municipaux et avait annoncé vouloir faire des élections “un référendum pour ou contre la police municipale”.Les effectifs des polices municipales en France atteignent plus de 28.000 agents répartis dans 4.500 communes, selon le ministère de l’Intérieur.

Venezuela: Lecornu dénonce une opération militaire américaine “illégale”

Sébastien Lecornu a jugé mardi “illégale” l’opération militaire américaine au Venezuela, en appelant à une “transition démocratique” après la capture de Nicolas Maduro.”Tout est illégal dans cette affaire. Le régime de Nicolas Maduro, le cycle électoral de 2024, l’opération militaire américaine qui contrevient à la Charte des Nations unies”, a affirmé Sébastien Lecornu devant l’Assemblée nationale, en réponse à une question de la cheffe de file des députés écologistes Cyrielle Chatelain.Il a appelé à une “transition démocratique” autour d’Edmundo Gonzalez Urrutia, l’opposant que la France considère comme avoir été élu président du Venezuela en 2024.Emmanuel Macron avait été critiqué, notamment par la gauche, sur sa première réaction samedi après l’opération américaine. Il s’était borné à appeler à une “transition pacifique” et “démocratique” au Venezuela, estimant que le peuple vénézuélien ne pouvait que se “réjouir” d’être “débarrassé” de la “dictature Maduro”.Auparavant, le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, avait estimé que l’opération américaine “contrevient” au droit international.Lundi, le président français a cette fois affirmé en Conseil des ministres que la “méthode utilisée” pour capturer le président vénézuélien n’était “ni soutenue ni approuvée” par la France.Sébastien Lecornu a en outre promis aux groupes Insoumis et communiste qui le réclamaient qu’un débat “aurait lieu” au Parlement sur l’opération américaine. “Si vous nous saisissez de ces sujets et si vous le confirmer, oui, un débat aura lieu, (…) je m’y engage”, a affirmé le chef du gouvernement, en réponse au chef de file des députés communistes Stéphane Peu.Interpellé également par la cheffe de file des députés Insoumis, Mathilde Panot, qui demandait que la France parle “d’une voix forte pour s’opposer à cet impérialisme forcené”, M. Lecornu a dit “avoir été clair sur l’agression et (…) l’opération militaire menée par les États-Unis”. Il a toutefois rappelé la “nature même” du régime de Nicolas Maduro “pratiquant la torture” et “la détention sans raison”, sans “aucune séparation des pouvoirs”.L’entourage du Premier ministre a souhaité préciser que M. Lecornu s’était repris sur le terme “agression”, préférant parler d'”opération militaire”.Mme Panot, dont le parti appelle au retour au Venezuela de Nicolas Maduro, a refusé de répondre à une question de BFMTV mardi matin pour savoir si le régime Maduro était une dictature.Le Premier ministre a appelé les députés à s'”unir” sur les “valeurs” de la France, qui est “du côté de la Charte des Nations unies”, “plutôt que de nous diviser sur une incompréhension”, en redisant que la position de M. Barrot était complémentaire de celle d’Emmanuel Macron. 

Vague de froid: Panot (LFI) appelle à la réquisition des batiments vides

La cheffe des députés LFI Mathilde Panot a lancé mardi “un appel solennel” à la réquisition des bâtiments vides pour y loger les sans-abris, menacés par la vague de froid qui touche actuellement la France.”J’appelle à la fois à ouvrir les bâtiments publics et à faire respecter la loi de réquisition qui date de 1946 et qui a été utilisée la dernière fois en 1999″, a déclaré l’élue du Val-de-Marne sur RMC-BFMTV.”À l’époque, c’étaient des bâtiments des assurances et des bâtiments d’une compagnie financière. Il y avait donc 1.000 bâtiments, que des réquisitions temporaires, avec indemnisation du propriétaire”, a-t-elle précisé.”Des vies en dépendent et nous voyons que nous avons des températures négatives un peu partout dans le pays et que nous avons une vague de froid qui malheureusement va continuer. Et que face à l’explosion du sans-abrisme, notamment des enfants, il y a une responsabilité de ce gouvernement et de l’ensemble des pouvoirs publics de mettre tout le monde à l’abri”, a-t-elle ajouté.En France, 2,38 millions de logements sont identifiés comme vacants, selon la base de données gouvernementale sur le logement vacant Lovac, dont 1,35 million vides depuis plus de deux ans.”Il n’y a aucun problème à aller réquisitionner ces logements”, a assuré Mme Panot.Plusieurs personnes sans abri ont été retrouvées mortes à cause du froid ces derniers jours. Selon la Fondation pour le Logement (ex-Fondation Abbé Pierre), 350.000 personnes n’ont pas de domicile fixe en France, dont 20.000 qui sont à la rue.

Laure Lavalette à la conquête de Toulon où le RN nourrit des ambitions fortes

La très médiatique députée du Rassemblement national Laure Lavalette se lance à la conquête de la mairie de Toulon, où la succession d’Hubert Falco ouvre une fenêtre pour l’extrême droite, qui enregistre des scores très importants dans le Var.”Je m’appelle Laure, mère de famille de 49 ans et je me présente pour vous servir comme prochain maire de Toulon”, commence-t-elle dans une “lettre aux Toulonnais” transmise mardi à l’AFP.Sous le slogan “Un avenir pour Toulon” rehaussé d’un soleil, elle se présente en veste blanche sans aucune mention ni référence visible à son parti.Laure Lavalette, qui officialise également cette candidature attendue sur BFM Toulon Var et Ici Matin Provence, part donc sans étiquette mais “soutenue par le RN”, souligne son entourage qui explique que sur 59 colistiers, 30 ne sont pas encartés. Exit donc la photo de Jordan Bardella qui ornait les tracts des dernières législatives.Le parti d’extrême droite, qui a déjà conquis Perpignan et Fréjus sur le pourtour méditerranéen, nourrit dans ce port militaire une forte ambition pour les municipales de mars, depuis qu’Hubert Falco, maire de droite pendant 22 ans, a été démis de ses mandats par la justice après une affaire de détournement de fonds. D’autant que sa succession s’avère compliquée.”On a des grandes chances de victoires. Le Var est patriote”, estimait Laure Lavalette il y a quelques semaines, dans un entretien avec l’AFP.Aux dernières législatives, le parti à la flamme a de nouveau réalisé un quasi grand chelem dans le département, remportant sept des huit circonscriptions. Seul raté: la circonscription de Toulon justement, remportée par un proche de Falco, rallié comme lui au macronisme.Pour Mme Lavalette, Falco a fait “de bonnes choses”, notamment en termes de rénovation. Mais “le centre-ville a été +surgâté+ au détriment d’autres quartiers”. Comme le Pont du Las, “quartier complètement abandonné”. Elle en veut pour preuve les “23 kebabs et barbiers à moitié vides” qu’elle explique y avoir recensés.Sur son premier tract, elle souhaite donc “que chaque quartier soit considéré avec le même intérêt et les mêmes moyens”, “rétablir la sécurité” dans cette ville réputée calme de 180.000 habitants, avec une “véritable police de proximité”, lancer un plan de réfection des trottoirs ou créer des îlots de verdure.- “Proximité” -Toulon fut une des premières grandes villes gagnées en 1995 par l’alors Front National, le temps d’un unique mandat de Jean-Marie Le Chevallier, qui a laissé le souvenir vivace d’une gestion calamiteuse.Mme Lavalette, elle, promet “la bonne tenue des finances”.Mère de cinq enfants, elle a commencé à s’imposer sur les plateaux des chaînes d’info en 2022, porte-parole de Marine Le Pen à la présidentielle.Le Monde l’a décrite comme “lepéniste tendance sudiste”, qualificatif qui convient bien à celle qui revendique une “vraie proximité avec, à la fois, Jordan et Marine. Je suis amie avec les deux”.Originaire de la région bordelaise, elle n’aime pas qu’on lui rappelle le passé militant de son père au groupuscule nationaliste Ordre Nouveau. “J’ai le droit d’avoir une pensée propre… j’étais déjà déléguée de classe en 4e, j’aimais la ramener, défendre la veuve et l’orphelin”.Catholique pratiquante qui assume préférer la messe en latin et être opposée au mariage pour tous, elle commence à militer à l’université de droit de Bordeaux, puis se présente, en 1998, aux cantonales à Bègles, fief de l’écologiste Noël Mamère. “J’ai fait 10,33%. A l’époque, c’était fou”.Elle se marie à un Toulonnais, se consacre à sa vie familiale. En 1999, elle suit Bruno Mégret lors de son départ du Front National puis y revient au début des années 2010 et connaît ses premiers mandats de conseillère régionale et municipale. Elue députée de la 2e circonscription du Var en 2022, elle est réélue en 2024 au premier tour.Pour conquérir la mairie de Toulon, elle affrontera notamment le sénateur Les Républicains Michel Bonnus, adoubé par Hubert Falco, qui conserve une influence notable malgré ses déboires judiciaires.Josée Massi, ancienne première adjointe qui a pris la succession à la mairie, a été plus que contrariée par ce choix et clarifiera ses intentions mi-janvier, selon son entourage. “Falco s’est beaucoup sali en traitant très mal Mme Massi… le Var est très sexiste et macho mais là, quand même”, commente Laure Lavalette.A gauche, l’universitaire Magali Brunel mènera une liste “Toulon en commun”.

Colère agricole: les autorités craignent l’escalade et poursuivent leurs consultations

Le gouvernement poursuit mardi ses consultations avec les agriculteurs, dont ceux de la puissante FNSEA, espérant calmer la contestation, alors que sur le terrain les autorités interdisent les déplacements de tracteurs, des dispositions que les agriculteurs promettent d’outrepasser.Après les Jeunes agriculteurs et la Coordination rurale, c’est au tour de la FNSEA et de la Confédération paysanne d’être reçues mardi, respectivement à 17H30 et 19H00, par le Premier ministre Sébastien Lecornu à Matignon.Epizootie de dermatose nodulaire contagieuse (DNC) pour les bovins, faible cours du blé et prix élevé des engrais, menace d’une concurrence accrue des pays latino-américains du Mercosur, entre autres, les motifs de grogne s’amoncellent, alimentant une colère que les dernières propositions de l’exécutif ne parviennent pas à calmer.Selon plusieurs arrêtés préfectoraux consultés lundi par l’AFP, les mouvements et convois de tracteurs sont interdits dans la majeure partie de la France jusqu’à jeudi, visiblement pour tenter de juguler les projets de blocage avec les engins de la capitale, déjà aux prises avec la neige et le verglas.Mais la Coordination rurale a promis lundi soir de passer outre: “on montera” porter les “doléances” des agriculteurs à Paris, de façon “pacifique” et “même si la moitié doit finir en garde à vue”, a ainsi clamé à la sortie de Matignon, Bertrand Venteau, président du deuxième syndicat agricole.La CR espère l’arrivée de ses cortèges pacifiques aux abords de Paris à compter de jeudi, a-t-elle précisé à l’AFP.La FNSEA, reçue mardi à 17H30 à Matignon, a sonné la “mobilisation nationale” dimanche. Mais ses actions semblent pour le moment locales et ne pas se diriger vers de grands déplacements.Plusieurs actions ou blocages routiers ont été dénombrés par la gendarmerie lundi, notamment sur les autoroutes A75 (Lozère), A64 (Haute-Garonne), A51 (Isère), A84 (Manche) et sur l’A7 à différents niveaux, notamment aux abords de Lyon.Dimanche, le Premier ministre a tenté de reprendre la main, appelant l’UE à “amplifier rapidement” ses contrôles aux frontières pour tous les produits agricoles qui “ne respecteraient pas les normes sanitaires et phytosanitaires” de l’Union imposées aux producteurs.Sébastien Lecornu et Annie Genevard ont annoncé dimanche leur volonté de suspendre par arrêté l’importation de fruits et légumes d’Amérique du Sud contenant des résidus de fongicides et herbicides interdits en Europe.Pour l’heure, les syndicats jugent “insuffisantes” ces promesses de l’exécutif.

Colère agricole: avec ou sans tracteurs, la Coordination rurale manifestera à Paris

La Coordination rurale viendra porter les “doléances” des agriculteurs à Paris malgré l’interdiction de ses convois de tracteurs par le gouvernement, a indiqué lundi son président, très remonté après un rendez-vous avec le Premier ministre qui reçoit les syndicats agricoles jusqu’à mardi.Selon plusieurs arrêtés préfectoraux consultés lundi par l’AFP, les mouvements et convois de tracteurs sont interdits dans la majeure partie de la France jusqu’à jeudi. Visiblement pour empêcher les velléités de bloquer la capitale avec les engins.”Ces arrêtés zonaux sont pris dans le cadre d’une mesure nationale pour interdire la circulation et le transport d’engins agricoles dans le cadre de l’appel à manifestation de la Coordination rurale annoncée le 8″, a-t-on commenté au ministère de l’Intérieur.Les crises sont nombreuses et, depuis début décembre, la colère des agriculteurs monte: épizootie de dermatose nodulaire contagieuse (DNC) qui touche les bovins; faible cours du blé et prix élevé des engrais qui plombent les céréaliers; menace d’une concurrence accrue des pays latino-américains du Mercosur; négociations ardues à venir concernant la politique agricole commune (PAC) européenne; détresse des viticulteurs…”On montera” porter les “doléances” des agriculteurs à Paris, de façon “pacifique” et “même si la moitié doit finir en garde à vue”, a déclaré à la sortie de Matignon lundi soir Bertrand Venteau, président de la Coordination rurale (CR), deuxième syndicat agricole.La CR espère l’arrivée de ses cortèges pacifiques aux abords de Paris à compter de jeudi, a-t-elle précisé à l’AFP.Se disant “maltraité” par le gouvernement et n’avoir eu que des réponses “vagues” du Premier ministre, le président de la CR a ajouté que ses troupes “remontées” ne lâcheraient “rien”, notamment pour obtenir la fin de l’abattage total des foyers contaminés par la dermatose bovine. Habituée des actions coup de poing, la CR est depuis début décembre avec la Confédération paysanne le fer de lance de la contestation contre la gestion de cette maladie, qui a ravivé une colère plus large.”C’est pas un arrêté de circulation qui va nous empêcher de rouler demain (…) On passera par les champs, par les bois, par les forêts”, a renchéri depuis le Sud-Ouest, bastion historique du syndicat, Lionel Candelon, président de la Chambre d’agriculture du Gers.- Actions FNSEA-JA plus locales -“On restera mobilisés” contre l’accord UE-Mercosur, a pour sa part déclaré Pierrick Horel, le président des JA à la sortie du rendez-vous, annonçant une mobilisation au Parlement européen le 19 janvier, si l’accord devait bientôt être signé comme la Commission européenne l’espère. Sans donner de détail sur la mobilisation des prochains jours.Son allié, la FNSEA, reçue mardi à 17H30 à Matignon, avait lancé ses tracteurs à l’assaut de la capitale début 2024 et a sonné la “mobilisation nationale” dimanche. Cela pourrait donner de l’ampleur au mouvement mais ses actions semblent pour le moment locales et ne pas se diriger vers de grands déplacements.Plusieurs actions ou blocages routiers ont été dénombrés par la gendarmerie lundi, notamment sur les autoroutes A75 (Lozère), A64 (Haute-Garonne), A51 (Isère), A84 (Manche) et sur l’A7 à différents niveaux, notamment aux abords de Lyon.Après des premières rencontres à Matignon et à l’Elysée en décembre, le gouvernement a promis vendredi “de nombreuses mesures”, “tout au long du mois de janvier”. La ministre de l’Agriculture Annie Genevard a annoncé lundi que le fonds hydraulique agricole passerait à 60 millions d’euros en 2026.- Promesses “insuffisantes” -Dimanche, le Premier ministre avait promis dans une lettre ouverte aux agriculteurs d’entrer dans une phase “plus offensive”.M. Lecornu appelait notamment l’UE à “amplifier rapidement” ses contrôles aux frontières pour tous les produits agricoles qui “ne respecteraient pas les normes sanitaires et phytosanitaires” de l’Union imposées aux producteurs.Sébastien Lecornu et Annie Genevard ont confirmé dimanche qu’ils suspendraient par arrêté l’importation de fruits et légumes d’Amérique du Sud contenant des résidus de fongicides et herbicides interdits en Europe. Attendu mardi au Journal officiel, l’arrêté devra toutefois obtenir un feu vert de Bruxelles, où Annie Genevard se rend mercredi pour une réunion spéciale avec ses homologues européens sur le Mercosur et la PAC.Pour l’heure, les syndicats jugent toutes ces promesses “insuffisantes”.”On ne bouge pas jusqu’à ce que le gouvernement réponde à nos sollicitations” concernant la dermatose ou l’accord avec le Mercosur, a déclaré lundi à l’AFP sur un barrage routier au sud de Lyon, Laurence Chanove, animatrice régionale de la Coordination rurale.Après une relative trêve de Noël, la Coordination rurale et la Confédération paysanne (reçue mardi à 19H00 à Matignon) avaient prévenu que les agriculteurs relanceraient de plus belle la mobilisation en janvier, faisant envisager un troisième hiver de mobilisation agricole avant le Salon de l’agriculture.

Lecornu met la pression pour disposer d’un budget face aux crises

Sébastien Lecornu a fait sa rentrée lundi en mettant la pression sur les parlementaires pour qu’ils s’entendent sur un budget d’ici la fin du mois qui puisse répondre aux colères de plusieurs secteurs, en même temps qu’aux tensions internationales accrues.Le Premier ministre avait exposé sa ligne le 23 décembre: “repousser le désordre”, qui guette sur le plan du budget, toujours pas voté, chez les agriculteurs et les médecins, en colère. Sur le plan international aussi, après le récent coup de force de Donald Trump au Venezuela qui inquiète les chancelleries occidentales. En emmenant ses ministres place Beauvau pour le traditionnel petit-déjeuner du Nouvel an -avant de rejoindre l’Elysée pour le premier Conseil des ministres de l’année- Sébastien Lecornu s’est entouré justement des ministres Catherine Vautrin (Armées), Annie Genevard (Agriculture) et Stéphanie Rist (Santé).”Il faut un budget en janvier, il y aura un budget en janvier”, a promis lundi la porte-parole du gouvernement Maud Bregeon sur BFMTV-RMC.Pour aboutir, le gouvernement fait valoir que le budget peut répondre en partie à la grogne des agriculteurs, très remontés contre la gestion de la dermatose nodulaire contagieuse et le traité UE-Mercosur. Leur voix pèse dans les circonscriptions et pourrait convaincre les députés d’avancer. Sébastien Lecornu a prévu de prendre des mesures en janvier en leur faveur mais a prévenu qu’il faudrait un budget pour les mettre en oeuvre. “Le monde agricole ne peut pas attendre le mois de février”, a insisté dimanche son entourage.- “Calculs politiques” -Dans l’intervalle, le gouvernement entend appliquer certaines mesures fiscales agricoles dès le début de l’année, malgré l’absence de budget, a indiqué mardi le ministère de l’Economie. Car la loi spéciale adoptée pour assurer la continuité de l’Etat ne permet pas d’intégrer de nouvelles décisions.Autre dossier en suspens, la hausse prévue des crédits aux armées (+6,7 mds) dans un contexte international tendu.”Le monde s’est durci et la France doit se préparer” avec un “réarmement militaire” et “l’augmentation des moyens de la défense”, a fait valoir Mme Bregeon à l’issue du Conseil des ministres. Catherine Vautrin s’était dite dimanche “préoccupée” par l’absence de budget pour la défense.Le Premier ministre juge pour sa part “possible” d’aboutir “si les calculs politiques sont mis de côté”.Dimanche, il a mis en garde le président LFI de la commission des Finances Eric Coquerel. Ce dernier serait tenté selon lui de remettre en cause le principe de “l’entonnoir”, selon lequel des sujets nouveaux ne peuvent plus être versés au débat budgétaire. Il a aussi intimé à la droite sénatoriale de “dire si elle souhaite participer à une solution de compromis ou non”, même si la procédure permet au gouvernement de donner le dernier mot à l’Assemblée, où il compte toujours sur les socialistes pour faire passer le budget. – “Avancer sur le fond” -Si l’exécutif et le PS trouvaient un compromis, le Premier ministre pourrait alors faire adopter le budget par ordonnances ou par l’article 49.3 de la Constitution sans être censuré par la suite.Le PS avait certes fait du renoncement au 49.3 une de ses conditions pour voter le budget de la Sécurité sociale -adopté fin décembre-, et Sébastien Lecornu s’était engagé à ne plus y recourir. Or leurs positions semblent avoir évolué depuis.Le patron du PS Olivier Faure menace de censurer le Premier ministre s’il utilise cette arme “sans compromis préalable”. “Le Parlement prendra ses responsabilités, le gouvernement aussi”, avait ensuite glissé M. Lecornu dans la cour de Matignon.Le PS renvoyait lundi la balle dans le camp du gouvernement. “Il va falloir maintenant qu’il accepte des compromis”, a dit à l’AFP Arthur Delaporte, porte-parole des députés socialistes.Pour l’heure, les ministres des Finances et des Comptes publics Roland Lescure et Amélie de Montchalin vont recevoir ensemble, mardi à 17H, les groupes parlementaires, hors LFI et RN, pour tenter de trouver un terrain d’entente, tout en restant en dessous de 5% de déficit public. Avant le retour jeudi du projet de budget devant la commission des finances de l’Assemblée.”Que ce soit 49.3 ou autre, si le texte n’est pas potable, on a ni gouvernement, ni budget. Le gouvernement tombe et on se retrouve à la case départ. Donc il faut d’abord avancer sur le fond”, a prévenu M. Lescure, qui a dit avoir “pas mal échangé” avec les socialistes pendant les congés de fin d’année. Tout comme Sébastien Lecornu.

Venezuela: Macron affirme que la France “n’approuve pas” la “méthode” pour renverser Maduro

Emmanuel Macron a affirmé lundi en Conseil des ministres que la “méthode utilisée” par les Etats-Unis pour capturer le président vénézuélien, Nicolas Maduro, n’était “ni soutenue ni approuvée” par la France, a rapporté la porte-parole du gouvernement.”Nous défendons le droit international et la liberté des peuples”, a déclaré le président de la République, selon le compte-rendu de Maud Bregeon devant la presse.Le chef de l’Etat a aussi dit que Nicolas Maduro était “un dictateur” et que son départ était “une bonne nouvelle pour les Vénézuéliens”. “Il a confisqué la liberté de son peuple et volé les élections de 2024″, a-t-il insisté.”Troisièmement, la France soutient la souveraineté populaire et cette souveraineté populaire s’est exprimée en 2024”, lors d’une élection présidentielle remportée, d’après Paris et une partie de la communauté internationale, par l’opposant Edmundo Gonzalez Urrutia, même si Nicolas Maduro avait revendiqué la victoire. “Si transition il devait y avoir, alors le vainqueur de 2024 devrait jouer un rôle central”, a estimé M. Macron, selon les propos rapportés par la porte-parole.Emmanuel Macron avait été critiqué, notamment à gauche, pour sa première réaction qui ne disait rien de la méthode employée par Washington.Samedi, après la capture du dirigeant vénézuélien lors d’une opération militaire américaine, le président français s’était borné à appeler à une “transition pacifique” et “démocratique” au Venezuela, estimant que le peuple vénézuélien ne pouvait que se “réjouir” d’être “débarrassé” de la “dictature Maduro”.Auparavant, le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, avait estimé que l’opération américaine “contrevient” au droit international.Les messages du président de la République et du ministre doivent être analysés dans une “continuité”, a assuré Maud Bregeon, précisant que les propos du chef de la diplomatie française avaient été “concertés et validés” par Emmanuel Macron.

Assemblée: le débat sur la pétition contre la loi Duplomb reporté à février

Le débat à l’Assemblée nationale sur la pétition contre la loi Duplomb, qui avait recueilli l’été dernier plus de deux millions de signatures, initialement prévu mercredi est repoussé à février, a indiqué lundi l’entourage de la rapporteure Aurélie Trouvé (LFI).”Le débat programmé en hémicycle mercredi 7 janvier sur la loi Duplomb est reporté à la semaine de contrôle (de l’Assemblée nationale, NDLR) de février afin de permettre la présence de la ministre (de l’Agriculture Annie) Genevard (qui doit se rendre à Bruxelles mercredi). Sans doute le 10 ou le 11″, a annoncé l’entourage de Mme Trouvé.Aucune pétition n’a jamais été débattue jusqu’ici dans l’hémicycle dans l’histoire de la Ve République.Le débat ne donnera toutefois pas lieu à un vote et ne modifiera pas la loi.Doivent s’exprimer lors du débat le président de la commission des Affaires économiques de l’Assemblée Stéphane Travert (apparenté EPR), les deux rapporteures Aurélie Trouvé (LFI) et Hélène Laporte (RN), tous les groupes politiques et le gouvernement.La loi Duplomb, adoptée au Parlement en juillet 2025 avec le soutien des macronistes, LR et l’extrême droite, a fait l’objet d’un vaste mouvement de protestation l’été dernier.Une pétition réclamant son abrogation a réuni plus de 2,1 millions de signatures, franchissant largement la barre des 500.000 signatures permettant un débat à l’Assemblée nationale.Entre-temps, le Conseil constitutionnel a censuré la disposition la plus contestée du texte, qui prévoyait la réintroduction sous conditions de l’acétamipride, un pesticide interdit de la famille des néonicotinoïdes.Restent des mesures concernant des simplifications administratives accordées aux plus gros élevages, ou encore à la construction de certains ouvrages de stockage d’eau.