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Ukraine: Retailleau prend ses distances avec Fillon

Le ministre de l’Intérieur Bruno Retailleau, longtemps réputé proche de François Fillon, a pris vendredi ses distances sur l’Ukraine avec l’ancien candidat LR à l’Elysée qui a attribué cette semaine “une part de responsabilité” à Volodymyr Zelensky dans la guerre avec la Russie.  “La première responsabilité, c’est Monsieur Poutine”, a affirmé à la presse le ministre, à l’issue d’un déplacement à Orléans consacré à la sécurité dans les transports. Il doit ensuite participer dans la soirée à une réunion publique à Saint-Cyr-sur-Loire (Indre-et-Loire) dans le cadre de sa campagne à la présidence de LR.   “L’agresseur, c’est la Russie et c’est Monsieur Poutine”, a ajouté M. Retailleau, interrogé sur les propos tenus dans Valeurs actuelles par M. Fillon, dont il a repris le micro-parti appelé “Force Républicaine” en 2017.Dans cet entretien, l’ancien Premier ministre a estimé que le président ukrainien Volodymyr Zelensky a eu “sa part de responsabilité dans le déclenchement de la guerre”. “Il n’est pas le héros irréprochable magnifié par des Européens auxquels il procure le frisson d’un combat pour la liberté par procuration”, a-t-il assuré. Aux côtés du maire d’Orléans, l’ex-LR Serge Grouard (DVD), M. Retailleau, qui s’est lancé dans la course à la présidence des Républicains face à Laurent Wauquiez, le président des députés du parti, a assuré vouloir “rassembler et élargir notre famille politique”.”La France a besoin de solutions qui viennent plutôt de la droite, de fermeté, d’autorité”, a-t-il dit, ajoutant espérer un jour “convaincre” le maire d’Orléans “de revenir” au sein de sa famille politiqueM. Grouard a rappelé avoir quitté Les Républicains “de longue date”, mais il a exprimé “toute son affection, son amitié et son soutien” à Bruno Retailleau. 

Violences faites aux enfants: Vautrin “favorable” au prolongement de la Ciivise

Catherine Vautrin est “favorable” à la prolongation du mandat de la Commission sur les violences sexuelles faites aux enfants (Ciivise) et est “sensible” à une dizaine de ses propositions, a-t-on indiqué vendredi dans l’entourage de la ministre la Santé.Créée en 2021, la Ciivise a traversé une crise de gouvernance fin 2023 qui a retardé le lancement de l’acte II de ses travaux. Ces derniers ont officiellement repris en avril 2024, pour une durée d’un an et six mois. Dans un rapport remis mardi à la ministre de la Santé, des Solidarités et des Familles, cette instance indépendante a jugé “indispensable” une prolongation de son mandat au-delà de 2025, plaidant pour une nouvelle échéance à septembre 2026.”La Ciivise a besoin d’être prolongée parce qu’il n’y a toujours pas les fondations d’une véritable politique publique dédiée aux violences faites aux enfants et à l’inceste”, a notamment souligné Thierry Baubet, membre du collège directeur de la Ciivise.Contacté par l’AFP, l’entourage de Catherine Vautrin a indiqué vendredi que la ministre était “favorable à la prolongation de la Ciivise” et qu’elle s’était “montrée sensible à la dizaine de propositions qui dépendent de son champ ministériel.”Dans son rapport, la commission a listé quinze mesures jugées “prioritaires”. Parmi ces mesures figurent l’encadrement de la pratique des “examens médicolégaux intrusifs”, la “clarification” des obligations de signalement des violences sexuelles par les médecins ou encore le déploiement sur l’ensemble du territoire des unités d’accueil pédiatrique enfance en danger (UAPED). La Ciivise a également appelé à déclarer imprescriptibles les viols et agressions sexuelles commis contre les enfants et à une mise en oeuvre “effective” de l’éducation à la vie affective et sexuelle dans les établissements scolaires.

Salvini, numéro 2 du gouvernement italien, qualifie Macron de “fou”

Le dirigeant italien d’extrême-droite Matteo Salvini, numéro 2 du gouvernement ultraconservateur, a une nouvelle fois qualifié de “fou” vendredi le président français Emmanuel Macron, qu’il accuse de pousser l’Europe à la guerre avec la Russie.Depuis l’invasion de l’Ukraine par la Russie en 2022, M. Salvini s’emploie à freiner l’aide militaire de l’Italie à Kiev tout en tentant de faire oublier la proximité passée entre sa formation politique, La Ligue, et le parti de Vladimir Poutine, Russie unie.Le président français, souvent à l’initiative avec Bruxelles dans le soutien à l’Ukraine, est, avec la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen, la principale cible des attaques verbales de M. Salvini.”Zelensky demande la paix, Trump oeuvre pour la paix, Poutine veut la paix” tandis qu'”à Bruxelles et Paris, il y a un fou”, a-t-il dit vendredi en déplacement à Milan, selon ses propos rapportés par l’agence de presse Ansa.Si l’Italie “veut investir dans sa sécurité nationale”, elle n’acceptera “jamais une armée européenne commandée par ce fou de Macron qui parle de guerre nucléaire”, a-t-il ajouté.Emmanuel Macron a évoqué ces derniers jours la possibilité de faire bénéficier l’Europe du parapluie nucléaire français. Il a précisé jeudi se donner jusqu’à “la fin du semestre” pour voir “s’il y a des coopérations nouvelles qui peuvent voir le jour”, au sein de l’Union européenne sur ce sujet.Pour Matteo Salvini, M. Macron “a un besoin désespéré de donner un sens” aux derniers temps de son second et dernier mandat présidentiel. “Mais qu’il ne le fasse pas à nos dépens ni à ceux de nos enfants”.Il avait déjà traité le chef de l’Etat français de fou l’an dernier quand ce dernier avait évoqué l’envoi de troupes européennes en Ukraine, lui conseillant de “se faire soigner”.Systématiquement à contre-courant de la politique pro-Kiev de la cheffe de gouvernement Giorgia Meloni, de culture atlantiste, M. Salvini est un admirateur de longue date de Vladimir Poutine et son parti avait signé en 2017 un accord avec Russie unie, le parti du président russe.S’il a condamné l’invasion russe de l’Ukraine, il a aussi tenu des propos controversés sur la réélection de M. Poutine (“Quand un peuple vote, il a toujours raison”) ou la mort en prison d’Alexeï Navalny, principal opposant au chef du Kremlin, estimant qu’il revenait “aux médecins et aux juges” russes de faire la lumière sur les circonstances de son décès.La Ligue fait partie, aux côtés du Rassemblement national (RN) français, du groupe Identité et démocratie au Parlement européen.

Culture: Dati dévoile un plan de lutte contre les violences et le harcèlement sexistes et sexuels

La ministre de la Culture Rachida Dati a dévoilé vendredi les contours du plan 2025-2027 de lutte contre les violences et le harcèlement sexistes et sexuels dans la culture, qui doit contribuer à “mettre fin à la loi du silence”.”Trop de victimes hésitent à parler, hésitent à porter plainte, trop de victimes redoutent encore les conséquences, sur leur vie professionnelle ou artistique, qui conduisent à des conséquences sur la vie économique”, a déclaré Rachida Dati, ciblant “des comportements intolérables, moralement condamnables, et parfois pénalement répréhensibles”.Ce plan biennal s’articule autour de quatre axes: prévenir et former plus massivement, mieux repérer et signaler les faits de harcèlement et de violences, agir et prendre des mesures rapidement, ainsi que renforcer l’accompagnement des victimes.Il concerne de nouveaux secteurs tels que le patrimoine, les musées et l’archéologie préventive.Parmi les actions à instaurer, la conditionnalité des aides culturelles, principe déjà à l’oeuvre dans le précédent plan, doit être élargie aux festivals de cinéma ou lors de l’obtention ou du renouvellement d’un label, a illustré Mme Dati.Les missions de la cellule d’écoute psychologique et juridique, opérée par Audiens depuis 2020, doivent elles aussi être renforcées: heures d’ouverture plus larges, meilleure communication dans le secteur du jeu vidéo, accompagnement étroit dans la rédaction d’une plainte. Par ailleurs, le ministère de la Culture veut engager une concertation interministérielle sur le travail des enfants dans le spectacle. Mme Dati s’est dit favorable à l’instauration d’un “responsable enfant” dans le spectacle vivant, au même titre que ce qui existe dans le cinéma et l’audiovisuel. L’annonce de ce plan s’est faite en présence des députés Sandrine Rousseau (Les Ecologistes) et Erwan Balanant (MoDem), présidente et rapporteur de la commission d’enquête relative aux violences commises dans les secteurs du cinéma, de l’audiovisuel, du spectacle vivant, de la mode et de la publicité.Parmi les auditions menées à l’Assemblée nationale, la commission a notamment entendu Judith Godrèche. L’actrice a accusé de viols le réalisateur Benoît Jacquot, de 25 ans son aîné, avec qui elle a entretenu une relation alors qu’elle avait 14 ans. Elle a porté des accusations similaires à l’encontre du cinéaste Jacques Doillon. Des enquêtes sont en cours et les deux hommes contestent ces allégations.La commission doit rendre son rapport le 9 avril. 

Congrès du PS: la patronne des Écologistes Marine Tondelier souhaite qu'”Olivier Faure gagne”

La patronne des Écologistes Marine Tondelier a déclaré vendredi souhaiter que le premier secrétaire du Parti socialiste Olivier Faure “gagne” le prochain congrès du PS, prévu du 13 au 15 juin.Interrogée pour savoir ce qu’elle attendait du congrès du PS, Marine Tondelier a répondu : “qu’Olivier Faure gagne”, lors d’une conférence de presse pour présenter les candidats de son courant au futur congrès des Écologistes, prévu en avril prochain.”On s’est toujours fait confiance humainement et politiquement, même quand on n’était pas d’accord. Chacun d’entre nous a fait ce qu’il a dit et a dit ce qu’il a fait. C’est quand même une valeur assez rare en politique”, a-t-elle souligné à propos de sa relation avec le patron des socialistes.La secrétaire nationale a par ailleurs justifié la décision de son courant de ne pas présenter la candidature du maire de Grenoble Éric Piolle au poste de porte-parole, lui préférant Guillaume Hédouin, conseiller régional de Normandie, avec un profil issu de la ruralité.Éric Piolle s’est plaint d’avoir été évincé des espaces de discussions internes, accusant Marine Tondelier de vouloir “éjecter ceux qui porteraient des nuances sur la stratégie”.  “Éric est un porte-parole naturel de ce parti. Mais (…) il a accès à beaucoup de médias, il doit respecter les statuts comme les autres, sa candidature ne les respecte pas”, a expliqué Marine Tondelier. Elle dit avoir regretté ses prises de position dans la presse. “Quand on utilise à mon encontre le mot +bétonner+, je trouve que ce n’est pas anodin. Quand on dit que +je verrouille+, ça ne va pas. Et quand j’entends (dire) +je suis le seul qui a l’expérience de tout ça+, ça me dérange (…) Mais ça n’empêche pas Éric d’être un porte-parole naturel du parti, il est des nôtres”, a-t-elle conclu.Secrétaire nationale des Écologistes depuis 2022, Mme Tondelier remet son mandat en jeu en avril. Trois autres écologistes, l’ex-eurodéputée Karima Delli, l’élue bordelaise Harmonie Lecerf et le maire-adjoint de Paris Florentin Letissier ont annoncé vouloir l’affronter. Marine Tondelier a déjà le soutien de 1.750 personnalités, dont les ex-candidats écologistes à la présidentielle Yannick Jadot, Eva Joly et Noël Mamère, et de nombreux maires écologistes.

Les prisons de Vendin-le-Vieil et Condé-sur-Sarthe choisies pour accueillir les 200 narcotrafiquants les plus dangereux

Les 200 narcotrafiquants les plus dangereux seront emprisonnés dans la prison de haute sécurité de Vendin-le-Vieil (Pas-de-Calais), à partir du 31 juillet, suivie mi-octobre de celle de Condé-sur-Sarthe (Orne), a annoncé jeudi Gérald Darmanin.”Nous aurons deux établissements de haute sécurité cette année”, “ça fait 200 narcotrafiquants qui, d’ici le 15 octobre, seront totalement à l’isolement du reste de la société”, a déclaré sur France 2 le garde des Sceaux.Ces deux prisons, toutes les deux récentes, sont déjà les deux établissements les plus sécurisés de France.Mais le ministre a souligné qu’il fallait “rendre tout à fait hermétiques les deux établissements, renforcer les moyens, y mettre un certain nombre de personnels supplémentaires”. “A partir du mois d’avril, pour la prison du Pas-de-Calais, on sortira les détenus qui ne sont pas concernés”, a-t-il encore indiqué. “On fera pendant deux mois des formations pour les agents, une sécurité totale et les travaux. Et à partir du mois de mai-juin, les nouveaux détenus rentreront”.Sont déjà détenus à Vendin-le-Vieil Salah Abdeslam, le seul membre encore en vie des commandos jihadistes des attentats du 13 novembre 2015 à Paris, et le braqueur multirécidiviste Rédoine Faïd, surnommé le “roi de la belle”, tous les deux placés à l’isolement. “On va laisser sur place les personnes les plus dangereuses”, a dit M. Darmanin.- “Plus jamais une affaire Amra” -“C’est une révolution pour les prisons françaises, pour l’administration française, on n’a jamais fait ça”, s’est-il félicité, assurant qu’il ne fallait “plus jamais une affaire Amra”.Le narcotrafiquant Mohamed Amra, qui était l’homme le plus recherché de France et a été arrêté en Roumanie, a été incarcéré dans le centre pénitentiaire de Condé-sur-Sarthe après sa remise à la France.Son cas, après son évasion sanglante qui a coûté la vie à deux agents pénitentiaires en mai 2024, a plusieurs fois été invoqué par M. Darmanin pour justifier la création de nouvelles prisons destinées aux trafiquants de stupéfiants, dont le régime carcéral d’isolement est inspiré de la lutte anti-mafia en Italie.Ce “régime de détention très strict” a fait l’objet d’un amendement à la proposition de loi sur la lutte contre le narcotrafic, qui a été adopté mercredi par la commission des lois de l’Assemblée nationale.Ce régime comprend des mesures telles que des fouilles intégrales après tout contact avec l’extérieur, des parloirs équipés d’hygiaphone ou encore un accès limité au téléphone.Ces dispositions ont été dénoncées, notamment par l’Observatoire international des prisons qui les juge “attentatoires aux droits fondamentaux”.Face aux critiques, M. Darmanin a saisi le Conseil d’Etat, qui doit se réunir la semaine prochaine.Dans ces prisons, seront affectées des personnes qui sont soit en détention provisoire, soit condamnées, a encore expliqué le ministre.”Ce sont les services de police et de justice qui vont me désigner les personnes les plus dangereuses”, a indiqué M. Darmanin. “Je prendrai un arrêté pour chacune des personnes et ces personnes seront mises dans cette prison”. En principe, pour une durée de quatre ans, renouvelable.Parmi les critères permettant de déterminer le degré de dangerosité des détenus, figurent la “capacité à corrompre”, la “capacité à menacer”, la “capacité à tenir une communication avec l’extérieur”, “toucher de l’argent de l’étranger”, “menacer des magistrats, des policiers, des journalistes, des avocats”. Pour protéger les surveillants pénitentiaires travaillant dans ces prisons, M. Darmanin a annoncé qu’il acceptait de “les anonymiser”, dans les procès-verbaux.Par ailleurs, seront affectés “deux ou trois gardiens pour un détenu afin qu’il y ait un contrôle qui s’applique et qu’on ne puisse pas menacer ou corrompre les gardiens”.”Deux établissements en 2025 au lieu d’un confirment qu’un changement s’opère dans la prise en charge de la population pénale”, a commenté auprès de l’AFP le syndicat pénitentiaire Ufap-Unsa, appelant à créer “des établissements spécialisés  et adaptés pour tous les profils: criminalité organisée, terroristes, détenus violents et cas psy”.

L’Assemblée adopte un nouveau texte pour tenter d’enrayer le démarchage téléphonique intempestif

A la recherche de solutions contre le démarchage téléphonique intempestif, les députés ont adopté à l’unanimité jeudi un texte pour instaurer un consentement préalable du consommateur.Déjà adopté au Sénat, le texte était défendu à l’Assemblée nationale par le MoDem dans le cadre de sa niche parlementaire, la journée annuelle réservée aux textes de son groupe.”Ce démarchage téléphonique use nos concitoyens (…) Plus de 90% des Français sont exaspérés par cette pratique à l’heure où nous recevons en moyenne six appels non désirés par semaine”, a déclaré Véronique Louwagie, ministre déléguée chargée du Commerce, en soutien au texte.”C’est une sorte de mini-agression”, a soutenu Pascal Lecamp (MoDem), rapporteur de la proposition de loi. Celle-ci entend interdire, à partir du 1er janvier 2026, “de démarcher téléphoniquement, directement ou par l’intermédiaire d’un tiers” un “consommateur qui n’a pas exprimé préalablement son consentement”.Une mesure consensuelle, qui a conduit à l’adoption de la proposition de loi à l’unanimité des 176 votants. Elle devra désormais poursuivre sa navette parlementaire, pour aboutir à une version commune entre Assemblée et Sénat.Le texte renforce aussi les sanctions encourues en cas de condamnation pour abus de faiblesse, alourdissant la durée d’emprisonnement à cinq ans, et faisant monter l’amende à 500.000 euros pour une personne physique et jusqu’à “20% du chiffre d’affaires moyen annuel” pour une entreprise.Il propose également d’empêcher l’inscription automatique sur des annuaires publics de numéros de téléphones fixes, et à autoriser le partage d’informations entre la direction de la répression des fraudes (DGCCRF), la Cnil, et l’Autorité de régulation des communications électroniques et des postes (Arcep).Les débats ont en revanche été très vifs autour d’une exemption au principe de consentement préalable prévue par le texte dans le cas de démarchage téléphonique pour la fourniture de “denrées alimentaires”, dans “le cadre d’une vente ou livraison à domicile”.- Soutien aux pompiers, sus aux frelons -L’exemption est présentée comme un moyen de soutenir le modèle de fonctionnement de certains acteurs du secteur, mais a divisé les parlementaires, y compris au sein de la gauche, entre les socialistes favorables et leurs alliés écologistes et insoumis. Mélanie Thomin (PS) a défendu “l’importance de ces secteurs” pour “les populations les plus âgées et les plus vulnérables en zones rurales”, estimant qu’il leur serait “impossible” de “transformer ou d’adapter le modèle économique de leur entreprise” rapidement.”Ce n’est pas une solution”, a insisté l’écologiste Delphine Batho estimant que la rédaction de l’article risquerait d’entraîner une exemption pour l’ensemble du secteur agroalimentaire voire des acteurs comme Amazon.Le groupe MoDem a enchaîné sa journée avec l’adoption unanime d’un texte instaurant un statut propre pour les médecins et autres personnels de santé engagés dans le corps des sapeurs-pompiers.Intervenant autant auprès des victimes prises en charge qu’auprès des sapeurs-pompiers eux-mêmes, ces personnels de santé ne bénéficient pas jusqu’ici d’une reconnaissance spécifique dans la loi.Les législateurs espèrent ainsi mieux valoriser ces professions en manque d’attractivité.En fin de journée un vote unanime des députés est venu valider définitivement l’instauration d’un plan national de lutte contre la prolifération du frelon asiatique, qui sera ensuite décliné à l’échelon départemental.L’objectif affiché est de lutter plus efficacement contre l’insecte dévastateur pour les ruches, mais les députés d’opposition ont déploré un manque d’ambition. La gauche s’inquiète en particulier de l’absence de garde-fous suffisants dans le texte contre l’utilisation de produits dangereux pour l’environnement, et le RN appelle à clarifier le fait que la charge de la destruction des nids doit incomber à l’Etat.Dans la soirée, les députés MoDem espèrent créer un dispositif juridique plus efficace pour inciter à l’arrachage de vignes non cultivées, qui peuvent devenir un “foyer de contaminations” pour “d’autres vignobles”, selon le rapporteur Hubert Ott. Un autre texte veut lutter contre les “successions vacantes” lorsque des biens qui doivent être partagés restent des années dans une situation transitoire sans qu’un partage ne soit acté.Son examen, tout comme un autre texte sur les “droits voisins”, est incertain car les débats doivent terminer à minuit pile.

Une page se tourne pour Lille, Martine Aubry quitte la mairie et désigne son successeur

“Le temps est venu de passer la main”: à un an des municipales, Martine Aubry, emblématique maire socialiste de Lille depuis 2001, a annoncé jeudi sa démission “mi-mars” en faveur de son premier adjoint Arnaud Deslandes, 42 ans.”Je suis élue à Lille depuis 30 ans, je suis maire depuis 24 ans (…) mais le temps est venu de passer la main à une nouvelle génération”, a déclaré l’élue de 74 ans, lors d’une conférence de presse dans la capitale nordiste.”Je le fais vraiment avec une très grande sérénité (…) même si le cœur est pincé, bien évidemment”, a-t-elle ajouté, essuyant quelques larmes.L’ancienne ministre socialiste, connue notamment pour les emplois-jeunes et la réforme des 35 heures sous le gouvernement de Lionel Jospin à la fin des années 1990, a déclaré vouloir démissionner de son poste “mi-mars”. Elle a souhaité que son premier adjoint, Arnaud Deslandes, soit élu maire lors d’un prochain conseil municipal extraordinaire, “qui pourrait se tenir le 21 mars”.Arnaud Deslandes, encore peu connu du grand public, a fait toute sa carrière dans l’ombre de , dont il est un fidèle.Il “a porté auprès de moi de grandes transformations dans la ville” et partage “les mêmes priorités”, la “solidarité et l’accompagnement de tous”, a loué Mme Aubry. “Nous avons les mêmes colères devant les inégalités et la même envie de les combattre”.Diplômé de Science Po Lille et arrivé à la mairie comme stagiaire en 2005, Arnaud Deslandes a ensuite gravi tous les échelons: collaborateur de cabinet de 2006 à 2013, puis directeur de cabinet de 2013 à 2020, adjoint chargé de la solidarité et de la cohésion des territoires, puis premier adjoint depuis 2023.- “maire d’exception” -Martine Aubry “est un maire d’exception”, lui succéder impose “beaucoup d’humilité”, a déclaré Arnaud Deslandes, reconnaissant avoir “tout appris” à ses côtés, “le sens du travail, la rigueur”. L’édile a estimé que la sénatrice PS Audrey Linkenheld, un temps pressentie comme sa dauphine, et le député PS Roger Vicot, candidat déclaré à la mairie, avaient plutôt un rôle à jouer “au niveau national”.Elle a précisé quitter toutes ses fonctions politiques, tout en affirmant ne pas prendre sa “retraite politique”, souhaitant “participer au renouveau des idées de gauche”.Avant ses annonces, Martine Aubry a longuement défendu son bilan à la tête de Lille, devenue selon elle “une capitale culturelle, rayonnante, entreprenante”. Sa plus grande fierté reste sa décision “prise dès le départ de garder les quartiers populaires dans la ville, et de garder ce vivre-ensemble dans nos différences”, a confié jeudi l’élue, qui a beaucoup misé sur la culture et une rénovation urbaine qui préserve la mixité sociale.Ce passage de témoin intervient après des mois de suspense, donnant  l’impression d’une succession mal anticipée, alors que les écologistes notamment sont en embuscade pour conquérir la ville en 2026.- “entre-soi socialiste” -M. Vicot, ex-maire de Lomme, commune associée de Lille, a pris les devant sans attendre les consignes de Mme Aubry et sillonne activement le terrain depuis des mois.Dès septembre 2023, il a affiché son ambition de conquérir la mairie, devenant le premier socialiste à se déclarer ouvertement. “Une démarche solitaire un peu contraire à tout ce qu’on s’était dit”, a regretté Mme Aubry. Le candidat socialiste pour les municipales de 2026 doit être désigné dans l’année par les militants du parti.Le candidat écologiste Stéphane Baly, battu d’un cheveu (227 voix) par Mme Aubry lors des précédentes municipales en 2020, a lui aussi officialisé sa candidature pour EELV. Dans l’opposition, la députée macroniste Violette Spillebout, ex-proche de Martine Aubry, et Louis Delemer, candidat LR, sont également en lice.”Un immense merci pour tout ce que tu as fait pour Lille, pour l’énergie incroyable que tu as déployée pour la transformation de cette ville (…)  si chère à ton coeur”, a réagi la maire de Paris Anne Hidalgo (PS).Martine Aubry “est une figure de la gauche qui a toujours courageusement défendu ses positions au péril de la calomnie”, a souligné Olivier Faure, le premier secrétaire du PS. Le groupe des élus écologistes à la mairie a rendu hommage à une maire dont les mandats “ont façonné la ville”, mais déploré qu’elle ait “préféré défendre son bastion socialiste plutôt que d’assumer une transformation de la ville en phase avec les enjeux de ce siècle”, notamment sur le plan environnemental.Mme Aubry tente “d’imposer un successeur (…) jamais élu sur son nom, destiné à gérer les affaires courantes avant l’élection”, a dénoncé Violette Spillebout. Les Insoumis lillois, eux, ont évoqué la fin d’un “entre-soi socialiste à bout de souffle”.

Réarmer la France, un nouveau casse-tête budgétaire pour le gouvernement

Réarmer la France sans affaiblir davantage des finances publiques déjà exsangues: le laborieux budget 2025 à peine voté, le gouvernement se heurte à un nouveau casse-tête face à ce qu’Emmanuel Macron a décrit comme “la menace” de la Russie.Dans une mise en garde télévisée contre les “dangers” suscités par le rapprochement entre Moscou et Washington, le président de la République a laissé entendre qu’un nouvel effort budgétaire difficile attendait les Français, avec “des réformes, des choix, du courage”.Pour lui, les Européens doivent porter leurs dépenses militaires à 3% ou 3,5% de leur richesse nationale, contre 2% actuellement en France. C’est une trentaine de milliards d’euros supplémentaires par an, une gageure pour le gouvernement tant les finances publiques sont contraintes. D’autant qu’il exclut d’alourdir le déficit public dans une France tancée par Bruxelles pour ses dérapages et où les ministères sont priés de surveiller strictement leurs dépenses pour tenir l’objectif d’un déficit à 5,4% du PIB en 2025, contre environ 6% en 2024. En comparaison, dans un virage majeur, l’Allemagne prévoit de débloquer des centaines de milliards d’euros pour son réarmement. – “Equation insoluble” -Or, en France, “avant même d’envisager d’augmenter les dépenses militaires, on était quasiment devant une équation insoluble” pour tenter de stabiliser la dette, souligne auprès de l’AFP François Ecalle, président du site spécialisé Fipeco. Avec une hausse annuelle des crédits supérieure à 3 milliards d’euros, le budget de la défense est l’un des seuls à avoir échappé aux coupes opérées dans le budget 2025.De 50,5 milliards d’euros cette année (hors retraites), il doit croître jusqu’à environ 67 milliards en 2030, selon le ministre des Armées Sébastien Lecornu, dans le cadre d’une loi de programmation militaire dotée de 413 milliards pour 2024-2030. “Un +poids de forme+ de l’armée française à un peu moins de 100 milliards d’euros de budget annuel permet de durcir notre modèle d’armée”, a-t-il estimé dans Le Point.La mobilisation des fonds européens, voulue à hauteur de 800 milliards d’euros par la Commission européenne, sujet au menu d’un sommet extraordinaire jeudi à Bruxelles, sera “probablement” insuffisante pour subvenir aux besoins français, a admis la porte-parole du gouvernement Sophie Primas. La Commission, comme Berlin et Paris, veut aussi exclure les dépenses supplémentaires pour la défense du calcul des déficits excessifs. Mais où trouver des marges de manœuvre alors qu’Emmanuel Macron écarte d’augmenter les impôts et le ministre Eric Lombard de tailler dans les dépenses sociales? Le Premier ministre François Bayrou, qui a exprimé son attachement au “modèle social” français, évoquera ses orientations budgétaires vendredi matin sur Europe 1 et CNews. “Pour arriver à des montants aussi colossaux” d’économies, “on ne peut pas laisser de côté la dépense sociale – qui représente la moitié des dépenses publiques – ni la dépense locale”, estime François Ecalle.  – “Acceptation sociale” -Le ministère de l’Economie entend aussi faciliter l’investissement privé dans l’industrie de la défense, en réunissant banques, assurances et fonds le 20 mars. Attirer ces capitaux nécessite “un carnet de commandes (publiques) lisible” afin d’assurer une “montée en cadence des capacités de production”, selon Julien Malizard, titulaire de la chaire Economie de défense à l’Institut des hautes études de défense nationale (IHEDN).Et si l’augmentation massive des dépenses pourrait stimuler la croissance en zone euro, gare aux tensions sur les prix, a alerté la présidente de la Banque centrale européenne, Christine Lagarde. Sur les marchés, les taux d’emprunt des Etats européens ont grimpé en flèche.Alors que le ministre des Armées souhaite mobiliser l’épargne des Français “de manière volontaire” dans un élan patriotique, Bercy exclut à ce stade un produit ad hoc, tout comme l’utilisation des avoirs russes gelés défendue par des leaders de la macronie et la gauche. Dans un paysage politique morcelé depuis la dissolution de l’Assemblée nationale en juin 2024, la tâche la plus difficile sera peut-être de convaincre les Français de se serrer davantage la ceinture. La gauche refuse de nouveaux “sacrifices” tandis que des voix s’élèvent pour réformer l’Etat-providence.En pleine concertation sur la réforme des retraites et alors que le ministre de l’Economie souhaite augmenter le taux d’emploi, Emmanuel Macron a demandé aux partenaires sociaux d’avancer des “solutions”. 

Ukraine: Bayrou affirme la “priorité” budgétaire à la défense, sans abandonner le “modèle social” français

François Bayrou a exprimé jeudi sa volonté de donner la “priorité” dans le prochain budget du pays à la défense, compte tenu du désengagement des États-Unis de l’Ukraine et de la rupture de leurs liens avec l’Europe, mais “sans rien abandonner” du “modèle social”. “Il s’agit non seulement de donner priorité à l’accomplissement de la loi de programmation militaire, mais d’aller au-delà pour une loi de réarmement, ou en tout cas pour une loi de sécurité”, a affirmé le Premier ministre, en marge de l’installation de son successeur, l’ex-ministre macroniste Clément Beaune, au Haut-commissariat au Plan.”Il faut renouveler complètement la vision des projets pour l’avenir. On va le faire sans rien abandonner. Le modèle social fait partie de l’identité française”, a-t-il ajouté.”La défense est désormais une priorité évidente pour tous. Mais ça n’efface pas d’autres priorités, par exemple le souci des finances publiques, par exemple le souci du pacte social”, a développé le Premier ministre.”Nous ne laisserons aucun des problèmes du pays de côté et j’aurai l’occasion de m’exprimer dans les jours qui viennent sur les choix que le gouvernement a l’intention de porter”, a-t-il encore dit sans plus de détails.Dans son allocution télévisée mercredi soir, Emmanuel Macron avait prévenu qu’il faudrait “des réformes, du choix, du courage”, dans la “nouvelle ère” qui s’esquisse face à un rapprochement entre les États-Unis et la Russie, potentiellement aux dépens de l’Europe et de l’Ukraine.”On avait vécu pendant des années avec l’idée que les États-Unis étaient notre allié et le meilleur défenseur du droit entre les nations” et “on s’aperçoit aujourd’hui que (…) ce n’est pas le cas”, a souligné François Bayrou. Dans le même temps jeudi, les dirigeants des vingt-sept pays de l’UE se retrouvent à Bruxelles pour un sommet extraordinaire destiné à muscler la défense européenne.M. Bayrou a par ailleurs salué l’engagement européen de son sucesseur au Plan Clément Beaune, soulignant que “la dimension européenne, continentale, dans cette unité de civilisation et de projet de société, représente par rapport à d’autres menaces”.”Il faut tout prévoir, même le pire, parce que c’est en prévoyant le pire qu’on se met en situation de l’éviter”, a complété M. Beaune, qui sera rémunéré dans ses nouvelles fonctions, contrairement à M. Bayrou qui avait choisi de ne pas l’être quand il dirigeait le Plan.