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Agriculture: Lecornu promet un projet de “loi d’urgence” pour mars

Le Premier ministre Sébastien Lecornu a promis mardi aux agriculteurs qu’il présenterait en mars un projet de “loi d’urgence” sur la politique de l’eau, la “prédation” du loup et les “moyens de production”, qui sera examiné par le Parlement “avant l’été”.Ce texte était réclamé depuis plusieurs semaines par la FNSEA, premier syndicat agricole, qui manifeste mardi à Paris avec ses tracteurs et ses alliés des Jeunes agriculteurs (JA), tout comme les autres mesures déroulées par le Premier ministre sur X.”J’ai demandé à la ministre Annie Genevard de préparer pour le Salon de l’agriculture une loi d’urgence agricole autour de plusieurs priorités: eau, prédation, moyens de production”, a indiqué le Premier ministre. Le projet devra “associer en amont toutes les forces politiques parlementaires” et “d’autres simplifications peuvent être prises dans les prochaines semaines”, a-t-il ajouté. La période précédant le Salon de l’agriculture, qui se tiendra du 21 février au 1er mars, a été propice aux annonces politiques en faveur des agriculteurs au cours des trois derniers hivers de contestation agricole.En attendant le texte de loi, le Premier ministre a ajouté qu’un “cap clair” sur la politique de l’eau serait par ailleurs “fixé d’ici le salon”. Cette question concentrait les demandes de la FNSEA, qui réclame depuis des années des “moyens pour produire” (eau, pesticides, etc.).Sébastien Lecornu a aussi demandé, d’ici la présentation du projet de loi, un “moratoire sur toutes les décisions relatives” à cette question de l’eau et la suspension des “textes fixant les volumes d’eau prélevables jusqu’à septembre”.”Je demande aux préfets de me remonter directement les projets hydrauliques agricoles bloqués sur les territoires: je veux en libérer un maximum”, a-t-il ajouté.La question des retenues d’eau destinées à l’irrigation, et surtout des bassines, a fait l’objet de tensions ces derniers mois.Sébastien Lecornu se dit aussi “prêt à demander à la Commission européenne de faire évoluer le cadre existant” de la directive nitrates, qui encadre notamment les plans d’épandages d’engrais par les agriculteurs sur leurs champs, un texte en “totale déconnexion du terrain”, selon la FNSEA.”En attendant, avant le salon de l’agriculture, les préfets concernés et leurs services seront réunis” pour étudier “les possibilités de dérogation” à cette directive européenne, a-t-il précisé, demandant du “discernement” lors des contrôles par l’Etat d’exploitations agricoles.Cela s’ajoute à un paquet de “300 millions d’euros” annoncé vendredi et qui contient des mesures prévues à la fois dans le budget, et donc soumises au vote des parlementaires, et d’autres déjà égrainées ces dernières semaines par le gouvernement pour répondre à la crise agricole.

Passer le budget par 49.3 ou ordonnance: Lecornu prend son risque

Un budget, mais à quel prix ? Faire passer le budget par 49.3 ou par ordonnances présente pour Sébastien Lecornu plusieurs avantages dont celui d’incarner une forme de stabilité, s’il n’est pas censuré à l’issue, mais aussi des risques pour son avenir et son image.Le Premier ministre n’a pas encore tranché de quelle manière il dotera la France d’un budget, qui a peu de chances d’être adopté par vote. A ce stade “rien n’est exclu” entre les articles 49.3 et 47 (ordonnances) de la Constitution, selon la porte-parole du gouvernement Maud Bregeon.S’il n’est pas ensuite censuré, “c’est le nirvana, il deviendra immortel, c’est comme s’il entrait à l’Académie française”, prédit un responsable LR.Le Premier ministre s’offrirait alors un ballon d’oxygène, alors qu’il est déjà le quatrième locataire de Matignon depuis la dissolution il y a un an et demi. De quoi nourrir peut-être d’autres ambitions à l’aube de la présidentielle, car “aucun Premier ministre n’a pas pensé à l’Elysée, ça n’existe pas”, estime une ministre.Les députés, qui n’ont pas pu s’entendre sur le budget de l’Etat avant les délais impartis et sont épuisés par ces longs débats, demandent d’ailleurs au gouvernement d’engager le 49.3.- “Frustration” -L’ordonnance, qui permet à l’exécutif de faire passer une disposition sans l’aval du Parlement, a aussi le mérite d’inscrire le texte définitivement dans la loi, d’où sa brutalité. C’est-à-dire que si le Premier ministre est renversé, la loi de finances est elle adoptée. Alors qu’en cas de 49.3, une censure fait tomber en même temps le gouvernement et le budget. Une fois le budget adopté, le gouvernement pourra passer à autre chose, les ministres piaffant d’impatience de pouvoir faire valoir leurs dossiers et ne cachant pas leur “frustration” de les voir “mis en pause” à cause du budget, selon un conseiller.Sur le calendrier, un budget adopté fin janvier, comme promis par l’exécutif, réduit les risques de censure avant les municipales de mars. “Plus vous approchez des municipales, plus ça sera dur pour le PS”, soucieux de se distinguer du camp macroniste, “de ne pas voter la censure”, avance une ministre.L’exécutif a d’ailleurs mis un coup de pression sur les parlementaires avec ce scrutin en menaçant, en cas de censure, d’organiser des législatives en même temps que les municipales, où la droite et les socialistes ont le plus à perdre. Le budget permet aussi concrètement d’obtenir des crédits pour la défense, dans un contexte international particulièrement tendu, ainsi que pour les agriculteurs, qui ont fait de nouveau entrer mardi des tracteurs dans Paris.- “Marque” -Pour autant 49.3 ou ordonnances exposent Sébastien Lecornu à de nouvelles motions de censure.Elles s’ajouteraient à celles déjà déposées cette semaine par le Rassemblement national et La France insoumise contre le traité UE-Mercosur, qui ont fait monter la température sur l’exécutif.Ce dernier soutient qu’il veut trouver d’abord un compromis sur “le fond” du texte avant de décider du “véhicule”.Mais la question n’est pas “ce qu’il y a ou pas” dans le projet de loi de finances: “C’est vraiment sur le climat” politique que le gouvernement décidera d’actionner un des outils, estime une ministre.La menace de dissolution a été jugée à cet égard contreproductive. “Ça peut radicaliser les socialistes”, pointe un député Renaissance.Ces outils écornent l’image que Sébastien Lecornu cultive d’un Premier ministre qui, conscient de sa faiblesse politique, a choisi de s’effacer derrière le Parlement, tel un “moine-soldat”, tel qu’il s’est lui-même décrit. Quitte à accorder aux socialistes, qui l’exigeaient, un renoncement formel à l’usage du 49.3.Car cette arme, utilisée à maintes reprises par sa prédécesseure Elisabeth Borne, est perçue dans l’opinion comme un passage en force. Tout comme l’ordonnance, qui n’a jamais été utilisée sur un budget.Le chef du gouvernement entend donc “préparer le terrain et l’opinion au fait que ce n’est pas la faute du Premier ministre mais du Parlement” s’il l’utilise, décrypte un proche.Il va “traîner le plus longtemps possible”, car “ce serait un échec d’aller au 49.3, c’est sa marque” de fabrique. Il veut montrer que “s’il l’utilise, c’est qu’il est allé au bout” des discussions, ajoute-t-il.

LFI veut saisir l’Arcom et la justice après des propos de Pascal Praud sur les agriculteurs “blancs”

Le coordinateur de La France insoumise Manuel Bompard a annoncé mardi que LFI allait saisir l’Arcom et la justice après des propos de l’animateur Pascal Praud sur CNews concernant les policiers pour lesquels il ne serait “pas facile” de s’interposer face à des agriculteurs “blancs”.Pour sa part, M. Praud a assuré que la séquence avait été “sortie de son contexte pour (lui) faire dire l’exact contraire de ce (qu’il a) exprimé à l’antenne”.La polémique est partie du post d’un utilisateur du réseau social X, qui s’indignait d’une séquence de l’émission de M. Praud, “L’Heure des Pros”, mardi matin. Dans cette séquence, l’animateur commente des images de tensions entre policiers et agriculteurs sur l’autoroute A64. “Manifestement les policiers font leur travail et les gens en face sont blancs. Non mais c’est important de le dire, parce que c’est pas facile pour les policiers, ils sont obligés de s’interposer en plus avec des gens de qui ils partagent parfois les convictions ou (…) les origines”, dit à l’antenne le présentateur star de la chaîne d’info de la galaxie Bolloré, CNews.”En France, n’en déplaise à Pascal Praud, la police n’a pas à agir en fonction de la couleur de peau. Ces propos sont des propos racistes inacceptables. Nous saisissons l’Arcom (le régulateur de l’audiovisuel, ndlr) et le procureur de la République”, a écrit sur X Manuel Bompard.Une indignation partagée par le patron du Parti socialiste, Olivier Faure, qui a écrit sur le même réseau social:  “Il y a une extrême droite totalement décomplexée qui ne masque plus rien du fond de sa pensée, s’il est possible d’appeler ça une pensée… l’ARCOM doit se saisir.”Toujours sur X, M. Praud s’est défendu en déplorant que “certains (veuillent) instrumentaliser” cette séquence “sortie de son contexte”.”Quelques secondes avant de diffuser ces images, nous rapportions les propos d’Assa Traoré (militante de la lutte contre les violences policières après la mort de son frère Adama en 2016, ndlr) qui jeudi dans un débat organisé à l’Assemblée nationale accusait la police de racisme systémique”, a développé l’animateur.”J’ai souligné avec ce face à face entre agriculteurs et forces de l’ordre qu’il n’en était rien. Les policiers font leur travail quelle que soit la couleur de peau des uns et des autres”, a-t-il argumenté.

Le Medef soutiendra “les décideurs politiques qui comprennent l’économie”, selon Patrick Martin

Le président du Medef Patrick Martin a indiqué lundi que le mouvement patronal avait l’intention de soutenir “les décideurs politiques qui comprennent l’économie”.”Nous soutenons et nous soutiendrons les décideurs politiques qui comprennent l’économie et le monde, ceux, trop rares à ce jour qui traduisent cette compréhension dans leurs décisions, ceux dont le calendrier dépasse 2027″, a lancé le responsable au moment de la présentation de ses vœux.Enonçant les différentes mesures budgétaires en discussion, allant dans le sens d’un alourdissement fiscal pour les entreprises, M. Martin a souligné “la totale incompréhension” de ces dernières face “à ces choix démagogiques et économiquement dangereux”.”Ceux qui jouent les ménages contre l’entreprise sont des bonimenteurs et des apprentis-sorciers!”, selon lui.”Nous ne sommes pas un acteur politique, (mais) nous ne laisserons pas péricliter notre pays, que ce soit à petit feu ou à gros bouillons”, a-t-il déclaré ensuite, en soulignant que la prochaine REF – l’évènement annuel du Medef, fin août – serait, “à neuf mois de l’élection présidentielle”, l’occasion de “parler vrai pour faire réussir la France et tous les Français”.Il a consacré une grande partie de son discours à la jeunesse, nouveau thème de bataille du Medef qui déplore le nombre de jeunes, 1,4 million, qui “ne sont ni en emploi ni en études ni en formation”, tandis que la politique budgétaire a abouti en 2025 à une baisse des contrats d’apprentissage.Il s’est dit “choqué par l’ignorance ou l’indifférence de certains représentants de nos supposées +élites+, souvent si bien pensantes, à l’égard de nos 650.000 lycéens professionnels: ce n’est pas leur monde, donc ce n’est pas un sujet ! Et pourtant si !”, s’est-il écrié.Il a dénoncé par ailleurs le “discours culpabilisateur” sur “la souffrance au travail”. Certes, “il faut toujours nous améliorer” a-t-il convenu, tout en considérant que c’était un sujet qui “semble surtout concerner la sphère publique: qu’elle commence par s’occuper d’elle-même”, a-t-il lancé.Semblant enfin viser les autres organisations patronales, CPME et U2P, qui avaient notamment refusé de s’associer à son appel à un rassemblement de chefs d’entreprises en octobre, M. Martin s’est dit “parfois un peu seul au milieu du champ de bataille, quand d’autres se bercent d’illusions, composent sur la base de petits calculs opportunistes, parfois se déjugent sans scrupule ou jouent la fracturation”: “nous au Medef assumons la conviction du collectif patronal, sans courber l’échine”, a-t-il affirmé.

Dans ses voeux à Macron, le président du Conseil constitutionnel appelle à défendre l’Etat de droit

Le président du Conseil constitutionnel, Richard Ferrand, a appelé lundi les pouvoirs publics à défendre l’Etat de droit, cible de nombreuses attaques, lors de ses vœux à Emmanuel Macron.”La démocratie est le seul régime qui permet de respirer la liberté et l’Etat de droit est son oxygène. N’attendons pas d’en manquer pour devoir la réanimer”, a-t-il déclaré, selon le texte de son discours mis en ligne par son institution.Evoquant les cas du juge français de la Cour pénale internationale (CPI) Nicolas Guillou et de l’ancien commissaire européen Thierry Breton, tous deux visés par des sanctions américaines, il a appelé les pouvoirs publics à “soutenir” ceux qui “se voient entravés dans leurs libertés par tous ceux qui croient plus à la force qu’au droit, plus au rapport de forces qu’au respect des règles”.”Prenons garde à ce que des démonstrations de force, présentées comme efficaces et d’effet immédiat ne deviennent pas un modèle défiant les démocraties, caricaturées comme lentes et inefficaces, comme entravées par leurs délibérations et l’Etat de droit”, a-t-il averti.M. Ferrand, un proche d’Emmanuel Macron qui a succédé à Laurent Fabius en mars dernier à la tête de l’institution de la rue Montpensier, a indiqué qu’il souhaitait continuer à “faire connaître la Constitution et le Conseil constitutionnel, en particulier auprès des jeunes, citoyens de demain”.”Rappeler inlassablement que l’Etat de droit est celui qui soumet au droit les autorités publiques, protège de l’arbitraire, garantit l’égalité des citoyens devant la loi et la séparation des pouvoirs sous le contrôle de juridictions impartiales et indépendantes doit redevenir un devoir quotidien”, a-t-il estimé.Il a par ailleurs défendu le contrôle de constitutionnalité des lois exercé par le Conseil, considéré par certains comme une source “de maux à combattre”. “La volonté générale ne s’exprime que dans le respect de la Constitution”, a-t-il observé, estimant que la loi devait “être constitutionnelle avant d’être communicationnelle”.”Succomber à la dictature de l’urgence, à la pression du moment et de l’émotion, ou pire, à l’impératif du buzz, génère rarement des solutions appropriées à des problèmes complexes, chasse la pensée, et produit parfois des textes qui débordent notre cadre constitutionnel et encourent donc la censure”, a-t-il fustigé.

Municipales à Paris: Grégoire veut installer des “kiosques” mobiles de police municipale

Le candidat d’union de la gauche à la mairie de Paris Emmanuel Grégoire (PS) a annoncé lundi vouloir installer des “kiosques” mobiles de police municipale sur les “points chauds” de la capitale pour lutter contre l’insécurité.Trente kiosques, dotés de cinq ou six agents et opérationnels de jour comme de nuit, “seront des mini-postes sur le terrain, dans chaque arrondissement et sur les points chauds, sur le modèle des kôban japonais”, a-t-il déclaré au Figaro.”Une des clés, c’est de considérer que la présence policière de terrain ne règle, certes, pas tout, mais reste extrêmement efficace contre la délinquance. Il faut du bleu sur le terrain”, a-t-il ajouté. Le premier de ces kiosques sera installé Porte de Clignancourt, dans le XVIIIe arrondissement. “C’est un lieu de fort passage. La délinquance et les trafics en tous genres sont venus se greffer sur ces flux avec de la contrebande de cigarettes, de la vente de produits médicamenteux, de drogues”, a-t-il expliqué sur place devant la presse, promettant de réfléchir à la façon de “mieux occuper l’espace public” entre Saint-Ouen et Paris.Le député socialiste et ex-premier adjoint souhaite également recruter 1.000 nouveaux agents de police municipale afin de porter les effectifs à 5.000. Il met toutefois en garde contre un éventuel désengagement parallèle de l’État sur la police nationale, mettant en cause Rachida Dati, ministre de la Culture et candidate des Républicains, qu’il juge “comptable” des politiques menées.Il se dit en revanche “totalement hostile” à leur armement létal: “aucune des missions confiées à la police municipale ne le justifie”, et proposera un référendum aux Parisiens en cas d’évolution de la loi. Les brigades nocturnes pourront néanmoins être dotées de pistolets à impulsion électrique.Jugeant “insupportable” que des femmes puissent se sentir en insécurité, Emmanuel Grégoire souhaite mettre en place un dispositif d’alerte sur les Abribus et augmenter l’éclairage public dans certains quartiers.”La demande de sécurité en particulier dans les quartiers populaires est très forte. Nous nous devons de l’entendre et d’y répondre”, a-t-il expliqué devant la presse.La vidéoprotection des “sites sensibles” sera également accrue avec le déploiement de 500 caméras tactiques, qui seront déplacées “selon les besoins”.Se démarquant du bilan d’Anne Hidalgo dont il a été le premier adjoint pendant plus de cinq ans, M. Grégoire botte en touche. “Reproche-t-on à Emmanuel Macron d’être comptable du quinquennat de François Hollande ?”, interroge-t-il.Le candidat socialiste se dit “totalement opposé” à l’installation de grilles autour du Champ-de-Mars, comme le propose Rachida Dati pour lutter contre l’insécurité, qui ne ferait que “repousser les problèmes (…) quelques dizaines de mètres plus loin”. Il propose de créer une brigade spécifique “aux sites complexes” qui concernera le Champ-de-Mars, Montmartre, Barbès-Jaurès, et le secteur de Gare du Nord/Gare de l’Est, La Villette et Rosa Parks.Répondant aux critiques sur un “chaos” lié à l’explosion de la circulation à vélo, M. Grégoire entend créer des patrouilles, au sein de la police municipale, pour “intercepter les chauffards” de vélos débridés qui roulent à plus de 25 km/h, la vitesse autorisée sur les pistes cyclables.Le socialiste souhaite également mener des expérimentations pour lutter contre les contrôles d’identité abusifs.  

A la veille du procès du RN, Bardella livre son plaidoyer pour Marine Le Pen

“Soutien total”, “amitié” et mise en garde: à la veille de l’ouverture du procès en appel de Marine Le Pen, son dauphin Jordan Bardella a pris la défense de la triple candidate présidentielle, dont la condamnation serait à ses yeux “profondément inquiétant(e) pour la démocratie”.Il n’ira pas à l’audience mais aura quand même plaidé. Le président du Rassemblement national s’est affiché lundi en premier défenseur de la véritable patronne du parti à la flamme, qui jouera son avenir politique à partir de mardi et jusqu’au 13 février devant la cour d’appel de Paris.En jeu, rien moins qu’une place de favori à la prochaine élection présidentielle. Pour l’heure Marine Le Pen reste la candidate officielle, malgré ses cinq ans d’inéligibilité immédiate depuis le premier jugement rendu fin mars 2025 – ainsi que quatre ans de prison dont deux ferme et 100.000 euros d’amende – dans l’affaire dite des assistants parlementaires européens du Front national (ancien nom du RN).Une sanction qui, si elle était confirmée en appel, l’empêcherait de concourir en 2027. Même en cas de pourvoi en cassation, l’intéressée à déjà annoncé qu’elle prendrait sa décision cet été, après le verdict.Mais pour Jordan Bardella, ce scénario est inenvisageable. “Il serait profondément inquiétant pour la démocratie que la justice prive les Français d’une candidate à l’élection présidentielle déjà qualifiée à deux reprises pour le second tour et donnée aujourd’hui comme favorite du scrutin”, a-t-il déclaré à l’occasion de ses voeux à la presse. “La démocratie suppose le libre choix du peuple, sans entrave ni acte déloyal”, a-t-il ajouté, soulignant – pour que le message soit bien clair – que “faire de la politique ne vous place pas au-dessus des lois mais cela ne vous place pas non plus en dessous”. Manière détournée de mettre la pression sur les juges, même s’il a ensuite assuré vouloir se “garder de tout commentaire” et “de toute volonté de polémiquer” à moins de 24 heures de l’échéance.Surtout, le remplaçant désigné en cas d’empêchement de sa championne a tenu à “redire avec force (son) soutien total et (son) amitié” à celle qui l’a propulsé sur le devant de la scène politique.- Le “mieux placé” -Convaincu qu’elle “démontrera son innocence” et pourra donc briguer une quatrième fois l’Elysée, il s’est de nouveau posé en “candidat au poste de Premier ministre” et “pas à l’élection présidentielle”.Pourtant, les sondages ne cessent de présenter M. Bardella comme la meilleure chance de victoire de l’extrême droite en 2027. Dimanche encore, une enquête de l’institut Vérian pour Le Monde et la revue L’Hémicycle l’a présenté à la fois comme celui qui “a le plus de chances de remporter l’élection” et “ferait un meilleur président de la République”, nettement devant Mme Le Pen – et, comble, davantage même chez les sympathisants RN.Le même jour, une étude CSA pour le JDD l’a propulsé “personnalité la mieux placée pour représenter l’union des droites” chez les électeurs RN, LR et Reconquête, là aussi loin devant Mme Le Pen.Une adhésion qui ne tiendrait pas selon le favori de l’opinion à une quelconque nuance politique: “Il n’y a pas de différence de ligne (…) entre Marine Le Pen et moi”, a affirmé M. Bardella – plus intéressé par les chiffres attestant d’une progression des idées du RN dans la population, “marque d’une prise de conscience (et) d’un amour puissant pour la France”, selon lui.Autant de signes d’encouragement à “continuer à faire campagne” jusqu’aux municipales des 15 et 22 mars pour démontrer aussi que “ce procès ne paralysera pas le temps politique”, a prévenu M. Bardella.Marine Le Pen sera d’ailleurs à Marseille dès vendredi pour soutenir le candidat RN Franck Allisio. “Je vais essayer de placer le maximum de déplacements possible dans le cadre de cet agenda très lourd”, a-t-elle confié après les voeux de M. Bardella.Durant les cinq semaines d’audience, la cheffe des députés RN entend également “être présente le plus souvent possible devant la Cour d’appel”, ce qui “se fera évidemment au détriment de (sa) présence à l’Assemblée nationale”.

Top départ pour le “service national”, militaire et volontaire

Le ministère des Armées a lancé lundi sa campagne de recrutement de jeunes volontaires pour un “service national” militaire sur le territoire français, présenté comme un moyen de renforcer le lien armée-nation et de répondre aux besoins des armées face à l’accumulation des menaces.Les jeunes hommes et femmes de 18 à 25 ans intéressés peuvent postuler jusqu’au mois d’avril pour rejoindre entre septembre et novembre les armées pendant une durée de dix mois, exclusivement en métropole ou dans les outre-mers.Pas question donc d’envoyer ces appelés à l’étranger, notamment dans l’hypothèse d’un “choc” face à l’armée russe envisagé d’ici quelques années par le chef d’état-major des armées, le général Fabien Mandon.Mais faire “le choix du service national, c’est participer à la protection de nos citoyens, de notre pays, dans un environnement dont on a noté qu’il était incertain”, a affirmé le général Mandon lors d’une rare conférence de presse aux côtés de la ministre des Armées Catherine Vautrin et des chefs d’état-major des trois armées (Terre, Air, Marine).Intégrés dans les unités après un mois de formation de base, les appelés participeront “au renforcement de la capacité de résistance de notre nation”, selon lui.”Ils seront formés à réagir dans des situations inconfortables, à inscrire leur action dans le cadre d’un groupe organisé, solidaire, solide, où chacun, quels que soient son origine sociale, son parcours personnel, ses opinions, sa religion, évolue sous un même uniforme selon des principes d’égalité, de fraternité, d’équité et où on récompense le mérite”, a-t-il insisté.Trente ans après la suspension de la conscription obligatoire, l’instauration de ce service volontaire, annoncé par le président Emmanuel Macron en novembre, “s’inscrit dans une évolution de long terme vers un modèle d’armée plus hybride”, selon Mme Vautrin: 200.000 militaires d’active, 47.000 réservistes (80.000 en 2030) et les appelés.En 2026, les armées comptent en enrôler 3.000 (1.800 dans l’armé de Terre, 600 dans celle de l’Air et de l’Espace et 600 dans la Marine), puis 4.000 en 2027, 10.000 en 2030 avec 42.500 comme ambition en 2035.- Année de césure -Le jeune volontaire sera “sélectionné” selon son aptitude médicale, sa motivation et son “adéquation aux besoins des armées”, selon la ministre. Il sera rémunéré environ 800 euros bruts mensuel et logé pendant les dix mois de son service.Une campagne dans la presse régionale, sur un site internet dédié et sur les réseaux sociaux, doit faire connaître le dispositif qui sera également présenté lors de la journée défense et citoyenneté, rebaptisée “Journée de mobilisation”.Environ 80% des sélectionnés auront entre 18 et 19 ans. La période sous l’uniforme sera considérée comme une année de césure dans les études et les voeux sur ParcoursSup préservés.Les 20% restants auront des profils plus spécialisés (ingénieur, analyste de données, infirmier, etc.) et pourront faire leur service jusqu’à 25 ans avec le grade d’aspirant, le premier grade d’officier.Les appelés pourront aussi bien servir comme pilote de drone que fantassin dans l’armée de Terre, assurer la protection d’une base aérienne ou être assistant sur simulateur d’entraînement dans l’armée de l’Air, ou encore embarquer sur un navire pour 20% des appelés de la Marine.Le coût prévu du “service national” (paie, équipement, habillement, hébergement) pour la période 2026-2030 est de 2,3 milliards d’euros, dont 1,4 milliard pour les infrastructures, et 150 millions d’euros en 2026.A l’issue de ses 10 mois de service, le jeune pourra poursuivre ses études, s’engager dans la réserve opérationnelle ou s’enrôler dans l’armée d’active.Il sera quoi qu’il en soit, comme tout ancien militaire, basculé pendant 5 ans dans la réserve opérationnelle de disponibilité, susceptible d’être rappelé pour un maximum de 5 jours par an.Catherine Vautrin s’est toutefois voulu rassurante sur un engagement ultérieur en cas de conflit: “L’option d’une mobilisation générale nécessite un vote du Parlement, c’est vraiment dans des conditions extraordinaires qui ne se sont pas produites dans notre pays depuis la Seconde guerre mondiale”.

Amélie de Montchalin, le budget, l’Assemblée et la macronie en péril

Députée en vue dès 2017, battue en 2022, de retour au gouvernement en 2024, en première ligne de l’imbroglio budgétaire: Amélie de Montchalin a connu quasiment toutes les étapes du macronisme au pouvoir, désormais affairée à éviter la censure et assurer la fin de mandat du président.Une certaine nervosité s’est emparée de l’exécutif avec le dépôt de deux motions de censure par le Rassemblement national et La France insoumise, après la mise en minorité de la France en Europe sur l’accord Mercosur. Jusqu’à agiter la menace d’une dissolution et de législatives concomitantes aux élections municipales en cas de chute du gouvernement.Avare de sa parole publique, le Premier ministre Sébastien Lecornu s’est fendu d’une phrase au Parisien dimanche pour relativiser cet avertissement. Laissant sa ministre des Comptes publics en première ligne. Sur France 3, Amélie de Montchalin a fustigé “le niveau de bêtise, de vide” de députés censeurs “pitoyable(s)”.C’est également elle qui épaulait vendredi sa collègue Annie Genevard pour de nouvelles annonces en faveur des agriculteurs. Assorties d’un avertissement aux députés: “pas de gouvernement, pas de solution pour les agriculteurs”. “Irresponsable et irrespectueux”, a réagi l’Ecologiste Marine Tondelier.Après une dissolution ratée, la censure de Michel Barnier, la chute de François Bayrou et l’invraisemblable faux-départ du gouvernement Lecornu 1, les macronistes se savent en danger. S’ils ont évité la chute en octobre en concédant aux socialistes la suspension de la réforme des retraites, la formule n’a jusqu’ici pas fonctionné pour le budget de l’État. Une nouvelle réunion est prévue lundi à Bercy pour tenter d’aboutir à un compromis, avant le retour du budget en séance à l’Assemblée mardi.Macronistes en mode survie? “Les gens nous aiment ou ne nous aiment pas, ils en ont peut-être marre de nous voir, mais nous, nous sommes là depuis huit ans et nous considérons que nous devons finir proprement l’action. En ayant une boussole: agir ici et maintenant pour résoudre les crises”, a résumé dimanche Amélie de Montchalin.Dans cette séquence budgétaire à rallonge, qui prend le pas sur toute l’activité gouvernementale, rares sont les ministres aussi exposés. “Y a pas besoin d’un gouvernement. Il faut un Premier ministre et Amélie de Montchalin, c’est tout”, ironisait en octobre un membre non-reconduit du gouvernement Bayrou.- Un “duo” avec Lecornu -Sébastien Lecornu a lui-même évoqué un “duo” avec cette économiste de 40 ans qui avait accumulé les portefeuilles des Affaires européennes (2019-2020), de la Fonction publique (2020-2022) et, pour quelques semaines, de la Transition écologique (2022), avant sa défaite aux législatives dans l’Essonne – terre de ses grands-parents agriculteurs – face au socialiste Jérôme Guedj.Battue d’emblée dans ce deuxième quinquennat mal engagé, elle est revenue au gouvernement avec l’arrivée de François Bayrou à Matignon, après deux années comme ambassadrice auprès de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE). François Bayrou a chuté à l’Assemblée sur ses intentions budgétaires, mais la ministre, elle, est restée. “La logique, c’est qu’elle ne pouvait pas, mais elle fait correctement le job”, glisse un député macroniste.Préposée aux budgets dès son arrivée à l’Assemblée en 2017, Amélie de Montchalin recueille désormais les louanges, oppositions comprises. “Elle a été extrêmement pédagogique, elle rend compréhensible des trucs qui ne le sont pas”, juge une source au RN.”Amélie de Montchalin a laissé un mauvais souvenir quand elle était dans sa première phase de ministre. Elle était très jeune, il y avait un côté suffisant chez elle. Je crois que sa défaite électorale, son passage par l’OCDE l’ont fait mûrir. Elle a changé totalement”, estime le sénateur PS Claude Raynal.Le ton professoral de cette diplômée d’HEC et Harvard, passée par les équipes de Valérie Pécresse, continue néanmoins d’agacer. “Elle a cette capacité de vous faire passer pour débile dès les premiers mots”, cingle un député de droite.En cas de dissolution, elle ne sera pas candidate dans son ancienne circonscription, a-t-elle indiqué dimanche.Elle avait franchi le pas il y a huit ans dans le sillon d’Emmanuel Macron. “J’y vois une route pour grandir et déployer ce que je suis et ce qui compte pour moi autrement. Comme quand les pères jésuites sont envoyés en +mission+, loin et différemment de leurs attentes”, expliquait en 2017 cette mère de trois enfants lors d’un rassemblement de jésuites francophones européens.

Budget: les partis à Bercy pour trouver des “convergences” avant les discussions à l’Assemblée

La ministre des comptes publics, Amélie de Montchalin, reçoit lundi les partis à Bercy pour trouver des “convergences” sur le budget 2026, et enfin parvenir à un compromis, à la veille du coup d’envoi des discussions dans l’hémicycle de l’Assemblée nationale.La tâche s’annonce ardue: les députés ont déjà rejeté samedi en commission le texte.La réunion devrait permettre de “poursuivre le dialogue (…) sur les points qui n’ont pas encore fait l’objet de convergence”, a expliqué le cabinet de la ministre, laquelle a mentionné les “collectivités locales” et les “dépenses d’avenir”, comme deux points de friction à résoudre.La ministre a même réitéré son objectif de “trouver une solution avant la fin” janvier pour doter la France d’un budget, seulement pallié pour l’instant par une loi spéciale permettant d’assurer la continuité de l’Etat.Ne sont conviés que les “groupes parlementaires qui souhaitent sortir de l’impasse budgétaire par le travail, plutôt que de prendre le risque d’un arrêt de la procédure dès mercredi en cas d’adoption des motions de censure”, a mentionné le cabinet de la ministre, sans plus de détails.-  Se saisir du 49.3 -Olivier Faure, patron des socialistes, a annoncé que le PS se rendrait à Bercy lundi.Les discussions devraient se dérouler dans un contexte tendu, alors que l’exécutif fait face à deux motions de censure déposées par le RN et LFI, axées sur leur opposition au traité de libre-échange entre l’UE et le Mercosur, ce qui risque d’encore compliquer les débats.Amélie de Montchalin a qualifié dimanche cette initiative “d’acte politique qui n’a aucun sens” sur France 3. Elle a mis en garde sur les conséquences de l’adoption d’une motion de censure contre le gouvernement, alors que le Premier ministre, Sébastien Lecornu, brandit désormais clairement la menace d’une dissolution en réponse à cette éventualité.”Quand vous faites tomber un gouvernement, à l’instant où nous parlons, ça stoppe les débats budgétaires. Ça ne résout rien au Mercosur. Et oui, il y aura une dissolution”, a déploré Mme de Montchalin, ce qui empêcherait “d’avoir un budget avant les élections municipales” de mars.Face aux blocages, des voix demandent au gouvernement de se saisir de l’article 49.3, à l’instar de l’ex-ministre des Finances, Eric Lombard.L’ex-ministre a aussi fustigé les concessions “sans contrepartie” accordées au PS, citant la suspension de la réforme des retraites. “Après toutes ces concessions, on n’a pas de budget!”, a-t-il regretté.L’ancien président et député de Corrèze, François Hollande, a lui aussi soutenu cette hypothèse. Olivier Faure a de son côté jugé qu’il serait “absurde” pour son parti de demander l’utilisation du 49.3.