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Lecornu récuse tout “chantage” au vote des écologistes, va saisir la justice

Sébastien Lecornu a récusé mardi tout “chantage” au vote des écologistes par son gouvernement, et promis de “saisir la justice” contre un “groupe d’intérêts” qui aurait “tenté de s’immiscer” dans les discussions entre l’exécutif et les Verts.Le Premier ministre était interrogé par la cheffe de file des députés écologistes Cyrielle Chatelain, à quelques heures d’un vote très serré sur le projet de budget de la Sécu pour lequel les voix de ce groupe sont très courtisées. Mme Chatelain a dénoncé un  “chantage politique”, en évoquant la cas d’un conseiller se présentant de Matignon qui aurait “appelé de nombreux chefs d’entreprises du secteur des énergies renouvelables” pour leur dire que “les objectifs” du gouvernement en la matière seraient “conditionnés (au) vote” des écologistes sur le budget de la Sécu.Le chef du gouvernement, qui a échangé à ce sujet avec Mme Chatelain lundi, a répondu avoir mené “une enquête interne pour savoir ce qui avait pu se passer”. “De toutes les évidences, un groupe d’intérêts a tenté de s’immiscer dans les discussions politiques entre le gouvernement et votre groupe politique”, a-t-il rapporté.Il a ajouté qu’il avait “décidé de saisir la justice”.Le Premier ministre saisit la justice “non pas contre son conseiller mais pour faire la lumière sur cette histoire”, a précisé son entourage, car “à aucun moment, un conseiller de Matignon n’a fait pression sur quelque entreprise ou syndicat que ce soit”.”Je veux que le débat sur notre transition énergétique puisse se faire loin de toute forme d’intérêt, si ce n’est un seul, celui de l’intérêt général”, a souligné Sébastien Lecornu.

Budget de la Sécu: Édouard Philippe, le trouble-fête

L’intransigeance d’Édouard Philippe va-t-elle faire trébucher Sébastien Lecornu ? En refusant d’avaliser le budget de la Sécurité sociale, le président d’Horizons concentre les critiques au sein du “socle commun”, de plus en plus sceptique sur sa stratégie vers l’Élysée.Lundi soir, sur LCI, l’ancien Premier ministre a indiqué qu’il recommanderait aux députés Horizons de s’abstenir sur le projet de loi de financement de la Sécurité sociale (PLFSS), qui contient notamment la suspension de la réforme des retraites.Ce texte “n’est pas satisfaisant” mais “je ne suis pas partisan du chaos, je ne propose pas de voter contre. Je n’ai jamais voulu que le gouvernement de Sébastien Lecornu tombe”, a ajouté M. Philippe.Déjà incertain, le vote de l’Assemblée mardi soir vire au couperet pour Sébastien Lecornu, qui campe sur son abandon du 49.3. “Guère optimiste”, une ministre craint des “effets en cascade” de la position d’Horizons au sein des autres groupes.Au sein du parti philippiste, le poids de la responsabilité se fait sentir. “On décidera mardi entre le vote contre ou l’abstention, mais on ne souhaite pas que le budget échoue”, a expliqué au Monde le président de la Commission des Affaires sociales, Frédéric Valletoux.Le signe d’une hésitation ? “Même des hauts gradés” d’Horizons ont été surpris par la position formulée par leur patron, affirme un ministre.”Je ne comprends plus Édouard Philippe (…) Et, quand j’écoute les députés Horizons, je ne suis pas certaine que je sois seule à ne plus le comprendre”, a cinglé l’ancienne ministre et députée Renaissance Agnès Pannier-Runacher.Selon des sources concordantes, le président des députés Horizons, Paul Christophe, avait laissé entendre que son groupe pourrait approuver le PLFSS.Vendredi, lors du vote de la partie recettes, sur les 34 députés que compte le groupe Horizons et apparentés, 19 ont pris part au vote. Et quatre ont approuvé le texte, à rebours de la ligne du parti.Ceux qui rééditeront un vote positif lors du vote global “devront se poser la question de leur appartenance à Horizons”, avertit un proche d’Édouard Philippe.-“Cohérence”-Candidat déclaré à l’Elysée, le maire du Havre avait déjà suscité un flot de critiques après son appel à une démission “ordonnée” d’Emmanuel Macron et à la tenue d’une élection présidentielle anticipée.”Peut-être l’ai-je dit trop brutalement”, a-t-il concédé lundi, après avoir récemment estimé qu’il ne devait “rien” au président qui l’a nommé à Matignon en 2017.Mais sa position sur le budget de la Sécu a remis une pièce dans la machine.”Le fait qu’il fasse un pas de côté comme ça, ne pas être capable de mettre ses ambitions personnelles de côté pendant quelque temps, pour moi, ça le discrédite”, juge une ministre qui lui est pourtant favorable.”Qu’il arrête de régler ses comptes avec Emmanuel Macron”, a lancé Xavier Bertrand (LR), pour qui Édouard Philippe cherche à “accélérer le calendrier électoral”.”Je suis dubitatif sur l’idée d’incarner le créneau du désordre quand son électorat potentiel est très attaché à l’ordre”, glisse un proche du président.Des critiques balayées au nom de la “cohérence” du parti. “Il y aurait quelque chose d’assez surprenant à ce que l’on rende les 34 députés Horizons responsables du vote des 577 députés de l’Assemblée”, rétorque le secrétaire général d’Horizons, Christophe Béchu.La sortie du maire du Havre a aussi ses défenseurs. “A la fin, pour quelqu’un qui est candidat à l’élection présidentielle, ça va être compliqué d’expliquer la situation des finances publiques”, souligne une députée Renaissance.”Édouard Philippe ne veut pas être le porteur du bilan de Macron”, abonde un ancien ministre pour qui le président d’Horizons veut être “celui qui a dit non à la suspension de la réforme des retraites”.Dimanche, le secrétaire général délégué d’Horizons Pierre-Yves Bournazel a appelé Sébastien Lecornu à actionner le 49.3. Ainsi, “il se placerait dans une position bien plus simple” mais “c’est sa responsabilité de le faire ou de ne pas le faire”, a déclaré M. Philippe lundi soir.Le candidat à Élysée a par ailleurs évoqué une modification de la politique familiale pour une application “dès le premier enfant”. Il s’est aussi dit favorable à la création d’un “état d’urgence narco” pour déployer des moyens “dérogatoires au droit commun” pour lutter contre le narcotrafic.

Budget de la Sécu: à la veille du vote, le gouvernement multiplie les mains tendues

A la veille d’un scrutin qui s’annonce extrêmement serré, le patron du PS Olivier Faure a appelé ses députés à voter pour le projet de budget de la Sécurité sociale, menacé de rejet par les refus de LR et d’Horizons de le soutenir. De son côté, le gouvernement a multiplié les gestes pour tenter de convaincre, notamment les Ecologistes. La ministre de la Santé Stéphanie Rist a annoncé avoir déposé un amendement pour augmenter l’objectif des dépenses de l’assurance maladie “de 2 à 3%”. L’objectif de 2% était jugé insuffisant par beaucoup, notamment la gauche, pour suivre les dépenses nécessaires à l’hôpital comme à la ville.Mais les écologistes, qui doivent se réunir mardi matin en réunion de groupe pour arrêter leur position de vote, ont accueilli cette annonce avec prudence. “J’ai l’impression que les écologistes comptent pour le gouvernement depuis à peu près trois jours”, a critiqué sur BFMTV lundi soir la patronne du parti, Marine Tondelier. Elle s’est également interrogée sur la hausse annoncée par Mme Rist: “Est-ce que c’est vraiment de l’argent en plus pour les hôpitaux?”, alors que la ministre a déclaré qu’elle était faite notamment pour “rendre compte du fait qu’il n’y aura pas de hausse des franchises médicales” en 2026. L’avenir du Premier ministre Sébastien Lecornu, qui a renoncé à recourir au 49.3 pour faire adopter le texte sans vote, pourrait dépendre du scrutin de mardi. Même si la porte-parole du gouvernement Maud Bregeon a jugé qu’une démission “n’aurait pas de sens”.- “Pas satisfaisant” – Le vote des socialistes comme des Ecologistes a pris une importance cruciale avec le refus des patrons de LR, Bruno Retailleau, et d’Horizons, Edouard Philippe, de soutenir ce budget. Ces deux responsables, qui ont aussi 2027 en ligne de mire, jugent que Sébastien Lecornu a fait trop de concessions aux socialistes. Ce texte “n’est pas satisfaisant” mais “je ne suis pas partisan du chaos, je ne propose pas de voter contre”, a déclaré lundi soir sur LCI Édouard Philippe, en recommandant aux députés de son parti de s’abstenir. Chez les Républicains, l’ancien Premier ministre Michel Barnier a déclaré sur TF1 prévoir de s'”abstenir, comme d’ailleurs un grand nombre de parlementaires LR”.Moins affirmatif, le député LR Philippe Juvin a dit sur BFMTV réserver sa réponse, en résumant l’enjeu ainsi: “Est-ce qu’il vaut mieux voter un budget qui n’est pas du tout satisfaisant, celui qu’on nous propose, ou est-ce que l’absence de budget est pire?”.Sans texte l’année prochaine, le gouvernement a maintes fois averti que le déficit de la Sécu plongerait autour des 30 milliards d’euros en 2026, contre 23 en 2025.- Changement d’alliance -Allié improbable venu à la rescousse du Premier ministre lundi, le Premier secrétaire du PS Olivier Faure a lui plaidé en faveur d’un “vote pour”. “Le Premier ministre s’est engagé (sur la suspension de la réforme des retraites), il s’est montré fiable dans toute la discussion. Je souhaite que nous puissions à notre tour être fiables”, a-t-il dit sur BFMTV/RMC. Il a estimé avoir obtenu “toute une série d’avancées” en “faisant sauter” le gel des pensions de retraite, des prestations sociales, le doublement des franchises médicales…Lundi soir, Boris Vallaud, le chef des députés socialistes, a confirmé au Monde que la “quasi-unanimité du groupe socialiste s’est prononcée en faveur d’un vote pour”, malgré quelques députés plaidant pour une abstention. Il a espéré que la “discipline de groupe” soit “respectée” mardi.Outre les socialistes, Renaissance, le MoDem, et le groupe indépendant Liot devraient voter majoritairement pour, quand les insoumis et l’alliance RN-UDR devraient voter contre. Les communistes se dirigent vers un vote majoritairement contre.Les voix des écologistes — que le sénateur Yannick Jadot a appelé “au minimum à s’abstenir” — ou même des non-inscrits, pourraient donc s’avérer cruciales. Tout comme la répartition des voix finale chez LR et Horizons. Sans surprise, l’annonce de M. Faure a fait bondir les Insoumis. Leur coordinateur national Manuel Bompard a dénoncé “le changement d’alliance du Parti socialiste” qui valide “une hausse du prix des mutuelles de 1 milliard d’euros, une limitation à un mois des arrêts de travail…”Réagissant sur France Inter Gabriel Attal, le patron des députés Renaissance, s’est lui réjoui que “le travail (parlementaire) (ait) permis de dégager des compromis”.Même si il est adopté mardi, le budget de la Sécurité sociale devra faire encore un aller-retour avec le Sénat. Le projet de budget de l’Etat, encore plus clivant, est, de son côté, toujours en cours d’examen au Sénat.

Brigitte Macron qualifie de “sale connes” des militantes qui ont interrompu un spectacle d’Ary Abittan

Brigitte Macron a qualifié de “sales connes” des militantes féministes qui ont interrompu samedi un spectacle de l’humoriste Ary Abittan, selon une vidéo publiée lundi, l’entourage de l’épouse du chef de l’Etat évoquant “une critique de la méthode radicale employée” par ce collectif.Samedi soir, quatre militantes du collectif féministe #NousToutes, portant des masques à l’effigie de l’acteur avec la mention “violeur”, ont interrompu son spectacle dans la salle parisienne des Folies Bergère, scandant “Abittan violeur”, a rapporté cette organisation dans un communiqué.Fin 2021, l’humoriste a été accusé de viol par une jeune femme qu’il fréquentait depuis quelques semaines. Après trois ans d’enquête, l’instruction a abouti à un non-lieu confirmé en appel en janvier, mais son retour sur scène est depuis contesté par des féministes protestant régulièrement aux abords des salles où il se produit.Le lendemain de cette interruption, dimanche, Brigitte Macron est allée voir sa représentation parisienne, accompagnée de sa fille Tiphaine Auzière.Sur une vidéo publiée lundi par le site de l’hebdomadaire Public, on voit la Première dame apporter son soutien à Ary Abittan en coulisses avant le spectacle.”J’ai peur”, lui dit-il. “S’il y a des sales connes on va les foutre dehors”, lui répond Brigitte Macron, en riant. “Surtout des bandits masqués”, ajoute-t-elle.Le collectif #NousToutes a relayé cette vidéo sur son compte Instagram ainsi que des messages de soutien à son action de samedi soir. Sur le réseau Bluesky, le collectif a repris sur fond noir le mot-clé #salesconnes. “Nous sommes profondément choquées et scandalisées. Les mots utilisés en disent long sur sa vision des choses, le message politique est extrêmement choquant”, a réagi auprès de l’AFP une militante de #NousToutes Paris Nord ayant participé à l’action et se présentant sous le pseudonyme de Gwen. “C’est un crachat de plus sur les victimes et les associations féministes”. Interrogé par l’AFP, l’entourage de l’épouse d’Emmanuel Macron a assuré qu’il ne fallait “voir dans cet échange qu’une critique de la méthode radicale employée par ceux qui ont perturbé, masqués, le spectacle d’Ary Abittan samedi soir pour empêcher que l’artiste se produise sur scène”. “Brigitte Macron n’approuve pas cette méthode radicale”, a-t-on ajouté de même source.Mais les critiques sont nombreuses.Sur Instagram, Judith Godrèche a apporté son soutien au collectif avec ce message sur fond noir: “Moi aussi je suis une sale conne. Et je soutiens tous.tes les autres”, a écrit la comédienne. “Ces propos sont gravissimes”, “une première dame ne devrait pas dire ça”, a dénoncé sur BFMTV la patronne des écologistes, Marine Tondelier. Au vu du non-lieu, Ary Abittan “peut remonter sur scène” et “les féministes ont le droit de donner leur avis là-dessus aussi”, a-t-elle estimé.”On a commencé par les droits des femmes +grande cause du quinquennat+, ça termine en les insultant”, a fustigé sur X l’eurodéputée LFI Manon Aubry. “Il est temps que le couple Macron s’en aille”.

Condamné dans une affaire de marchés publics, le maire de Tarbes bientôt destitué

Le maire LR de Tarbes, Gérard Trémège, va quitter ses fonctions après sa condamnation, lundi par le tribunal de Pau, à deux ans de prison avec sursis et deux ans d’inéligibilité avec application immédiate dans une affaire de marchés publics frauduleux.Cette dernière peine étant assortie d’une mesure d’exécution provisoire, le préfet des Hautes-Pyrénées prendra prochainement un arrêté actant sa démission d’office. Une amende de 75.000 euros a également été prononcée.L’élu de 81 ans, en poste depuis 2001, avait annoncé qu’il ne briguerait pas sa succession en 2026 mais il comptait figurer sur la liste conduite par Michel Garnier, un de ses proches, et semblait vouloir conserver la présidence de l’agglomération Tarbes-Lourdes-Pyrénées.”Je prends acte. Je suis surpris, déçu”, a réagi Gérard Trémège, interrogé par l’AFP après le prononcé du jugement, dont il peut faire appel. “Je vais y réfléchir”, a-t-il ajouté sur ce point.Poursuivi pour favoritisme et prise illégale d’intérêt, il avait comparu mi-novembre avec neuf autres prévenus – cinq anciens cadres administratifs de la ville de Tarbes, un architecte et trois entrepreneurs locaux.Selon l’accusation, l’édile avait mis au point un “système” pour “avantager des proches” en leur accordant des marchés publics malgré des candidatures “aux dossiers incomplets” et à des tarifs souvent supérieurs à ceux du marché, ou en leur cédant des terrains municipaux à prix réduits.Au procès, Gérard Trémège avait nié les faits, admettant avoir commis des “erreurs” mais jamais de façon délibérée, expliquant avoir privilégié “des entreprises du territoire” sans chercher “d’intérêt personnel”, et dénonçant un dossier “orchestré” contre lui.Une peine de trois ans de prison dont un ferme, aménageable sous la forme d’une détention à domicile avec bracelet électronique, assortie de cinq ans d’inéligibilité et de 75.000 euros d’amende, avait alors été requise par le procureur de Pau qui avait imputé au maire des “dysfonctionnements majeurs”.Prévu initialement lundi, un conseil municipal se tiendra le 15 décembre pour élire le nouveau maire de Tarbes.Gérard Trémège a également été conseiller régional de Midi-Pyrénées, puis d’Occitanie, de 2004 à 2021, et député des Hautes-Pyrénées de 1986 à 1988 puis de 1993 à 1995.Parmi les autres peines prononcées par le tribunal, un ancien directeur général des services de la commune a été condamné à neuf mois de prison avec sursis et 20.000 euros d’amende, un ex-chef de service municipal et un architecte à six mois de prison avec sursis et 40.000 euros d’amende, un chef d’entreprise à trois mois de prison avec sursis et 10.000 euros d’amende.Deux autres dirigeants d’entreprises ont été relaxés, tandis que trois ex-chefs de services municipaux ont bénéficié d’une dispense de peine.

Budget Sécu: le gouvernement a déposé un amendement portant la hausse des dépenses d’assurance maladie de 2 à 3%

A 24 heures du vote crucial à l’Assemblée nationale sur le budget de la Sécurité sociale, la ministre de la Santé a annoncé lundi avoir déposé un amendement pour augmenter l’objectif des dépenses de l’assurance maladie “de 2 à 3%” pour tenter de décrocher une majorité.”Pour un budget de la Sécurité sociale sincère au regard des derniers débats parlementaires, j’ai déposé un amendement portant l’Ondam -les dépenses d’assurance maladie- de 2 à 3%”, a indiqué Stéphanie Rist sur X.C’est “une sorte d’équilibrage” notamment pour “rendre compte du fait qu’il n’y aura pas de hausse des franchises médicales” en 2026, car “il n’y a pas de majorité parlementaire pour cela”, a-t-elle précisé ensuite sur le plateau de BFMTV.A l’intention des écologistes, le ministre de l’Economie Roland Lescure avait confirmé dimanche qu’il devrait y avoir un dernier amendement pour augmenter l’objectif des dépenses de l’assurance maladie, revendication importante de ce groupe. La ministre de la Santé avait affiché l'”objectif” de porter une augmentation de 3% de ces dépenses.Si cet amendement est adopté, “ça sera un des éléments importants dans notre décision” sur l’ensemble du texte, a fait valoir à l’AFP la patronne des députés écologistes Cyrielle Chatelain. L’abstention du groupe écologiste et social, qui compte 38 députés, pourrait en effet être nécessaire pour éviter un rejet du projet de loi de financement de la Sécurité sociale, une hypothèse non négligeable à ce stade.Le sénateur de Paris Yannick Jadot, ancien candidat à la présidentielle, a appelé les députés écologistes “au minimum à s’abstenir” mardi, estimant auprès de l’AFP qu’il ne fallait “pas sanctionner un compromis” sur lequel Les Ecologistes ont pesé.Alors que les écologistes ont voté vendredi contre le volet recettes du budget de l’Etat, le patron du PS Olivier Faure a espéré pour sa part lundi que le “geste du gouvernement” d’augmenter l’objectif des dépenses d’assurance maladie “les amènera à faire le bon choix” sur le budget de la Sécu. Interrogée sur les chances d’un vote positif mardi, Stéphanie Rist a répondu sur BFMTV que “c’est très difficile à dire” et que “chaque groupe regarde les uns et les autres” pour se positionner. Et “j’ai mené des réunions avec beaucoup de groupes aujourd’hui sur le côté technique (…) pour que chacun puisse voter en conscience”, a-t-elle déclaré.Si le texte n’est pas adopté, le gouvernement a maintes fois averti que le déficit de la Sécu plongerait autour des 30 milliards d’euros en 2026, contre 23 en 2025. “Si le PLFSS est adopté: dépenses de santé maîtrisées malgré le déficit. En cas de rejet: dérive massive, plus de 30 milliards d’euros de déficit”, a réaffirmé la ministre sur X.Même si le vote mardi est positif, le projet de budget de la Sécurité sociale devra faire encore un aller-retour avec le Sénat avant son adoption définitive.

Genevard appelle au “réveil” face à “la guerre agricole” qui “se prépare”

Dans une France agricole affaiblie, la ministre de l’Agriculture Annie Genevard a pris un ton martial lundi pour appeler l’ensemble de la chaîne alimentaire “à agir” face à “la guerre agricole” qui “se prépare”, en lançant des conférences destinées à définir une stratégie nationale sur dix ans.”La guerre agricole menace chaque jour un peu plus et il est temps d’agir”, a-t-elle martelé, estimant que l’actualité mondiale, avec la guerre en Ukraine, la politique douanière américaine ou les taxes chinoises, dissipait “l’illusion” d’une prospérité durable.”Conquête”, “armer la France”, “patriotisme alimentaire”: depuis le marché de gros de Rungis, devant un mur de cagettes de fruits et légumes, elle a appelé à un “grand réveil alimentaire”. Pour la première fois depuis près de 50 ans, la balance commerciale agricole française pourrait être déficitaire en 2025.Depuis 2014, la Chine et les Etats-Unis ont augmenté le financement de leur politique agricole et alimentaire, respectivement de 40% et 86%, tandis que “celle de l’Union européenne a reculé de 19%”: “c’est une erreur historique”, a-t-elle déclaré, appelant à lutter “contre les tentations de la décroissance portées par quelques thuriféraires du décadentisme”.- Retour “symbolique” à Rungis -Devant 200 acteurs du monde agro-alimentaire, la ministre a lancé une série de “conférences de la souveraineté alimentaire”, promises par la loi d’orientation agricole de mars 2025. Ce chantier se déroulera sur plusieurs mois, par filières de production et au niveau régional, pour des conclusions en juin. Un point d’étape est prévu en février au Salon de l’agriculture.Ce lancement a été positivement accueilli par des acteurs industriels. “C’était un ton volontaire et réaliste”, a commenté Dominique Chargé, président de la Coopération agricole, qui regroupe plus de 2.000 coopératives.Mais l’événement a été boudé par les syndicats agricoles – à l’exception des Jeunes agriculteurs.Le premier d’entre eux, la FNSEA, participe bien aux conférences – qui ont déjà démarré – mais a boycotté un rendez-vous vu comme “une opération de communication”.Le puissant syndicat goûte assez peu ce retour “symbolique” à Rungis, où Emmanuel Macron avait en 2017 prôné une stratégie de “montée en gamme”, depuis percutée par l’inflation et la concurrence internationale.Huit ans plus tard, l’ambiance est morose. Après deux hivers de colère dans les campagnes, le monde agricole reste au bord de l’explosion, entre crises sanitaires et prix en berne.- “Incohérences” -Les manifestations d’éleveurs, soutenus par la Confédération paysanne et la Coordination rurale, se multiplient contre la politique d’abattage systématique de bovins touchés par la dermatose.La FNSEA, elle, prépare une manifestation le 18 décembre à Bruxelles contre l’accord de libre-échange UE-Mercosur. Ce lundi, une quinzaine d’agriculteurs des FDSEA de l’Oise et du Nord ont déposé devant le ministère un cercueil symbolisant la mort de l’agriculture et appelant “la France à faire bloc contre le Mercosur”.A Rungis, réitérant son opposition au Mercosur, la ministre a affirmé que si la Commission européenne ne le faisait pas, elle agirait: “J’interdirai moi-même les importations sur notre sol de produits contenant des substances interdites en Europe.”Elle a également plaidé pour la création d’un “fonds souverain agricole” et appelé les marchés publics à s’approvisionner en produits d’abord français.Dans l’auditoire, Aurélie Catallo, experte à l’Institut du développement durable et des relations internationales (Iddri), a estimé important que la France se préoccupe de l’ampleur de ses dépendances mais a relevé auprès de l’AFP “des incohérences” du discours dans un contexte de limites physiques et de rendements qui plafonnent.”Face au changement climatique, le productivisme a atteint ses limites”, a réagi Stéphane Galais, porte-parole de la Confédération paysanne, déplorant une vision de la souveraineté basée sur le “produire plus” et non sur la capacité d’une société à choisir son agriculture et son alimentation.Plusieurs filières soulignent que le temps n’est plus aux consultations mais aux décisions, après des “plans de souveraineté” dans plusieurs secteurs (fruits et légumes en 2023, blé dur et viande en 2024). Alors, qu’espérer de ces conférences ?L’objectif est de “partir de la demande des consommateurs, des débouchés, français, européens ou mondiaux, et de remonter jusqu’à la production agricole nécessaire”, a expliqué Ludovic Spiers, ex-directeur général du géant coopératif agricole Agrial, nommé “coordinateur général” du chantier.Des groupes de travail sectoriels sont prévus (cultures, viandes blanches, viticulture…), réunissant les interprofessions, l’amont (l’agriculture) et l’aval (la transformation)… mais pas les associations de consommateurs, ni de défense de l’environnement.

Louis Sarkozy veut faire sa révolution à Menton, le RN aussi

À Menton, Louis Sarkozy, le plus jeune fils de l’ancien président, est parti à 28 ans à la conquête d’une ville à la mentalité insulaire, marquée par les scandales et où le Rassemblement National fait figure de favori.Bien sûr, son nom de famille ouvre bien des portes sur la Côte d’Azur. Lorsqu’il arpente les allées du marché de Noël, les regards se tournent, des passants prennent des photos de ce chroniqueur habitué des plateaux télés.Entouré d’une jeune garde rapprochée, il ne va pas au-devant des gens comme un candidat aguerri mais accueille avec attention ceux qui l’approchent. Si certains passants grommellent contre le “parachuté”, voire “l’Américain”, pays où il a grandi après la séparation de ses parents, beaucoup se montrent curieux.”J’aimais bien Nicolas Sarkozy alors je suis contente que son fils vienne à Menton”, explique une jeune femme de 25 ans qui ne souhaite pas donner son nom. Responsable de magasin à Monaco, elle représente une nouvelle génération d’habitants attirés par les milliers d’emplois créés chaque année dans la principauté voisine. “On a beaucoup de jeunes avec nous. On est l’incarnation de cette idée que Menton n’est plus une ville de vieux”, martèle Louis Sarkozy. “Et les gens veulent du neuf”.Après trois décennies sous la houlette de Jean-Claude Guibal (LR), le décès brutal du baron local en 2021 a plongé dans une zone de turbulences la ville de 31.000 habitants, coincée entre l’Italie et Monaco, française depuis 1861 et qui cultive son particularisme avec fierté.Ses anciens adjoints se sont déchirés, les projets en cours ont stagné et les affaires judiciaires se sont accumulées. Le maire sortant Yves Juhel doit d’ailleurs comparaître devant la justice en mars pour détournement de fonds publics.Dans le même temps, les deux principaux musées sont fermés depuis des années, des concessions de plages ont été suspendues, l’hôtel cinq étoiles attendu depuis des années est toujours en travaux…Et l’inquiétude persiste face à la pression migratoire, même si les migrants ne font que passer discrètement, Menton étant dans la bande frontalière où ils sont raccompagnés d’office en Italie.- Divisions -Ce contexte semble porter la députée Alexandra Masson, avocate de 54 ans, ancienne militante LR passée au RN, élue en 2022 et réélue dès le premier tour l’an dernier mais avec seulement 35% dans la ville de Menton.En 2020, le candidat soutenu par le RN avait obtenu 44% au second tour. En 2023, de l’autre côté de la frontière, Vintimille s’est choisi un maire issu de la Ligue, parti d’extrême droite de Matteo Salvini.Sur le marché de Noël, Mme Masson s’arrête à tous les stands, serre toutes les mains, semble connaître tout le monde et multiplie les promesses de faire enfin de ce “petit bijou” de ville la vitrine d’une bonne gestion.”Elle va représenter le renouveau”, juge Élisabeth Kestemont, une retraitée de 70 ans. “Louis Sarkozy, il choque beaucoup de Mentonnais. Il cherche juste un tremplin”.Elle aurait bien voté pour Sandra Paire, l’ancienne première adjointe de M. Guibal, dont plusieurs soutiens se signalent avec un badge bleu dans les allées du marché. Mais cette dernière a été condamnée en appel à deux ans d’inéligibilité pour prise illégale d’intérêt. Elle s’est pourvue en Cassation et a maintenu sa candidature, tout comme Florent Dauphin, un ancien adjoint de M. Juhel. Si Louis Sarkozy a pour l’instant échoué à rassembler cette droite sous son nom, au moins a-t-il obtenu le soutien de LR. Même s’il n’a pas encore la carte et que son profil clive sur les réseaux sociaux, où il exhibe ses tatouages.Il a ainsi plaidé pour légaliser toutes les drogues afin de ruiner les trafiquants, instaurer un service militaire obligatoire pour 10% des nouveaux immigrants et aux petits délinquants ou encore limiter drastiquement le code de la route afin de responsabiliser les conducteurs.Et ce fervent admirateur de Napoléon ou du président argentin Javier Milei aura du mal à mobiliser les maigres troupes centristes ou de gauche de la ville dans un éventuel barrage au RN. Surtout depuis que son père, attendu à Menton vendredi pour une dédicace de son dernier livre “Le Journal d’un prisonnier”, se dit opposé à un nouveau front républicain.

Le Parti radical de gauche demande d’ajouter le principe de laïcité dans la devise de la France

Le Parti radical de gauche demande “d’enrichir” la devise de la République en y intégrant le principe de laïcité, la transformant ainsi en “Liberté-Égalité-Fraternité-Laïcité”, à l’occasion des 120 ans de la loi de séparation des Églises et de l’État.”Notre devise nationale, formellement retenue en 1848, portait déjà en elle la promesse de laïcité”, écrit, dans une lettre adressée à Emmanuel Macron, Guillaume Lacroix, président du Parti radical de gauche (PRG), l’un des héritiers du Parti radical qui a dominé la vie politique pendant une partie du XXe siècle.”Il est temps que cette promesse devenue réalité soit élevée fièrement au fronton de nos édifices publics comme une victoire contre l’obscurantisme”, ajoute-t-il.Près de huit Français sur dix (78%) estimaient en 2024 que la laïcité était en danger dans le pays, selon un sondage.Le PRG souligne donc l’importance de réaffirmer ce principe comme un pilier essentiel de l’unité et de la cohésion nationale, alors que “notre pays vit de profondes tensions internes qui font surgir les tentations mortifères du séparatisme et de la désunion, accompagnées de leur cohorte de haines et de violences”.Emmanuel Macron avait inclus la laïcité au fameux triptyque républicain dans un discours, lors d’un meeting en 2022 à Nanterre, en lançant, à deux reprises : “Liberté, Égalité, Fraternité, Laïcité !”.Une proposition de loi constitutionnelle visant à ajouter ce principe à la devise nationale avait également été déposée au Sénat en 2024, mais jamais inscrite à l’ordre du jour.

Sans surprise, Tondelier représentera les Ecologistes à la primaire de la gauche

Il n’y avait pas de grand suspense: Marine Tondelier a remporté la primaire interne des Ecologistes, avec 86% des suffrages exprimés, pour représenter son parti à la primaire de la gauche pour la présidentielle de 2027.Son adversaire, Waleed Mouhali, conseiller municipal à La Garenne-Colombes (Hauts-de-Seine), quasi inconnu, a remporté 14% des suffrages exprimés des 54% des militants qui ont participé au vote, ouvert depuis vendredi, a annoncé lundi le parti.Environ 12.800 adhérents (ceux à jour de cotisation et avec plus de six mois d’ancienneté) sur les quelque 16.000 que compte le parti pouvaient participer au vote. Marine Tondelier a recueilli un total de 5.341 voix. “Une désignation pour l’élection présidentielle qui se passe bien et sereinement, c’est assez historique dans ce mouvement”, a souligné devant la presse la cheffe des Ecologistes, qui sera donc la seule représentante du parti à la primaire de la gauche. “Tout invite à l’humilité”, en raison de la montée de l’extrême droite dans le pays, a ajouté Marine Tondelier, dont le slogan pour la primaire sera : “Tenez bon, nous arrivons”.”Rien ne pourra se faire seul (..) il faut se battre ensemble”, a encore ajouté cette grande défenseuse de l’union de la gauche, qui a précisé que dans les prochaines semaines, elle “rendrait visite à des victimes du budget qui est en train d’être examiné au Sénat et à l’Assemblée nationale”. “Je n’avais rien contre les ambitions présidentielles de Marine Tondelier”, a pour sa part déclaré son adversaire défait Waleed Mouhali, qui a précisé qu’il se montrerait “loyal et exigeant” envers la secrétaire nationale du parti.Marine Tondelier, 39 ans, est à la tête des Ecologistes depuis 2022. Elle a été réélue en avril dernier avec 73% des voix. La primaire de la gauche est portée par le PS, les Ecologistes, Génération.s et les ex-députés LFI Clémentine Autain (L’Après) et François Ruffin (Debout!). Mais ni les communistes, ni le dirigeant de Place publique Raphaël Glucksmann, ni le leader de La France insoumise, Jean-Luc Mélenchon – les deux personnalités de gauche les plus avancées dans les sondages – ne souhaitent à ce stade y participer. Ses modalités, encore en discussion, tout comme la date de ce scrutin, prévu en principe pour octobre 2026, doivent être présentées mi-décembre.Marine Tondelier affrontera dans la primaire François Ruffin et Clémentine Autain, qui ont déjà fait acte de candidature, et possiblement un représentant socialiste, peut-être le Premier secrétaire du parti, Olivier Faure, dont elle est proche.”Je fais confiance aux électeurs de gauche et des Ecologistes pour choisir la meilleure candidature”, a déclaré Marine Tondelier à ce sujet lundi.