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Municipales à Paris: Hidalgo finit par apporter son soutien au candidat de la gauche Emmanuel Grégoire

Après des mois de silence, la maire socialiste sortante de Paris Anne Hidalgo a fini par apporter un soutien timide au candidat de la gauche unie hors LFI Emmanuel Grégoire, en annonçant mardi qu’elle voterait aux municipales pour son ancien premier adjoint, avec lequel elle est en froid.”J’ai toujours dit que je voterais pour la gauche et celui qui conduit la liste, c’est Emmanuel Grégoire”, déclare l’édile dans un entretien aux Echos. “Mais attention, une alliance avec La France insoumise, c’est sans moi. Emmanuel Grégoire le dit clairement”, ajoute Anne Hidalgo qui voit dans Jean-Luc Mélenchon “une impasse pour la gauche”.La semaine dernière lors de sa dernière cérémonie voeux à l’Hôtel de ville, au terme de douze ans de mandat, la maire n’avait pas prononcé le nom de celui qui fut son premier adjoint pendant six ans, affirmant être “tenue par la loi à une réserve”.Son soutien du bout des lèvres intervient après des mois de silence sur la campagne d’Emmanuel Grégoire, tête de liste d’une union de la gauche (écologistes, communistes et ex-Insoumis de L’Après) au scrutin des 15 et 22 mars. Anne Hidalgo est en froid avec son ancien dauphin, longtemps considéré comme son héritier naturel, qui avait quitté l’Hôtel de ville en 2024 pour devenir député. En annonçant renoncer à briguer un troisième mandat, elle avait désigné le sénateur Rémi Féraud pour lui succéder, déclenchant une primaire fratricide remportée par Emmanuel Grégoire en juin dernier.Sa détestation était allée jusqu’à dire qu’elle ne soutiendrait pas Emmanuel Grégoire s’il remportait ce vote interne au PS, au motif qu’il ferait “perdre la gauche” aux municipales. Ses propos avaient choqué de nombreux militants.Dans son entretien aux Echos, Anne Hidalgo “espère” qu’en mars “les Parisiens ne feront pas le choix de Rachida Dati”, la candidate de la droite, car il y a “un réel danger qu’elle s’allie avec l’extrême droite” de Sarah Knafo, la candidate de Reconquête.Elle met aussi en garde contre “la montée des personnalités, comme Rachida Dati, Sarah Knafo ou encore Sophia Chikirou (candidate de LFI) qui manient l’intimidation, les invectives et rabaissent le débat”.”Je rappelle que Rachida Dati va être jugée en septembre 2026 pour corruption et trafic d’influence. Si elle est condamnée, elle pourrait devoir céder sa place”, tacle en outre la maire.La ministre de la Culture doit être jugée pour corruption et trafic d’influence, soupçonnée d’avoir indûment perçu 900.000 euros entre 2010 et 2012 d’une filiale de l’alliance Renault-Nissan quand Carlos Ghosn en était le PDG alors qu’elle était eurodéputée. Des charges qu’elle conteste.”Moi, je n’ai pas de procès”, répond Anne Hidalgo au sujet de son voyage polémique à Tahiti en 2023, pour lequel le Parquet national financier (PNF) a ouvert une enquête.

Au centre du jeu budgétaire, Olivier Faure en quête d’une reconnaissance dans les sondages

Sa stratégie sera-t-elle payante pour lui et le PS? Le patron des socialistes Olivier Faure s’est placé en acteur-clé à gauche du débat budgétaire, mais n’a pour l’instant pas émergé dans les sondages pour la présidentielle, ni convaincu ses partenaires de gauche.”C’est à la fin du bal qu’on paye les musiciens”, aime à répéter le premier secrétaire du PS, qui s’est imposé dans la séquence budgétaire comme le principal interlocuteur du Premier ministre Sébastien Lecornu.Avec pour résultat une série de “victoires” que le PS se fait un plaisir d’égrener: suspension de la réforme des retraites, repas à 1 euro au restaurant universitaire pour tous les étudiants, suppression du gel du barème de l’impôt sur le revenu, hausse de la prime d’activité et retour de la surtaxe d’impôt sur les grandes entreprises notamment.Le PS “s’est montré utile dans la période” en acceptant “de faire avancer un certain nombre d’idées qui protègent et changent la vie des Français”, a martelé Olivier Faure sur France Inter mardi, défendant son choix d’un compromis avec le gouvernement dans une Assemblée sans majorité.”On a négocié, on a gagné”, jubile le secrétaire général du PS Pierre Jouvet, alors que le camp macroniste déplore des concessions trop importantes accordées aux socialistes, comme prix de leur non-censure.”Je considère que c’est une bonne séquence” et “Olivier Faure en est l’artisan principal”, se réjouit le même. Mais le premier secrétaire, qui ne cache plus ses ambitions présidentielles, n’a pour l’heure pas réussi à capitaliser sur ce succès.Même s’il a multiplié les interventions médiatiques et gagné en notoriété, Olivier Faure reste entre 5 et 7% d’intentions de vote dans les sondages pour la présidentielle.”Ces avancées, il faut en faire la transformation politique aux yeux des Français”, admet Pierre Jouvet.”Ce qui est certain c’est que cette séquence l’aura mis au centre du jeu politique et médiatique. Quand un journaliste lui demande si c’est lui le Premier ministre, ça dit quelque chose”, reconnait une élue locale. “Mais à quel moment ça se transforme en efficacité électorale? C’est une autre étape qui est encore à construire”.- “Plier les macronistes” -La difficulté est de trouver un compromis sur le budget tout en essayant de représenter “l’alternative aux yeux des Français”, admet un parlementaire, qui relève quand même que le PS “est redevenu l’un des partis préférés des Français”.   Pour autant, remarque-t-il, “les gens n’ont pas l’air de se projeter sur Olivier Faure” pour 2027, alors que le dirigeant de Place publique Raphaël Glucksmann, l’ancien président socialiste François Hollande ou le leader de LFI Jean-Luc Mélenchon sont mieux placés dans les sondages.Pour un député proche du patron socialiste, Olivier Faure est “dans le profil classique de Jospin et Hollande, qui font le job de premier secrétaire et n’ont pas une incarnation présidentielle très désirée au départ. Mais ça imprime doucement”, veut-il croire.”Faure, il n’a pas vu son visage dans la lune, il n’est pas comme Montebourg, persuadé qu’il a un destin national. Ça reste un vrai pragmatique à la Hollande”, ajoute une parlementaire PS.Un autre député, pourtant contre lui au dernier congrès du PS, salue “sa capacité à faire plier les macronistes” et celle de “rassembler le parti sans obérer le rassemblement avec ses partenaires aux municipales”, ou avec la gauche non mélenchoniste en vue de la présidentielle.Pour rassurer ses partenaires prêts à censurer le gouvernement, et en premier lieu la cheffe des Ecologistes Marine Tondelier qui a critiqué la “naïveté” du PS, Olivier Faure sera présent samedi à Tours, où sera annoncée la date de la future primaire de la gauche.  Sa stratégie permettra-t-elle déjà au PS de s’imposer aux municipales? Les socialistes se disent relativement sereins pour ce scrutin souvent décorrélé des enjeux nationaux.     “Je ne sais pas si les socialistes en tireront un bénéfice sur le plan électoral”, affirme le député insoumis Paul Vannier. “Aux prochaines élections, il y aura ceux qui ont permis à Emmanuel Macron et Sébastien Lecornu de se maintenir (…) et ceux qui auront respecté les engagements du Nouveau Front populaire tenus devant les électeurs”, prévient-il.

L’entourage de Macron confirme un message à Trump proposant un G7 jeudi à Paris avec des invités russes

Emmanuel Macron a proposé dans un “message privé” à Donald Trump d’organiser un sommet du G7 jeudi à Paris auquel il pourrait convier, “en marge” de la réunion, “les Russes”, ce qui serait une première en près de quatre ans de guerre en Ukraine.Le président américain a mis en ligne sur son réseau Truth social ce message, authentifié mardi matin par l’entourage du président français qui a dit qu’il était “bien réel”. Emmanuel Macron y propose aussi d’inviter les Ukrainiens à cette réunion, ainsi que les Danois, pour parler des divergences sur le Groenland, et les Syriens.”Mon ami, nous sommes totalement alignés sur la Syrie. Nous pouvons faire de grandes choses en Iran. Je ne comprends pas ce que tu fais au Groenland”, dit le chef de l’Etat français dans son message.”Je peux organiser une réunion du G7 à Paris jeudi après-midi après Davos”, en Suisse, où Donald Trump sera à partir de mercredi, propose Emmanuel Macron. “Je peux inviter les Ukrainiens, les Danois, les Syriens et les Russes en marge” de la réunion, ajoute-t-il.Le Kremlin a indiqué mardi n’avoir pas reçu d’invitation à une telle rencontre. Moscou “n’a pas” reçu d’invitation, a répondu le porte-parole de la présidence russe Dmitri Peskov, interrogé par l’AFP lors de son briefing quotidien à la presse. “Dînons ensemble à Paris jeudi avant que tu ne repartes aux Etats-Unis”, tente encore le président français, qui signe “Emmanuel”.Selon son entourage, ce message “démontre que le président français en public comme en privé défend la même ligne”. “Au Groenland, le respect de la souveraineté et de l’intégrité territoriale des États n’est pas négociable et notre engagement en tant qu’allié de l’OTAN pour la sécurité dans la région arctique reste intact”, a-t-on expliqué de même source.”Nous sommes par ailleurs déterminés à faire de notre présidence du G7 cette année un moment utile pour contribuer au dialogue et à la coopération”, a-t-on ajouté.”En Syrie, nous travaillons ensemble avec les Américains au service de l’unité et de l’intégrité territoriale de la Syrie et au respect du cessez-le-feu, tout en restant fidèles à nos alliés dans la lutte contre Daesh”, selon l’entourage.”En Iran, nous exigeons des autorités iraniennes le respect des libertés fondamentales et nous sommes aux côtés de celles et ceux qui les défendent”, a-t-on poursuivi.

Nouvelle-Calédonie: un accord trouvé, mais d’importants obstacles sur la route

Au terme de quatre jours de négociations à Paris, les partis de Nouvelle-Calédonie ont signé lundi à l’Elysée un accord à la fois institutionnel et économique censé débloquer le processus politique sur l’archipel, enlisé depuis le rejet de l’accord de Bougival par les indépendantistes du FLNKS.Baptisé “accord Élysée-Oudinot”, ce texte complète celui signé le 12 juillet 2025 à Bougival mais rejeté par le Front de libération nationale kanak et socialiste (FLNKS), principal mouvement indépendantiste, qui a boycotté les discussions de ce week-end.Bougival prévoyait la création d’un État calédonien inscrit dans la Constitution française, doté d’une nationalité propre et qui pourrait être reconnu internationalement. Mais il maintenait le lien avec la France, ce qui a provoqué le rejet du FLNKS dès août 2025.Depuis, le processus politique s’était grippé tandis que l’Union nationale pour l’indépendance (UNI), autre mouvement indépendantiste ayant rompu avec le FLNKS, réclamait lui des éclaircissements sur plusieurs points de Bougival pour continuer à soutenir le texte.Ce sont ces points qui sont notamment contenus dans l’accord signé lundi, après d’âpres discussions, entre les cinq délégations présentes.Premier sujet: la reconnaissance de l’identité kanak, réaffirmée dans le texte. En parallèle, les signataires estiment important “d’ouvrir une nouvelle étape dans l’édification de l’identité calédonienne” esquissée depuis les accords de Nouméa en 1998.Le deuxième point est l’exercice du droit à l’autodétermination, autre demande de modification souhaitée par l’UNI. Les signataires “réaffirment que chaque Calédonien a le droit de voir reconnaître ses aspirations politiques” et soutiennent pour l’archipel “l’exercice du droit à l’autodétermination”.Celui-ci “s’exprimera par la possibilité pérenne de transférer les compétences encore détenues par l’État dans un cadre organisé avec lui”, dit le texte.Les délégations ont également signé au ministère des Outre-mer, rue Oudinot à Paris, un volet du texte consacré à la “refondation du pacte économique et social” de la Nouvelle-Calédonie, s’entendant sur le soutien financier que l’Etat apportera à l’archipel.- “Le plus dur reste à faire” -“Ce n’est pas une affaire de concession. Personne ne sort humilié de cette séquence”, a réagi auprès de l’AFP la ministre des Outre-mer, Naïma Moutchou, estimant que les délégations ont réussi “à faire vivre deux, et même trois aspirations différentes: indépendantiste, non-indépendantiste et progressiste-centriste”.Elle a par ailleurs assuré que “la porte reste ouverte” au FLNKS, alors que beaucoup en Nouvelle-Calédonie estiment qu’aucun accord politique n’a jamais pu être mis en œuvre sans la signature du mouvement indépendantiste historique du territoire. Le député calédonien loyaliste Nicolas Metzdorf (Renaissance) s’est déclaré auprès de l’AFP “très satisfait” du texte. “Nous sommes pleinement concentrés sur l’adoption par le Parlement. Le plus facile est passé, le plus dur reste à faire”, a-t-il ajouté. Car le calendrier est serré et le pari parlementaire risqué. Les signataires tablent sur une adoption du projet de loi constitutionnelle au Sénat dès février, puis à l’Assemblée nationale en mars-avril, avant la réunion à Versailles du Congrès, qui réunit députés et sénateurs.Or les sénateurs socialistes ont annoncé s’opposer au texte constitutionnel sur Bougival – qui sera amendé pour y ajouter les termes de l’accord Elysée-Oudinot -, le Rassemblement national fait bande à part, et l’exécutif ne dispose pas de la majorité des trois cinquièmes nécessaire au Congrès.Après cette étape constitutionnelle, l’accord politique serait soumis aux Calédoniens en juin-juillet, puis une loi organique doit être adoptée entre septembre et novembre.Les élections provinciales, cruciales sur l’archipel et déjà reportées quatre fois – elles devaient avoir lieu avant le 28 juin 2026 -, se tiendraient “avant le 31 décembre 2026”, précise le texte paraphé lundi.Le projet de loi constitutionnelle inscrit dans la Constitution un “État de la Nouvelle-Calédonie” doté d’une nationalité propre, tout en restant dans la République. Il organise aussi le dégel progressif du corps électoral aux élections provinciales.Instauré en 1998, ce gel limite le droit de vote aux scrutins provinciaux aux personnes installées avant cette date et à leurs descendants. Sa réforme, réclamée par les non-indépendantistes mais redoutée par les indépendantistes qui y voient une dilution du vote kanak, avait été au cœur des tensions ayant déclenché les émeutes meurtrières de mai 2024.Ces violences, les plus graves depuis les années 1980, ont fait 14 morts et causé plus de deux milliards d’euros de dégâts, plongeant le territoire dans une grave crise économique et sociale.

Fin de vie: parlementaire et croyant, quand la foi s’immisce dans le débat

“Mon engagement politique vient de là”, “je ne me renie pas”… Au Sénat, le sensible débat sur la fin de vie interpelle profondément les élus croyants: quand certains assument un vote guidé par leur foi, d’autres tentent de prendre du recul par “l’introspection”.La chambre haute examine à partir de mardi deux propositions de loi sur la fin de vie, l’une d’entre elles créant un droit à l’aide à mourir par une procédure très encadrée de suicide assisté voire d’euthanasie.Une réforme vivement critiquée par les responsables français des principaux cultes – catholique, protestant,  orthodoxe, juif, musulman et bouddhiste -, qui alertent de longue date sur les “graves dérives” d’une telle loi… Avec un écho non négligeable au Parlement.”Il est assez mal vu d’avancer ses convictions religieuses aujourd’hui en politique”, assure le sénateur Les Républicains du Rhône Etienne Blanc. Mais “cela influe évidemment sur mon vote”.Pour cet élu catholique, l’aide à mourir acte un “changement de civilisation” et fait disparaître le “geste d’amour” que la religion prône dans l’accompagnement des malades en fin de vie.Le centriste Loïc Hervé considère de son côté que tout croyant a “un rapport particulier à la mort”, ce qui lui permet, en tant que parlementaire, d’avoir “une approche différente” face à une telle loi. “Je suis un humaniste d’inspiration chrétienne. Je reste sénateur dans une République laïque dès lors que je suis dans l’hémicycle mais je ne me renie pas”, poursuit l’élu de Haute-Savoie, qui émet de “très grandes réserves” vis-à-vis de cette proposition de loi.- “Jamais simple” -A gauche, où la très grande majorité des parlementaires soutient le texte, de telles voix se font plus rares – ou discrètes – mais elles existent.Pour le sénateur socialiste de Moselle Michaël Weber, ce sujet sensible “suppose une introspection”. “Les +cathos de gauche+, c’est aussi ce qui m’a amené à la politique. Mon engagement vient notamment de là”, dit cet élu qui ne participera pas au vote.”Quand on est élu, on ne peut pas se contenter de revendiquer uniquement ses propres convictions”, concède-t-il. “J’ai essayé de trouver un positionnement qui ne mettrait mal à l’aise ni mes électeurs ni moi-même. Ce n’est jamais simple”, ajoute-t-il, s’attachant à ne pas être “instrumentalisé”.Tous les sénateurs précédemment cités assurent néanmoins s’être appuyés sur d’autres arguments – notamment juridiques – pour arrêter leur position.A l’Assemblée nationale aussi, plusieurs députés avaient concédé que leurs convictions religieuses avaient pu influer sur leur vote lors des débats du printemps dernier.Les représentants des cultes n’avaient d’ailleurs pas hésité, à l’époque, à interpeller les députés par écrit pour les appeler à s’opposer au texte. La démarche se répète ces derniers jours au Sénat, même si la chambre haute, jugée plus conservatrice, devrait nettement remanier le texte pour atténuer la portée du dispositif d’aide à mourir.- “J’écoute mon évêque” -Un lobbying qui connaît plus ou moins de succès. “J’écoute la position de mon évêque, j’écoute celle du Pape”, reconnaît Etienne Blanc, membre du “groupe des parlementaires chrétiens”, instance informelle qui se réunit régulièrement pour débattre de sujets relatifs à la foi et sollicite l’avis des représentants de l’Eglise.Quelques amendements déposés au Sénat vont même jusqu’à inclure le motif religieux dans leurs justifications. C’est notamment le cas d’une proposition visant à permettre aux “établissements confessionnels” de transférer les patients concernés par l’aide à mourir vers un autre lieu, arguant d’une “atteinte grave et disproportionnée à la liberté de conscience et de religion” de ces établissements privés.”Les Eglises n’ont pas de lien avec les parlementaires qui assument plus ou moins leur foi religieuse”, balaye pour sa part Loïc Hervé: “On n’adhère par à l’Eglise catholique comme on adhère à un parti politique”.Dans le camp des opposants au texte, ils sont d’ailleurs nombreux, même croyants, à refuser d’avancer l’argument religieux pour expliquer leur vote, dans un hémicycle parfois taxé de réactionnaire.”Il faut élever ce débat”, s’agace la sénatrice LR Christine Bonfanti-Dossat, rapporteure sur le texte. “Je respecte les choix de chacun mais je ne mettrai pas ma foi en avant. On en a assez de passer pour de vieux réac’.”

La politique internationale du gouvernement passée au grill au Parlement

Le ministre des Affaires étrangères Jean-Noël Barrot et son homologue des Armées Catherine Vautrin ont défendu lundi la politique étrangère du gouvernement face aux critiques acerbes des députés.Lors d’un débat sans vote au Parlement sur le rôle de la France dans les crises internationales, les accusations ont été multiples: “passivité” vis-à-vis des Etats-Unis qui ont capturé le dirigeant vénézuélien Nicolas Maduro et qui menacent de s’emparer du Groenland, faiblesse vis-à-vis de la République islamique d’Iran qui réprime son peuple, ou à l’égard de l’Algérie qui détient un journaliste français, ou encore dénonciation d’un “double standard” entre l’Ukraine et Gaza.”Notre pays a eu raison de dénoncer l’agression russe contre l’Ukraine (…) Mais pourquoi cette incapacité à appliquer ce même standard lorsque l’auteur de la violation n’est plus Moscou mais Washington à Caracas ou Israël à Gaza? C’est ce double standard qui ruine notre crédibilité”, a ainsi lancé Stéphane Peu (PCF).”La France (…) a refusé tout deux poids deux mesures dans ses positions internationales”, a rétorqué Jean-Noël Barrot.Et de tacler certains députés de LFI pour leurs “indignations sélectives”, “à géométrie variable”, pointant du doigt leur supposé silence sur le peuple vénézuélien qui a subi le joug de Nicolas Maduro et du peuple iranien victime d’une répression sanglante de la part des Mollahs.S’agissant de la faiblesse présumée de la France vis-à-vis de Washington, le ministre a souligné qu’il n’y avait pas d’incompatibilité entre “condamner Nicolas Maduro pour ses crimes et dénoncer les violations internationales”. Et rappelé l’importance de doter la France d’un budget pour qu’elle puisse “peser”.Il n’a en revanche pas répondu à la possibilité de classer comme groupe terroriste le Corps des gardiens de la révolution, bras idéologique du guide suprême iranien, l’ayatollah Ali Khamenei.De son côté, la ministre des Armées a reconnu qu’il y avait urgence à assurer la souveraineté européenne en matière d’espace et de télécommunications, ce qui permettrait de venir en aide aux Iraniens victimes de coupure d’internet.Le débat au Parlement, sans vote et non contraignant pour le gouvernement, doit se poursuivre dans la soirée au Sénat.Il avait été annoncé par le Premier ministre Sébastien Lecornu à la suite de plusieurs demandes en ce sens de la part des groupes de gauche, après l’opération militaire américaine au Venezuela ayant conduit à la capture du président Nicolas Maduro et de son épouse Cilia Flores, le 3 janvier dernier.Le chef du gouvernement français avait souhaité que ce débat soit “un moment” de se poser des questions sur l’autonomie stratégique de la France et comprendre pourquoi la réaction européenne “n’a pas été aussi rapide et aussi forte, peut-être, qu’attendu”.Depuis, l’actualité a largement dépassé le cadre de l’opération américaine au Venezuela notamment en raison des velléités du président américain vis-à-vis du Groenland.Donald Trump a menacé samedi plusieurs pays européens dont la France de surtaxes douanières, ces états ayant répliqué en promettant de rester “unis” et en examinant les différentes ripostes possibles. En France, la classe politique a été unanime pour condamner les annonces américaines.Christophe Weissberg, du groupe Ensemble pour la République, a souligné que “l’époque où Washington se posait en garant de nos processus démocratiques est bel et bien terminée”.  Mais il a appelé à faire “de ce moment de rupture une opportunité historique pour l’Europe”. 

Patrick Balkany renvoyé en correctionnelle pour détournement de fonds publics

L’ancien maire de Levallois-Perret, Patrick Balkany, est attendu le 20 février devant le tribunal correctionnel de Nanterre, qui doit le juger pour détournement de fonds publics, a annoncé le parquet de Nanterre dans un communiqué lundi.L’audience aura pour but de fixer la date du procès au fond de cette affaire concernant des faits qui s’étaient déroulés de janvier 2010 à mai 2015, à l’époque où M. Balkany était encore maire de cette ville des Hauts-de-Seine.Le ministère public précise que l’affaire a débuté en décembre 2012 après un signalement de deux syndicats de policiers municipaux au parquet, qui a décidé d’ouvrir une enquête.Celle-ci a été confiée à la brigade de répression de la délinquance économique de la police judiciaire parisienne. Une information judiciaire a été ouverte en décembre 2013.Mis en examen en juillet 2020 dans ce dossier, l’ancien édile est soupçonné d’avoir utilisé des policiers municipaux comme chauffeur et des véhicules à des fins privées.Le parquet a précisé qu’un non-lieu avait été ordonné concernant des poursuites pour prise illégale d’intérêts et blanchiment, recel de ces mêmes chefs ainsi que complicité et recel de détournement de fonds publics.”Nous serons présents à l’audience, aux côtés de Patrick Balkany, pour contester formellement ces accusations infondées et calomnieuses”, ont réagi auprès de l’AFP Mes Robin Binsard et Romain Dieudonné, avocats de l’ancien maire.Selon Le Parisien, M. Balkany est aussi convoqué le 20 février pour une autre affaire de détournement de fonds publics dans laquelle l’ancien directeur du développement économique de Levallois aurait continué à être rémunéré après avoir pris sa retraite en 2012.Cette seconde affaire n’a pas fait l’objet d’une instruction mais d’une convocation au tribunal par citation directe à l’initiative du parquet, précise le quotidien.”C’est par voie de presse que nous apprenons la convocation dans le second dossier, on saluera l’élégance du parquet qui préfère la presse au code de procédure pénale”, ont ironisé Mes Binsard et Dieudonné.La semaine dernière, le tribunal d’application des peines d’Evreux a accordé à Patrick Balkany, 77 ans, la libération conditionnelle pour les 18 mois de prison qu’il lui reste à purger après sa condamnation en 2023 pour plusieurs délits financiers, une décision dont le parquet a fait appel.Déclaré inéligible par la cour d’appel de Paris en 2023, l’ancien baron des Hauts-de-Seine, figure de la droite dans ce département à l’ouest de Paris, reste très impliqué dans la politique locale, à quelques semaines des élections municipales.

Budget : Lecornu choisit le 49.3 avec “amertume”

“Semi-succès”, “semi-échec”, Sébastien Lecornu s’est résigné lundi à passer par le 49.3 pour faire adopter sans vote le budget de l’Etat à l’Assemblée nationale, espérant échapper aux motions de censure grâce aux concessions faites aux socialistes.Quelques mois après y avoir renoncé pour éviter une censure de ces mêmes députés socialistes, le chef du gouvernement a officialisé, avec “regret” et “un peu d’amertume”, le recours dès “mardi” à l’article 49 alinéa 3 de la Constitution.”Tout le monde en arrive à la conclusion qu’on va dans une impasse”, a argué le chef du gouvernement après un conseil des ministres à l’Elysée, alors que le budget n’avait plus aucune chance d’être adopté par un vote du Parlement.Le 49.3 sera activé mardi sur le volet “recettes” du projet de loi de finances, puis, sauf censure, une deuxième fois quelques jours plus tard sur les “dépenses”. Le texte irait ensuite rapidement au Sénat, puis reviendrait à l’Assemblée pour un troisième et dernier 49.3.Selon le calendrier retenu, un budget définitif pourrait alors être promulgué autour de la mi-février…- “Stabilité” -Après plus de quatre mois de joutes parlementaires, la France aura enfin une loi de finances. Mais c’est aussi un revers sur la forme pour Sébastien Lecornu, contraint de se dédire et de passer en force.Il a lui-même reconnu un “semi-échec”, mais vanté un “semi-succès”, rappelant que le budget de la Sécurité sociale avait pu être approuvé à l’issue d’une procédure parlementaire classique. “Je suis obligé de revenir sur ma parole, mais en même temps, pour tenir parole, il faudrait que je m’entête”, a-t-il justifié.Il a reçu le soutien du président Emmanuel Macron, qui en conseil des ministres a jugé que le compromis permettrait la “stabilité, et “au pays d’avancer”, a rapporté la porte-parole du gouvernement Maud Bregeon.A contrario la présidente du groupe LFI, Mathilde Panot, avait déjà prévenu que ses députés déposeraient en retour une motion de censure du gouvernement, contre “un budget de malheur”.Marine Le Pen, cheffe des députés du Rassemblement national, a elle dénoncé “des annonces irresponsables pour acheter le PS au mépris de l’intérêt national”, et annoncé une autre motion de censure. Et les écologistes “n’ont aucune raison de ne pas censurer”, a annoncé leur patronne Marine Tondelier. Cyrielle Chatelain, patronne des députés, a annoncé que le groupe déciderait mardi avec la copie finale, se demandant si le gouvernement cachait “le coût de la facture, notamment en termes de coupes sur les services publics”.Pour faire passer le budget de l’Etat, le Premier ministre compte sur l’abstention des socialistes, qui est en bonne voie.”Je crois que les conditions sont réunies” pour éviter une censure du PS, a estimé lundi soir le patron des députés Boris Vallaud sur BFMTV.- “Ça suffit” -Les vœux du PS ont en effet été exaucés sur le pouvoir d’achat, avec une hausse de la prime d’activité, mais également sur la jeunesse, avec les repas à un euro pour les étudiants, une hausse des moyens des bailleurs sociaux et du fonds vert…La proposition PS de surtaxe sur les bénéfices de 300 grandes entreprises a aussi été retenue in fine, pour un rendement de 8 milliards d’euros en 2026, comme en 2025.Pour contenir le déficit public à 5% du PIB maximum, un engagement pris “sincèrement”, a répété Sébastien Lecornu, sans augmenter la fiscalité des ménages, la taxation des grandes entreprises a fait office de variable d’ajustement.Et la ministre des Comptes publics Amélie de Montchalin a annoncé le maintien dans le texte d’une taxe visant le patrimoine financier des holdings familiales.Reste que les concessions faites au PS irritent les parlementaires du camp gouvernemental.”Quand vous ponctionnez les entreprises françaises, ça pèse sur les Français”, a regretté dans l’Opinion Marc Fesneau, patron des députés MoDem. “On aurait dû sans doute dire aux socialistes, à un moment +ça suffit+”, a déploré le député, questionnant avec insistance la crédibilité de l’objectif de 5% de déficit.”C’est une évidence, c’est un budget très imparfait”, a estimé Laurent Wauquiez, patron des députés LR qui ne devraient pas pour autant voter la censure.Une source au sein du groupe macroniste déplore elle un “gouvernement tenu par une poignée de députés socialistes”.Au cours d’une conférence de presse, Sébastien Lecornu a assuré avoir répondu aux demandes de Gabriel Attal, le chef de Renaissance, et de Laurent Wauquiez, en renonçant à toucher respectivement aux allègements de charges des entreprises, et en indexant le barème de l’impôt sur le revenu pour suivre l’inflation.

Au procès en appel du RN, les “réponses de Normand” de l’eurodéputé Nicolas Bay

L’eurodéputé Nicolas Bay a admis lundi au procès en appel des assistants parlementaires du Front national que le sien l’avait “aidé” dans “ses activités politiques nationales”, jurant ne pas s’être “rendu compte” qu’il s’agissait d’un détournement: “une réponse de Normand”, a ironisé la présidente de la cour d’appel.Depuis le 31 mars dernier, Nicolas Bay n’est plus conseiller régional de Normandie, sa terre électorale depuis plus de quinze ans.Condamné ce jour-là à trois ans d’inéligibilité avec effet immédiat, il n’était pas parvenu à convaincre le tribunal correctionnel de Paris de la réalité du travail de son assistant Timothée Houssin, embauché au lendemain de son élection au Parlement européen en juin 2014, et dont la rémunération était prise en charge par l’institution communautaire.C’est avec une ligne de défense singulièrement infléchie que celui qui siège toujours dans l’hémicycle de Strasbourg – élu sur la liste Reconquête! en 2024, il s’est depuis éloigné d’Eric Zemmour – s’est présenté lundi après-midi à Paris devant ses juges d’appel.”Je reconnais qu’avec mes activités politiques nationales qui m’accaparaient, Timothée Houssin m’a aidé dans ces tâches-là.” Un aveu? “Je pense en 2025 que ça apparaît comme un détournement aux yeux de tout le monde”, mais “en 2015, ç’aurait été beaucoup moins clair pour beaucoup de monde”, tempère-t-il.La présidente de la cour d’appel, Michèle Agi, le relance: reconnaît-il ces détournements de fonds publics, pour lesquels il est poursuivi aux côtés de Marine Le Pen, le parti d’extrême droite en tant que personne morale, et dix autres anciens eurodéputés et assistants?”A l’époque, je ne me suis pas du tout rendu compte. C’est un tort. L’activité partisane (de mon assistant), je pense que ça répond à la définition de détournement, mais à aucun moment, je n’ai eu l’intention de…”Un mi-oui, mi-non qui a donc suscité le trait d’esprit de la magistrate: “C’est une réponse de Normand!” Et un éclat de rire dans la salle d’audience.- “Zones grises” -La nouvelle défense de l’élu est dans la droite ligne de celle qu’a esquissée Marine Le Pen dès l’ouverture des débats, mardi – le procès doit durer jusqu’au 11 février -, contestant “l’élément intentionnel” de l’infraction, à défaut de nier la matérialité des faits reprochés tel que plaidé lors du premier procès.Mais, s’il est désormais admis que M. Houssin a pu travailler pour le Front national, devenu RN, la réalité de la moindre activité pour son eurodéputé demeure sujette à caution.”Timothée Houssin explique qu’il répondait au courrier mais jamais par écrit! C’est sûr, à l’oral, y’a pas de trace”, constate la magistrate. De même que ces “notes de synthèse”, qui se sont révélées n’être que de simples revues de presse fournies lors de l’instruction.Michèle Agi hausse le ton: “Franchement, ça n’est pas probant comme émanant d’un travail de Timothée Houssin…”A la barre, l’ancien secrétaire général du Front national, aujourd’hui 48 ans, évoque des “zones grises”, reconnaît son “tort” de ne pas avoir suffisamment archivé les documents, son manque de “vigilance”.Mais l’élu apparaît en difficulté lorsque la magistrate lui soumet un “annuaire interne” du FN de l’automne 2014, dans lequel M. Houssin apparaît comme l'”assistant” du… secrétaire général du parti. “Alors que le parti ne devrait même pas connaître Timothée Houssin”, lui fait-elle observer. Une erreur matérielle, suppose Nicolas Bay.C’est l’hypothèse d’un “système”, tel que les juges de première instance l’avaient reconnu, qui est à nouveau interrogée, notamment lorsque la présidente de la cour d’appel rappelle l’évocation par plusieurs témoins d’une réunion au cours de laquelle la présidente du FN, Marine Le Pen, aurait expressément demandé aux eurodéputés de laisser le parti répartir leurs assistants.”Elle ne connaissait aucun de mes assistants: je suis la démonstration qu’il n’y avait pas de consignes”, conteste Nicolas Bay. “Si elle m’avait demandé de le faire, je me serais donc affranchi de cette recommandation et quatre mois plus tard, elle ne m’en aurait tenu aucune rigueur et nommé secrétaire général?”, feint-il d’interroger. “Marine Le Pen n’est pas connue pour manquer d’autorité…”L’intéressée, qui n’était pas présente lundi à l’audience, pourra s’en expliquer mardi: elle est attendue à la barre à 13H30 pour son interrogatoire qui doit s’étaler sur deux jours.

Lionel Jospin “en convalescence” après “une opération sérieuse”

L’ancien Premier ministre socialiste Lionel Jospin a subi “une opération sérieuse” mais il est de retour à son domicile “en convalescence”, a-t-il dit dans une déclaration à l’AFP transmise par son entourage.”A tous ceux qui s’inquiètent de ma santé, je souhaite donner les éléments suivants: j’ai subi une opération sérieuse qui s’est bien passée. Je suis désormais de retour à la maison en convalescence”, a-t-il ajouté dans cette brève déclaration.L’ancien responsable socialiste, candidat malheureux aux élections présidentielles de 1995 et 2002, n’a pas souhaité divulguer de détails sur la nature et la cause de cette opération. Agé de 88 ans, l’ancien chef du gouvernement (1997-2002) était intervenu ponctuellement ces derniers mois pour commenter la situation politique.