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Ecologistes: Eric Piolle élu porte-parole contre le candidat de Tondelier

Le maire de Grenoble, Éric Piolle, a été élu samedi porte-parole des Écologistes, au terme d’un second tour de scrutin interne lors duquel il a devancé Guillaume Hédouin, soutenu par la secrétaire nationale du parti Marine Tondelier.M. Piolle a recueilli 2.607 voix, contre 2.306 voix pour Guillaume Hédouin, selon les résultats annoncés samedi lors de la convention d’investiture qui clôt le Congrès 2025 du parti.Marine Tondelier avait invité expressément les adhérents à choisir Guillaume Hédouin, estimant qu’il s’agissait du vote “le plus stratégique de ce congrès”, et que ce serait “un signal” fort envoyé.Les opposants de la conseillère municipale d’Hénin-Beaumont dénonçaient une volonté d’écarter les personnalités médiatiques des Écologistes du devant de la scène pour mieux l’occuper elle-même.Avant de prononcer son discours de clôture, Mme Tondelier a longuement étreint Éric Piolle à la tribune.”C’est chouette, ça veut dire qu’on va pouvoir travailler ensemble. Et pour moi qui ai fait de la politique locale et nationale, mais de la politique externe toujours, je vais essayer d’amener mon expérience pour, en interne, essayer de faire progresser l’écologie politique”, a réagi M. Piolle auprès de l’AFP.Les tensions internes vont-elle laisser des traces ? “Non, il n’y a pas de raison, puisqu’on partage un objectif commun. Il faut se mettre au service de cet objectif commun, et je pense que tout le monde sera dans cet esprit là”, a-t-il ajouté.Mme Tondelier avait dirigé la campagne de M. Piolle en 2021 lors de la primaire des écologistes en vue de la présidentielle. Le maire de Grenoble avait été éliminé au premier tour, et Yannick Jadot avait été élu au second face à Sandrine Rousseau.A la tête du parti depuis décembre 2022, Mme Tondelier a été réélue le 19 avril, au premier tour, à la tête des Écologistes avec 73% des voix.

2027: si Le Pen est “empêchée”, “je serai son candidat”, pense Bardella

Le président du Rassemblement national Jordan Bardella a affirmé samedi au Parisien qu’il serait soutenu par Marine Le Pen pour la présidentielle de 2027 si l’actuelle patronne des députés RN “devait être empêchée” par la justice de se présenter elle-même.”Il n’y a pas d’ambiguïté sur le fait que Marine Le Pen est ma candidate, et que si elle devait être empêchée demain, je pense pouvoir vous dire que je serai son candidat. Je ne peux pas être plus clair que ça”, a déclaré M. Bardella, invoquant “l’impérieuse nécessité de rester unis et soudés”. Mme Le Pen, qui fut candidate aux présidentielles de 2012, 2017 et 2022, est dans l’attente de son procès en appel qui doit avoir lieu au premier semestre 2026 dans l’affaire des assistants d’eurodéputés. En première instance, elle a été notamment été condamnée à cinq ans d’inéligibilité avec effet immédiat, ce qui oblige le parti à la flamme à préparer un plan B en cas de confirmation de la peine, même si M. Bardella promet d’utiliser “tous les recours possibles” et de “continuer de clamer notre innocence dans cette affaire”.En attendant, l’eurodéputé, que Mme Le Pen souhaitait promouvoir à Matignon en cas de victoire en 2027, “travaille” et se “prépare”, dit-il au Parisien. “Ce qu’on attend d’un potentiel Premier ministre comme d’un candidat à l’élection présidentielle, ce sont des qualités qui sont peu ou prou assez similaires. La fonction est différente. Mais la capacité à rassembler, écouter, comprendre les Français, ce sont des missions que j’ai faites aussi miennes depuis plusieurs mois”, a-t-il expliqué.Mais, a-t-il encore assuré, “je ne ferai pas l’erreur de me pousser du col”. “Je considère que quand Marine est attaquée, je suis attaqué aussi. Nous allons continuer de travailler à deux, main dans la main, dans l’intérêt du mouvement, de nos idées, de notre famille politique”, a-t-il fait valoir, pour déminer de potentielles rumeurs de rivalité entre les deux têtes du parti.M. Bardella a également démenti vouloir, à ce stade, se présenter à la députation, si une nouvelle dissolution était prononcée par Emmanuel Macron.”Je n’ai jamais évoqué les élections législatives avec personne. Il n’est pas prévu au moment où je vous parle, que je sois candidat à des potentielles législatives anticipées”, a-t-il insisté.

Congrès du PS: trois hommes pour un fauteuil de premier secrétaire

Le 81e congrès du Parti socialiste verra s’affronter pour la présidence du parti trois hommes, qui ont officiellement déposé samedi matin leur motion (ou texte d’orientation en termes socialistes), avec un premier vote pour les départager prévu le 27 mai. Le premier secrétaire sortant Olivier Faure, qui a obtenu le plus de parrainages de membres du conseil national sur son texte (145) fera face une nouvelle fois à son rival du congrès de Marseille en 2023 Nicolas Mayer-Rossignol, le maire de Rouen, qui a réuni autour de lui une coalition des anti-Faure, et 126 parrainages. Également présent sur la ligne de départ, le chef des députés Boris Vallaud, qui était auparavant un des soutiens de M. Faure et fait figure d’outsider avec ses 30 parrainages. Si tous sont d’accord pour une rupture avec La France insoumise, les principales différences entre eux résident dans leur stratégie de coalition pour 2027.      “Au Cœur de la Gauche” d’Olivier FaureLe patron du PS actuel défend l’idée d’une “plateforme commune” de “la gauche non mélenchoniste”, pour 2027, “de François Ruffin à Raphaël Glucksmann”, “qui discutera des modalités d’une candidature commune” au lendemain des municipales. “Il n’y a pas de mode d’emploi miraculeux” pour s’accorder sur un nom, écrit M. Faure dans sa motion. “Ce mode de désignation n’est pas tranché et ne pourra l’être qu’avec les partenaires qui auront accepté de s’engager dans ce processus commun”, ajoute-t-il, promettant aux militants socialistes d’avoir “le dernier mot”.Par ailleurs, il ne s’empêche pas d’utiliser “l’outil” de la motion de censure contre le gouvernement, précise l’eurodéputé Pierre Jouvet. “Nous n’aurons aucune complaisance vis-à-vis de politiques qui constituent le carburant de l’extrême droite qui surfe sur toutes les colères”, écrit ainsi M. Faure dans sa motion, réfutant tout “chèque en blanc” à l’actuel exécutif.”Changer pour Gagner”, de Nicolas Mayer-RossignolRésolument anti-LFI, le texte d’orientation qui rassemble le courant du maire de Rouen Nicolas-Mayer Rossignol, celui de la maire de Vaulx-en-Velin Hélène Geoffroy, le député de l’Eure Philippe Brun et le maire de Saint-Ouen Karim Bouamrane, propose d’abord de “se fédérer avec tous ceux qui se revendiquent du socialisme démocratique en commençant par les compagnons de routes dispersés”, comme l’ex-Premier ministre Bernard Cazeneuve ou l’ex-candidat à la présidentielle Benoît Hamon. Cette fédération “donnera le périmètre pour choisir un candidat”, a expliqué Hélène Geoffroy. Ils défendent ensuite “une fédération de la gauche et des écologistes” capable “d’abriter les sensibilités de la gauche républicaine”, incluant par exemple Yannick Jadot et Raphaël Glucksmann, et promettent que les choix d’alliance seront toujours soumis à la décision des militants.Ils revendiquent de refuser “le blocage institutionnel et économique de notre pays”, écrivent-ils, écartant ainsi l’idée d’une censure du gouvernement.”Unir” de Boris VallaudLe chef des députés socialistes, qui veut “réconcilier” le parti, prône en vue de la prochaine présidentielle “un processus en deux temps”, qui passe par “l’affirmation des socialistes” – valeur cardinale des opposants d’Olivier Faure – et “un processus ouvert vis-à-vis de la gauche +de Glucksmann à Ruffin+”, la formule d’Olivier Faure, pour une candidature commune en 2027.”Les militant.es socialistes choisiront d’abord leur candidat ou leur candidate dans leurs rangs, selon une procédure transparente et équitable ; la ou le premier des socialistes choisi devra ensuite se tourner vers le reste de la gauche, les écologistes et les forces vives de la société civile pour gagner ensemble autour d’une candidature commune. Nous ne voulons pas choisir entre l’union et l’affirmation”, résume dans son texte d’orientation M. Vallaud.Pour réformer le parti, dont il estime, comme Nicolas Mayer-Rossignol, qu’il n’a “pas assez travaillé”, il propose la création d'”un institut de formation et de recherche” sur le modèle de l’Institut la Boétie de La France insoumise et d’un “média des socialistes”. Ces propositions ont été reprises aussi par ses concurrents.Que se passe-t-il ensuite?Après une campagne d’un mois dans les fédérations et sections, les trois textes d’orientation seront départagés lors d’un vote des adhérents – le corps électoral est estimé autour de 40.000 personnes – le mardi 27 mai, entre 17H et 22H, en présentiel. Les premiers signataires des deux textes arrivés en tête pourront concourir pour être premier secrétaire du parti, lors d’un second vote le 5 juin. Le résultat sera entériné lors du congrès, prévu du 13 au 15 juin à Nancy.

Jihadistes français détenus en Irak: Darmanin n’a pas annoncé leur rapatriement, selon son entourage

“Il n’y a pas d’annonce de rapatriement” de jihadistes français détenus en Irak, précise samedi à l’AFP l’entourage de Gérald Darmanin, revenant sur des propos du ministre de la Justice publiés vendredi soir dans la Voix du Nord.Lors d’un entretien organisé entre M. Darmanin et des lecteurs du quotidien régional, l’un d’entre eux avait demandé au ministre si l’Etat allait rapatrier trois Nordistes détenus en Irak, condamnés à mort puis à la prison à vie.”Oui, comme c’est le cas pour beaucoup de détenus français dans le monde, en Iran ou ailleurs. Les nationaux doivent terminer leur peine de prison en France”, avait répondu le garde des Sceaux.M. Darmanin ne voulait pas s’exprimer sur des “cas particuliers” et “il n’y a pas d’annonce de rapatriement”, nuance samedi son entourage à l’AFP.”Le ministre a uniquement précisé que de manière générale, les détenus français à l’étranger ont vocation à revenir purger leur peine en France et que les étrangers détenus en France ont vocation à purger leur peine à l’étranger, sans préciser de modalité de délai”.”Il est de la compétence du Quai d’Orsay de gérer ces dossiers”, rappelle la même source. Sollicité dès vendredi soir par l’AFP, le ministère des Affaires étrangères n’a pas réagi aux propos de M. Darmanin.Les déclarations du ministre avaient suscité un vent d’espoir prudent chez des avocats de jihadistes français détenus en Irak.”Les propos du garde des Sceaux vont dans le bon sens mais il reste à les transformer en actes, et vite”, avait ainsi commenté vendredi soir Me Marie Dosé, l’avocate de Djamila Boutoutaou, une Lilloise condamnée à 20 ans de réclusion criminelle en Irak en 2018 et qui serait “gravement malade” en détention.

Présidence de LR: Michel Barnier redit son soutien à Bruno Retailleau en Savoie

L’ancien Premier ministre Michel Barnier a salué vendredi en Savoie la “loyauté”, la “fidélité” et la “détermination” de Bruno Retailleau, en lui assurant de son “vote” dans la course à la présidence des Républicains.L’ancien chef LR du gouvernement s’exprimait lors d’une réunion publique à la Motte-Servolex avec le candidat Bruno Retailleau, arrivé du département voisin de l’Ain où, coiffé cette fois de sa casquette de ministre de l’Intérieur, il a visité un commissariat et une gendarmerie.”Je pense que tous les choix et toutes les sensibilités sont respectables. Je ne suis pas là pour dire qu’il faut voter contre quelqu’un”, a d’abord expliqué M. Barnier devant quelque 300 personnes, à trois semaines du vote (17 et 18 mai) des adhérents LR pour choisir leur nouveau chef entre M. Retailleau et le député de la Haute-Loire Laurent Wauquiez.”Pourquoi je soutiens Bruno ? Moi, j’ai noté trois mots sur mon bout de papier: loyauté, fidélité, détermination”, a enchaîné le Savoyard, évoquant un “compagnon de route” qui a été “un des premiers à (lui) dire oui” pour entrer dans son gouvernement, renversé par l’Assemblée nationale début décembre.  “J’ai déjà dit les raisons personnelles qui font que, sans état d’âme, de tout cœur, je suis à tes côtés, que tu sois le nouveau président des Républicains et puis qu’ensuite, tu saches rassembler tout le monde”, a ensuite dit M. Barnier à l’adresse du ministre de l’Intérieur.L’ancien Premier ministre a aussi estimé que M. Retailleau était en outre l’homme du renouveau du parti des Républicains, pour que “sous (son) impulsion, on continue à regagner centimètre par centimètre, pied à pied, la force que nous avons perdue”, a-t-il ajouté.Répondant à son interlocuteur, Bruno Retailleau a dit vouloir faire de LR un parti “moderne, populaire, patriote – sans oublier l’Europe”, mais aussi celui “de la revalorisation du travail”, en soulignant la nécessité de “rassembler sur une politique de bon sens”.”Moi je me présente contre personne. Voter, ce n’est pas diviser”, a-t-il encore dit.Comme à plusieurs reprises ces dernières semaines, M. Retailleau profite géographiquement de déplacements comme ministre de l’Intérieur pour ensuite tenir des réunions publiques en tant que candidat à la présidence LR. Ce vendredi, il a successivement visité un commissariat de police à Bourg-en-Bresse, tenu une réunion publique à Châtillon-sur-Chalaronne où il a ensuite inauguré une caserne de gendarmerie, avant de terminer sa journée par la réunion publique à la Motte-Servolex.

L’Etat va rapatrier des jihadistes français détenus en Irak, affirme Darmanin

L’Etat va rapatrier des jihadistes français détenus en Irak, qui demandent depuis longtemps à purger leur peine en France, affirme le ministre de la Justice Gérald Darmanin dans un entretien avec des lecteurs de la Voix du Nord publié vendredi soir.Au cours de cet entretien, un lecteur du quotidien régional a demandé à M. Darmanin si l’Etat allait rapatrier trois Nordistes détenus en Irak, condamnés à mort puis à la prison à vie. Le ministre a répondu: “Oui, comme c’est le cas pour beaucoup de détenus français dans le monde, en Iran ou ailleurs”. “Les nationaux doivent terminer leur peine de prison en France. J’estime qu’on ne peut pas demander à l’Algérie, au Maroc ou aux États-Unis de reprendre leurs nationaux touchés par une OQTF et refuser de faire revenir les Français détenus à l’étranger”, ajoute-t-il, sans donner plus de précisions sur les modalités de ces éventuels rapatriements.Le ministère des Affaires étrangères n’a pas répondu dans l’immédiat aux sollicitations de l’AFP pour réagir aux propos de M. Darmanin.”Les propos du garde des Sceaux vont dans le bon sens mais il reste à les transformer en actes, et vite”, a commenté auprès de l’AFP Marie Dosé, l’avocate de Djamila Boutoutaou, qui a écopé de 20 ans de réclusion criminelle en Irak en avril 2018. Sa cliente “est gravement malade et doit être rapatriée de toute urgence”, a insisté Me Dosé, soulignant avoir “sollicité son transfert à maintes reprises, en vain”.De “nombreux motifs” justifient le transfert de ces détenus, a abondé Me Richard Sédillot, qui défend trois jihadistes français condamnés en Irak, dont le Nordiste Vianney Ouraghi. Leur “réinsertion” est alors “beaucoup plus simple à organiser”, avec notamment la visite de leurs proches, a-t-il plaidé. “Leur présence en France permet aussi aux magistrats français de les entendre”, alors que ces personnes sont visées par d’autres enquêtes en cours à Paris, a-t-il encore relevé.Me Sédillot a également souligné les “conditions indignes” de détention de ses clients, alors qu’une juge d’instruction enquête actuellement depuis Paris sur des soupçons de tortures sur six Français condamnés et détenus à Bagdad.

Emmanuel Macron s’est recueilli devant la dépouille du pape 

Le président Emmanuel Macron et son épouse Brigitte, vêtus de noir, se sont recueillis vendredi devant la dépouille du pape François, exposée à la basilique Saint-Pierre de Rome, a constaté l’AFP.Les mains croisées, ils sont restés un instant sur le côté gauche du cercueil, entouré des gardes suisses, pendant que les fidèles et touristes défilaient sans discontinuer dans l’espace qui leur est réservé. Tous deux ont incliné le chef à plusieurs reprises et Brigitte Macron s’est signée.Comme plus de 50 autres chefs d’État, Emmanuel Macron assistera samedi aux obsèques du jésuite argentin sur la place Saint-Pierre de Rome.Le président français a écourté sa tournée dans l’océan Indien afin de pouvoir être présent aux obsèques du souverain pontife, dont Emmanuel Macron n’a cessé de solliciter les bonnes grâces depuis son accession à l’Élysée, en dépit de nombreux désaccords, notamment sur l’IVG et la fin de vie.Les deux hommes avaient depuis appris à se connaître à l’occasion notamment de six échanges en tête-à-tête, durant lesquels le Français tutoyait volontiers l’Argentin.Leur dernière entrevue remonte à décembre, à l’occasion d’une visite papale éclair en Corse, troisième déplacement en France pour François, qui n’y a effectué aucune visite officielle durant ses douze ans de pontificat.”C’est un grand honneur (…) de vous accueillir”, lui avait assuré Emmanuel Macron, qui avait fait l’aller-retour spécialement pour cette rencontre à l’aéroport d’Ajaccio. Sans revenir sur le plaidoyer du pape, au pays de la séparation de l’Église et de l’État, pour une laïcité “pas statique et figée”.Sans rancune non plus, une semaine après que François eut décliné l’invitation à la réouverture de Notre-Dame.Emmanuel Macron, natif d’Amiens, baptisé à sa demande à l’âge de 12 ans, se définit aujourd’hui comme agnostique, avec la part de questionnement que cela implique.

Bétharram: la fille de Bayrou confirme qu’il a rencontré un juge en 1998

La fille de François Bayrou a confirmé que son père avait bien rencontré, en 1998, le juge chargé d’enquêter sur un viol à Bétharram pour évoquer l’affaire, un épisode que le Premier ministre a d’abord nié avant de changer de version.”Il ne s’en souvient pas, je pense, mais je suis là le soir où il rentre de chez le juge Mirande, on est là tout seuls tous les deux et il me dit +ne le répète surtout pas, j’ai juré d’être dans le secret de l’instruction+”, a déclaré Hélène Perlant lors d’une émission de Mediapart.Interrogé l’an dernier dans la presse sur cet épisode, rapporté par l’ex-juge Christian Mirande, François Bayrou l’avait d’abord nié.Mais depuis qu’il a été mis sous pression politique dans cette affaire, il a changé de version, évoquant une rencontre fortuite avec le magistrat, domicilié comme lui à Bordères près de Pau, alors qu’il enquêtait en 1998 sur un viol impliquant un religieux de Bétharram, le père Carricart.”C’est mon voisin depuis cinquante ans dans mon village. Il s’agit d’une amitié de longue date, avant même qu’il ne soit magistrat. Est-ce que nous avons pu parler de cette affaire ? Sans doute, oui”, déclarait ainsi M. Bayrou le 18 février à l’Assemblée nationale.”Nous avons pu parler de l’ambiance, de l’établissement (Notre-Dame-de-Bétharram, NDLR), jamais du dossier”, avait-il ajouté.Selon l’entourage du Premier ministre, les déclarations de sa fille ne changent rien à cette position.- “Voisins” -“Comme le juge Christian Mirande et François Bayrou l’ont déjà dit à plusieurs reprises, ils se sont en effet rencontrés à cette époque, puisqu’ils sont voisins”, a déclaré vendredi un proche de ce dernier à l’AFP.D’après Hélène Perlant, qui avait 26 ans à l’époque, elle et son père ont parlé, ce soir-là, des accusations visant le père Carricart, un ancien directeur de l’établissement scolaire catholique du Béarn, qui venait d’être mis en examen pour viol et placé en détention provisoire.”Est-ce que tu crois possible ça ?”, lui a-t-il demandé. “On est resté là. Je lui ai dit +écoute…+. Et il m’a dit: +il est en prison, qu’il y reste+”, a-t-elle relaté devant la caméra de Mediapart.”La presse locale s’était fait l’écho de cette incarcération”, commente l’entourage du chef du gouvernement, “il est donc logique” que François Bayrou et le juge Mirande “aient parlé de cette affaire” à l’époque.Quant aux propos tenus au sujet du père Carricart d’après Hélène Perlant, ils “montrent, pour ceux qui en auraient douté, que François Bayrou n’a eu aucune complaisance” vis-à-vis du religieux, “comme certains se prêtent à vouloir le faire croire”, souligne la même source.- Secret de l’instruction -Pour le député Paul Vannier (La France insoumise), co-rapporteur de la commission d’enquête parlementaire née du scandale, ces déclarations “contredisent”, au contraire, “les propos du Premier ministre”.”Il était bien informé des violences sexuelles à Bétharram dès 1998 et est intervenu dans une procédure judiciaire en cours, en violation du secret de l’instruction”, a-t-il jugé vendredi auprès de l’AFP.Selon l’entourage de François Bayrou, la précision apportée par sa fille sur la période de la rencontre avec le juge, postérieure à la mise en cause du père Carricart, montre plutôt qu’il “n’y a pas eu d’intervention” de sa part dans l’affaire, “ni de violation du secret de l’instruction puisque l’affaire était publique”.Le chef du gouvernement doit être entendu le 14 mai, sous serment, par la commission d’enquête parlementaire devant laquelle l’ex-juge Mirande a déjà témoigné le 10 avril, de même qu’un ancien gendarme chargé de l’enquête sur le viol en 1998.Ce dernier témoin affirme que le juge Mirande lui avait parlé, à l’époque, d’une “intervention” de François Bayrou auprès du procureur général de Pau dans le dossier Carricart. Le Premier ministre a démenti à plusieurs reprises.Hélène Perlant, née Bayrou, a été scolarisée au lycée à Bétharram. Dans un livre consacré à l’affaire paru jeudi, elle a révélé son passage à tabac, lors d’une colonie de vacances, par un curé qui organisait celle-ci et officiait par ailleurs au collège de filles d’Igon, géré par une congrégation religieuse historiquement et étroitement liée à celle des pères de Bétharram. mer-leo-bpa-ppy/jed/hdz

Congrès du PS: les deux principaux courants persuadés de pouvoir l’emporter

Les deux principaux courants du Parti socialiste en lice pour le congrès, celui du premier secrétaire sortant Olivier Faure et celui du maire de Rouen Nicolas Mayer-Rossignol, se sont dit vendredi convaincus de gagner, à quelques heures du dépôt formel de leurs textes d’orientation, samedi.  “Nous sommes en situation de gagner”, a assuré Nicolas Mayer-Rossignol, lors d’une conférence de presse vendredi à Paris avec les membres de son courant. Le maire de Rouen a été désigné la veille candidat à la présidence du PS lors du futur congrès, au nom de la motion des principaux opposants à Olivier Faure, à l’issue d’une fusion de trois courants internes.M. Mayer-Rossignol a dit se voir comme “animateur d’un collectif”, composé notamment de la maire de Vaulx-en-Velin Hélène Geoffroy, du député Philippe Brun, de la présidente d’Occitanie Carole Delga et du maire de Saint-Ouen Karim Bouamrane.”On n’est pas anti-Faure, on est anti-flou”, a-t-il déclaré, insistant sur “la clarté” de son projet et la nécessité de “changement”, après huit ans de présidence d’Olivier Faure. “On va rassembler une majorité de militants socialistes”, a également assuré Hélène Geoffroy, pour “remettre le PS au travail” et “construire une gauche de gouvernement”.Leur courant aura samedi “autour de 122 parrainages” de membres du conseil national, a précisé l’ex-sénateur David Assouline.Le courant d’Olivier Faure dispose de son côté de 150 signataires, a indiqué l’eurodéputé Pierre Jouvet, lors d’une conférence de presse en visio, avec “une dynamique sur le terrain”, confortée par la venue “d’adhérents nouveaux sur une ligne politique d’un PS clairement de gauche”. “Nous avons une ligne cohérente autour de la stratégie de rassemblement de la gauche”, et “incarnée avec une cohésion d’équipe autour de la figure d’Olivier Faure”, a insisté le président du département de Haute-Garonne Sébastien Vincini, assurant qu'”avec ce que nous portons, on va gagner ce congrès”.Olivier Faure, qui a obtenu récemment le soutien de la maire de Lille et figure du PS Martine Aubry, et de l’ancien Premier ministre Jean-Marc Ayrault, a également reçu vendredi l’appui du courant de l’aile gauche du parti, qui veut “transformer” le parti “dans son fonctionnement” et “l’ancrer solidement à gauche”, a expliqué le député Paul Christophle.Sur la stratégie pour la présidentielle, principal désaccord entre les deux courants, Olivier Faure prône une plateforme de la gauche non mélenchoniste allant de François Ruffin à Raphaël Glucksmann. Dans l’autre camp, on veut créer “une grande fédération des socialistes au sens large”, y compris ceux qui ont quitté le parti, qui “donnera le périmètre pour choisir un candidat”, a expliqué Hélène Geoffroy. Les deux camps espèrent encore pouvoir attirer dans leurs filets Boris Vallaud, le chef des députés socialistes qui doit également déposer samedi un texte d’orientation.Le maire de Saint-Ouen, Karim Bouamrane l’a notamment invité à arrêter “de faire cette espèce de grand écart”, entre ses deux rivaux. 

La lutte contre la pollution de l’air progresse, l’Etat évite une nouvelle condamnation

L’État, condamné à plusieurs reprises depuis 2017 pour ses manquements sur la pollution de l’air, a vu ses efforts récompensés vendredi par le Conseil d’Etat qui a refusé de lui imposer une nouvelle astreinte financière réclamée par des associations environnementales.”Le Conseil d’Etat semble encourager les progrès lents mais réels de l’Etat en pariant sur un respect de sa décision dans un avenir proche”, s’inquiète l’avocat des Amis de la Terre, l’association à l’origine de l’affaire.Alors que certaines mesures antipollutions, comme le développement des Zones à faibles émissions (ZFE), sont menacées, “le quitus donné à l’administration semble bien fragile”, estime Me Louis Cofflard, joint par l’AFP. D’autant que les seuils de pollution ne sont pas encore conformes à Lyon et à Paris, souligne-t-il.La pollution de l’air, qui cause de l’asthme, des cancers du poumon ou des maladies cardiaques, est responsable de 40.000 décès prématurés par an, selon Santé Publique France.Mais avec le déclin du diesel, la création de ZFE dans une quarantaine d’agglomérations, ou encore les incitations au chauffage moins polluant, les émissions nationales d’oxydes d’azote (NOx) n’ont cessé de décliner, atteignant en 2024 un minima depuis au moins 1990.Résultat, “plus aucune zone” en métropole “ne dépasse les seuils de pollution aux particules fines (PM10) et le seuil de pollution au dioxyde d’azote (NO2) est quasiment respecté à Lyon et proche de l’être à Paris”, écrit vendredi le Conseil d’État dans un communiqué.La plus haute juridiction administrative française conclut que “les mesures prises pour respecter les seuils de pollution ont porté leurs fruits” et que l’Etat a donc bien “exécuté (…) dans sa totalité” les obligations contenues dans sa première condamnation de 2017.”Cette décision conforte notre action”, se félicite Agnès Pannier-Runacher, ministre de la Transition écologique, dans une déclaration à l’AFP.”Nous devons poursuivre nos efforts pour protéger les plus vulnérables qui sont les premiers touchés par ces pollutions”, ajoute la ministre. Elle réunira le 12 mai ses homologues chargés de l’Aménagement du territoire et de la Santé avec des élus d’agglomérations encore trop polluées.Ce “Roquelaure de la qualité de l’air”, du nom de l’hôtel particulier abritant son ministère, se veut entre autres une réponse aux menaces contre les ZFE, accusées à droite de pénaliser les ménages n’ayant pas les moyens d’acheter des voitures plus propres.En mars, une commission de l’Assemblée nationale a adopté leur suppression, contre l’avis du gouvernement.- Lyon et Paris -La décision rendue vendredi clôt pour l’heure un long bras de fer de huit ans. En juillet 2017, le Conseil, saisi par Les Amis de la Terre, avait enjoint l’État de mettre en œuvre des plans de réduction des niveaux de PM10 (particules de moins de 10 microns) et de NO2 (fortement associé au trafic routier) dans treize zones. Jugeant les efforts insuffisants, les magistrats avaient condamné l’Etat en 2021 et 2022 à payer trois astreintes de dix millions d’euros par semestre de non-respect du jugement. Une nouvelle condamnation était intervenue en 2023 à verser deux astreintes, réduites à 5 millions par semestre car seules les agglomérations lyonnaise et parisienne étaient encore défaillantes.Désormais à Lyon, “seule une station de mesure a présenté une concentration” de dioxyde d’azote “en dépassement en 2023, “mais celle-ci devrait respecter le seuil de 40 μg/m3 en 2024”, note le Conseil d’État.Concernant Paris, “trois stations de mesures sont encore en situation de dépassement en 2024” pour le NO2, “deux devraient l’être encore en 2025 et plus aucune en 2026”, note encore le Conseil.Malgré ces dépassements, le Conseil d’État estime que sa décision de 2017 est respectée car des mesures “précises et ayant vocation à prolonger la dynamique de réduction” dans la région parisienne ont été prises.Notamment la restriction de circulations depuis le 1er janvier des véhicules Crit’Air 3 et l’adoption en janvier du 4e plan de protection de l’atmosphère d’Île-de-France, qui prévoit des baisses de vitesses maximales sur certains axes.