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Macron appelle à faire plus en matière de défense, envoie plus de militaires au Groenland

“Plus vite et plus fort”. Emmanuel Macron a appelé jeudi la France et ses armées à consentir “des efforts à la mesure de notre rude époque” et annoncé, face à des alliés américains devenus des “compétiteurs” inattendus, l’envoi de nouveaux “moyens terrestres, aériens et maritimes” au Groenland.”Pour être puissant dans ce monde si brutal, il faut faire plus vite et faire plus fort”, a déclaré le chef de l’Etat en présentant ses voeux aux armées sur la base aérienne d’Istres (Bouches-du-Rhône), dans la foulée d’un conseil de défense à l’Elysée consacré à la situation au Groenland et en Iran.Dans un contexte de tension transatlantique inédit au sein de l’Otan, la France va envoyer des moyens supplémentaires, dans le cadre d’une mission européenne, “dans les prochains jours” au Groenland, territoire autonome danois convoité par les Etats-Unis.Une “quinzaine” de chasseurs alpins français ont déjà été mobilisés pour cette “opération de “dissuasion” visant à “montrer aux États-Unis que l’Otan est présente”, avait précisé un peu plus tôt sur franceinfo l’ambassadeur de France pour les pôles, Olivier Poivre d’Arvor.”Des certitudes qui parfois avaient des décennies sont remises en cause (…) L’Europe a des compétiteurs qu’elle ne pensait pas voir. Elle a parfois des alliés qu’on pensait prévisibles, impavides, toujours à nos côtés, qui se mettent à faire douter beaucoup, voire qui se retournent vers ceux qui doutaient le moins”, a lancé Emmanuel Macron dans une allusion au Danemark et aux pays de l’Est européen.Donald Trump, invoquant des nécessités de sécurité nationale face à des menaces russes et chinoises, menace de s’emparer du Groenland par tous les moyens, y compris la force si nécessaire.- Renseignement français -Le chef de l’Etat a aussi appelé le Parlement à “adopter d’ici le 14 juillet” l’actualisation de la loi de programmation militaire 2024-2030, qui prévoit actuellement 413 milliards d’euros, afin de renforcer les moyens de la défense.Il réclame 36 mds d’euros de plus d’ici 2030 pour les armées “pour accélérer notre réarmement”, dont une rallonge de 3,5 mds dès cette année et une autre de 3 mds l’an prochain.Cette “surmarche” est toutefois suspendue pour 2026 à l’adoption d’un budget toujours dans les limbes.L’actualisation de la LPM a déjà été plusieurs fois reportée. Avec cette trajectoire, le budget de la défense aura quasiment doublé sous les deux mandats d’Emmanuel Macron pour atteindre 64 mds d’euros annuels dès 2027 et non plus 2030.En Ukraine, la France et ses partenaires européens sont pleinement mobilisés en appui de l’armée ukrainienne et pour le déploiement d’une force multinationale destinée à dissuader la Russie de toute nouvelle attaque le jour où une paix sera conclue, a-t-il souligné.Emmanuel Macron a affirmé au passage que la France fournissait désormais à l’Ukraine “les deux tiers” des “capacités de renseignement” nécessaires face à la Russie – là où les Etats-Unis étaient auparavant prépondérants – ajoutant que les 34 pays de la Coalition des volontaires finançaient “100%” des moyens accordés à Kiev.- “Dans le jardin de l’Europe” -Sur l’Iran, la France a “appelé à la cessation” des attaques “odieuses” contre les manifestants mais aussi à “ne pas escalader dans la région”, a-t-il insisté, alors que Donald Trump menace de recourir à la force contre le régime des mollahs.Le président délégué du groupe RN à l’Assemblée, Jean-Philippe Tanguy, a appelé Emmanuel Macron à “parler aux Français directement” pour expliquer “la position de la France” sur le Groenland et le soulèvement populaire en Iran.Le patron du PS Olivier Faure a pour sa part salué l’initiative européenne au Groenland. “On a aujourd’hui la nécessité tout simplement de faire en sorte que des limites soient fixées à la volonté de toute puissance de Donald Trump qui finit par considérer que l’Europe est son jardin”, a-t-il dit.Le chef de l’État a aussi fait de la restauration du service national, rémunéré et volontaire, un de ses chantiers pour 2026.Les armées comptent enrôler 3.000 candidats cette année, 4.000 en 2027, 10.000 en 2030 avec 42.500 comme ambition en 2035.Au retour, Emmanuel Macron embarquera à bord d’un avion ravitailleur et de transport de troupes – un Airbus A330 MRTT (Multirole Tanker Transport) – piloté par l’astronaute Thomas Pesquet, à destination d’Orly.L’ex-commandant de la Station spatiale internationale est depuis 2024 colonel de réserve dans l’armée de l’Air, affecté à Istres, et a “tous les brevets et diplômes pour piloter un MRTT”, a précisé l’Élysée.

RSF relance ses accusations contre CNews et saisit formellement l’Arcom

L’organisation Reporters sans frontières (RSF) a formellement saisi jeudi le régulateur de l’audiovisuel, l’Arcom, lui demandant de sanctionner des “manquements flagrants” en “matière de pluralisme” sur la chaîne d’information CNews, dans le giron du milliardaire conservateur Vincent Bolloré.Comme annoncé fin novembre, l’organisation a transmis sa saisine, document de 112 pages de l’avocat Patrice Spinosi, qui fait “la démonstration factuelle et juridique des nombreux manquements documentés par RSF en matière de pluralisme du CNews”, selon son directeur général Thibaut Bruttin.Dans un communiqué, ce dernier cite “la diversité des intervenants, avec un traitement de faveur édifiant en faveur de la droite et de l’extrême droite”, “la variété des sujets traités à l’antenne, où une poignée de thèmes, prisés par ces mêmes courants, occupe une part significative de la couverture” et le “traitement monolithique de certains sujets, sans aucune place accordée à la nuance ou à d’autres points de vue”.Fin novembre, RSF avait annoncé cette saisine en accusant notamment CNews de contourner les règles sur le pluralisme politique en reléguant les responsables de gauche la nuit et en offrant les meilleurs temps d’antenne, soit les tranches 7-10H et 18-21H, à des responsables d’extrême droite. Elle fournissait des données chiffrées sur mars 2025.Mais dès le lendemain, l’Arcom avait annoncé n’avoir pas constaté de manquement au pluralisme sur la chaîne pendant la période visée. “On respecte scrupuleusement les temps de parole. La preuve, c’est que l’Arcom l’a confirmé”, a souligné le directeur général de Canal+ France, Gérald-Brice Viret, jeudi devant l’Association des journalistes médias, peu avant l’annonce de RSF.”Qu’on traite plus un sujet qu’un autre, c’est un choix éditorial” mais “il y a une trentaine de thèmes chaque jour” sur l’antenne, a-t-il ajouté, en récusant que CNews ait selon lui “une ligne politique”.RSF maintient qu’il y a “des déséquilibres répétés”. L’ONG a élargi sa plainte aux mois de janvier et février 2025 pour couvrir un trimestre. Elle s’appuie aussi dans son communiqué sur des enquêtes qui ont été menées depuis novembre sur les sites de Libération et Mediapart, et tendent à confirmer ses conclusions.Jeudi lors du festival Médias en Seine, le président de l’Arcom, Martin Ajdari, a pris acte de ce “nouveau dossier sur la table”. Il a rappelé que depuis une décision du Conseil d’État de 2024, le régulateur doit contrôler de façon plus large le pluralisme.L’Arcom s’intéresse désormais à “la diversité des invités, la variété des thèmes traités à l’antenne (et) la pluralité des opinions exprimées”. Or “aucune chaîne, aucune station ne dispose à ce stade d’un outil plus ou moins automatisé de mesure, dans la durée, des opinions exprimées à l’antenne”.”Les règles sur le pluralisme ne sont pas comprises par les Français! Nous avons un gros effort de pédagogie à faire”, a-t-il reconnu dans un entretien au Monde.

Procès RN: la question procédurale de Le Pen sera tranchée lors du délibéré

La cour d’appel de Paris a indiqué jeudi qu’elle se prononcerait lors du délibéré du procès des assistants d’eurodéputés du Front national sur la question procédurale complexe soulevée mercredi par la défense de Marine Le Pen.”La cour joint l’incident au fond”, a déclaré sa présidente Michèle Agi.La défense de la cheffe de file de l’extrême droite a soulevé mercredi un embrouillamini né de l’ordonnance de renvoi devant le tribunal correctionnel (ORTC), ce document récapitulant le dossier et énumérant les charges dont les magistrats sont saisis à l’audience pour mener le procès.Dans l’affaire des assistants parlementaires d’eurodéputés FN, les juges de première instance avaient pris en compte un tableau annexe, non signé, listant l’ensemble des contrats, quand bien même certains n’avaient pas donné lieu à des mises en examen d’assistants.Le tribunal avait jugé que le document était suffisant pour poursuivre Marine Le Pen en tant que présidente du parti pour complicité de détournement de fonds pour l’ensemble des contrats.Or, pour l’avocat de Marine Le Pen, Me Rodolphe Bosselut, “ça a abouti à une aggravation de la situation pénale” de sa cliente, “pour une valeur complémentaire de détournements supposés d’1,4 million d’euros”, a-t-il plaidé mercredi.Dans le jugement de première instance du 31 mars 2025, le préjudice économique final du Parlement européen a été  porté à 3,2 millions d’euros, une fois déduit 1,1 million d’euros de fonds indûment versés mais déjà remboursés par une partie des prévenus.Représentant l’accusation, les avocats généraux ont également considéré lors des débats de mercredi qu’en première instance, le tribunal correctionnel de Paris a “surestimé” les charges dont il était saisi.Marine Le Pen, le Rassemblement national et dix autres personnes sont jugés en appel jusqu’au 11 février dans ce procès décisif pour sa candidature à la présidentielle de 2027.

Lombard maintient que des milliers de Français aisés échappent à l’impôt sur le revenu

L’ancien ministre de l’Economie, Eric Lombard, a réaffirmé jeudi que des milliers de Français aisés ne paient pas l’impôt sur le revenu, soulignant qu’une mesure avait été discutée lors du budget 2025 mais ne faisait pas “partie des priorités”, notamment du Parti socialiste.”Nous en avons parlé l’année dernière dans la préparation du budget puisque nous avions même un outil fiscal sur lequel nous avions travaillé” et “entamé le dialogue”, a souligné l’ancien ministre de l’Economie et des Finances, sur la chaîne Public Sénat.”Le gouvernement à la fin ne l’a pas soutenu”, a-t-il souligné, ajoutant que “dans la négociation (…) ça n’a pas fait partie des priorités” du Parti socialiste.”Ils ont mis en priorité, par exemple les retraites”, et “beaucoup d’éléments ont été accordés au Parti socialiste sur l’autel de cette négociation à l’époque pour obtenir une non-censure”, a précisé l’ex-ministre.Eric Lombard avait affirmé dimanche au journal Libération que des “milliers” de personnes fortunées ne paient “aucun impôt sur le revenu”. Ses propos avaient été démentis mercredi par la ministre des Comptes publics, Amélie de Montchalin.Eric Lombard a toutefois maintenu ses dires: “nous savons que, de plus en plus, se sont développées pour un certain nombre de personnes ayant des revenus importants et des patrimoines importants, des techniques légales mais qui permettent de baisser fortement la base fiscale. Et c’est documenté”.”Je ne parle pas forcément des ultra riches, ça peut concerner par exemple des professions libérales”, dont les revenus autrefois “étaient encaissés sous forme de salaire ou d’honoraires”, mais pour lesquels “l’habitude s’est répandue” de le faire “dans des sociétés”, car “la fiscalité des sociétés est plus avantageuse que la fiscalité des personnes”.Le président de la commission des Finances de l’Assemblée nationale, Eric Coquerel, a demandé des documents à Bercy, qu’il ira chercher “d’ici lundi”, a-t-il précisé sur le réseau X jeudi.L’actuel ministre de l’Economie et des Finances, Roland Lescure, a dit jeudi matin sur France Inter qu'”il n’y a pas de papier qui explique qu’il y a des milliers de Français qui ne payent pas d’impôts”.”Ce qui est vrai, en revanche (…) et c’est pour ça qu’on a mis la taxe holding dans le budget, c’est qu’il y a des contribuables aujourd’hui qui font ce qu’on appelle de l’optimisation fiscale et qui payent moins d’impôts que ce qu’ils devraient”, a-t-il ajouté.

Mercosur: échec des motions de censure LFI et RN

L’Assemblée nationale a rejeté mercredi les motions de censure déposées par La France insoumise et le RN contre le gouvernement de Sébastien Lecornu pour protester contre la signature samedi du traité de libre-échange entre l’Union européenne et des pays latino-américains du Mercosur.Malgré l’opposition unanime de la classe politique à l’accord, la motion LFI a obtenu 256 voix, et celle du RN 142, quand 288 étaient nécessaires.Le RN et son allié l’UDR, LFI, la majorité des écologistes et des députés du groupe communiste ont voté celle des Insoumis, la droite et le PS refusant de s’y associer.Si la France a voté contre la signature de l’accord la semaine dernière, l’extrême droite et la gauche hors PS ont dénoncé une “opposition de façade” ayant échoué à faire barrage à l’accord. Le Premier ministre a lui fustigé “les tireurs couchés” qui “tirent dans le dos de l’exécutif” avec des motions de censure alors que le pays doit “affronter des dérèglements internationaux”.”Pendant des années, non seulement vous ne vous êtes pas opposés à cet accord, mais vous l’avez soutenu”, a fustigé la cheffe des députés Insoumis, Mathilde Panot, dans une motion dénonçant plus largement la politique de l’exécutif, accusé de propager une “ruine (…) économique” mais aussi “morale”.L’oratrice du Rassemblement national, Hélène Laporte, a elle critiqué un accord dont l’agriculture française sera “la grande perdante” et sur lequel le président de la République a selon elle multiplié les “déclarations contradictoires”.”Depuis un an, le Rassemblement national le martèle, la France doit saisir la Cour de justice de l’Union européenne (CJUE) concernant la scission de l’accord manifestement contraire au mandat de négociation” et qui a permis de “soustraire la partie commerciale de l’accord à la règle de l’unanimité”, a-t-elle jugé.Des critiques balayées par M. Lecornu, rappelant l’opposition de la France au traité et accusant LR et LFI de nourrir la “division” quand toute “l’équipe de France” devrait tirer dans le même sens pour convaincre le Parlement européen de s’y opposer.- “Dernier kilomètre” -Les eurodéputés doivent voter le 21 janvier sur une éventuelle saisine de la Cour de justice de l’Union européenne. Ce scrutin est distinct du vote final du Parlement sur l’ensemble de l’accord, qui n’est pas attendu avant le mois de février au plus tôt.”Dans ce dernier kilomètre, le temps n’est pas à la division, le temps n’est pas à tergiverser, le temps est à l’unité dans le combat”, a souligné le député PS Dominique Potier. Les socialistes ont écrit mercredi à M. Lecornu pour lui demander “d’entamer des démarches de saisine” de la CJUE pour en recueillir l’avis préalable.”Faire tomber un gouvernement dans cette période serait prendre la décision d’affaiblir la France encore un peu plus”, alors que “nos agriculteurs ont besoin de visibilité” et les entreprises de “stabilité”, a fait valoir Ian Boucard (LR).Sur le réseau social X, Marine Le Pen a accusé “les partis de l’UMPS” d’avoir “refusé de censurer le gouvernement qu’ils soutiennent”. Des représentants du monde agricole, qui avaient manifesté en nombre mardi devant l’Assemblée nationale, se sont retirés de la capitale mercredi matin après avoir pour certains passé la nuit devant ses grilles. Au milieu d’autres concessions, le Premier ministre leur a notamment promis une nouvelle loi d’urgence agricole devant être examinée “avant l’été”. Le rejet de ces motions va permettre de laisser place à la discussion budgétaire, sur laquelle le gouvernement est toujours à la recherche d’un compromis sur le fond avec le PS, clé de sa survie.

À Dijon, l’héritière de François Rebsamen face à une rude concurrence

Au moins six listes contre elle: la maire PS de Dijon, Nathalie Koenders, aura fort à faire pour prouver que le départ de son mentor, le Macron-compatible François Rebsamen, ne sonnera pas le glas de 25 ans de socialisme local.L’édile a annoncé sa candidature mercredi soir. Elle “incarne à la fois la fidélité à une histoire collective – celle de la transformation de Dijon engagée par François Rebsamen depuis 2001 – et le renouveau”, assure un communiqué de ses services.Première adjointe à la Cité des Ducs, Mme Koenders avait été catapultée à la tête de la ville par l’ancien maire PS, François Rebsamen, fin 2024. Ce chantre de la sociale-démocratie devenu macroniste dès 2022 avait alors démissionné, pour rejoindre le gouvernement de François Bayrou.Depuis, les opposants de la dauphine de “Rebs” parient que le socialisme dijonnais ne survivra pas au départ de cet ancien “éléphant” du PS qui en a été le secrétaire national. Ce proche du président socialiste François Hollande, dont il a été ministre, était un habitué des réélections faciles à Dijon. Mais Nathalie Koenders n’a pas ce même passé de fin limier de la politique. Et, à 48 ans, elle affronte sa première candidature de maire en devant répondre de la gestion de son prédécesseur.”La municipalité est rattrapée par son bilan”, assurait récemment son adversaire le plus sérieux, Emmanuel Bichot, investi par LR, qui fait de la sécurité son thème central, comme la plupart des candidats.”Le narcotrafic met la ville à feu et à sang”, répète-t-il à l’envi, dans une allusion à la récente vague de violences qu’a connue cette ville de 160.000 habitants jusqu’alors largement paisible. Dans un bref entretien télévisé sur France3, mercredi soir, la maire sortante a indiqué que, elle aussi, axera sa campagne sur “la sécurité”, “la première des libertés”.Emmanuel Bichot avait recueilli 19,9% au premier tour des municipales de 2020, deux fois moins que François Rebsamen (38%), et il avait été largement battu dans une triangulaire au second tour (35% contre 44%).- Soutien polémique de Zemmour -Se targuant d’avoir réussi “l’union de la droite et du centre”, avec le soutien de l’UDI et de Horizons, M. Bichot devrait néanmoins avoir face à lui un dissident LR, Laurent Bourguignat. Emmanuel Bichot peut en revanche compter sur un autre soutien, embarrassant celui-là: Reconquête, le parti d’Éric Zemmour. “C’est une décision unilatérale et sans contrepartie”, a assuré M. Bichot tandis que le PS dénonçait “une alliance qui marque une étape inquiétante dans la disparition de la droite républicaine”.De son côté le RN présente son propre candidat: Thierry Coudert, 68 ans, un ex-socialiste devenu chef de cabinet de Nicolas Sarkozy, alors ministre de l’Intérieur, et depuis réputé “sarkozyste de gauche”.Le RN n’a récolté que 6,8% des voix aux municipales de 2020 mais, aux législatives de 2024, il a presque triplé le nombre de ses députés en Bourgogne-Franche-Comté.À gauche, au premier tour, Mme Koenders ne peut compter que sur ses troupes du PS, et une partie des écologistes, les autres Verts formant leur propre liste, avec notamment les communistes. Ces écologistes “non-Rebs” avaient contraint à une triangulaire en 2020, se classant 3e au second tour.Malgré le soutien appuyé de Rebsamen à Macron, pour qui il a appelé à voter dès le premier tour de 2022, Renaissance présentera également sa propre liste avec à sa tête l’ancienne socialiste et ex-ministre macroniste Fadila Khattabi, 63 ans. Elle mène cependant des pourparlers en vue d’une fusion avec le LR dissident Bourguignat, selon des sources proches du dossier.En 2020, la majorité présidentielle n’avait recueilli que 8,80%.LFI  essaie de tirer également son épingle du jeu de ce qu’elle annonce comme la déconfiture programmée du “logiciel Rebsamen”. Les Insoumis avaient fait à peine plus de 5% en 2020. Ils ont, de plus, échoué à faire liste commune avec le mouvement citoyen “Dijon Avenir”, écologiste et social, qui présentera donc son propre candidat.

Isère: un ex-élu FN sera jugé pour des dégradations sur une mosquée

Un ex-élu municipal FN de Fontaine (Isère), déjà condamné pour des propos haineux à l’égard des Roms, sera jugé le 10 avril pour provocation à la haine en raison de la religion, soupçonné d’avoir déposé des os de porc devant une mosquée, a annoncé mercredi le parquet de Grenoble.  Il s’agit de Franck Sinisi, selon le quotidien le Parisien qui a révélé l’affaire.L’homme, qui nie les faits, avait été placé en garde à vue mardi et sera jugé le 10 avril 2026 pour provocation publique à la haine ou à la violence en raison de la religion, a précisé le procureur de Grenoble Etienne Manteaux.Le 19 septembre 2025, des tags clamant “islam dehors” et “Charlie Martel 732” avaient été retrouvés sur les vitres du lieu de culte de l’Association cultuelle des musulmans de Fontaine. Des os de côtes de porc et une tranche de saucisson avaient en outre été découverts sur le pas de la porte. L’enquête établira que l’ADN de l’ex-élu était présent sur l’un des os.L’ancien conseiller municipal avait déjà été condamné en 2017, puis en 2019 en appel, à une peine d’emprisonnement avec sursis et une peine d’inéligibilité pour provocation publique à la discrimination en raison des origines pour des propos visant les personnes d’origine “roms” lors d’un conseil municipal, rappelle le parquet.Des recherches sur ses comptes sur les réseaux sociaux “mettent en évidence des messages haineux à l’encontre de la communauté musulmane en 2024 et 2025”, a souligné encore le procureur, M. Manteaux.

Attaque du 7-Octobre: Hachette rappelle des manuels parascolaires critiqués pour “révisionnisme”

Le groupe d’édition Hachette a rappelé mercredi trois manuels de révision parascolaires qualifiant de “colons juifs” les victimes de l’attaque du 7-octobre 2023 en Israël, une “falsification des faits” dénoncée par Emmanuel Macron et les organisations juives.Le président de la République a jugé “intolérable” que ces ouvrages de révision du baccalauréat “falsifient les faits” au sujet des “attentats terroristes et antisémites du Hamas du 7 octobre” 2023. “Le révisionnisme n’a pas sa place en République”, a-t-il ajouté sur le réseau social X.C’est la Ligue internationale contre le racisme et l’antisémitisme (Licra) qui avait alerté mardi soir sur ces manuels dans lesquels il est écrit: “En octobre 2023, à la suite de la mort de plus de 1.200 colons juifs lors d’une série d’attaques du Hamas, Israël décide de renforcer son blocus économique et d’envahir une grande partie de la bande de Gaza, entraînant une crise humanitaire de grande ampleur dans la région”.Il est “grave et inacceptable” de “qualifier les victimes de l’attentat du 7 octobre 2023 de +colons juifs+”, a réagi le ministre de l’Education Edouard Geffray.Hachette Livre a indiqué avoir décidé mardi soir de rappeler “avec effet immédiat” ces trois ouvrages de révision parascolaire destinés aux élèves de terminale en histoire-géographie, géopolitique et sciences politiques.Quelque 2.000 ouvrages étaient en cours de rappel chez les distributeurs mercredi en fin d’après-midi, a-t-on appris auprès du groupe d’édition.Son PDG Arnaud Lagardère a tenu “personnellement à présenter (ses) excuses auprès de tous ceux qui ont pu se sentir blessés à juste titre, auprès du corps enseignant, des parents d’élèves et des élèves eux-mêmes”.- “Falsification” -Le 7 octobre 2023, des commandos du mouvement islamiste palestinien Hamas ont lancé une attaque surprise sans précédent en Israël qui a entraîné la mort de plus de 1.200 personnes, en majorité des civils, selon un décompte de l’AFP basé sur des données officielles.En riposte, Israël a lancé une offensive dans la bande de Gaza, faisant plus de 70.900 morts en deux ans, d’après les chiffres du ministère de la Santé de Gaza, placé sous l’autorité du Hamas, jugés fiables par l’ONU.Un cessez-le-feu fragile est en vigueur depuis octobre.Yonathan Arfi, président du Conseil représentatif des institutions juives de France (Crif), a estimé que le “narratif” du texte incriminé constituait “une falsification de l’Histoire et une forme inacceptable de légitimation du terrorisme du Hamas, que cet ouvrage omet précisément de qualifier d’organisation terroriste”.”Plus grave encore que le militantisme révisionniste de l’auteur, cet extrait met en lumière l’endoctrinement passif des relecteurs qui auraient dû être pleinement et objectivement à leurs tâches”, a dénoncé Haïm Korsia, Grand rabbin de France, sur X.Hachette a annoncé qu’une enquête interne avait été “ouverte pour déterminer les raisons qui ont conduit à une telle erreur”.Prenant note de cette enquête, la Délégation interministérielle à la lutte contre le racisme, l’antisémitisme et la haine anti-LGBT+ (Dilcrah) a insisté sur le fait que, “dans un contexte de recrudescence alarmante de l’antisémitisme, une vigilance collective accrue est indispensable pour garantir une transmission fidèle des faits”.Les ouvrages mis en cause ont été publiés en 2024 et 2025 dans la collection “Objectif Bac”, qui permet “d’acquérir tous les savoirs et tous les savoir-faire indispensables pour réussir ses années lycée et les épreuves du Bac”, selon le site de l’éditeur. Ces ouvrages parascolaires ne sont pas des manuels dont le contenu est supervisé par le ministère de l’Éducation.Hachette, numéro un français de l’édition, passé sous le contrôle du milliardaire Vincent Bolloré fin 2023, a rappelé, dans le communiqué, “son engagement constant et infaillible dans la production d’ouvrages scolaires et parascolaires strictement respectueux des exigences de l’Éducation nationale”.

Municipales à Paris: Hidalgo fait ses adieux à l’Hôtel de ville sans un mot sur la campagne de Grégoire

La maire socialiste sortante de Paris Anne Hidalgo a dressé mercredi lors de sa cérémonie de voeux le bilan de ses deux mandats, sans évoquer la campagne de son ancien dauphin, Emmanuel Grégoire, candidat à sa succession à l’Hôtel de ville.”En 2026, les Parisiens auront à faire un choix qui engage l’avenir de notre ville. Ce qui est en jeu, ce n’est pas une alternance ou une succession. C’est d’abord une vision de Paris et un rapport à Paris”, a déclaré l’édile devant les élus de la capitale et de la métropole.”Paris doit rester une ville de gauche. Les Parisiens ont vécu durant ces douze années de mandat dans une ville progressiste dont on peut être fier et j’espère qu’ils continueront à voter pour l’écologie, pour la solidarité”, a-t-elle dit aux journalistes.Elle a mis en garde contre le “danger pour Paris” que représente selon elle la candidate de droite Rachida Dati, “capable de faire l’union avec l’extrême droite, et qui par ailleurs aura un procès en septembre après les élections”. Anne Hidalgo n’a jamais prononcé le nom de son ancien premier adjoint, Emmanuel Grégoire, avec lequel elle est en froid. Il a remporté en juin 2025 la primaire socialiste face à Rémi Féraud, le candidat que la maire avait désigné pour prendre sa relève.Emmanuel Grégoire, candidat de la gauche unie hors LFI aux municipales des 15 et 22 mars, tient son premier meeting de campagne ce mercredi soir. “Je suis tenue à une réserve, je ne vais pas embarquer la mairie de Paris dans un discours de voeux qui serait un discours électoral, ça n’est ni le lieu ni le moment”, a justifié la maire qui quittera ses fonctions en mars. La première femme maire de Paris, 66 ans, qui a succédé à Bertrand Delanoë en 2014, est revenue sur ses douze années de mandat durant lesquelles elle n’a “à aucun moment dirigé dans le confort”.Elle rappelé les “coups” qu’elle a pris en défendant son choix de “sortir du tout voiture” et d’adapter la ville au changement climatique, citant la “révolution du vélo”, la piétonnisation des berges de la Seine, les terrasses éphémères, le déploiement des rues aux enfants et la baisse de la vitesse sur le périphérique à 50 km/heure.En pleine crise du secteur périscolaire, éclaboussé par une série d’enquêtes et de signalements pour violences sexuelles, Anne Hidalgo a assuré que “toutes les responsabilités seront établies”, mettant en avant le plan d’action présenté à l’automne par son premier adjoint, Patrick Bloche.

Une violation de la souveraineté du Groenland entraînerait des “conséquences en cascade inédites”, dit Macron

Une violation de la souveraineté du Groenland entraînerait des “conséquences en cascade” qui “seraient inédites”, a prévenu mercredi Emmanuel Macron à l’endroit des Etats-Unis qui veulent s’emparer de ce territoire autonome danois, Sébastien Lecornu invitant à prendre “très au sérieux” les intentions de Donald Trump.”Nous ne sous-estimons pas les déclarations sur le Groenland. Si la souveraineté d’un pays européen et allié était touchée, les conséquences en cascade seraient inédites”, a dit le président français en Conseil des ministres, selon les propos rapportés devant la presse par la porte-parole du gouvernement Maud Bregeon.”Et la France suit la situation avec la plus grande attention et inscrira son action en pleine solidarité avec le Danemark et sa souveraineté”, a-t-il ajouté.Donald Trump a insisté mercredi sur la nécessité pour les Etats-Unis de s’emparer du Groenland, avec le soutien de l’Otan, juste avant un entretien sous haute tension entre dirigeants danois, groenlandais et américains autour de l’avenir du territoire autonome danois.Les Etats-Unis “ont besoin du Groenland pour des raisons de sécurité nationale. Il est vital pour le Dôme d’Or (le projet de bouclier antimissile, NDLR) que nous construisons”, a dit le président américain sur son réseau Truth Social.”L’Otan devrait ouvrir la voie pour que nous l’obtenions”, a-t-il ajouté, au risque de jeter le trouble sur le fonctionnement de l’Alliance atlantique.Les intentions du président américain “sont sérieuses et (…) doivent désormais être prises très au sérieux”, a appuyé le Premier ministre français Sébastien Lecornu devant l’Assemblée nationale, lors des questions aux gouvernement.Il a redit que la France était “dans une pleine solidarité avec le Danemark et les autorités légitimes du Groenland”, expliquant à “ceux qui pourraient être fascinés par la force ou l’épreuve de force” que “la défense de la souveraineté des autres pays conditionne la protection de notre propre souveraineté”.Le chef du gouvernement, qui répondait à une question du chef de file des députés Horizons Paul Christophe, a aussi insisté sur la nécessité pour la France d’avoir un budget pour financer son “autonomie stratégique”.”La capacité à vite avoir un budget” y compris militaire, “ce n’est pas un slogan dans le dérèglement international que nous connaissons. Et c’est un signal soit de force, soit de faiblesse, que nous envoyons non seulement à nos compétiteurs, mais aussi à nos alliés”, a-t-il affirmé.M. Lecornu a aussi appelé à un “réveil européen” pour “accélérer” sur “la question de l’autonomie stratégique sur l’agriculture, l’alimentation, l’énergie, mais aussi” sur les sujets “culturels et numériques”.