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Le ministre de l’Economie ne pourra pas s’occuper du groupe CDC, de la Poste ou de Bpifrance, selon un décret

Le ministre de l’Economie et des Finances Eric Lombard ne pourra pas s’occuper de sujets liés au groupe Caisse des dépôts, aux sociétés des groupes la Poste et Bpifrance, indique un décret du Premier ministre paru dimanche au Journal officiel.Les attributions listées dans ce décret seront désormais exercées par le Premier ministre.Ce décret de déport, pris cinq mois après l’arrivée de M. Lombard au gouvernement, est proposé par le ministre de l’Economie lui-même, en raison de possibles “conflits d’intérêts” entre sa fonction et des décisions concernant tel ou tel organisme.De telles mesures sont prévues dans un décret du 22 janvier 1959.Le décret publié dimanche interdit donc désormais à M. Lombard, qui a dirigé le groupe Caisse des Dépôts de 2017 à 2024, de “connaître des actes de toute nature” relatifs au groupe CDC “en tant que tel”. Cela concerne notamment, souligne le décret, les nominations de ses successeurs, des membres de la commission de surveillance ou la détermination du versement annuel de la CDC à l’Etat.La CDC verse annuellement à l’Etat, en plus de l’impôt sur les sociétés, une fraction de son résultat net fixée par décret après avis de la commission de surveillance de l’établissement.Le groupe CDC comprend notamment la Poste, la banque d’investissement Bpifrance, Euronext, Suez, RTE etc.Selon le décret de dimanche, Eric Lombard ne pourra plus non plus connaître d’actes relatifs aux sociétés du groupe La Poste et aux sociétés du groupe Bpifrance (hormis Bpifrance Assurance Export), la banque d’investissement publique.”Le ministre se déporte des activités du Groupe Caisse des dépôts et consignations (et également) de certaines filiales de la CDC, telles celles du Groupe La Poste et du groupe BPI”, remarque Bercy dimanche soir, en précisant que “ce déport qui concerne le pilotage du Groupe CDC ne concerne pas les activités de la CDC établissement public, ce périmètre restant pleinement dans ses attributions en tant que ministre de l’Economie et des Finances”. “L’établissement public exerce notamment des missions de protection de l’épargne populaire, de financement du logement social et de gestion d’organismes de retraite”, souligne le ministère.Le décret contraint également M. Lombard à se déporter des actes de toute nature relatifs à la société du Grand théâtre des Champs Elysées, dont il a présidé le conseil d’administration jusqu’en mars.Ou encore à “s’abstenir de toute relation et à ne connaître d’aucun acte relatif” à des entités aussi variées que le Fonds Marguerite (Fonds européen 2020 pour l’énergie, le changement climatique et les infrastructures, NDLR), où il siégeait au conseil de surveillance en tant que dirigeant de la CDC, la South Champagne Business School (SCBS, anciennement ESC Troyes), car il siégait au conseil stratégique de Y Schools, dont SCBS fait partie. Et la société Halmahera et ses filiales, dirigée par son épouse Françoise.Enfin, il ne peut plus “connaître des actes de toute nature” relatifs au Cercle des économistes, un groupe de réflexion économique dont il est membre du conseil de surveillance.Le décret du 22 janvier 1959 relatif aux attributions des ministres précise que “le ministre qui estime se trouver en situation de conflit d’intérêts en informe par écrit le Premier ministre en précisant la teneur des questions pour lesquelles il estime ne pas devoir exercer ses attributions”, puis “qu’un décret détermine, en conséquence, les attributions que le Premier ministre exerce à la place du ministre intéressé”.Un autre décret, paru mercredi au Journal officiel, avait dans la même veine interdit au ministre délégué au Commerce extérieur Laurent Saint-Martin de s’occuper de certains sujets concernant Business France, agence qui aide les entreprises françaises à se développer à l’étranger et les entreprises étrangères à s’implanter en France. Il en a en effet été directeur général de janvier 2023 et septembre 2024.

Villepin promet “une totale transparence” sur ses activités de conseil s’il devenait président

L’ex-Premier ministre Dominique de Villepin a promis dimanche “une totale transparence” sur ses activités de conseil s’il devenait président de la République, tout en admettant que pour être candidat à l’Elysée il faut se sentir capable de pouvoir “changer les choses”.”Je n’aurai aucun problème à faire une totale transparence sur toutes mes activités si je devais être président de la République”, a assuré sur BFMTV M. Villepin, confirmant ainsi qu’il songeait très sérieusement à une candidature en 2027. Il a affirmé que ses activités n’incluent pas de lobbying et qu’il n’y a “pas de conflit d’intérêt”.”Mes clients sont des entreprises, surtout des entreprises françaises travaillant vers l’international”, a-t-il expliqué, refusant de donner les noms de ses clients de sa société de conseil, car “tenu par la confidentialité des contrats”.”Si je donne le nom d’un client français avec lequel je suis lié par un contrat, alors qu’il y a des clauses de confidentialité, je romps cette clause. Je ne suis pas en situation de le faire aujourd’hui”, a expliqué Dominique de Villepin qui a assuré  “ne pas travailler avec des pays du Golfe”.Si l’ancien Premier ministre de Jacques Chirac a refusé de confirmer qu’il était candidat à l’Elysée, il a reconnu se demander s’il serait capable d’être chef de l’Etat. “Cette question, je me la suis posée depuis des années. C’est très difficile et je l’aborde avec beaucoup d’humilité et c’est sans doute pour cela que ce n’est pas facile de franchir le pas”, a-t-il souligné, regrettant qu’il n’y ait “plus eu de président de la République” depuis 2007, année du départ de Jacques Chirac, considérant ses successeurs comme des “Premiers ministres”.   “Il ne s’agit pas seulement d’être capable, mais aussi de tenir un engagement vis-à-vis des Français dans la capacité d’apporter des réponses à leurs attentes, à leurs difficultés”, a-t-il affirmé, déplorant que les Français aient été “trompés depuis trop de décennies”.”On n’est pas candidat à l’élection présidentielle par ambition personnelle. On l’est quand on sait que l’on a les moyens, la capacité, la détermination pour changer les choses”, a-t-il souligné, reconnaissant que “ce n’est pas quelque chose que l’on fait à la légère”. Interrogé sur sa ligne politique, qui séduit jusqu’à l’électorat de LFI, il s’est présenté comme “gaulliste”. “Je n’ai pas attendu 71 ans pour entamer une carrière de gauchiste”, a-t-il déclaré, paraphrasant le général de Gaulle qui avait dit en 1958 qu’il ne voulait pas commencer “une carrière de dictateur” à 67 ans.  

Nouvelle-Calédonie: “C’est moi” qui m’occupe du dossier, réaffirme Valls

Le ministre des Outre-mer Manuel Valls a affirmé dimanche être toujours chargé des discussions sur l’avenir de la Nouvelle-Calédonie, au lendemain de l’annonce par un député d’une “initiative” imminente du président Emmanuel Macron pour relancer le dialogue.”Celui qui s’occupe, à la demande du chef du gouvernement, du dossier de la Nouvelle-Calédonie, c’est le ministre des Outre-mer. C’est moi. Il n’y en a pas d’autre”, a martelé Manuel Valls sur LCI.Le ministre était interrogé sur les propos samedi du député Renaissance Nicolas Metzdorf, figure du camp non-indépendantiste dans l’archipel, selon lesquels Emmanuel Macron prendrait “une initiative dans les prochains jours afin de relancer les discussions”. Le parlementaire avait fait cette déclaration après avoir été reçu vendredi à l’Elysée par le chef de l’Etat.”Que Nicolas Metzdorf s’exprime. Il n’est pas porte-parole, que je le sache, ni du président de la République ni du gouvernement”, a relevé Manuel Valls.L’ancien Premier ministre a présidé début mai un conclave de trois jours dans un hôtel de Bourail (centre de la Nouvelle-Calédonie) pour mettre indépendantistes et non-indépendantistes d’accord sur un nouveau statut pour l’archipel, frappé en 2024 par des violences qui ont fait 14 morts et des milliards d’euros de dégâts.Ces négociations se sont conclues sans accord. La frange dure des non-indépendantistes, dont fait partie Nicolas Metzdorf, a estimé que le projet de “souveraineté avec la France” présenté par Manuel Valls équivalait à “l’indépendance” du territoire océanien.”Il y a eu, oui, un échec des discussions et des négociations” mais “le fil du dialogue n’est pas rompu”, a estimé Manuel Valls dimanche.Le ministre a réfuté être “désavoué par quiconque”.”Qu’il y ait des initiatives qui soient prises – mais pas du type de celle annoncée par Nicolas Metzdorf – et qu’à un moment on se retrouve avec le chef de l’Etat, (…) cela a toujours été dit”, a-t-il relevé.Mais “je ne suis pas venu au gouvernement, à la demande de François Bayrou, pour faire ou refaire ce qui a été fait par le passé et qui a échoué. Les discours radicaux, le passage en force, la disqualification de l’Etat, entre autres, ont conduit évidemment aux violences, inacceptables bien sûr”, a ajouté Manuel Valls.Ces émeutes étaient survenues sur fond de mobilisation contre un projet d’élargissement du corps électoral au scrutin provincial calédonien, contesté par les indépendantistes qui accusaient l’exécutif français de vouloir minorer la population kanak.

Emmanuel Macron est arrivé au Vietnam pour le début d’une tournée en Asie du Sud-Est

Emmanuel Macron est arrivé dimanche soir à Hanoï, au Vietnam, pour démarrer une tournée en Asie du Sud-Est qui le mènera, jusqu’à vendredi, en Indonésie puis à Singapour, ont constaté des journalistes de l’AFP.Le président français, accompagné de son épouse Brigitte Macron, sera reçu lundi par son homologue vietnamien Luong Cuong et par le secrétaire général du Parti communiste To Lam, pour cette première de trois visites d’Etat en un peu moins d’une semaine. Mardi, il rencontrera des acteurs du secteur de l’énergie, thème-clé de sa visite, et échangera avec des étudiants vietnamiens.Après s’être rendu plusieurs fois en Inde et en Chine, mais aussi dans des pays de l’océan Pacifique comme Vanuatu ou la Papouasie-Nouvelle Guinée, et récemment dans l’océan Indien, il entend mettre à profit ce nouveau déplacement pour défendre sa “stratégie indopacifique”.”Partout, je dirai une chose simple: la France est une puissance de paix et d’équilibres. Elle est un partenaire fiable, qui croit au dialogue et à la coopération. Quand certains choisissent le repli, la France choisit de bâtir des ponts”, a-t-il dit sur le réseau X à son arrivée à Hanoï.”C’est dans cette région de l’Indopacifique que se joue une part de notre avenir à tous, Françaises et Français. Les grands défis du siècle — climatiques, économiques, géopolitiques — ne pourront être relevés qu’en coopération avec nos partenaires, et tout particulièrement avec cette région du monde, carrefour essentiel des échanges mondiaux, haut lieu d’innovation, de croissance et de technologie”, a-t-il ajouté.- “Puissance d’équilibre” -Enoncée dès 2018, cette stratégie consiste à proposer une troisième voie aux pays de la région, pris en tenailles dans la confrontation entre les Etats-Unis et la Chine, et trouve selon Paris toute sa pertinence depuis le retour de Donald Trump à la Maison Blanche avec ses menaces de guerre commerciale.Au Vietnam, où Emmanuel Macron se rend pour la première fois, cette posture de “puissance d’équilibre” peut trouver un écho: le pays veille lui-même à garder un certain équilibre dans ses relations avec la Chine et les Etats-Unis, afin de maximiser ses intérêts commerciaux, dans la lignée de sa “diplomatie du bambou”.L’Elysée espère y “renforcer les coopérations dans les secteurs stratégiques tels que l’énergie, les transports et la défense”. Plusieurs patrons d’entreprises françaises accompagnent le président dans tout ou partie de sa tournée, dont ceux d’EDF, Dassault Aviation, Airbus Aviation, Naval Group, Eramet ou encore CMA GCM.Les anciens liens coloniaux rendent la relation franco-vietnamienne complexe. Le chef de l’Etat rendra lundi matin un hommage à la mémoire des combattants de la guerre d’Indochine qui se battirent pour l’indépendance.Il sera aussi reçu lundi par le secrétaire général du Parti communiste vietnamien, considéré comme le dirigeant le plus puissant du pays, qu’il avait lui-même accueilli à Paris en octobre. Les deux hommes déjeuneront au temple de la Littérature, lieu emblématique de la culture vietnamienne.Mardi soir, le président français s’envolera pour l’Indonésie, et il terminera sa tournée vendredi à Singapour, où il prononcera le discours d’ouverture du Shangri-La Dialogue, plus grand forum sur la sécurité et la défense en Asie.

“Nous sommes tous des enfants gâtés de la liberté”, avertit l’avocat Patrice Spinosi

Inquiet de la montée des populismes, y compris en France, l’avocat Patrice Spinosi met en garde les “enfants gâtés de la liberté”: l’état de droit pourrait être détricoté “à une vitesse exceptionnelle” au gré des changements de pouvoir.Ce spécialiste des libertés publiques, qui publie “Menace sur l’état de droit” (Ed. Allary), épingle la multiplication depuis 10 ans des états d’urgence, sécuritaires post-attentats puis sanitaires avec le Covid, et des législations antiterroristes, qui ont fait entrer dans notre droit des outils susceptibles d’être “dévoyés”.Q: Quel est l’état de notre état de droit après 10 années de régimes d’exception ? “Dégradé. Et ces législations exceptionnelles peuvent être utilisées par des gouvernements illibéraux pour faire entrer dans les législations nationales des outils de surveillance et de contrainte, qui sont présentés comme dérogatoires et temporaires. Mais ces outils vont s’incruster dans le droit et le plus souvent sont utilisés dans des hypothèses pour lesquelles ils n’étaient pas prévus.  Un exemple: l’utilisation des périmètres de sécurité créés dans le cadre de l’état d’urgence (en 2017 NDLR). Cette mesure permet de créer des zones dans lesquelles la police peut interdire à certaines personnes de se rendre et contrôler sans en justifier toute personne. On a vu que ce dispositif avait pu être envisagé pour limiter la présence de personnes lors des casserolades autour des déplacements d’Emmanuel Macron. C’est typique du dévoiement d’une mesure initialement créée dans le cadre de l’état d’urgence”Q: Vous jugez également dangereux le flou pouvant entourer la définition de terrorisme…R: “Tout le monde a en tête le terrorisme islamique qui présente un danger pour la sécurité de chacun. Mais le risque c’est que peut être désigné comme terroriste toute personne qui par une action plus ou moins radicale va chercher à s’opposer à la politique du régime en place. Et on voit bien le risque de dérive déjà présent aujourd’hui quand on parle d’écoterrorisme ou de terrorisme intellectuel. Et il y a un risque de dérive particulièrement important dans l’utilisation des outils numériques pour surveiller la population.”Q: Les politiques ne font-ils pas que répondre à une demande sociale ? R: “Il y a une demande de sécurité. Mais la réponse n’est pas forcément la création de dispositifs d’exception. En réalité, pour lutter contre la menace terroriste ou contre les délinquances, ce qu’il faut, c’est des moyens, c’est du budget, c’est de la formation. Beaucoup plus qu’une multiplication de normes. Mais c’est politiquement beaucoup moins vendeur.” Q: Est-il encore possible de revenir en arrière ? R: “Non. C’est le principe de la spirale de l’exception. Le socle des libertés s’érode sans se reconstituer. En revanche, la prise de pouvoir des populistes n’est absolument pas certaine. Et il ne faut surtout pas entrer dans un discours défaitiste.  Il y a beaucoup de gens déçus par la démocratie libérale et qui se disent pourquoi ne pas essayer un gouvernement extrême ? A ces gens-là, je dis, ne lâchez pas. En fait, nous sommes tous des enfants gâtés de la liberté.” Q: Qui sont les tenants de ce populisme que vous craignez ? R: “Il y a un populisme de droite, le Rassemblement national. Il y a un populisme de gauche aujourd’hui représenté globalement par La France insoumise. Et puis il y a une sorte de populisme d’opportunisme, de lâcheté, représenté par des membres des partis républicains, de droite, de gauche, qui sont perméables aux idées des extrêmes, et qui vont blanchir certaines propositions ou qui peuvent avoir des comportements caractéristiques de ceux qui portent atteinte à l’état de droit. C’est évidemment un immense danger.”Q: A quel point le détricotage de l’Etat de droit peut-il être rapide ? R: “C’est la grande illustration de l’exemple américain. Donald Trump démontre à quel point, même dans des démocraties extrêmement installées, l’arrivée au pouvoir d’un leader populiste avec une volonté affirmée de porter atteinte à l’état de droit permet de dévitaliser l’ensemble des contre-pouvoirs à une vitesse exceptionnelle. Et la France est susceptible de connaître le même type de dérive.” Q: Notre Conseil constitutionnel est-il un garde-fou solide ? R: “Le problème, c’est que les membres du Conseil sont nommés par le pouvoir politique. Et donc il est menacé d’être investi par des représentants de la pensée populiste. Si on a une victoire populiste à la présidentielle et aux législatives de 2027, en 2028, il y aura un premier renouvellement par tiers. C’est déjà deux membres du Conseil désignés par un président de la République populiste et le président de l’Assemblée nationale populiste. Et trois ans plus tard, 2031, c’est encore deux nouveaux membres, voire trois, si le Sénat, entre temps, est tombé aux mains des populistes. Une majorité, théoriquement, peut être acquise dès 2031 à des membres du Conseil constitutionnel nommés par des dirigeants populistes.  Il reste deux ans, de 2025 à 2027 et un gouvernement avisé profiterait de ce temps pour mieux garantir l’indépendance du Conseil constitutionnel.”

Interdiction du voile pour les moins de 15 ans: Borne doute de sa constitutionnalité

La ministre de l’Education Elisabeth Borne a affirmé dimanche avoir “les plus grands doutes sur la constitutionnalité” de l’interdiction du port du voile pour les filles de moins de 15 ans  proposée par le parti Renaissance, dirigé par Gabriel Attal.”Les équipes de Gabriel Attal travaillent sur la constitutionnalité de la mesure: je le dis, à titre personnel, j’ai les plus grands doutes sur la constitutionnalité de cette mesure”, a déclaré la ministre au micro de BFMTV.Renaissance souhaite interdire le voile dans l’espace public pour les mineures de moins de 15 ans, et prône une “deuxième loi séparatisme” après celle de 2021, a confirmé le parti mardi.”Quand on est face à une menace grave, il faut ne s’interdire aucune piste  et ensuite il faut travailler pour proposer des mesures rigoureuses, constitutionnellement solides et applicables” a déclaré Mme Borne, appelant à “prendre le temps d’en débattre aussi” au sein du parti dont elle est une figure.”Comme beaucoup de Français, je suis évidemment interpellée quand je vois une petite fille qui porte un voile. Je note que ça n’est prescrit nulle part dans l’islam”, a également estimé l’ex Première ministre.”C’est un symptôme sans doute que la petite fille a une éducation qui n’est pas conforme aux valeurs de la République, mais il va de soi que si on devait interdire certains signes religieux, alors il faudrait interdire tous les signes religieux, les interdire dans l’espace public qui n’est pas un espace neutre (comme) l’école”, a-t-elle développé.”Ensuite, il y a une question d’applicabilité: est-ce qu’on imagine que des policiers vont interpeller, verbaliser des petites filles ?”, a demandé Mme Borne.Un rapport sur les Frères musulmans commandé par le gouvernement pointe une “menace pour la cohésion nationale” avec le développement d’un islamisme “par le bas”, au niveau des municipalités, un texte examiné mercredi en Conseil de défense.Ses auteurs s’inquiètent notamment d’une “rigorisation de la pratique religieuse”, avec une “explosion du nombre de jeunes filles portant une abaya et l’augmentation massive et visible de petites filles portant le voile”.

Transport des malades: les taxis n’excluent pas de nouvelles actions d’ici mardi

Les chauffeurs de taxis ont décidé de prolonger leur mobilisation et n’excluent pas de nouvelles actions d’ici mardi, date du début du réexamen du projet de réforme de la tarification des transports de patients annoncé par le Premier ministre.”Attendant des mesures concrètes, les taxis ont décidé le prolongement de leur mobilisation. Déterminée, la profession maintient les pôles de mobilisation et poursuit l’organisation d’actions et d’opérations escargot”, a déclaré l’intersyndicale dans un communiqué diffusé dans la nuit de samedi à dimanche.A l’issue d’une rencontre avec les représentants des chauffeurs, François Bayrou a annoncé samedi soir le réexamen à partir de mardi de la convention qui prévoit une unification des tarifs pour le transport des malades, ainsi qu’un travail sur le respect des règles par les plateformes de VTC, deux revendications majeures des taxis.Dès samedi soir, certains, notamment parmi les taxis indépendants, avaient annoncé leur intention de rester dans la rue jusqu’à lundi, notamment Boulevard Raspail à Paris, près du ministère des Transports.”Les fédérations ont reçu un véritable accueil du Premier ministre. Il y a des choses qui vont être remises sur la table. Mais en attendant, les chauffeurs veulent maintenir la pression et se méfient. Ils attendent de voir le suivi des annonces”, a déclaré à l’AFP Dominique Buisson, de la Fédération nationale du taxi (FNDT).”Pour l’instant, il n’y a pas de blocage prévu ce dimanche à Roland-Garros ou ailleurs (gares, aéroports), mais cela peut changer. Ca se décide sur le terrain”, a-t-il ajouté.Les chauffeurs de taxis sont mobilisés depuis une semaine contre une convention qui va modifier leur rémunération pour le transport de malades. Le nouveau système entend reposer sur une prise en charge de 13 euros par l’Assurance maladie, puis un tarif kilométrique. Il est conçu pour dissuader les retours à vide ou les temps d’attente trop longs. Cette tarification doit entrer en vigueur le 1er octobre. L’objectif est de limiter la croissance des dépenses de transport sanitaire qui ont atteint 6,74 milliards d’euros en 2024, dont 3,07 milliards pour les taxis conventionnés (un bond de 45% depuis 2019).Le réexamen prévu dans les prochaines semaines devra toutefois se faire “sans changer la date d’application” du texte et la cible en matière d’économies, a précisé François Bayrou.

La ministre de la Transition écologique redit son opposition aux néonicotinoïdes, dénonce l’obstruction parlementaire

La ministre de la Transition écologique, Agnès Pannier-Runacher, a déclaré dimanche qu’elle n’était “pas favorable à la réintroduction” d’un insecticide néonicotinoïde en France, tout en dénonçant l’obstruction parlementaire contre un texte attendu lundi à l’Assemblée et qui permettrait ce retour.”Dans un pays qui a interdit les néonicotinoïdes, je trouve que c’est dommage de rouvrir cette possibilité, parce qu’on perd tout l’élan qu’on a fait d’investissement dans des alternatives. Et qu’on va se reposer la question dans quelques années parce qu’immanquablement une interdiction arrivera” au niveau européen, a déclaré la ministre à franceinfo.La proposition de loi portée par le sénateur LR Laurent Duplomb visant à “lever les contraintes” du métier d’agriculteur, prévoit notamment de réintroduire par dérogation l’acétamipride, un insecticide néonicotinoïde interdit en France depuis 2018 mais autorisé ailleurs en Europe jusqu’en 2033.Cette disposition, réclamée par les producteurs de betteraves et de noisettes, est décriée par les apiculteurs et les défenseurs de l’environnement, et a profondément divisé les parlementaires. Le texte fera lundi l’objet d’une motion de rejet par ses partisans, qui espèrent ainsi contourner les quelque 3.500 amendements déposés, notamment par les écologistes et la gauche.Agnès Pannier-Runacher a dénoncé une tentative “inacceptable” de confisquer le débat parlementaire.”Par rapport au texte qui initialement prévoyait une réouverture sans limite de l’utilisation (de l’acétamipride, NDLR), le Sénat a verrouillé fortement cette utilisation, elle est sous fortes conditions. Et on peut encore progresser au niveau de l’Assemblée nationale. Donc vous voyez, moi ce que je trouve choquant, c’est justement que le débat politique ne se fasse pas”, a-t-elle déclaré.”Aujourd’hui, la question qui s’est posée, c’est quel est le niveau de risque que nous sommes d’accord pour accepter, et quelles sont les limites que nous apportons à l’utilisation d’un ensemble de produits qui nous permettent de produire notre nourriture en quantité et en qualité acceptable”, a-t-elle relevé.Soulignant que la France faisait “partie des pays qui sont les plus restrictifs en matière de phytosanitaires”, elle a souligné que “face aux ravageurs, face à un certain nombre de dangers qui menacent les cultures, on a besoin d’avoir une pharmacopée”, insistant d’une manière générale sur la question du “dosage”.

Transport des malades: les taxis rencontrent Bayrou, le projet retravaillé dès mardi

Le Premier ministre François Bayrou a annoncé samedi soir un réexamen du projet de réforme de la tarification du transports de patients par les taxis, à l’issue d’une rencontre avec les représentants des chauffeurs mobilisés depuis près d’une semaine contre la nouvelle convention.”Nous allons retravailler dans les semaines qui viennent le détail des décisions, des mesures et orientations qu’il faut prendre”, a-t-il déclaré au cours d’un point de presse à l’issue d’une réunion de trois heures au ministère des Transports, destinée à trouver une issue au conflit provoqué par ce projet.”Ce travail va être entrepris dès mardi”, tant sur la convention que sur le respect des règles par les plateformes de VTC, a indiqué M. Bayrou, précisant que les taxis participeraient “eux-mêmes à la mise au point” de ces règles dans des groupes de travail. Les réflexions à venir devront toutefois se faire “sans changer la date d’application” du texte et la cible en matière d’économies, a précisé M. Bayrou.Si les fédérations de taxis semblaient globalement satisfaites à la sortie, soulignant l’engagement à “revoir tous les points” litigieux de la convention et “des réunions avec des ministres” décisionnaires en plus des techniciens, la base s’est montrée beaucoup plus réservée, de nombreux manifestants se montrant même frustrés et pour certains déterminés à rester, lors d’une assemblée générale très tendue.”Je parle au nom des fédérations, on reste ! Mardi, on a rendez-vous, on ira au rendez-vous !”, a déclaré à la foule Abdel Grine, de la Fédération nationale des taxis indépendants (FNTI), après avoir consulté la base, dans un concert de pétards et une foule scandant “Taxis en colère !” ou “Tout ou rien !”.”0n peut comprendre la colère des chauffeurs. Pour l’instant, il va y avoir encore des échanges pour voir comment le mouvement évolue et sous quelle forme”, a déclaré Rachid Boudjema, président de l’Union nationale des taxis (UNT) à quelques journalistes à l’issue de l’AG, avant d’être pris à partie par un manifestant très remonté.”Cette réunion n’a abouti à rien du tout”, a déclaré Mohamed, taxi parisien de 52 ans qui n’a pas souhaité donner son nom de famille, “très déçu”, mais pas prêt à “se taper une sixième nuit” sur place, compte tenu du coût de la grève.A l’inverse, Badr, 32 ans, qui a préféré aussi rester anonyme, s’est dit prêt à rester Boulevard Raspail, épicentre de la contestation parisienne, “jusqu’à ce que le gouvernement bouge”. “On avait un mot d’ordre très clair dès le départ, c’est tout ou rien et on n’a rien”, a-t-il conclu.- “Jusqu’au bout !” -Les chauffeurs de taxis avaient auparavant menacé de nouvelles actions de blocage notamment des aéroports parisiens et du premier tour dimanche du tournoi de tennis de Roland Garros. Dans la capitale, à 16H30, une demi-heure avant le début prévu de la rencontre, 1.200 véhicules taxis étaient stationnés boulevard Raspail, près du ministère, selon la police.Leur intersyndicale avait lancé une mobilisation lundi pour protester contre cette convention, qui prévoit une unification des tarifs, aujourd’hui hétérogènes selon les départements. Le nouveau système entend reposer sur une prise en charge de 13 euros par l’Assurance maladie, puis un tarif kilométrique. Il est conçu pour dissuader les retours à vide ou les temps d’attente trop longs. Cette tarification doit entrer en vigueur le 1er octobre. L’objectif est de limiter la croissance des dépenses de transport sanitaire qui ont atteint 6,74 milliards d’euros en 2024, dont 3,07 milliards pour les taxis conventionnés (un bond de 45% depuis 2019). Le remboursement des transports de patients sur prescription est une activité essentielle dans le chiffre d’affaires de certains artisans-taxis. Parmi les manifestants, certains ont expliqué que la nouvelle grille tarifaire allait leur faire perdre une part substantielle de leur chiffre d’affaires. Yves Rubicondo, taxi à Pithiviers (Loiret) avec trois salariés, qui réalise 95% de son chiffre d’affaires avec l’Assurance maladie, pense perdre 25 à 30% de celui-ci.Tout au long de la semaine, des milliers de taxis ont manifesté, participé à des opérations escargot ou mis en place des blocages près des gares et aéroports pour se faire entendre. Les organisations de taxis ont aussi pris pour cible les chauffeurs de VTC, qui travaillent avec des plateformes comme Uber ou Bolt, accusés de concurrence déloyale et de pratiques irrégulières.Le ministre de l’Intérieur Bruno Retailleau, qui a dans ses missions la régulation des taxis, a d’ailleurs demandé aux forces de l’ordre de renforcer les contrôles des véhicules avec chauffeur (VTC).

Les députés voteront mardi sur la création d’un droit à l’aide à mourir

L’Assemblée nationale confirmera-t-elle son vote ? Les députés ont achevé samedi dans les temps impartis l’examen de deux propositions de loi, l’une sur les soins palliatifs et l’autre relative au “droit à l’aide à mourir”, sur lesquels deux votes solennels se tiendront mardi.Les députés avaient entamé le 12 mai l’examen en première lecture de ces deux textes, portés par Annie Vidal (Renaissance) et Olivier Falorni (groupe MoDem), et qui représentent potentiellement la plus grande réforme de société depuis une décennie.Ils ont approuvé au cours de débats globalement sereins la création d’un “droit à l’aide à mourir”, autre nom du suicide assisté et de l’euthanasie, qui sera ouvert aux personnes atteintes “d’une affection grave et incurable” qui “engage le pronostic vital, en phase avancée” ou “terminale”, et présentant “une souffrance physique ou psychologique constante”.Cet article-clé de la proposition de loi portée par M. Falorni a été adopté samedi dernier par 75 voix contre 41, ce qui ne préjuge pas de l’issue du scrutin, alors que chaque groupe accordera à ses membres la liberté de vote, sur ce sujet qui transcende les clivages politiques et touche aux convictions intimes de chacun.Si la gauche est apparue majoritairement en soutien du texte, la droite et l’extrême droite opposées, et le bloc macroniste divisé, des positions minoritaires se sont exprimées dans chaque groupe.Le ministre des Relations avec le Parlement, Patrick Mignola, a salué dans un communiqué la “sérénité” des débats, notable dans une “Assemblée archipélisée” parfois marquée par “une extrême conflictualité”.- “Point de rupture” -Pour le premier comme pour le second texte, les députés sont restés relativement proches de la version proposée à leur examen, au point que Mme Vidal a regretté vendredi qu'”aucun” des amendements des opposants au texte n’ait été “entendu”.Dans le cadre des débats sur la proposition de loi sur les soins palliatifs, ils ont approuvé la création d’un “droit opposable” à ces soins, malgré la tentative de certains députés, soutenus par le gouvernement, de supprimer les recours possibles en justice.S’agissant du texte porté par M. Falorni, le gouvernement a fait adopter un amendement structurant, refaisant de l’auto-administration de la substance létale la règle, et de l’administration par un médecin ou un infirmier l’exception, lorsque le patient “n’est pas en mesure physiquement d’y procéder”.Cette disposition était un “point de rupture de l’équilibre du texte” pour certains députés, comme l’ancienne ministre de la Santé Agnès Firmin le Bodo (Horizons).Le gouvernement a aussi fait préciser un des critères d’éligibilité. Tenant compte d’un avis de la Haute Autorité de Santé, le texte affirme désormais que la phase “avancée” d’une maladie se caractérise par “l’entrée dans un processus irréversible marqué par l’aggravation de l’état de santé de la personne malade qui affecte sa qualité de vie”.Les députés ont également approuvé un amendement du président de la commission des Affaires sociales, Frédéric Valletoux (Horizons), renforçant la collégialité de la procédure et un autre du gouvernement rétablissant un délai minimum de deux jours pour que le malade confirme sa décision.- Etape décisive -La ministre de la Santé Catherine Vautrin, et Olivier Falorni, ont eu à coeur de maintenir l'”équilibre” du texte, résistant aux appels à gauche à élargir le droit à l’aide à mourir, par exemple aux mineurs ou aux personnes qui en auraient émis le voeu dans leurs directives anticipées.Sans convaincre les opposants. Jugeant les garde-fous posés insuffisants, le député LR Philippe Juvin a dit craindre samedi sur franceinfo que les malades recourent “au suicide assisté, par défaut d’accès aux soins”, alors que seule la moitié des besoins en soins palliatifs est couverte.Réunies près de l’Assemblée samedi, quelque 300 personnes malades ou en situation de handicap ont dénoncé les “dangers” du texte.”Cette loi me fait l’effet d’un pistolet chargé déposé sur ma table de nuit”, a déclaré Edwige Moutou, 44 ans, atteinte de la maladie de Parkinson.Le vote mardi constituera une étape décisive dans le parcours tortueux de ce nouveau droit, serpent de mer du second quinquennat d’Emmanuel Macron. Après avoir confié une réflexion sur le sujet à une convention citoyenne en 2022, il avait dévoilé en mars 2024 les grandes lignes d’un projet de loi. Mais son examen avait été interrompu par la dissolution.Dans un entretien à La Tribune Dimanche, Catherine Vautrin a dit espérer que ce texte soit examiné au Sénat cet automne, avec un retour à l’ l’Assemblée nationale début 2026. “Je souhaite que le texte soit voté d’ici à 2027, c’est encore possible”, a dit la ministre.sl-la-cac-sac/hr/grd/gvy