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A69: un texte visant à sécuriser juridiquement le chantier saute la case des débats à l’Assemblée

Les Insoumis pris au piège de leur propre stratégie: les députés ont approuvé lundi une motion de rejet LFI contre un texte Renaissance visant à sécuriser juridiquement le chantier de l’A69, avec pour effet d’accélérer le parcours législatif du texte en l’envoyant directement devant une commission mixte députés-sénateurs.La motion de rejet a été approuvée à l’unanimité, les groupes du socle commun et de l’extrême droite joignant leurs voix à celles de LFI, bien malgré elle.Le rapporteur Jean Terlier (Renaissance) a apporté son soutien à la motion, invoquant “l’obstruction” de la France insoumise et des écologistes, auteurs de la quasi-totalité des plus de 700 amendements déposés, dont un peu plus de 230 déclarés recevables. Le gouvernement a donné lui un “avis de sagesse” (ni pour ni contre).La semaine dernière, les députés du socle commun et du RN avaient, dans une tactique assez proche, adopté une motion de rejet contre la proposition de loi Duplomb-Menonville sur les contraintes pesant sur le métier d’agriculteur, afin d’accélérer les débats et d’envoyer le texte en commission mixte paritaire. La motion avait été déposée par le rapporteur du texte lui-même, Julien Dive (LR).”Cela fait maintenant deux fois que vous détournez la motion de rejet en 49.3 parlementaire”, a tonné la présidente du groupe LFI, Mathilde Panot, menaçant de saisir le Conseil constitutionnel pour atteinte à la “sincérité des débats” et au “droit d’amendement”. La députée du Val-de-Marne a cependant estimé que la coalition gouvernementale avait “offert une victoire” aux Insoumis, “puisque le seul vote de l’Assemblée nationale sur l’A69 a été de rejeter ce texte”.”C’est l’arroseur arrosé”, lui a répondu Jean Terlier. “La prochaine fois, vous réfléchirez à deux fois avant de déposer une motion de rejet et plus de 700 amendements”, a dit le député du Tarn, en rappelant que le texte a obtenu “un vote large” lors de son examen en commission.- Une mobilisation prévue début juillet -Selon des sources au groupe écologiste et social, celui-ci a demandé au groupe LFI de retirer sa motion de rejet, sans le convaincre.Mais la députée EELV Christine Arrighi a dit à l’AFP comprendre le choix de LFI, qui était selon elle une “manière de démontrer qu’Ensemble pour la République (le groupe macroniste de Gabriel Attal, NDLR) détourne la procédure” parlementaire.Le texte porté par M. Terlier, déjà adopté au Sénat, vise à conférer au chantier de l’autoroute qui doit relier Castres et Toulouse une “raison impérative d’intérêt public majeur”, ouvrant la voie à des dérogations à la protection des espèces, au nom du désenclavement du territoire. En validant rétroactivement des autorisations environnementales, il pourrait ainsi empêcher un éventuel nouvel arrêt des travaux.La cour administrative d’appel a certes autorisé qu’ils reprennent, “mi-juin” selon le gouvernement, mais elle s’est prononcée uniquement sur un recours en urgence de l’État, et doit encore trancher sur le fond dans plusieurs mois.A l’ouverture de la séance lundi, le ministre des Transports Philippe Tabarot a souligné “l’importance particulière” du texte “pour le développement territorial” ainsi que pour la “sécurisation juridique de nos grandes infrastructures”, tout en émettant comme au Sénat un avis de sagesse sur le fond (ni pour ni contre).A contrario, les députés écologistes et Insoumis, à l’instar d’Anne Stambach-Terrenoir (LFI), y voient “un énième passage en force pour ce projet absurde d’autoroute qui longe littéralement une route nationale que l’on aurait pu réaménager”, et une volonté “d’écraser une décision judiciaire” qui avait invalidé les autorisations environnementales.L’A69 devait initialement être mise en service fin 2025, selon la société Atosca, en charge des travaux, mais l’échéance ne pourra pas être respectée. Pour finaliser le chantier, la société doit rapatrier dans le Tarn un millier de salariés et de nombreux engins.De leur côté, les opposants s’organisent. Une grande mobilisation est convoquée les 4, 5 et 6 juillet aux abords du chantier.Une action symbolique a également eu lieu lundi matin à proximité de l’Assemblée: un militant du Groupe national de surveillance des arbres (GNSA) s’est brièvement perché dans un arbre, déployant des banderoles, telles que “Non à la loi de validation” ou “Stop à l’A69”.

L’Assemblée unanime pour élever Alfred Dreyfus au grade de général de brigade

L’Assemblée nationale a approuvé à l’unanimité lundi une proposition de loi de Gabriel Attal “élevant Alfred Dreyfus au grade de général de brigade”, un “acte de réparation” visant à parachever sa réhabilitation, 130 ans après sa condamnation.Le texte a été adopté par l’ensemble des 197 députés présents, devant des membres de la famille d’Alfred Dreyfus. Il devrait désormais poursuivre son parcours au Sénat.”Par notre vote, la République va réparer une erreur, celle que l’officier Dreyfus dut subir en 1906″, alors même qu’il avait été innocenté, lors de l’adoption d’une loi qui “ne le réintégra pas au grade qui lui revenait de droit”, a affirmé dans son propos introductif le rapporteur, le député du Bas-Rhin Charles Sitzenstuhl (Renaissance).Un “geste (…) d’autant plus significatif” qu’il intervient dans un contexte “où les actes de haine antisémites connaissent une inquiétante progression”, a souligné la ministre déléguée à la Mémoire et aux Anciens combattants, Patricia Mirallès.Plusieurs lieux liés à la communauté juive, dont le mémorial de la Shoah, ont été aspergés de peinture verte ce weekend. Les présidents de l’Assemblée nationale et du Sénat, Yaël Braun-Pivet et Gérard Larcher, se sont rendus au Mémorial lundi en fin de journée.”Ça n’est pas que symbolique, c’est ce que la France doit à ses enfants, cette reconnaissance et ce rétablissement dans ses droits, c’est très important”, a-t-elle insisté en référence à l’adoption de la proposition de loi.- Une question “longtemps ignorée” -En 1894, le capitaine Alfred Dreyfus est condamné pour trahison et contraint à l’exil sur l’île du Diable en Guyane, sur la base de fausses accusations alimentées par un antisémitisme très ancré dans la société française de la fin du XIXe siècle.En 1906, un arrêt de la Cour de cassation l’innocente, entraînant ipso facto sa réintégration dans l’armée. Dans la foulée, une loi le nomme chef d’escadron, avec effet le jour de la promulgation de la loi. Une “injustice”, car cela revenait à amputer sa carrière de “cinq années d’avancement”, a souligné M. Sitzenstuhl.Alfred Dreyfus demandera lui-même à voir sa carrière revalorisée, sans obtenir gain de cause, et quittera l’armée en 1907 – avant de servir à nouveau pendant la Première Guerre mondiale. La question de la réhabilitation pleine et entière d’Alfred Dreyfus “a été longtemps occultée et ignorée, en dehors de sa famille et des spécialistes de l’affaire”, note le rapporteur.Un pas est franchi en 2006, lors d’un hommage de la Nation en son honneur: le président de la République Jacques Chirac reconnaît alors que “justice (ne lui) a pas complètement été rendue”, et qu’il n’a pu “bénéficie(r) de la reconstitution de carrière à laquelle il avait pourtant droit”.La ministre des Armées Florence Parly l’évoque à son tour en 2019. Deux ans plus tard, le président de la République Emmanuel Macron estime qu’il revient “sans doute à l’institution militaire, dans un dialogue avec les représentants du peuple français” de nommer Dreyfus général à titre posthume.- “Valeurs du dreyfusisme” -Plusieurs initiatives parlementaires ont également été prises ces dernières années, par la droite à l’Assemblée et au Sénat, et plus récemment par le sénateur PS Patrick Kanner.Lundi, tous les groupes ont soutenu la mesure.”Si cette proposition de loi doit être soutenue, c’est pour rappeler à l’opinion et surtout à notre jeunesse que l’antisémitisme est comme une hydre qui peut sans cesse renaître sous des traits nouveaux, mais tout autant dangereux”, a plaidé le député RN Thierry Tesson, dont le parti n’a de cesse de donner des gages de son engagement contre l’antisémitisme.Sur un ton plus polémique, le député LFI Gabriel Amard lui a répondu en fustigeant ceux qui “lèvent aujourd’hui la main, comme s’ils avaient été dreyfusards”, alors qu’ils “ricanent à l’ombre des croix gammées numériques”. “Dans ma famille, on descend des dreyfusards, pas dans la vôtre”, a-t-il lancé, en appelant aussi à ne pas se servir “de l’antisémitisme comme d’un javelot”, allusion aux accusations dont le chef des Insoumis Jean-Luc Mélenchon fait l’objet.Le député PS Aurélien Rousseau a estimé pour sa part au nom de son groupe que “c’est au Panthéon que ce capitaine, général Dreyfus et sa femme devraient être accueillis”.Interrogé sur cette hypothèse, l’entourage du président de la République avait affirmé dimanche à l’AFP que sa “préoccupation” était “à ce stade, de faire vivre les valeurs du Dreyfusisme, combat toujours d’actualité pour la vérité et la justice, contre l’antisémitisme et l’arbitraire”.Seule dissonance: le groupe MoDem était absent lundi, n’entendant pas “permettre à certains d’acheter à peu de frais, et sur la mémoire d’Alfred Dreyfus (…), un brevet d’honorabilité”, comme il l’a expliqué dans une tribune au Figaro la semaine dernière.

Le sacre du PSG ravive le débat sur la vente du Parc des Princes

Le PSG va-t-il rester au Parc des Princes? La victoire historique du club parisien en Ligue des champions a braqué les projecteurs sur l’avenir de son stade que la maire Anne Hidalgo refuse de vendre, devenu sujet de débat dans la campagne des municipales.L’absence de l’édile socialiste au match de samedi à Munich, que son entourage a d’abord expliquée par des “raisons d’agenda”, ainsi qu’aux festivités de dimanche dans la capitale, a été très remarquée.”Elle n’était pas invitée à Munich”, a indiqué lundi l’AFP Pierre Rabadan, son adjoint en charge des sports, qui s’est rendu à l’Élysée dimanche pour la représenter.Anne Hidalgo s’est contentée d’une déclaration écrite à l’issue du match samedi soir, saluant la victoire “historique” du PSG.”Les joueurs et les Parisiens méritaient plus qu’un simple communiqué. Il faut savoir à certains moments mettre ses rancunes de côté”, a cinglé dimanche dans Le Parisien Rachida Dati, maire LR du 7e arrondissement et potentielle candidate aux municipales. La ministre de la Culture, elle, a assisté à la finale à Munich.”C’est aberrant” de la part de l’édile, a commenté sur franceinfo Pierre-Yves Bournazel, ex-député Horizons qui vient de se lancer dans la course pour 2026.La maire PS et les dirigeants du Paris Saint-Germain sont en froid depuis plus de deux ans au sujet du sort du Parc des Princes, le stade historique du club parisien, propriété de la ville qui refuse de céder son patrimoine comme le demande le dirigeant qatari Nasser Al-Khelaïfi.”J’espère que la période historique qu’on vit permettra de reprendre les discussions”, a affirmé Pierre Rabadan, selon lequel “la balle est dans le camp du PSG”. “Notre porte est toujours ouverte pour un agrandissement du Parc des Princes. Vendre non mais agrandir, oui !”, a déclaré à l’AFP la maire, qui “souhaite que le PSG continue d’évoluer” au stade mythique de la Porte d’Auteuil.- Dix sites franciliens intéressés -Contacté lundi, le club n’a pas fait de commentaire dans l’immédiat.Le bail emphytéotique (qui expire en 2044) accordé au PSG ne convient plus au club qui dit avoir atteint un plafond pour les hospitalités et la billetterie. Il souhaite acquérir l’enceinte pour augmenter notamment la capacité de l’enceinte de 48.000 à 60.000 places.Un montant de 38 millions d’euros avait été évoqué dans les discussions sur l’agrandissement du Parc “avant qu’elles ne soient rompues par les dirigeants du club”, a rappelé Pierre Rabadan. Un montant jugé “largement insuffisant si le Parc était à vendre”.Face au refus persistant de la municipalité, le dirigeant qatari du PSG a annoncé en février 2024 vouloir quitter la capitale. Dix sites franciliens ont déjà manifesté leur intérêt pour accueillir le futur parc, auquel la présidente LR de région, Valérie Pécresse, a réservé 50 hectares.Selon le club, une annonce est prévue dans les prochaines semaines sur le lieu choisi. Les sites de Poissy (Yvelines) et Massy (Essonne) sont les plus cités.La majorité des élus parisiens s’accordent à vouloir garder le champion d’Europe au Parc des Princes, à l’unisson de ses supporters, en particulier le CUP, principal groupe.- Votation citoyenne ? -“Un déménagement serait un échec pour Paris et les Parisiens”, estime Rachida Dati, la maire LR du 7e arrondissement, selon laquelle “le futur maire de Paris devra trouver un chemin pour rétablir la confiance”.Le sujet s’était déjà invité dans la campagne pour les municipales, les divers candidats y allant de leurs propositions, sans qu’aucun ne se prononce en faveur d’une vente.Le candidat écologiste David Belliard, adjoint à la mairie socialiste en charge de la transformation de l’espace public, a suggéré samedi une “votation citoyenne” pour laisser les Parisiens trancher.L’ex-premier adjoint d’Anne Hidalgo Emmanuel Grégoire, candidat à l’investiture des socialistes, promet pour sa part de “renouer le dialogue en urgence avec le club” s’il devenait maire.Pour son concurrent Rémi Féraud, désigné par l’édile pour prendre sa succession, “il faudra trouver la solution pour que la ville conserve la propriété du Parc des Princes, et pour que le PSG reste au Parc des Princes”.Pierre-Yves Bournazel suggère d’étendre le bail emphytéotique afin de “donner plus de moyens pour investir”.La ville se dit prête à négocier “un bail de longue durée permettant au PSG d’y investir et d’en profiter pendant plusieurs décennies”, de même qu’à “étudier l’évolution des règles d’urbanisme si nécessaire”, selon Pierre Rabadan.

Présidentielle: Tondelier se battra “jusqu’à son dernier souffle” pour une candidature unique à gauche

La cheffe des écologistes Marine Tondelier se battra “jusqu’à son dernier souffle” pour une candidature unique à gauche à la présidentielle en dépit du fait que socialistes et insoumis ont déjà acté qu’ils iraient de manière séparée.”Je veux bien que quand on est que dix, on se divise en deux groupes de cinq, puis en trois groupes de deux, on va finir nulle part avec l’extrême droite au pouvoir et l’histoire nous jugera”, a déclaré lundi Marine Tondelier sur France inter.”Les Écologistes sont très déterminés, on ne va pas laisser jouer au jeu des sept différences alors que l’extrême droite a déjà franchi le seuil du pouvoir”, a-t-elle insisté.La secrétaire nationale des Écologistes a réitéré son invitation lancée, avec l’éphémère candidate de la gauche à Matignon Lucie Castets, à une réunion le 2 juillet des dirigeants des formations de gauche pour réfléchir à cette candidature commune. Dans le cadre d’une éventuelle primaire, “les écologistes ne comptent pas faire de le figuration” et “défendront leurs couleurs”, a-t-elle prévenu.Ceci d’autant plus que “la gauche ne joue pas son rôle pour l’écologie entre la France insoumise qui se réjouit de la fin des ZFE (qui restreignent la circulation des véhicules les plus polluants, NDLR) et le Parti socialiste qui se réjouit de la reprise des travaux de l’autoroute A69”, a-t-elle déploré.La semaine dernière, entre la suppression des zones à faibles émissions, l’autorisation de reprise du chantier de l’autoroute A69, le recul sur le principe de “zéro artificialisation nette” ou encore l’échec à s’opposer à une proposition de loi agricole qui prévoit notamment la réintroduction d’un pesticide néonicotinoïde, ce fut “une semaine noire pour l’écologie”, a-t-elle reconnu. “Quand l’écologie prend aussi cher qu’elle a pris, c’est nous tous les victimes parce que on parle de votre santé, de votre environnement, de l’avenir de vos enfants et petits-enfants”, a-t-elle souligné. “Trop peu de gens mesurent la gravité de de ces reculs en cours, de ces attaques”, a-t-elle regretté.

“Cela va très bien” entre Le Pen et Bardella, assure le vice-président du RN, réfutant toute guerre des chefs

“Cela va très bien” entre les deux têtes du Rassemblement national, a assuré le vice-président du parti Sébastien Chenu, interrogé sur la phrase lancée par Marine Le Pen à Jordan Bardella depuis la Nouvelle-Calédonie et la une de Valeurs actuelles qui affiche en couverture le président du RN, avec en titre “Objectif 2027″.”L’objectif 2027 est la victoire des idées du Rassemblement national portées par Marine Le Pen et, si elle ne pouvait pas le faire (en cas d’inéligibilité, ndlr), portées par Jordan Bardella”, a commenté dimanche Sébastien Chenu, invité du Grand Jury RTL/Le Figaro/Public Sénat/M6.”Il n’y a pas de mystère chez nous, on agit en toute transparence”, a-t-il ajouté.Mais la petite phrase lâchée jeudi par la leader d’extrême droite, à quelque 17.000 kilomètres de Paris, a fait couler beaucoup d’encre.Questionnée sur le fait de savoir si Jordan Bardella aurait sa place à ses côtés pour potentiellement participer à une réunion à l’Élysée, mi-juin, sur l’avenir institutionnel de la Nouvelle-Calédonie, la députée du Pas-de-Calais avait balayé: “Je ne suis pas sûre que Jordan, pour le coup, connaisse très bien les problèmes de la Nouvelle-Calédonie (…) on partage nos talents”.L’intéressé avait rapidement réagi depuis Beaucaire (Gard), assurant “très bien” connaître les dossiers ultramarins, tout en minimisant une déclaration “sortie de son contexte”.Le lendemain, la cheffe de file des députés RN avait précisé n’avoir pas voulu faire “un tacle” à Jordan Bardella, mais avoir dressé “une constatation”: “Je m’attache à suivre tous les débats sur la Nouvelle-Calédonie depuis deux ans”, avait-elle souligné, réitérant sa “confiance totale” au président du parti.”Nous avons, avec Marine Le Pen, une relation d’une grande singularité. Je suis d’une grande loyauté, d’une grande fidélité à elle”, a précisé Jordan Bardella sur X, dans une publication accompagnée d’un extrait de l’émission télévisée “Une Ambition Intime” qui lui est consacrée, sans faire directement référence aux paroles de Mme Le Pen.La une de Valeurs actuelles – qui affiche en couverture Jordan Bardella, tout sourire, avec pour titre “Objectif 2027”, accompagné d’une étude IFOP selon laquelle le jeune dauphin aurait déjà la stature pour être président pour 41% des Français –  a aussi fait grincer des dents.Marine Le Pen a été condamnée en première instance à une peine d’inéligibilité immédiate de cinq ans dans l’affaire des assistants parlementaires d’eurodéputés RN.Son procès en appel aura lieu l’année prochaine pour une décision rendue à l’été 2026.

Suppression des ZFE: la ministre de la Transition écologique dénonce “cynisme” et “démagogie”

La ministre de la Transition écologique Agnès Pannier-Runacher a dénoncé dimanche “le cynisme” et “la démagogie” des députés qui ont voté la suppression des zones à faibles émissions (ZFE), alors que la pollution de l’air est “un sujet de santé publique majeur”.La fin de ce dispositif, destiné à restreindre la circulation des véhicules les plus polluants, a été adoptée jeudi grâce aux voix du Rassemblement national (RN, extrême droite), de son allié le mouvement UDR d’Eric Ciotti, de la droite LR mais aussi des députés LFI et de quelques macronistes, malgré l’opposition du gouvernement.”Ce que je déplore aujourd’hui, c’est la manière dont effectivement le paysage politique minore ce niveau de risque”, a-t-elle déclaré lors de l’émission Question politiques (France inter/Le Monde/FranceTV).”Parce qu’au fond, ils sont portés par une forme de lâcheté et de déni et que leur position est plutôt de fermer les yeux”, a-t-elle estimé à l’issue d’une semaine marquée par des reculs écologiques.”J’ai honte de ce qui s’est passé à l’Assemblée nationale (…) parce qu’à aucun moment, le sujet qui est au cœur de ce dispositif, qui est la question de la qualité de l’air, qui est la question de protéger les Français contre des décès précoces” n’a été au centre du débat, a dit la ministre.Mme Pannier-Runacher a dénoncé une “alliance de circonstance” entre le RN, LR et LFI: “on est dans une situation où là encore, le cynisme le dispute au déni et je dirais à la lâcheté”, a-t-elle tancé, affirmant que LFI votait contre les ZFE “parce qu’ils ont beaucoup de députés dans des zones à faible émission”.La ministre dénonce une forme de “démagogie” qui consiste à raconter à des personnes aux revenus modestes “que parce qu’ils avaient une vieille voiture, ils ne pourraient plus aller dans aucune grande agglomération, (…) c’est absolument faux”.Elle a énuméré différentes situations permettant à des voitures pourtant polluantes de rouler dans les ZFE: circulation ponctuelle, rendez-vous chez le médecin, weekend, circulation avant 8h ou après 20h…Défendant le bilan du gouvernement et un budget de l’écologie “qui a doublé entre 2017 et 2025”, elle a indiqué se battre dans un contexte économique contraint “pour que les dépenses écologiques aillent directement aux projets qui ont le plus d’impact” et que cesse le financement “des niches brunes, c’est-à-dire des dépenses anti-écologiques”.Elle a notamment critiqué le fait qu'”on taxe deux fois plus l’électricité – fabriquée en France avec des emplois français (…) et décarbonée à 95% – que le gaz qui est importé des Etats-Unis ou de Russie”.

Dette: S&P laisse un répit à la France en laissant sa note inchangée

Un répit pour la France: l’agence de notation américaine S&P n’a pas modifié vendredi la note de la dette française, évaluée à AA- et assortie depuis février d’une perspective négative, ce qui signifie qu’elle pourrait être rétrogradée.L’agence n’a publié aucun commentaire, laissant sa notation telle quelle. Interrogé par l’AFP, le ministère de l’Economie “prend bonne note” de cette décision, sans plus de détail.Le 28 février, S&P avait assorti la note AA- (“bonne qualité” de crédit) du pays d’une perspective négative, évoquant des finances publiques “sous pression” et un “soutien politique aux réformes limité” malgré l’adoption du budget 2025, une menace d’abaissement qui ne s’est pas concrétisée vendredi même si la situation n’a guère changé depuis.Le Premier ministre François Bayrou a averti en début de semaine qu’il allait demander “un effort à tous les Français”, en n’excluant pas une hausse générale de la TVA pour financer des dépenses sociales, la “TVA sociale”.Il doit trouver 40 milliards d’euros l’an prochain entre l’Etat, la Sécurité sociale et les collectivités locales. Il a admis, mercredi devant le Sénat, “qu’aucune des mesures” qui composeront le plan général de retour à l’équilibre des finances publiques que proposera le gouvernement “avant le 14 juillet”, n’était encore arrêtée.Une méthode de concertation avec les partenaires sociaux et surtout les partis politiques assumée, pour éviter une nouvelle censure parlementaire, mais qui laisse planer l’incertitude sur la force des mesures qui peuvent être prises d’ici fin septembre lors de la présentation des budgets.Lundi, la Cour des comptes avait averti par ailleurs d’un risque de “crise de liquidité” de la Sécurité sociale l’an prochain en raison du dérapage “hors de contrôle” de ses dépenses.Par deux fois devant le Parlement mercredi, la ministre des Comptes publics Amélie de Montchalin a surpris en affichant fermement l’objectif d’un retour à l’équilibre de la Sécurité sociale en 2029. Selon les projections économiques révisées de la Commission européenne, publiées le 19 mai, la France enregistrera le pire déficit public de la zone euro en 2025 et 2026, à respectivement 5,6% et 5,7% du PIB. Le gouvernement quant à lui table encore sur 5,4% en 2025 et 4,6% en 2026, pour revenir sous 3% en 2029.-28 novembre -Ces projections de la Commission, souligne Eric Dor, directeur des études économiques à l’IESEG School of Management, “montrent l’extrême insuffisance des mesures déjà votées pour assainir les finances publiques”. La charge des intérêts annuels de la dette, qui est à 113% du PIB, est selon lui “presque hors de contrôle” et représente désormais 5,6% des recettes fiscales en 2025, contre 2% aux Pays Bas ou 2,7% en Allemagne – deux pays notés AAA, la note maximum.A l’instar de M. Dor, les économistes interrogés par l’AFP avaient pourtant estimé qu’il était peu probable que la note de la France soit rétrogradée vendredi, tablant plutôt sur l’échéance du 28 novembre, prochain passage en revue par l’agence américaine.”Ils vont attendre de voir ce qui arrivera avec les discussions budgétaires pour 2026, avec cette volonté de faire des économies”, avait souligné Charlotte de Montpellier, économiste d’ING.L’agence américaine avait déjà abaissé le 31 mai 2024 la note du pays, passée de “AA” à “AA-“, sanctionnant la “détérioration de la position budgétaire” du pays, une première rétrogradation depuis 2013.Parmi les autres agences de notation, Fitch, qui classe également la France AA- avec perspective négative, avait confirmé sa notation lors de sa dernière revue mi-mars.Moody’s, qui avait abaissé d’un cran la note du pays en décembre, la classe Aa3, l’équivalent de AA-, mais avec perspective stable, et n’a pas actualisé cette note lors de sa revue en avril.

L’instauration d’une TVA sociale “poussera” le RN à “voter une censure”, prévient Le Pen

Une hausse des impôts dans le budget 2026, en particulier la piste de la “TVA sociale” relancée cette semaine par François Bayrou, “poussera” le Rassemblement national à “voter une censure” contre le gouvernement, a affirmé vendredi Marine Le Pen.”Si M. Bayrou entend augmenter les impôts comme l’avait fait avant lui M. Barnier, il nous poussera à prendre la même décision (…) à savoir voter une censure”, a déclaré la cheffe de file du Rassemblement national sur BFMTV et RMC.Depuis la Nouvelle-Calédonie où elle achève une visite de trois jours, elle réagissait à un éventuel retour de la “TVA sociale”, sujet dont le Premier ministre a souhaité mardi que syndicats et patronat “puissent s’emparer”.Votée en 2012 à la fin du quinquennat de Nicolas Sarkozy, puis aussitôt abrogée par son successeur François Hollande et donc jamais appliquée, cette mesure consistait à compenser des baisses de cotisations pesant sur le travail par une augmentation de la TVA, pour en affecter une fraction au financement de la Sécurité sociale.Mais, pour Mme Le Pen, “la TVA sociale c’est l’augmentation de l’impôt qui frappe le plus injustement les plus modestes” et “toujours demander des efforts aux Français sans que l’Etat ne soit capable d’en faire, ça devient insupportable”.Or le gouvernement actuel n’a selon elle “aucune volonté politique de s’attaquer au train de vie de l’Etat”, ni de “s’attaquer à la fraude” ou de “limiter les coûts d’une immigration incontrôlée”.La leader d’extrême droite a au passage balayé l’hypothèse soulevée par M. Bayrou d’un référendum sur un “plan d’ensemble” de réductions des déficits.”Dans un référendum on ne pose pas une question, c’est un projet de loi qui est soumis aux Français”, a-t-elle rappelé, avançant pour exemple sa proposition de “supprimer les allocations familiales pour les étrangers”.”Il y a un éléphant dans le couloir (et) des économies massives à faire”, mais “est-ce que M. Bayrou a envie de faire ça? Je ne le crois pas”, a-t-elle ajouté.

Le Pen veut “participer” aux consultations avec Macron sur la Nouvelle-Calédonie

La cheffe de file de l’extrême droite Marine Le Pen, en visite en Nouvelle-Calédonie, a dit jeudi vouloir “participer” aux futures consultations sur l’avenir institutionnel de l’archipel, convoquées mi-juin par le président Emmanuel Macron après l’échec de récentes négociations.L’Elysée a annoncé mardi soir que le chef de l’Etat allait inviter “les parties prenantes de la Nouvelle-Calédonie” à Paris à partir de la mi-juin, pour tenter de trouver un accord entre indépendantistes et non-indépendantistes après l’échec début mai des négociations menées par le ministre des Outre-mer Manuel Valls. “Je crois que ce serait une bonne chose que je puisse participer effectivement à ces consultations”, a déclaré Marine Le Pen à la presse en marge d’une visite de l’usine de nickel SLN à Nouméa, arguant de son score de “40%” lors de l’élection présidentielle de 2022 en Nouvelle-Calédonie et du fait qu’elle était de nouveau “candidate” en 2027. “Par conséquent, demain je peux être amenée, si je suis élue, si les Français me font confiance, à avoir une part active dans les décisions qui pourraient être prises”, a soutenu Mme Le Pen, qui doit être jugée en appel au premier semestre 2026. Fin mars, elle a été condamnée en première instance à notamment cinq ans d’inéligibilité immédiate dans le dossier des assistants d’eurodéputés du Rassemblement national.  Interrogée sur la possibilité d’être accompagnée lors de ces discussions de Jordan Bardella, le président de la formation d’extrême droite qui ne cache pas ses ambitions présidentielles en cas d'”empêchement” de Marine Le Pen, cette dernière a cinglé: “Je ne suis pas sûre que Jordan pour le coup connaisse très bien les problèmes de la Nouvelle-Calédonie. On partage nos talents”.Marine Le Pen “est investie sur ce sujet depuis très logntemps, elle est aujourd’hui la mieux placée pour représenter notre mouvement dans ces consultations”, a réagi le président du RN sur BFMTV. “Mais, je vous rassure, je connais très bien les dossiers ultramarins et notamment le dossier de la Calédonie française”.La présidente du groupe RN à l’Assemblée nationale dit vouloir “de la modération” et représenter “une voie médiane” entre “une radicalité d’une partie des indépendantistes, mais aussi une radicalité d’une partie des loyalistes” en Nouvelle-Calédonie. “Je suis modeste, je ne dis pas que je vais régler le problème, je dis que je pense que je peux apporter ma pierre à l’édifice”, a encore souligné Marine Le Pen.  Elle a ensuite affirmé, avant une rencontre avec des chefs d’entreprises, qu’elle allait “écrire au président de la République dès (son) retour à Paris” en fin de semaine pour être à la table des discussions.

Loi simplification: après le recul du ZAN, l’Assemblée approuve la suppression des “zones à faibles émissions”

Saisie du projet de loi de “simplification”, l’Assemblée nationale a approuvé mercredi coup sur coup un recul du principe de “zéro artificialisation nette”, et surtout la suppression des zones à faibles émissions, qui restreignent la circulation de certains véhicules.Introduite en commission à l’initiative de LR et du RN, la suppression des zones à faibles émissions (ZFE) a été adoptée par 98 voix contre 51, avec celles de l’alliance RN-UDR, de la droite, de LFI et quelques macronistes.Ecologistes et socialistes ont largement voté contre, comme certains députés MoDem et Horizons. Le gouvernement était opposé à la suppression, proposant sans succès un compromis.Initiées en 2019 pour limiter les émissions de particules fines, les ZFE sont une mesure emblématique de la loi Climat et résilience du premier quinquennat d’Emmanuel Macron, excluant de leur périmètre certains véhicules très anciens et polluants, identifiés par les vignettes Crit’Air 3 ou plus selon les villes.Mais leur application est critiquée sur tous les bancs par des élus qui considèrent qu’elles excluent des catégories de la population qui ne peuvent acheter des véhicules moins polluants.”Tout le monde est pour améliorer la qualité de l’air. (Mais) nous pensons que ça ne peut pas se faire au prix de l’exclusion sociale”, a soutenu dans l’hémicycle Ian Boucard (LR). “Les ZFE “ne servent à rien”, a estimé quant à lui Pierre Meurin (RN).Le groupe LFI a salué une “victoire” contre “un dispositif injuste”. “LFI a proposé dès 2022 un moratoire sur les ZFE (…) Il est urgent de planifier nos mobilités en mettant de réels moyens dans des alternatives en transports en commun”, a-t-il poursuivi dans un communiqué.”La pollution de l’air est à l’origine de près de 40.000 décès prématurés par an (…) Et les zones à faibles émissions ont contribué à baisser ces décès précoces”, avait défendu dans l’hémicycle la ministre macroniste de la Transition écologique Agnès Pannier-Runacher.”Je vais pas vous dire aujourd’hui que je pleure”, a réagi jeudi sur CNews son homologue LR des Transports, Philippe Tabarot.”Le texte tel qu’il a été défini aujourd’hui est dépassé”, a-t-il ajouté, appelant à améliorer le dispositif par “des mesures de bon sens (…) qui puissent nous permettre de garder des objectifs nationaux et européens au niveau de la pollution de l’air, mais certainement pas de cette manière et certainement pas en montant les Français contre les Français”.- “Démagogie” -Comme annoncé il y a quelques semaines, Agnès Pannier-Runacher a tenté de faire adopter un compromis, pour sanctuariser le fait que les ZFE ne seraient obligatoires qu’autour de Paris et Lyon, et instaurer toute une batterie d’exceptions à la main des collectivités qui veulent les mettre en place.”Ce ne sera pas possible de le faire même pour ceux qui le souhaitent”, a déploré le ministère dans un communiqué, après le vote de l’Assemblée.L’ancien ministre macroniste des Transports Clément Beaune, désormais Haut-commissaire au Plan, a déploré sur X une “triste semaine de démagogie anti-écolo”, citant également une loi agricole visant entre autres à réintroduire certains néonicotinoïdes, et qui poursuit sa route au Parlement grâce à un coup tactique du bloc central lundi.Concernant la loi simplification, les députés ont aussi adopté mercredi un article pour faciliter l’implantation de vastes centres de données numériques. Mais après son passage en commission, il comporte surtout une révision significative du “zéro artificialisation nette” (ZAN), dispositif de lutte contre la bétonisation d’espaces naturels et agricoles.L’article permet de “dépasser jusqu’à 30%” la limite de surfaces naturelles aménageables, “sans justification”, et prévoit d’exclure du décompte du ZAN les constructions reconnues par décret comme “projet d’intérêt national majeur”.L’Assemblée a aussi adopté un amendement visant à sécuriser la conformité de projets comme celui de l’autoroute A69 – une limitation du “droit aux recours” selon la gauche -, ou un article ambitionnant de simplifier l’implantation d’antenne-relais.Des députés estiment toutefois que certaines dispositions, comme l’abrogation des ZFE, encourent un risque de censure au Conseil constitutionnel, comme cavaliers législatifs (trop éloignés du texte initial).Les votes sur les articles devront être confirmés par celui sur le projet de loi, alors que les débats sur ce texte, morcelés depuis début avril, doivent reprendre mi-juin, avec 623 amendements à étudier.