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Léger rebond de popularité pour le Premier ministre, selon un sondage

Après un premier compromis avec la gauche pour faire passer le budget de la Sécu, la popularité de Sébastien Lecornu enregistre un léger rebond selon le baromètre mensuel Ipsos BVA-CESI publié par La Tribune Dimanche.Le deal avec le PS profite au Premier ministre, qui voit sa popularité progresser de 4 points à 29% – contre 58% d’opinions défavorables (-2 points).Dans le détail, sa cote progresse étonnamment surtout chez les sympathisants LFI (+8) et RN (+7), tandis qu’elle décroche nettement chez ceux de droite (LR-UDI, -11) et macronistes (Renaissance-Modem-Horizons, -6).Un “chassé-croisé cohérent” avec l’action de M. Lecornu, analyse pour l’hebdomadaire Brice Teinturier, directeur délégué général d’Ipsos BVA, qui observe que le chef du gouvernement “donne des gages à la gauche qui, logiquement, ne plaisent pas à son camp”.Pendant ce temps, Emmanuel Macron reste englué dans son impopularité, avec seulement 18% d’opinions favorables (-1 point), à un tout petit point de son plus bas historique atteint en septembre.Aucune personnalité ne tire son épingle du jeu ce mois-ci parmi ses “successeurs potentiels”, tous en baisse ou au même niveau qu’en novembre. C’est notamment le cas pour les deux favoris Jordan Bardella et Marine Le Pen, dont respectivement 33% et 30% des sondés seraient “satisfaits” de l’élection à l’Elysée, soit quatre et trois points de moins que dans le précédent sondage.Le recul est encore plus marqué pour Edouard Philippe, qui perd six points à 18%, tandis que Bruno Retailleau abandonne quatre points à 17%, et Jean-Luc Mélenchon deux points à 13%.Ce sondage, qui comme toute enquête d’opinion est une photographie du moment sans valeur prédictive, a été réalisé en ligne du 10 au 12 décembre auprès d’un échantillon de 1.000 Français représentatif de la population âgée de 18 ans et plus, selon la méthode des quotas.

Municipales à Paris: la gauche unie, sans LFI, devant Dati au 1er tour selon un sondage

Une liste d’union de la gauche conduite par le socialiste Emmanuel Grégoire, sans LFI, arriverait en tête du premier tour des municipales à Paris, devant celle de la droite menée par Rachida Dati, selon un sondage Ipsos pour Le Parisien.Quatre listes sont en mesure de se qualifier au second tour en mars 2026, pouvant donner lieu à une quadrangulaire, selon ce sondage publié samedi.Une liste d’alliance menée par Emmanuel Grégoire, soutenue par les Ecologistes et le Parti communiste, qui est actuellement en négociation, remporterait 32% des suffrages au premier tour du scrutin, devant la liste de la candidate des LR Rachida Dati, soutenue par le MoDem, qui en recueillerait 27%.Dans un sondage Ifop paru en novembre, la ministre de la Culture et maire du 7e arrondissement distanciait, avec le même score, son concurrent socialiste, ex-premier adjoint à la maire sortante Anne Hidalgo, donné alors à seulement entre 20 à 22% en fonction des différentes stratégies d’union à gauche.Selon l’enquête d’Ipsos, la liste de Rachida Dati devance nettement celle du candidat Horizons Pierre-Yves Bournazel, soutenue par Renaissance, créditée de 14% des intentions de vote. Sophia Chikirou, tête de liste LFI, est donnée à 13%.Une fusion de la liste LFI avec le PS semble exclue, Sophia Chikirou ayant déclaré fin novembre qu’il “ne faut pas qu’un socialiste soit maire de Paris”, tandis qu’Emmanuel Grégoire a toujours écarté des discussions avec la députée insoumise.Si les socialistes et les écologistes se présentaient séparément, Emmanuel Grégoire (20%) devancerait le candidat écologiste David Belliard (14%). Rachida Dati virerait alors en tête à l’issue du premier tour, à 27% toujours.Socialistes et écologistes sont engagés depuis plus de trois mois dans de difficiles négociations sur une union dès le premier tour, ce qui serait une première depuis que la gauche dirige la capitale. Un accord est néanmoins annoncé comme proche.Au coeur des discussions: le nombre de conseillers de Paris, les futurs postes d’adjoints à l’Hôtel de Ville et surtout les mairies d’arrondissements, le PS ayant selon plusieurs sources proposé aux Ecologistes de leur céder une de leurs mairies s’ils acceptaient de se joindre à Emmanuel Grégoire.A l’extrême droite, la liste du RN de Thierry Mariani est créditée de 7% des intentions de vote, ex aequo avec celle de Sarah Knafo, candidate potentielle mais non encore déclarée du parti d’Eric Zemmour Reconquête.Le sondage a été réalisé en ligne du 5 au 12 décembre sur un échantillon de 849 habitants de Paris, représentatif de la population parisienne inscrite sur les listes électorales (méthode des quotas).

Chantage à la sextape: l’ex-maire de Saint-Etienne a fait appel

L’ancien maire de Saint-Etienne et deux autres protagonistes de l’affaire du chantage à la sextape ont fait appel de leur condamnation à de la prison ferme et à cinq ans d’inéligibilité, a indiqué vendredi le parquet de Lyon.L’ancien maire Gaël Perdriau, son ancien adjoint à l’Education Samy Kefi-Jérôme et l’ex-compagnon de ce dernier Gilles Rossary Langlet ont déposé un recours avant l’expiration du délai légal de dix jours suivant la décision, selon un communiqué du parquet qui a lui-même fait appel dans la foulée.Gaël Perdriau – qui continue de clamer son innocence – a été condamné à quatre ans de prison ferme, les deux autres à trois ans ferme.Seul l’ancien directeur de cabinet du maire, Pierre Gauttieri, qui a reçu une peine de deux ans ferme, n’a pas interjeté appel.Le 1er décembre, le tribunal correctionnel de Lyon les a jugés coupables d’avoir comploté pour filmer un rival du maire à son insu avec un prostitué, d’avoir utilisé cette vidéo intime pour le museler, et d’avoir financé le piège avec des fonds publics.Compte-tenu de l'”extrême gravité des faits”, le tribunal a prononcé pour les quatre hommes des peines avec mandat de dépôt à effet différé, ce qui veut dire applicable même en cas d’appel.Pour cette raison, Gaël Perdriau, 53 ans, est convoqué mardi devant le parquet de Saint-Etienne pour connaître la date et le lieu de son incarcération.Dans son jugement de 100 pages, que l’AFP a pu consulter, le tribunal explique ne pas avoir été “convaincu” par les dénégations de l’ancien maire, qui a soutenu n’avoir joué aucun rôle dans le piège malgré les témoignages contraires de ses co-prévenus.Gaël Perdriau a été “l’unique bénéficiaire” du chantage, s’est montré “jaloux de son autorité”, “command(ait)” et faisait preuve d’un “puissant désir de contrôle” à la mairie, écrit le tribunal.Quant à la peine retenue contre lui, les magistrats la justifient par sa fonction de Premier magistrat, mais aussi par son attitude jusqu’au procès.”Il se montre bien peu capable d’empathie, tant il est autocentré sur sa défense, persuadé d’être la principale victime d’un complot. Tant il semble encore aveuglé par ses ambitions politiques et son désir de pouvoir”, estiment-ils.Le tribunal juge enfin “que les faits ont causé une forte atteinte aux valeurs démocratiques”, ce qui justifie selon lui une inéligibilité avec effet immédiat. “Il n’apparaît pas envisageable en effet que Gaël Perdriau demeure maire de la ville de Saint-Etienne.”Celui-ci a bien quitté son poste et son dernier Premier adjoint, Jean-Pierre Berger, 83 ans, a été élu jeudi pour assurer la gestion de la ville jusqu’aux municipales de mars.

Nicolas Sarkozy dédicace son livre au côté de son fils Louis à Menton

L’ancien président Nicolas Sarkozy a dédicacé vendredi son livre sur ses 20 jours d’incarcération à Menton, au côté de son fils Louis, candidat à la mairie dans cette ville frontalière où le RN est favori.Arrivés à pied dans une librairie en début d’après-midi après une première séance de dédicaces à Cannes, où Nicolas Sarkozy a reçu la visite du maire LR David Lisnard, le père et le fils ont salué les dizaines de personnes qui faisaient déjà la queue.Puis le père s’est installé à l’intérieur de la petite librairie où le fils avait dédicacé son livre sur Napoléon au printemps pour sa première apparition publique dans la ville.”Merci”, “Merci monsieur Sarkozy”, “Merci monsieur le président”: le défilé a duré près de trois heures. Les journalistes ont pu pénétrer à tour de rôle quelques minutes dans la librairie, avec des exceptions: Le Monde et Libération n’ont pas été autorisés à entrer, Le Figaro a été prié de rester.”J’aime l’homme, ce qu’il a fait ou pas fait c’est pas mon problème. Il a fait énormément pour la France”, a expliqué Gisèle Lejeune, ancienne militaire de 78 ans. “Mais pour son fils, ça va être dur à Menton. Il n’a pas la même hargne en lui, il va se faire manger”.”Il fait tout pour faire parler de lui, comme son père”, a lancé Soisic Floranceau, retraitée de l’immobilier de 79 ans, raillant la file depuis le trottoir d’en face: “Les gens qui admirent un escroc, faut vraiment être neuneu”.Dans cette ville où la députée RN Alexandra Masson, candidate à la mairie, a été réélue l’an dernier avec 56% des voix, le refus annoncé de Nicolas Sarkozy d’appeler à un front républicain contre le RN ne fait pas débat.De retour à sa permanence après le départ de son père, Louis Sarkozy lui-même a rejeté tout “cordon sanitaire” en insistant: “Le RN est un parti comme les autres”.”Les électeurs du RN étaient ceux de Nicolas Sarkozy il y a quelques années. Ce sont des Français comme les autres. Ils ne sont pas forcément d’ailleurs séduits par le RN, mais ils ont un ras-le-bol par rapport à la classe politique d’aujourd’hui”, a-t-il insisté.La semaine dernière, Mme Masson avait expliqué à l’AFP avoir fait campagne pour Nicolas Sarkozy en 2007 avant de prendre ses distances: “Il avait un vrai programme de droite et à la place on a eu Bernard Kouchner, Fadela Amara et Rama Yade”.

Budget de l’Etat: au Sénat, la droite tentée par le compromis, mais pas à n’importe quel prix

Appelée par le gouvernement à se montrer constructive, la droite sénatoriale n’entend pas tourner le dos à un compromis sur le budget de l’Etat, mais sa fermeté vis-à-vis des socialistes risque de compliquer l’aboutissement de la discussion budgétaire avant 2026.”La balle est aujourd’hui dans le camp du Parlement et significativement de la droite sénatoriale”, a lancé mercredi la porte-parole du gouvernement Maud Bregeon.Une manière de mettre la pression sur la chambre haute et son alliance majoritaire droite-centristes. Elle détient à elle seule une grande partie des clés d’une équation jusqu’ici insoluble sur le projet de loi de finances pour 2026 (PLF).En effet, si le compromis a été possible sans le Sénat sur le budget de la Sécurité sociale, les délais sur le budget de l’Etat sont tellement contraints que seul un accord entre les deux chambres du Parlement pourrait permettre l’adoption d’un budget avant le 31 décembre.Le Sénat doit voter lundi sur l’ensemble du projet de budget, largement remanié par rapport à la version gouvernementale. Ensuite, une commission mixte paritaire (CMP), réunion de sept députés et sept sénateurs, sera chargée de trouver un terrain d’entente. – CMP décisive -Cette CMP est pour le moment fixée au vendredi 19 décembre, ce qui laisse encore quelques jours aux parlementaires pour négocier le périmètre d’un accord.Si le gouvernement y croit, l’intransigeance de Bruno Retailleau, patron des Républicains et ténor de la droite sénatoriale, reste totale à ce stade.”Il ne pourra pas y avoir d’accord sur un budget qui augmenterait considérablement les impôts et ne réduirait pas significativement la dette”, a-t-il fermement affirmé au Figaro.Autre signe d’une droite sénatoriale inflexible: elle a rejeté d’emblée, vendredi, le budget de la Sécurité sociale dans sa version de compromis trouvée à l’Assemblée nationale, laissant le dernier mot aux députés.Une issue différente sur le budget de l’Etat ? Le rapporteur général du budget au Sénat, Jean-François Husson, martèle depuis plusieurs semaines sa conviction qu’une “voie de passage existe”. “Nous serons dans l’écoute et dans l’ouverture, mais pas à n’importe quel prix. Personne ne peut se permettre de viser une victoire politique sur ce budget”, assure auprès de l’AFP celui qui pilote les débats budgétaires au Sénat.Ce dernier a commencé, ces derniers jours, à rapprocher les points de vue avec son homologue de l’Assemblée nationale, Philippe Juvin (LR lui aussi). Une autre réunion est prévue dimanche entre ces deux responsables.”Mon objectif, c’est bien de trouver un atterrissage”, confirme Philippe Juvin à l’AFP. “Il me semble que c’est accessible”.Le président du Sénat Gérard Larcher, connu pour ses qualités de conciliateur, est lui aussi dans cette optique.Mais le patron de la chambre haute, qui a échangé avec Emmanuel Macron et Sébastien Lecornu jeudi, reste très agacé par le choix du Premier ministre de se tourner vers le Parti socialiste et lui reproche d’avoir “méprisé” le Sénat.- “Pas prêt à se renier” -“On est prêt à faire des efforts mais on n’est pas prêt à se renier”, glisse un proche du président Larcher, pour qui “trop de concessions ont été faites à la gauche”.”Ce n’est pas à la droite sénatoriale d’aller parler au PS, c’est à Sébastien Lecornu d’aller voir les socialistes pour leur dire que maintenant ça suffit, qu’ils ont tout obtenu dans le budget de la Sécu”, explicite Christine Lavarde, sénatrice LR qui devrait siéger en CMP.Une commission mixte paritaire conclusive ne suffirait pas, néanmoins, car il faudrait ensuite que le texte de compromis soit adopté par l’Assemblée nationale, avec au minimum une abstention de la gauche qui paraît impensable à ce stade.Et certains cadres du bloc central en appellent au retour du 49.3 pour valider cet hypothétique accord.”Le 49.3 n’est pas une baguette magique, si le gouvernement l’utilise sans compromis préalable, il s’expose à une censure immédiate”, a menacé le premier secrétaire du PS Olivier Faure dans Libération.Lui, comme beaucoup, anticipe déjà l’alternative: l’adoption d’une loi spéciale avant le 31 décembre, afin de permettre la poursuite des activités de l’Etat, et la reprise des débats début 2026. Avec un nouveau casse-tête budgétaire en perspective…

La natalité, notamment freinée par des craintes financières, selon une consultation citoyenne

Qu’est-ce qui vous empêche d’avoir un enfant ? La crainte de manquer de moyens financiers, la peur de l’avenir ou tout simplement l’absence d’un partenaire, ont répondu les 30.000 Français qui ont participé à une consultation citoyenne sur la natalité.Ouverte sur le site de l’Assemblée nationale du 23 octobre au 4 décembre, cette consultation publique visait à recueillir “les témoignages et les expériences concrètes des Français” afin “de mieux comprendre les freins” aux projets de famille, dans le cadre d’une mission d’information sur la natalité, explique un communiqué vendredi. “Le désir d’enfant reste important” mais “ne se concrétise pas toujours”, en raison de multiples facteurs, relève le député Jérémie Patrier-Leitus (Horizons), rapporteur de cette mission, cité dans le communiqué. “La peur d’un déclassement social, financier ou professionnel est un frein important”, notamment.Parmi les répondants, 28% ont évoqué “l’aspect financier de l’éducation et de l’entretien” comme principal frein pour avoir un premier enfant, 18% les “inquiétudes liées à l’avenir de la société” et 15% les craintes autour de la conciliation entre vie professionnelle et personnelle.S’il s’agit d’avoir un enfant supplémentaire, 42% des répondants citent l’aspect financier comme frein principal.Interrogés sur les mesures qui pourraient les aider à franchir le pas pour avoir un enfant ou un enfant supplémentaire, les répondants ont d’abord plébiscité des “congés parentaux plus longs et mieux rémunérés” puis des politiques publiques en faveur des modes de garde.Cette consultation a aussi fait émerger la problématique de l’absence de partenaire stable. “La crise de la conjugalité est une réalité qui pèse directement sur la natalité”, souligne Jérémie Patrier-Leitus.Parmi les répondants, 81% étaient âgés de 25 à 45 ans. Plus des trois quarts sont des femmes. Une majorité habitent dans des grandes villes ou des villes de taille moyenne et dispose d’un salaire supérieur au salaire médian, soit environ 2.200 euros nets.Leurs réponses alimenteront les travaux de la mission qui publiera un rapport en janvier.La natalité décline en France depuis plusieurs années. En 2024, 660.800 nouveaux-nés ont vu le jour, selon l’estimation révisée de l’Insee, soit le plus faible nombre depuis la fin de la Seconde guerre mondiale, pour la troisième année consécutive.Ce déclin de la natalité agite la classe politique, qui s’inquiète notamment du financement du système de protection sociale. Il avait conduit le président Emmanuel Macron à appeler au “réarmement démographique” du pays.

La France met à jour sa méthode pour devenir “neutre en carbone” en 2050

Le gouvernement a publié vendredi la stratégie actualisée de la France pour devenir “neutre en carbone” en 2050, un objectif extrêmement ambitieux qui passe entre autres par la fin du pétrole et du gaz.Ce projet de troisième Stratégie nationale bas carbone (SNBC-3) paraît dix ans jour pour jour après l’Accord de Paris, traité signé en France pour abaisser les émissions de gaz à effet de serre mondiales.Depuis, le pays est resté fidèle à l’objectif de sortir des activités industrielles et des énergies qui alimentent le réchauffement de la planète.”Au terme de ces dix ans, nous pouvons être fiers du chemin parcouru”, écrit le président Emmanuel Macron dans une tribune publiée par le site d’opinions Projet Syndicate. Il y vante “la réussite de notre écologie à la française, qui combine progrès et protection, qui permet de réduire nos émissions et le chômage à la fois”.La France, avec l’Union européenne plus généralement, a des partenaires qui croient aussi à ces objectifs. Mais ils semblent de moins en moins influents, comme l’ont montré les négociations internationales récentes, en particulier à la conférence climat de novembre (COP30) à Belém (Brésil).Les États-Unis, premier producteur mondial de pétrole, comptent sur les hydrocarbures pour leur avenir, tandis que leur président Donald Trump ne croit pas aux prévisions des climatologues. De plus, de grands pays émergents ne souhaitent pas que la sortie des énergies fossiles soit un objectif explicite de la communauté internationale.En France, l’opinion publique est divisée sur les changements radicaux de mode de vie qu’implique cette “neutralité en carbone”. Moins de viande, moins d’essence, moins d’avion, d’autres modes de chauffage: de telles préconisations sont parfois impopulaires, qualifiées par exemple par l’opposition d’extrême droite d'”écologie punitive”.- “Électricité décarbonée” -“Attention, cette stratégie n’est pas une façon de dicter des changements de mode de vie, elle met l’accent sur les leviers dont nous disposons déjà: déployer davantage les pompes à chaleur, promouvoir les véhicules électriques…”, réplique la ministre de la Transition écologique, Monique Barbut, dans le quotidien Les Échos.”Ce n’est pas une transition écologique de centres-villes, où on mange du soja et on fait du vélo. C’est une transition écologique avec véhicules électriques pour tout le monde”, a appuyé son cabinet, en présentant à la presse ce projet de Stratégie.Certains objectifs ciblés peuvent paraître très compliqués à atteindre dans le temps imparti. Parmi les préconisations de cette Stratégie nationale bas carbone, on lit par exemple “2040-2045: sortie du pétrole”, et “2050: fin du gaz fossile”.La réduction de la dépendance aux importations d’hydrocarbures est un objectif largement partagé, qui profitera à la production nationale d’électricité, notamment renouvelable. L’objectif fixé est de passer à 55% d’électricité dans la consommation énergétique en 2050, contre 37% en 2023.”Avec une électricité décarbonée abondante, nous sommes dans une situation très favorable pour agir, pour le climat, mais aussi pour notre compétitivité, notre indépendance énergétique et notre prospérité”, a commenté le directeur de l’Institut de l’économie pour le climat (I4CE), Benoît Leguet.Dans les transports, l’électrique doit aussi progresser. Le gouvernement espère 15% de voitures électriques sur les routes en 2030. En 2050, pour les transports intérieurs, seul l’aérien continuerait à émettre du CO2, d’après la Stratégie. Camions électriques, trains et péniches déplaceraient les marchandises.L’agriculture est un autre champ d’action crucial pour la France. Les recommandations vont de “davantage de fruits et légumes, et de légumineuses” dans le régime alimentaire à “réduire l’intensité carbone de l’élevage”, via le retour des pâturages entre autres.Dans l’alimentation, le gouvernement veut “réduire le gaspillage alimentaire de 50% d’ici 2030 par rapport à 2015”.Dans l’industrie, il s’agira de “réindustrialiser en décarbonant la production”, ou encore de “faire évoluer les modes de consommation pour réduire la demande en processus intensifs en carbone”.Greenpeace s’est dite très sceptique. “La réalité de la trajectoire de la France laisse craindre des ambitions de façade”, écrit un de ses experts sur l’énergie, Nicolas Nace.

Darmanin “souhaite” que le protoxyde d’azote soit classé comme stupéfiant

Le ministre de la Justice Gérald Darmanin a dit “souhaiter” vendredi que le protoxyde d’azote soit inscrit sur la liste des produits stupéfiants et confirmé que le gouvernement travaillait à un encadrement strict de cette substance.”Je souhaite que le protoxyde d’azote soit vu comme la drogue” et classé comme produit stupéfiant, a déclaré le garde des Sceaux sur BFMTV/RMC au lendemain de sa rencontre, au côté du ministre de l’Intérieur Laurent Nuñez, avec la mère de Mathis, 19 ans, mortellement percuté par un automobiliste sous protoxyde d’azote. Utilisé en médecine ou cuisine, la vente de cette substance, surnommée “gaz hilarant”, est en théorie interdite aux mineurs et dans certains lieux depuis 2021, mais sauf arrêtés locaux, elle reste légale. Ce produit a notamment pour effet secondaire la perte de contrôle de ses consommateurs.Laurent Nuñez a évoqué de son côté sur RTL des mesures à mettre en place comme l’interdiction d’avoir un “usage détourné” du protoxyde d’azote, “pour un usage euphorisant, comme une drogue”, rappelant l’existence de propositions de loi sur le sujet au Parlement. S’il n’est “pas classé sur la liste des produits stupéfiants”, le protoxyde d’azote sera “dans certains usages”, “traité comme une drogue”, a affirmé le ministre de l’Intérieur. Il a notamment évoqué la possibilité de “pouvoir fermer des commerces qui le vendent indûment et surtout d’interdire le port et le transport et la consommation sur la voie publique de manière généralisée sur le territoire national”.Le 1er novembre, Mathis a été tué à Lille par un conducteur qui avait consommé du protoxyde d’azote et tentait de fuir la police.Jeudi, ses proches ont notamment appelé le gouvernement à réserver la vente et l’achat de protoxyde d’azote “aux seuls professionnels autorisés par décret, sur présentation de justificatifs, par des revendeurs spécialisés”, selon un communiqué de l’avocat des parents, Me Antoine Régley.Gérald Darmanin s’est par ailleurs déclaré favorable à l’interdiction de consommation du protoxyde d’azote au volant et à la saisie du véhicule en cas de découverte de cette substance dans l’habitacle.”Et je souhaite que ce soit une circonstance aggravante lorsqu’il y a des accidents et lorsqu’il y a des assassinats involontaires”, a poursuivi le ministre, en référence à la loi créant le délit d’homicide routier promulguée en juillet.    Selon une enquête Ipsos de la Fondation Vinci Autoroutes parue en octobre (sur 2.256 personnes), un jeune de moins de 35 ans sur dix a déjà consommé du protoxyde d’azote en soirée, et la moitié d’entre eux l’ont déjà fait en conduisant.

L’Assemblée adopte un texte pour le renouvellement automatique des titres de séjour longue durée

L’Assemblée nationale a adopté jeudi soir, lors de la journée réservée aux propositions du groupe socialiste, un texte visant à permettre le renouvellement automatique des titres de séjour de longue durée, contre l’avis du gouvernement.Examinée en première lecture, la proposition devra désormais être inscrite à l’ordre du jour du Sénat. Elle a été adoptée par 98 voix pour, contre 37, grâce à l’union de la gauche et face à un camp gouvernemental et une extrême droite faiblement mobilisés.Portée par la députée socialiste Colette Capdevielle, la mesure entend répondre à une “injustice criante” liée à l’explosion des délais d’instruction pour les renouvellements de titres de séjour de longue durée et des cartes de résident, alors que plus de 99% des demandes sont accordées.”Nous réussissons l’exploit d’emboliser un système pour moins de 1% des dossiers”, a-t-elle dénoncé, évoquant les files d’attentes, les mois pour obtenir un rendez-vous, les plateformes saturées, et, de ce fait, des ruptures de droits entraînant perte d’emploi, impossibilité de louer un logement ou interruption de couverture maladie. “La machine administrative fabrique elle-même la précarité, nous fabriquons des sans-papiers”, a-t-elle lancé.Le texte prévoit que les cartes pluriannuelles (jusqu’à quatre ans) et les cartes de résident (dix ans) soient renouvelées automatiquement, sauf si l’administration démontre des motifs juridiques pour s’y opposer.- “Illusion de la simplicité” -La ministre déléguée auprès du ministre de l’Intérieur, Marie-Pierre Vedrenne, a reconnu “des délais dégradés”, mais a défendu l’opposition du gouvernement, invoquant les risques juridiques et constitutionnels liés à l’automaticité des renouvellements “sans examen individualisé”.Elle a aussi jugé la mesure “inefficace”, estimant qu’elle “déplacerait la charge de travail” sans réduire les délais et qu’elle ne permettrait pas de traiter certaines “situations problématiques”, citant le cas d’un étranger qui ne remplirait plus les conditions de délivrance, par exemple après “une condamnation pénale” ou “la découverte d’une polygamie”, et qui verrait son titre renouvelé automatiquement si l’information n’était pas “remontée à temps”.Les débats ont été houleux de part et d’autre de l’hémicycle. “Vous êtes en train de créer un grave danger”, a lancé Laurent Jacobelli (Rassemblement national), accusant le Parti socialiste de “vouloir faire croire qu’il est à nouveau de gauche” après avoir voté mardi le budget de la Sécurité sociale grâce à un compromis trouvé avec le gouvernement de Sébastien Lecornu.Colette Capdevielle a répliqué en rappelant que “l’administration conserve la possibilité, notamment en cas d’une condamnation qui trouble gravement l’ordre public, de pouvoir retirer le titre”, avant de lancer: “Pas l’un d’entre vous n’a apporté une once de solution, ni humanisme, ni réalisme. En fait, vous êtes tous simplement très, très racistes.”L’Assemblée a adopté toutes les autres propositions de loi défendues par le groupe socialiste lors de cette journée annuelle réservée à l’examen de leurs textes dans l’hémicycle, là encore en grande partie grâce à l’union des groupes de gauche et à une faible mobilisation de leurs opposants.”En faisant adopter leurs six propositions de loi, les députés socialistes ont de nouveau prouvé leur utilité pour les Français”, s’est félicité auprès de l’AFP le président du groupe Boris Vallaud, saluant des textes “qui amélioreront concrètement la vie des gens”.- Mineurs isolés -Deux de ces propositions entendent mieux protéger les mineurs. La première, votée à l’unanimité, vise à garantir un avocat à chaque enfant placé ou suivi dans sa famille par des services sociaux.Environ 380.000 jeunes sont concernés par des mesures d’assistance éducative en France. Ces enfants sont, sur décision d’un juge généralement, placés en famille d’accueil ou en foyer, ou bien suivis directement dans leur famille.Le plus souvent, ces enfants ne sont pas assistés d’un avocat, même s’ils peuvent en faire la demande ou s’en voir désigner un par un juge, lorsqu’ils sont capables de discernement.La proposition de loi a été votée alors que la révélation d’une vidéo d’un enfant tondu malgré lui par des éducateurs, dans un foyer d’enfants placés à Paris, a suscité une grande émotion.Dans la foulée, l’Assemblée a adopté une proposition de loi permettant à des jeunes isolés, qu’on évalue majeurs, de conserver l’accès à certaines protections, comme l’hébergement d’urgence, lorsqu’ils formulent un recours.Pile avant minuit, heure de fin d’examen de la “niche” du groupe socialiste, les députés ont voté à l’unanimité un texte pour réguler les prix de plusieurs services en Outre-mer, qui propose notamment de plafonner les prix des billets d’avion.