AFP Politics

Procès RN: “je suis engagée dans un combat pour mon innocence”, déclare Marine Le Pen

Marine Le Pen, actuellement jugée en appel dans l’affaire des assistants d’eurodéputés FN, un procès décisif pour sa candidature à la présidentielle de 2027, a martelé samedi à Marseille être “engagée dans un combat pour (s)on innocence”.En déplacement dans la cité phocéenne pour lancer la campagne des municipales, la cheffe de file de l’extrême droite, a souligné ne pas vouloir plaider “devant la presse”. “Quand on fait appel, par définition, on est optimiste”, a-t-elle néanmoins déclaré lors d’une conférence de presse, accompagnée du député RN Franck Allisio, candidat à la mairie de Marseille.”Je veux conserver cet optimisme et cette conviction que la cour entendra les arguments que le tribunal n’a pas entendus”, a poursuivi Mme Le Pen, qui doit être entendue à partir mardi après-midi.Balayant une question sur sa place dans la campagne pour la présidentielle, elle a souligné que sa priorité était que “les idées que nous représentons soient en ordre de marche l’été prochain pour pouvoir concourir à l’élection présidentielle dans les meilleures circonstances possibles”.A l’ouverture de son procès en appel mardi à Paris, la députée d’extrême droite avait soutenu n’avoir eu “aucun sentiment” de commettre un délit ni “rien dissimulé”.La justice reproche à Mme Le Pen, au Rassemblement national (alors appelé Front national) et à dix autres prévenus d’avoir payé entre 2004 et 2016 des salariés du parti, qui traversait alors des difficultés financières en raison de mauvais résultats électoraux, avec de l’argent du Parlement européen.En première instance, Marine Le Pen a été condamnée par le tribunal correctionnel de Paris à quatre ans d’emprisonnement dont deux ferme sous bracelet électronique, 100.000 euros d’amende et, surtout, cinq ans d’inéligibilité avec exécution provisoire, c’est-à-dire immédiate, qui l’empêche pour l’instant de concourir à la présidentielle.

Budget: le bloc central s’interroge sur le financement des mesures annoncées par Lecornu

Le chef des députés Horizons Paul Christophe s’est interrogé samedi, à l’instar d’autres responsables du camp gouvernemental, sur le financement “des concessions” sur le budget annoncées vendredi par Sébastien Lecornu qui risquent de “mettre en péril” l’objectif de retour du déficit sous les 5% du PIB en 2026.”Les concessions annoncées hier par le Premier ministre représentent plusieurs milliards de moindres économies, en grande partie issues de la surenchère des socialistes, sans que leurs financements ne soient encore clairement établis”, écrit le représentant du parti d’Edouard Philippe sur X.”Chaque choix a un coût, et le redressement des comptes publics ne pourra pas se faire en aggravant démesurément la fiscalité ni en dissimulant la réalité budgétaire. Mais une chose est sûre, on ne peut à la fois multiplier les dépenses, promettre un déficit contenu et affirmer qu’il n’y aura aucune conséquence fiscale”, ajoute-t-il.Vendredi soir, le chef des députés du MoDem Marc Fesneau a dit attendre de l’exécutif “des clarifications, en particulier sur le respect des objectifs de réduction du déficit”. “La responsabilité budgétaire, ce ne peut être la somme des envies des uns et des autres, singulièrement quand elles entretiennent l’illusion que l’on peut continuer de vivre à crédit sans efforts justes, collectifs, et surtout sans choisir”, a-t-il écrit sur X.Séastien Lecornu a annoncé vendredi soir plusieurs mesures en faveur du pouvoir d’achat, des étudiants et sur le logement, comme le réclamait le Parti socialiste.Il a notamment promis une augmentation de “50 euros en moyenne” de la prime d’activité pour “plus de trois millions de ménages” à revenus modestes. Cette dernière mesure coûtera “de l’ordre de de 2 milliards d’euros” par an, selon l’entourage du Premier ministre.Mais le locataire de Matignon est resté évasif sur leur financement. Samedi matin, le ministre de l’Economie et des Finances Roland Lescure a indiqué que des chiffrages étaient en cours au sujet d’une surtaxe des bénéfices des grandes entreprises, demandée par le PS mais rejetée par LR et Renaissance.

Budget: des chiffrages en cours pour la surtaxe des bénéfices des entreprises, dit Roland Lescure

Le ministre de l’Economie et des Finances Roland Lescure a évoqué samedi des chiffrages en cours au sujet d’une éventuelle surtaxe des bénéfices des grandes entreprises samedi, une mesure réclamée par le parti socialiste mais repoussée à l’Assemblée.”On est en train encore de caler les derniers chiffrages. Pourquoi? Parce qu’on est encore en train de négocier avec les groupes parlementaires du Sénat l’évolution des dépenses des collectivités locales”, a commenté le ministre sur France info, rappelant que la mesure figurait dans le budget initial du gouvernement. “Ce n’est pas seulement une demande du PS”, a-t-il ajouté.Lors de son allocution vendredi, le Premier ministre Sébastien Lecornu n’a rien dit de cette éventuelle surtaxe sur les bénéfices des entreprises, censée aider à la négociation avec le PS mais repoussée à l’Assemblée. Opposés à cette mesure, les groupes LR et Renaissance n’ont pas apporté leur soutien à un amendement du gouvernement jeudi, qui aurait porté le rendement de la surtaxe à 6,3 milliards d’euros, contre 8 milliards en 2025 et 4 milliards dans le projet de loi initial du gouvernement pour 2026.Les socialistes réclamaient quant à eux le maintien de la surtaxe à 8 milliards. Début janvier, Roland Lescure avait plaidé pour la réintroduction de cette surtaxe à l’Assemblée, après sa suppression au Sénat, nécessaire au compromis, selon lui.”On est en train de caler ça. Donc on aura l’occasion de vous donner les chiffres exacts dans les 2-3 jours qui viennent au maximum”, a précisé le ministre de l’Economie samedi.M. Lescure a par ailleurs confirmé l’augmentation de 50 euros en moyenne de la prime d’activité, un complément de revenu versé aux travailleurs à revenus modestes, pour plus de trois millions de ménages, une mesure annoncée par le Premier ministre vendredi.”Il y avait des économies prévues sur la prime d’activité (…) Tout ça, c’est terminé. Mais il y a en plus une hausse de la prime d’activité qui fait à peu près 50 euros pour quelqu’un qui gagne le SMIC”, a expliqué Roland Lescure.Le gouvernement doit trancher d’ici mardi entre un recours au 49.3 ou à une ordonnance budgétaire pour tenter de faire passer le projet de budget sans vote.”Le vote du budget, j’allais dire traditionnel, est malheureusement proscrit du fait de la manière dont les débats se sont produits. Moi, j’ai été élu à l’Assemblée nationale. Je préfère toujours que l’Assemblée nationale puisse se prononcer. Et on verra dans les heures qui viennent ce qu’on décide”, a répondu Roland Lescure, interrogé sur l’option qui sera retenue par le gouvernement.

Budget: Lecornu annonce de nouvelles mesures pour éviter la censure, leur financement interroge

En quête d’un compromis sur le budget pour éviter la censure, Sébastien Lecornu a abattu de nouvelles cartes vendredi susceptibles selon lui de “rassembler”, mais qui soulèvent des questions au sujet de leur financement.Dans une allocution d’environ vingt minutes depuis la cour de Matignon, le Premier ministre a énuméré une série de mesures pour un budget présenté comme “meilleur” et “responsable”, assurant qu’il permettrait de réduire le déficit à l’objectif fixé de 5% du PIB, au lieu de 5,3% à ce stade des discussions parlementaires.Le PS réclamait notamment des mesures en faveur du pouvoir d’achat des plus modestes et sur le logement.Sébastien Lecornu a annoncé la revalorisation du barème de l’impôt sur le revenu et une augmentation de “50 euros en moyenne” de la prime d’activité pour “plus de trois millions de ménages” à revenus modestes. Cette dernière mesure coûtera “de l’ordre de de 2 milliards d’euros” par an, selon l’entourage du Premier ministre.En matière de logement, il envisage une augmentation de 400 millions d’euros des moyens pour les bailleurs sociaux et renonce à l’année blanche “pour les allocations sur le logement” (APL).Avant même sa prise de parole, le chef du gouvernement avait annoncé la généralisation des repas universitaires à 1 euro, voulue par les socialistes.”Les avancées sont réelles”, s’est félicité le PS dans un communiqué. “Plusieurs points nécessitent encore des échanges avec le gouvernement”, a toutefois ajouté le chef du groupe à l’Assemblée Boris Vallaud.”On a des concessions qui sont très minimes”, a au contraire jugé sur BFMTV le président LFI de la commission des Finances de l’Assemblée, Eric Coquerel. “Et toujours pas la moindre piste sérieuse de financement”, a aussi taclé la cheffe du groupe écologiste, Cyrielle Chatelain. Le sujet a également été soulevé par le président du groupe MoDem à l’Assemblée, Marc Fesneau, visiblement sceptique bien qu’en soutien du gouvernement. Il a dit attendre de l’exécutif “des clarifications, en particulier sur le respect des objectifs de réduction du déficit”. De son côté, le président du Medef Patrick Martin s’est inquiété dans la soirée “des contreparties fiscales aux nouvelles dépenses annoncées”.- “Tristesse” -Sébastien Lecornu n’a pas dit par quelle voie, article 49.3 ou ordonnance, il comptait procéder pour l’adoption du texte. Deux outils constitutionnels à sa disposition, perçus par ses opposants comme des “passages en force”.Le Premier ministre s’est donné jusqu’à mardi pour trouver une solution acceptable aux yeux du PS, dont il cherche à s’assurer la non-censure.Faute d’accord des députés pour voter un budget, il a confié sa “tristesse” d’avoir vu sa méthode – laisser la main au Parlement – échouer sur le budget de l’Etat alors que les députés étaient parvenus à voter celui de la Sécurité sociale.Le gouvernement a suspendu jeudi soir les interminables débats budgétaires à l’Assemblée, actant l’impossibilité d’aller à un vote sur le projet de loi de finances 2026.Vendredi, Sébastien Lecornu a de nouveau fustigé la “stratégie cynique et profondément délibérée” de LFI et du RN, accusés de “saboter” les débats.”La seule stratégie que nous avons, monsieur le Premier ministre, c’est de défendre les Français”, lui a rétorqué la cheffe de file du RN Marine Le Pen lors d’un meeting à Marseille, en le surnommant “Caliméro Lecornu”.- Trancher -L’allocution du locataire de Matignon a laissé de nombreux points en suspens.Pour les collectivités locales, en attente d’un geste financier à quelques semaines des municipales, M. Lecornu a dit qu’elles participeraient à l’effort “dans des proportions acceptables”, sans donner de chiffre.Il n’a rien dit d’une éventuelle surtaxe sur les bénéfices des grandes entreprises, censée rapporter 6,3 milliards d’euros et aider à la négociation avec le PS. Les discussions budgétaires sont censées reprendre mardi après-midi et le Premier ministre devrait donc avoir d’ici là choisi de recourir à l’article 49.3 ou à une ordonnance (article 47).L’article 49.3, auquel il avait solennellement renoncé en octobre à la demande du PS, permettrait au gouvernement de faire passer un budget en retenant les amendements de son choix.Mais il devrait l’utiliser potentiellement trois fois (sur les dépenses, les recettes puis l’ensemble du texte), s’exposant à chaque fois à une censure. Y recourir aurait un goût amer, son abandon incarnant pour Sébastien Lecornu la marque de son action.L’ordonnance, soit l’inscription du budget dans un texte sans passer devant le Parlement, serait inédite mais permettrait elle de doter le pays d’un budget même si le gouvernement devait être censuré par la suite.Un projet d’ordonnance budgétaire serait à l’étude à Matignon, selon une source à Bercy, mais cela ne veut pas dire que cette option sera in fine choisie.pol-are-tg-la/sde/cbn

A Marseille, Marine Le Pen et le RN se prennent à rêver de victoire aux municipales

A deux mois du premier tour, Marine Le Pen est venue vendredi galvaniser ses troupes à Marseille, que le Rassemblement national et son candidat Franck Allisio rêvent de faire basculer pour faire “souffler le mistral” de “l’alternance” jusqu’à la présidentielle.Elle a beau venir du nord, la patronne du RN a le décompte généreux: “Un million de Marseillais comptent sur toi”, lance-t-elle à son candidat dans la deuxième ville de France, peuplée d’un peu moins de 900.000 âmes.La cheffe de file de l’extrême droite a beau jouer son avenir devant la justice à Paris, le parti à la flamme rêve grand à Marseille. A deux pas du stade Vélodrome, l’auditorium du parc Chanot et ses 1.200 places étaient remplis à ras-bord pour “l’invitée d’honneur” des voeux de la tête de liste nationaliste. Une cérémonie aux airs de meeting électoral, où Marine Le Pen a exhorté ses sympathisants à “aller voter en masse en faveur de l’alternance”.Après “six années de gauchisme” sous l’égide du maire sortant Benoit Payan – hué comme de rigueur – “l’heure est au sursaut”, a-t-elle insisté, à peine interrompue par un militant antifasciste infiltré dans la salle et rapidement évacué.Avec ce qu’il faut de “plein soutien” et de “confiance”, la triple candidate présidentielle a aussi mis une petite dose de pression à son poulain marseillais, censé lui ouvrir rien moins que les portes de l’Elysée: “Lorsque tu auras obtenu (ce) premier résultat, Franck, dans un an l’heure sera alors venue pour une autre alternance, qu’attendent des dizaines de millions de Français”.Ce quand bien même son procès en appel (dans l’affaire des assistants parlementaires européens du Front national, ancien nom du RN) qui s’est ouvert cette semaine à Paris pourrait la contraindre à renoncer à une quatrième tentative, au profit de son dauphin Jordan Bardella.Pas de quoi altérer son aura auprès des militants, comme Lucas, 32 ans, pour qui elle “reste la candidate numéro un”, ou Valérie, 60 ans, électrice de longue date et qui “votera RN quoi qu’il arrive, quoi qu’il en soit”.- “Parti anti-Marseille” -Cette base solide se retrouve dans le dernier sondage Ipsos pour La Marseillaise paru cette semaine, où M. Allisio fait jeu égal avec M. Payan avec 30% des intentions de vote chacun. Un niveau équivalent aux score atteints l’an dernier par le RN dans la cité phocéenne, tant aux européennes (30,14%) qu’au premier tour des législatives (33,16%), et qui installe un duel au sommet, devant la présidente du département Martine Vassal (alliance droite-centre) distancée à 23%, et le député LFI Sébastien Delogu relégué à 14%.De quoi donner des ailes à l’extrême droite, qui peut s’imaginer l’emporter si les quatre favoris se maintiennent au second tour, voire même dans une triangulaire en se posant comme le vote utile pour faire basculer la mairie prise par la gauche il y a six ans.Dans la peau du challenger, le député RN des Bouches-du-Rhône a d’ailleurs promis à ses troupe un “moment de bascule” pour “tourner la page socialo-macroniste”, prélude à “une alternance nationale en 2027”. Car “c’est de Marseille que le mistral va souffler, jusqu’à la victoire”, a-t-il ajouté.En miroir, cette stratégie de nationalisation de l’enjeu marseillais permet aussi au maire sortant de se présenter en rempart face au risque de victoire de l’extrême droite. “Le Rassemblement national, c’est le parti anti-Marseille”, a ainsi déclaré M. Payan à l’AFP plus tôt dans la journée, signifiant que Mme Le Pen n’était pas vraiment la bienvenue sur ses terres.”Tout dans l’ADN de la ville dit le contraire de ce que ces gens racontent. Tout dans l’histoire de la ville dit le contraire de ce qu’est le Rassemblement national”.Signe que le match sera disputé, à l’extérieur du parc Chanot quelque 500 opposants – parmi lesquels M. Delogu – ont manifesté sous bonne garde policière. Entre fumigènes, drapeaux rouges et jets de farine, Valérie, 37 ans, s’inquiétait de voir que les idées du RN “gagnent du terrain et le vivre ensemble (en) perd”, dans une ville bâtie “sur la rencontre de plusieurs populations en harmonie”.

Des “milliers” d’ultra-riches “ne paient pas l’impôt qu’ils devraient payer au pays”, affirme Eric Coquerel

Des milliers, “voire des dizaines de milliers” de personnes parmi les plus fortunées “ne paient pas l’impôt qu’ils devraient payer au pays”, a affirmé vendredi le président LFI de la commission des Finances de l’Assemblée nationale, Eric Coquerel, après avoir consulté des documents de Bercy sur la fiscalité des plus riches.”D’après les documents que j’ai consultés, il y a plusieurs milliers de personnes, voire plusieurs dizaines de milliers qui, non pas ne paient pas d’impôt sur le revenu, mais qui ont des revenus fiscaux très très inférieurs par rapport à leurs revenus économiques estimés”, a déclaré M. Coquerel devant la presse, après une visite au ministère de l’Economie et des Finances. Tout était parti d’une déclaration de l’ancien ministre de l’Economie, Eric Lombard, selon lequel des “milliers” de contribuables parmi les plus fortunés ont “un revenu fiscal de référence de zéro” et ne paient “aucun impôt sur le revenu”. L’ancien ministre avait assuré s’appuyer sur des travaux de la Direction générale des finances publiques (DGFiP). Cela concerne des milliers de personnes “de manière certaine”, a indiqué M. Coquerel. “Ce que disait Eric Lombard me semble confirmé. Il avait été jusqu’à dire +ne payent pas d’impôt sur le revenu+, on n’en est pas là, mais ils ont des revenus fiscaux de référence déclarés qui sont bien inférieurs à leurs revenus”, “très certainement en dessous de 5%”, a-t-il assuré.  Les déclarations de M. Lombard avaient suscité de vives réactions dans le champ politique à gauche et relancé le débat sur la taxation des plus hauts patrimoines. M. Coquerel avait demandé au gouvernement de consulter les documents sur lesquels M. Lombard disait s’appuyer en début de semaine. Le député insoumis a précisé vendredi avoir consulté plusieurs notes de Bercy réalisées au moment où le gouvernement réfléchissait à une contribution différentielle sur le patrimoine, à une contribution différentielle sur les hauts revenus et à la mise en place d’une “taxe holding”. Il a également dénoncé un “manque d’outils statistiques” et une “méconnaissance quasi complète du patrimoine mobilier des plus riches”, une situation aggravée selon lui depuis la suppression de l’impôt de solidarité sur la fortune (ISF), car ces foyers fiscaux “n’ont plus à le déclarer à l’ISF”.Cette visite a eu lieu alors que le Premier ministre Sébastien Lecornu s’est exprimé en fin de journée pour dévoiler des mesures visant à modifier le projet de budget de l’Etat et tenter d’éviter une censure des socialistes. Mais le Premier ministre ne s’est pas prononcé sur le choix du 49.3 ou de la voie des ordonnances pour doter la France d’un budget. Un projet d’ordonnance budgétaire serait à l’étude à Matignon, selon une source à Bercy, mais cela ne veut pas dire que le gouvernement choisira cette option. Des ordonnances pour faire adopter le budget entraîneraient une “censure automatique” et remettraient dans l’actualité une “motion de destitution” du président Emmanuel Macron, avait dit M. Coquerel en début d’après-midi. Le président et le rapporteur général de la commission des Finances du Sénat, Claude Raynal (PS) et Jean-François Husson (LR), avaient transmis une demande analogue à Bercy. Ils ont indiqué qu’ils avaient eu confirmation vendredi d’un “premier envoi des documents demandés”.

Nouvelle-Calédonie: Macron ouvre des négociations minées par l’absence des indépendantistes

Emmanuel Macron a ouvert vendredi à l’Élysée un nouveau cycle de discussions sur l’avenir institutionnel de la Nouvelle-Calédonie, affirmant vouloir avancer “sans passage en force mais sans paralysie”, malgré l’absence du principal mouvement indépendantiste.”L’État souhaite continuer d’avancer sur la stabilisation des institutions de la Nouvelle-Calédonie dans un dialogue respectueux de chacun, sans passage en force mais sans paralysie non plus”, a déclaré le chef de l’Etat en ouverture de cette réunion avec l’ensemble des forces politiques de l’archipel à l’exception du Front de libération nationale kanak et socialiste (FLNKS), qui a refusé de se rendre à Paris.”Je regrette qu’un des partenaires n’ait pas souhaité répondre à notre invitation mais je respecte les choix de chacun et je souhaite qu’on puisse trouver pour l’avenir un chemin qui donne une place à tous”, a affirmé Emmanual Macron, saluant “le courage” des délégations présentes qui, selon lui, “prenaient des risques” en venant négocier.Le président de la République veut relancer les discussions autour de l’accord de Bougival, signé le 12 juillet 2025 entre indépendantistes, non-indépendantistes et l’Etat. Ce texte prévoit notamment la création d’un État calédonien au sein de la République française, doté d’une nationalité propre et qui pourrait être reconnu internationalement.Mais il n’ouvre pas de perspective de souveraineté pleine de la Nouvelle-Calédonie, ce qui a provoqué son rejet catégorique par le FLNKS. Mardi, son président, Christian Tein, a mis en garde le gouvernement contre toute solution à marche forcée.Le FLNKS avait signé le texte en juillet, mais répète n’avoir paraphé qu’un “projet d’accord” à présenter à ses militants, qui l’ont rejeté. L’Union nationale pour l’indépendance (UNI), autre coalition indépendantiste, soutient de son côté le texte, tout en réclamant des éclaircissements.Selon Emmanuel Macron, l’objectif de cette réunion “n’est pas de repartir de zéro” mais “d’apporter des clarifications à l’accord du 12 juillet” afin d’ouvrir “de nouvelles perspectives politiques”. – “Soit avancer, soit sombrer” -Avant la réunion, les responsables politiques présents ont affiché leur détermination. “C’est soit avancer, soit sombrer pour la Nouvelle-Calédonie”, a estimé la loyaliste Virginie Ruffenach, vice-présidente du Rassemblement-Les Républicains.Philippe Gomes, leader du parti non-indépendantiste modéré Calédonie ensemble, a lui reconnu que l’absence du FLNKS “pénalise” et “handicape” la réunion, ajoutant toutefois que “le crime est de ne pas tenter” de trouver de solution. Parmi les points de friction: le dégel du corps électoral, réclamé par les non-indépendantistes avant les élections provinciales, cruciales sur l’archipel. “Nous n’accepterons pas des élections provinciales sur un corps électoral gelé qui exclut plus de 40.000 personnes, dont 12.000 enfants nés en Nouvelle-Calédonie”, a prévenu Virginie Ruffenach.Le gel du corps électoral, instauré en 1998, limite le droit de vote aux scrutins provinciaux aux personnes installées avant cette date et à leurs descendants. Sa réforme avait été au cœur des tensions ayant déclenché les émeutes meurtrières de mai 2024.Si beaucoup estiment qu’un accord sans le FLNKS risque d’être inapplicable, et pourrait raviver les violences qui ont ensanglanté l’archipel en 2024 et fait 14 morts, l’Elysée se montre optimiste sur “la possibilité de faire émerger un accord” approuvé par les cinq autres groupes représentés au Congrès de la Nouvelle-Calédonie, soit “environ 75%” des élus.Mais même si un compromis émerge de ces discussions, son adoption reste semée d’embûches. L’exécutif envisage de l’introduire par amendements dans le projet de révision constitutionnelle visant à mettre en oeuvre Bougival, actuellement en suspens au Parlement.Il faudrait cependant le faire ensuite voter par le Congrès à Versailles aux trois cinquièmes des suffrages, un seuil difficile à atteindre en l’état par le gouvernement.Si la réforme constitutionnelle était adoptée, une consultation de la population calédonienne aurait lieu, suivie d’élections provinciales qui doivent normalement se tenir fin juin – selon une décision du Conseil constitutionnel de novembre 2025 – mais pourraient être repoussées à septembre 2026, pour la quatrième fois.Cette réunion a été convoquée mi-décembre alors que la mise en oeuvre de l’accord de Bougival se heurtait à de nombreuses réserves, plusieurs formations, notamment l’UNI, estimant qu’il devait être amendé afin de dégager un consensus jugé indispensable.Samedi et dimanche, des “ateliers” au ministère des Outre-mer tenteront de préciser certains points de l’accord sur l’identité kanak, la notion d’autodétermination ou l’exercice des compétences régaliennes.

Municipales: Fabien Roussel (PCF) candidat à Saint-Amand-les-Eaux, dont il est maire sortant

Le secrétaire national du Parti communiste français Fabien Roussel, maire de Saint-Amand-les-Eaux (Nord) depuis un an, a officialisé vendredi sa candidature aux élections municipales de mars, scrutin clé pour son avenir politique au niveau national.Fabien Roussel, 56 ans, a annoncé sa candidature par une lettre aux habitants de la ville thermale, dans laquelle il dit souhaiter “cultiver le vivre ensemble tout en veillant à la sécurité”. Il fait notamment valoir le déploiement de la vidéo-surveillance ou encore une stabilité de l’imposition au niveau local.Un échec aux municipales mettrait en péril son éventuelle candidature à la présidentielle de 2027, alors qu’il a déjà été fragilisé par la perte en 2024 de son siège de député du Nord au profit du Rassemblement national (RN).Son comité de soutien est mené par l’ancien maire communiste Alain Bocquet, qui avait cédé sa place à M. Roussel en janvier 2025 après 30 ans à la tête de cette ville de 16.000 habitants près de Valenciennes.Eric Renaud, ancien adjoint d’Alain Bocquet passé dans l’opposition, avait alors dénoncé un “remplacement illégitime” et de “minables intérêts politiciens”.Outre M. Renaud, qui repart à l’assaut de la mairie à la tête d’une liste qu’il dit à l’AFP “de large rassemblement”, Fabien Roussel sera opposé à Eric Castelain, conseiller municipal d’opposition soutenu par le RN, qui décrit sa liste comme “transpartisane”.Déjà candidat en 2020, Eric Renaud avait à l’époque obtenu 28,79% contre 50,96% pour Alain Bocquet, réélu au premier tour. Eric Castelain, qui avait alors mené campagne sans le soutien du RN, avait récolté 8,53% des voix.Pour M. Renaud, qui assure n’avoir “pas perdu (ses) valeurs communistes”, “c’est la première fois en 30 ans que les jeux sont ouverts” dans cette ville où Alain Bocquet a plusieurs fois dépassé les 75% dès le premier tour.Fabien Roussel, conseiller municipal depuis 2014, est selon lui “un pur parigot (…), une pièce rapportée”, ce qui entraînerait une “forme de rejet” de la part des électeurs amandinois.Eric Castelain, ancien du RPR et du mouvement Debout la République de Nicolas Dupont-Aignan, pense pour sa part que “les planètes sont alignées” pour lui permettre de s’emparer de la mairie, lui qui est seul à droite face à deux listes de gauche.Saint-Amand-les-Eaux “n’est pas une ville communiste”, assure M. Castelain: aux scrutins municipaux précédents, “les gens ne votaient pas communiste, ils votaient Bocquet”, et l’absence du maire historique pourrait selon lui rebattre les cartes.Député de 2017 à 2024 de la circonscription de Saint-Amand-les-Eaux, Fabien Roussel avait été l’une des grandes victimes de la dissolution de l’Assemblée nationale en 2024, battu dès le premier tour par le candidat RN Guillaume Florquin.Un séisme dans cette circonscription ouvrière du Nord, qui était un fief communiste depuis 1962.

Municipales: l’ancienne députée LFI Rachel Kéké candidate dans le Val-de-Marne

L’ancienne députée de La France insoumise Rachel Kéké, élue à l’Assemblée entre 2022 et 2024, a annoncé vendredi qu’elle se présentait aux élections municipales de mars dans sa ville de Chevilly-Larue, dans le Val-de-Marne, pour notamment défier un maire sortant communiste.”La France insoumise m’a proposé de partir aux municipales et j’ai accepté”, a déclaré Mme Kéké, 51 ans, dans les colonnes du Parisien.La syndicaliste Rachel Kéké, figure de la grève des femmes de chambre de l’Ibis Batignolles, était devenue l’une des élus LFI les plus identifiés lors de son élection à l’Assemblée nationale en 2022.Dans la septième circonscription du Val-de-Marne, qui comporte la ville de Chevilly-Larue, elle avait battu de justesse l’ex ministre des Sports Roxana Maracineanu, avec 50,30% des voix, au second tour.Mais après la dissolution de 2024, elle avait été elle-même défaite par le maire LR de le commune voisine de L’Haÿ-les-Roses, Vincent Jeanbrun. L’actuel ministre de la Ville l’avait emporté au second tour avec 50,67% des voix.Aux municipales, elle défiera la maire communiste sortante Stéphanie Daumin, dans cette ville où Jean-Luc Mélenchon a réuni plus de 37% des suffrages au premier tour de la présidentielle 2022.Un symbole de la volonté d’implantation locale des Insoumis dans de nombreuses villes communistes de l’ancienne “ceinture rouge” francilienne, Chevilly-Larue étant dirigée par le PCF depuis 1977.Actuellement, LFI est dans la majorité municipale dans cette ville de près de 20.000 habitants, qui accueille en partie le marché de Rungis.”Je n’étais pas dans les négociations des partis. Mais elles n’ont pas abouti. Je le regrette. On pouvait y aller tous ensemble. Stéphanie n’est pas une ennemie. C’est vrai qu’en 2022 elle a été là. Je ne sais pas ce qui n’a pas marché. Mais elle ne peut pas prendre mal ma candidature. Je porte un autre projet pour ce premier tour”, a expliqué Mme Kéké au Parisien.

Pour Retailleau, aucun regret et des municipales pour revenir dans la course

Des meetings en “guest star” pour arracher des villes à la gauche, des rendez-vous à la chaîne avec les agriculteurs, les commerçants ou les militants: après sa sortie retentissante du gouvernement, Bruno Retailleau mise sur les municipales pour revenir dans la course à l’Elysée.Tout d’abord cette confession: “Je me félicite chaque jour de ne pas avoir compromis ma famille politique dans ce gouvernement”, lâche-t-il à l’AFP, en marge de son déplacement jeudi à Tours pour soutenir Christophe Bouchet, membre du Parti radical, qui tente de ravir la municipalité aux écologistes. En clair, pas le moindre regret d’être sorti du gouvernement en octobre à cause d’un simple tweet où il dénonçait la présence de Bruno Le Maire dans la première équipe de Sébastien Lecornu. Une décision incomprise par l’opinion publique qui s’est traduite par une chute immédiate dans les sondages pour celui qui était alors la personnalité préférée de l’exécutif.Pas d’état d’âme, même si six membres de LR ont choisi de braver les directives du parti en rejoignant le gouvernement, fragilisant son leadership.  “Il aurait pu tuer le match avec quelques mois supplémentaires au gouvernement”, déplore l’un d’entre eux. “Il s’est enfermé dans un couloir (réactionnaire) où il y a déjà beaucoup de monde”, ajoute un autre qui estime qu’il ne peut dépasser sur ce créneau les 7 à 8% à la présidentielle.Autant dire que les municipales des 15 et 22 mars constituent pour lui l’occasion de se refaire une santé… et de donner une autre image: celle d’une personnalité de droite capable de s’allier à des centristes pour conquérir des villes de gauche.”La politique, ce sont des additions, mais à condition de ne pas renier ses convictions”, affirme-t-il devant les près de 400 personnes venues l’écouter à Tours, tandis que 200 autres manifestaient à l’extérieur contre sa présence.”Une ultragauche (…) dont chaque critique est pour moi comme une sorte de Légion d’honneur accrochée à mon veston”, s’emporte-t-il à la tribune dans un registre lexical plus habituel chez lui.- “Faire un maximum” – Les municipales lui donnent l’occasion de renouer avec le terrain. A Tours, il rend visite aux membres de la Coordination rurale (CR) qui bloquent un dépôt pétrolier, avant de visiter un incubateur de start-up.”L’objectif, c’est de faire un maximum”, explique-t-il, convaincu que la droite doit saisir l’occasion pour reprendre des villes à la gauche. Il cite en boucle les exemples de Paris, Lyon, Strasbourg, Besançon ou encore Tours où il a fustigé “l’idéologie” des écologistes. Il se rendra d’ailleurs dimanche à la Mutualité pour s’afficher au côté de Rachida Dati, la candidate à la mairie de Paris pourtant suspendue du parti après sa décision de rester dans l’équipe de Sébastien Lecornu. Car si Bruno Retailleau mise sur les municipales, c’est qu’il est convaincu que son année passée au ministère de l’Intérieur ne peut que l’aider.  “Pour la première fois depuis des décennies, la priorité des municipales, c’est la sécurité”, soutient-il. “Comme les préoccupations de nos concitoyens sont en résonance avec notre ADN sur l’ordre républicain, sur la sécurité, je pense que l’on peut reconquérir des positions”, argumente le patron des Républicains.  Une victoire de la droite dans une grande ville lui donnerait l’occasion de revenir dans la course à la présidentielle, même s’il ne souhaite pas parler de 2027.Interrogé sur le timing de l’annonce de sa candidature à l’Élysée, il répond par un long silence. Il ne dira pas s’il préfère faire le saut avant le scrutin pour donner une impulsion à “la vague bleue” qu’il espère, ou après pour surfer sur la conquête éventuelle de grandes villes.   Bruno Retailleau assure d’ailleurs n’accorder qu’une faible attention aux débauchages réalisés par le RN et son allié Éric Ciotti, comme à Tours où le candidat du RN Aleksandar Nikolic a puisé dans l’équipe de l’ancienne municipalité de droite pour recruter trois de ses élus.”Franchement, c’est marginal”, assure-t-il. “Qu’il y ait des gens qui quittent, des gens qui trahissent, voilà c’est le propre de la nature humaine”, estime Bruno Retailleau.