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“Des chemins pour l’écologie sont à portée de main”, affirme Bayrou

Le Premier ministre François Bayrou a appelé dimanche à des actions concrètes en faveur de l’écologie et de la lutte contre le changement climatique, jugeant que des moyens d’y parvenir sont “à portée de la main”.Interrogé par les journalistes du Grand Jury RTL-Le Figaro-Public Sénat-M6 sur les “reculs” au sein de la classe politique des thèmes liés à la protection de l’environnement, le Premier ministre a reconnu que “l’attention se déplace”.”Ce que pensent la plupart des élus assez souvent, c’est que (…) l’écologie va imposer un recul dans nos modes de vie. Et moi je crois le contraire”, a-t-il déclaré.Et “il faut arriver à partager avec nos concitoyens et avec les élus l’idée que des chemins énergétiques, des chemins pour l’écologie sont à portée de la main”, a-t-il ajouté.Selon lui, “on ne s’intéresse pas aux actions qui peuvent permettre de protéger la population”, notamment des effets du changement climatique comme les canicules, alors que la France subit une vague de chaleur depuis le 19 juin.Il a notamment cité le verdissement des villes pour lutter contre les îlots de chaleur liés à la bétonisation ou la géothermie, qu’il voit comme une “source d’énergie extraordinaire” pour rafraîchir les logements.Il souhaite également une “reprise en main” au niveau politique de la “gestion de l’eau” pour “bien définir une politique de l’eau” qui “préserve la nature, les milieux naturels et la biodiversité, et en même temps pour que les agriculteurs puissent avoir une vision de leur avenir au lieu de les condamner perpétuellement”.

Censure, dissolution: Bayrou de plus en plus menacé

La tenaille se resserre sur François Bayrou, objet de menaces de censure de plus en plus fortes par les socialistes et le Rassemblement national, qui pourraient se concrétiser à l’occasion des brûlants débats budgétaires de l’automne.”Tout le monde menace”, a reconnu dimanche sur RTL/PublicSénat/Figaro le Premier ministre, arrivé à Matignon en décembre dans un contexte politique compliqué puisqu’il est privé de majorité à l’Assemblée nationale.Mais l’échec du conclave sur les retraites, dont le lancement avait permis à François Bayrou d’obtenir la neutralité des socialistes sur le budget, a aggravé la situation puisqu’il l’a privé de leur soutien, le Parti socialiste ayant décidé de déposer une motion de censure contre lui.Même si cette motion a peu de chances d’être adoptée lors de son examen mardi, puisque les députés du Rassemblement national ne la voteront pas, le risque augmente pour l’automne, ont laissé entendre ces deux partis.Le premier secrétaire du PS Olivier Faure a prévenu sur LCI qu’il n’aurait “plus aucune indulgence” à l’égard du Premier ministre et aurait une position très ferme lors de la discussion du budget 2026.”Nous souhaitons que François Bayrou ne soit plus Premier ministre et qu’il y ait un véritable changement, que nous trouvions un interlocuteur à Matignon”, a déclaré le chef des socialistes.Olivier Faure reproche au gouvernement de ne pas avoir immédiatement saisi le Parlement après l’échec du conclave sur les retraites. Il l’accuse aussi d’avoir gelé des crédits qui avaient été négociés avec les socialistes.- Dissolution “nécessaire” -Sans surprise, sa motion de censure sera soutenue par le reste de la gauche.Le coordinateur de la France insoumise Manuel Bompard a estimé sur France Inter/France Info/Le Monde que “l’urgence” était “de faire tomber ce gouvernement” dès mardi.”Toutes les micro-concessions que le Parti socialiste considérait avoir obtenues (budget, abrogation de la réforme des retraites…) ont été balayées d’un revers de la main depuis cinq mois”, a-t-il estimé.Le RN, de son côté, ne parle pas seulement de censure, mais avec de plus en plus d’insistance d’une nouvelle dissolution de l’Assemblée nationale. “La dissolution, elle est nécessaire dès que possible”, a mis en garde le vice-président du RN Sébastien Chenu sur Europe1/CNews/LesEchos. “Le tour” du gouvernement pour être censuré “viendra”, et “probablement plus vite que vous le pensez”, a-t-il dit.Marine Le Pen a elle-même appelé ses troupes samedi à se préparer à de nouvelles élections législatives, jugeant “possible” que le président Emmanuel Macron y soit contraint par la situation politique. Un an après le scrutin anticipé de 2024, il retrouvera le 8 juillet le pouvoir de dissoudre l’Assemblée.Sur une ligne de crête, François Bayrou garde l’espoir d’une bienveillance d’une partie de la gauche. Il a redit que le gouvernement allait “prendre en compte”, dans le projet de budget de la Sécurité sociale, les points de consensus du conclave sur les retraites, notamment en faveur des femmes. François Bayrou cherche un chemin sur les retraites en même temps qu’il prépare un grand plan de redressement des finances publiques qu’il compte présenter entre le 15 et le 17 juillet.- “Nuire” -Outre cette pression qui monte sur la censure, le chef du gouvernement est fragilisé par les divisions des siens au sein du “socle commun”.Il a reconnu à cet égard que ses soutiens du bloc central et de la droite étaient divisés sur son projet d’instaurer un mode de scrutin proportionnel aux élections législatives, qu’il veut désormais soumettre au Parlement à la fin de l’année, et non plus à la fin de l’été.Le président des Républicains (LR) Bruno Retailleau, également ministre de l’Intérieur et donc en charge de l’organisation des élections, avait dit qu’il refuserait de “porter” une telle réforme. Il a redit dimanche sur BFMTV que la proportionnelle rendrait “structurel” le “bazar” à l’Assemblée nationale et fait remarquer qu’elle “ne pourrait passer qu’avec les voix du Rassemblement national et de la gauche et de l’extrême gauche”.Face aux accusations d’immobilisme, y compris au sein du bloc central -“Je n’ai pas été Premier ministre en me tournant les pouces”, a affirmé récemment Edouard Philippe, le patron d’Horizons sur RTL-, François Bayrou a défendu son travail quotidien, de 07H30 à minuit, et estimé qu’il faisait à cet égard l’objet d'”accusations destinées à nuire”.

Canicule dans les écoles: le ministère rappelle les consignes

Possibles fermetures temporaires d’écoles en cas de vigilance rouge canicule mais pas d’anticipation générale des vacances scolaires: le ministère de l’Education a rappelé dimanche dans une instruction aux recteurs les mesures à prendre face aux très fortes chaleurs attendues.”Il faut qu’on soit très vigilants quand on a des températures telles que ce qui est annoncé”, a indiqué la ministre de l’Education Elisabeth Borne sur France 3.Le ministère a rediffusé dimanche aux recteurs son instruction sur les mesures à prendre en cas de très fortes chaleurs. Mais le gouvernement exclut d’avancer le début des vacances scolaires d’été, prévu en fin de semaine, a-t-elle dit. “On doit être pragmatique, prendre des décisions au cas par cas dans chaque territoire”, a indiqué Mme Borne. “Quand on a des écoles qui sont bien isolées naturellement, elles peuvent accueillir les élèves”, a-t-elle ajouté.Et “s’il y a un problème, il faut à la fois permettre à des parents qui le peuvent de pouvoir garder leurs enfants à la maison, et en même temps avoir des solutions pour ceux qui le peuvent pas”, selon la ministre.Selon les consignes rappelées dimanche par le ministère, les établissements scolaires doivent “adapter leur organisation et l’utilisation des lieux en fonction de l’exposition au soleil, afin d’accueillir les élèves dans des espaces préservés de la chaleur”.En cas notamment de passage en vigilance rouge, “les autorités préfectorales pourront décider, si nécessaire, de la fermeture temporaire de certains établissements scolaires afin de garantir la sécurité des élèves et des personnels”.”Des aménagements spécifiques du fonctionnement des écoles et établissements scolaires pourront être mis en place en concertation avec les collectivités locales”, selon le ministère. “Dans ce cadre, lorsque cela est possible, les parents pourront garder leurs enfants à domicile s’ils le souhaitent”, précise sa note.Par ailleurs, alors que les élèves de première passent leurs oraux de français, et les élèves de terminale leur grand oral, le ministère de l’Education demande “d’utiliser, dans la mesure du possible, des salles à l’ombre pour les épreuves” du baccalauréat.Les établissements doivent également s’assurer que “les candidats disposent d’eau potable et/ou leur permettre de sortir de la salle pour se désaltérer”. La fédération de parents d’élèves FCPE avait demandé vendredi à la ministre de l’Education Elisabeth Borne de donner “d’urgence” des “consignes claires” aux personnels pour adapter l’accueil des élèves. Une grand partie du bâti scolaire “est inadaptée” aux fortes chaleurs, avait-elle souligné.Des fermetures d’écoles ont déjà été décidées pour faire face à la chaleur écrasante. A Tours, où des maximales comprises entre 36°C et 38°C sont attendues jusqu’en milieu de semaine, toutes les écoles fermeront lundi et mardi après-midi pour “protéger les enfants et les personnels” et la municipalité “recommande fortement aux parents de garder leurs enfants à la maison” lors des deux prochains jours.La quasi-totalité du pays est plongée dans une chaleur étouffante, au moins jusqu’en milieu de semaine prochaine. 

“Plus aucune indulgence” à l’égard de Bayrou, prévient Faure (PS)

Le Parti socialiste n’aura “plus aucune indulgence” à l’égard du Premier ministre François Bayrou et aura une position très ferme lors de la discussion du budget 2026, a prévenu dimanche sur LCI son premier secrétaire Olivier Faure.Les socialistes, qui avaient permis au centriste de se maintenir à Matignon par leur neutralité sur le budget de cette année, ont déposé une motion de censure contre le gouvernement après l’échec du conclave entre les partenaires sociaux sur les retraites. Elle sera examinée mardi par l’Assemblée nationale.”Nous souhaitons que François Bayrou ne soit plus Premier ministre et qu’il y ait un véritable changement, que nous trouvions un interlocuteur à Matignon”, a déclaré le chef de file des socialistes. Il répondait à l’ex-président François Hollande qui a annoncé qu’il voterait la censure, la voyant comme un simple “coup de semonce” car elle n’a aucune chance d’être adoptée puisque le Rassemblement national a décidé de ne pas s’y associer.”On n’a plus aucune indulgence, plus aucune”, a martelé Oliver Faure. “Il n’y aura pas deux fois la même main tendue”, a-t-il ajouté, accusant notamment le gouvernement d’avoir gelé des crédits qui avaient été négociés avec les socialistes.Le PS estime aussi que le Premier ministre n’a pas respecté l’engagement de revenir immédiatement vers le Parlement après l’échec du conclave des retraites. Ils espéraient que pourrait y être discutée une remise en cause de l’âge de départ en retraite à 64 ans.Pour le budget 2026, dont François Bayrou doit tracer les grandes lignes après le 14 juillet, “nous poserons d’entrée de jeu les sujets sur lesquels nous ne négocierons pas davantage”, a prévenu Olivier Faure. “Et après ça, on verra ce qu’ils font. S’ils ne bougent pas, nous ne bougerons pas”, a-t-il ajouté.La fragilité du gouvernement Bayrou et la possibilité d’une censure à l’automne sur le budget ont relancé les spéculations sur une nouvelle dissolution de l’Assemblée nationale qui redeviendra possible le 8 juillet.Olivier Faure n’a pas exclu qu’en cas d’élections anticipées le PS fasse de nouveau alliance avec la France insoumise, le parti de Jean-Luc Mélenchon.”S’il y a une menace d’extrême droite et que la seule façon d’interrompre la progression de l’extrême droite, c’est de reconstituer un accord avec l’ensemble de la gauche, je le ferai. Je le ferai parce que je crois que nous le devons à nos concitoyens, ce serait trop grave d’avoir aujourd’hui un Trump miniature à Matignon”, a-t-il affirmé.

Retraites : Hollande votera la censure, mais soutiendra aussi des avancées si Bayrou les propose

François Hollande, redevenu député PS, votera la motion de censure contre le gouvernement Bayrou déposée par le groupe socialiste, pour participer au “coup de semonce” sur les retraites, mais il est prêt à l’avenir à soutenir des mesures concernant les femmes ou la pénibilité si l’exécutif les présente au Parlement.”J’ai une position de principe : ne pas ajouter de l’instabilité à l’immobilisme. Je suis donc opposé à toute précipitation du calendrier électoral”, a d’abord défendu samedi dans Le Parisien l’ancien président de la République, défavorable à ce qu’un nouveau gouvernement soit censuré (il avait voté la censure de Michel Barnier, NDLR).”Mais je comprends la démarche du groupe socialiste d’adresser un coup de semonce au gouvernement qui a manqué à son engagement de déposer un texte sur les retraites au lendemain du conclave. Donc je voterai la motion de censure dès lors que le RN ne s’y associera pas”, a ajouté le député de Corrèze.L’ensemble du groupe PS a déposé une motion de censure, reprochant à François Bayrou de ne pas avoir mis en débat au Parlement, après l’échec du “conclave” entre syndicats et patronat, un texte permettant de débattre de l’âge légal de départ à la retraite.Cette motion devrait être soumise au vote mardi selon plusieurs sources parlementaires, mais n’a aucune chance de recueillir les 289 suffrages nécessaires, en l’absence des voix du Rassemblement national qui renvoie une éventuelle censure aux débats budgétaires de l’automne.François Bayrou s’est dit de son côté prêt à “trancher” à la place des partenaires sociaux s’ils ne s’accordaient pas d’ici “mi-juillet”, et à mettre certaines mesures en débat même sans accord global, en intégrant par exemple des points de consensus au projet de budget de la Sécurité sociale (PLFSS) qui sera débattu à l’automne.Devant la presse il avait défendu des “avancées” déjà actées, comme une amélioration du calcul de la retraite pour les femmes ayant eu des enfants ou un abaissement de l’âge de départ sans décote, à 66 ans et demi contre 67 ans actuellement.”Pour la suite, je soutiendrai toutes mesures favorables pour les retraites des femmes, pour l’abaissement de l’âge de départ sans décote, et surtout pour la reconnaissance de la pénibilité si le gouvernement venait à les reprendre malgré l’obstruction du patronat”, a déclaré François Hollande samedi.

François Ruffin lance son nouveau mouvement, “Debout”, avec 2027 dans le viseur

Le député de la Somme François Ruffin a lancé samedi à Paris son nouveau mouvement Debout!, déclinaison nationale de son micro-parti Picardie Debout, avec l’intention de se structurer pour peser à gauche sur la présidentielle de 2027. Lancé en 2017, le petit parti de François Ruffin devenait, par son nom, presque antinomique avec les ambitions nationales de François Ruffin. “C’est l’Everest en tong qu’on va plusieurs fois devoir monter”, a prévenu l’ancien député de La France insoumise, devant environ 200 militants et sympathisants.”Mais quand est-ce que ça a déjà été facile? Quand est-ce que pour la gauche, ça n’a pas été David contre Goliath?”, a-t-il interrogé. Son créneau reste toujours le même: s’adresser à la France des classes populaires et moyennes, en dénonçant la mondialisation et les élites, pour regagner les anciens électeurs de gauche passés à l’extrême droite, notamment dans les zones périurbaines et rurales.”Il y a un ressort psychologique chez nos dirigeants, ils ont envie de faire souffrir le pays, ils ont envie de faire souffrir le peuple”, a accusé le Picard. “Quand on parle de peuple de gauche, on a quelque chose qui risque de devenir un oxymore. Le peuple, c’est l’arbitre de la nation. C’est comme l’arbitre au foot, même quand il a tort, il faut en comprendre ses raisons”, a-t-il mis en garde.Et ce fervent soutien des Gilets Jaunes de souligner: “Quand le beau mot d’écologie devient le plus détesté du pays, il faut le noter”.Figure de l’union de la gauche, engagé dans un processus (encore à construire) de primaire pour la présidentielle, François Ruffin pouvait notamment compter samedi sur la présence du député socialiste Laurent Baumel, du député Alexis Corbière – également un ancien insoumis qui siège actuellement avec les Ecologistes à l’Assemblée – ou de l’ancien député communiste Sébastien Jumel.En prenant soin de rappeler l’importance de la lutte contre le changement climatique ou pour les droits des personnes LGBT+ en ce jour de marche des fiertés, François Ruffin a également convoqué ses références en termes de mobilisations populaires: les manifestations contre Alain Juppé en 1995 ou la Révolution française, “acte de naissance de la gauche française”.Enfin, pour souligner l’importance de la démocratie directe, une de ces métaphores dont il raffole tant: “Faire l’amour une fois tous les cinq ans, ce n’est pas une vie sexuelle. Voter une fois tous les cinq ans, ce n’est pas une vie démocratique”.

LR: Retailleau s’entoure d’une direction élargie et renouvelle les instances du parti

Bruno Retailleau s’est entouré de 13 vice-présidents à la tête des Républicains (LR), ainsi que d’un bureau politique et d’une commission d’investiture renouvelés, annoncés samedi lors du conseil national du parti, près d’un mois après sa large victoire face à Laurent Wauquiez.Après sa victoire du 17 mai, le ministre de l’Intérieur avait dans un premier temps annoncé un organigramme de direction resserré essentiellement composés de proches, avec notamment l’eurodéputé François-Xavier Bellamy comme vice-président délégué, Othman Nasrou comme secrétaire général et la ministre Annie Genevard à la tête de la commission d’investiture.La liste des 13 vice-présidents dévoilée samedi, lors du conseil national réuni à la Mutualité à Paris, comprend des soutiens de Laurent Wauquiez lors de l’élection interne, dont les élus franciliens Geoffroy Didier et Florence Portelli et le ministre Yannick Neuder.Le maire de Cannes et président de l’Association des maires de France (AMF) David Lisnard, qui a créé son propre parti, Nouvelle Energie, associé à LR, est également nommé vice-président, de même que l’eurodéputée Céline Imart, les députés Antoine Vermorel-Marques et François-Xavier Ceccoli, les sénatrices Laurence Garnier et Jacqueline Eustache-Brinio, l’ancien trésorier Daniel Fasquelle, l’élue marseillaise Catherine Pila et les anciens députés Julien Aubert et Guillaume Larrivé.Le nouveau patron de LR a par ailleurs renouvelé samedi le bureau politique et la commission nationale d’investiture. Laurent Wauquiez avait demandé une représentation à hauteur de son résultat (25,7%) lors de l’élection interne.Equilibres respectés ? “On avance”, a simplement répondu M. Wauquiez.M. Retailleau s’est également entouré de quatre conseillers spéciaux: la députée Michèle Tabarot, l’ancien eurodéputé Arnaud Danjean, l’ancien président du syndicat patronal CGPME François Asselin et le président du gouvernement de la Nouvelle-Calédonie, Alcide Ponga.Sur le fond, un groupe projet comprend par ailleurs M. Bellamy, Jean-François Copé, le député Philippe Juvin et les sénateurs Christine Lavarde et Jean-François Husson.Les Républicains, qui ont intégré le gouvernement aux côtés des macronistes après la dissolution, réunissent samedi leur conseil national, désormais présidé par Michel Barnier, en présence du président du Parti populaire européen, l’Allemand Manfred Weber.Les LR, qui comptent plus de 120.000 adhérents, tiendront un congrès à l’occasion de leurs universités d’été, les 6 et 7 septembre à Port-Marly (Yvelines).”Il n’y aura pas d’accord national” mais du “cas par cas” avec le bloc central aux municipales, avec deux objectifs: “Faire progresser LR” et “faire barrage à la gauche”, a par ailleurs expliqué M. Nasrou.

Le Pen exhorte ses troupes à se préparer à une possible dissolution

“Ne procrastinez pas!”: Marine Le Pen a appelé samedi les parlementaires RN à se préparer aux prochaines batailles électorales, y compris à la possibilité d’une dissolution de l’Assemblée nationale en réponse “à l’affaissement parlementaire” du gouvernement.”Il serait assez dangereux, je crois, de se convaincre qu’il n’y aura pas de dissolution”, a lancé la cheffe de file du RN, en ouvrant à l’Assemblée une “convention de l’Union nationale”, réunissant des parlementaires nationaux et européens de l’alliance RN-UDR, presque un an jour pour jour après le premier tour des dernières législatives.La présidente du groupe RN à l’Assemblée a revendiqué une “victoire stratégique”, avec la “dislocation du bloc central” réunissant les groupes de l’ancienne majorité (Renaissance-MoDem-Horizons) et LR, qui “ne semble plus obéir à aucune direction” selon elle.Eric Ciotti, patron de l’UDR (Union des droites pour la République), a lui lancé un appel aux électeurs et militants de son ancien parti LR: “rejoignez nous, l’espoir, il est là, le courage, il est là”.Brandissant “l’affaissement parlementaire” du binôme exécutif Emmanuel Macron – François Bayrou, la patronne de l’extrême droite a estimé que “le bloc central (…) ne peut pas longtemps laisser ce phénomène de délitement se prolonger”.”Alors Emmanuel Macron peut être tenté de dissoudre”, a ajouté Mme Le Pen, qui à ce stade serait empêchée de concourir aux législatives en attendant son procès en appel dans l’affaire des assistants d’eurodéputés FN, pour laquelle elle a été condamnée en première instance à une peine d’inéligibilité immédiate.Évoquant une “possibilité, pas une probabilité”, à l’approche de la date du 8 juillet à laquelle Emmanuel Macron récupèrera son pouvoir de dissolution, elle a prévenu que “l’histoire ne repassera pas les plats: s’il y a une dissolution (…) nous devons l’emporter”.La patronne de l’extrême droite a aussi exhorté les parlementaires à plancher dès maintenant sur les élections municipales de 2026. L’exercice sera “déterminant pour le mouvement, mais aussi concrètement pour votre réélection dans vos circonscriptions respectives”.”On est tous d’accord pour se dire que ce gouvernement ne vivra pas très longtemps (…) parce que il est frappé du sceau de l’impuissance”, a ajouté le président du RN Jordan Bardella, avant l’ouverture de cette convention, à la fois anniversaire de l’alliance RN-UDR, et journée de conférences avec des invités.Selon une source au groupe, les parlementaires devraient échanger notamment avec André Merlin, ingénieur et industriel ancien patron de RTE, François Ecalle, ancien haut fonctionnaire de Bercy spécialiste des finances publiques, le haut fonctionnaire Christophe Eoche-Duval, sur le sujet de la simplification ou encore l’essayiste Stéphane Rozès.

Fumer à la plage, au parc ou sous un abribus interdit à partir de dimanche, selon un décret au JO

Le décret annoncé par le gouvernement pour étendre l’interdiction de fumer aux abribus, parcs et jardins publics, plages ainsi qu’aux abords des bibliothèques, piscines ou écoles est paru samedi matin au Journal officiel, avec application dès dimanche. Cette interdiction, visant principalement à protéger les enfants du tabagisme passif, ne concerne pas les terrasses de cafés et restaurants et ne mentionne pas les cigarettes électroniques, selon ce texte.Le décret doit encore être complété par un arrêté du ministre en charge de la Santé pour définir les périmètres précis où il ne sera plus possible de fumer aux abords des établissements scolaires, bibliothèques, équipements sportifs et établissements destinés à l’accueil, à la formation ou à l’hébergement des mineurs. Cette mesure avait été promise par le gouvernement fin 2023 et confirmée fin mai par Catherine Vautrin pour une entrée en vigueur initialement fixée au 1er juillet dans toute la France. Le non-respect de cette interdiction pourrait à terme être sanctionné par une contravention de quatrième classe, soit 135 euros, mais le ministère de la Santé avait évoqué fin mai devant la presse une période de “pédagogie”. Le décret paru samedi matin n’évoque pas de contravention en cas d’infraction. “Là où il y a des enfants, le tabac doit disparaître”, a déclaré fin mai Catherine Vautrin, plaidant que la liberté de fumer “s’arrête là où commence le droit des enfants à respirer un air pur”.L’élargissement des espaces sans tabac faisait partie des mesures prévues par le Programme national de lutte contre le tabac (PNLT) 2023-2027, présenté par le ministre de la Santé de l’époque, Aurélien Rousseau, avec l’ambition de “relever le défi d’une génération débarrassée du tabac dès 2032”. Désireuses d’agir, 1.600 communes volontaires ont déjà élargi l’interdiction de fumer dans les lieux publics à des parcs, plages, pistes de ski, abords d’écoles… soit 7.000 espaces sans tabac, dans des expérimentations locales accompagnées par la Ligue contre le cancer.Le décret paru samedi renforce par ailleurs les sanctions en cas de vente de produits du tabac et du vapotage aux mineurs, qui constitue désormais une contravention de cinquième classe (200 euros). 

L’Assemblée vote pour aligner les droits sociaux entre Mayotte et l’Hexagone d’ici 2031

Un même RSA à Mayotte que dans l’Hexagone: les députés ont voté vendredi pour inscrire dans la loi la convergence sociale de l’archipel à l’horizon de 2031, une mesure “d’égalité” réclamée depuis des années par les Mahorais.L’examen du projet de loi du gouvernement pour “refonder” Mayotte, déjà adopté au Sénat, s’est achevé à l’Assemblée vers 01H00 du matin. “Ce projet de loi d’une ambition inédite marque l’entrée dans la phase décisive de refondation de Mayotte. Grâce à ce texte, nous avançons résolument vers l’égalité réelle pour les Mahorais”, a déclaré le ministre des Outre-mer Manuel Valls dans un communiqué.Un vote solennel sur l’ensemble du texte doit se tenir mardi à l’Assemblée. Députés et sénateurs chercheront ensuite à s’entendre sur une version commune, avant une possible adoption définitive dès juillet. Quelques heures avant la fin de l’examen, les députés ont adopté à l’unanimité un article prévoyant la convergence sociale d’ici cinq ans, c’est-à-dire une harmonisation du niveau de prestations sociales entre Mayotte et la métropole.Dans le département le plus pauvre de France, les montants des droits sociaux ne sont pas les mêmes que dans le reste du pays. Le RSA, par exemple, y est encore deux fois plus bas que dans l’Hexagone.L’Assemblée a inscrit dans la loi un premier objectif d’atteindre “87,5%” du Smic dès le 1er janvier 2026. Avec la volonté, selon Manuel Valls, de “prioriser le travail”. Plusieurs députés ont rappelé que les promesses de convergence ne sont pas nouvelles mais n’ont jamais été tenues. Le ministre a tenté de les rassurer, affirmant que c’est la première fois que cette convergence est gravée dans la loi. D’autres ont dénoncé l’horizon de cinq ans, à l’image du député de Guyane Davy Rimane (LFI) qui “n’arrive pas à comprendre qu’on puisse dire à nos compatriotes de Mayotte d’attendre encore”. “Cinq ans permettent de mettre en œuvre cette convergence sociale dans les meilleures conditions possibles”, a répondu M. Valls, afin, notamment, de ne “pas fragiliser les entreprises”.Les députés ont décidé d’exclure l’aide médicale d’Etat (AME) de ce champ, en adoptant un amendement du Rassemblement national, avec le soutien du gouvernement.Mayotte est le seul département français où l’AME, dispositif permettant aux étrangers en situation irrégulière de bénéficier d’un accès à certains soins sans avance de frais, ne s’applique pas.- Nouvelles victoires pour le RN -Le groupe d’extrême droite a remporté d’autres victoires, comme la limitation aux seuls Français de la prise en charge par l’Etat d’un billet aller-retour annuel pour les lycéens poursuivant leurs études en dehors de l’archipel. “C’est l’absence” du “socle commun” dans l’hémicycle qui a permis à des mesures “scandaleuses” et “totalement inconstitutionnelles” d’être adoptées, a accusé Manuel Valls après le vote de cette mesure.Dans la soirée, les députés ont adopté un rapport annexé au projet de loi qui recense les priorités de l’Etat pour Mayotte et les investissements publics prévus entre 2025 et 2031, fléchés vers l’eau, l’éducation, la santé, les infrastructures ou la sécurité. Près de 4 milliards d’euros sont prévus d’ici 6 ans. Là encore, le volet programmatique, bien que non contraignant (car n’ayant pas de valeur normative) a été largement réécrit par le RN. Une quarantaine de ses amendements ont été adoptés grâce à une mobilisation importante des députés du groupe de Marine Le Pen et face aux bancs quasi vides de la plupart des autres groupes.”Tous ces députés auront été très très absents durant ces plusieurs jours de débats, ce qui démontre leur état d’esprit vis-à-vis de nos territoires ultra-marins”, a accusé le député RN Yoann Gillet, se félicitant d’avoir réussi à remanier un texte initialement “trop timide”. Plus tôt dans la journée, les députés ont supprimé une mesure particulièrement irritante pour les Mahorais, qui facilite les expropriations afin de permettre la construction de certaines infrastructures.L’Assemblée a inscrit dans la loi le recensement exhaustif de la population à Mayotte dès 2025, une disposition très attendue sur l’île.Depuis des années, les élus locaux affirment que la population est sous-estimée avec pour conséquence des collectivités moins bien dotées qu’elles ne devraient l’être et des services publics saturés.L’Assemblée a également donné son feu vert à plusieurs modifications institutionnelles, avec la transformation du conseil départemental de Mayotte en une véritable Assemblée.Plus tôt dans la semaine, les députés s’étaient attaqués aux mesures les plus controversées visant à “redéfinir” l’archipel près de six mois après le cyclone Chido: celles pour lutter contre l’immigration, notamment venant des Comores voisines, et l’habitat informel, deux “fléaux” érigées en priorité par le gouvernement.Une mesure pour faciliter la destruction des bidonvilles a été adoptée. Ses opposants ont alerté sur le risque d’aggravation du nombre d’enfants à la rue. Une autre permet de placer dans une zone de rétention des mineurs accompagnant un majeur faisant l’objet d’une mesure d’éloignement.Plus consensuelle, l’Assemblée a aussi validé la suppression, à l’horizon 2030, des visas territorialisés à Mayotte, qui empêchent les détenteurs d’un titre de séjour mahorais de venir dans l’Hexagone.