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Municipales à Paris: le défi de faire entendre la voix des sans-abri

À deux mois des municipales, les sans-abri réunis sur le campement de la Bastille, au centre de Paris, restent à l’écart de la campagne électorale, plus préoccupés par l’urgence de leur propre situation.”La grande majorité ne s’y intéresse pas, on cherche surtout à se mettre au chaud et à manger”, relate à l’AFP Francis, à la rue depuis trois ans.Parmi les sans-abri de nationalité française – en minorité dans le campement – il est l’un des rares à vouloir voter. Une manière pour lui de garder contact avec la société.”Mais les gars, c’est ancré dans leur tête qu’ils ont été lâchés, alors pourquoi ils s’intéresseraient à ceux qui sont élus”, interroge l’homme de 52 ans, qui a passé les neuf derniers mois sur le campement.Au sortir d’un plan grand froid en Ile-de-France, le logement et la prise en charge des personnes SDF se sont pourtant imposés comme l’un des sujets incontournables des municipales parisiennes.Début janvier, le candidat socialiste Emmanuel Grégoire a affirmé que, s’il est élu, il s’engagera à ce que “plus aucun enfant [ne] dorme à la rue dès l’hiver 2026”. La candidate LR et maire du VIIe arrondissement Rachida Dati a de son côté multiplié les vidéos dans des “campements sauvages”, provoquant l’ire de certains sans-abri. Trois personnes du campement de Bastille, filmées contre leur gré, se sont plaintes à la ville de Paris d’une manipulation, réclamant que les images soient supprimées.- “Première victoire” -“Que le sans-abrisme devienne un des principaux sujets de campagne et médiatique est déjà une première victoire. Ce n’était pas du tout le cas aux dernières municipales”, constate Paul Alauzy, coordinateur à Médecins du monde et porte-parole du collectif Le Revers.Ces dernières années, les mineurs non accompagnés et leurs soutiens ont occupé plusieurs bâtiments de la ville de Paris, cela a “vraiment marqué les élus”, relève-t-il.Mais, selon lui, le sujet s’impose aussi avec la dégradation de la situation. Entre 2022 et 2025, le nombre de personnes à la rue recensées par la Nuit de la solidarité est passé de 2.600 à plus de 3.500 dans la capitale. Malgré une hausse des hébergements d’urgence, les campements se sont multipliés.En réaction, le collectif Le Revers, qui regroupe une trentaine d’associations et s’est fait connaître en documentant le nettoyage social durant les JO, a proposé aux candidats un plan en douze points.Budgété à 110 millions d’euros, 1% du budget de la ville de Paris, il prévoit d’ouvrir “des milliers de places d’hébergement, un centre de premier accueil pour les personnes exilées, des nouveaux centres de santé”.Avec un argument : s’occuper d’une personne qui dort à la rue coûte deux fois plus cher à l’État que de la prendre en charge de manière pérenne.La candidate LFI Sophia Chikirou s’est engagée à reprendre ce plan si elle était élue.- Audition des candidats -Reste que les sans-abris ne peuvent pas toujours voter, faute d’avoir une adresse ou des papiers français. Pour faire entendre leurs voix, les oubliés de la République, le Centre d’action sociale protestant et ATD Quart monde ont organisé début décembre une audition publique.Treize personnes aux parcours de vie difficiles ont témoigné et questionné les six candidats déclarés pour Paris – seule Rachida Dati n’était pas présente en personne.”Notre objectif n’est jamais de leur dire quoi penser, mais de les former sur les compétences des communes ou sur la transmission de leur vécu”, explique Arnaud Merle, coordinateur des Oubliés.L’association, qui travaille avec des volontaires en situation d’exclusion, a prévu d’accompagner des groupes d’écriture dans plusieurs villes de France pour transmettre leurs revendications aux candidats.”Le vote, ça vient avec le temps et les rencontres”, résume Elina Dumont, 58 ans, présidente des Oubliés. Pupille de l’Etat, elle a été SDF pendant plus de 15 ans, à sa sortie des foyers. Elle se souvient encore de son premier vote, accompagnée par l’écrivaine Marie Desplechin: “je ne savais même pas comment voter, ni même qu’on pouvait entrer dans des écoles” pour le faire.Aujourd’hui, elle est devenue une figure de la lutte contre le sans-abrisme et porte leur voix auprès des responsables politiques.

Budget: Vallaud s’attend au recours au 49.3 du fait de la non-censure du PS

Le chef des députés socialistes Boris Vallaud s’attend à ce que Sébastien Lecornu décide de recourir au 49.3 pour faire adopter le budget 2026 maintenant que son parti a annoncé qu’il ne devrait pas censurer le gouvernement.”Je crois que c’est ce vers quoi on s’oriente”, a déclaré M. Vallaud lundi sur RTL.L’autre hypothèse, celle d’une ordonnance prise par l’exécutif, est désormais “sans objet dès lors qu’on s’achemine vers la possibilité d’une non-censure” et serait même “hasardeuse”, a-t-il jugé.Sébastien Lecornu doit faire savoir lundi après-midi, lors d’un Conseil des ministres, s’il a recours à l’article 49.3 de la Constitution pour faire adopter le budget 2026.Si le 49.3 est choisi, il pourrait être activé dès mardi à l’Assemblée nationale sur le volet “recettes” du projet de loi de finances, puis une deuxième fois quelques jours plus tard sur le volet “dépenses”. Le texte ira ensuite au Sénat, puis reviendra à l’Assemblée pour un dernier 49.3. Un budget définitif pourrait alors être promulgué autour de la mi-février à condition que Sébastien Lecornu résiste aux motions de censure qui seront déposées tout au long du processus par LFI ou le RN.Cela semble bien parti, car le Parti socialiste, qui détient une bonne partie des clés de la censure, s’est montré satisfait des annonces gouvernementales vendredi soir. Celles-ci permettent “d’envisager une non-censure”, a confirmé lundi Boris Vallaud.Les vœux du PS ont en effet été exaucés sur le pouvoir d’achat, avec une hausse de la prime d’activité, mais également sur la jeunesse, avec les repas à un euro pour les étudiants. “Nous avons fait reculer le gouvernement sur un certain nombre de points qui étaient une politique injuste pour les Français pour lesquels les fins de mois étaient difficiles”, a souligné M. Vallaud. C’est également la proposition PS de surtaxe sur les bénéfices de 300 grandes entreprises qui a été retenue in fine, pour un rendement de huit milliards d’euros en 2026, comme en 2025.

Groenland, Trump et Venezuela au menu d’un débat sans vote au Parlement

Le gouvernement organise lundi un débat sans vote au Parlement sur le rôle de la France dans les crises internationales, ce qui promet des discussions animées sur les velléités du président américain Donald Trump vis-à-vis du Groenland et du Venezuela, au cœur de l’actualité.L’Assemblée nationale à 17h00 puis le Sénat à 21h30 seront saisis de ces sujets brûlants au titre de l’article 50-1 de la Constitution.Après avoir écouté une déclaration du gouvernement, les parlementaires débattront à tour de rôle. A l’Assemblée, ce débat donnera lieu à un jeu de questions-réponses avec des représentants du gouvernement, un format inédit pour ce type de débat dans cette hémicycle, selon les services de la chambre basse.Ce débat sans vote est non contraignant pour le gouvernement, mais il permet aux différentes forces politiques d’interpeller l’exécutif et de développer leur position sur les sujets abordés.Annoncé par le Premier ministre Sébastien Lecornu, ce débat portera dans le détail “sur le rôle de la France dans la prévention et la résolution des crises politiques internationales, notamment au Venezuela”. Il avait été programmé à la suite de plusieurs demandes en ce sens des groupes de gauche, après l’opération militaire américaine dans ce pays d’Amérique latine, ayant conduit à l’exfiltration du président Nicolas Maduro et de son épouse Cilia Flores, le 3 janvier.- “Autonomie stratégique” -Le chef du gouvernement français avait souhaité que ce débat soit “un moment où il faut se poser des questions sur notre autonomie stratégique, voir pourquoi la réaction européenne n’a pas été aussi rapide et aussi forte, peut-être, qu’attendu, pour dire les choses de manière (…) prudente”.Depuis, l’actualité a largement dépassé le cadre de l’opération américaine au Venezuela et ce débat donnera forcément lieu à des prises de parole concernant les velléités du président américain vis-à-vis du Groenland.Donald Trump a menacé samedi plusieurs pays européens dont la France de surtaxes douanières, ces états ayant répliqué en promettant de rester “unis” et en examinant les différentes ripostes possibles. En France, la classe politique a été unanime pour condamner les annonces américaines.La présidente de l’Assemblée nationale, Yaël Braun-Pivet, a d’ailleurs assuré dimanche qu’elle avait “rénové” le périmètre du débat pour qu’il inclue “la situation internationale” en général, y compris “le Groenland et l’Iran”, notamment.Si le Parlement n’est pas compétent pour contrôler par un vote les questions relatives aux opérations extérieures de la France – qui sont du ressort du président de la République -, la députée Renaissance a annoncé qu’elle inscrirait à l’ordre du jour du “G7 parlementaire” prévu en septembre en France cette question de “l’autorisation parlementaire de ce type d’opération” militaire.”On ne peut pas laisser simplement nos dirigeants décider de l’engagement de nos forces et de l’engagement de pays sans qu’il y ait un regard parlementaire”, a-t-elle dit sur RTL, M6 et Public Sénat.

Budget: Lecornu précise l’effort pour les entreprises, tranchera lundi entre 49.3 et ordonnance

En passe d’obtenir un accord de non-censure avec les socialistes, Sébastien Lecornu a précisé dimanche l’effort demandé aux entreprises en 2026, exigeant une manne importante de huit milliards d’euros sur 300 grands groupes. Il annoncera lundi s’il utilise le 49.3 ou l’ordonnance pour faire aboutir le budget.Un Conseil des ministres aura lieu dans la journée lundi, a annoncé la porte-parole du gouvernement Maud Bregeon sur franceinfo, sans préciser l’horaire.Il s’agira pour le chef du gouvernement de dévoiler enfin sa stratégie pour mener le débat budgétaire à son terme. Après avoir exclu l’hypothèse de le soumettre au vote du Parlement, faute de majorité pour le faire adopter, il dispose de deux outils constitutionnels, l’article 49.3 ou l’ordonnance budgétaire.”Rien n’est exclu et ça aboutira demain (lundi)”, a promis Maud Bregeon, assurant que le gouvernement pourra en dire plus sur ses intentions à l’issue du Conseil des ministres. Si le 49.3 est choisi, il doit en effet en être délibéré lors de cette réunion.Une chose est sûre, “on arrive au bout des négociations et des échanges” avec les forces politiques, a-t-elle confirmé, après un marathon budgétaire de plus de trois mois.- Le retour du 49.3 envisagé -Devenue habituelle pour permettre l’adoption des précédents budget, l’utilisation de l’article 49.3 permet au gouvernement de faire adopter un texte sans vote en engageant sa responsabilité. Elle a les faveurs de nombreux responsables de groupes parlementaires.La seconde option à la main du Premier ministre est inédite et semble plus risquée politiquement: c’est l’ordonnance budgétaire (article 47), qui permet la mise en place du projet budgétaire initial sans passer devant le Parlement. Et donc sans modification possible des mesures contenue dans le texte, selon l’interprétation juridique la plus répandue. Plusieurs responsables, notamment François Hollande et Boris Vallaud côté socialiste, y sont fermement opposés.Dans les deux cas, le Premier ministre devrait s’exposer à une motion de censure. Via le 49.3, une censure emporterait aussi le budget. L’ordonnance, elle, permet de doter la France d’un budget même si le gouvernement tombe.Interrogée dimanche sur le sujet sur RTL, M6 et Public Sénat, la présidente de l’Assemblée nationale Yaël Braun-Pivet (Renaissance) a refusé de donner sa préférence entre ces deux armes. “Quand on fait de la politique, il faut tenir les engagements qu’on prend”, a-t-elle toutefois glissé, avouant qu’elle “partage(ait)” le constat d’échec de la méthode du Premier ministre, qui avait promis de ne pas utiliser l’article 49.3.Après avoir fait une série d’annonces vendredi – hausse de la prime d’activité, repas à un euro pour les étudiants, pas d’augmentation de la fiscalité des ménages… -, Sébastien Lecornu a déroulé dimanche soir les mesures visant les entreprises, dans une lettre adressé aux entrepreneurs.”L’ensemble des règles fiscales applicables aux entreprises est stabilisé”, leur assure-t-il dans ce document rendu public. Mais dans le détail, plusieurs mesures fiscales risquent fort d’irriter le patronat.- Non-censure en vue au PS -Il a notamment dû renoncer à baisser la cotisation sur la valeur ajoutée des entreprises (CVAE), un impôt de production fustigé par les patrons.Surtout, il a confirmé le maintien d’un rendement d’environ huit milliards d’euros sur la surtaxe visant les bénéfices des grandes entreprises, point-clé du compromis bâti avec le Parti socialiste.Si le nombre d’entreprises visées par le dispositif passera de 440 en 2025 à 300 en 2026 en raison de l’exclusion des entreprises de taille intermédiaire (ETI) du dispositif, l’effort reste très conséquent pour ces grands groupes car le barème ne change pas. Le Sénat dominé par la droite, comme l’Assemblée nationale en nouvelle lecture, avaient d’ailleurs supprimé ce dispositif durant les débats. Mais c’est finalement la proposition du PS, à 8 milliards, qui a eu gain de cause.A défaut de satisfaire le bloc central, cela devrait grandement rassurer le parti à la rose. Son premier secrétaire Olivier Faure avait exigé que le financement des concessions du gouvernement ne se fasse “pas sur le dos des Français”. Cette condition, fixée comme préalable à la non-censure des socialistes, paraît désormais remplie.”Nous avons épargné aux Français neuf milliards d’euros d’économies qui auraient été faites sur leur dos sur les deux textes budgétaires”, s’est félicité dimanche Boris Vallaud, président des députés PS, dans Le Parisien. Les annonces gouvernementales “permettent d’envisager la non-censure du budget”, a-t-il confirmé.Manuel Bompard, coordinateur de La France insoumise, a lui jugé les concessions largement insuffisantes, regrettant qu’il n’y ait “rien sur le patrimoine des ultrariches” et promettant le dépôt d’une motion de censure quelle que soit l’option (49.3 ou ordonnance) retenue par le gouvernement.

Municipales: Bayrou part officiellement en campagne pour un 3e mandat à Pau

L’ancien Premier ministre et maire sortant de Pau François Bayrou (MoDem) a officialisé dimanche sa candidature pour un troisième mandat à la tête de la ville béarnaise, convoitée par la gauche.”Quand vous avez prouvé pendant 12 ans que vous respectiez intégralement, et bien au-delà, les engagements que vous avez pris, alors ça veut dire que vous respecterez les engagements que vous prendrez”, a-t-il lancé lors d’une conférence de presse, s’attardant longuement sur son bilan et notamment ses “réussites” en matière de sécurité.L’édile de 74 ans, patron du MoDem, a également listé quelques points de son programme, souhaitant favoriser les “habitats partagés entre générations”, faciliter la vie des “mamans seules” ou créer une “école du soir pour tout le monde”.L’élu, dont le passage à Matignon a été entaché par le vaste scandale de violences physiques et sexuelles au collège-lycée Notre-Dame de Bétharram (Pyrénées-Atlantiques), devra compter sur six adversaires déclarés aux municipales de mars 2026. Parmi eux, Jérôme Marbot (PS) pour l’union de la gauche (sans La France insoumise), qu’il avait déjà affronté et battu au second tour en 2020.

Rachida Dati annonce qu’elle quittera le gouvernement avant les élections municipales

La ministre de la Culture et candidate de la droite à la mairie de Paris, Rachida Dati, a annoncé dimanche sur France Inter qu’elle quitterait le gouvernement avant les élections municipales des 15 et 22 mars, sans toutefois donner de date précise.”Bien sûr que je quitterai le gouvernement” avant le scrutin municipal mais “je ne vais pas vous dire ici quand”, a déclaré la ministre, également maire du 7e arrondissement. “Il y a certains acteurs culturels qui souhaiteraient que je défende leur budget jusqu’au bout”, a ajouté Mme Dati au micro de la radio publique. Mme Dati, 60 ans, est ministre de la Culture depuis janvier 2024.”Je ne veux pas faire de débat de premier tour, ça n’a pas de sens”, a aussi assuré la candidate, qui se dit “prête à débattre avec les Parisiens” qu’elle appelle au “vote utile”, en sa faveur, dès le premier tour, mais pas avec ses opposants politiques. Interrogée sur les dossiers judiciaires la visant, notamment les accusations de corruption, la candidate a répondu avoir signé “un contrat d’avocat que j’ai eu pour Renault Nissan pour défendre leurs intérêts et les développer”.”J’ai pas tapé dans la caisse”, a-t-elle ajouté.La ministre doit être jugée à Paris pour corruption et trafic d’influence en septembre 2026, soupçonnée d’avoir indûment perçu 900.000 euros entre 2010 et 2012 d’une filiale de l’alliance Renault-Nissan quand Carlos Ghosn en était le PDG et quand elle était eurodéputée. Elle conteste l’ensemble des charges.L’ex-garde des Sceaux de Nicolas Sarkozy fait par ailleurs l’objet d’une enquête visant l’éventuelle non-déclaration de bijoux de luxe à la Haute autorité pour la transparence de la vie publique. Elle conteste là encore toute irrégularité.

Menace de surtaxes douanières: Trump a “beaucoup à y perdre aussi” (ministre de l’Agriculture française)

Le président américain Donald Trump, qui menace des pays européens de surtaxes douanières face à leur opposition à ses velléités de s’emparer du Groenland, “a beaucoup à y perdre aussi”, a jugé dimanche la ministre française de l’Agriculture, Annie Genevard.”Dans cette escalade des droits de douane, il a beaucoup à y perdre aussi, y compris ses propres agriculteurs, y compris ses propres industriels”, a-t-elle déclaré au “Grand rendez-vous” Europe 1/Les Echos/CNews.Donald Trump a menacé samedi plusieurs pays (Danemark, Norvège, Suède, France, Allemagne, Royaume-Uni, Pays-Bas et Finlande) de leur imposer de nouveaux droits de douane jusqu’à ce qu'”un accord soit conclu pour la vente complète et intégrale du Groenland”. Cette surtaxe, de 10%, sera effective à partir du 1er février et pourrait s’envoler à 25% au 1er juin, a-t-il dit.”Cette menace, on verra s’il la met en application”, a déclaré Annie Genevard.”L’Union européenne a une force de frappe possible” d’un point de vue commercial, a jugé la ministre, ajoutant que “c’est une réponse qu’il faut manier avec précaution, parce que cette escalade peut être mortifère, mais elle peut être mortifère également pour les Etats-Unis”.”Il est clair que les Européens ne laisseront pas faire les Etats-Unis”, a-t-elle dit, estimant qu’une prise de contrôle américaine de l’immense territoire autonome danois est “inacceptable et inimaginable”.Une réunion d’urgence des ambassadeurs de l’UE est prévue dans la journée à Bruxelles tandis que le président français Emmanuel Macron devrait s’entretenir dans les heures à venir avec ses homologues européens au sujet de cette crise inédite entre membres de l’Otan.

Budget: le PS ne devrait pas censurer le gouvernement, le dénouement approche

Satisfait des “victoires obtenues” avec les dernières annonces budgétaires de Sébastien Lecornu, le Parti socialiste s’engage à ne pas censurer le gouvernement pourvu que celui-ci ne finance pas ces nouvelles mesures “sur le dos des Français” mais bien en partie sur les grandes entreprises.Invité du JT de TF1 samedi soir, le Premier secrétaire du PS Olivier Faure a annoncé qu’il proposerait à ses députés “de ne pas censurer” le gouvernement à deux conditions : “la première, c’est d’avoir la copie (budgétaire, ndlr) complète, qu’il n’y ait pas de flou”; “La deuxième, c’est que le financement de toutes ces victoires obtenues ne se fasse pas sur le dos des Français”. “Nous avons cherché à avancer, à ne pas être dans la posture, mais être de ceux qui proposent des solutions. Et nous avons bien fait”, s’est réjoui M. Faure.En quête d’un compromis sur le budget 2026 pour éviter la censure, Sébastien Lecornu a annoncé vendredi soir plusieurs mesures en faveur du pouvoir d’achat (hausse de la prime d’activité notamment), des étudiants (repas à un euro) et sur le logement (400 millions de plus sur le logement social), comme le réclamait le Parti socialiste.Le Premier ministre devrait détailler ces mesures “dans un courrier adressé à tous les parlementaires lundi pour que chacun puisse se positionner”, a précisé la ministre des Comptes publics Amélie de Montchalin dans un entretien à Ouest-France.Mais le locataire de Matignon est resté évasif sur leur financement, au grand dam de plusieurs de ses soutiens.”Les concessions annoncées par le Premier ministre représentent plusieurs milliards de moindres économies, en grande partie issues de la surenchère des socialistes, sans que leurs financements ne soient encore clairement établis”, a ainsi déploré Paul Christophe, chef des députés Horizons, le parti d’Edouard Philippe.Le chef des députés du MoDem Marc Fesneau a dit attendre de l’exécutif “des clarifications, en particulier sur le respect des objectifs de réduction du déficit” de 5% du PIB au maximum en 2026 comme s’y est engagé le Premier ministre.”L’effort reposera de manière égale sur des baisses de dépenses et sur des hausses de recettes (…) sans jamais faire porter l’effort sur les ménages”, leur a répondu samedi soir Mme de Montchalin.- “il est temps d’en finir” -En dépit de l’opposition du Sénat et d’une partie de sa propre majorité, le gouvernement maintiendra ainsi la surtaxe sur les 400 plus grandes entreprises, comme le réclame la gauche. Avant que les discussions budgétaires ne soient suspendues jeudi, le gouvernement avait proposé un amendement pour porter le rendement de la surtaxe à 6,3 milliards d’euros, contre 8 milliards en 2025 et 4 milliards dans le projet de loi initial du gouvernement pour 2026.Et l’effort demandé aux collectivités locales sera “d’un ordre de grandeur compris entre 2 et 2,5 milliards d’euros nets”, selon Mme de Montchalin. Les discussions budgétaires sont censées reprendre mardi après-midi et le Premier ministre va donc, faute de majorité pour aller au vote,  avoir d’ici là choisi de recourir à l’article 49.3 ou à une ordonnance (article 47 de la Constitution), possiblement à l’occasion d’un Conseil des ministres lundi.L’article 49.3, auquel il avait solennellement renoncé en octobre à la demande du PS, permettrait au gouvernement de faire passer un budget en retenant les amendements de son choix.Mais il devrait l’utiliser trois fois (sur les dépenses, les recettes puis l’ensemble du texte), s’exposant à chaque fois à une censure. L’ordonnance, soit l’inscription du budget dans un texte sans passer devant le Parlement, serait inédite mais permettrait elle de doter le pays d’un budget même si le gouvernement devait être censuré par la suite.M. Faure a laissé entendre que l’attitude du PS ne dépendrait pas du moyen retenu par le gouvernement. “Aucun de ces moyens n’a en réalité ma préférence ou mon soutien”, a-t-il dit.Faisant contre mauvaise fortune bon coeur, le patron de Renaissance Gabriel Attal juge dans un entretien au Parisien “qu’il est temps d’en finir avec le budget” même s’il ne lui trouve guère de positif.”À ce stade, la qualité principale de ce budget est d’avoir un budget”, a-t-il résumé.

Grégory Doucet, un meeting pour “déjouer les pronostics”

A deux mois des municipales, le maire écologiste de Lyon Grégory Doucet, donné largement battu dans les sondages face à l’ex-patron de l’OL Jean-Michel Aulas, a lancé samedi sa campagne avec un premier meeting pour tenter de “déjouer les pronostics”.Rendez-vous donné en soirée au “Sucre”, salle de concert dans le quartier en transformation de Confluences. La plupart des participants sont debout, sous les spots multicolores. Il est venu chercher l'”énergie” qui se dégage de la foule — 800 personnes selon l’organisation.L’énergie d’un rassemblement des familles “écologistes, socialistes, communistes, social-démocrate” qui “lorsqu’elles s’unissent déjouent tous les pronostics”, affirme le maire sortant, sans mentionner la dissidence de LFI qui fait liste à part.”Quel plaisir de me présenter devant vous en candidat”, lance d’emblée Grégory Doucet. De son principal adversaire soutenu par le centre et la droite, qui ne cesse de l’attaquer, il ne dit quasiment rien. Mis à part une pique sur la promesse phare de Jean-Michel Aulas: un projet de double-voies routières sous Lyon visant à désengorger le tristement célèbre tunnel de Fourvière, des travaux estimés par leurs défenseurs à deux milliards d’euros, largement raillé par la salle.La députée socialiste Sandrine Runel, qui l’a précédé sur scène, a en revanche mené la charge contre celui qu’elle qualifie d'”homme de l’ancien monde”.- “Tout est possible” -Dans un sondage réalisé en décembre par OpinionWay, Jean-Michel Aulas apparaît largement en tête dès le premier tour, sa liste recueillant 60% des intentions de vote au second face à celle de Grégory Doucet.Mais samedi, personne ne veut croire en ces prophéties.”Ca ne nous inquiète pas forcément parce que les sondages sont encore à deux mois des élections, donc tout est possible. En 2020, ça s’était déjà vérifié”, puisque les écologistes avaient emporté la ville et l’agglomération contre toute attente, avance Arthur Duvivier, adjoint dans le 3e arrondissement de Lyon. Fabrice Tavel, 30 ans, qui est candidat dans la commune voisine de Oullins-Pierre-Bénite, relève de son côté que “la victoire totale” de la gauche aux dernières législatives “n’était pas vraiment annoncée par les sondages”.”Ils sont faits sur une période où Aulas a une lumière médiatique”, balaie de son côté Matéo Chichet, 26 ans, collaborateur parlementaire de la députée écologiste Marie-Charlotte Garin.Sur scène, Grégory Doucet déroule ses annonces, qui ont ponctué tout le mois de janvier avec l’accélération de la campagne lyonnaise en ce début d’année. Si les premiers mots du maire écologiste sont pour le climat, la suite se concentre sur la “sécurité des Lyonnais”, un thème sur lequel les oppositions l’attaquent régulièrement.- “Il se bat pour” -“Toutes les sécurités”, répond Grégory Doucet, celle du logement en premier lieu. “Personne à Lyon ne désencadrera les loyers”, lance-t-il, son principal adversaire ayant promis d’abolir cette mesure prise par les écologistes pour contenir la flambée des loyers.Sous les hourras du public, il poursuit en promouvant la création d’une garantie municipale des loyers.Après avoir reçu le soutien du militant antidrogue marseillais Amine Kessaci, il s’attarde sur la sécurité “des biens et des personnes” et promet un “plan ambitieux de prévention et de lutte contre le trafic de stupéfiants”.”Grégory, quand il se bat, il ne se bat pas contre, il se bat pour la dignité”, avait souligné auparavant le jeune militant marseillais, dont un frère a été assassiné en novembre. “Il se bat pour l’égalité, il se bat pour l’équité, il se bat pour les transports qui accompagnent tout le monde, il se bat pour la justice sociale et la justice environnementale dans ses quartiers. En bref, il se bat pour notre vie !””En tant que militante j’en ressors boostée”, dit Eline, 28 ans, qui travaille pour une association. “Ca fait du bien de montrer qu’il y a une dynamique, qu’on est ensemble, de se rappeler aussi le projet qu’on défend et qu’on va continuer de défendre, cette vision de la ville et cette vision de société”.

Le maire PS de Montpellier Michaël Delafosse brigue un nouveau mandat en position de force

Elu en tant qu'”outsider” en 2020, le maire socialiste de Montpellier Michaël Delafosse a officialisé sans surprise samedi sa candidature à un second mandat, se présentant cette fois en position de force face à des oppositions fractionnées à gauche et à droite.Sorti vainqueur d’une quadrangulaire il y a six ans, M. Delafosse a annoncé sa nouvelle candidature au journal Midi Libre et dans une lettre de deux pages adressée aux Montpelliérains.”Montpellier a connu une phase de très grande transformation. Ce qui nous attend aujourd’hui, c’est une consolidation de la politique écologique et sociale”, a également confié à l’AFP, peu avant l’annonce officielle, ce professeur d’histoire-géographie de 48 ans, père de deux enfants.”La situation politique est très différente de celle de 2020, avec une affirmation assez importante du maire sortant, qui à l’époque se présentait en challenger”, analyse pour l’AFP Emmanuel Négrier, directeur du Centre d’études politiques et sociales de l’Université de Montpellier.”Il y a eu une consolidation de la gouvernance Delafosse. Symétriquement, la droite est en relative perdition, avec des scores cumulés qui n’atteindraient pas ceux de Michaël Delafosse”, a-t-il ajouté. D’autre part, “la gauche +non-delafossienne+ a aussi ses divisions, notamment chez les écologistes, dont Michaël Delafosse a repris une partie des politiques”.Le sortant se plaît a assurer que ses principaux engagements de 2020 sont “devenus réalité”, dans cette ville de plus de 300.000 habitants, en croissance démographique continue mais confrontée à un niveau de pauvreté élevé.- Gratuité des transports -Son fait d’arme le plus emblématique: l’instauration de la gratuité des transports en commun pour les 500.000 habitants de la Métropole, sur laquelle aucun de ses concurrents ne veut faire marche arrière, et la construction d’une cinquième ligne de tram, inaugurée en décembre.Militant socialiste depuis l’adolescence, Michaël Delafosse assume également des prises de positions sur la sécurité et la laïcité qui font parfois grincer les dents dans son camp: sur ces sujets, “la gauche ne doit pas faire l’autruche”, dit-il.Comme en 2020, il trouvera sur son chemin le richissime homme d’affaires et patron du club de rugby local Mohed Altrad, arrivé troisième il y a six ans.”Cette ville a besoin qu’on la relève. Montpellier a besoin d’un bâtisseur”, a lancé l’entrepreneur septuagénaire lors du lancement de sa campagne jeudi soir, devant 500 sympathisants.Pour sa nouvelle campagne, Delafosse pourra compter sur le soutien réitéré de forces de gauche (PCF, PRG…) et d’écologistes (exclus d’EELV), ainsi que sur l’ex-députée LFI Muriel Ressiguier.- “Aucun accord” avec LFI -Mais il devra faire face à la candidature de la députée LFI Nathalie Oziol, qui projette une lumière nationale sur le scrutin, qualifiant le maire de “macroniste local”. “Je n’ai pas répondu aux sirènes du pouvoir quand on me proposait d’être ministre”, rétorque l’intéressé, qui assure qu’il ne fera “aucun accord avec LFI, ni au premier, ni au second tour”.Avec un autre candidat déclaré, le député écologiste Jean-Louis Roumégas, la pierre d’achoppement principale porte sur un projet d’unité de traitement “CSR” (pour combustibles solides de récupération) porté par la Métropole, que dirige également M. Delafosse, que l’écologiste qualifie “d’incinérateur à plastique”.Le centre droit sera représenté par une notaire peu connue mais partie très tôt en campagne, Isabelle Perrein, tandis que pour le Rassemblement National, la députée européenne France Jamet, amie d’enfance de Marine Le Pen, a annoncé vendredi avoir été officiellement investie, après s’être déjà présentée en 2014.Cette année-là, c’est le dissident socialiste Philippe Saurel qui avait été élu. Défait en 2020, il n’exclut pas non plus de retenter sa chance.