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La Bourse de Paris termine en baisse, l’enthousiasme autour de la détente commerciale retombe

La Bourse de Paris a terminé en petite baisse mercredi, marquant le pas après que l’enthousiasme autour de la trêve commerciale entre les Etats-Unis et la Chine est légèrement retombé.L’indice vedette de la place parisienne a cédé 0,47% en clôture, soit une perte de 37,04 points, pour s’établir à 7.836,79 points. Mardi, le CAC 40 avait fini sur un gain de 0,30% pour s’établir à 7.873,83 points.La prudence s’est installée sur la place parisienne mercredi après l’enthousiasme du début de semaine.La désescalade de la guerre commerciale entre les Etats-Unis et la Chine, qui avait lourdement pesé sur le moral des investisseurs, semble désormais intégrée dans les cours, selon les analystes interrogés par l’AFP.Aux Etats-Unis, “les moteurs de la récente reprise du marché boursier américain sont les bonnes nouvelles sur les droits de douane, les accords commerciaux, et les accords technologiques avec l’Arabie Saoudite, riche en liquidités”, commente Kathleen Brooks, directrice de la recherche chez XTB.Mais en Europe, “les investisseurs restent en retrait”, remarque Antoine Andreani, directeur de la recherche chez XTB France. “Ils sont suspendus à une annonce, un accord commercial effectif entre les Etats-Unis et l’Union européenne”.En attendant un “prochain catalyseur économique”, les indices européens marquent le pas, note Fawad Razaqzada, analyste chez City Index.Le luxe flancheLe secteur du luxe a souffert mercredi “en l’absence d’un accord entre les Etats-Unis et l’Union européenne”, “le marché américain représentant une grosse proportion du chiffre d’affaires de ces entreprises.En queue de peloton du CAC 40 mercredi, le géant français des cosmétiques L’Oréal a terminé en baisse de 3,26% à 372,60 euros l’action, suivi de Kering (-3,09% à 185 euros) et du géant du luxe LVMH (-2,18% à 525,20 euros).Alstom dans la tourmenteLe français Alstom est revenu aux bénéfices après son achat de Bombardier en publiant mercredi des résultats meilleurs qu’attendu pour son exercice décalé 2024/2025, mais ses objectifs ont été en deçà des prévisions des analystes et le titre a dévissé en Bourse.Sur l’exercice 2025-2026, le groupe vise une croissance organique de son chiffre d’affaires entre 3% et 5%, avec une marge d’exploitation ajustée d’environ 7%. A partir de l’année 2026, Alstom vise entre 8 et 10% de marge opérationnelle “grâce à des prises de commandes de qualité” et des “initiatives d’excellence opérationnelle”. Ces objectifs ont été jugés timides par les investisseurs, et l’action a terminé sur une chute de 17,28%, à 18,76 euros.

Guerre commerciale: la Chine et les Etats-Unis concrétisent leur pause

La Chine et les États-Unis ont levé mercredi pour 90 jours l’essentiel des lourdes surtaxes douanières qu’ils s’imposent, une trêve dans leur éprouvante guerre commerciale, qui a bouleversé les chaînes d’approvisionnement et les marchés mondiaux.Quelques heures avant cette levée partielle des droits de douane, le président américain Donald Trump a déclaré à la presse entrevoir un accord “très solide” avec le géant asiatique.Cette baisse des surtaxes a été formellement mise en oeuvre mercredi à 04H01 GMT.Lundi, après des négociations durant le weekend à Genève en Suisse, Chinois et Américains avaient annoncé une suspension de l’essentiel de leurs droits de douane punitifs. Un résultat bien supérieur aux attentes, qui a déclenché un optimisme prudent sur les marchés boursiers.Dans le cadre de cet accord, les États-Unis ont accepté d’abaisser leurs surtaxes douanières sur les produits chinois à 30%, tandis que la Chine réduira les siennes à 10% sur les biens américains.”Nous avons le cadre d’un accord très, très solide avec la Chine”, a affirmé Donald Trump dans une interview diffusée par la chaîne de télévision américaine Fox News mardi heure américaine.”Il est temps pour la Chine de s’ouvrir – et ça fait partie de notre accord”, a également déclaré M. Trump, sans plus de précisions. Il effectue actuellement une tournée au Moyen-Orient et était interviewé à bord de l’avion présidentiel Air Force One.- “Comme une arme” -Après l’accord de lundi, la Chine a levé l’interdiction qu’elle avait faite à ses compagnies aériennes d’accepter les avions du constructeur américain Boeing, a affirmé l’agence de presse Bloomberg.Pékin a également annonce suspendre pour 90 jours certaines contre-mesures non douanières, notamment certaines restrictions prises à l’encontre de dizaines d’entités américaines. Sont concernés 17 entités qui étaient interdites d’importer, d’exporter ou de faire de nouveaux investissements en Chine, et 28 entités sur une liste de contrôle des exportations afin de les empêcher de recevoir des produits pouvant être utilisés à des fins civiles et militaires.De son côté, l’administration américaine a annulé mardi de nouvelles restrictions à l’exportation de semi-conducteurs utilisés pour le développement de l’intelligence artificielle (IA), qui auraient particulièrement pénalisé la Chine.Malgré cette accalmie, Pékin cherche depuis plusieurs semaines à fédérer les autres nations face à la campagne mondiale de droits de douane lancée par Donald Trump.Devant un parterre de dirigeants et ministres des Affaires étrangères de pays latino-américains réunis mardi pour un grand rendez-vous diplomatique, le président chinois Xi Jinping a ainsi de nouveau dénoncé les pratiques des États-Unis – sans les nommer.”Personne ne peut gagner une guerre des droits de douane ou une guerre commerciale”, a-t-il affirmé.”Le harcèlement et l’hégémonisme ne mènent qu’à l’isolement”, a souligné M. Xi.De son côté, son chef de la diplomatie, Wang Yi, a exhorté les nations d’Amérique latine à “agir main dans la main” avec Pékin pour défendre leurs droits face à une puissance qui “utilise les droits de douane comme une arme pour intimider les autres pays”.- L’incertitude persiste -Malgré la détente Pékin-Washington, le dossier du fentanyl, cette drogue qui fait des ravages aux États-Unis, reste un important point de friction bilatéral.Sur les 30% de surtaxes douanières punitives que Washington continue d’imposer sur les produits chinois, les deux tiers, soit 20%, le sont pour faire pression sur Pékin dans le cadre de la lutte contre le trafic de cet opioïde.Certains précurseurs chimiques de fentanyl, drogue qui fait des dizaines de milliers de morts chaque année aux États-Unis, sont fabriqués en partie en Chine. Les autorités chinoises sont accusées par Donald Trump de laisser-faire.Le ministère chinois des Affaires étrangères a encore exhorté mardi Washington à cesser de “rejeter la faute” sur Pékin et fustigé des surtaxes douanières “déraisonnables”, eu égard à la “bonne volonté” chinoise en matière de coopération sur la lutte contre les stupéfiants.Des analystes avertissent ainsi que la possibilité d’un rétablissement des droits de douane après 90 jours subsiste.”Des réductions supplémentaires de droits de douane seront difficiles à obtenir et le risque d’une nouvelle escalade demeure”, déclare à l’AFP Yue Su, économiste chez Economist Intelligence Unit.Le gouverneur de la Banque de France, François Villeroy de Galhau, a de son côté estimé mercredi devant la commission des Affaires étrangères de l’Assemblée nationale que cet accord, ainsi que celui signé entre Washington et Londres, ne sont “pas de bons accords”, appelant l’Europe à “nouer des alliances commerciales avec un maximum d’autres partenaires”.Ces derniers comportent en effet “encore trop de tarifs pénalisants – dont le +socle+ sans précédent de 10%, on n’en a peut-être pas assez souligné, dans l’accord anglais, le caractère quand même très élevé – et surtout toujours autant de flou et d’imprévisibilité qui provoquent l’attentisme”, a-t-il détaillé.

Les Bourses européennes terminent en petite baisse

Les Bourses européennes ont terminé majoritairement dans le rouge mercredi, marquant une pause, l’enthousiasme provoqué par la trêve commerciale entre la Chine et les Etats-Unis retombant quelque peu.Les Bourses de Paris et Francfort ont terminé en petite baisse de 0,47%, Londres a cédé 0,21%. Seule la place de Milan s’est démarquée, gagnant 0,70%.

Trump demande à la Syrie une normalisation avec Israël après l’annonce d’une levée des sanctions

Donald Trump a rencontré mercredi à Doha le président syrien islamiste Ahmad al-Chareh, lui réclamant de normaliser ses relations avec Israël, après avoir annoncé une levée des sanctions contre son pays, dans un changement de cap majeur.Sitôt arrivé au Qatar après une visite en Arabie saoudite, le président américain a par ailleurs annoncé que la compagnie aérienne Qatar Airways avait passé une commande de 160 avions pour une valeur de 200 milliards de dollars à Boeing.Il doit se rendre jeudi aux Emirats arabes unis, étape finale de sa tournée dans le Golfe, sauf s’il décide à la dernière minute d’aller en Turquie pour des pourparlers russo-ukrainiens, une “possibilité” qu’il a évoquée.La rencontre avec le président par intérim syrien s’est “très bien passée”, a confié Donald Trump aux journalistes dans l’avion, parlant d’un “homme jeune et séduisant. Un gars costaud”.Le portrait élogieux est frappant, pour un homme qui a figuré un temps sur une liste des jihadistes recherchés par les Etats-Unis, devenu président par intérim après avoir renversé en décembre Bachar al-Assad à la tête d’une coalition de forces islamistes.Donald Trump a assuré que le dirigeant syrien était prêt à accéder à sa demande d’une normalisation des relations avec Israël, avec qui la Syrie est officiellement en guerre depuis 1948.Interrogé à ce sujet, le président américain a dit: “Je lui ai dit, j’espère que vous rejoindrez (les accords d’Abraham, ndlr) une fois que vous aurez réglé votre situation et il m’a dit +oui+. Mais ils ont beaucoup de travail à faire”, en référence aux accords par lesquels plusieurs pays arabes ont reconnu Israël en 2020.En Syrie, la perspective d’une levée des sanctions qui étranglent le pays a suscité des manifestations spontanées de joie. “Cela stimulera l’économie et encouragera les gens à revenir”, s’est réjouie Zain al-Jabali, 54 ans, propriétaire d’une fabrique de savon à Alep (nord).- “Une chance de grandeur” -L’entrevue, la première du genre en 25 ans, a duré près d’une trentaine de minutes, en présence du prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane et du président turc Recep Tayyip Erdogan, qui s’y est joint virtuellement.Le président américain a aussi demandé à Damas d’expulser les membres de groupes armés palestiniens et de prendre “la responsabilité” des prisons détenant des membres du groupe jihadiste Etat islamique en Syrie, actuellement prises en charge par les forces kurdes. La diplomatie syrienne a évoqué une “rencontre historique”, sans mentionner les relations avec Israël. Donald Trump avait créé la surprise mardi en annonçant qu’il allait “ordonner l’arrêt des sanctions” pour donner “une chance de grandeur” à la Syrie.Le pays fait l’objet de sanctions internationales depuis 1979, renforcées après la répression par le pouvoir de Bachar al-Assad de manifestations prodémocratie en 2011. La rencontre Trump-Chareh a eu lieu malgré les réticences d’Israël, allié indéfectible des Etats-Unis. Israël mène régulièrement des frappes en Syrie, pour empêcher selon lui que les armes du pouvoir déchu ne tombent entre les mains des nouvelles autorités, considérées comme hostiles. Concernant les discussions indirectes sur le nucléaire iranien entre Téhéran et Washington, Donald Trump a dit avoir “le sentiment que ça va bien tourner”. Il avait appelé mercredi à une application stricte des sanctions américaines visant l’Iran.- “Homme de paix” -A Doha, Donald Trump a reçu un accueil tout aussi rutilant qu’à Ryad.L’émir du Qatar, cheikh Tamim ben Hamad Al-Thani, s’est déplacé à l’aéroport pour l’accueillir, et l’avion présidentiel américain a eu droit à une escorte d’avions de combat qataris.Le convoi de Donald Trump a été ensuite précédé de Cybertrucks du constructeur Tesla aux couleurs des forces de sécurité qataries, un clin d’oeil au propriétaire de la marque et grand allié du président, Elon Musk.Dans un premier échange avec le dirigeant qatari, le président républicain a vanté le “marbre parfait” du palais où il était reçu, et loué “l’amitié” avec son hôte.Ce dernier l’a qualifié d'”homme de paix”.Mais ce passage à Doha a pour arrière-plan un scandale politique.L’opposition démocrate aux Etats-Unis reproche au milliardaire d’avoir accepté “le plus gros pot-de-vin étranger de l’histoire récente”.En cause: un Boeing 747-8 offert à Donald Trump par la famille royale qatarie pour remplacer au moins provisoirement son avion officiel, et pour l’utiliser après son mandat.

Wall Street continue de profiter de la détente commerciale

La Bourse de New York évolue dans le vert mercredi, cherchant à profiter de l’accalmie sur le plan des droits de douane, les différents accords commerciaux laissant présager un impact moindre de la guerre commerciale sur l’économie américaine qu’initialement anticipé par les investisseurs.Vers 13H50 GMT, le Dow Jones grappillait 0,05%, l’indice Nasdaq prenait 0,27% et l’indice élargi S&P 500 gagnait 0,03%. Ce dernier a effacé toutes ses pertes de l’année 2025.”Nous avons assisté à un changement de paradigme massif ce week-end” sur la place américaine, assure auprès de l’AFP Adam Sarhan, de 50 Park Investments.Le fort recul de Wall Street observé en début d’année jusque fin avril “était basé sur le fait que nous aurions des droits de douane plus élevés pendant une longue période et sur la possibilité que la guerre commerciale pourrait complètement déstabiliser l’ensemble de l’économie mondiale”, souligne l’analyste.Face à l’annonce d’accords avec le Royaume-Uni, et surtout la Chine, cible principale de Donald Trump, “la peur s’estompe considérablement car le scénario catastrophe qui avait fait chuter les marchés n’est plus d’actualité”, selon M. Sarhan.La Chine et les États-Unis ont levé mercredi pour 90 jours l’essentiel des lourdes surtaxes douanières qu’ils s’imposent, une trêve dans leur éprouvante guerre commerciale, qui a bouleversé les chaînes d’approvisionnement et les marchés mondiaux.Quelques heures avant cette levée partielle des droits de douane, le président américain Donald Trump a déclaré à la presse entrevoir un accord “très solide” avec le géant asiatique.Cette baisse des surtaxes a été formellement mise en œuvre mercredi à 04H01 GMT.Les investisseurs “s’adaptent à un nouvel environnement (avec) un chemin vers la croissance qui pourrait comporter quelques droits de douane, mais pas beaucoup”, estime Adam Sarhan.Dans le cadre du compromis entre Washington et Pékin, les États-Unis ont accepté d’abaisser leurs surtaxes douanières sur les produits chinois à 30%, tandis que la Chine a réduit les siennes à 10% sur les biens américains.La Chine a également levé l’interdiction qu’elle avait faite à ses compagnies aériennes d’accepter les avions du constructeur américain Boeing, a affirmé l’agence de presse Bloomberg.”La hausse des marchés boursiers retient toute l’attention, mais soyez assurés que le marché des bons du Trésor aura son mot à dire sur la poursuite de cette hausse”, écrit Patrick O’Hare, de Briefing.com.Sur le marché obligataire, vers 13H50 GMT, le taux d’intérêt des emprunts d’Etat américains à dix ans était quasi stable par rapport à la veille, à 4,48%.Au tableau des valeurs, les géants du secteur des semiconducteurs Nvidia et Advanced Micro Devices (AMD) avançaient respectivement de 2,14% et 7,73% après avoir décroché d’importants contrats auprès de l’Arabie saoudite.Donald Trump s’est rapproché de Ryad mardi, signant un “partenariat économique stratégique”, avec un montant des investissements saoudiens aux États-Unis qui s’élèverait à 600 milliards de dollars selon l’exécutif américain. AMD profitait également de l’annonce d’un programme de rachats d’actions à hauteur de 6 milliards de dollars.La marque d’habillement American Eagle Outfitters plongeait (-5,35%) après avoir suspendu ses prévisions 2025 en raison de “l’incertitude macroéconomique”. Microsoft progressait de 0,58% après avoir annoncé mardi à l’AFP procéder à une nouvelle vague de licenciements, dans le but notamment de simplifier sa structure hiérarchique.Le groupe n’a pas précisé le nombre d’employés affectés. Une source proche du dossier a indiqué que ce plan social portait sur “moins de 3%” des effectifs du groupe, soit environ 6.000 personnes.