Nouvel écueil pour le Louvre, contraint de fermer une de ses galeries

La série noire continue au Louvre: un mois après le casse du 19 octobre, le musée a été contraint lundi de fermer au public une de ses galeries par “mesure de précaution”, en raison de la “particulière fragilité” de certaines poutres de l’édifice.Abritant neuf salles dédiées à la céramique grecque antique, la galerie Campana est fermée le temps que des “investigations” soient menées “sur la particulière fragilité de certaines poutres portant les planchers du deuxième étage de l’aile sud” du quadrilatère Sully, qui enserre la cour carrée du Louvre, indique le musée dans un communiqué.Sollicitée par l’AFP, une porte-parole du musée a assuré que les milliers de vases exposés dans cette galerie, située au premier étage, n’encouraient toutefois “aucun risque” de détérioration et n’auraient pas à être déplacés.En revanche, les bureaux situés au deuxième étage seront, eux, évacués et les 65 agents administratifs qui y travaillent devront quitter les lieux “au cours des trois prochains jours”, selon le communiqué du Louvre.Pour prendre cette décision, le musée dit avoir été “alerté” par les conclusions d’un rapport d’un bureau d’études techniques qui lui a été remis vendredi et assure avoir “immédiatement lancé une campagne complémentaire d’investigations afin de déterminer les causes de ces évolutions récentes et mener au plus tôt les travaux nécessaires”.Il s’agit “d’évolutions récentes et imprévisibles”, assure la direction du Louvre, qui avait déjà alerté en janvier le ministère de la Culture sur l’état de grande vétusté du musée le plus visité au monde.- “Multiplication d’avaries” -Cette avanie survient pratiquement un mois jour pour jour après le casse au cours duquel un commando a réussi à s’introduire dans l’aile sud du musée pour dérober huit joyaux de la Couronne d’une valeur estimée à 88 millions d’euros. Les bijoux restent aujourd’hui introuvables.”Vu de l’extérieur, ça ressemble à une série noire mais, en interne, cela fait longtemps que nous sommes au courant de la dégradation des conditions de travail et de visite au Louvre”, a réagi auprès de l’AFP Valérie Baud, déléguée CFDT du musée. “Disons qu’il y a une accélération en ce moment”, souligne-t-elle.Selon son collègue de la CGT Gary Guillaud, “ça corrobore le fait qu’il y a des problèmes partout dans le musée”. “On est sur des bâtiments très anciens avec des poutres qui datent parfois de la construction du musée” qui a ouvert à la fin du XVIIIe siècle, dit-il à l’AFP.En janvier 2025, la présidente du Louvre Laurence des Cars, sous pression depuis le casse du 19 octobre, avait tiré la sonnette d’alarme en informant le ministère de la Culture de “la multiplication d’avaries dans des espaces parfois très dégradés”.Peu après cette mise en garde, le président Emmanuel Macron avait annoncé le lancement d’un vaste chantier de rénovation et de modernisation du Louvre, centré notamment sur le quadrilatère Sully. Ces travaux ont été estimés par l’entourage du chef de l’Etat à quelque 800 millions d’euros, un montant revu nettement en hausse dans un récent rapport de la Cour des comptes qui évoque un coût d’au moins 1,15 milliard d’euros.Dans ce rapport publié le 6 novembre, la juridiction financière avait par ailleurs pointé “un retard considérable dans le rythme des investissements” face à une “dégradation accélérée” du musée, qui a accueilli près de neuf millions de visiteurs en 2024.Après avoir été interrogée par des sénateurs dans la foulée du casse du 19 octobre, Laurence des Cars est entendue mercredi matin par la commission des affaires culturelles de l’Assemblée nationale.Début novembre, la dirigeante, en poste depuis 2021, avait annoncé une série de “mesures d’urgence” pour améliorer la sécurisation du musée, notamment de ses abords extérieurs.

En crise, le festival de BD d’Angoulême vers un changement de gouvernance

Pouvoir publics et milieu de la BD veulent reprendre la main sur le festival d’Angoulême, dont l’organisation est depuis des mois sous le feu de critiques qui ont conduit, lundi, à une mise en retrait de la présidente contestée de l’association historique.L’incendie s’est déclaré juste avant l’ouverture de la 52e et dernière édition du grand rendez-vous mondial de la bande dessinée, fin janvier.La société privée 9eArt+, organisatrice de l’événement depuis 2007, et son directeur décrié Franck Bondoux sont alors accusés dans l’Humanité magazine d’opacité financière, de “dérives” mercantiles et d’avoir licencié une salariée, en 2024, qui venait de porter plainte pour un viol survenu en marge du festival.Une information judiciaire est ouverte sur ces faits et, en parallèle, la jeune femme conteste devant les prud’hommes son licenciement pour “faute grave”. Son ex-employeur dénonce “un amalgame volontaire et critiquable entre deux procédures totalement distinctes” et invoque des “manquements graves” pour justifier son licenciement.La profession s’enflamme et des auteurs menacent de boycotter l’édition 2026.Également sous pression des financeurs publics, qui abondent presque la moitié du budget du festival, l’association FIBD présidée par Delphine Groux, fille d’un des cofondateurs historiques du festival créé en 1974, met fin au contrat de 9eArt+ à partir de 2027 et ouvre à la concurrence l’organisation future de l’événement.- “Confiance rompue” -Mais sa décision, début novembre, de reconduire 9eArt+, dans le cadre d’un rapprochement souhaité avec la Cité de la BD à Angoulême, provoque un tollé. Et même l’annonce, jeudi dernier, d’une nouvelle procédure écartant cette fois la société de Franck Bondoux (pour l’après 2027) ne ramène pas le calme.Pour le syndicat national de l’édition (SNE), “la confiance est rompue” et Mme Groux, “artisan du chaos, ne peut pas piloter un nouvel appel à projets”.Après une réunion avec des organisations de la BD, les financeurs publics ont fait savoir à l’association FIBD, vendredi, qu’ils voulaient “reprendre la main avec la profession” sur l’organisation future de l’événement, et que ce n’était “pas discutable”, a déclaré lundi à l’AFP le maire d’Angoulême, Xavier Bonnefont.”Je crois que l’association a compris qu’elle n’était plus en mesure de faire barrage”, a-t-il ajouté, précisant que le retrait de Mme Groux était “un impératif” aux yeux des financeurs mais qu’ils n’avaient “pas eu besoin de le demander”.Dans un communiqué publié lundi, la préfecture et le conseil régional de Nouvelle-Aquitaine, le département de la Charente, la ville et l’agglomération d’Angoulême ont ainsi proposé “que l’Association ADBDA, qui réunit les pouvoirs publics, les professionnels et le festival, pilote la prochaine mise en concurrence qui désignera un successeur à l’actuel organisateur”.- “Élargir l’espace d’échanges” -Cette Association pour le développement de la bande dessinée à Angoulême (ADBDA) avait été créée en janvier 2017, après une précédente menace de boycott des éditeurs qui réclamaient, déjà, une “refonte radicale” de l’événement.Ses statuts doivent être “mis à jour afin de laisser leurs places légitimes aux professionnels (autrices, auteurs, maisons d’édition) et d’élargir l’espace d’échange”, indiquent les financeurs publics, qui proposent d’organiser “l’assemblée générale de la nouvelle ADBDA” lors de la prochaine édition du festival, du 29 janvier au 1er février 2026.L’association FIBD sera désormais représentée dans cette structure par Dominique Brechoteau, “une figure historique et incontestée du festival, qui devrait apporter une forme d’apaisement supplémentaire”, souligne Frédéric Vilcocq, conseiller culture à la Région.”En quelques jours, on a obtenu et piloté pas mal de nouvelles avancées”, estime M. Bonnefont. “Ce sont les bases d’une vraie interprofession qui serait créée sous l’égide de l’ADBDA et qui piloterait demain le festival.”Il reste toutefois “prudent” sur la levée des menaces de boycott pour la prochaine édition.

A close-up of a stack of newspapers resting on a desk, symbolizing information and media.

Attaquée sur sa taxe carbone, l’Union européenne se défend à la COP30

La COP30 en Amazonie brésilienne est entrée lundi dans sa deuxième et dernière semaine avec des sujets de blocage majeurs, dont la taxe carbone aux frontières européennes attaquée par la Chine et d’autres pays, mais déclarée non négociable par l’Union européenne.”La tarification du carbone est une mesure que nous devons mettre en œuvre avec le plus grand nombre possible, et le plus rapidement possible”, a lancé lundi Wopke Hoekstra, commissaire européen au climat, à son arrivée à Belem.Le Néerlandais a opposé une fin de non-recevoir à toute discussion de la taxe dans les débats sur les “mesures commerciales unilatérales”.C’est pourtant ce que la Chine, l’Inde et des pays alliés exigent. Le chef de la délégation chinoise à la COP30 Li Gao a, la semaine dernière, mis en garde auprès de l’AFP contre “les effets néfastes de l’unilatéralisme géopolitique ou du protectionnisme”, visant implicitement l’UE.- Acier, aluminium, ciment… -Pour verdir ses importations, l’UE imposera à partir de janvier un “mécanisme d’ajustement carbone” aux frontières (CBAM) sur l’acier, à l’aluminium, le ciment, les engrais, l’électricité et l’hydrogène, des secteurs extrêmement polluants et exposés à une forte concurrence internationale.Elle vise à imposer aux importations dans l’UE un prix du carbone similaire à celui en vigueur en Europe, où les entreprises payent déjà pour polluer. Plusieurs pays, dont les États-Unis et la Chine, y voient une mesure protectionniste déguisée. Certains ont décidé d’élever le sujet dans les négociations climatiques.”Le meilleur CBAM est en fait celui qui ne rapporte pas d’argent, c’est là son essence même”, a répondu lundi M. Hoekstra au cours d’une conférence de presse.  Il a souligné que l’idée d’une tarification du carbone faisait son chemin au Brésil et dans une trentaine d’autres pays.Une réunion bilatérale Chine-UE aura lieu lundi à la COP30, où sera logiquement abordé ce sujet qui est de toutes les conversations entre délégués à Belem.- Obstructions -Il reste cinq jours aux ministres, arrivés lundi, pour sortir au niveau politique de l’impasse.”Nous ne pouvons absolument pas nous permettre de perdre du temps à cause de retards tactiques ou d’obstructions”, a lancé le chef de l’ONU Climat, Simon Stiell, dans un appel qui fait écho à d’autres similaires aux COP précédentes à mi-parcours.Peu après lui, le ministre de l’Agriculture de l’archipel pacifique des Palaos et représentant des petits États insulaires Steven Victor a affirmé que “1,5°C n’est pas un slogan politique. C’est un seuil de survie non négociable pour notre peuple”, en référence à l’objectif de réchauffement fixé par l’accord de Paris il y a dix ans, désormais clairement hors de portée à moyen terme.La COP30 est censée se terminer vendredi soir, mais aucune COP n’a terminé à l’heure depuis 2003.Une semaine de consultations ont montré qu’en plus des “mesures commerciales unilatérales”, deux sujets bloquent encore les tractations.D’une part, les États insulaires, soutenus par des pays d’Amérique latine et les Européens, estiment évident que la COP doit appeler les pays à rehausser leurs engagements climatiques. Mais de grandes économies, de la Chine à l’Arabie saoudite, ne veulent pas d’une décision qui sous-entendrait qu’elles n’en font pas assez.D’autre part, de nombreux pays du Sud, notamment les africains, veulent rappeler aux pays développés l’insuffisance de leurs financements vers les pays en développement.”La question, pour les ministres, est de trouver un équilibre délicat entre ces trois sujets”, décrypte pour l’AFP Li Shuo, expert de l’Asia Society présent à Belem.Le Brésil s’est aussi montré ambitieux aussi sur son désir d’envoyer un signal sur la sortie des énergies fossiles, même si la forme exacte de ce signal reste à clarifier.Lundi, Steven Victor s’est dit “déçu” que la question des énergies fossiles avance si lentement.Le vice-président brésilien Geraldo Alckmin a de nouveau évoqué lundi un “plan d’action intégré” pour “sortir de la dépendance aux combustibles fossiles”. Mais toujours sans expliciter l’intention brésilienne.

Attaquée sur sa taxe carbone, l’Union européenne se défend à la COP30

La COP30 en Amazonie brésilienne est entrée lundi dans sa deuxième et dernière semaine avec des sujets de blocage majeurs, dont la taxe carbone aux frontières européennes attaquée par la Chine et d’autres pays, mais déclarée non négociable par l’Union européenne.”La tarification du carbone est une mesure que nous devons mettre en œuvre avec le plus grand nombre possible, et le plus rapidement possible”, a lancé lundi Wopke Hoekstra, commissaire européen au climat, à son arrivée à Belem.Le Néerlandais a opposé une fin de non-recevoir à toute discussion de la taxe dans les débats sur les “mesures commerciales unilatérales”.C’est pourtant ce que la Chine, l’Inde et des pays alliés exigent. Le chef de la délégation chinoise à la COP30 Li Gao a, la semaine dernière, mis en garde auprès de l’AFP contre “les effets néfastes de l’unilatéralisme géopolitique ou du protectionnisme”, visant implicitement l’UE.- Acier, aluminium, ciment… -Pour verdir ses importations, l’UE imposera à partir de janvier un “mécanisme d’ajustement carbone” aux frontières (CBAM) sur l’acier, à l’aluminium, le ciment, les engrais, l’électricité et l’hydrogène, des secteurs extrêmement polluants et exposés à une forte concurrence internationale.Elle vise à imposer aux importations dans l’UE un prix du carbone similaire à celui en vigueur en Europe, où les entreprises payent déjà pour polluer. Plusieurs pays, dont les États-Unis et la Chine, y voient une mesure protectionniste déguisée. Certains ont décidé d’élever le sujet dans les négociations climatiques.”Le meilleur CBAM est en fait celui qui ne rapporte pas d’argent, c’est là son essence même”, a répondu lundi M. Hoekstra au cours d’une conférence de presse.  Il a souligné que l’idée d’une tarification du carbone faisait son chemin au Brésil et dans une trentaine d’autres pays.Une réunion bilatérale Chine-UE aura lieu lundi à la COP30, où sera logiquement abordé ce sujet qui est de toutes les conversations entre délégués à Belem.- Obstructions -Il reste cinq jours aux ministres, arrivés lundi, pour sortir au niveau politique de l’impasse.”Nous ne pouvons absolument pas nous permettre de perdre du temps à cause de retards tactiques ou d’obstructions”, a lancé le chef de l’ONU Climat, Simon Stiell, dans un appel qui fait écho à d’autres similaires aux COP précédentes à mi-parcours.Peu après lui, le ministre de l’Agriculture de l’archipel pacifique des Palaos et représentant des petits États insulaires Steven Victor a affirmé que “1,5°C n’est pas un slogan politique. C’est un seuil de survie non négociable pour notre peuple”, en référence à l’objectif de réchauffement fixé par l’accord de Paris il y a dix ans, désormais clairement hors de portée à moyen terme.La COP30 est censée se terminer vendredi soir, mais aucune COP n’a terminé à l’heure depuis 2003.Une semaine de consultations ont montré qu’en plus des “mesures commerciales unilatérales”, deux sujets bloquent encore les tractations.D’une part, les États insulaires, soutenus par des pays d’Amérique latine et les Européens, estiment évident que la COP doit appeler les pays à rehausser leurs engagements climatiques. Mais de grandes économies, de la Chine à l’Arabie saoudite, ne veulent pas d’une décision qui sous-entendrait qu’elles n’en font pas assez.D’autre part, de nombreux pays du Sud, notamment les africains, veulent rappeler aux pays développés l’insuffisance de leurs financements vers les pays en développement.”La question, pour les ministres, est de trouver un équilibre délicat entre ces trois sujets”, décrypte pour l’AFP Li Shuo, expert de l’Asia Society présent à Belem.Le Brésil s’est aussi montré ambitieux aussi sur son désir d’envoyer un signal sur la sortie des énergies fossiles, même si la forme exacte de ce signal reste à clarifier.Lundi, Steven Victor s’est dit “déçu” que la question des énergies fossiles avance si lentement.Le vice-président brésilien Geraldo Alckmin a de nouveau évoqué lundi un “plan d’action intégré” pour “sortir de la dépendance aux combustibles fossiles”. Mais toujours sans expliciter l’intention brésilienne.

Feu d’artifice mortel: le maire de Cholet face à la “colère” des victimes

La première journée du procès du maire de Cholet (Maine-et-Loire) et d’autres prévenus pour homicides et blessures involontaires lors d’un feu d’artifice organisé le 14 juillet 2022, a été marquée lundi par les témoignages des parents des deux enfants décédés ainsi que d’autres victimes.Le soir du drame, plusieurs projectiles étaient tombés au milieu de spectateurs à quelques dizaines de mètres du pas de tir, zone qui aurait dû être interdite au public. Le souffle de l’explosion a tué un garçon de sept ans et sa sœur de 24 ans. Leurs parents et le compagnon de la jeune femme ont été gravement blessés. Douze autres personnes ont aussi subi des blessures lors de ce feu d’artifice organisé par la ville de Cholet. Le maire Gilles Bourdouleix, présent lundi au tribunal judiciaire d’Angers (Maine-et-Loire), est notamment poursuivi pour ne pas avoir imposé la mise en place de barrières pour assurer “le respect de la zone de sécurité” de 150 mètres.Les autres prévenus sont l’adjoint au maire Patrice Brault, la société pyrotechnique HTP (devenue Féérie) et l’artificier principal, et l’association Cholet Evénements et son vice-président, chargée de l’organisation du feu d’artifice.”Tous les jours, c’est compliqué”, a témoigné Sébastien Mandote, le père des défunts. Il a décrit au président du tribunal, Lionel Ascensi, la “boule de feu” qui s’est abattue sur eux.Sa femme, Sandra, la voix brisée par les sanglots, a dit s’en vouloir “énormément” de ne pas avoir protégé ses enfants. “J’ai beaucoup de colère”, a-t-elle ajouté.Ils ont évoqué leur perte de joie de vivre, des troubles auditifs.Antoine Frémondière, en couple à l’époque avec leur fille, a raconté, les yeux rougis, leur projet de fonder une famille. Il a aussi dépeint une “boule qui fonçait droit sur” eux, avant d’être “complètement sonné”. Il a été grièvement brûlé et souffre d’acouphènes.- Premiers secours -Le tribunal a projeté des photographies aériennes montrant les lieux où se trouvaient des spectateurs, certains “à une trentaine de mètres du pas de tir du feu d’artifice”, a rappelé le président du tribunal. Les parties civiles ont décrit une centaine de personnes à proximité du pas de tir, l’absence de barrières, de signalisation indiquant un danger, ou encore de policiers, le sentiment d’être en confiance, avant “une scène de guerre”.Certaines ont toujours peur du bruit ou des foules, ont exprimé leurs souffrances psychiques et celles de leurs enfants, souffrent d’un sentiment de culpabilité. Une culpabilité qui n’a pas lieu d’être, leur a martelé le président du tribunal Lionel Ascensi.Un pompier, qui a apporté des premiers secours, a détaillé la violence de la scène, provoquant des larmes dans la salle. L’adjoint au maire, Patrice Brault, présent lundi, visage fermé, avait critiqué dans ses déclarations la présence de ce pompier à proximité du pas de tir. “C’est plutôt très osé de sa part”, a répliqué le soldat du feu devant le tribunal.Pendant la matinée, le tribunal a diffusé un reportage télévisé où le maire de Cholet estimait que les spectateurs proches du pas de tir étaient “les premiers fautifs”. “Ca, je ne peux pas l’entendre”, a rétorqué lundi un homme présent le soir de la tragédie. “Il faut réfléchir avant de s’exprimer”, s’est indignée une autre victime, “en colère. “C’est un traumatisme sur le traumatisme”, a dénoncé une autre femme.Des déclarations accueillies par Gilles Bourdouleix par des commentaires, des haussements d’épaules.Il est reproché à l’artificier et à son employeur HTP d’avoir “tiré un feu d’artifice alors que des personnes se trouvaient dans une zone interdite au public et d’avoir utilisé du matériel inadapté ou en mauvais état”.Cholet Evénements est visée pour “n’avoir pas mis en place un dispositif visant à assurer le respect de la zone de sécurité” et “ne pas avoir attiré suffisamment l’attention du maire de Cholet sur les prérogatives à mettre en œuvre”.L’audience de mardi sera consacrée à des expertises. Le procès durera jusqu’à vendredi.

Aide étrangère: les coupes occidentales pourraient provoquer 22,6 millions de décès, selon une étude

Plus de 22 millions de personnes, dont beaucoup d’enfants, pourraient mourir de causes évitables d’ici 2030 en raison des coupes budgétaires dans l’aide étrangère des Etats-Unis et de pays européens, selon une étude internationale obtenue lundi en exclusivité par l’AFP.Ces conclusions sont une mise à jour d’une étude réalisée plus tôt cette année, qui se concentrait uniquement sur les conséquences des coupes dans l’aide étrangère réalisées par Donald Trump, notamment le démantèlement de l’Agence américaine pour le développement international (USAID), et qui projetait 14 millions de décès supplémentaires. La nouvelle étude tient compte des réductions de l’ensemble de l’aide publique au développement, alors que le Royaume-Uni, la France et l’Allemagne par exemple ont réduit leur aide aux pays en développement.”C’est la première fois en 30 ans que la France, l’Allemagne, le Royaume-Uni et les Etats-Unis réduisent tous leur aide en même temps”, confie à l’AFP l’un des auteurs de l’étude, Gonzalo Fanjul, de l’Institut pour la santé mondiale de Barcelone (ISGlobal).”Les pays européens ne sont pas comparables aux Etats-Unis, mais lorsqu’on les considère dans leur ensemble, le coup porté au système d’aide mondial est extraordinaire. C’est absolument sans précédent”, dit-il.Les résultats de cette étude menée par des chercheurs espagnols, brésiliens et mozambicains ont été soumis lundi à la revue The Lancet Global Health et sont en attente d’une évaluation.Elle s’appuie sur des données montrant comment l’aide a permis de réduire le nombre de décès dans le passé, en particulier grâce à la prévention face au VIH, au paludisme et la tuberculose.Dans le pire des scénarios impliquant des coupes budgétaires massives, la nouvelle étude prédit 22.6 millions de décès supplémentaires d’ici 2030, dont 5.4 millions d’enfants de moins de cinq ans, par rapport à une situation inchangée.A l’autre extrême, une réduction plus modérée de l’aide étrangère entraînerait 9.4 millions de décès supplémentaires, selon cette étude.- “Signal d’alarme” -Peu après son entrée en fonction, le président américain, sous l’impulsion du milliardaire Elon Musk, a réduit de plus de 80% l’aide étrangère des Etats-Unis.Il a aussi démantelé l’USAID, qui était la plus grande agence d’aide au monde ayant distribué quelque 35 milliards de dollars au cours de l’exercice 2024.Le secrétaire d’Etat Marco Rubio a déclaré que cette aide ne servait pas les intérêts fondamentaux des Etats-Unis, soulignant notamment que des pays bénéficiaires avaient voté contre les Etats-Unis aux Nations unies.Témoignant devant le Congrès, M. Rubio a nié que les coupes dans l’aide américaine aient causé des décès et a accusé les détracteurs d’être tributaires du “complexe industriel des ONG”.Au lieu de chercher à combler ce déficit, le Royaume-Uni, la France et l’Allemagne ont également réduit leur aide en raison de leurs propres contraintes budgétaires et de l’augmentation des dépenses de défense après l’invasion de l’Ukraine par la Russie.Parmi les principaux pays donateurs, l’aide du Japon est restée relativement stable au cours des deux dernières années.Au-delà de la cessation immédiate de certains programmes d’aide, l’étude relève que ces réductions affectent aussi des politiques publiques “laborieusement mises en place au cours de décennies de coopération internationale”.M. Fanjul reconnaît la nécessité pour les pays de s’affranchir à terme de l’aide internationale, en particulier concernant leur dépendance vis-à-vis du financement de la lutte contre le VIH.Mais, dit-il, “le problème réside dans la rapidité et la brutalité du processus”.Davide Rasella, principal auteur de cette étude, souligne lui que l’administration Trump a promis 20 milliards de dollars pour soutenir l’Argentine.Or, dans le contexte mondial, l’aide au développement “ne représente rien d’énorme”, affirme-t-il, en ajoutant que les décideurs politiques “modifient les budgets sans vraiment se rendre compte du nombre de vies qui sont en jeu”.L’étude a été financée par la Fondation Rockefeller et le ministère espagnol de la Recherche.”Ces données constituent un signal d’alarme urgent pour le monde entier”, a affirmé un porte-parole de l’organisation philanthropique basée à New York.

Novasco: cession partielle actée, l’aciérie d’Hagondange en Moselle condamnée à fermer

Le tribunal de Strasbourg a décidé lundi la “cession partielle” de l’aciériste en difficulté Novasco (ex-Ascometal), au prix d’une suppression de plus de 500 emplois et de la fermeture de son plus grand site, à Hagondange en Moselle.La chambre commerciale du tribunal judiciaire a retenu l’offre du consortium d’investisseurs réunis autour de Julien Baillon, à la tête de la PME ardennaise Métal Blanc, selon la décision consultée par l’AFP.Les trois sites de Saint-Etienne, Custines (Meurthe-et-Moselle) et Hagondange, où l’ambiance était particulièrement lourde, sont promis à la liquidation.Une seule usine va être reprise, celle de Leffrinckoucke, près de Dunkerque, permettant de sauver 145 emplois seulement sur les 696 du groupe.Le tribunal n’a pas étayé sa décision. Le jugement et ses motivations devraient être transmis dans la semaine, a-t-on appris.Le reprise prendra effet à compter du 1er décembre, selon des sources syndicales.L’autre candidat, l’industriel français Europlasma, proposait de reprendre tous les sites de Novasco, mais au prix de licenciements massifs à Hagondange où seuls 75 emplois auraient été sauvés. Son dossier a toutefois “présenté des faiblesses”, selon l’un des avocats du Comité central d’entreprise, Laurent Paté.- “Hagondange est mort” -L’épilogue est particulièrement douloureux pour les métallos de l’usine de Moselle et tout le département déjà durement éprouvé par la désindustrialisation.A l’aciérie d’Hagondange, qui compte 434 salariés, “les gens sont écoeurés”, a réagi Kader Kaoulai, ouvrier au laminoir: “on avait un petit espoir mais malheureusement, on est tous écœurés, dégoûtés. Il n’y a plus rien, Hagondange est mort”. Le drapeau Novasco a été descendu du mât de l’usine et incendié, a constaté un photographe de l’AFP.Les salariés se battent désormais pour obtenir des conditions de départ améliorées. Le député mosellan Belkhir Belhaddad (socialiste et apparentés) s’est déclaré dans un communiqué “déçu” par une décision qui confirme “la liquidation judiciaire d’Hagondange” et aura un impact social et économique important au niveau local.Plus tôt, le gouvernement a annoncé qu’il allait poursuivre en justice le fonds d’investissement britannique Greybull, un repreneur “voyou” tenu pour responsable de la situation critique de Novasco.Dans une interview exclusive à l’AFP, le ministre délégué chargé de l’Industrie, Sébastien Martin, a déclaré qu’il allait “saisir les tribunaux” contre Greybull qui avait repris le métallurgiste en 2024 et n’a pas tenu ses engagements. Greybull n’avait injecté que 1,5 million sur les 90 millions d’euros promis, tandis que l’Etat avait rempli globalement son engagement d’investir 85 millions.”J’estime qu’il doit aux salariés, aux habitants d’Hagondange et à tout ce territoire 88,5 millions d’euros”, a souligné Sébastien Martin.Dans un communiqué en soirée, Greybull a estimé “avoir honoré” ses obligations, ajoutant que “malheureusement, l’état réel de l’entreprise – et en particulier l’état de l’aciérie – s’est avéré bien plus préoccupant qu’anticipé”.”Les financements promis n’ont jamais fait défaut”, a assuré le groupe britannique.- “Du vent” -“C’est du vent tout ça. On sait très bien que ces procédures-là, ça va durer deux ans, trois ans, quatre ans. C’est pas ça qui va nous donner l’espoir”, a commenté l’ouvrier Kader Kaoulai.”Ça fait depuis le mois d’avril qu’on demande à l’Etat d’actionner des menaces juridiques sur Greybull pour faire pression… Mieux vaut tard que jamais”, a lâché Yann Amadoro, délégué syndical CGT.Novasco, qui fabrique des aciers spéciaux, notamment pour le secteur automobile, en est à son quatrième redressement judiciaire depuis 2014.Le député Belkhir Belhaddad a annoncé qu’il demanderait “une commission d’enquête sur l’utilisation de cet argent public, près de 200 millions d’euros injectés en 11 ans et quatre redressements judiciaires sans pouvoir finalement sauver le site”.Les déboires de Novasco ne sont pas uniques en Europe, où l’industrie sidérurgique multiplie les plans de licenciements, souffrant entre autres de la concurrence chinoise, des coûts élevés de l’énergie, ainsi que des difficultés des constructeurs automobiles, gros consommateurs d’acier.ilp-neo-jus-pau/bar/def

Novasco: cession partielle actée, l’aciérie d’Hagondange en Moselle condamnée à fermer

Le tribunal de Strasbourg a décidé lundi la “cession partielle” de l’aciériste en difficulté Novasco (ex-Ascometal), au prix d’une suppression de plus de 500 emplois et de la fermeture de son plus grand site, à Hagondange en Moselle.La chambre commerciale du tribunal judiciaire a retenu l’offre du consortium d’investisseurs réunis autour de Julien Baillon, à la tête de la PME ardennaise Métal Blanc, selon la décision consultée par l’AFP.Les trois sites de Saint-Etienne, Custines (Meurthe-et-Moselle) et Hagondange, où l’ambiance était particulièrement lourde, sont promis à la liquidation.Une seule usine va être reprise, celle de Leffrinckoucke, près de Dunkerque, permettant de sauver 145 emplois seulement sur les 696 du groupe.Le tribunal n’a pas étayé sa décision. Le jugement et ses motivations devraient être transmis dans la semaine, a-t-on appris.Le reprise prendra effet à compter du 1er décembre, selon des sources syndicales.L’autre candidat, l’industriel français Europlasma, proposait de reprendre tous les sites de Novasco, mais au prix de licenciements massifs à Hagondange où seuls 75 emplois auraient été sauvés. Son dossier a toutefois “présenté des faiblesses”, selon l’un des avocats du Comité central d’entreprise, Laurent Paté.- “Hagondange est mort” -L’épilogue est particulièrement douloureux pour les métallos de l’usine de Moselle et tout le département déjà durement éprouvé par la désindustrialisation.A l’aciérie d’Hagondange, qui compte 434 salariés, “les gens sont écoeurés”, a réagi Kader Kaoulai, ouvrier au laminoir: “on avait un petit espoir mais malheureusement, on est tous écœurés, dégoûtés. Il n’y a plus rien, Hagondange est mort”. Le drapeau Novasco a été descendu du mât de l’usine et incendié, a constaté un photographe de l’AFP.Les salariés se battent désormais pour obtenir des conditions de départ améliorées. Le député mosellan Belkhir Belhaddad (socialiste et apparentés) s’est déclaré dans un communiqué “déçu” par une décision qui confirme “la liquidation judiciaire d’Hagondange” et aura un impact social et économique important au niveau local.Plus tôt, le gouvernement a annoncé qu’il allait poursuivre en justice le fonds d’investissement britannique Greybull, un repreneur “voyou” tenu pour responsable de la situation critique de Novasco.Dans une interview exclusive à l’AFP, le ministre délégué chargé de l’Industrie, Sébastien Martin, a déclaré qu’il allait “saisir les tribunaux” contre Greybull qui avait repris le métallurgiste en 2024 et n’a pas tenu ses engagements. Greybull n’avait injecté que 1,5 million sur les 90 millions d’euros promis, tandis que l’Etat avait rempli globalement son engagement d’investir 85 millions.”J’estime qu’il doit aux salariés, aux habitants d’Hagondange et à tout ce territoire 88,5 millions d’euros”, a souligné Sébastien Martin.Dans un communiqué en soirée, Greybull a estimé “avoir honoré” ses obligations, ajoutant que “malheureusement, l’état réel de l’entreprise – et en particulier l’état de l’aciérie – s’est avéré bien plus préoccupant qu’anticipé”.”Les financements promis n’ont jamais fait défaut”, a assuré le groupe britannique.- “Du vent” -“C’est du vent tout ça. On sait très bien que ces procédures-là, ça va durer deux ans, trois ans, quatre ans. C’est pas ça qui va nous donner l’espoir”, a commenté l’ouvrier Kader Kaoulai.”Ça fait depuis le mois d’avril qu’on demande à l’Etat d’actionner des menaces juridiques sur Greybull pour faire pression… Mieux vaut tard que jamais”, a lâché Yann Amadoro, délégué syndical CGT.Novasco, qui fabrique des aciers spéciaux, notamment pour le secteur automobile, en est à son quatrième redressement judiciaire depuis 2014.Le député Belkhir Belhaddad a annoncé qu’il demanderait “une commission d’enquête sur l’utilisation de cet argent public, près de 200 millions d’euros injectés en 11 ans et quatre redressements judiciaires sans pouvoir finalement sauver le site”.Les déboires de Novasco ne sont pas uniques en Europe, où l’industrie sidérurgique multiplie les plans de licenciements, souffrant entre autres de la concurrence chinoise, des coûts élevés de l’énergie, ainsi que des difficultés des constructeurs automobiles, gros consommateurs d’acier.ilp-neo-jus-pau/bar/def

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