Nationaliser ArcelorMittal pour sauver la sidérurgie ? La proposition de LFI examinée à l’Assemblée
Le feu des hauts-fourneaux embrase jeudi le Palais Bourbon et ses abords: les députés débattront dans l’après-midi d’une proposition de loi de La France insoumise (LFI) pour nationaliser les activités françaises d’ArcelorMittal en proie à de sévères difficultés.À l’appel de la CGT, quelque 200 salariés, venus en bus des sites du Nord et de Moselle, ont manifesté dans la matinée sur l’esplanade des Invalides pour soutenir le texte. “La famille Mittal a mis la main sur les deux-tiers de la production de l’acier français et ArcelorMittal est en train de délocaliser la production en Inde, aux Etats-Unis, au Brésil”, a dénoncé la députée LFI Aurélie Trouvé qui défendra le texte à partir de 15H00 dans l’hémicycle. A ses côtés, la secrétaire générale de la CGT Sophie Binet, balaie les arguments avancés par le gouvernement contre la nationalisation: “On nous dit (que) ça coûte très cher. Dix ans d’aides publiques, c’est la nationalisation d’Arcelor. Donc nous, nous sommes aussi là pour dire que cette politique du carnet de chèques (…) en blanc, il faut arrêter”, a dénoncé la leader syndicale. Fumigènes en mains, des militants CGT ont fait résonner des pétards sur cette place située à proximité de l’Assemblée. Certains prendront place dans les tribunes, où LFI entend “faire entrer les revendications populaires dans l’hémicycle” à l’occasion de sa journée annuelle réservée à l’examen de ses textes parlementaires, explique à l’AFP la cheffe des députés insoumis Mathilde Panot.Le groupe de gauche considère la nationalisation comme “l’unique solution” pour sauver la filière et ses 15.000 emplois directs.Objectif: contrer le plan social annoncé en avril et relancer la décarbonation des hauts-fourneaux, faute de quoi l’acier français deviendrait non rentable dès 2030, alerte Aurélie Trouvé. Chiffrée à trois milliards d’euros, la nationalisation rencontre l’opposition du gouvernement. “Ce n’est pas parce que l’Etat va faire un chèque de 3 milliards (…) que l’on va changer la compétitivité”, a affirmé le ministre de l’Economie Roland Lescure mercredi. Il faut d’abord “se protéger contre les invasions de produits, en l’occurrence venant de Chine”, a-t-il ajouté, précisant avoir obtenu de la Commission européenne une enquête sur ce “dumping” et la hausse des droits de douane.L’espoir des salariés s’est ravivé après l’adoption du texte en commission la semaine dernière grâce aux voix de la gauche, une faible mobilisation du camp gouvernemental et l’abstention du RN. – Obstruction du RN -“Changer l’actionnaire d’ArcelorMittal France ne changerait en rien les problèmes structurels”, a réagi son PDG, Alain Le Grix de la Salle.Mais rien n’assure un vote jeudi.En cause notamment, l’obstruction assumée du groupe de Marine Le Pen et de ses alliés ciottistes, en représailles aux blocages de LFI sur leurs textes ces derniers mois. Avec quelque 285 amendements déposés, dont 89% par les seuls groupes RN et UDR, les débats pourraient s’éterniser. Et le vote doit pouvoir être organisé avant minuit, heure limite d’examen des textes. “Aujourd’hui le RN poignarde les travailleurs du groupe Arcelor en bloquant la nationalisation. La ligne Bardella s’avance”, a réagi sur X Jean-Luc Mélenchon, faisant référence à une supposée ligne plus libérale incarnée par le numéro 2 du RN. Mais plusieurs responsables du RN ont finalement indiqué que le groupe lepéniste devrait finalement permettre un vote dans les délais en retirant des amendements. – Dernière ligne droite -Le RN qui capte une large partie du vote ouvrier n’est pas favorable à une nationalisation, et accuse LFI de donner de “faux espoirs” aux travailleurs. Il plaide pour une “golden share”, un droit de veto de l’État sur les décisions stratégiques sans gestion directe. Une proposition “stupide”, tranche Aurélie Trouvé, qui estime qu’elle ne relancerait pas les investissements nécessaires à la transition écologique et donc à la survie de la filière.Même en cas d’adoption, le texte aurait peu de chances d’aboutir sans le soutien gouvernemental alors qu’une initiative similaire portée par les communistes a déjà été rejetée fin octobre au Sénat.Mais syndicats comme mouvements de gauche s’accordent à faire monter la pression politique. “On est dans la dernière ligne droite. Le plan acier est en train de passer au Parlement européen. Il sera voté le 3 décembre. Donc ça veut dire qu’il faut qu’on tienne la pression jusque là-bas”, souligne Gaëtan Lecocq, délégué CGT à Dunkerque.
Survey raises estimate of African forest elephant numbersThu, 27 Nov 2025 13:58:52 GMT
DNA pulled from the dung of African forest elephants has given experts a more accurate — and higher — population estimate for the elusive animal, but the species remains critically endangered, a study showed Thursday.The new status report shows there were 135,690 African forest elephants in 2024, a 16 percent increase from the previous figures …
Survey raises estimate of African forest elephant numbersThu, 27 Nov 2025 13:58:52 GMT Read More »
Nathacha Appanah remporte le prix Goncourt des lycéens, coup double après le Femina
Nathacha Appanah a obtenu jeudi le prix Goncourt des lycéens, après avoir remporté début novembre le prix Femina, pour “La nuit au cœur” (Gallimard), qui raconte le destin de trois femmes prises dans la spirale des violences masculines, a annoncé le jury réuni à Rennes.Seule femme en lice dans la dernière sélection, l’autrice a notamment devancé le prix Goncourt Laurent Mauvignier et sa vaste fresque familiale “La maison vide” (Minuit).Nathacha Appanah, qui n’était pas présente à Rennes et a été jointe par téléphone, a remercié le jury pour “le grand cadeau que vous m’avez fait, à moi, à Chahinez, à Emma, à la littérature”.Son roman “La nuit au cœur” lie le destin de trois femmes prises dans la spirale des violences masculines: l’autrice elle-même, sa cousine Emma et Chahinez Daoud, mère de trois jeunes enfants, brûlée vive par son mari qu’elle avait quitté en 2021. “Nous avons été bouleversés par ces trois histoires de femmes et profondément touchés par sa plume alliant complexité, justesse et poésie”, a indiqué une lycéenne, porte-parole du jury, depuis l’Hôtel de ville de Rennes.L’autrice s’est déjà vu décerner le prix Femina, dont le jury est entièrement féminin, pour son roman qui décrit les rouages de l’emprise de la part d’hommes jaloux, brutaux et manipulateurs. Le féminicide de Chahinez Daoud à Mérignac, en banlieue bordelaise, avait fait grand bruit et relancé le débat sur la prise en charge par la police et la justice des femmes victimes de violence conjugale. En France, une femme meurt tous les trois jours de la violence d’un conjoint ou ex.La deuxième est Emma, une cousine de l’autrice, également mère de trois enfants, écrasée par son mari en 2000 à l’Ile Maurice.La troisième est l’autrice elle-même, qui a fui, pieds nus, le compagnon violent et paranoïaque avec lequel elle vivait, jusqu’à 25 ans, à l’île Maurice.- Littérature contemporaine -Les autres concurrents en lice pour ce prix très prescripteur en termes de ventes étaient David Deneufgermain (“L’adieu au visage”, Marchialy), David Thomas (“Un frère”, L’Olivier) et Paul Gasnier (“La collision”, Gallimard).Laurent Mauvignier a reçu la plus prestigieuse des récompenses de la littérature en France, le prix Goncourt, pour sa vaste fresque familiale.Les cinq finalistes de cette 38e édition ont été sélectionnés lundi par près de 2.000 lycéens, scolarisés dans l’ensemble des classes et des filières au sein de 57 établissements en France et à l’étranger.Ils ont lu et étudié depuis la rentrée les ouvrages de la sélection 2025, quasiment identique à celle du prix Goncourt. Seul David Diop, lauréat en 2018, en a été retiré, le règlement du Goncourt des lycéens n’autorisant pas, comme son aîné, un auteur à remporter deux fois le prix.Les lycéens ont également eu l’occasion le mois dernier de débattre avec les auteurs sélectionnés lors de rencontres dans plusieurs villes en France.Le prix sera remis à la lauréate en début de soirée à l’Elysée en présence d’Emmanuel Macron et du jury, composé de treize lycéens délégués, désignés lors des délibérations régionales lundi.Petit frère du Goncourt des adultes, le Goncourt des lycéens, créé dans la capitale bretonne en 1988 et organisé par la Fnac et le ministère de l’Education nationale, se déroule chaque année de septembre à novembre.Il permet à des jeunes lecteurs de découvrir la littérature contemporaine et de promouvoir le goût de la lecture dans leurs établissements.Le Goncourt des lycéens peut représenter certaines années plusieurs centaines de milliers d’exemplaires vendus.En 2024, il avait été attribué à Sandrine Collette pour son livre “Madelaine avant l’Aube”, publié chez JC Lattès.



