Trois engins explosifs lancés contre le consulat général de Russie à Marseille, pas de blessés
Trois engins explosifs, de fabrication artisanale, ont été lancés lundi matin vers 08h00 sur la façade du consulat général de Russie à Marseille, dans le sud de la France, au troisième anniversaire du début du conflit en Ukraine, mais sans faire de blessé, a-t-on appris de source policière.Deux engins sur les trois ont explosé, a-t-on ajouté de même source, alors que le périmètre entourant le consulat, situé dans le 8e arrondissement de Marseille, a été entièrement bouclé par les forces de l’ordre, selon les constatations de l’AFP sur place.Lundi en fin de matinée, ces informations n’avaient pas encore été confirmées par la préfecture de police des Bouches-du-Rhône ou le parquet de Marseille. Le ministère russe des Affaires étrangères a aussitôt dénoncé une “attaque terroriste”, alors que le conflit en Ukraine entre lundi dans sa quatrième année.”Les explosions survenues sur le territoire du consulat général de Russie à Marseille présentent tous les signes d’une attaque terroriste. Nous exigeons que le pays hôte prenne rapidement des mesures d’enquête complètes, ainsi que des mesures visant à renforcer la sécurité des établissements du ministère des Affaires étrangères”, a déclaré la porte-parole du ministère russe des Affaires étrangères, Maria Zakharova, citée par l’agence RIA Novosti.Les marins-pompiers de Marseille, appelés sur place peu avant 08h00, ont indiqué à l’AFP avoir dépêché sur place “une trentaine d’éléments”.Lundi matin, les journalistes de l’AFP sur place ont notamment entendu un bruit de détonation provoqué par un robot démineur. mca-dt-meg-alc/ol/dch  Â
Trois engins explosifs lancés contre le consulat général de Russie à Marseille, pas de blessés
Trois engins explosifs, de fabrication artisanale, ont été lancés lundi matin vers 08h00 sur la façade du consulat général de Russie à Marseille, dans le sud de la France, au troisième anniversaire du début du conflit en Ukraine, mais sans faire de blessé, a-t-on appris de source policière.Deux engins sur les trois ont explosé, a-t-on ajouté de même source, alors que le périmètre entourant le consulat, situé dans le 8e arrondissement de Marseille, a été entièrement bouclé par les forces de l’ordre, selon les constatations de l’AFP sur place.Lundi en fin de matinée, ces informations n’avaient pas encore été confirmées par la préfecture de police des Bouches-du-Rhône ou le parquet de Marseille. Le ministère russe des Affaires étrangères a aussitôt dénoncé une “attaque terroriste”, alors que le conflit en Ukraine entre lundi dans sa quatrième année.”Les explosions survenues sur le territoire du consulat général de Russie à Marseille présentent tous les signes d’une attaque terroriste. Nous exigeons que le pays hôte prenne rapidement des mesures d’enquête complètes, ainsi que des mesures visant à renforcer la sécurité des établissements du ministère des Affaires étrangères”, a déclaré la porte-parole du ministère russe des Affaires étrangères, Maria Zakharova, citée par l’agence RIA Novosti.Les marins-pompiers de Marseille, appelés sur place peu avant 08h00, ont indiqué à l’AFP avoir dépêché sur place “une trentaine d’éléments”.Lundi matin, les journalistes de l’AFP sur place ont notamment entendu un bruit de détonation provoqué par un robot démineur. mca-dt-meg-alc/ol/dch  Â
L’UE suspend des sanctions visant des secteurs économiques clés en Syrie
L’Union européenne a annoncé lundi la suspension des sanctions contre la Syrie visant des secteurs économiques clés.Les ministres des Affaires étrangères des 27 réunis à Bruxelles ont formellement décidé de cette suspension, qui concerne les secteurs bancaire, de l’énergie et des transports.L’Union européenne veut aider à la reconstruction du pays ravagé par la guerre et nouer des relations avec ses nouveaux dirigeants, qui plaident régulièrement pour la levée de ces sanctions.Ces mesures avaient été imposées au gouvernement de Bachar al-Assad et à des pans entiers de l’économie syrienne durant la guerre civile déclenchée en 2011. Elles pourront toutefois être réimposées si les nouveaux dirigeants syriens, issus de mouvements islamistes, ne respectent pas les droits humains ou les valeurs démocratiques, avait assuré la cheffe de la diplomatie européenne Kaja Kallas, le mois dernier.”Nous voulons agir rapidement, mais la levée des sanctions pourra être annulée si des mauvaises décisions étaient prises”, avait-elle affirmé fin janvier, lors d’une précédente réunion des chefs de la diplomatie des 27.
Attentat de la basilique de Nice: l’accusé reconnaît les faits
Brahim Aouissaoui, accusé d’avoir assassiné trois personnes dans la basilique de Nice le 29 octobre 2020, a finalement reconnu les faits lundi lors de son procès à Paris, en expliquant qu’il avait agi pour “venger les musulmans” tués par les Occidentaux.”Oui, je reconnais les faits”, a déclaré l’accusé, jugé par la cour d’assises spéciale de Paris pour assassinats et tentatives d’assassinats en relation avec une entreprise terroriste.C’est la première fois depuis son interpellation juste après les faits que le Tunisien de 25 ans reconnaît être l’auteur des assassinats, avec un couteau de cuisine, de la paroissienne Nadine Devillers, 60 ans, du sacristain Vincent Loquès, 54 ans, et de la mère de famille Simone Barreto Silva, 44 ans.”Je ne suis pas un terroriste, je suis un musulman”, a dit l’accusé qui s’exprime en arabe et dont les propos sont traduits par un interprète.Le jeune homme, très maigre, a justifié son acte en expliquant que “tous les jours il y a des musulmans qui meurent”. “Tous les jours, vous tuez des musulmans et cela vous est égal. Vous n’avez aucune empathie pour ces gens”, a-t-il ajouté.”L’Occident tue aveuglément” les musulmans “innocents” et “se venger” est “un droit et une vérité”, a-t-il asséné.Le choix de ses victimes, les tuer dans une église, relèvent du “hasard”, a affirmé Brahim Aouissaoui.”C’est le droit et la vérité d’aller tuer des gens au hasard ?”, l’interroge le président de la cour Christophe Petiteau.- “Oui”, répond catégoriquement l’accusé. “Je n’avais rien préparé” mais les assassinats étaient “légitimes”, estime-t-il.L’interrogatoire de Brahim Aouissaoui, qui encourt la réclusion criminelle à perpétuité, est prévu toute la journée.Son procès doit s’achever mercredi.
En Ukraine, se préparer à la “prochaine” guerre contre la Russie
La guerre contre la Russie est loin d’être terminée, mais Vladyslav Tchoumatchenko, un soignant sur le front, se prépare déjà à la suivante.Si des négociations de paix, pour l’heure hypothétiques, mettent fin à la guerre, il est “évident” que les conditions seront inacceptables, juge ce barbu de 39 ans. Surtout si l’Ukraine doit céder une partie de son territoire à la Russie, compte-tenu de l’adoption par le président américain Donald Trump d’une rhétorique favorable au Kremlin.Sa femme Anastassia, avec qui il dirige l’organisation de soignants militaires “Tactical Medicine North”, est convaincue que Moscou “attaquera de nouveau”, dès que l’occasion se présentera et que ses forces, diminuées par trois ans d’invasion, auront été reconstruites.”On doit être préparés”, dit-elle à l’AFP.Fataliste ou flegmatique, Vladyslav Tchoumatchenko sait qu’il n’a “pas d’influence sur la prochaine idée folle d’un idiot, qu’il s’appelle Trump ou Poutine”, s’exprimant depuis un local de la région de Donetsk où il soigne des soldats blessés.Il peut, en revanche, préparer l’avenir. Voyant le sujet des négociations prendre de l’ampleur avec le revirement américain, Vladyslav et Anastassia ont demandé à leurs volontaires de rester mobilisés même en cas d’accord.Deux d’entre eux ont décidé d’arrêter, épuisés. Mais les autres veulent préparer “la prochaine étape du conflit”, assure Vladyslav Tchoumatchenko. Ces soignants sont chargés d’évacuer les militaires, ce qui les conduit au plus près du front. En témoigne l’un de leurs véhicule, endommagé par un tir de char russe.- “Aucune pause éternelle” -Autre tâche essentielle, ils forment les soldats aux premiers secours, une mission qui doit continuer même en cas de cessation des hostilités, car “l’Histoire montre qu’aucune pause n’est éternelle dans cette partie du monde”, juge Vladyslav Tchoumatchenko.S’il admet que certains militaires, à bout de force, voudront tourner la page, de nombreux autres ne voudront pas “laisser tomber leur fusil et dire allez, salut, je dois aller ramasser les patates”.Le couple Tchoumatchenko a pourtant toutes les raisons de vouloir se mettre au vert.Avant l’invasion, ils géraient un centre d’escalade en élevant leur fille, bientôt âgée de 10 ans. Ils ne la voient désormais que quelques jours par mois, lors de pauses loin du front. Le reste du temps, sa grand-mère s’en occupe.Anastassia Tchoumatchenko, bonnet kaki sur la tête, juge important “qu’elle reste en Ukraine” et comprenne ce qu’est la guerre, car il lui faudra être prête, explique la maman.La vie d’avant “ne reviendra jamais”, assène-t-elle.- Echaudés -Oleksandre, commandant d’une unité d’assaut dans la 93ème brigade, affirme être de ceux qui garderont l’uniforme quoiqu’il arrive.Rencontré par l’AFP dans une pièce surchauffée et éclairée de néons roses, il soulève des haltères avec ses hommes, sa “famille”.Au front, “je suis dans mon élément”, assure ce brun trapu, recouvert de tatouages. En cas d’arrêt des hostilités, il compte donc rester dans l’armée pour être “prêt” en cas de nouvelle attaque.”On a déjà été échaudés, on ne laissera pas ça se reproduire”, prévient l’homme de 39 ans, faisant référence au prélude de l’invasion, le conflit lancé en 2014 par les séparatistes dans l’Est du pays pilotés par Moscou dans la foulée de l’annexion de la Crimée.Certains militaires affirment que l’Ukraine tout entière auraient dû comprendre que la Russie irait plus loin, et dès lors, ils ne pourront se permettre de déposer les armes, alors même que Moscou réclame la “démilitarisation” du pays pour mettre fin aux combats.Le soldat Oleksandre pense en outre que si l’Ukraine devait accepter de céder des territoires, “ce sera le chaos”, alors que la Russie veut garder le contrôle des cinq régions ukrainiennes, dont la Crimée, qu’elle occupe partiellement ou totalement.”Les gars qui se battent maintenant pour notre terre (…) n’écouteront pas Zelensky (s’il accepte de telles concessions, ndlr) , et nous continuerons à pousser”, prévient-il.Beaucoup d’hommes ont déjà perdu “leur maison, leurs familles, leurs enfants” et n’ont “plus rien à perdre”, juge le militaire. “Peut-être que je serai moi-même dans leurs rangs. Qui sait.”
En Ukraine, se préparer à la “prochaine” guerre contre la Russie
La guerre contre la Russie est loin d’être terminée, mais Vladyslav Tchoumatchenko, un soignant sur le front, se prépare déjà à la suivante.Si des négociations de paix, pour l’heure hypothétiques, mettent fin à la guerre, il est “évident” que les conditions seront inacceptables, juge ce barbu de 39 ans. Surtout si l’Ukraine doit céder une partie de son territoire à la Russie, compte-tenu de l’adoption par le président américain Donald Trump d’une rhétorique favorable au Kremlin.Sa femme Anastassia, avec qui il dirige l’organisation de soignants militaires “Tactical Medicine North”, est convaincue que Moscou “attaquera de nouveau”, dès que l’occasion se présentera et que ses forces, diminuées par trois ans d’invasion, auront été reconstruites.”On doit être préparés”, dit-elle à l’AFP.Fataliste ou flegmatique, Vladyslav Tchoumatchenko sait qu’il n’a “pas d’influence sur la prochaine idée folle d’un idiot, qu’il s’appelle Trump ou Poutine”, s’exprimant depuis un local de la région de Donetsk où il soigne des soldats blessés.Il peut, en revanche, préparer l’avenir. Voyant le sujet des négociations prendre de l’ampleur avec le revirement américain, Vladyslav et Anastassia ont demandé à leurs volontaires de rester mobilisés même en cas d’accord.Deux d’entre eux ont décidé d’arrêter, épuisés. Mais les autres veulent préparer “la prochaine étape du conflit”, assure Vladyslav Tchoumatchenko. Ces soignants sont chargés d’évacuer les militaires, ce qui les conduit au plus près du front. En témoigne l’un de leurs véhicule, endommagé par un tir de char russe.- “Aucune pause éternelle” -Autre tâche essentielle, ils forment les soldats aux premiers secours, une mission qui doit continuer même en cas de cessation des hostilités, car “l’Histoire montre qu’aucune pause n’est éternelle dans cette partie du monde”, juge Vladyslav Tchoumatchenko.S’il admet que certains militaires, à bout de force, voudront tourner la page, de nombreux autres ne voudront pas “laisser tomber leur fusil et dire allez, salut, je dois aller ramasser les patates”.Le couple Tchoumatchenko a pourtant toutes les raisons de vouloir se mettre au vert.Avant l’invasion, ils géraient un centre d’escalade en élevant leur fille, bientôt âgée de 10 ans. Ils ne la voient désormais que quelques jours par mois, lors de pauses loin du front. Le reste du temps, sa grand-mère s’en occupe.Anastassia Tchoumatchenko, bonnet kaki sur la tête, juge important “qu’elle reste en Ukraine” et comprenne ce qu’est la guerre, car il lui faudra être prête, explique la maman.La vie d’avant “ne reviendra jamais”, assène-t-elle.- Echaudés -Oleksandre, commandant d’une unité d’assaut dans la 93ème brigade, affirme être de ceux qui garderont l’uniforme quoiqu’il arrive.Rencontré par l’AFP dans une pièce surchauffée et éclairée de néons roses, il soulève des haltères avec ses hommes, sa “famille”.Au front, “je suis dans mon élément”, assure ce brun trapu, recouvert de tatouages. En cas d’arrêt des hostilités, il compte donc rester dans l’armée pour être “prêt” en cas de nouvelle attaque.”On a déjà été échaudés, on ne laissera pas ça se reproduire”, prévient l’homme de 39 ans, faisant référence au prélude de l’invasion, le conflit lancé en 2014 par les séparatistes dans l’Est du pays pilotés par Moscou dans la foulée de l’annexion de la Crimée.Certains militaires affirment que l’Ukraine tout entière auraient dû comprendre que la Russie irait plus loin, et dès lors, ils ne pourront se permettre de déposer les armes, alors même que Moscou réclame la “démilitarisation” du pays pour mettre fin aux combats.Le soldat Oleksandre pense en outre que si l’Ukraine devait accepter de céder des territoires, “ce sera le chaos”, alors que la Russie veut garder le contrôle des cinq régions ukrainiennes, dont la Crimée, qu’elle occupe partiellement ou totalement.”Les gars qui se battent maintenant pour notre terre (…) n’écouteront pas Zelensky (s’il accepte de telles concessions, ndlr) , et nous continuerons à pousser”, prévient-il.Beaucoup d’hommes ont déjà perdu “leur maison, leurs familles, leurs enfants” et n’ont “plus rien à perdre”, juge le militaire. “Peut-être que je serai moi-même dans leurs rangs. Qui sait.”
Immigration: des discours tranchants, mais des Français plus nuancés
Les Français sont-ils très majoritairement pour une politique plus ferme sur l’immigration, comme le martèle le ministre de l’Intérieur Bruno Retailleau? Les études d’opinion témoignent d’une réalité beaucoup plus nuancée, selon des experts. Sur l’immigration, “70% des Français sont d’accord avec moi”, a répété le ministre LR, vendredi à Valence, lors d’un échange avec un pharmacien qui lui a rétorqué, sans animosité: “Je fais partie des 30%…”Ce refrain des “70%”, Bruno Retailleau le décline depuis son arrivée à Beauvau, en septembre, en affirmant s’appuyer sur “plusieurs sondages, plusieurs publications, plusieurs instituts”.Seule trace de ce chiffre: un sondage du 6 décembre 2022, réalisé par l’institut CSA pour la chaîne CNews, qui indique que “Sept Français sur dix (70%) estiment que le gouvernement doit durcir sa politique d’immigration”.D’autres études plus récentes vont dans le même sens, mais dans une moindre proportion. Le baromètre annuel du Cevipof sur la confiance politique, publié début février, rapporte que 63% des personnes interrogées (+2 points par rapport à l’année dernière) sont “d’accord” pour dire qu'”il y a trop d’immigrés en France”. Si on leur demande si, “sur le plan migratoire, il faudrait se fermer davantage”, ils sont 64% (+2 points) à dire “oui”.Des chercheurs interrogés par l’AFP soulignent cependant que l’opinion est bien moins tranchée, alors que la question migratoire occupe le devant de la scène politique, alimentée par la place centrale du ministre de l’Intérieur dans le gouvernement Bayrou et l’ascension électorale du Rassemblement national.- “Temps long” -“Si on regarde les études plus globalement, pas seulement les réponses à une seule question, on voit que l’immigration n’est pas un des premiers sujets de préoccupation, très loin de là ”, affirme Antoine Bristielle, docteur en sciences politiques et directeur de l’observatoire de l’opinion de la Fondation Jean Jaurès.Selon un sondage Ipsos pour le Conseil économique, social et environnemental (Cese), en octobre, la santé constitue le premier sujet de préoccupation des Français en 2024 (40%, +3 points par rapport à 2023). L’immigration arrive sixième (18%, stable).Comme pour tout sondage, les réponses peuvent dépendre de la façon dont sont posées les questions, si la réponse est proposée ou selon le moment où il est mené, par exemple après un faits divers, rappelle le sociologue Hugo Touzet.”Sur le temps long, il y a moins d’hostilité et plus de tolérance” sur l’immigration, relève l’universitaire, préférant utiliser comme boussole l'”indice longitudinal de tolérance” (ILT).Construit à partir de données de la Commission nationale consultative des droits de l’homme (CNCDH), cet indice vise à mesurer l’évolution des préjugés en France métropolitaine, 100 étant l’indice maximal de tolérance. En 2023, il s’élevait à 62, en recul de trois points sur un an. Il était de 52 en 1990.”L’acceptation de la diversité des religions et des origines dans la société est de moins en moins un problème, particulièrement dans les jeunes générations”, commente Vincent Tiberj, professeur en sociologie politique, qui a créé l’ILT.- “Stratégie” électorale -“La société française est beaucoup plus ouverte que ce qu’on en dit et surtout ce qu’on en montre”, insiste le chercheur, contestant les propos du Premier ministre sur un “sentiment” de “submersion migratoire” en France. Dans ce baromètre, en 2023, les sondés sont 69,1% à penser que “la présence d’immigrés est une source d’enrichissement culturel” et 68,9 % à estimer “qu’il n’y a pas de raison” de faire la différence entre un Français et un étranger en situation régulière en matière d’emploi, logement, aides sociales. Pour autant, 55,6% des répondants sont d’accord pour dire “qu’il y a trop d’immigrés en France” et 60,8% “que de nombreux immigrés viennent en France uniquement pour profiter de la protection sociale”. En 2014, sur ces mêmes questions, ils étaient 72% à penser qu’il y avait “trop d’immigrés en France”, 77% “que de nombreux immigrés viennent en France uniquement pour profiter de la protection sociale” et 63% que “la présence d’immigrés est une source d’enrichissement culturel”.”On voit clairement, en posant toujours les mêmes questions, que la situation aujourd’hui est beaucoup moins tendue” dans l’opinion, observe M. Tiberj.Pour Antoine Bristielle, les positions marquées de M. Retailleau, candidat à la présidence de LR, tiennent d’une “stratégie” pour “élargir le socle électoral des Républicains vers celui du Rassemblement national qui est celui qui est le plus préoccupé par l’immigration”.
Immigration: des discours tranchants, mais des Français plus nuancés
Les Français sont-ils très majoritairement pour une politique plus ferme sur l’immigration, comme le martèle le ministre de l’Intérieur Bruno Retailleau? Les études d’opinion témoignent d’une réalité beaucoup plus nuancée, selon des experts. Sur l’immigration, “70% des Français sont d’accord avec moi”, a répété le ministre LR, vendredi à Valence, lors d’un échange avec un pharmacien qui lui a rétorqué, sans animosité: “Je fais partie des 30%…”Ce refrain des “70%”, Bruno Retailleau le décline depuis son arrivée à Beauvau, en septembre, en affirmant s’appuyer sur “plusieurs sondages, plusieurs publications, plusieurs instituts”.Seule trace de ce chiffre: un sondage du 6 décembre 2022, réalisé par l’institut CSA pour la chaîne CNews, qui indique que “Sept Français sur dix (70%) estiment que le gouvernement doit durcir sa politique d’immigration”.D’autres études plus récentes vont dans le même sens, mais dans une moindre proportion. Le baromètre annuel du Cevipof sur la confiance politique, publié début février, rapporte que 63% des personnes interrogées (+2 points par rapport à l’année dernière) sont “d’accord” pour dire qu'”il y a trop d’immigrés en France”. Si on leur demande si, “sur le plan migratoire, il faudrait se fermer davantage”, ils sont 64% (+2 points) à dire “oui”.Des chercheurs interrogés par l’AFP soulignent cependant que l’opinion est bien moins tranchée, alors que la question migratoire occupe le devant de la scène politique, alimentée par la place centrale du ministre de l’Intérieur dans le gouvernement Bayrou et l’ascension électorale du Rassemblement national.- “Temps long” -“Si on regarde les études plus globalement, pas seulement les réponses à une seule question, on voit que l’immigration n’est pas un des premiers sujets de préoccupation, très loin de là ”, affirme Antoine Bristielle, docteur en sciences politiques et directeur de l’observatoire de l’opinion de la Fondation Jean Jaurès.Selon un sondage Ipsos pour le Conseil économique, social et environnemental (Cese), en octobre, la santé constitue le premier sujet de préoccupation des Français en 2024 (40%, +3 points par rapport à 2023). L’immigration arrive sixième (18%, stable).Comme pour tout sondage, les réponses peuvent dépendre de la façon dont sont posées les questions, si la réponse est proposée ou selon le moment où il est mené, par exemple après un faits divers, rappelle le sociologue Hugo Touzet.”Sur le temps long, il y a moins d’hostilité et plus de tolérance” sur l’immigration, relève l’universitaire, préférant utiliser comme boussole l'”indice longitudinal de tolérance” (ILT).Construit à partir de données de la Commission nationale consultative des droits de l’homme (CNCDH), cet indice vise à mesurer l’évolution des préjugés en France métropolitaine, 100 étant l’indice maximal de tolérance. En 2023, il s’élevait à 62, en recul de trois points sur un an. Il était de 52 en 1990.”L’acceptation de la diversité des religions et des origines dans la société est de moins en moins un problème, particulièrement dans les jeunes générations”, commente Vincent Tiberj, professeur en sociologie politique, qui a créé l’ILT.- “Stratégie” électorale -“La société française est beaucoup plus ouverte que ce qu’on en dit et surtout ce qu’on en montre”, insiste le chercheur, contestant les propos du Premier ministre sur un “sentiment” de “submersion migratoire” en France. Dans ce baromètre, en 2023, les sondés sont 69,1% à penser que “la présence d’immigrés est une source d’enrichissement culturel” et 68,9 % à estimer “qu’il n’y a pas de raison” de faire la différence entre un Français et un étranger en situation régulière en matière d’emploi, logement, aides sociales. Pour autant, 55,6% des répondants sont d’accord pour dire “qu’il y a trop d’immigrés en France” et 60,8% “que de nombreux immigrés viennent en France uniquement pour profiter de la protection sociale”. En 2014, sur ces mêmes questions, ils étaient 72% à penser qu’il y avait “trop d’immigrés en France”, 77% “que de nombreux immigrés viennent en France uniquement pour profiter de la protection sociale” et 63% que “la présence d’immigrés est une source d’enrichissement culturel”.”On voit clairement, en posant toujours les mêmes questions, que la situation aujourd’hui est beaucoup moins tendue” dans l’opinion, observe M. Tiberj.Pour Antoine Bristielle, les positions marquées de M. Retailleau, candidat à la présidence de LR, tiennent d’une “stratégie” pour “élargir le socle électoral des Républicains vers celui du Rassemblement national qui est celui qui est le plus préoccupé par l’immigration”.