Nouveaux droits, nouvelles sanctions, la Chine prête à se battre “jusqu’au bout”

La Chine s’est dite mardi prête à se battre “jusqu’au bout” s’il le faut, tout en déclarant rester ouverte à la discussion avec les Etats-Unis, le jour où les deux puissances échangeaient une nouvelle salve commerciale dans leurs ports.Le géant asiatique impose depuis mardi des droits spéciaux aux bateaux américains entrant dans ses ports, en représailles, dit-il, à des mesures similaires censées entrer en vigueur le même jour aux Etats-Unis contre les bateaux chinois.L’enquête américaine débouchant sur ces nouveaux droits a été ouverte sous le président Joe Biden pour mettre à jour les pratiques jugées déloyales de la Chine dans les secteurs de la construction navale, du transport maritime et de la logistique. Elle a été suivie d’effet sous son successeur Donald Trump.Après des mois de tensions et de relatif apaisement consécutifs au retour de M. Trump à la Maison Blanche, le mois d’octobre a montré que la guerre commerciale entre Chine et Etats-Unis pouvait reprendre de plus belle. “Si vous voulez vous battre, nous nous battrons jusqu’au bout. Si vous souhaitez négocier, notre porte reste ouverte”, a dit un porte-parole du ministère chinois du Commerce dans un communiqué.La Chine a annoncé jeudi l’instauration de nouveaux contrôles sur les exportations de technologies liées aux terres rares. Le lendemain, M. Trump a annoncé que les Etats-Unis frapperaient les marchandises chinoises de droits de douane supplémentaires de 100%, s’ajoutant à ceux déjà en vigueur, à partir du 1er novembre “ou avant”.La Chine est le premier producteur mondial des terres rares essentielles pour le numérique, l’automobile, l’énergie ou encore l’armement. Elles sont l’un des grands enjeux de la confrontation commerciale en cours.La Chine a fait savoir mardi qu’elle sanctionnait cinq filiales américaines de l’une des grandes entreprises de construction navale sud-coréennes, Hanwha Ocean. Le ministère du Commerce les accuse d’avoir “contribué à et soutenu” l’enquête américaine sur les pratiques de l’industrie navale chinoise.Toute transaction et coopération avec elles est désormais interdite, a indiqué le ministère.Le ministère chinois des Transports a simultanément annoncé l’ouverture d’une enquête qui dira si d’autres entreprises ou individus ont contribué aux investigations américaines.Le ministère sud-coréen des Affaires étrangères a dit dans un message transmis à l’AFP évaluer l’impact potentiel des mesures contre les filiales de Hanwha Ocean.- Chaud et froid -La Chine construit près de la moitié des navires mis à l’eau dans le monde, devant la Corée du Sud et le Japon. L’industrie américaine ne représente plus que 0,1% de la construction navale mondiale.La Chine a soufflé le chaud et le froid dans ses communications mardi. Après avoir délivré le coup de semonce des 100% de droits de douanes supplémentaires vendredi, M. Trump lui-même s’était montré plus conciliant dimanche.Les droits américains sur les bateaux chinois sont des “actes typiques d’unilatéralisme et de protectionnisme”, a dit le ministère du Commerce. Il a prédit qu’ils se retourneraient contre les Etats-Unis en y augmentant l’inflation et en perturbant les chaînes d’approvisionnement.Néanmoins, le ministère du Commerce s’est référé aux différents rounds de négociations commerciales entre Américains et Chinois en 2025 pour signifier que la Chine restait favorable à la discussion.Des négociations à Madrid en septembre avaient débouché sur un accord sur la cession de la plateforme TikTok et avaient semblé faire baisser la température.Quant aux nouvelles dispositions sur les technologies relatives aux terres rares, le ministère a assuré qu’elles “ne (constituaient) pas une interdiction des exportations”.”Les demandes (d’exportation) qui répondront aux exigences en vigueur continueront de se voir accorder des licences comme auparavant, et nous maintiendrons à la fois la sécurité et la stabilité des chaînes industrielles et d’approvisionnement mondiales”, a dit le ministère.Mais, depuis Madrid, “la partie américaine persiste à instaurer de nouvelles restrictions contre la Chine, portant gravement atteinte à ses intérêts et nuisant gravement à l’atmosphère des négociations économiques et commerciales bilatérales”, a dit le ministère.

Nouveaux droits, nouvelles sanctions, la Chine prête à se battre “jusqu’au bout”

La Chine s’est dite mardi prête à se battre “jusqu’au bout” s’il le faut, tout en déclarant rester ouverte à la discussion avec les Etats-Unis, le jour où les deux puissances échangeaient une nouvelle salve commerciale dans leurs ports.Le géant asiatique impose depuis mardi des droits spéciaux aux bateaux américains entrant dans ses ports, en représailles, dit-il, à des mesures similaires censées entrer en vigueur le même jour aux Etats-Unis contre les bateaux chinois.L’enquête américaine débouchant sur ces nouveaux droits a été ouverte sous le président Joe Biden pour mettre à jour les pratiques jugées déloyales de la Chine dans les secteurs de la construction navale, du transport maritime et de la logistique. Elle a été suivie d’effet sous son successeur Donald Trump.Après des mois de tensions et de relatif apaisement consécutifs au retour de M. Trump à la Maison Blanche, le mois d’octobre a montré que la guerre commerciale entre Chine et Etats-Unis pouvait reprendre de plus belle. “Si vous voulez vous battre, nous nous battrons jusqu’au bout. Si vous souhaitez négocier, notre porte reste ouverte”, a dit un porte-parole du ministère chinois du Commerce dans un communiqué.La Chine a annoncé jeudi l’instauration de nouveaux contrôles sur les exportations de technologies liées aux terres rares. Le lendemain, M. Trump a annoncé que les Etats-Unis frapperaient les marchandises chinoises de droits de douane supplémentaires de 100%, s’ajoutant à ceux déjà en vigueur, à partir du 1er novembre “ou avant”.La Chine est le premier producteur mondial des terres rares essentielles pour le numérique, l’automobile, l’énergie ou encore l’armement. Elles sont l’un des grands enjeux de la confrontation commerciale en cours.La Chine a fait savoir mardi qu’elle sanctionnait cinq filiales américaines de l’une des grandes entreprises de construction navale sud-coréennes, Hanwha Ocean. Le ministère du Commerce les accuse d’avoir “contribué à et soutenu” l’enquête américaine sur les pratiques de l’industrie navale chinoise.Toute transaction et coopération avec elles est désormais interdite, a indiqué le ministère.Le ministère chinois des Transports a simultanément annoncé l’ouverture d’une enquête qui dira si d’autres entreprises ou individus ont contribué aux investigations américaines.Le ministère sud-coréen des Affaires étrangères a dit dans un message transmis à l’AFP évaluer l’impact potentiel des mesures contre les filiales de Hanwha Ocean.- Chaud et froid -La Chine construit près de la moitié des navires mis à l’eau dans le monde, devant la Corée du Sud et le Japon. L’industrie américaine ne représente plus que 0,1% de la construction navale mondiale.La Chine a soufflé le chaud et le froid dans ses communications mardi. Après avoir délivré le coup de semonce des 100% de droits de douanes supplémentaires vendredi, M. Trump lui-même s’était montré plus conciliant dimanche.Les droits américains sur les bateaux chinois sont des “actes typiques d’unilatéralisme et de protectionnisme”, a dit le ministère du Commerce. Il a prédit qu’ils se retourneraient contre les Etats-Unis en y augmentant l’inflation et en perturbant les chaînes d’approvisionnement.Néanmoins, le ministère du Commerce s’est référé aux différents rounds de négociations commerciales entre Américains et Chinois en 2025 pour signifier que la Chine restait favorable à la discussion.Des négociations à Madrid en septembre avaient débouché sur un accord sur la cession de la plateforme TikTok et avaient semblé faire baisser la température.Quant aux nouvelles dispositions sur les technologies relatives aux terres rares, le ministère a assuré qu’elles “ne (constituaient) pas une interdiction des exportations”.”Les demandes (d’exportation) qui répondront aux exigences en vigueur continueront de se voir accorder des licences comme auparavant, et nous maintiendrons à la fois la sécurité et la stabilité des chaînes industrielles et d’approvisionnement mondiales”, a dit le ministère.Mais, depuis Madrid, “la partie américaine persiste à instaurer de nouvelles restrictions contre la Chine, portant gravement atteinte à ses intérêts et nuisant gravement à l’atmosphère des négociations économiques et commerciales bilatérales”, a dit le ministère.

Le bois de construction et l’ameublement, nouvelles cibles des droits de douane de Donald Trump

Le bois de construction, les meubles et les aménagements de cuisine sont, depuis mardi à 00h01 (04H01 GMT), les derniers secteurs en date concernés par des droits de douane sectoriels voulus par Donald Trump afin de protéger, selon lui, la capacité industrielle aux Etats-Unis.Comme pour les surtaxes sectorielles précédentes (acier et aluminium, puis automobile et cuivre), la Maison Blanche justifie ces nouvelles surtaxes par la nécessité de défendre la sécurité nationale.Le bois de construction importé sera désormais taxé à hauteur de 10% en entrant dans le pays, alors que l’ameublement et les aménagements de cuisine sont concernés par un taux de 25%, avant de passer au 1er janvier à 30% pour les meubles et 50% pour les aménagements de cuisine.Néanmoins, les pays ayant signé un accord commercial, comme le Royaume-Uni et ses droits de douane de 10% maximum, ou l’Union européenne (UE) et le Japon — 15% maximum –, se voient appliquer le taux plus avantageux entre le sectoriel et le général.En revanche, les produits provenant du Mexique et du Canada, théoriquement protégés par l’accord de libre-échange avec les Etats-Unis (ACEUM) selon diverses conditions, devraient se voir appliquer cette surtaxe, en particulier le bois de construction.Un coup dur pour le Canada, d’où provient environ le quart des importations de bois de construction et qui était déjà confronté, au fil de plusieurs différends commerciaux entre les deux pays, à 35% de droits de douane sur ce matériau, auxquels le taux de 10% viendra s’ajouter, pour atteindre donc 45%.Cela va “menacer l’emploi de part et d’autre de la frontière et rendre plus difficile la résolution de la crise du logement aux Etats-Unis”, a critiqué en septembre le Conseil du commerce du bois de Colombie-Britannique, province canadienne de l’ouest.- Marché immobilier sous tension -Sur le plan intérieur en effet, ces droits de douane “créent des obstacles supplémentaires à un marché immobilier déjà sous tension en augmentant encore les coûts de construction et de rénovation”, s’est inquiété le président de l’Association nationale des constructeurs de logements (NAHB), Buddy Hughes.Un marché qui marque le pas depuis plusieurs mois, entre prix et taux d’intérêts des prêts immobiliers qui restent à des niveaux élevés, alors que l’inventaire reste restreint, même si des logements ont du mal à trouver preneur.Pour justifier la mise en place de droits de douane sur ce secteur, le président américain a expliqué que le département du Commerce a découvert que “les produits à base de bois sont utilisés dans des fonctions essentielles du ministère de la Guerre, notamment la construction d’infrastructures pour des tests opérationnels”.Un argument qui ne convainc pas M. Hughes qui estime qu’il “omet le fait que le logement est essentiel à la sécurité économique et physique de tous les Américains”, appelant à la signature d’accords supprimant les droits de douane sur les matériaux de construction.En moyenne, ces droits de douane pourraient entraîner une hausse des coûts de construction de 2.200 dollars pour une maison, a estimé pour l’AFP Stephen Brown, de Capital Economics.Quant à l’ameublement, c’est le Vietnam qui pourrait être la principale victime, le secteur représentant près de 10% de ses exportations vers les Etats-Unis selon M. Brown.”Les Etats-Unis importent 27% de ses meubles de Chine et 20% du Vietnam et du Mexique”, a-t-il détaillé.Donald Trump a d’ores et déjà ciblé plus d’une dizaine de secteurs avec des droits de douane spécifiques, certains déjà appliqués comme l’acier et l’aluminium, le cuivre ou l’automobile, d’autres à venir, sans préciser toutefois quand, tels que les produits pharmaceutiques, les films produits à l’étranger ou encore les semi-conducteurs.Ces droits de douane sectoriels ne viennent pas s’ajouter aux droits de douane appliqués par ailleurs à l’ensemble des produits entrants aux Etats-Unis et allant de 10% à 50%, selon le pays d’origine.

China sanctions five US units of South Korean ship giant Hanwha

China imposed sanctions on five American subsidiaries of South Korean shipbuilder Hanwha Ocean on Tuesday, accusing them of supporting a US government investigation into the shipping industry, as tit-for-tat port fees took effect.The United States announced in April it would begin applying fees to all arriving Chinese-built and operated ships after a “Section 301” investigation found Beijing’s dominance in the industry was unreasonable.Beijing responded last week by announcing “special port fees” on US ships arriving at Chinese ports. Fees on both sides kicked in Tuesday.The sanctioned subsidiaries are Hanwha Shipping LLC, Hanwha Philly Shipyard Inc., Hanwha Ocean USA International LLC, Hanwha Shipping Holdings LLC and HS USA Holdings Corp.The United States’ investigation and subsequent measures “severely damage the legitimate rights and interests of Chinese enterprises”, Beijing’s commerce ministry said in a statement.The Hanwha subsidiaries “assisted and supported the relevant investigation activities of the US government, endangering China’s sovereignty, security and development interests”, it said. Organisations and individuals in China are now banned from cooperating with them.- ‘Unfair competition’ – Separately on Tuesday, China’s Ministry of Transport opened a probe into whether the US Section 301 investigation impacted the “security and development interests” of China’s shipbuilding industry and supply chain.The ministry said it would consider whether enterprises or individuals had supported the investigation, raising the prospect that more US-linked firms could face restrictions.Washington has said its port fees are to address Chinese dominance of the global shipping sector and provide an incentive for building more ships in the United States.The industry is now dominated by Asia, with China building nearly half of all ships launched, ahead of South Korea and Japan.Hanwha, one of South Korea’s largest shipbuilders, announced $5 billion investment in Philly Shipyard, in the US city of Philadelphia, in August.China’s commerce ministry called the US measures “typical unilateralist and protectionist actions” that constituted “unfair competition”, in another statement on Tuesday.”China urges the US to correct its wrongful practices, work together with China in the same direction and resolve issues of mutual concern through equal dialogue and consultation,” it said. 

Madagascar president hangs on to power as thousands protestTue, 14 Oct 2025 11:19:08 GMT

President Andry Rajoelina ratcheted up tensions in Madagascar Tuesday by dissolving the National Assembly to block a vote to force him out of office as thousands gathered for new protests calling for his resignation.Civil servants and trade unionists joined the large crowd in the capital in a fresh demonstration against Rajoelina after he made clear …

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Une femme à la tête de l’ONU? La candidate costaricienne refuse tout traitement de faveur

Rebeca Grynspan, cheffe d’une agence onusienne et candidate du Costa Rica dans la course au poste de secrétaire général de l’ONU, plaide pour que la sélection se fasse sans discrimination ni traitement de faveur à l’égard des femmes.”Si on peut avoir un processus qui ne discrimine pas les femmes et que nous sommes capables d’accéder au poste de secrétaire général, nous montrerons au monde que nous pouvons vivre sur un pied d’égalité, qu’il y a vraiment de l’espoir”, a estimé Mme Grynspan dans un entretien accordé à l’AFP à Genève.Quelques jours plus tôt, son gouvernement annonçait la candidature de la dirigeante de l’agence de l’ONU pour le Commerce et Développement (Cnuced), estimant qu’elle était “la plus qualifiée”.Le second mandat de l’actuel secrétaire général portugais Antonio Guterres s’achèvera fin 2026, et les appels se multiplient pour qu’une femme dirige enfin l’ONU, ce qui serait une première.Outre Mme Grynspan, d’autres noms de femmes circulent comme ceux de l’ancienne présidente chilienne Michelle Bachelet, de la ministre mexicaine de l’Environnement Alicia Barcena, ou de la Première ministre de la Barbade, Mia Mottley.Ces femmes “ont toutes d’excellents CV et aucune d’entre nous n’a besoin d’un traitement de faveur. Nous refusons toute discrimination”, même positive, a insisté Mme Grynspan. “Nous ne voulons pas que la discrimination dicte (ce) choix”, a-t-elle ajouté.”Le vrai sujet n’est pas de dire qu’il faut une femme mais de se demander pourquoi il n’y en pas eu jusqu’à présent”, a encore souligné l’ancienne vice-présidente du Costa Rica.Nommée à la tête de la Cnuced en 2021, cette économiste de 69 ans est la première femme dans l’histoire à diriger cette agence. Elle quittera provisoirement son poste pendant la campagne qui devrait débuter dans les prochains mois.  “Avoir été capable de surmonter tant d’obstacles dans ma carrière et à travers mon expérience m’a rendue très résiliente et persévérante”, a-t-elle expliqué, estimant que c’étaient là des “qualités” utiles pour diriger les Nations unies.   – Le commerce “outil pour la paix” -Depuis sa fondation en 1945, l’ONU a eu seulement un Latino-Américain à sa tête, le Péruvien Javier Pérez de Cuéllar, entre 1982 et 1991.A la Cnuced, Mme Grynspan a dû relever d’importants défis pesant sur le commerce international, tels que le changement climatique et les conflits à Gaza et en Ukraine. Elle a notamment été chargée de négocier pour l’ONU “l’Initiative de la mer Noire”, en 2022, pour faciliter l’exportation de dizaines de millions de tonnes de céréales et d’autres denrées alimentaires depuis les ports ukrainiens à travers le monde, malgré l’invasion russe en Ukraine.”Je crois vraiment que le commerce peut être un outil pour la paix, mais aussi pour la diplomatie”, a-t-elle avancé, alors que les nouveaux droits de douane lancés par les Etats-Unis de Donald Trump sont encore venus compliquer sa tâche cette année. A une semaine de la grande session quadriennale de la Cnuced à Genève, Mme Grynspan souligne que cette réunion aura lieu dans “une période critique pour le commerce mondial et le multilatéralisme”.”Il y a eu un changement tectonique dans la manière dont le système commercial opère”, avec notamment une plus forte prise en compte des politiques industrielles et des questions de sécurité, explique-t-elle à l’AFP.”Il sera très difficile de revenir en arrière”, selon elle, mais la question est avant tout de savoir si, malgré ces changements, les règles du commerce mondial vont rester imprévisibles ou pas.Elle juge à cet égard “essentiel que les Etats-Unis et la Chine poursuivent la voie de la négociation” pour éviter une guerre commerciale aux répercussions mondiales, et appelle aussi à mieux “protéger les pays vulnérables”, qui pour beaucoup se sont vu imposer des droits de douane américains “plus élevés que les pays développés”.

Cameroun: le candidat d’opposition Issa Tchiroma Bakary revendique sa victoire à la présidentielle

L’ancien ministre passé à l’opposition Issa Tchiroma Bakary a revendiqué mardi la victoire à l’élection présidentielle camerounaise de dimanche, défiant le président sortant Paul Biya, au pouvoir depuis 43 ans, alors que les résultats officiels ne sont attendus que dans deux semaines.Plus vieux chef d’État en exercice au monde, Paul Biya, 92 ans, brigue un 8e mandat. Issa Tchiroma Bakary, 79 ans et ancien ministre du camp présidentiel jusqu’en juin, a suscité un engouement inattendu pendant la campagne, alors que la candidature de l’opposant historique Maurice Kamto a été rejetée.”Notre victoire est claire. Elle doit être respectée”, a déclaré M. Tchiroma. Il a appelé le régime de Biya à “accepter la vérité des urnes” ou à “plonger le pays dans un tourment”. “Le peuple a choisi, et ce choix doit être respecté”, a-t-il insisté sur sa page Facebook, promettant de publier un rapport détaillé des résultats par région. Depuis lundi, les militants des deux camps revendiquaient chacun leur victoire sur les réseaux sociaux, postant des photos de procès-verbaux ou des résultats inscrits sur les tableaux noirs dans les bureaux de vote. Et certaines figures de l’opposition partageaient déjà publiquement leurs félicitations à M. Tchiroma.Son équipe de campagne, qui affirme avoir placé des observateurs dans 90% des bureaux de vote, attendait la compilation des procès-verbaux pour “une approche statistique de cette victoire”. Dans son fief de Garoua, où le candidat Tchiroma s’est retrouvé pris dans des échauffourées entre ses partisans et les forces de l’ordre dimanche, la présence militaire est renforcé mardi matin, a constaté un journaliste de l’AFP.- Campagne “plus animée” -S’il est autorisé de rendre public les procès-verbaux de chacun des bureaux de vote, il est en revanche illégal de proclamer le résultat du vote avant le Conseil constitutionnel.”C’est la ligne rouge à ne pas franchir” avait réitéré le ministre de l’Administration territoriale Paul Atanga Nji, lors d’une conférence de presse dimanche soir.Les autorités n’ont ni communiqué le taux de participation ni précisé la date exacte de proclamation des résultats, prévue avant le 26 octobre par le Conseil constitutionnel. Un délai alimentant des craintes de fraude en faveur de Paul Biya, 92 ans, réélu avec plus de 70 % des voix depuis plus de deux décennies.Dans sa vidéo de près de cinq minutes, Tchiroma, “ému”, a fait état d’une “victoire écrasante” qui représente pour lui “une sanction claire du régime en place et un plébiscite en faveur d’un changement immédiat”.Cet ancien porte-parole du gouvernement a rassemblé plusieurs milliers de personnes lors de ses meetings à travers le pays.”La campagne a été beaucoup plus animée” que d’ordinaire explique à l’AFP Stephane Akoa, un politologue camerounais “cette élection est donc peut-être plus susceptible de nous surprendre”, dans un pays où 40% des habitants vivaient sous le seuil de pauvreté en 2024, selon la Banque mondiale.- “Au revoir Biya” -Dimanche soir à la clôture du scrutin, de nombreux partisans scandaient “Au revoir Paul Biya, Tchiroma arrive” dans le quartier de la Briqueterie, fief du candidat Tchiroma à Yaoundé.L’ex-ministre de l’Emploi et de la Formation professionnelle et président de son parti, le Front pour le salut national du Cameroun (FSNC), a été désigné à la mi-septembre comme candidat par l’Union pour le changement 2025, une coalition de partis d’opposition minoritaires et membres de la société civile.En déplacement en région anglophone pendant la campagne, il a demandé “pardon” pour avoir, du temps où il était ministre et porte-parole du gouvernement, “nié l’existence d’un problème anglophone dans ce pays”.Dans son programme, il propose “3 à 5 ans de transition pour reconstruire” le pays qu’il estime “détruit” par 43 ans du régime Biya.En 2018, lors de la dernière présidentielle, Maurice Kamto, arrivé deuxième du scrutin et dont la candidature a été rejetée cette année, s’était proclamé vainqueur au lendemain du vote. Kamto avait ensuite été arrêté, et les rassemblements de ses partisans dispersés à coups de gaz lacrymogènes et canons à eau et des dizaines de manifestants arrêtés – certains demeurent toujours emprisonnés.

Tensions commerciales et nouveau projet de budget: la Bourse de Paris baisse

La Bourse de Paris évoluait nettement dans le rouge mardi, journée décisive pour le Premier ministre Sébastien Lecornu qui va présenter son projet de budget tandis qu’une salve de résultats bancaires américains est attendue sur fond de tensions commerciales sino-américaines.L’indice CAC 40 cédait 0,84% vers 9H50 locales, soit 66,58 points pour s’établir à 7.867,68 points.La veille, l’indice vedette de la Bourse de Paris avait fini en hausse de 0,21% à 7.934,26 points, gagnant 16,26 points.Les investisseurs reprennent “leur souffle après le fort rebond de Wall Street”, a jugé John Plassard, responsable de la stratégie d’investissement chez Cité Gestion Private Bank.La Bourse de New York avait en effet terminé en hausse lundi, interprétant d’un bon œil le changement de ton de Donald Trump à l’égard de la Chine, après des menaces de droits de douane colossaux qui avaient fait trembler les investisseurs. Le Dow Jones a pris 1,29%, l’indice Nasdaq a grimpé de 2,29%. Mais mardi, la Chine s’est dite prête à se battre “jusqu’au bout” s’il le faut, tout en déclarant rester ouverte à la discussion. Le géant asiatique impose depuis mardi des droits spéciaux aux bateaux américains entrant dans ses ports, des représailles, dit-il, à des mesures similaires américaines.En Asie, la place de Tokyo a été bousculée, l’indice Nikkei chutant de 2,58%, plombé par une crise politique agitant le Japon après l’implosion de la coalition gouvernementale, et dans un marché hanté par les tensions commerciales sino-américaines.En France, le gouvernement dévoile mardi ses projets de budget de l’Etat et de la sécurité sociale, avec une ambition de redressement des finances publiques revue en baisse pour ménager un Parlement majoritairement hostile où il joue sa survie, notamment sur les retraites.Les deux textes seront transmis au Parlement s’ils sont adoptés au préalable lors du premier conseil des ministres du gouvernement Lecornu II.Du côté des résultats d’entreprises, plusieurs grandes banques américaines dont JPMorgan et Goldman Sachs publient leurs résultats trimestriels à la mi-journée. Michelin en berneL’action Michelin a perdu plus de 10% dans les premiers échanges de la Bourse de Paris mardi, après que le groupe a abaissé ses prévisions 2025 au vu de ses résultats du troisième trimestre qui reflète “une détérioration supplémentaire de l’environnement économique”.A 10H00 locales à Paris, le titre du fabricant français de pneumatique perdait 9,66% à 25,90 euros.Publicis optimisteLe géant français de la publicité a annoncé relever ses prévisions annuelles après un troisième trimestre supérieur aux attentes, porté par une hausse de la demande pour ses produits et services dopés à l’intelligence artificielle (IA).Le groupe prévoit désormais une croissance organique de 5% à 5,5% pour 2025, contre 5% précédemment.A 10H00 locales, le titre cédait 0,29% dans le sillage de la tendance négative du marché, à 83,26 euros.

Madagascar: le président s’accroche au pouvoir et dissout l’Assemblée

La crise politique à Madagascar tourne au bras de fer institutionnel. Le président malgache Andry Rajoelina, contesté dans la rue mais accroché au pouvoir, a dissous mardi l’Assemblée nationale avant un vote le visant pour abandon de poste.Fragilisé par le ralliement ce weekend des militaires à la contestation ayant embrasé le pays et désormais réfugié dans un lieu inconnu, le chef de l’État a écarté la veille toute démission en appelant à “respecter la Constitution” lors de sa première apparition à l’écran depuis ce revirement.Élu en 2018, puis réélu en 2023 pour un mandat de cinq ans lors d’un scrutin boycotté par l’opposition, Andry Rajoelina était sous la menace d’un vote le visant pour “empêchement temporaire” qui nécessitait la majorité des deux tiers de l’Assemblée nationale.”Conformément aux dispositions de l’article 60 de la Constitution, l’Assemblée nationale est dissoute”, indique donc un décret diffusé sur la page Facebook de la présidence dont l’authenticité a été confirmée à l’AFP par l’entourage du président.”Ce choix s’impose pour rétablir l’ordre au sein de notre nation et renforcer la démocratie”, a-t-il justifié dans un message sur les réseaux sociaux dans la foulée.Des députés de l’opposition assuraient avoir collecté suffisamment de signatures pour procéder à un vote lors d’une session extraordinaire mardi qu’ils justifient par une vacance du pouvoir, le chef de l’État ayant, selon la radio française RFI, quitté le pays dimanche à bord d’un avion militaire français.- Milliers de manifestants -Ce weekend, une unité militaire, le Capsat, qui avait joué un rôle majeur dans le coup d’État de 2009 ayant porté au pouvoir Andry Rajoelina à la suite déjà d’une mobilisation populaire, a appelé les forces de sécurité à “refuser de tirer” sur les manifestants, avant de rejoindre ces derniers dans le centre de la capitale.La plupart des forces armées lui ont emboîté le pas depuis et ont renouvelé leur chaîne de commandement, y compris la gendarmerie, auparavant en première ligne de la répression des manifestations.Au moins 22 personnes ont été tuées au début des manifestations et plus d’une centaine blessées, d’après un bilan des Nations unies.D’après la Constitution, les élections législatives doivent se tenir “soixante jours au moins et quatre-vingt-dix jours au plus après le prononcé de la dissolution” de l’Assemblée.L’incertitude gagne encore plus cette île très pauvre de l’océan Indien où des milliers de manifestants se sont encore rassemblés mardi à Antananarivo.Comme depuis le 25 septembre, il s’agit de jeunes mobilisés par le collectif Gen Z, désormais joints par des fonctionnaires appelés à la grève par plusieurs syndicats et des protestataires de toutes générations.Les pancartes anti-françaises ont aussi fleuri, a constaté une équipe de l’AFP dans la capitale malgache. “Dégage la France”, “Dégage Rajoelina et Macron” pouvait-on y lire.”Je ne confirme rien aujourd’hui”, avait répondu le président français Emmanuel Macron la veille à une question sur l’exfiltration d’Andry Rajoelina.Madagascar, île à la population très démunie, a une longue histoire de soulèvements populaires suivis par la mise en place de gouvernements militaires de transition.Au moins 80% des 32 millions d’habitants de Madagascar vivent avec moins de 15.000 ariary par jour (2,80 euros), le seuil de pauvreté de la Banque mondiale.

Madagascar: le président s’accroche au pouvoir et dissout l’Assemblée

La crise politique à Madagascar tourne au bras de fer institutionnel. Le président malgache Andry Rajoelina, contesté dans la rue mais accroché au pouvoir, a dissous mardi l’Assemblée nationale avant un vote le visant pour abandon de poste.Fragilisé par le ralliement ce weekend des militaires à la contestation ayant embrasé le pays et désormais réfugié dans un lieu inconnu, le chef de l’État a écarté la veille toute démission en appelant à “respecter la Constitution” lors de sa première apparition à l’écran depuis ce revirement.Élu en 2018, puis réélu en 2023 pour un mandat de cinq ans lors d’un scrutin boycotté par l’opposition, Andry Rajoelina était sous la menace d’un vote le visant pour “empêchement temporaire” qui nécessitait la majorité des deux tiers de l’Assemblée nationale.”Conformément aux dispositions de l’article 60 de la Constitution, l’Assemblée nationale est dissoute”, indique donc un décret diffusé sur la page Facebook de la présidence dont l’authenticité a été confirmée à l’AFP par l’entourage du président.”Ce choix s’impose pour rétablir l’ordre au sein de notre nation et renforcer la démocratie”, a-t-il justifié dans un message sur les réseaux sociaux dans la foulée.Des députés de l’opposition assuraient avoir collecté suffisamment de signatures pour procéder à un vote lors d’une session extraordinaire mardi qu’ils justifient par une vacance du pouvoir, le chef de l’État ayant, selon la radio française RFI, quitté le pays dimanche à bord d’un avion militaire français.- Milliers de manifestants -Ce weekend, une unité militaire, le Capsat, qui avait joué un rôle majeur dans le coup d’État de 2009 ayant porté au pouvoir Andry Rajoelina à la suite déjà d’une mobilisation populaire, a appelé les forces de sécurité à “refuser de tirer” sur les manifestants, avant de rejoindre ces derniers dans le centre de la capitale.La plupart des forces armées lui ont emboîté le pas depuis et ont renouvelé leur chaîne de commandement, y compris la gendarmerie, auparavant en première ligne de la répression des manifestations.Au moins 22 personnes ont été tuées au début des manifestations et plus d’une centaine blessées, d’après un bilan des Nations unies.D’après la Constitution, les élections législatives doivent se tenir “soixante jours au moins et quatre-vingt-dix jours au plus après le prononcé de la dissolution” de l’Assemblée.L’incertitude gagne encore plus cette île très pauvre de l’océan Indien où des milliers de manifestants se sont encore rassemblés mardi à Antananarivo.Comme depuis le 25 septembre, il s’agit de jeunes mobilisés par le collectif Gen Z, désormais joints par des fonctionnaires appelés à la grève par plusieurs syndicats et des protestataires de toutes générations.Les pancartes anti-françaises ont aussi fleuri, a constaté une équipe de l’AFP dans la capitale malgache. “Dégage la France”, “Dégage Rajoelina et Macron” pouvait-on y lire.”Je ne confirme rien aujourd’hui”, avait répondu le président français Emmanuel Macron la veille à une question sur l’exfiltration d’Andry Rajoelina.Madagascar, île à la population très démunie, a une longue histoire de soulèvements populaires suivis par la mise en place de gouvernements militaires de transition.Au moins 80% des 32 millions d’habitants de Madagascar vivent avec moins de 15.000 ariary par jour (2,80 euros), le seuil de pauvreté de la Banque mondiale.