Les banques alimentaires lancent leur collecte annuelle vendredi
Conserves, pâtes, shampooing: les banques alimentaires lancent vendredi leur opération annuelle de collecte de produits essentiels, à destination de 2,4 millions de personnes précaires accompagnées par des associations.Au cours de cette opération, qui se tient jusqu’à dimanche, le grand public est invité à acheter des produits alimentaires et d’hygiène et à les déposer dans l’un des 8.000 points de collecte en France (magasins, supermarchés, écoles, mairies, entreprises).Les banques alimentaires redistribueront ensuite ces produits à plus de 6.000 associations partenaires, qui soutiennent 2,4 millions de personnes.”En ce moment, la demande est forte et nos rayons sont très vides, nous sommes notamment à court d’huile et nous avons besoin de produits pour bébés”, a expliqué à l’AFP le président de la Fédération française des banques alimentaires (FFBA) Jean-Louis Duprez.Parmi les bénéficiaires, “il y a toujours des personnes seules avec enfants, des personnes âgées avec une faible retraite mais depuis quelques années, on voit aussi des personnes en CDI qui ont du mal à joindre les deux bouts, à cause de l’inflation”, a-t-il ajouté.La collecte auprès du grand public représente environ 10% de l’approvisionnement. Le reste provient de produits récupérés auprès des grandes surfaces, de l’industrie agro-alimentaire et des agriculteurs, avec le soutien de l’Etat et de l’Union européenne. Au total, la Fédération indique collecter et acheter chaque année sur tout le territoire plus de 128.000 tonnes de produits, soit l’équivalent de 223 millions de repas.
Violences conjugales: une aide d’urgence très sollicitée
Deux ans après son lancement, l’aide universelle aux victimes de violences conjugales connaît un succès notable, mais reste souvent insuffisante pour réussir à quitter son conjoint sans accompagnement social.Aux yeux des autres, la vie d’Armelle, gérante d’une entreprise familiale et mère de trois enfants, semblait ordinaire. “Tout se passait derrière les murs de la maison, où mon mari avait installé des caméras pour nous surveiller. Il avait placé des trackers sur ma voiture”, explique cette femme de 57 ans, qui ne souhaite pas donner son nom de famille.Elle se sépare de lui en 2024. “Je n’avais pas d’économies car je payais toutes les dépenses de la famille”, dit-elle. Orientée au tribunal vers une association, elle obtient l’aide universelle pour les victimes de violences conjugales, qui lui permet de payer “la nourriture, les factures”.Créée par une loi de février 2023 portée par la sénatrice centriste Valérie Létard, cette “aide universelle d’urgence” vise à couvrir les premières dépenses d’une femme fuyant son conjoint violent. Elle est versée sous trois jours en moyenne, selon la Caisse nationale des allocations familiales (Cnaf).Fin septembre, près de 60.000 personnes en avaient bénéficié depuis son lancement en décembre 2023, pour un montant moyen de près de 900 euros, soit un budget total de 53 millions d’euros sur deux ans.- Conditionnée à une plainte -La quasi-totalité des bénéficiaires sont des femmes (290 hommes y ont eu recours) et 643 personnes ont touché cette aide deux fois, selon la Cnaf qui la verse.”L’aide a été rapidement sollicitée et semble bien connue, avec un flux mensuel régulier de demandes”, relève Gaëlle Choquer-Marchand, directrice générale déléguée chargée des politiques familiales et sociales de la Cnaf.Elle est conditionnée à un dépôt de plainte, une ordonnance de protection ou un signalement au procureur datant de moins d’un an. L’aide prend la forme d’une aide ou d’un prêt (remboursable par l’auteur des violences) pour un montant de 250 à 1.400 euros, selon les ressources et le nombre d’enfants. Dans la quasi-totalité des cas, elle a pris la forme d’aide non remboursable, relève un rapport du Sénat de juillet.Elle sert “souvent à payer un déménagement ou des frais d’avocat, des dépenses du quotidien, rembourser des dettes. Certaines mettent cet argent de côté pour un départ futur”, explique Laurine Vialle, intervenante sociale du Centre d’information sur les droits des femmes (CIDFF).”Je ne travaillais pas, je me suis retrouvée sans rien. Cette aide m’a permis de payer les factures le temps d’obtenir le RSA”, explique Valérie B., 57 ans, dont le mari a été arrêté en juin pour violences.- “Complètement détruites” -“Ce n’est pas la somme qui va faire la différence, mais l’accès à une assistante sociale qui va mettre à jour leurs droits” (RSA, allocation logement…), souligne Ernestine Ronai, qui dirigeait jusqu’à l’été l’Observatoire départemental des violences faites aux femmes de Seine-Saint-Denis.Car l’aide seule ne suffit pas à déclencher un départ, selon les associations. “Elle peut payer quelques nuits d’hôtel, mais ce n’est pas ça qui permet le départ. C’est bien plus complexe et plus global qu’une aide financière”, souligne Mme Vialle.”Ces femmes sont complètement détruites. Leur conjoint les a humiliées, elles n’ont plus aucune confiance en elles. Souvent leur partenaire gérait tout et les démarches administratives sont devenues complexes pour elles”, explique-t-elle.Le logement est le principal problème: “les hébergements d’urgence sont saturés avec des conditions de vie très difficiles pour les femmes”, ajoute-t-elle.Pour se reconstruire, elles ont besoin d’être accompagnées par des travailleurs sociaux, de soins psychologiques et de trouver du travail.”Il importe que l’aide universelle d’urgence ne demeure pas une solution isolée mais s’intègre dans un continuum de solutions”, concluait le rapport du Sénat.Le ministère de l’Egalité hommes femmes reconnaît que l’aide doit s’articuler avec d’autres initiatives: priorité aux femmes dans les hébergements d’urgence, soutien psychologique. Le ministère expérimente ainsi dans douze départements un “pack nouveau départ”: un référent coordonne autour de la femme des professionnels de France Travail, Action logement, associations…
S&P pourrait actualiser la note française vendredi… ou pas
Plus d’un mois après avoir inopinément abaissé la note de la France, S&P Global Ratings pourrait à nouveau se prononcer vendredi soir sur la solvabilité du pays, confronté à de difficiles débats budgétaires à l’issue incertaine.L’agence de notation américaine peut décider vendredi, en vertu du calendrier officiel de publication, de confirmer ou modifier la note de la France, de maintenir ou revoir la perspective dont celle-ci est assortie. A l’inverse, elle peut aussi décider de ne pas prendre d’action de notation formelle et de publier, lundi soir, une analyse de la situation en France, a-t-elle indiqué à l’AFP.Cette nouvelle publication interviendrait dans un contexte budgétaire tendu, avec des doutes importants sur la capacité du Parlement à adopter avant la fin de l’année un budget 2026 susceptible de réduire nettement le lourd déficit public. Le 17 octobre, en avance sur le calendrier, S&P Global Ratings avait adressé un avertissement au gouvernement de Sébastien Lecornu en abaissant la note de la dette française de AA- à A+, l’accompagnant d’une perspective stable. Il s’agissait de la deuxième dégradation de la note française par S&P en un an et demi. L’agence avait pointé “l’instabilité politique” conduisant à une incertitude “élevée” sur les finances publiques, quelques jours à peine après la présentation par le gouvernement de son projet de budget pour 2026 visant à réduire le déficit public de 5,4% du produit intérieur brut (PIB) en 2025 à 4,7% en 2026.- Comme l’Espagne et le Portugal -“Il est évidemment presque certain que S&P va maintenir la note A+ avec perspective stable, ou alors communiquer une simple appréciation de la situation sans que ce soit une action de notation formelle”, commente Eric Dor, directeur des études économiques à l’IESEG School of Management. “Il y a en effet peu d’informations nouvelles, depuis le 17 octobre qui pourraient conduire l’agence à abaisser la perspective à négative, et encore moins à dégrader la note à A”, ajoute-t-il dans une note. La situation budgétaire reste tout aussi incertaine qu’en octobre, et “il serait donc logique que S&P attende que la situation s’éclaircisse avant de reconsidérer la note”. S&P place la France au même niveau que l’Espagne et le Portugal, dont la note a été relevée à la fin de l’été et qui empruntent moins cher à dix ans sur les marchés. En octobre, le ministre de l’Economie Roland Lescure avait dit prendre “acte” de la dégradation de la note française, rappelant la volonté du gouvernement de ramener le déficit sous 3% du PIB en 2029.Le Sénat a commencé jeudi à examiner le projet de budget de l’Etat pour 2026, sans certitude sur la possibilité de parvenir à un compromis. Quant au budget de la Sécurité sociale, il repart à l’Assemblée nationale, après l’échec d’une commission de députés et sénateurs à trouver un terrain d’entente sur son contenu. Mardi, la Commission européenne a estimé que la France respectait les engagements qu’elle avait pris pour réduire son déficit public, tout en notant l'”incertitude considérable” entourant le projet de budget.
S&P pourrait actualiser la note française vendredi… ou pas
Plus d’un mois après avoir inopinément abaissé la note de la France, S&P Global Ratings pourrait à nouveau se prononcer vendredi soir sur la solvabilité du pays, confronté à de difficiles débats budgétaires à l’issue incertaine.L’agence de notation américaine peut décider vendredi, en vertu du calendrier officiel de publication, de confirmer ou modifier la note de la France, de maintenir ou revoir la perspective dont celle-ci est assortie. A l’inverse, elle peut aussi décider de ne pas prendre d’action de notation formelle et de publier, lundi soir, une analyse de la situation en France, a-t-elle indiqué à l’AFP.Cette nouvelle publication interviendrait dans un contexte budgétaire tendu, avec des doutes importants sur la capacité du Parlement à adopter avant la fin de l’année un budget 2026 susceptible de réduire nettement le lourd déficit public. Le 17 octobre, en avance sur le calendrier, S&P Global Ratings avait adressé un avertissement au gouvernement de Sébastien Lecornu en abaissant la note de la dette française de AA- à A+, l’accompagnant d’une perspective stable. Il s’agissait de la deuxième dégradation de la note française par S&P en un an et demi. L’agence avait pointé “l’instabilité politique” conduisant à une incertitude “élevée” sur les finances publiques, quelques jours à peine après la présentation par le gouvernement de son projet de budget pour 2026 visant à réduire le déficit public de 5,4% du produit intérieur brut (PIB) en 2025 à 4,7% en 2026.- Comme l’Espagne et le Portugal -“Il est évidemment presque certain que S&P va maintenir la note A+ avec perspective stable, ou alors communiquer une simple appréciation de la situation sans que ce soit une action de notation formelle”, commente Eric Dor, directeur des études économiques à l’IESEG School of Management. “Il y a en effet peu d’informations nouvelles, depuis le 17 octobre qui pourraient conduire l’agence à abaisser la perspective à négative, et encore moins à dégrader la note à A”, ajoute-t-il dans une note. La situation budgétaire reste tout aussi incertaine qu’en octobre, et “il serait donc logique que S&P attende que la situation s’éclaircisse avant de reconsidérer la note”. S&P place la France au même niveau que l’Espagne et le Portugal, dont la note a été relevée à la fin de l’été et qui empruntent moins cher à dix ans sur les marchés. En octobre, le ministre de l’Economie Roland Lescure avait dit prendre “acte” de la dégradation de la note française, rappelant la volonté du gouvernement de ramener le déficit sous 3% du PIB en 2029.Le Sénat a commencé jeudi à examiner le projet de budget de l’Etat pour 2026, sans certitude sur la possibilité de parvenir à un compromis. Quant au budget de la Sécurité sociale, il repart à l’Assemblée nationale, après l’échec d’une commission de députés et sénateurs à trouver un terrain d’entente sur son contenu. Mardi, la Commission européenne a estimé que la France respectait les engagements qu’elle avait pris pour réduire son déficit public, tout en notant l'”incertitude considérable” entourant le projet de budget.
Turkey not ‘hostile’ to Christians, Constantinople patriarch says
Muslim-majority Turkey, which is hosting Pope Leo XIV on his first overseas trip as pontiff, is not “a hostile environment” for Christians, the Ecumenical Patriarch of Constantinople told AFP in an interview.”It is simplistic to see adversaries everywhere and to imagine the pope’s visit as taking sides in a hostile environment,” said Patriarch Bartholomew I, leader of the world’s 260 million Orthodox Christians.On Friday, Bartholomew joins Leo for celebrations in Iznik, around two hours from Istanbul, to mark 1,700 years since the First Council of Nicaea, a key early Church gathering that resulted in a statement of faith still central to Christianity.After arriving in Ankara on Thursday and meeting President Recep Tayyip Erdogan, whom critics have accused of wanting to Islamise society, the pope described Turkey as a “crossroads of sensibilities” that was richer for its “internal diversity”.Turkey has a population of 86 million but only about 100,000 Christians.Numbers were hit by the Armenian genocide — a term denied by Ankara — during the Ottoman Empire, and the population exchanges and pogroms that saw many Greek Orthodox leave in the early 20th century.- ‘Blessing in disguise’ -But Bartholomew said living in a Muslim country had its advantages.”Living in a predominantly Muslim country is a blessing in disguise because it sustains and strengthens the essential feature of the Ecumenical Patriarchate… open and honest dialogue with all people in all places, irrespective of race and religion,” he said.The timing of Leo’s visit, coming at a moment of conflict, was significant, he said.”This year, when the world is troubled and divided by conflict and antagonism, our meeting with Pope Leo XIV is especially significant,” he said.”It reminds our faithful that we are more powerful and more credible when we are united in our witness and response to the challenges of the contemporary world.”The Eastern Orthodox Church sustained a major blow in 2018 when the Moscow Patriarchate broke ties with the Ecumenical Patriarchate after it recognised the Ukrainian Orthodox Church’s independence from Russia.But Bartholomew insisted “the door of dialogue is always open”.The patriarch, who in March 2022 said he had become “a target of Moscow”, refuses to budge in his stance against the Ukraine war, urging the Moscow Patriarchate to break away from the Kremlin.”The spiritual leaders in Russia cannot follow blindly the inhumane interests and barbarous policies of its political leaders. Nor can they indiscriminately condone and even bless the bloodshed in Ukraine,” he said.





