Loi simplification, suppression des ZFE: le gouvernement repousse un vote mal embarqué
Promise au “casse-pipe” à l’Assemblée, la loi sur la simplification et sa mesure controversée de suppression des zones à faibles émissions (ZFE) contre les véhicules polluants, ne sera pas mise au vote cette semaine, le gouvernement espérant d’abord trouver “un compromis” au Parlement.”De très nombreuses mesures (…) sont très largement partagées et attendues, notamment par le monde économique, mais nous avons aussi dans ce texte une mesure qui fait blocage”, a argué sur LCP Laurent Panifous, ministre des Relations avec le Parlement, actant le report du vote déjà ébruité par de nombreuses sources parlementaires et gouvernementales.Selon certaines sources interrogées, le vote pourrait même n’avoir lieu qu’après les municipales de mars.La question devrait rapidement être soulevée autour de Sébastien Lecornu : le Premier ministre tiendra selon son entourage “une réunion la semaine prochaine avec les présidents de groupe pour définir l’agenda parlementaire, dont le texte sur la simplification”.Après un accord mardi en commission mixte paritaire (CMP), le projet de loi pouvait pourtant être définitivement adopté cette semaine en cas de votes favorables mardi à l’Assemblée et jeudi au Sénat.Mais si l’adoption au Sénat fait peu de doute, l’approbation côté Assemblée est une gageure : le groupe macroniste devant à ce stade se résoudre à remettre en cause un totem du premier quinquennat d’Emmanuel Macron.”Plutôt que d’envoyer un texte, pardon de le dire de manière un peu triviale, au casse-pipe, il nous semblait plus opportun d’essayer de trouver un accord en amont”, a justifié M. Panifous. Il a expliqué que le gouvernement pourrait, en cas d’accord avec suffisamment de parlementaires, déposer un amendement pour modifier une dernière fois le texte avant le vote final.- La ZFE qui cache la forêt -En gestation depuis presque deux ans, le projet de loi ambitionnait de simplifier la vie administrative des entreprises et faciliter l’implantation de projets industriels. A l’Assemblée, Les Républicains et le RN y ont ajouté, avec le concours de certaines voix macronistes et LFI, la suppression des ZFE.Initiées en 2019 et étendues en 2021, ces zones entendent limiter les émissions de particules fines en excluant de leur périmètre certains véhicules anciens et polluants, identifiés par les vignettes Crit’Air.Mais dans tous les groupes, y compris ceux favorables à leur maintien, des députés considèrent la mesure mal conçue, et potentiellement injuste pour les foyers n’ayant pas les moyens de changer de véhicule.Certaines sources parlementaires s’attendent aussi à ce que le Conseil constitutionnel rejette la mesure comme “cavalier législatif”, c’est-à-dire un ajout sans lien suffisant avec le texte initial.”Dans ce cas on vote et on voit ce que dit le Conseil constitutionnel”, rétorque Ian Boucard, député LR qui avait présidé la commission sur le texte, et qui déplore un report “pas très respectueux du Parlement”. Pierre Meurin, député RN, a lui dénoncé sur X une “forfaiture démocratique”, et appelé les Français opposés aux ZFE à interpeller leurs parlementaires.A contrario, la députée macroniste Agnès Pannier-Runacher, ex-ministre de la Transition écologique, juge que ce report, décidé à l’aube d’élections municipales, “permettra peut-être à la raison de revenir”, et assure que “quasiment tous les maires concernés par les ZFE ne soutiennent pas” leur suppression sèche.D’autres parlementaires déplorent que cette controverse entrave le reste du projet de loi devenu tentaculaire. Outre la mesure sur les ZFE, le texte prévoit notamment de faciliter l’implantation de centres de données (“datacenters”), et de sécuriser le parcours juridique de projets d’infrastructure comme la controversée autoroute A69.Il porte également un recul du “zéro artificialisation nette” (ZAN), dispositif de lutte contre l’artificialisation des sols, et prévoit des facilitations pour l’accès des entreprises à la commande publique, ou encore la suppression de certaines instances consultatives.
Mort d’El Hacen Diarra en garde à vue : nouvelle plainte et dépaysement de l’enquête demandée
Craignant que “la vérité soit étouffée”, la famille d’El Hacen Diarra, mort mi-janvier en garde à vue à Paris, soupçonne que des images de son interpellation violente aient été détruites ou dissimulées et réclame le dépaysement de l’enquête sur son décès.Ce Mauritanien de 35 ans est décédé dans la nuit du 15 au 16 janvier durant sa garde à vue au commissariat du 20e arrondissement de Paris, après avoir été interpellé au pied de son foyer de travailleurs. Sa famille dénonce des violences policières, et sur une vidéo tournée par un voisin, on voit deux policiers dont l’un, à genoux, donne deux coups de poings en direction de l’homme qui se trouve au sol.Le parquet de Paris avait annoncé l’ouverture d’une information judiciaire pour “violences volontaires ayant entraîné la mort par personne dépositaire de l’autorité publique” cinq jours après les faits, et deux jours après une demande de l’avocat de la famille, Me Yassine Bouzrou.Lundi, ce dernier a annoncé à l’AFP le dépôt d’une nouvelle plainte, pour “destruction de preuves”, dénonçant l’absence d’images provenant des caméras-piéton des policiers intervenus.Le parquet avait indiqué que ces caméras, que doivent porter sur eux les policiers, “n’étaient pas fonctionnelles, du fait selon eux de la décharge de leur batterie, ce qui a été vérifié par l’officier”, sans plus de précision sur les fonctions de cet officier.- 12 heures de batterie -“Une explication techniquement impossible et suspecte”, rétorque l’avocat de la famille de la victime.Il relève que les batteries de ces caméras piétons sont “censées fonctionner 12 heures”, et qu’elles ne sont allumées qu’en cas d’interpellation, et non en continu. Il souligne par ailleurs dans sa plainte que “des témoins ont indiqué avoir vu une mare de sang sur les lieux de l’interpellation”.”Il est permis de penser que les images (…) ont pu être détruites ou dissimulées aux enquêteurs afin d’éviter qu’elles constituent des éléments démontrant les violences commises lors de l’interpellation de M. Diarra ou durant son transport au commissariat”, explicite l’avocat dans sa plainte.”Ce n’est pas l’IGPN (la police des polices, ndlr) qui a fait les premiers actes d’enquête mais les policiers du commissariat du centre de Paris, ce qui ne se justifie aucunement au vu de la qualité de policier des personnes mises en cause”, pointe-il aussi.Me Yassine Bouzrou exige qu’une enquête fasse la lumière sur le non-fonctionnement des caméras piétons : les constatations ont-elles été faites au commissariat de Paris-centre, ou à l’IGPN ? Ou s’agit-il “de simples éléments déclaratifs non vérifiés des policiers interpellateurs et/ou de leurs collègues” ?Au moment de l’ouverture de l’information judiciaire, le parquet avait déclaré que le récit des policiers ayant interpellé M. Diarra avait “été recueilli dans un premier temps par des policiers d’un autre commissariat, avant même que la saisine de l’IGPN puisse être effective”. “Ce récit a été rapporté à la presse pour ce qu’il est : le récit des personnes entendues”, précisait-il.- “Opacité persistante” -Dans son communiqué, la famille dénonce “également l’opacité persistante de la procureure” de Paris Laure Beccuau ainsi que de la juge d’instruction chargée de l’enquête, “qui refusent de donner les vidéos et les conclusions de l’autopsie”.”Face à ces obstructions, la famille demande le dépaysement immédiat de l’enquête pour garantir son impartialité”, poursuit Me Bouzrou. “La famille refuse que la vérité soit étouffée. La justice doit enfin agir avec transparence”.Après la mort de M. Diarra, le parquet de Paris avait dans un premier temps ouvert une enquête pour “recherche des causes de la mort”, et demandé une autopsie. Le 19 janvier, il indiquait que celle-ci “n’apportait pas à ce stade de certitude sur la causalité du décès”, et expliquait que des examens complémentaires étaient ordonnés.Me Bouzrou considère ces mêmes résultats “caractéristiques” d’un étranglement (fracture de la corne du cartilage de la thyroïde) et qu’il traduisent “des violences d’une intensité particulière (plaie profonde à la tempe).
Assassinat de Samuel Paty: les quatre accusés contestent les faits à l’ouverture du procès en appel
Les quatre hommes condamnés en première instance à des peines de 13 à 16 ans de réclusion criminelle pour leur rôle dans l’assassinat en octobre 2020 du professeur Samuel Paty par un islamiste tchétchène, ont contesté lundi les faits qui leur sont reprochés, à l’ouverture de leur procès en appel.L’enseignant d’histoire-géographie avait été décapité le 16 octobre 2020 aux abords du collège du Bois-d’Aulne à Conflans-Sainte-Honorine (Yvelines) par Abdoullakh Anzorov, abattu par la police juste après son crime.Lors du procès en première instance, les huit accusés (sept hommes et une femme) avaient tous été reconnus coupables et condamnés à des peines allant de un à 16 ans de prison.Quatre sont rejugés devant la cour d’assises d’appel spéciale de Paris, jusqu’au 27 février.Parmi eux figurent d’un côté deux amis d’Anzorov, Naïm Boudaoud et Azim Epsirkhanov, condamnés à 16 ans de réclusion pour complicité d’assassinat; et de l’autre, Brahim Chnina et le prédicateur islamiste Abdelhakim Sefrioui, qui avaient écopé respectivement de 13 et 15 ans de réclusion pour association de malfaiteurs terroriste, accusés d’avoir participé à la campagne de haine ayant conduit à l’assassinat de l’enseignant.Les quatre autres personnes qui n’ont pas fait appel étaient en contact avec Anzorov sur les réseaux sociaux.- Mensonge -Tout est né du mensonge d’une élève de 13 ans, fille de Brahim Chnina, accusant le professeur d’avoir discriminé les élèves musulmans de sa classe lors d’un cours sur la liberté d’expression où il avait présenté une caricature de Mahomet. En réalité, elle n’y avait pas assisté mais son mensonge avait été relayé massivement sur les réseaux sociaux par son père et Abdelhakim Sefrioui.Après plusieurs jours d’une campagne virulente ciblant l’enseignant de 47 ans, ce dernier avait été tué par Abdoullakh Anzorov, un islamiste radical tchétchène.En décembre 2024, les magistrats de la cour d’assises spéciale de Paris ont admis que Brahim Chnina et Abdelhakim Sefrioui ne connaissaient pas l’assassin.Mais, selon les juges, “les deux accusés ont, en connaissance de cause, pris le risque, malgré le danger et les menaces visant Samuel Paty, qu’une atteinte volontaire à son intégrité physique soit portée par un tiers, violent et radicalisé qui devenait leur bras armé”. Et ils “ont contribué à créer un état d’esprit propre à susciter le crime”, “en attisant la colère et la haine d’un esprit radicalisé”.Concernant les proches de M. Anzorov, les magistrats de première instance ont retenu qu’ils étaient “parfaitement” conscients de la dangerosité de leur ami et qu’ils l’avaient pourtant aidé, dans sa recherche d’armes notamment.A l’issue de la première journée d’audience, largement consacrée à des questions d’organisation et à la lecture du rapport retraçant les faits et les investigations, la présidente a donné la parole aux quatre hommes assis dans le box des accusés.Tous ont contesté les faits qui leur étaient reprochés. “Je voulais présenter mes excuses, dire que je regrette infiniment et dire que je ne reconnais pas les faits”, a dit Brahim Chnina.”Je suis totalement innocent et je suis en réalité accablé chaque fois que j’entends l’acte d’accusation”, a déclaré de son côté Abdelhakim Sefrioui.Pour les conseils de Brahim Chnina, Mes Frank Berton et Louise Tort, dans ce dossier, “on a une extension de l’association de malfaiteurs terroriste” qui “n’est pas normale” ni “légitime”.La défense de M. Sefrioui attend de son côté que la cour d’assises d’appel reconnaisse “l’innocence” du prédicateur.”Il y a une évidence matérielle dans ce dossier, c’est qu’il ne connaissait pas l’auteur de l’attentat et que l’auteur de l’attentat n’a absolument pas vu la vidéo dans laquelle il apparaissait”, a déclaré avant le début du procès un de ses avocats, Me Vincent Brengarth.Les avocats ont demandé que le ministre de l’Intérieur Laurent Nuñez et l’ex-garde des Sceaux Eric Dupond-Moretti soient cités comme témoins pour les entendre “sur les défaillances qui ont conduit à l’assassinat”.Des interrogations planent toutefois sur leur présence, prévue vendredi: la présidente de la cour d’assises d’appel a indiqué que M. Dupond-Moretti avait fait savoir qu’il ne souhaitait pas se présenter à la barre; quant à M. Nuñez, sa présence ne peut être autorisée que par un décret présenté en conseil des ministres par le garde des Sceaux. Ces questions restent pour l’heure en suspens.
Assassinat de Samuel Paty: les quatre accusés contestent les faits à l’ouverture du procès en appel
Les quatre hommes condamnés en première instance à des peines de 13 à 16 ans de réclusion criminelle pour leur rôle dans l’assassinat en octobre 2020 du professeur Samuel Paty par un islamiste tchétchène, ont contesté lundi les faits qui leur sont reprochés, à l’ouverture de leur procès en appel.L’enseignant d’histoire-géographie avait été décapité le 16 octobre 2020 aux abords du collège du Bois-d’Aulne à Conflans-Sainte-Honorine (Yvelines) par Abdoullakh Anzorov, abattu par la police juste après son crime.Lors du procès en première instance, les huit accusés (sept hommes et une femme) avaient tous été reconnus coupables et condamnés à des peines allant de un à 16 ans de prison.Quatre sont rejugés devant la cour d’assises d’appel spéciale de Paris, jusqu’au 27 février.Parmi eux figurent d’un côté deux amis d’Anzorov, Naïm Boudaoud et Azim Epsirkhanov, condamnés à 16 ans de réclusion pour complicité d’assassinat; et de l’autre, Brahim Chnina et le prédicateur islamiste Abdelhakim Sefrioui, qui avaient écopé respectivement de 13 et 15 ans de réclusion pour association de malfaiteurs terroriste, accusés d’avoir participé à la campagne de haine ayant conduit à l’assassinat de l’enseignant.Les quatre autres personnes qui n’ont pas fait appel étaient en contact avec Anzorov sur les réseaux sociaux.- Mensonge -Tout est né du mensonge d’une élève de 13 ans, fille de Brahim Chnina, accusant le professeur d’avoir discriminé les élèves musulmans de sa classe lors d’un cours sur la liberté d’expression où il avait présenté une caricature de Mahomet. En réalité, elle n’y avait pas assisté mais son mensonge avait été relayé massivement sur les réseaux sociaux par son père et Abdelhakim Sefrioui.Après plusieurs jours d’une campagne virulente ciblant l’enseignant de 47 ans, ce dernier avait été tué par Abdoullakh Anzorov, un islamiste radical tchétchène.En décembre 2024, les magistrats de la cour d’assises spéciale de Paris ont admis que Brahim Chnina et Abdelhakim Sefrioui ne connaissaient pas l’assassin.Mais, selon les juges, “les deux accusés ont, en connaissance de cause, pris le risque, malgré le danger et les menaces visant Samuel Paty, qu’une atteinte volontaire à son intégrité physique soit portée par un tiers, violent et radicalisé qui devenait leur bras armé”. Et ils “ont contribué à créer un état d’esprit propre à susciter le crime”, “en attisant la colère et la haine d’un esprit radicalisé”.Concernant les proches de M. Anzorov, les magistrats de première instance ont retenu qu’ils étaient “parfaitement” conscients de la dangerosité de leur ami et qu’ils l’avaient pourtant aidé, dans sa recherche d’armes notamment.A l’issue de la première journée d’audience, largement consacrée à des questions d’organisation et à la lecture du rapport retraçant les faits et les investigations, la présidente a donné la parole aux quatre hommes assis dans le box des accusés.Tous ont contesté les faits qui leur étaient reprochés. “Je voulais présenter mes excuses, dire que je regrette infiniment et dire que je ne reconnais pas les faits”, a dit Brahim Chnina.”Je suis totalement innocent et je suis en réalité accablé chaque fois que j’entends l’acte d’accusation”, a déclaré de son côté Abdelhakim Sefrioui.Pour les conseils de Brahim Chnina, Mes Frank Berton et Louise Tort, dans ce dossier, “on a une extension de l’association de malfaiteurs terroriste” qui “n’est pas normale” ni “légitime”.La défense de M. Sefrioui attend de son côté que la cour d’assises d’appel reconnaisse “l’innocence” du prédicateur.”Il y a une évidence matérielle dans ce dossier, c’est qu’il ne connaissait pas l’auteur de l’attentat et que l’auteur de l’attentat n’a absolument pas vu la vidéo dans laquelle il apparaissait”, a déclaré avant le début du procès un de ses avocats, Me Vincent Brengarth.Les avocats ont demandé que le ministre de l’Intérieur Laurent Nuñez et l’ex-garde des Sceaux Eric Dupond-Moretti soient cités comme témoins pour les entendre “sur les défaillances qui ont conduit à l’assassinat”.Des interrogations planent toutefois sur leur présence, prévue vendredi: la présidente de la cour d’assises d’appel a indiqué que M. Dupond-Moretti avait fait savoir qu’il ne souhaitait pas se présenter à la barre; quant à M. Nuñez, sa présence ne peut être autorisée que par un décret présenté en conseil des ministres par le garde des Sceaux. Ces questions restent pour l’heure en suspens.
Minneapolis: face à une colère croissante, Trump dépêche le responsable de sa politique anti-immigration
Donald Trump a dépêché lundi le responsable de sa politique nationale d’expulsions massives de migrants, Tom Homan, dans le Minnesota, où l’indignation ne cesse de grandir contre la police de l’immigration, après la mort d’un deuxième Américain aux mains d’agents fédéraux.”J’envoie Tom Homan dans le Minnesota ce soir (…) il me rendra directement compte”, a posté le président sur son réseau Truth Social.D’après la porte-parole de la Maison Blanche, Karoline Leavitt, M. Homan ne se penchera pas spécifiquement sur la mort par balles d’Alex Pretti, infirmier de 37 ans, lors d’une manifestation samedi dans la plus grande ville de l’Etat, Minneapolis.Il dirigera les opérations de la police de l’immigration (ICE) sur place et fera le lien avec les enquêteurs chargés d’une affaire de fraude aux aides publiques éclaboussant la communauté somalienne, a-t-elle précisé sur X.Confronté à des appels, y compris de son propre camp, en faveur d’une enquête indépendante sur la mort d’Alex Pretti, Donald Trump jouait l’apaisement lundi.Sur Truth Social, le président a expliqué avoir eu “une très bonne conversation” téléphonique avec le gouverneur démocrate du Minnesota, Tim Walz, ancien colistier de Kamala Harris et une de ses bêtes noires. “Nous semblons en réalité être sur la même longueur d’ondes”, a écrit le milliardaire, précisant qu’il allait mettre son interlocuteur en relation avec Tom Homan.- La justice sollicitée -Parmi les républicains se désolidarisant de l’opération dans le Minnesota, le représentant James Comer a estimé dimanche que M. Trump devrait envisager de quitter l’Etat pour déployer ailleurs les agences fédérales chargées de l’immigration.Dans une interview dimanche avec le Wall Street Journal, le président a sous-entendu que ces policiers partiraient “à un moment donné”, sans donner de date.Dans une atmosphère tendue depuis la mort de Renee Good, Américaine de 37 ans tuée par balles par un agent fédéral dans la même ville le 7 janvier, deux audiences devant des tribunaux sont attendues lundi.La première examine une plainte pour empêcher les autorités fédérales de détruire les preuves dans l’affaire Alex Pretti.”Une enquête est en cours (…) et il est évident que nous ne détruisons pas les preuves”, a assuré le N.2 du ministère de la Justice, Todd Blanche, sur Fox News lundi matin.Dans la seconde, le procureur général du Minnesota demande la fin de l’opération dans l’Etat, ce qui pourrait faire jurisprudence aux Etats-Unis, a indiqué à l’AFP David Schultz, professeur de sciences politiques et de droit à l’université Hamline. Du côté de l’opposition, les élus démocrates au Congrès menacent de bloquer le financement du gouvernement si les agences fédérales chargées de l’immigration ne sont pas réformées.- “Mensonges écœurants” -Concernant la mort d’Alex Pretti, “je n’aime pas les tirs”, a commenté Donald Trump. “Mais je n’aime pas non plus quand quelqu’un se rend à une manifestation avec une arme très puissante, entièrement chargée, et deux chargeurs remplis de balles.”Comme pour Renee Good, son gouvernement a rejeté la faute sur la victime, lui reprochant de porter un pistolet — ce pour quoi l’homme disposait d’un permis, selon les autorités locales.Précédemment, le président avait fait peser la responsabilité de ces morts sur les élus démocrates du Minnesota, auxquels il reprochait d’encourager les manifestations depuis plusieurs semaines et de ne pas protéger les agents fédéraux.Une analyse par l’AFP de vidéos de la mort d’Alex Pretti semble contredire la version officielle. Les images montrent l’infirmier dans une rue enneigée, téléphone en main, filmant des hommes armés portant des gilets siglés “Police”.Il s’interpose lorsqu’un agent projette une manifestante au sol et reçoit du gaz lacrymogène au visage. Un agent le plaque à terre et plusieurs de ses collègues interviennent pour le menotter.Quelques secondes plus tard, alors qu’un policier vêtu de gris semble retirer une arme au niveau de la taille d’Alex Pretti, agenouillé et penché en avant avec plusieurs policiers au-dessus de lui, un coup de feu est tiré.Les agents s’écartent brusquement et tirent plusieurs fois à distance. Au moins dix coups de feu sont entendus.Dans un communiqué, les parents de l’infirmier ont accusé l’administration de répandre “des mensonges écœurants” sur leur fils, “un être au grand cœur”.
À son procès pour avoir drogué Sandrine Josso, la complainte de Joël Guerriau
S’épanchant sur la phase “horrible”, “très difficile”, “très dure”, “stressante” qu’il traversait à l’époque, l’ex-sénateur Joël Guerriau a maintenu lundi à son procès avoir drogué par inadvertance la députée Sandrine Josso lors d’un tête-à-tête à son domicile parisien en novembre 2023.L’ancien élu centriste de Loire-Atlantique, qui a démissionné en octobre dernier, est jugé lundi et mardi par le tribunal correctionnel de Paris pour avoir lourdement drogué “Sandrine”, amie de dix ans, à l’ecstasy afin de la violer. Dans cette affaire souvent perçue comme un cas emblématique de soumission chimique, le prévenu de 68 ans nie toute motivation sexuelle.D’une voix posée, doucereuse, Joël Guerriau décrit en long et en large au tribunal son épisode dépressif à la période de sa réélection en septembre 2023 au Sénat, où il siégeait depuis 2011.”J’étais très angoissé, très stressé. C’était un moment très, très difficile. C’est difficile pour moi”, explique-t-il. “C’était ma dixième campagne électorale. J’étais vraiment épuisé. Je n’en pouvais plus de faire des allers-retours sur Paris. En plus mon épouse ne voulait plus que je me représente”.Constatant son mal-être, affirme-t-il, un collègue sénateur qu’il refuse de nommer – “ça relancerait le débat sur une institution à laquelle je suis très attaché” – lui fournit alors un sachet contenant une poudre indéterminée. De la drogue? Joël Guerriau affirme ne pas s’être posé la question, soutenant qu’il pensait simplement détenir un “phytomédicament”, un “euphorisant” pouvant l'”aider”.La veille de la venue de Sandrine Josso à son pied-à-terre, en proie à une “crise d’angoisse”, “pas bien du tout” après une “journée horrible”, Joël Guerriau dit avoir versé cette poudre dans une coupe pour la prendre. Mais il aurait finalement changé d’avis et rangé la coupe dans le placard, laissant la drogue au fond du verre, oubliant même sa présence.”Ça paraît incompréhensible”, fait remarquer, dubitatif, le président Thierry Donard.- Fajitas et tours de magie -Or le lendemain, “le temps passe vite”. Joël Guerriau est occupé à répéter des tours de magie pour “divertir” son amie, à préparer les fajitas pour le dîner. “D’un seul coup ça sonne, et vous vous dites +ah, déjà+”.Il est 20H00 et la députée de la 7e circonscription de Loire-Atlantique vient de débarquer dans le petit triplex du sénateur, étonnée d’être la seule invitée pour fêter sa réélection.Joël Guerriau lui demande ce qu’elle veut boire, elle choisit du champagne. Il prépare les verres sur le comptoir de sa kitchenette et les lui sert. En bouche, Sandrine Josso trouve un goût étrange au champagne, “un mélange de sucre et de gluant”.Ils trinquent, boivent une gorgée. Selon la plainte de la députée, Joël Guerriau veut alors à nouveau trinquer, ils boivent donc une nouvelle gorgée. Puis, à nouveau, il propose encore de trinquer.Associée à l’alcool, la MDMA peut provoquer des trous de mémoire. Cette drogue n’est toutefois utilisée que dans 2% des cas avérés de soumission chimique en 2018, a relevé un expert au cours de l’instruction.Ce n’est qu’au cours de la soirée, déclare Joël Guerriau à ses juges, qu’il se rappelle soudain avoir oublié la drogue au fond d’un des deux verres qu’il a servis.La députée note le regard “insistant” de son ami. Lui assure qu’il l’observe pour voir si elle a des symptômes dont il devrait s’inquiéter. “Je ne vois aucun signe, rien, ça me rassure”, conclut-il.Au bout d’une vingtaine de minutes, Sandrine Josso commence à se sentir mal: palpitations cardiaques, bouffées de chaleur ou de froid, nausées, tremblements…Voyant Joël Guerriau manipuler un sachet transparent et le ranger dans un tiroir de la cuisine, Sandrine Josso panique et commande un taxi vers 22H00 pour quitter, en grande détresse, l’appartement de Joël Guerriau.Une fois transportée à l’hôpital, les analyses toxicologiques relèvent une forte intoxication de son corps à l’ecstasy, avec une présence de MDMA à hauteur de 388 nanogrammes par millilitre de sang. Une concentration très nettement supérieure à une prise récréative de cette drogue euphorisante.”J’aurais tellement aimé que Sandrine me dise (qu’elle se sentait mal). Je n’avais aucune intention sexuelle à son égard”, assène Joël Guerriau, se disant “vraiment désolé pour Sandrine”.Le procès se poursuit en fin de journée lundi.
À son procès pour avoir drogué Sandrine Josso, la complainte de Joël Guerriau
S’épanchant sur la phase “horrible”, “très difficile”, “très dure”, “stressante” qu’il traversait à l’époque, l’ex-sénateur Joël Guerriau a maintenu lundi à son procès avoir drogué par inadvertance la députée Sandrine Josso lors d’un tête-à-tête à son domicile parisien en novembre 2023.L’ancien élu centriste de Loire-Atlantique, qui a démissionné en octobre dernier, est jugé lundi et mardi par le tribunal correctionnel de Paris pour avoir lourdement drogué “Sandrine”, amie de dix ans, à l’ecstasy afin de la violer. Dans cette affaire souvent perçue comme un cas emblématique de soumission chimique, le prévenu de 68 ans nie toute motivation sexuelle.D’une voix posée, doucereuse, Joël Guerriau décrit en long et en large au tribunal son épisode dépressif à la période de sa réélection en septembre 2023 au Sénat, où il siégeait depuis 2011.”J’étais très angoissé, très stressé. C’était un moment très, très difficile. C’est difficile pour moi”, explique-t-il. “C’était ma dixième campagne électorale. J’étais vraiment épuisé. Je n’en pouvais plus de faire des allers-retours sur Paris. En plus mon épouse ne voulait plus que je me représente”.Constatant son mal-être, affirme-t-il, un collègue sénateur qu’il refuse de nommer – “ça relancerait le débat sur une institution à laquelle je suis très attaché” – lui fournit alors un sachet contenant une poudre indéterminée. De la drogue? Joël Guerriau affirme ne pas s’être posé la question, soutenant qu’il pensait simplement détenir un “phytomédicament”, un “euphorisant” pouvant l'”aider”.La veille de la venue de Sandrine Josso à son pied-à-terre, en proie à une “crise d’angoisse”, “pas bien du tout” après une “journée horrible”, Joël Guerriau dit avoir versé cette poudre dans une coupe pour la prendre. Mais il aurait finalement changé d’avis et rangé la coupe dans le placard, laissant la drogue au fond du verre, oubliant même sa présence.”Ça paraît incompréhensible”, fait remarquer, dubitatif, le président Thierry Donard.- Fajitas et tours de magie -Or le lendemain, “le temps passe vite”. Joël Guerriau est occupé à répéter des tours de magie pour “divertir” son amie, à préparer les fajitas pour le dîner. “D’un seul coup ça sonne, et vous vous dites +ah, déjà+”.Il est 20H00 et la députée de la 7e circonscription de Loire-Atlantique vient de débarquer dans le petit triplex du sénateur, étonnée d’être la seule invitée pour fêter sa réélection.Joël Guerriau lui demande ce qu’elle veut boire, elle choisit du champagne. Il prépare les verres sur le comptoir de sa kitchenette et les lui sert. En bouche, Sandrine Josso trouve un goût étrange au champagne, “un mélange de sucre et de gluant”.Ils trinquent, boivent une gorgée. Selon la plainte de la députée, Joël Guerriau veut alors à nouveau trinquer, ils boivent donc une nouvelle gorgée. Puis, à nouveau, il propose encore de trinquer.Associée à l’alcool, la MDMA peut provoquer des trous de mémoire. Cette drogue n’est toutefois utilisée que dans 2% des cas avérés de soumission chimique en 2018, a relevé un expert au cours de l’instruction.Ce n’est qu’au cours de la soirée, déclare Joël Guerriau à ses juges, qu’il se rappelle soudain avoir oublié la drogue au fond d’un des deux verres qu’il a servis.La députée note le regard “insistant” de son ami. Lui assure qu’il l’observe pour voir si elle a des symptômes dont il devrait s’inquiéter. “Je ne vois aucun signe, rien, ça me rassure”, conclut-il.Au bout d’une vingtaine de minutes, Sandrine Josso commence à se sentir mal: palpitations cardiaques, bouffées de chaleur ou de froid, nausées, tremblements…Voyant Joël Guerriau manipuler un sachet transparent et le ranger dans un tiroir de la cuisine, Sandrine Josso panique et commande un taxi vers 22H00 pour quitter, en grande détresse, l’appartement de Joël Guerriau.Une fois transportée à l’hôpital, les analyses toxicologiques relèvent une forte intoxication de son corps à l’ecstasy, avec une présence de MDMA à hauteur de 388 nanogrammes par millilitre de sang. Une concentration très nettement supérieure à une prise récréative de cette drogue euphorisante.”J’aurais tellement aimé que Sandrine me dise (qu’elle se sentait mal). Je n’avais aucune intention sexuelle à son égard”, assène Joël Guerriau, se disant “vraiment désolé pour Sandrine”.Le procès se poursuit en fin de journée lundi.







