Hong Kong à l’heure du recueillement après l’incendie qui a fait 128 morts
Des milliers d’anonymes affligés sont allés en flux silencieux et ininterrompus déposer des fleurs au pied des tours calcinées de Hong Kong où au moins 128 personnes ont perdu la vie dans le pire incendie qu’ait connu le territoire, entré samedi dans trois jours de deuil.Des hommes, des femmes et des enfants de tous les âges ont fait la queue des premières heures du jour à la tombée de la nuit pour placer des chrysanthèmes de saison jaunes ou blancs à l’emplacement réservé aux hommages, dominé par les huit immeubles noircis du complexe résidentiel de Wang Fuk Court dans le district de Tai Po.Ils s’inclinent une ou plusieurs fois devant l’amoncellement grandissant de bouquets. Ils jettent un regard furtif vers la masse sombre des immeubles d’où pendent comme des vêtements consumés les vestiges des voiles verts de chantier qui ont probablement contribué à la propagation mortelle des flammes.Une dame de 69 ans du nom de Wong, habitante de Wang Fuk Court depuis plus de 40 ans, suit comme hagarde la scène. Elle évoque une connaissance qui avait la garde d’un bébé de 18 mois et dont elle était “très proche”. “On a appris hier qu’ils étaient morts”.Des Hongkongais prononcent quelques mots pour eux-mêmes en plaçant leurs mains devant leurs visages dans une apparente prière.”Que vos esprits au ciel gardent toujours la joie vivante”, dit une note écrite.Une femme tombe à genoux en pleurant. Beaucoup sanglotent.Mais ici comme dans les autres lieux de recueillement établis à travers la ville, une grande pudeur est de rigueur, malgré l’ampleur du choc.”J’ai écrit mon message de condoléances”, dit Raymond Tang, 45 ans, habitant du quartier depuis trois décennies après avoir fait la queue en silence pour remplir un registre dans une salle de sports à deux kilomètres du drame. “J’espère qu’ils sont sortis de la mer de douleurs en passant de l’autre côté”.Les autorités ont maintenu samedi le chiffre de 128 personnes tuées dans le sinistre qui s’est déclaré mercredi après-midi, pour des raisons encore inconnues, apparemment dans les parties inférieures des filets de protection couvrant le chantier et protégeant de la poussière et des chutes d’objets.Le feu a gagné les autres tours à grande vitesse, semble-t-il favorisé par les filets, les panneaux de mousse et l’emploi, commun à Hong Kong, de bambou plutôt que de métal pour les échafaudages.- Le spectre d’un nouveau drame -Le complexe de 2.000 logements, inauguré en 1983, était en cours de rénovation, mais toujours habité.Les pompiers ont confirmé les dires de nombreux survivants selon lesquels les alarmes n’avaient pas fonctionné.Quarante-quatre des défunts ne sont toujours pas identifiés, selon la police samedi. La police cherche toujours à connaître le sort de 150 personnes qui ont été signalées disparues, avec une fiabilité relative pour au moins les deux tiers des cas, a dit à la presse Tsang Shuk-yin, une de leurs chefs.En outre, plus de 40 personnes restent hospitalisées, dont 19 dans un état critique. C’est l’incendie d’immeuble le plus meurtrier depuis 1980 dans le monde, à l’exclusion de feux survenus dans des nightclubs, des prisons ou des centres commerciaux, d’après des recherches dans la base de données des catastrophes de l’Université de Louvain (Belgique).Le chef de la sécurité du territoire, Chris Tang, avait dit vendredi ne pas exclure que les policiers découvrent encore des corps en se rendant sur les lieux pour leurs investigations.Mais les plus de 600 policiers des services d’identification sur place samedi en combinaison blanche et casque bleu ont fini d’inspecter intégralement deux des huit tours, et “nous n’avons trouvé aucun reste humain”, a dit une de leurs chefs Lam Man-han.Une commission a annoncé vendredi soir l’arrestation de huit personnes pour des faits présumés de corruption sur le marché de rénovation. Trois autres personnes initialement interpellées par la police ont été arrêtées samedi.La tragédie a rappelé la vulnérabilité de cette place forte de la finance internationale, territoire à statut spécial de la Chine, à la densité de population parmi les plus élevées au monde. Elle a aussi suscité des questions sur la passation et l’exécution des marchés dans un territoire exigu soumis à une intense pression immobilière.La télévision publique chinoise a annoncé samedi que l’État avait lancé une campagne “d’inspection et de rectification” des risques d’incendie sur les bâtiments de grande hauteur.Le drame a aussi suscité un immense mouvement de solidarité. Le secrétaire en chef adjoint pour l’administration de Hong Kong a indiqué que les stocks étaient suffisants pour venir en aide aux sinistrés et suggéré au public d’arrêter les dons.
Trump affirme que l’espace aérien du Venezuela doit être considéré comme “entièrement fermé”
Le président américain Donald Trump a lancé samedi un avertissement selon lequel l’espace aérien au-dessus et à proximité du Venezuela devait être considéré comme “entièrement fermé”, dans le cadre de sa confrontation croissante avec le dirigeant de gauche Nicolas Maduro.”À toutes les compagnies aériennes, pilotes, trafiquants de drogue et trafiquants d’êtres humains,” a écrit M. Trump sur son réseau Truth Social, “veuillez considérer L’ESPACE AÉRIEN AU-DESSUS ET AUTOUR DU VENEZUELA COMME ENTIÈREMENT FERMÉ”. Le président américain n’a pas donné de détails. Cette déclaration intervient alors que l’administration Trump, dans sa lutte contre les cartels de la drogue, intensifie la pression sur le Venezuela avec un déploiement militaire majeur dans les Caraïbes, incluant le plus grand porte-avions du monde.Donald Trump accuse en particulier le Venezuela d’être un artisan du trafic de drogue qui inonde le marché américain. Caracas dément et insiste sur le fait que l’objectif véritable est un changement de régime et la mainmise sur les réserves pétrolières du pays.Samedi, l’aéroport de Maiquetia qui dessert Caracas fonctionnait normalement, a constaté un journaliste de l’AFP qui a assisté à plusieurs atterrissages et décollages. Six compagnies aériennes, dont Iberia, TAP et Turkish Airlines, ont toutefois suspendu cette semaine leurs liaisons avec le Venezuela pour des raisons de sécurité, ce qui leur a valu de se voir retirer leurs licences par Caracas.Ces annulations perturbent les voyageurs. “C’était horrible, ce voyage est une odyssée et j’ai dépensé beaucoup d’argent”, explique Yusmaicar Salabarria 35 ans, médecin vénézuélienne vivant au Chili et revenue au pays pour les vacances. “Je suis partie du Chili mais mon vol Bogota-Caracas a été annulé. Depuis Bogota, je suis allé à Cucuta (frontière entre les deux pays). J’ai traversé par voie terrestre (la frontière) et j’ai pris un avion de San Cristobal (sud-ouest) à Caracas ce matin à 9h30. Je suis arrivée à 10h30 avec (la compagnie vénézuélienne) Estelar sans problème”, raconte-t-elle. “J’ai mon vol pour Puerto Ordaz (nord-est) avec Rutaca (autre compagnie) à 19h40”.- Rencontre Trump Maduro? -Elle dit avoir voyagé “sans peur”: “ils (Etats-Unis) disent toujours qu’ils vont attaquer, il faut vivre au jour le jour, seul Dieu sait ce qui va se passer”, conclut-elle. A Marakay, à une centaine de kilomètres de Caracas, des avions de combat Sukhoi et F-16 ont pris part à un meeting aéronautique, survolant la région, ont constaté des journalistes de l’AFP.Au pouvoir depuis 2013, le président socialiste Nicolas Maduro, héritier politique de Hugo Chavez, figure de la gauche radicale en Amérique latine, a été réélu en 2024 à l’issue d’un scrutin contesté, marqué par des troubles et des arrestations massives. Les forces américaines ont mené des frappes contre plus de 20 navires vénézuéliens soupçonnés de trafic de drogue dans la mer des Caraïbes et l’océan Pacifique Est depuis début septembre, tuant au moins 83 personnes. Washington n’a pas encore fourni de preuves que les navires ciblés étaient utilisés pour le trafic de drogue ou représentaient une menace pour les États-Unis. Ces derniers jours, une activité constante d’avions de combat américains a été enregistrée à quelques dizaines de kilomètres des côtes vénézuéliennes, selon des sites de suivi des aéronefs.La République dominicaine, voisine du Venezuela, a par ailleurs autorisé cette semaine les États-Unis à utiliser des installations aéroportuaires dans le cadre de son déploiement, tandis que l’État insulaire de Trinité-et-Tobago, éloigné d’une dizaine de kilomètres seulement du Venezuela, a accueilli récemment des exercices des Marines américains.Le New York Times a indiqué vendredi que MM. Trump et Maduro s’étaient récemment entretenus par téléphone et avaient discuté d’une possible rencontre aux États-Unis. Pourtant, avant le déploiement, la justice américaine avait porté à 50 millions de dollars la récompense pour des informations conduisant à la capture de Nicolas Maduro.Washington a désigné comme organisation terroriste étrangère le Cartel des Soleils, une organisation dont l’existence reste à démontrer selon de nombreux experts et qui, d’après Washington, serait dirigée par le président Maduro.Jeudi, le président américain avait déclaré que ses forces allaient très bientôt commencer à cibler des “trafiquants de drogue vénézuéliens” lors d’opérations terrestres, accentuant encore la pression.
Death toll from Gaza war surpasses 70,000: health ministry
The health ministry in Hamas-run Gaza on Saturday said more than 70,000 people have been killed since the war between Israel and Hamas erupted more than two years ago.The milestone comes as a fragile US-brokered ceasefire largely holds, but with both sides accusing the other of violating the terms of the deal.In a statement, Gaza’s health ministry said the death toll from the war had risen to 70,100.The ministry said that since the ceasefire came into effect on October 10, 354 Palestinians had been killed by Israeli fire.Two bodies arrived at hospitals in the Gaza Strip in the past 48 hours, the ministry said, one of which had been recovered from beneath the rubble.It noted that the spike from the last death toll was due to the fact that the data relating to 299 bodies had been processed and approved by the authorities. Despite the ceasefire, the Palestinian territory remains in a deep humanitarian crisis.The latest toll comes as the United Nations marks the International Day of Solidarity with the Palestinian People, on November 29 each year.”In so many ways, this tragedy has tested the norms and laws that have guided the international community for generations,” UN chief Antonio Guterres said in a statement.”The killing of so many civilians, the repeated displacement of an entire population and the obstruction of humanitarian aid should never be acceptable under any circumstances,” he continued.”The recent ceasefire offers a glimmer of hope. It is now vital that all parties respect it fully and work in good faith towards solutions that restore and uphold international law.”The Gaza war was sparked by Hamas’s October 7, 2023 attack on Israel, which resulted in the deaths of 1,221 people.On that day, militants abducted 251 people into Gaza.At the start of the latest ceasefire, militants were holding 20 living hostages and the bodies of 28 deceased captives.Hamas has since released all the living hostages and returned the remains of 26 dead hostages.In exchange, Israel has released nearly 2,000 Palestinian prisoners in its custody and returned the bodies of hundreds of dead Palestinians.
Des milliers de personnes manifestent à Paris en soutien aux Palestiniens
Des milliers de personnes ont manifesté samedi à Paris pour apporter leur soutien aux Palestiniens de la bande de Gaza, ravagée par plus de deux ans de guerre entre Israël et le mouvement islamiste palestinien Hamas.Une foule dense – estimée à 50.000 personnes par les organisateurs et 8.400 personnes par la préfecture de police de Paris – a défilé entre les places de la République et de la Nation, aux cris notamment de “Gaza, Gaza, Paris est avec toi”, “De Paris a Gaza, résistance!”, et brandissant drapeaux palestiniens et pancartes “Palestine, on ne nous fera pas taire” ou encore “Gaza, silence on tue. Stop génocide”.Quelques personnalités politiques de gauche, dont le chef de file de La France insoumise Jean-Luc Mélenchon, faisaient partie du cortège.Sept semaines après un cessez-le-feu entré en vigueur le 10 octobre, “il faut rappeler que rien n’est réglé”, a déclaré à l’AFP Anne Tuaillon, présidente de l’Association France Palestine Solidarité (AFPS), l’une des 80 ONG, partis et syndicats qui avaient appelé à manifester.”Le cessez-le-feu est un écran de fumée (…). Israël le viole tous les jours, Israël continue d’empêcher l’aide humanitaire de rentrer à Gaza et continue de détruire les infrastructures et les maisons à Gaza. Nous demandons un cessez-le-feu définitif et la fin du génocide”, ajoute-t-elle.Selon les termes du cessez-le-feu obtenu par les Etats-Unis, l’armée israélienne s’est repliée à l’intérieur de la bande de Gaza, au-delà d’une “ligne jaune” qui lui confère encore le contrôle de plus de 50% du territoire. Mais la trêve dans cette guerre déclenchée par l’attaque sanglante du Hamas sur Israël le 7 octobre 2023 reste très fragile, les deux belligérants s’accusant mutuellement de la violer quotidiennement.”Il faut des sanctions, c’est le seul moyen pour qu’Israël applique le droit international”, a exhorté Mme Tuaillon, en dénonçant “l’accélération invraisemblable de la colonisation” en Cisjordanie, où la violence des colons “atteint des proportions jamais atteintes”.Béret sur la tête et drapeau palestinien sur le dos, Saleha, 72 ans, qui a souhaité garder l’anonymat, est venue défiler contre le “génocide” à Gaza.”Toute l’humanité regarde et ne peut rien faire, c’est une impunité totale”, dénonce-t-elle: “C’est extrêmement choquant pour des êtres humains de voir ça et de ne pas pouvoir agir. La seule chose qu’on puisse faire, c’est se mobiliser”.Bertrand, technicien informatique de 42 ans qui souhaite rester anonyme, estime lui aussi que “le massacre et le génocide continuent”, comme en témoigne, selon lui, les vidéos de deux hommes abattus jeudi lors d’une opération conjointe de la police et l’armée israéliennes à Jénine. L’ONU a demandé une enquête après cette “apparente exécution sommaire”.En l’absence de sanctions économiques et financières, “il faut continuer à faire pression dans la rue et à travers les élus”, estime-t-il.Trois personnes ont été interpellées, a indiqué la préfecture de police, sans en préciser les motifs.
Conspuée par les manifestants, l’extrême droite allemande refonde son organisation de jeunesse
“Generation Deutschland”: le parti d’extrême droite Alternative pour l’Allemagne (AfD) s’est doté samedi d’une nouvelle organisation de jeunesse lors d’un congrès à Giessen, près de Francfort, démarré avec plus de deux heures de retard en raison de manifestations et blocages de rues des détracteurs de cette formation antimigrants et prorusse.Sans surprise, Jean-Pascal Hohm, 28 ans, …
Airbus intervient rapidement sur ses A320, sauf une centaine
Airbus, contraint de changer d’urgence un logiciel de commandes vulnérable sur des A320, a rapidement pu intervenir sur des milliers d’avions vendredi et samedi, tandis qu’une centaine d’entre eux devraient rester immobilisés plus longtemps.Aucun porte-parole d’Airbus n’était joignable samedi pour donner des chiffres.”Je veux présenter nos excuses sincères à nos clients, les compagnies aériennes, et …
Airbus intervient rapidement sur ses A320, sauf une centaine Read More »
Royaume-Uni : Jeremy Corbyn lance un nouveau parti “socialiste” dans un paysage divisé à gauche
Jeremy Corbyn a affiché son ambition de bâtir un “nouveau parti socialiste démocratique” au Royaume-Uni, en ouverture samedi du congrès inaugural de la formation qu’il a cofondée pour occuper un espace à gauche et attirer les déçus du gouvernement travailliste.”Notre mouvement est un mouvement pour la justice, l’égalité et la durabilité environnementale”, a lancé, devant …







