Shein échappe à une suspension par la justice, réclamée par l’Etat

Le tribunal judiciaire de Paris a rejeté vendredi la demande de l’Etat de blocage provisoire du site Shein en France, jugeant la mesure “disproportionnée” après le retrait volontaire des produits illicites vendus par le géant asiatique de l’e-commerce.Le tribunal a reconnu l’existence d’un “dommage grave à l’ordre public” (la vente de poupées sexuelles à l’apparence de fillettes, d’armes et de médicaments) mais a estimé que ces ventes étaient “ponctuelles” et constaté que la plateforme avait retiré les produits.La justice a toutefois fait “injonction” à Shein de ne pas rétablir la vente de “produits sexuels pouvant caractériser un contenu à caractère pornographique, sans la mise en place de mesures de vérification d’âge”. La demande de l’Etat de réclamer à Shein “a minima” le maintien de la suspension de sa place de marché (marketplace), qui héberge les produits commercialisés par des vendeurs tiers, n’a pas été entendue. “Seuls certains produits de la marketplace ont été identifiés, dans la présente procédure, comme manifestement illicites et dommageables, alors que la plateforme +fr.Shein.com+ propose à la vente plusieurs centaines de milliers d’articles”, a relevé le tribunal dans sa décision.Le tribunal explique n’avoir pas observé que les objets interdits avaient été mis en vente “de façon récurrente et massive” et a au contraire salué la réaction “rigoureuse et rapide” de Shein après le signalement de la présence de ces articles.Même si l’Etat est débouté, la marketplace Shein ne devrait pas rouvrir directement en totalité, mais progressivement, avaient expliqué ses avocats pendant l’audience. L’entreprise reconnait notamment des difficultés à instaurer un filtre d’âge efficace pour les produits pornographiques. En conséquence, la catégorie sexuelle réservée aux adultes resterait fermée pour le moment, comme c’est le cas au niveau mondial depuis le scandale apparu en France.

Le cinéaste Christophe Ruggia jugé en appel pour agressions sexuelles sur Adèle Haenel mineure

Un an après un procès électrique dans cette affaire emblématique du #MeToo du cinéma français, le cinéaste Christophe Ruggia est jugé vendredi en appel à Paris pour agressions sexuelles sur l’actrice Adèle Haenel entre ses 12 et 14 ans.Condamné en première instance à quatre ans de prison, dont deux ferme à effectuer sous bracelet électronique, le réalisateur de 60 ans est à nouveau confronté dans le prétoire à l’actrice doublement césarisée de 36 ans, qui a depuis tourné le dos aux tapis rouges et plateaux de tournage.Une jeune adolescente faisant ses premiers pas de comédienne, un réalisateur démiurge vingt-quatre ans plus vieux qu’elle, un tournage “totalement anormal” avec des mineurs qui dérivent vers un système d'”emprise”: ce #MeToo français interroge les rapports du pouvoir dans le monde du cinéma et leur possible instrumentalisation.Le scandale a éclaté il y a six ans, en novembre 2019, lorsque dans une enquête de Mediapart Adèle Haenel accuse Christophe Ruggia d’agressions sexuelles de 2001 à 2004, dans la foulée de l’éprouvant tournage du film d’auteur “Les diables”, où le réalisateur lui a offert son premier rôle de cinéma.De manière constante, de sa première prise de parole publique au procès de décembre 2024, Adèle Haenel décrit des caresses répétées et non consenties de la part de Christophe Ruggia sur son corps de collégienne à l’occasion de rendez-vous chez celui-ci, les samedis après-midi durant plus de deux ans.”Et moi je me tends, mon corps se crispe, je me recroqueville dans un coin du canapé”, a témoigné à la barre, en colère, la comédienne en première instance.Selon ses déclarations durant l’enquête, Christophe Ruggia la menaçait de retourner “dans le néant” si elle le rejetait, “à cette chose nulle” qu’elle était avant qu’il ne lui permette sa première apparition sur grand écran.- “Ferme ta gueule !” -Son récit a été qualifié à l’audience de “pur mensonge” par Christophe Ruggia qui dément catégoriquement les faits depuis leur révélation. Devant le tribunal correctionnel, il a affirmé n’avoir “jamais” été “attiré sexuellement” par l’enfant qui dégageait selon lui une “sensualité débordante”.”Il fallait lancer un #MeToo en France et c’est tombé sur moi”, a regretté le cinéaste qui préparait un nouveau film avec des adolescents au moment de la publication de l’article de Mediapart.Ses démentis répétés au procès ont excédé Adèle Haenel au point que celle-ci a interrompu son interrogatoire en hurlant “Mais ferme ta gueule !” avant de quitter la salle d’audience, comme un écho à son départ de la cérémonie des César en 2020 pour dénoncer le sacre de Roman Polanski.Dans son jugement condamnant par ailleurs Christophe Ruggia à indemniser Adèle Haenel à hauteur de 15.000 euros pour son préjudice moral et 20.000 pour ses années de suivi psychologique, le tribunal de Paris a estimé que le prévenu a profité de son “ascendance” sur l’actrice débutante, “conséquence de la relation instaurée” pendant le tournage du film “Les diables”.À l’occasion des rendez-vous hebdomadaires à son domicile, Christophe Ruggia “continuait d’exercer son autorité de réalisateur, (l’adolescente) n’était pas en mesure de s’opposer ni de s’extraire de cette emprise”, ont estimé les juges.Contactés par l’AFP, les avocats des deux parties n’ont pas souhaité s’exprimer avant l’audience à la cour d’appel de Paris.Après son rôle le plus marquant dans “Portrait de la jeune fille en feu” (2019) de la réalisatrice Céline Sciamma, devenue une œuvre féministe et lesbienne de référence, Adèle Haenel a rompu avec le 7e art à partir de 2020 pour se consacrer au théâtre et au militantisme de gauche radicale.Dans une lettre publiée par Télérama en 2023, elle justifiait son départ du cinéma “pour dénoncer la complaisance généralisée du métier vis-à-vis des agresseurs sexuels, et plus généralement, la manière dont ce milieu collabore avec l’ordre mortifère écocide raciste du monde tel qu’il est”.

Colère agricole: autoroutes toujours coupées dans le Sud-Ouest, à l’approche des vacances

Quatre grands axes autoroutiers restaient bloqués vendredi à la mi-journée dans le Sud-Ouest par les manifestations agricoles, alors qu’à Carbonne, près de Toulouse, les agriculteurs s’organisent pour empêcher leur évacuation, à quelques heures du début des congés scolaires de fin d’année.L’A64 entre Bayonne et Toulouse, l’A63 près de Bordeaux, l’A20 à hauteur de Brive et l’A89 près de Périgueux et Ussel continuent d’être occupées, selon Vinci Autoroutes, qui note que le Sud-Ouest “reste la zone la plus fortement impactée” de son réseau.A la veille d’un week-end qui devrait être marqué par des départs en vacances, la circulation a repris sur l’A20 au niveau de Cahors vendredi matin mais un blocage subsiste sur cet axe près de Brive-la-Gaillarde.Les perturbations devraient également se poursuivre sur l’A64, en dépit des nombreux appels, dont celui de la ministre de l’Agriculture Annie Genevard, à une “trêve de Noël”.”La préfecture nous a demandé de libérer une voie dans le sens Tarbes-Toulouse, mais on a refusé pour des raisons de sécurité, on ne veut pas qu’il y ait un accident comme (en 2024, à Pamiers) en Ariège”, lorsqu’une agricultrice et sa fille avaient été mortellement fauchées par un automobiliste ayant forcé le barrage, a dit à l’AFP Benjamin Asna, un des piliers de la mobilisation à Carbonne (Haute-Garonne).”On tient le barrage et on ne change pas de ligne”, a-t-il martelé, ajoutant: “On n’a aucune réponse du gouvernement à nos demandes, même pas l’ouverture de discussions.”La veille, les forces de l’ordre sont intervenues aux abords de l’A62 du côté de Montauban pour mettre fin à des déversements sur la chaussée, selon un communiqué de la préfecture du Tarn-et-Garonne.Des actions de protestation, conduites par la Coordination rurale du Tarn-et-Garonne (CR82), ont marqué la nuit dans cette ville, selon des journalistes de l’AFP sur place.”Des agriculteurs ont déversé du lisier mélangé de sang animal sur un mur de la préfecture”, a indiqué la sous-préfète Ambre Bernard.”Plus tard dans la nuit, des agriculteurs se sont rassemblés, (…) ont déchargé des déchets contre une grille de la préfecture et y ont mis le feu, nécessitant l’intervention des services d’incendie et de secours”, selon la même source.”Une grosse partie de la CR82 était en Ariège et on a vécu très mal cet abattage des 208 vaches, on voulait que ce ne soit pas impuni, cela fait quand même 4.000 vaches qu’on exécute depuis le début de la DNC (dermatose nodulaire contagieuse, ndlr), à un moment on ne peut plus laisser faire”, a affirmé à l’AFP Julien Aurières, co-président de la CR82, pour expliquer l’action visant la préfecture.

CAN-2025: décrocher le titre, la seule option pour le Maroc

Le Maroc, hôte de la Coupe d’Afrique des nations du 21 décembre au 18 janvier, a une double obligation: remporter un titre qui lui échappe depuis 50 ans et offrir une organisation parfaite avant d’accueillir le Mondial-2030 conjointement avec l’Espagne et le Portugal.”On a une mission: gagner ce trophée après quasiment 50 ans de disette. On va tout faire pour garder cette coupe à la maison”, a promis le sélectionneur marocain Walid Regragui, lors du tirage au sort du tournoi en janvier dernier à Rabat.A la tête du grand favori de l’épreuve, guidé par la star du Paris Saint-Germain Achraf Hakimi, Regragui est sous pression: “remporter la CAN n’est pas un choix” mais une obligation “qui s’impose”, a résumé à l’AFP Fouzi Lekjaa, président de la Fédération royale marocaine de football (FRMF).Tous deux observent fébrilement la convalescence de Hakimi, leur capitaine, élu joueur africain de l’année et à ce titre tête de gondole de la CAN, mais blessé à la cheville depuis début novembre. Regragui espère son retour dès le match d’ouverture dimanche face aux Comores à Rabat.Le sélectionneur n’est pas le seul soumis aux attentes. Lekjaa doit rendre une copie parfaite du point de vue de l’organisation de la compétition avec le défi d’accueillir des supporters de plusieurs dizaines de pays dans le royaume, où plus d’un million de billets pour les rencontres ont déjà été vendus.- “Rivaliser” -Dans la capitale, la CAN s’installe progressivement dans le paysage urbain et le compte à rebours trône en lettres géantes sur la façade du nouveau stade Moulay Abdellah. Aux entrées de la ville, à l’aéroport ou dans les gares, des panneaux “Welcome to Morocco” (Bienvenue au Maroc) ou “Kingdom of football” (Royaume du football) donnent le ton. Dans les rues, des taxis affichent les dates du tournoi et le logo de la compétition. Le tramway circule revêtu des couleurs vert et rouge du Maroc.Depuis 2008, le roi du Maroc, Mohammed VI, a fixé les grandes orientations pour le sport national, et le pays a engagé une mise à niveau de ses infrastructures footballistiques, parallèlement au renforcement de l’écosystème de formation, des jeunes aux entraîneurs.L’objectif “pour l’ensemble des équipes nationales” est “d’être dans les carrés des grands” et “de rivaliser” avec “le plus haut niveau”, indique M. Lekjaa, la voie ayant été montrée par les Lionceaux de l’Atlas, sacrés au Mondial des -20 ans en octobre.En vue du Mondial-2030, le Maroc développe ses infrastructures notamment hôtelières, ferroviaires, routières, télécoms et aéroportuaires, moyennant plusieurs milliards d’euros d’investissements.La CAN se jouera dans neuf stades, une première, de Tanger à Agadir, en passant par Fès, Rabat, Casablanca et Marrakech. Si tout est désormais en ordre de marche, les organisateurs n’ont pas pu éviter certaines oppositions.- “Fête africaine” -Entre fin septembre et octobre, des jeunes du collectif “GenZ 212″ avaient manifesté contre la dégradation des services de santé et d’éducation, certains critiquant les imposants investissements dans les stades et appelant parfois au boycott.Mercredi, l’Association marocaine des droits humains (AMDH) a aussi dénoncé des campagnes d'”arrestations violentes” de migrants en situation irrégulière transportés hors de Rabat “dans le but d’évacuer les espaces publics et d’améliorer l’image de la ville” avant la CAN.Des défenseurs des animaux ont en outre accusé le Maroc de vouloir abattre les chiens errants en amont des compétitions sportives, des allégations rejetées par les autorités marocaines.Malgré ces bémols, le Maroc est “prêt pour organiser” une CAN “depuis des années” selon Fouzi Lekjaa.Le but est de mettre la Coupe d’Afrique “au même niveau de normes” que les “grands événements d’envergure” pour arriver “dans les meilleures conditions possibles en 2030″, explique le président de la FRMF.Les dispositifs d’accueil du public, notamment à partir des aéroports, sont au point, assure-t-il, ajoutant que plus de 15.000 volontaires et 5.000 stadiers seront mobilisés pour assurer le bon déroulement de la compétition.”Au niveau des fans zones, on a prévu un rayon des produits de l’artisanat de l’ensemble des pays africains. Ça donnera la possibilité à tous ces pays d’exposer leurs richesses, leur patrimoine”, poursuit M. Lekjaa.”Tous les ingrédients sont réunis pour faire de cette CAN non seulement une fête footballistique, mais une fête africaine, mondiale et internationale.”

Sweden says journalist held 24 years in Eritrea is aliveFri, 19 Dec 2025 13:23:40 GMT

Sweden said Friday it believed Swedish-Eritrean journalist Dawit Isaak, held without trial in Eritrea for 24 years with no news of his fate, was still alive.The claim came after the Swedish government’s first visit to the repressive nation in more than 30 years.Swedish Foreign Minister Maria Malmer Stenergard said she visited Asmara this week and …

Sweden says journalist held 24 years in Eritrea is aliveFri, 19 Dec 2025 13:23:40 GMT Read More »