Allemagne: les start-up de la défense réclament un virage technologique

Déterminé à faire de l’Allemagne la première force militaire conventionnelle d’Europe, le gouvernement compte largement sur ses traditionnels géants industriels, mais pour les start-up du secteur, Berlin doit au plus vite effectuer un vrai virage vers les drones high-tech. Le chancelier Friedrich Merz a promis des centaines de milliards d’euros d’investissements afin de répondre à la …

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L’EPR de Flamanville atteint 100% de puissance nucléaire pour la première fois

Le réacteur EPR de Flamanville, dans le nord-ouest de la France, a “atteint 100% de puissance nucléaire” pour la première fois dimanche, son exploitant EDF saluant “une étape majeure” pour ce projet qui a accumulé les retards et les surcoûts.”Le 14 décembre 2025 marque le franchissement d’une étape majeure: le réacteur de Flamanville 3 a atteint 100% de puissance nucléaire à 11H37 et a produit 1.669 MW de puissance électrique brute”, a annoncé le producteur français d’électricité dans un communiqué, quelques jours après avoir obtenu le feu vert de l’Autorité de sûreté nucléaire et de radioprotection (ASNR).Flamanville 3, premier réacteur nucléaire à démarrer depuis 25 ans en France, avait été raccordé au réseau électrique le 21 décembre 2024, avec 12 ans de retard par rapport à la date initialement prévue.Ses coûts ont explosé par rapport au devis initial de 3,3 milliards d’euros, estimés désormais par la Cour des comptes jusqu’à 23,7 milliards d’euros aux conditions économiques de 2023.La France, pour laquelle le nucléaire représente une part très importante de sa production électrique, compte plus que jamais sur cette source d’énergie peu émettrice de CO2 mais complexe à mettre en œuvre et génératrice de déchets.Le président Emmanuel Macron avait annoncé en 2022 une ambitieuse politique de relance du nucléaire avec la construction de six réacteurs de nouvelle génération (EPR2) et la possibilité d’en construire huit supplémentaires.Le pays tarde toutefois à finaliser sa feuille de route pour l’énergie ces prochaines années, la troisième Programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE). Le texte est victime de profondes divisions politiques sur le partage entre nucléaire et énergies renouvelables, le Rassemblement national s’opposant notamment au développement des renouvelables.- “Tester les matériels” -“Cette première atteinte des 100% permet de tester les matériels à pleine puissance, réaliser des relevés et vérifier leur bon fonctionnement. Dans les semaines à venir et dans le cadre du programme de démarrage, la puissance du réacteur sera amenée à varier pour poursuivre les essais à différents paliers de puissance et une intervention sera réalisée sur un poste électrique interne”, ajoute EDF.Sur ce dernier point, “les équipes procèderont au remplacement complet d’une traversée de 400 kV d’un poste électrique qui relie les ouvrages aériens aux câbles souterrains qui descendent jusqu’au pied de la falaise et permet d’alimenter le transformateur auxiliaire du réacteur de Flamanville 3″, a détaillé à l’AFP une porte-parle d’EDF.”Cette intervention sera réalisée en puissance – sans avoir à déconnecter le réacteur du réseau”, a-t-elle précisé. L’ASNR avait donné vendredi son feu vert à EDF pour augmenter au-delà de 80% la puissance du réacteur. Le groupe avait alors indiqué que ses équipes étaient “mobilisées pour amener le réacteur à 100% de puissance d’ici la fin de l’automne”, conformément aux annonces faites précédemment.La puissance électrique brute évoquée dimanche se distingue de la puissance nette, qui est injectée sur le réseau électrique national. La différence s’explique parce que le réacteur consomme lui-même une partie de l’électricité qu’il produit pour ses propres besoins.L’EPR, construit face à la Manche au côté de deux autres réacteurs, est le plus puissant du parc nucléaire français et doit pouvoir alimenter deux millions de foyers.D’autres réacteurs EPR sont en service dans le monde, en Chine (Taishan 1 et 2) et en Finlande (Olkiluoto 3). Deux exemplaires sont également en construction à Hinkley Point, dans le sud-ouest de l’Angleterre.

Le Chili élit son président, l’extrême droite donnée favorite

Les Chiliens votent dimanche pour élire leur président, lors d’un scrutin où l’extrême droite est donnée favorite pour la première fois depuis la fin de la dictature d’Augusto Pinochet il y a 35 ans. Crédité d’une large avance par les sondages, l’ultraconservateur José Antonio Kast, avocat de 59 ans, affronte Jeannette Jara, une communiste modérée représentant une vaste coalition de gauche. Les Chiliens ont commencé à voter dans la matinée, a constaté l’AFP. Les premiers résultats devraient être connus peu de temps après la fermeture des bureaux de vote, prévue à 18H00 (21H00 GMT).Le candidat d’extrême droite en est à sa troisième tentative d’accéder à la présidence. Après avoir voté à Paine, à 40 km de Santiago, et s’être pris en selfie avec des sympathisants, il a été applaudi par une foule scandant “Kast, président”.Et promis de rechercher l’unité, dans un pays très polarisé. “Le vainqueur (de l’élection) devra être la présidente ou le président de tous les Chiliens”, a-t-il dit.Catholique pratiquant et père de neuf enfants, l’ex-député a fait campagne sur la lutte contre la criminalité et la promesse d’expulser les près de 340.000 migrants en situation irrégulière, pour la plupart des Vénézuéliens ayant fui la crise dans leur pays. En face, Jeannette Jara, 51 ans, ex-ministre du Travail du président sortant Gabriel Boric, promet l’augmentation du salaire minimum et la défense des retraites.Au premier tour le 16 novembre, les deux candidats ont obtenu chacun un quart des suffrages, avec une légère avance pour la gauche. Mais l’ensemble des candidats de droite ont totalisé 70%. – Sécurité et immigration  -Arturo Huichaqueo, un chauffeur de taxi de 57 ans, votera Jara “pour ne pas perdre en matière sociale”, alors que Kast défend une baisse drastique de la dépense publique.Francesca Duran, étudiante en anthropologie de 20 ans, fera le même choix, ne voulant pas voter pour “un fasciste”.Pour Ursula Villalobos, femme au foyer de 44 ans, ce qui compte au contraire, “davantage que les prestations sociales, c’est le travail, la sécurité. Que les gens puissent sortir de chez eux sans avoir peur”.Comme elle, Gregorio Riera, un Vénézuélien de 49 ans autorisé à voter comme certains résidents au Chili, glissera dans l’urne un bulletin pour Kast. “Je suis venu du Venezuela à cause du communisme, ce n’est pas pour revenir à la même chose”, explique-t-il en référence à Jeannette Jara. La criminalité et l’immigration irrégulière sont en tête des préoccupations des Chiliens, devant les difficultés économiques liées à une croissance atone. “Le pays s’effondre”, répète à l’envi José Antonio Kast, candidat du Parti républicain qu’il a fondé en 2019. Les experts parlent de perceptions en décalage avec la réalité.Si le taux d’homicides a doublé au cours de la dernière décennie, il est en recul ces dernières années et est bien inférieur à la moyenne régionale. Les délits violents, comme les enlèvements et l’extorsion, ont néanmoins augmenté.M. Kast, opposé à l’avortement même en cas de viol ainsi qu’au mariage homosexuel, a mis en sourdine pendant cette campagne ses positions conservatrices.- “Pinochet sans uniforme” -Le discours sécuritaire de la droite et de l’extrême droite au Chili trouve d’autant plus d’écho que le gouvernement de gauche sortant a généré des frustrations. La révolte sociale de 2019 pour davantage d’égalité sociale, marquée par des violences, a été “très traumatisante” et, conjuguée à la pandémie, elle a produit “un mouvement vers le conservatisme”, relève la politologue Claudia Heiss. Cecilia Mora, une retraitée de 71 ans, votera pour Jara et décrit M. Kast comme “un Pinochet sans uniforme”, dans un pays où la dictature a fait 3.200 morts et disparus entre 1973 et 1990. L’ultraconservateur a soutenu la dictature militaire et assuré que si Pinochet était en vie, il voterait pour lui.Des enquêtes menées par des médias en 2021 ont révélé que son père, né en Allemagne, avait été membre du parti d’Adolf Hitler. José Antonio Kast affirme que son père a été enrôlé de force dans l’armée allemande et nie qu’il ait été un partisan du mouvement nazi.Selon Robert Funk, professeur de sciences politiques à l’Université du Chili, les électeurs qui voteront pour Kast le feront “malgré, et non à cause, de son soutien à Pinochet”.

Italie: l’AC Milan contrarié à domicile

L’AC Milan a laissé filer deux points devant son public en se contentant d’un match nul (2-2) contre Sassuolo dimanche lors de la 15e journée du Championnat d’Italie.Coleader de la Serie A avec le Napoli avant le coup d’envoi, le Milan est certes passé seul en tête (32 pts), mais il peut être dépassé par le champion en titre (2e, 31 pts) qui se déplace à Udine (15h00) et par l’Inter Milan (3e, 30 pts), opposé en fin d’après-midi (18h00) au Genoa.Le dimanche des Rossoneri a mal débuté et a tout aussi mal fini. Ils ont concédé un but dès la 13e minute et se sont fait surprendre par Armand Laurienté (77e).Entre-temps, l’équipe de Massimiliano Allegri a égalisé, puis mené. Elle est revenue à la hauteur de Sassuolo à la 34e minute grâce à Davide Bartesaghi. Le défenseur de 19 ans a ouvert son compteur en Serie A en reprenant au second poteau un centre fuyant de Ruben Loftus-Cheeks.L’international Espoirs italien a doublé la mise dès la reprise (47e), d’une superbe frappe dans un angle fermé après une ouverture en pivot de Christopher Nkunku.L’AC Milan, dont deux buts ont été annulés, aurait pu perdre encore plus gros sans un arrêt de Mike Maignan devant Laurienté (88e).”On a fait un bon match. On peut penser qu’on a perdu deux points, je pense moi qu’on a gagné un point qui pourrait être important”, a analysé Allegri sur la plateforme DAZN.”Il faut qu’on s’améliore encore, car on encaisse trop de buts (…) Mais on est dans les quatre premiers, c’est notre objectif de début de saison”, a-t-il ajouté.L’AC Milan, comme l’Inter, Bologne et Naples, sera dispensé de championnat le week-end prochain, car ils disputeront la Supercoupe d’Italie en Arabie saoudite, du 18 au 22 décembre.

Allemagne: les start-up de la défense réclament un virage technologique

Déterminé à faire de l’Allemagne la première force militaire conventionnelle d’Europe, le gouvernement compte largement sur ses traditionnels géants industriels, mais pour les start-up du secteur, Berlin doit au plus vite effectuer un vrai virage vers les drones high-tech. Le chancelier Friedrich Merz a promis des centaines de milliards d’euros d’investissements afin de répondre à la fois à la menace russe, jugée évidente depuis l’invasion de l’Ukraine, et aux Etats-Unis qui ne veulent plus financer des pans entiers de la sécurité européenne. Pour les jeunes pousses de la tech, si le conflit en Ukraine a illustré une chose, c’est que le progrès technologique en matière de drones est devenu le nerf de la guerre.Que ce soit pour frapper, larguer des projectiles, ravitailler ou espionner, ces appareils autonomes et sans pilote sont relativement bon marché. Ils sont capables de détruire des systèmes adverses bien plus chers, en ne risquant que les vies de l’ennemi. Et leur efficacité et leur autonomie vont s’accroître avec les avancées de l’intelligence artificielle.Chez leurs fabricants, on espère que le gouvernement allemand va réaliser le caractère révolutionnaire de ces technologies, et les placer au centre de l’armée de demain.”Clairement, on a accordé une importance excessive aux systèmes traditionnels”, assène auprès de l’AFP Gundbert Scherf, cofondateur de Helsing, start-up allemande lancée en 2021 qui livre des drones d’attaque à l’Ukraine.- Aller plus vite -“J’espère que les normes des dépenses vont changer, qu’on passera d’un ratio de 99% pour les systèmes traditionnels et 1% pour les systèmes autonomes, à quelque chose de plus équilibré”, poursuit le responsable de la société dont la valeur a été estimé à 12 milliards d’euros.Stark, autre nouveau venu fondé l’an dernier, reconnaît un progrès mais pointe aussi les lenteurs actuelles. “L’approvisionnement (militaire) en Allemagne est en train de changer, et ça c’est vraiment positif”, explique Josef Kranawetvogl, un haut responsable de Stark, qui compte parmi ses investisseurs le milliardaire controversé de la Silicon Valley, Peter Thiel, proche de Donald Trump. “Nous sommes très bons en Europe pour écrire des documents stratégiques, mais il nous faut plus de mise en oeuvre, on doit rester dans la course, on doit aller plus vite”, dit-il.Face à ces nouveaux venus, on trouve les poids lourds de l’industrie de l’armement, qui emploient des dizaines de milliers de personnes et sont ancrés depuis des décennies dans le paysage politico-économique allemand.Le PDG de Rheinmetall, numéro un du secteur dont l’activité a été fortement stimulée avec la guerre en Ukraine, estime que le temps de l’armement traditionnel n’est pas révolu.Selon lui, il faudra de tout : des drones high-tech certes, que son groupe produit d’ailleurs, mais également beaucoup de chars, de canons, de munitions classiques.”Sans véhicules blindés, il est impossible de défendre un pays ou de repousser un agresseur”, a jugé Armin Papperberger lors d’une rencontre récente avec des journalistes étrangers à laquelle un journaliste de l’AFP participait.Pour lui, une guerre impliquant l’Otan “serait très différente de ce qu’on voit actuellement en Ukraine”. “Les drones y joueraient un rôle moins significatif qu’actuellement”, se risque-t-il à prévoir. Côté gouvernement, les chiffres parlent d’eux-mêmes. Le ministre de la Défense a évoqué 10 milliards d’euros d’investissements dans les drones dans les prochaines années. Or, selon des documents auxquels le site Politico a eu accès, l’enveloppe des dépenses prévues pour 2024-2034 est de 377 milliards d’euros. Dont quelque 88 milliards pour des sociétés dans l’orbite de Rheinmettall.  Un porte-parole du ministère allemand de la Défense n’a pas souhaité commenter ces chiffres, mais défend les armements traditionnels.- Armes de la dernière guerre -Pour lui, les drones sont “décisifs dans le combat”, mais a eux seuls ils ne font pas la différence dans une guerre.”Les chars d’assaut, les transports de troupes blindés et les avions de combat seront toujours nécessaires”, juge ce porte-parole, qui ne souhaite pas être identifié conformément à la politique de son ministère.         Pour certains observateurs extérieurs, l’Allemagne risque de rater une révolution technologique, son armée ayant déjà connu son lot de scandales d’équipements obsolètes ou inadaptés.La “planification (des militaires) est à la traîne par rapport à l’essor inexorable des systèmes autonomes et sans pilote”, ont récemment écrit l’historien britannique Niall Ferguson et Moritz Schularick, président de l’Institut IfW Kiel.Pour eux, l’Allemagne doit prendre garde à ne pas se retrouver avec “les armes de la dernière guerre, au lieu de celles de la prochaine”.