Bayrou consent à revisiter la réforme des retraites

Cherchant Ă  Ă©viter la censure des socialistes, François Bayrou s’est rĂ©solu mardi Ă  revenir sur la rĂ©forme des retraites d’Emmanuel Macron, en annonçant un “conclave” de trois mois pour en rediscuter “sans aucun totem” ni “tabou” sur le dĂ©part ultracontestĂ© Ă  64 ans.Mais “le compte n’y est pas”, a dĂ©plorĂ© le chef de file des dĂ©putĂ©s socialistes, Boris Vallaud, sans dire s’il votera la censure ou pas sur la dĂ©claration de politique gĂ©nĂ©rale du Premier ministre.”OĂą sont vos engagements? OĂą sont vos compromis?”, a-t-il lancĂ© alors que François Bayrou est restĂ© flou sur ses intentions budgĂ©taires et les “Ă©conomies importantes” promises pour rĂ©duire l’endettement.”L’injonction que le pays nous assigne”, c’est de “retrouver la stabilitĂ©”, avait d’emblĂ©e dĂ©clarĂ© le Premier ministre devant l’AssemblĂ©e nationale qui a censurĂ© son prĂ©dĂ©cesseur Michel Barnier au bout de seulement trois mois. ConfrontĂ© Ă  la mission quasi-impossible de survivre, et faire adopter un budget pour l’annĂ©e en cours, il s’est montrĂ© prudemment optimiste: “Quand tout paraĂ®t aller mal, on est contraint au courage”.”Nous n’avons pas le droit, au nom de nos passions politiques, d’hypothĂ©quer la vie de nos concitoyens”, a-t-il conclu, applaudi par le camp prĂ©sidentiel, plus timidement par la droite, et chahutĂ© par une partie de la gauche.- “Risques” -“Je connais tous les risques” de la censure, dĂ©jĂ  promise par la France insoumise, a admis François Bayrou. Les Ecologistes la voteront Ă©galement, a annoncĂ© leur cheffe de file Ă  l’AssemblĂ©e Cyrielle Chatelain, dĂ©plorant que seuls “158 mots au bout d’une heure et quart de discours” aient Ă©tĂ© consacrĂ©s Ă  l’environnement.Si le chef du gouvernement s’appuie sur les mĂŞmes forces que Michel Barnier – le camp macroniste et la droite -, il a misĂ© sur des nĂ©gociations serrĂ©es avec la gauche, hors LFI, contrairement Ă  son prĂ©dĂ©cesseur qui avait tentĂ©, en vain, de contenter le Rassemblement national (RN).Boris Vallaud a dit “prendre” la proposition – qui Ă©tait celle des socialistes – d’une renĂ©gociation des retraites, y compris sur l’âge, mais il a refusĂ© tout retour Ă  la loi antĂ©rieure s’il n’y avait pas d’accord, comme Ă©voquĂ© par M. Bayrou. “Notre objectif demeure l’abrogation” et le retour du texte devant les dĂ©putĂ©s, a-t-il martelĂ©.Au coeur des tractations, jusqu’au bout, figurait cette rĂ©forme, adoptĂ©e en 2023 au forceps grâce Ă  l’article controversĂ© 49.3 de la Constitution, qui portait de 62 Ă  64 ans l’âge lĂ©gal de dĂ©part. Le chef du gouvernement a annoncĂ© vouloir “remettre ce sujet en chantier, avec les partenaires sociaux, pour un temps bref”, en commençant par une “mission flash” de la Cour des comptes et une rĂ©union des partenaires sociaux “dès vendredi” au sein d’une “dĂ©lĂ©gation permanente”.L’alliĂ© historique d’Emmanuel Macron n’a donc pas Ă©voquĂ© de “suspension” formelle du texte de 2023, une demande des socialistes qui hĂ©rissait une partie du camp prĂ©sidentiel et de la droite.Il a estimĂ© qu’une “fenĂŞtre de tir” s’ouvrait sans nĂ©cessiter de pause, puisque la loi “a prĂ©vu que l’âge lĂ©gal de dĂ©part passerait Ă  63 ans fin 2026”.François Bayrou a aussi assurĂ© n’avoir “aucun tabou, pas mĂŞme l’âge” mais avec une “seule exigence”: ne pas “dĂ©grader l’équilibre financier”, et donc trouver d’autres pistes de financement.- NFP “Ă  terre” -Ironie du sort, c’est Élisabeth Borne, numĂ©ro deux du nouveau gouvernement, qui a lu devant le SĂ©nat le mĂŞme discours, alors qu’elle a portĂ© cette rĂ©forme ultracontestĂ©e en tant que Première ministre il y a seulement deux ans.”Nous sommes peut-ĂŞtre Ă  quelques heures d’un accord possible”, avait affirmĂ© pourtant quelques heures plus tĂ´t le Premier secrĂ©taire du PS Olivier Faure, qui en Ă©change ne censurerait pas le gouvernement.Au-delĂ  des retraites, François Bayrou a exhortĂ© les forces politiques Ă  se “ressaisir pour adopter sans tarder” les projets de budget de l’Etat et de la SĂ©curitĂ© sociale pour 2025, laissĂ©s en jachère par la chute du gouvernement Barnier. Sans rien dĂ©voiler de ses intentions comme en matière d’impĂ´ts.Il a dit viser dĂ©sormais un dĂ©ficit public de 5,4% du PIB en 2025, au lieu de 5%, et une croissance de 0,9% contre 1,1% escomptĂ©s par son prĂ©dĂ©cesseur.”Tous les partis de gouvernement, sans exception, ont une responsabilitĂ©” dans l’endettement accumulĂ© “ces dernières dĂ©cennies”, a affirmĂ© le Premier ministre, Ă©voquant “une Ă©pĂ©e de Damoclès au-dessus de notre pays et de notre modèle social”.Le leader de LFI Jean-Luc MĂ©lenchon a accusĂ© les socialistes d’avoir “mis le NFP (alliance de gauche, ndlr) Ă  terre” en nĂ©gociant avec le gouvernement.Si les dĂ©putĂ©s RN ne comptent pas censurer immĂ©diatement le gouvernement, le prĂ©sident du parti Jordan Bardella a dĂ©noncĂ© un discours “lĂ©nifiant” de “concertation +sans fin+”.A droite, le prĂ©sident des RĂ©publicains Laurent Wauquiez a contestĂ© la proposition de François Bayrou d’avancer sur “un principe de proportionnelle”, tout en apportant un “soutien exigeant, texte par texte” au gouvernement.Le chef de file des dĂ©putĂ©s macronistes Gabriel Attal a pour sa part enjoint ses collègues socialistes “Ă  ne pas voter la censure”, pour que les Français puissent “reprendre espoir”.

Embolie de la justice: stigmatisés par certains magistrats, les avocats se défendent

“Les avocats ne sont pas complices de leurs clients”: accusĂ©e par certains magistrats de participer Ă  dessein Ă  l’embolie de la chaĂ®ne pĂ©nale, la profession s’indigne et se dĂ©fend, mettant en garde contre un inquiĂ©tant “amalgame”.Depuis quelques mois, plusieurs magistrats ciblent de plus en plus ouvertement certains avocats, essentiellement ceux spĂ©cialisĂ©s en criminalitĂ© organisĂ©e, leur reprochant de multiplier les stratagèmes pour noyer la chaĂ®ne judiciaire et obtenir la libĂ©ration de leurs clients, la dĂ©tention provisoire ne pouvant excĂ©der certains dĂ©lais. “Nous avons le sentiment que c’est la notion mĂŞme de dĂ©fense qui devient insupportable” Ă  ces magistrats, dĂ©plore Romain Boulet, coprĂ©sident de l’association des avocats pĂ©nalistes. DĂ©jĂ  en mars dernier, une juge d’instruction marseillaise auditionnĂ©e par la commission d’enquĂŞte sĂ©natoriale sur le narcotrafic avait provoquĂ© un tollĂ© parmi les avocats en Ă©voquant une “certaine dĂ©fense”, “pas constructive”, pour Ă©viter d’aborder “le fond du dossier”.La semaine dernière, le garde des Sceaux GĂ©rald Darmanin relayait ce point de vue, affirmant sur RTL qu’une “minoritĂ©” d’avocats travaillait “non pas Ă  l’innocence de leurs clients” mais Ă  “emboliser la chambre de l’instruction” et “le processus judiciaire pour libĂ©rer de dĂ©tention provisoire des personnes”.Lundi, les deux plus hauts magistrats de la cour d’appel d’Aix-en-Provence ont, lors de l’audience solennelle de rentrĂ©e de la juridiction, pointĂ© du doigt, de manière très explicite, l’attitude de certains conseils.Le procureur gĂ©nĂ©ral Franck Rastoul a ainsi regrettĂ© que “l’argent de la drogue corrompe parfois les pratiques professionnelles” de certains acteurs du monde judiciaire, avec notamment une “minoritĂ© d’avocats qui font de la criminalitĂ© organisĂ©e leur prĂ© carrĂ© (…) et transforment les audiences en +ring de boxe judiciaire+”.Le premier prĂ©sident de la cour d’appel, Renaud Le Breton de Vannoise, a pour sa part dĂ©plorĂ© le “vĂ©ritable bras de fer” imposĂ© aux magistrats par la multiplication des incidents de procĂ©dure, “quelle que soit leur pertinence”, afin d’obtenir des renvois d’audience. – “DĂ©loyautĂ©” -De façon plus policĂ©e, la procureure gĂ©nĂ©rale de la cour d’appel de Paris, Marie-Suzanne Le QuĂ©au, a Ă©voquĂ©, Ă©galement en audience solennelle lundi, un “mouvement rĂ©cent consistant pour des dĂ©tenus Ă  prĂ©senter des demandes de mise en libertĂ© en nombre très consĂ©quent et Ă  opter en appel pour la comparution personnelle, dans le seul but d’emboliser la chaĂ®ne pĂ©nale”.Si cette petite musique monte depuis un certain temps, “hier (lundi) Ă  Aix-en-Provence, pour la première fois, des magistrats en robe ont lors d’une audience solennelle dĂ©signĂ© des avocats comme complices de leurs clients”, s’Ă©meut auprès de l’AFP Romain Boulet, qui se dit “très en colère”.”Aujourd’hui, ce n’est pas en empĂŞchant les gens de se dĂ©fendre qu’on va rĂ©soudre le problème du trafic de drogue”, prĂ©vient-il. “Si un jour un rĂ©gime autoritaire prend le pouvoir, tout sera en place pour un dĂ©voiement des libertĂ©s publiques.””Nous avons un seul mot d’ordre: pas d’amalgame”, rĂ©agit de son cĂ´tĂ© Julie Couturier, prĂ©sidente du Conseil national des barreaux (CNB), qui reprĂ©sente les 77.600 avocats de France. “Qu’il puisse y avoir quelques dĂ©rives et des comportements dĂ©viants de certains avocats, oui. Mais il appartient aux conseils de l’ordre d’apprĂ©cier ce qui relève d’une stratĂ©gie de dĂ©fense et ce qui relève de la dĂ©loyautĂ©” et de sanctionner le cas Ă©chĂ©ant, souligne-t-elle.”Nous avons conscience des enjeux” de la lutte contre la criminalitĂ© organisĂ©e, mais “cela ne peut pas passer par un recul des droits de la dĂ©fense et une forme de stigmatisation de la profession”, dĂ©clare la vice-bâtonnière de Paris, Vanessa Bousardo, rappelant que les conseils s’appuient sur le code de procĂ©dure pĂ©nale pour leurs requĂŞtes en nullitĂ©.”Il a Ă©tĂ© fait Ă©tat d’une minoritĂ© d’avocats” dans les propos tenus rĂ©cemment, observe-t-elle, “mais une minoritĂ© ne peut pas emboliser la justice”. Le système est “dĂ©jĂ  malade, Ă  bout de souffle”, ajoute-t-elle. “Le vrai sujet c’est celui des moyens de la justice”, abonde Julie Couturier. “Les avocats ne sont pas lĂ  pour contourner un système mais pour contribuer Ă  la justice.”

A close-up of a stack of newspapers resting on a desk, symbolizing information and media.

La flore et la faune de Mayotte dĂ©vastĂ©es, comme “une dĂ©flagration qui a tout soufflĂ©”

“Il n’en reste plus grand-chose”: Ă  l’avant d’un bateau, le prĂ©sident des Naturalistes de Mayotte revoit “pour la première fois depuis Chido” la mangrove de l’Ă®lot Mbouzi, dont le touffu couvert vĂ©gĂ©tal a disparu, laissant apparaĂ®tre les racines dĂ©charnĂ©es des palĂ©tuviers.Le paysage de dĂ©vastation que contemple Michel Charpentier, responsable des Naturalistes de Mayotte depuis 20 ans, sur un des Ă®lots au large de Mamoudzou, s’est malheureusement gĂ©nĂ©ralisĂ© sur l’archipel depuis le passage du cyclone le 14 dĂ©cembre.Les grands arbres de l’Ă®le aux Parfums – comme les manguiers ou les baobabs – ont Ă©tĂ© “couchĂ©s, cassĂ©s, arrachĂ©s”, relate le naturaliste Ă  l’AFP. “On a l’impression d’une dĂ©flagration qui a tout soufflĂ©”, s’Ă©tonne-t-il.Le nord et l’est ont souffert mais c’est dans le centre de Mayotte que le spectacle saisit. Sur plusieurs kilomètres, d’immenses arbres dont il ne reste plus que les troncs peuplent les collines au sol parfois noirci, a constatĂ© une journaliste de l’AFP.- Plantes envahissantes -Sur l’Ă®lot Mbouzi, bĂ©nĂ©voles et employĂ©s des Naturalistes nettoient et dĂ©gagent les sentiers pĂ©dagogiques, armĂ©s de sacs poubelle, gants, parfois petites tronçonneuses.Devant de timides bourgeons, Michel Charpentier relativise: “Ça cicatrise mais ça ne fera pas repousser les arbres tombĂ©s”.Le directeur de l’association François Beudard met en garde: cette situation va profiter aux plantes envahissantes qui “repoussent plus rapidement que les espèces indigènes ou endĂ©miques”.Autre point de vigilance pour le directeur: les agriculteurs “lĂ©gaux ou illĂ©gaux” qui s’accaparent dĂ©jĂ  ces terres Ă  nu pour “planter du manioc et des bananes” alors que la culture sur brĂ»lis, notamment, fait des ravages Ă  Mayotte, en appauvrissant les espaces naturels.Le drame serait de “perdre des espèces endĂ©miques rares, qui pourraient disparaĂ®tre Ă  jamais, comme les Ă©bènes des Comores, très reprĂ©sentĂ©s sur l’Ă®lot Mbouzi”, s’inquiète le conservateur de cette rĂ©serve naturelle nationale, Thani Mohamed Ibouroi.Pour souligner la richesse de la biodiversitĂ© du dĂ©partement, le conservateur rappelle qu’il accueille deux espèces de baobabs, “quand il n’y en a qu’une seule sur tout le continent africain”.Quant aux mangroves, “pas mal touchĂ©es”, elles devraient toutefois “repartir”, se console Juliette Crouzet, chargĂ©e de mission au sein de l’association. Mais avant qu’elles puissent de nouveau jouer leur rĂ´le de “tampon” en cas de submersion marine ou de “nourricière” pour les espèces marines qui s’y reproduisent, il faudra les nettoyer. “Toutes les ordures, poubelles parties dans le lagon (pendant Chido) reviennent dans les mangroves Ă  chaque marĂ©e haute”, constate l’experte, devant des palĂ©tuviers auxquels s’accrochent de vieux tissus souillĂ©s.- LĂ©muriens en dĂ©route -CĂ´tĂ© faune, les lĂ©muriens et chauves-souris “ont Ă©tĂ© le plus impactĂ©s” par Chido, estime Michel Charpentier.Les makis, ces figures familières de l’Ă®le qui se dĂ©placent sur les arbres ou fils Ă©lectriques, leur queue en balancier, Ă©taient au nombre de 20.000 au dernier recensement, chiffre le responsable. Mais beaucoup ont dĂ» mourir dans les arbres secouĂ©s par le cyclone, de mĂŞme que les roussettes, ces grandes chauves-souris Ă  la tĂŞte orange, selon lui.Frugivores, ces espèces peinent dĂ©sormais Ă  se nourrir, et les makis notamment sont “dĂ©nutris” et “perdus”, se faisant Ă©craser sur les routes par manque de vitalitĂ©.Les petites chauves-souris, “celles qu’on voit en Europe” et qui vivent sous les toitures dĂ©sormais envolĂ©es, “n’ont plus de gĂ®te”.”Il va y avoir une forte mortalitĂ©, c’est irrĂ©mĂ©diable”, prĂ©dit encore M. Charpentier.Thani Mohamed Ibouroi, parti sur un autre Ă®lot, “lĂ  oĂą il y a la plus forte densitĂ© de pailles-en-queue” Ă  Mayotte, revient rassurĂ©: les fins oiseaux immaculĂ©s Ă  la longue queue “sont lĂ , en activitĂ©”. En revanche, “il y a des cadavres d’oiseaux” qu’il n’a “pu identifier”.”Je ne suis pas sĂ»r qu’on puisse revenir Ă  l’identique parce que les dĂ©gâts sont Ă©normes” et qu’il va falloir un long travail de diagnostic, selon Michel Charpentier.Et ce, “s’il n’y a pas d’accident climatique du mĂŞme genre dans les deux ans”.

La flore et la faune de Mayotte dĂ©vastĂ©es, comme “une dĂ©flagration qui a tout soufflĂ©”

“Il n’en reste plus grand-chose”: Ă  l’avant d’un bateau, le prĂ©sident des Naturalistes de Mayotte revoit “pour la première fois depuis Chido” la mangrove de l’Ă®lot Mbouzi, dont le touffu couvert vĂ©gĂ©tal a disparu, laissant apparaĂ®tre les racines dĂ©charnĂ©es des palĂ©tuviers.Le paysage de dĂ©vastation que contemple Michel Charpentier, responsable des Naturalistes de Mayotte depuis 20 ans, sur un des Ă®lots au large de Mamoudzou, s’est malheureusement gĂ©nĂ©ralisĂ© sur l’archipel depuis le passage du cyclone le 14 dĂ©cembre.Les grands arbres de l’Ă®le aux Parfums – comme les manguiers ou les baobabs – ont Ă©tĂ© “couchĂ©s, cassĂ©s, arrachĂ©s”, relate le naturaliste Ă  l’AFP. “On a l’impression d’une dĂ©flagration qui a tout soufflĂ©”, s’Ă©tonne-t-il.Le nord et l’est ont souffert mais c’est dans le centre de Mayotte que le spectacle saisit. Sur plusieurs kilomètres, d’immenses arbres dont il ne reste plus que les troncs peuplent les collines au sol parfois noirci, a constatĂ© une journaliste de l’AFP.- Plantes envahissantes -Sur l’Ă®lot Mbouzi, bĂ©nĂ©voles et employĂ©s des Naturalistes nettoient et dĂ©gagent les sentiers pĂ©dagogiques, armĂ©s de sacs poubelle, gants, parfois petites tronçonneuses.Devant de timides bourgeons, Michel Charpentier relativise: “Ça cicatrise mais ça ne fera pas repousser les arbres tombĂ©s”.Le directeur de l’association François Beudard met en garde: cette situation va profiter aux plantes envahissantes qui “repoussent plus rapidement que les espèces indigènes ou endĂ©miques”.Autre point de vigilance pour le directeur: les agriculteurs “lĂ©gaux ou illĂ©gaux” qui s’accaparent dĂ©jĂ  ces terres Ă  nu pour “planter du manioc et des bananes” alors que la culture sur brĂ»lis, notamment, fait des ravages Ă  Mayotte, en appauvrissant les espaces naturels.Le drame serait de “perdre des espèces endĂ©miques rares, qui pourraient disparaĂ®tre Ă  jamais, comme les Ă©bènes des Comores, très reprĂ©sentĂ©s sur l’Ă®lot Mbouzi”, s’inquiète le conservateur de cette rĂ©serve naturelle nationale, Thani Mohamed Ibouroi.Pour souligner la richesse de la biodiversitĂ© du dĂ©partement, le conservateur rappelle qu’il accueille deux espèces de baobabs, “quand il n’y en a qu’une seule sur tout le continent africain”.Quant aux mangroves, “pas mal touchĂ©es”, elles devraient toutefois “repartir”, se console Juliette Crouzet, chargĂ©e de mission au sein de l’association. Mais avant qu’elles puissent de nouveau jouer leur rĂ´le de “tampon” en cas de submersion marine ou de “nourricière” pour les espèces marines qui s’y reproduisent, il faudra les nettoyer. “Toutes les ordures, poubelles parties dans le lagon (pendant Chido) reviennent dans les mangroves Ă  chaque marĂ©e haute”, constate l’experte, devant des palĂ©tuviers auxquels s’accrochent de vieux tissus souillĂ©s.- LĂ©muriens en dĂ©route -CĂ´tĂ© faune, les lĂ©muriens et chauves-souris “ont Ă©tĂ© le plus impactĂ©s” par Chido, estime Michel Charpentier.Les makis, ces figures familières de l’Ă®le qui se dĂ©placent sur les arbres ou fils Ă©lectriques, leur queue en balancier, Ă©taient au nombre de 20.000 au dernier recensement, chiffre le responsable. Mais beaucoup ont dĂ» mourir dans les arbres secouĂ©s par le cyclone, de mĂŞme que les roussettes, ces grandes chauves-souris Ă  la tĂŞte orange, selon lui.Frugivores, ces espèces peinent dĂ©sormais Ă  se nourrir, et les makis notamment sont “dĂ©nutris” et “perdus”, se faisant Ă©craser sur les routes par manque de vitalitĂ©.Les petites chauves-souris, “celles qu’on voit en Europe” et qui vivent sous les toitures dĂ©sormais envolĂ©es, “n’ont plus de gĂ®te”.”Il va y avoir une forte mortalitĂ©, c’est irrĂ©mĂ©diable”, prĂ©dit encore M. Charpentier.Thani Mohamed Ibouroi, parti sur un autre Ă®lot, “lĂ  oĂą il y a la plus forte densitĂ© de pailles-en-queue” Ă  Mayotte, revient rassurĂ©: les fins oiseaux immaculĂ©s Ă  la longue queue “sont lĂ , en activitĂ©”. En revanche, “il y a des cadavres d’oiseaux” qu’il n’a “pu identifier”.”Je ne suis pas sĂ»r qu’on puisse revenir Ă  l’identique parce que les dĂ©gâts sont Ă©normes” et qu’il va falloir un long travail de diagnostic, selon Michel Charpentier.Et ce, “s’il n’y a pas d’accident climatique du mĂŞme genre dans les deux ans”.

Retraites, santĂ©, proportionnelle: ce qu’il faut retenir du discours de Bayrou

Une nĂ©gociation très attendue mais peu d’annonces concrètes: dans sa dĂ©claration de politique gĂ©nĂ©rale mardi devant l’AssemblĂ©e, le Premier ministre François Bayrou s’est engagĂ© Ă  rouvrir le “chantier” des retraites mais s’est peu avancĂ© sur les autres sujets.- Retraites “en chantier” -Deux ans après la rĂ©forme adoptĂ©e au forceps par sa prĂ©dĂ©cesseure Elisabeth Borne, François Bayrou a “choisi de remettre ce sujet en chantier, avec les partenaires sociaux, pour un temps bref”.Dans l’immĂ©diat, le Premier ministre va demander Ă  la Cour des comptes via “une mission flash de quelques semaines” de prĂ©senter “l’Ă©tat actuel et prĂ©cis du financement du système de retraites”.En parallèle, “une dĂ©lĂ©gation permanente sera créée”, a indiquĂ© M. Bayrou, qui “rĂ©unira dès vendredi” cette instance. Il “proposera aux reprĂ©sentants de chaque organisation de travailler autour de la mĂŞme table (…) pendant trois mois, Ă  dater du rapport de la Cour des comptes”.”Nous pouvons, j’en ai la conviction, rechercher une voie de rĂ©forme nouvelle, sans aucun totem et sans aucun tabou, pas mĂŞme l’âge de la retraite”, a-t-il assurĂ©, Ă  la seule “condition” de ne pas “dĂ©grader l’Ă©quilibre financier” du système de retraites.”Si au cours de ce conclave” Ă©merge “un accord d’Ă©quilibre et de meilleure justice, nous l’adopterons”, a-t-il affirmĂ©, fixant comme “Ă©chĂ©ance” le prochain budget de la SĂ©curitĂ© sociale Ă  l’automne. A dĂ©faut, “c’est la rĂ©forme actuelle qui continuerait de s’appliquer”.- Budget sous pression -M. Bayrou a appelĂ© le Parlement Ă  “adopter sans tarder” les deux budgets de l’État et de la SĂ©curitĂ© sociale, en suspens depuis la censure du gouvernement Barnier dĂ©but dĂ©cembre.”Cette prĂ©caritĂ© budgĂ©taire, nous la payons tous au prix fort”, a soulignĂ© le Premier ministre, avant de revoir en baisse la prĂ©vision de croissance de l’Ă©conomie pour 2025, de 1,1% Ă  0,9% du PIB.Le dĂ©ficit public est dĂ©sormais attendu Ă  5,4%, contre 5% prĂ©cĂ©demment, mais toujours avec l’objectif de le ramener en 2029 au maximum de 3% tolĂ©rĂ© par la Commission europĂ©enne.Pour y parvenir, “des Ă©conomies importantes seront proposĂ©es”, a indiquĂ© M. Bayrou, sans plus de prĂ©cision, avant d’annoncer “la crĂ©ation d’un fonds spĂ©cial entièrement dĂ©diĂ© Ă  la rĂ©forme de l’État” et financĂ© par la vente “d’une partie de ses actifs, en particulier immobiliers”.- Rallonge pour la santĂ© -Pas de rabot sur le remboursement des mĂ©dicaments et des consultations mĂ©dicales. “La mesure de dĂ©remboursement” envisagĂ©e par Michel Barnier puis abandonnĂ©e sous la pression du RN “ne sera pas reprise”, a fait savoir M. Bayrou.Au contraire, le gouvernement proposera “une hausse notable” des dĂ©penses de santĂ© afin “d’amĂ©liorer les conditions de travail des soignants et de protĂ©ger les plus fragiles”, a ajoutĂ© le chef du gouvernement, ouvrant la voie Ă  une progression supĂ©rieure aux 2,8% dĂ©jĂ  proposĂ©s Ă  l’automne.Le Premier ministre a confirmĂ© au passage “le remboursement intĂ©gral des fauteuils roulants dès 2025”, promesse formulĂ©e par Emmanuel Macron il y a bientĂ´t deux ans.- Proportionnelle et cumul – M. Bayrou a remis sur la table un sujet qui lui tient Ă  coeur en proposant “d’avancer sur la rĂ©forme du mode de scrutin” aux Ă©lections lĂ©gislatives, avec “l’adoption du principe proportionnel pour la reprĂ©sentation du peuple” tout en restant “enracinĂ© dans les territoires”.Cette rĂ©forme “nous obligera Ă  reposer en mĂŞme temps la question de l’exercice simultanĂ© d’une responsabilitĂ© locale et nationale”, a-t-il poursuivi, reprenant Ă  son compte la position du prĂ©sident du SĂ©nat, GĂ©rard Larcher, en faveur d’un retour du cumul des mandats.Le Premier ministre a Ă©galement relancĂ© une autre de ses idĂ©es: celle d’une “banque de la dĂ©mocratie” pour que les partis politiques puissent se financer auprès d'”organismes publics” et “ne dĂ©pendent plus de choix de banques privĂ©es”.- CollectivitĂ©s mĂ©nagĂ©es -Soucieux d’accorder “une place centrale” aux collectivitĂ©s locales, M. Bayrou a confirmĂ© que l’effort qui leur sera demandĂ© dans le budget 2025 sera ramenĂ© de “5 Ă  2,2 milliards d’euros”.Sur le cas spĂ©cifique de la Corse, le Premier ministre a Ă©galement promis de “respecter” le calendrier “pour aboutir Ă  une Ă©volution constitutionnelle fin 2025”. De mĂŞme pour la Nouvelle-CalĂ©donie, il a souhaitĂ© “que le processus politique reprenne avec des nĂ©gociations qui devront aboutir Ă  la fin de ce trimestre” et annoncĂ© qu’il “invitera en janvier les forces politiques Ă  venir Ă  Paris pour ouvrir ces nĂ©gociations”.

MSNBC boss leaves ahead of Trump White House return

The head of the left-leaning US news channel MSNBC has quit, a source at the network told AFP Tuesday, just days before Donald Trump returns to the White House threatening to silence critical coverage.Major US media groups are watching Trump’s return with mounting concern as the Republican has called for networks broadcasting unfavorable material to be taken off the air or have their licenses stripped.A source briefed on the departure insisted that the exit of Rashida Jones, the first Black woman to run a major US cable news operation, was not linked to an expected post-election ratings dip. And Jones was not pushed, the source added.”(Jones) has made the decision to step down as president of MSNBC after an extraordinary tenure leading the network,” Mark Lazarus, chairman of NBCUniversal Media Group, MSNBC’s parent, wrote in a memo to staff seen by AFP.Jones, in the post since February 2021, said in her own memo to colleagues that she would stay on for the next few months to support her successor Rebecca Kutler, previously the channel’s content strategy supremo.MSNBC has defined itself in recent years with a highly critical line on Trump, overtaking cable news stalwart CNN to become the second most-watched US channel — but trailing conservative favorite Fox News, a gap that widened in the final weeks of the 2024 presidential campaign.Jones’s exit comes as MSNBC’s overall parent company Comcast seeks to spin off its cable channels into a company separate from its entertainment division, the jewel in the crown of which is DreamWorks Pictures.- Media pressure -As well as threatening action against the media companies themselves, Trump has said he wants to go after journalists personally.He has also suggested that journalists who refuse to give up the sources of stories damaging to the president-elect and his incoming administration could be jailed, along with their editors and publishers.His most aggressive threats could be difficult to pursue given constitutionally enshrined media protections, but costly lawsuits could prove a drain on some news organizations. Some companies have already appeared to take on a deferential posture toward the incoming administration.In mid-December, the ABC News network, owned by Disney Group, agreed to pay $15 million in damages to resolve defamation lawsuits brought by Trump, linked to its reporting on litigation against the incoming president.Days later, Trump sued a local newspaper, the Des Moines Register, and a pollster who had predicted ahead of the election that he would lose the state of Iowa.In a surprise move that drew criticism from viewers and pundits, former Republican Joe Scarborough and his wife Mika Brzezinski, hosts of MSNBC’s flagship “Morning Joe” program, visited the president-elect at his luxurious Mar-a-Lago residence the day after his win.

Fin de vie: Bayrou renvoie aux prérogatives du Parlement, des questions en suspens

Le Premier ministre, François Bayrou, a renvoyĂ© mardi au “pouvoir d’initiative” du Parlement sur le sujet sensible de la fin de vie, l’Ă©voquant brièvement dans sa dĂ©claration de politique gĂ©nĂ©rale sans se prononcer ni sur le dĂ©lai d’examen d’un texte ni sur le fond.Estimant que le Parlement a “des prĂ©rogatives qui doivent ĂŞtre pleinement respectĂ©es”, il a affirmĂ© que ce dernier “ne manquera pas de (l’)exercer sur des sujets importants dans notre sociĂ©tĂ©, comme la fin de vie”.Le feuilleton dure depuis plusieurs annĂ©es sur ce sujet de sociĂ©tĂ© sensible, au coeur d’une promesse passĂ©e du prĂ©sident Emmanuel Macron. Après une longue gestation, un projet de loi portĂ© par le gouvernement de Gabriel Attal avait Ă©tĂ© examinĂ© en première lecture au printemps 2024 jusqu’Ă  l’avant-veille des Ă©lections europĂ©ennes. La dissolution de l’AssemblĂ©e nationale l’avait arrĂŞtĂ© avant le vote solennel.Ce texte interrompu devait lĂ©galiser le suicide assistĂ© et, dans certains cas, l’euthanasie, avec de strictes conditions et sans employer ces termes, prĂ©fĂ©rant parler d'”aide active Ă  mourir”.PlutĂ´t que de relancer les travaux parlementaires via un projet de loi, c’est la proposition de loi du dĂ©putĂ© Olivier Falorni (MoDem), large reprise du texte issu des dĂ©bats du printemps, qui servira de base aux nouvelles discussions.”Le Premier ministre (François Bayrou) considère Ă  juste titre que la fin de vie est un sujet majeur de sociĂ©tĂ©” et la “proposition de loi que j’ai dĂ©posĂ©e avec 227 dĂ©putĂ©s peut ĂŞtre la meilleure dĂ©monstration” de la coopĂ©ration exĂ©cutif-lĂ©gislatif, a rĂ©agi auprès de l’AFP Olivier Falorni, rapporteur gĂ©nĂ©ral du projet de loi Ă  l’examen interrompu par la dissolution. Il juge “maintenant urgent de relancer le dĂ©bat parlementaire sur ce texte attendu par des millions de Français”.Lors de ses voeux aux parlementaires Ă  la mi-journĂ©e, la prĂ©sidente de l’AssemblĂ©e nationale, YaĂ«l Braun-Pivet, très allante sur ce sujet, avait plaidĂ© pour un examen Ă  partir du 3 fĂ©vrier, conformĂ©ment aux engagements du gouvernement Barnier, estimant que “ce texte important aurait dĂ» ĂŞtre votĂ© le 18 juin dernier”.La fin de vie figurait Ă  l’ordre du jour des dĂ©bats de l’AssemblĂ©e les semaines des 3 et 10 fĂ©vrier avant que le gouvernement Barnier ne soit censurĂ©.Le gouvernement actuel compte plusieurs opposants Ă  une aide active Ă  mourir, comme le ministre de l’IntĂ©rieur Bruno Retailleau, issu de la droite conservatrice.Du cĂ´tĂ© des soignants Ă©galement opposĂ©s, le Dr Claire Fourcade, prĂ©sidente de la SociĂ©tĂ© française d’accompagnement et de soins palliatifs (Sfap), a dĂ©clarĂ© Ă  l’AFP qu'”on va voir maintenant comment et dans quel dĂ©lai le Parlement s’en saisit”.Elle a jugĂ© “plus radical que tout ce qui se fait Ă  l’Ă©tranger” le texte dĂ©posĂ© par Olivier Falorni, “qui, contrairement Ă  ce qu’il dit, n’est pas celui de la dissolution, puisqu’il a remis des choses contre lesquelles les dĂ©putĂ©s avaient votĂ©”.Parmi les “gros points d’interrogation”, selon elle: “Le fait que le geste puisse ĂŞtre fait Ă  la fois par des mĂ©decins, des infirmiers, des proches, puisqu’il a remis les proches, contre quoi les dĂ©putĂ©s avaient votĂ©”, et “des dĂ©lais d’intervention extrĂŞmement courts”.Elle a aussi rĂ©clamĂ© que la “prioritĂ© aux soins palliatifs, oĂą il y a un vrai consensus”, se traduise budgĂ©tairement.

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Voitures Ă©lectriques: 2025, une annĂ©e cruciale pour l’Europe

L’annĂ©e 2025 va ĂŞtre cruciale pour le dĂ©veloppement du marchĂ© des voitures Ă©lectriques en Europe, entre des normes d’Ă©missions de CO2 plus sĂ©vères et une rafale de nouveaux modèles Ă©lectriques.Au niveau mondial, les ventes de voitures Ă©lectriques ont progressĂ© de 25% en 2024, mais cette nette progression est surtout due au marchĂ© chinois, selon les chiffres publiĂ©s mardi par le cabinet Rho Motion.En Europe, après quatre ans de forte croissance, les ventes de modèles Ă©lectriques ont lĂ©gèrement baissĂ© pour la première fois, Ă  3 millions d’unitĂ©s (-3%).Sur un marchĂ© automobile très ralenti dans cette zone de l’Europe Ă©largie, les modèles hybrides, plus sobres que les modèles Ă  essence, moins chers que les Ă©lectriques, ont pris 20% de parts de marchĂ© en 2024, contre 12% pour les modèles Ă©lectriques, selon les estimations du cabinet AlixPartners, qui portent sur l’Union europĂ©enne et treize pays voisins.A part les Scandinaves, les automobilistes europĂ©ens hĂ©sitent encore Ă  s’Ă©lectrifier, freinĂ©s par le tarif des modèles Ă  batterie mais aussi par la peur de la panne, faute de bornes de recharge en nombre suffisant au bord des routes.- Convaincre les classes moyennes -Il va pourtant falloir accĂ©lĂ©rer: les normes europĂ©ennes d’Ă©missions de CO2 ont Ă©tĂ© renforcĂ©es le 1er janvier et les constructeurs automobiles risquent de lourdes amendes s’ils ne vendent pas plus de 20% de modèles Ă©lectriques. 2025 est “une annĂ©e charnière”, a soulignĂ© mardi l’analyste Alexandre Marian de AlixPartners. Il faudra notamment observer les ventes des nouveaux modèles Ă©lectriques compacts, souligne-t-il.Depuis vendredi, la Renault 5, la CitroĂ«n C3, la Hyundai Inster, la Ford Puma ou encore la Toyota Urban Cruiser se contestent les faveurs des visiteurs du salon de l’automobile de Bruxelles, qui ouvre l’annĂ©e.AffichĂ©s entre 20.000 et 30.000 euros, avec des autonomies moyennes, entre 300 et 400 kilomètres, ces petits modèles polyvalents doivent convaincre les classes moyennes de passer Ă  l’Ă©lectrique, en ville comme Ă  la campagne.Le N°2 europĂ©en Stellantis a indiquĂ© qu’il avait changĂ© de politique commerciale pour pousser ses concessionnaires Ă  atteindre un certain niveau de ventes Ă©lectriques et augmentĂ© un peu les prix des voitures Ă  essence pour compenser des baisses sur les modèles Ă©lectriques.- “Carotte et bâton” -Mais s’ils peuvent jouer sur leurs tarifs, les constructeurs n’ont pas la main sur les dispositifs incitatifs et avantages fiscaux propres Ă  chaque pays d’Europe. Ces primes Ă  la casse, bonus Ă  l’achat et avantages pour les flottes d’entreprises restent essentiels alors que les modèles Ă©lectriques demeurent globalement plus chers que leurs Ă©quivalents hybrides ou Ă  essence. En 2024, les ventes de modèles Ă©lectriques ont notamment Ă©tĂ© pĂ©nalisĂ©es en Allemagne par la suppression des aides Ă  l’achat, tandis qu’elles ont progressĂ© au Royaume-Uni (+21,4%), devenu le premier marchĂ© Ă©lectrique de la zone, notamment grâce Ă  la mise en place d’objectifs de ventes ambitieux pour les constructeurs. “La carotte et le bâton fonctionnent”, a dĂ©clarĂ© Ă  l’AFP un analyste de Rho Motion, Charles Lester. Mais les gouvernements europĂ©ens n’ont pas placĂ© de dispositifs incitatifs “en haut de leur liste” et, parallèlement, les nouveaux modèles Ă©lectriques des constructeurs gardent des tarifs Ă©levĂ©s, a soulignĂ© son collègue William Roberts.Les taxes europĂ©ennes censĂ©es freiner les importations des constructeurs chinois comme BYD ou MG pourraient commencer Ă  avoir des effets au premier semestre 2025 mais l’arrivĂ©e de la marque chinoise de Stellantis, Leapmotor, pourrait changer la donne avec une part de production rĂ©alisĂ©e en Europe, ont ajoutĂ© les analystes de Rho Motion.

Elon Musk en discussion pour racheter TikTok aux USA, une “pure fiction” selon la plateforme

TikTok a qualifiĂ© mardi de “pure fiction” l’information selon laquelle les autoritĂ©s chinoises Ă©valueraient la possibilitĂ© d’une acquisition par Elon Musk de ses activitĂ©s amĂ©ricaines si jamais la populaire plateforme Ă©tait bannie aux Etats-Unis d’ici la fin de la semaine.”De hauts responsables chinois avaient dĂ©jĂ  commencĂ© Ă  dĂ©battre de plans d’urgence pour TikTok dans le cadre d’une vaste discussion sur la manière de travailler avec l’administration de Donald Trump, dont l’une implique Musk”, avaient indiquĂ© lundi des sources confidentielles Ă  Bloomberg.”On ne peut attendre de nous de commenter une pure fiction”, a dĂ©clarĂ© mardi un porte-parole de TikTok Ă  l’AFP.”Selon un scĂ©nario envisagĂ© par le gouvernement chinois, X (…) prendrait le contrĂ´le du TikTok amĂ©ricain et gĂ©rerait les deux entreprises ensemble”, avait prĂ©cisĂ© Bloomberg, Ă©valuant la valeur des opĂ©rations de TikTok aux Etats-Unis entre 40 et 50 milliards de dollars.L’article notait cependant que les dĂ©libĂ©rations Ă©taient “prĂ©liminaires”.Les Etats-Unis ont adoptĂ© l’annĂ©e dernière une loi qui oblige le gĂ©ant chinois du divertissement ByteDance Ă  vendre TikTok d’ici le 19 janvier 2025, sous peine d’interdiction dans le pays oĂą l’application compte 170 millions d’utilisateurs.L’affaire est montĂ©e jusqu’Ă  la Cour suprĂŞme amĂ©ricaine, qui a entendu les arguments des deux parties vendredi: Washington dit vouloir prĂ©venir les risques d’espionnage et de manipulation par PĂ©kin, tandis que le rĂ©seau social et des associations accusent la loi d’Ă©touffer la libertĂ© d’expression.Une nette majoritĂ© des juges se sont montrĂ©s disposĂ©s Ă  autoriser l’interdiction.Le gouvernement chinois et ByteDance se sont toujours ouvertement opposĂ©s Ă  une cession de la partie amĂ©ricaine de TikTok.Elon Musk, fondateur de Tesla et de SpaceX, avait créé la surprise en affichant sa volontĂ© de racheter Twitter dĂ©but 2022. Après des mois de rebondissements et d’attaques sur la plateforme, il avait fini par l’acquĂ©rir pour 44 milliards de dollars. L’homme le plus riche du monde l’a ensuite rebaptisĂ©e X et s’en est largement servi pour soutenir Donald Trump, en plus de ses larges contributions financières au rĂ©publicain.Donald Trump, qui sera de  nouveau prĂ©sident des Etats-Unis dans une semaine, avait tentĂ© d’interdire TikTok Ă  la fin de son premier mandat, en 2020, aussi au nom de la sĂ©curitĂ© nationale.Il est depuis revenu sur ses positions, assurant avoir un “faible” pour l’application et son audience jeune.Outre les voitures Ă©lectriques et les fusĂ©es, Elon Musk a cofondĂ© d’autres entreprises, dont xAI, la plus rĂ©cente, spĂ©cialisĂ©e dans l’intelligence artificielle (IA) gĂ©nĂ©rative, qui nĂ©cessite des montagnes de donnĂ©es fraĂ®ches : les rĂ©seaux sociaux sont idĂ©als pour alimenter les modèles d’IA.L’entrepreneur a aussi gagnĂ© des responsabilitĂ©s politiques. Donald Trump lui a demandĂ© de mener une mission externe de conseil pour faire des Ă©conomies massives dans les budgets fĂ©dĂ©raux.

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A Paris, le ballon du parc André-Citroën part en repos hivernal et recycle son helium

Après celui de la vasque olympique, le ballon captif posĂ© depuis 25 ans dans le parc AndrĂ© CitroĂ«n Ă  Paris a Ă©tĂ© lentement dĂ©gonflĂ© depuis samedi, pendant trois jours et trois nuits, et l’helium recueilli va ĂŞtre recyclĂ©.”C’est la deuxième fois seulement que nous procĂ©dons Ă  une opĂ©ration de rĂ©cupĂ©ration d’hĂ©lium, un gaz rare et coĂ»teux, après celui du ballon des Jeux Olympiques”, explique Ă  l’AFP François-Xavier Onfray, directeur technique d’Aerophile, sociĂ©tĂ© française qui fabrique des ballons livrĂ©s dans le monde entier, essentiellement dans des zones touristiques. Dans une nouvelle livrĂ©e, la montgolfière sera regonflĂ©e au printemps pour reprendre ses envols touristiques, Ă  150 mètres au dessus de Paris, et jusqu’Ă  300 mètres en cas de beau temps.Sa vocation scientifique sera aussi reprise et Ă©tendue. SponsorisĂ© par l’assureur Generali, le ballon bourrĂ© de capteurs, installĂ© depuis 1999, sert Ă  des chercheurs du CNRS Ă  mesurer l’intensitĂ© de la pollution atmosphĂ©rique parisienne.Son gaz inerte, inodore et plus lĂ©ger que l’air n’avait pas Ă©tĂ© renouvelĂ© depuis sept ans. Le gaz a Ă©tĂ© pompĂ© par une startup de Metz, 45-8 Energy, spĂ©cialisĂ©e dans la prospection d’hydrogène et d’helium natif, qui se diversifie dans le recyclage. De samedi matin Ă  lundi soir, jour et nuit, de gros tuyaux ont aspirĂ© les 6.200 mètres cubes d’helium.ArrivĂ© dans un compresseur mobile installĂ© dans un semi-remorque, le gaz a Ă©tĂ© compressĂ© Ă  250 bars, puis stockĂ© dans un autre camion. “Nous le rachetons entre 5 et 8 euros du mètre cube, c’est tout bonus pour les clients qui autrefois le laissaient filer dans l’atmosphère”, dit Lola Richir, de 45-8 Energy. Il sera ensuite purifiĂ© et revendu.L’hĂ©lium, rare et stratĂ©gique, est de plus en plus recherchĂ© dans l’industrie, des IRM Ă  l’Ă©lectronique en passant par les airbags automobiles, la dĂ©tection de fuites ou le recyclage du titane pour l’industrie nuclĂ©aire. Son prix a triplĂ© en 10 ans, souligne Mme Richir. Or l’Europe n’en produit pas. Elle importe pratiquement 100% de ses besoins sous forme liquĂ©fiĂ©e depuis les Etats-Unis, le Qatar, l’AlgĂ©rie ou la Russie, et ne recycle pas plus de 1% de l’helium qu”elle utilise, souligne Matthieu Gobbi, l’un des deux crĂ©ateurs d’AĂ©rophile. L’objectif de l’Union europĂ©enne est de parvenir Ă  recycler 25% de l’helium utilisĂ© d’ici 2030.