RDC: “Chef de guerre”, Lumbala est comptable des crimes de ses “troupes”, plaident les parties civiles

Roger Lumbala était bien un “chef militaire”, non un simple politique, et il doit rendre des comptes pour les crimes de ses troupes en République démocratique du Congo (RDC) en 2002-2003, ont plaidé jeudi les parties civiles devant la cour d’assises de Paris qui juge l’ex-rebelle.Jugé pour complicité de crimes contre l’humanité, Roger Lumbala, 67 ans, a décidé d’emblée, le 12 novembre, de ne pas assister aux débats: il dénie à la justice française toute légitimité pour le juger pour les exactions commises dans le nord-est de la RDC par les soldats de sa faction, le RCD-N, et de son allié du MLC, tous deux soutenus par l’Ouganda voisin. Mais depuis plus d’un mois, des Congolais sont venus raconter les atrocités dont eux et leurs proches ont été victimes lors d’une offensive contre une faction rivale, baptisée “Effacer le tableau”: viols collectifs souvent devant leur famille, esclavage sexuel, travail forcé, mutilations, exécutions sommaires, pillages systématiques, etc.Dans un verdict attendu lundi, une condamnation par une cour nationale étrangère serait “historique”, ont plaidé jeudi les avocats des victimes et des organisations de défense des droits humains. Elle enverrait un message fort contre “l’impunité” dans des conflits qui, depuis trois décennies, ont fait des millions de morts et de déplacés dans l’est de la RDC, avec comme mobile principal la captation des ressources minières et naturelles. – “Soldats de Roger Lumbala” -“Vous jugez la partie émergée de l’iceberg” des atrocités commises lors d'”Effacer le Tableau”, mais c’est “un échantillon représentatif”, selon Me Henri Thulliez. “Votre décision ne permettra pas de mettre fin à l’impunité mais elle y participera”, elle “aidera les victimes et les survivants à se relever”, a-t-il poursuivi.A la veille des réquisitions, les parties civiles se sont employées à démonter le portrait qu’a voulu brosser de lui-même Roger Lumbala durant l’enquête, celui d’un homme politique éloigné des champs de bataille, sans prise sur les opérations militaires. Certes, a plaidé Me Clémence Bectarte, avocate de plusieurs femmes, “aucune d’entre elles n’a été violée par Roger Lumbala”. Mais elles ont toutes été “victimes de soldats que se revendiquent comme soldats des +Effacés+”, le nom qu’ils se donnaient, et “comme des soldats de Roger Lumbala”. L’ex-rebelle, arrêté en décembre 2020 à Paris, “n’est pas celui qui a violé” mais il est “le chef de guerre qui a permis ces crimes, qui les a rendus possibles”.- Viols systémiques -Ces viols ne sont “pas des actes isolés” ou des dommages collatéraux, ils sont “une composante essentielle de l’opération +Effacer le tableau+”, a plaidé l’avocate, avec notamment pour objectif de fracturer les communautés et de semer la terreur.Pour sa consoeur Claire Deniau, Lumbala était un “maillon indispensable”, un “opérateur local d’un crime économique organisé”, la captation des richesses de la RDC, véritable “entreprise mafieuse”. “Les soldats” du RCD-N “n’étaient pas payés mais ils avaient carte blanche pour piller”, une autorisation qui “venait directement de Roger Lumbala”.  Perçu par ses soldats “comme un chef militaire”, Roger Lumbala “ne portait peut-être pas l’arme. Mais c’est lui qui fixait la cible. Il n’entrait pas dans les maisons pillées. Mais c’est lui qui ouvrait la porte, par son autorisation. Il ne frappait pas. Mais il encourageait, laissait faire et se félicitait des résultats militaires”.Me Thulliez a ironisé sur un “homme politique dénué de toute opinion politique” animé par “un opportunisme insatiable” et dont le mouvement était “plus sanguinaire que révolutionnaire”. Il a rappelé plusieurs meetings tenus par Lumbala dans deux villes théâtres d’exactions, ou ces témoignages sur cet hélicoptère qui l’a amené avec des munitions pour repartir avec le fruit des pillages. Il a aussi cité des interviews d’époque: “Nos troupes”, “Notre territoire”, disait alors Lumbala. 

Birmanie: une frappe aérienne de la junte sur un hôpital fait 33 morts (OMS)

Une frappe aérienne de la junte sur un hôpital de l’ouest de la Birmanie a fait 33 morts, ont annoncé jeudi l’Organisation mondiale de la santé (OMS) et un groupe rebelle, alors que l’armée mène une vaste offensive à l’approche d’élections.”La situation est terrible”, a déclaré un travailleur humanitaire, Wai Hun Aung, évoquant une frappe mercredi soir d’un avion militaire contre l’hôpital général de la ville de Mrauk U, dans l’Etat de Rakhine, près de la frontière avec le Bangladesh. “C’est un acte inhumain”, “ignoble”, a-t-il dit. Arrivé sur place jeudi matin, il avait fait état d’un bilan provisoire de 31 morts et de 68 blessés.Contacté, un porte-parole de la junte n’a pas répondu dans l’immédiat. “Au moins 33 personnes ont été tuées et 20 blessées, parmi lesquelles des personnels de santé, des patients et des membres de leurs familles”, a indiqué jeudi sur X le directeur général de l’OMS, Tedros Adhanom Ghebreyesus, soulignant que l’hôpital de Mrauk U “est le principal centre de soins de santé de la région”.Une vingtaine de corps enveloppés dans des couvertures reposent à l’extérieur de l’hôpital. Une aile entière a été détruite par l’explosion, qui a laissé un large cratère au sol et de nombreux gravats sur les lits.Maung Bu Chay, un menuisier, dit avoir perdu trois de ses proches, sa femme, sa belle-fille et le père de celle-ci.”J’ai entendu l’explosion depuis mon village”, raconte cet homme de 61 ans. “J’ai passé toute la nuit sans savoir où les bombes étaient tombées”. “Quand j’ai appris qu’ils (ses proches) se trouvaient dans le bâtiment complètement détruit, j’ai compris qu’ils n’avaient pas survécu”, poursuit-il. “Je ressens une forte colère et de la défiance dans mon coeur”.- Armée d’Arakan -L’ONU a réclamé jeudi des “enquêtes”, le Haut-Commissaire de l’ONU aux droits de l’homme, Volker Türk, soulignant sur X que “de telles attaques pourraient constituer un crime de guerre”. Selon les observateurs de la guerre civile birmane, la junte a intensifié ses frappes aériennes année après année après avoir pris le pouvoir lors d’un coup d’Etat en 2021, qui a mis fin à une décennie d’expérience démocratique.L’armée a programmé des élections législatives à partir du 28 décembre, les présentant comme une issue possible aux conflit. Mais les rebelles ont promis d’empêcher le scrutin dans les territoires qu’ils contrôlent et que la junte tente de reconquérir.L’Etat de Rakhine est presque entièrement contrôlé par l’Armée d’Arakan (AA), un groupe ethnique armé actif bien avant que l’armée ne renverse le gouvernement civil d’Aung San Suu Kyi.Le groupe a annoncé dans un communiqué que 33 personnes avaient été tuées et 76 blessées lors de la frappe.L’AA est devenue l’un des groupes rebelles les plus puissants dans la guerre civile qui ravage la Birmanie, aux côtés d’autres combattants issus de minorités ethniques et de partisans pro-démocratie ayant pris les armes après le coup d’Etat de 2021.Les rebelles, dispersés, ont d’abord eu du mal à progresser avant que trois groupes ne lancent une offensive conjointe en 2023, mettant l’armée en difficulté et la poussant à renforcer ses troupes par la conscription.- Faim -L’AA a joué un rôle clé dans cette “Alliance des trois frères”, mais ses deux factions alliées ont accepté cette année des trêves négociées par la Chine, la laissant seule à combattre.Alors que les élections organisées par la junte sont vivement critiquées par de nombreux pays et les Nations unies, Pékin estime qu’elles devraient contribuer à “rétablir la stabilité sociale” chez son voisin birman.Même si l’AA s’est révélée être un adversaire redoutable pour la junte, ses ambitions restent largement limitées à son territoire natal du Rakhine, bordé au sud par la baie du Bengale et au nord par des montagnes boisées.L’armée a imposé de son côté un blocus à l’Etat de Rakhine, contribuant à une “augmentation spectaculaire de la faim et de la malnutrition”, selon le Programme alimentaire mondial.

Time magazine names ‘Architects of AI’ as Person of the Year

Time magazine named the “Architects of AI” as its Person of the Year on Thursday, highlighting the US tech titans whose work on cutting-edge artificial intelligence is transforming humanity.Nvidia’s Jensen Huang, OpenAI’s Sam Altman and xAI’s Elon Musk are among the innovators who have “grabbed the wheel of history, developing technology and making decisions that are reshaping the information landscape, the climate, and our livelihoods,” Time wrote.One of two covers of the magazine is a homage to the famous 1932 photograph of ironworkers casually eating lunch on a steel beam above New York City.In the Time illustration, sitting astride the city are Meta’s Mark Zuckerberg, AMD chief Lisa Su, Musk, Huang, Altman as well as Google’s AI boss Demis Hassabis, Anthropic’s Dario Amodei and Stanford professor Fei-Fei Li. “Racing both beside and against each other, they placed multibillion-dollar bets on one of the biggest physical infrastructure projects of all time,” the magazine said of the group.”They reoriented government policy, altered geopolitical rivalries, and brought robots into homes. AI emerged as arguably the most consequential tool in great-power competition since the advent of nuclear weapons.”Alongside popular AI models like ChatGPT and Claude, Time credited investors like SoftBank CEO Masayoshi Son, who has plunged billions of dollars into the technology.Time’s Person of the Year selection is an acknowledgement of the year’s most influential figure. The title last year went to president-elect Donald Trump. Others have included singer Taylor Swift and Ukrainian leader Volodymyr Zelensky.- ‘Gravitational center of 2025’ -According to the magazine, which is owned by Silicon Valley billionaire Marc Benioff, 2025 was the year AI shifted from promise to reality and when ChatGPT usage more than doubled to 10 percent of the world’s population.”This is the single most impactful technology of our time,” Huang, CEO of chipmaker Nvidia — the most valuable company in the world — told Time. He predicted that AI will eventually grow the global economy from $100 trillion to $500 trillion.But the magazine also pointed to AI’s darker side.Lawsuits have alleged that chatbots contributed to suicides and mental health crises, sparking debates about “chatbot psychosis,” where users may devolve into delusions and paranoia.In one case, the California parents of 16-year-old Adam Raine are suing OpenAI after he took his own life. They claim that ChatGPT provided information about suicide methods.Time noted too looming job displacement as more companies race to replace workers with AI models.Yet the magazine notably steered away from using AI to generate its cover art, opting instead for human artists.Thomas Hudson, chief analyst at US research firm Forrester, said the Person of the Year choice rightly reflected AI’s heavy influence this year.”AI has been the gravitational center of 2025 for the economy and the source of endless discussions on how it will shape the future of our societies,” he said in a statement.

Time magazine names ‘Architects of AI’ as Person of the Year

Time magazine named the “Architects of AI” as its Person of the Year on Thursday, highlighting the US tech titans whose work on cutting-edge artificial intelligence is transforming humanity.Nvidia’s Jensen Huang, OpenAI’s Sam Altman and xAI’s Elon Musk are among the innovators who have “grabbed the wheel of history, developing technology and making decisions that are reshaping the information landscape, the climate, and our livelihoods,” Time wrote.One of two covers of the magazine is a homage to the famous 1932 photograph of ironworkers casually eating lunch on a steel beam above New York City.In the Time illustration, sitting astride the city are Meta’s Mark Zuckerberg, AMD chief Lisa Su, Musk, Huang, Altman as well as Google’s AI boss Demis Hassabis, Anthropic’s Dario Amodei and Stanford professor Fei-Fei Li. “Racing both beside and against each other, they placed multibillion-dollar bets on one of the biggest physical infrastructure projects of all time,” the magazine said of the group.”They reoriented government policy, altered geopolitical rivalries, and brought robots into homes. AI emerged as arguably the most consequential tool in great-power competition since the advent of nuclear weapons.”Alongside popular AI models like ChatGPT and Claude, Time credited investors like SoftBank CEO Masayoshi Son, who has plunged billions of dollars into the technology.Time’s Person of the Year selection is an acknowledgement of the year’s most influential figure. The title last year went to president-elect Donald Trump. Others have included singer Taylor Swift and Ukrainian leader Volodymyr Zelensky.- ‘Gravitational center of 2025’ -According to the magazine, which is owned by Silicon Valley billionaire Marc Benioff, 2025 was the year AI shifted from promise to reality and when ChatGPT usage more than doubled to 10 percent of the world’s population.”This is the single most impactful technology of our time,” Huang, CEO of chipmaker Nvidia — the most valuable company in the world — told Time. He predicted that AI will eventually grow the global economy from $100 trillion to $500 trillion.But the magazine also pointed to AI’s darker side.Lawsuits have alleged that chatbots contributed to suicides and mental health crises, sparking debates about “chatbot psychosis,” where users may devolve into delusions and paranoia.In one case, the California parents of 16-year-old Adam Raine are suing OpenAI after he took his own life. They claim that ChatGPT provided information about suicide methods.Time noted too looming job displacement as more companies race to replace workers with AI models.Yet the magazine notably steered away from using AI to generate its cover art, opting instead for human artists.Thomas Hudson, chief analyst at US research firm Forrester, said the Person of the Year choice rightly reflected AI’s heavy influence this year.”AI has been the gravitational center of 2025 for the economy and the source of endless discussions on how it will shape the future of our societies,” he said in a statement.

Décès de l’architecte Denis Valode, l’un des plus influents de France

L’architecte Denis Valode, qui a réalisé de nombreux projets en France et dans le monde, dont l’extension en mer de Monaco ou la tour Saint-Gobain à La Défense, est décédé mardi, a annoncé jeudi son agence.Denis Valode, mort à 79 ans des suites d’une longue maladie, était le co-fondateur, avec Jean Pistre, de Valode & Pistre, l’une des plus grandes agences d’architecture et d’urbanisme en France. Implantée à Paris et Pékin, elle a été fréquemment récompensée par des prix architecturaux, dont l’Équerre d’Argent, depuis sa création en 1980. Denis Valode était “un architecte de grand talent et un dessinateur hors pair”, a souligné son agence dans un communiqué.Parmi les réalisations les plus notables de Valode & Pistre, figurent le Grand Stade Pierre Mauroy à Lille, les Tours T1 et Saint-Gobain à la Défense, l’extension en mer de Monaco sur six hectares, le parc des expositions de Shenzhen en Chine, plusieurs gares du Grand Paris Express, le Musée d’art contemporain de Bordeaux ou encore le centre commercial Beaugrenelle à Paris.Moins célèbres que les architectes stars comme Jean Nouvel ou Dominique Perrault, Denis Valode et Jean Pistre avaient pris publiquement position contre les projets de moderniser l’apparence de Notre-Dame de Paris après l’incendie de 2019. La cathédrale “doit être reconstruite exactement à l’identique”, avaient-ils demandé. 

Avenir du chantier de l’A69: décision le 30 décembre, les opposants pessimistes

La cour administrative d’appel de Toulouse doit rendre le 30 décembre son arrêt sur la validité de l’autorisation environnementale de l’autoroute A69, les opposants ne cachant pas leur pessimisme après une audience où le rapporteur public a recommandé la poursuite des travaux.Etant donné la “taille critique” du bassin de population et d’emploi des villes de Castres et de Mazamet, dans le sud du Tarn, il est, selon le rapporteur Frédéric Diard, “difficile de lui dénier la nécessité d’une liaison autoroutière” avec la métropole toulousaine.Dans ce dossier, devenu depuis deux ans un symbole des luttes écologiques, ce magistrat, dont la fonction est d’éclairer les juridictions administratives et dont l’avis est en général suivi, estime en outre que l’autoroute A69 fait partie “des conditions favorables” au développement de cette zone et lui permettra d’être reliée aux “grands équipements régionaux” présents à Toulouse (aéroport, universités, hôpitaux, etc.).”Si vous nous suivez dans nos conclusions, vous annulerez le jugement du tribunal administratif de Toulouse”, a conclu M. Diard, soutenant que l’autorisation environnementale de ce chantier, accordée par l’Etat, mais invalidée par cette première juridiction, était bien conforme au droit.Le tribunal toulousain avait à l’époque considéré que la future liaison de 53 km ne présentait pas de Raison impérative d’intérêt public majeur (RIIPM), une condition juridique nécessaire pour autoriser les atteintes à l’environnement liées à des projets d’infrastructure comme l’A69.- “Saga juridictionnelle” -En appui du rapporteur public pour l’Etat, Eric Sacher, sous-directeur des affaires juridiques au ministère de la Transition écologique, a estimé que la décision du tribunal constituait une “anomalie” que la cour devait désormais corriger.Du côté des collectivités locales favorables au projet, l’avocate Catherine Schlegel a mis en avant le principe d’égalité territoriale dont l’agglomération de Castres-Mazamet “n’a pas à être privée”.En réponse, l’avocate des associations opposées à l’A69, Julie Rover, a d’abord rappelé que la cour administrative d’appel de Toulouse se trouvait dans la position de clore l'”exceptionnelle saga juridictionnelle” qui a entouré le chantier de l’autoroute. Celle-ci comprend “53.000 pages de procédure”, avait rappelé le président de la cour, Denis Chabert, en ouverture des débats.”Le droit et les avis techniques plaident pour la confirmation de la décision de première instance”, a soutenu Me Rover pour qui “l’anomalie juridique” serait un arrêt de la cour conforme à la position du rapporteur public.- “Espoir trop mince” -Marine Yzquierdo, autre avocate des opposants, est de son côté revenue sur le rejet de la demande de récusation que les anti-A69 et leurs conseils avaient déposée il y a quelques jours.Elle visait plusieurs magistrats siégeant jeudi, dont M. Chabert, au motif qu’ils avaient déjà participé à une première décision sur l’autoroute A69, autorisant en mai une reprise des travaux dans l’attente de l’audience d’appel.Elle a confié n’avoir “plus le cœur à plaider”, ayant “l’impression que les dés sont jetés”. Pour autant, affirmant “croire encore à la justice”, elle a appelé les cinq magistrats de la composition élargie de la cour à ne pas participer à une “politique de démolition massive du droit de l’environnement”.”La juridiction essaie de faire ce qu’elle doit faire”, a déclaré en clôture de l’audience M. Chabert, reconnaissant que l’A69 constituait un dossier “hors normes”. “Hors normes dans sa dimension mais pas hors du droit”, a-t-il souligné, avant d’annoncer la date du 30 décembre.A l’issue des débats, la défense des anti-A69 ne cachait pas son pessimisme. “L’espoir est mince, trop mince (…). Je pense que la décision sera négative et nous porterons l’affaire devant le Conseil d’Etat, évidemment”, a déclaré à l’AFP Alice Terrasse, avocate de collectifs opposés à l’A69.Parallèlement, les anti-A69 ont ouvert un autre front juridique. Dénonçant un chantier qui s’est étendu sur des “emprises hors autorisation”, ils ont saisi mardi le procureur de la République “afin qu’il puisse obtenir la suspension du chantier, c’est une autre voie qui est mobilisée, à défaut d’avoir pu obtenir la suspension devant le juge administratif”, a ajouté l’avocate.

A close-up of a stack of newspapers resting on a desk, symbolizing information and media.

Avenir du chantier de l’A69: décision le 30 décembre, les opposants pessimistes

La cour administrative d’appel de Toulouse doit rendre le 30 décembre son arrêt sur la validité de l’autorisation environnementale de l’autoroute A69, les opposants ne cachant pas leur pessimisme après une audience où le rapporteur public a recommandé la poursuite des travaux.Etant donné la “taille critique” du bassin de population et d’emploi des villes de Castres et de Mazamet, dans le sud du Tarn, il est, selon le rapporteur Frédéric Diard, “difficile de lui dénier la nécessité d’une liaison autoroutière” avec la métropole toulousaine.Dans ce dossier, devenu depuis deux ans un symbole des luttes écologiques, ce magistrat, dont la fonction est d’éclairer les juridictions administratives et dont l’avis est en général suivi, estime en outre que l’autoroute A69 fait partie “des conditions favorables” au développement de cette zone et lui permettra d’être reliée aux “grands équipements régionaux” présents à Toulouse (aéroport, universités, hôpitaux, etc.).”Si vous nous suivez dans nos conclusions, vous annulerez le jugement du tribunal administratif de Toulouse”, a conclu M. Diard, soutenant que l’autorisation environnementale de ce chantier, accordée par l’Etat, mais invalidée par cette première juridiction, était bien conforme au droit.Le tribunal toulousain avait à l’époque considéré que la future liaison de 53 km ne présentait pas de Raison impérative d’intérêt public majeur (RIIPM), une condition juridique nécessaire pour autoriser les atteintes à l’environnement liées à des projets d’infrastructure comme l’A69.- “Saga juridictionnelle” -En appui du rapporteur public pour l’Etat, Eric Sacher, sous-directeur des affaires juridiques au ministère de la Transition écologique, a estimé que la décision du tribunal constituait une “anomalie” que la cour devait désormais corriger.Du côté des collectivités locales favorables au projet, l’avocate Catherine Schlegel a mis en avant le principe d’égalité territoriale dont l’agglomération de Castres-Mazamet “n’a pas à être privée”.En réponse, l’avocate des associations opposées à l’A69, Julie Rover, a d’abord rappelé que la cour administrative d’appel de Toulouse se trouvait dans la position de clore l'”exceptionnelle saga juridictionnelle” qui a entouré le chantier de l’autoroute. Celle-ci comprend “53.000 pages de procédure”, avait rappelé le président de la cour, Denis Chabert, en ouverture des débats.”Le droit et les avis techniques plaident pour la confirmation de la décision de première instance”, a soutenu Me Rover pour qui “l’anomalie juridique” serait un arrêt de la cour conforme à la position du rapporteur public.- “Espoir trop mince” -Marine Yzquierdo, autre avocate des opposants, est de son côté revenue sur le rejet de la demande de récusation que les anti-A69 et leurs conseils avaient déposée il y a quelques jours.Elle visait plusieurs magistrats siégeant jeudi, dont M. Chabert, au motif qu’ils avaient déjà participé à une première décision sur l’autoroute A69, autorisant en mai une reprise des travaux dans l’attente de l’audience d’appel.Elle a confié n’avoir “plus le cœur à plaider”, ayant “l’impression que les dés sont jetés”. Pour autant, affirmant “croire encore à la justice”, elle a appelé les cinq magistrats de la composition élargie de la cour à ne pas participer à une “politique de démolition massive du droit de l’environnement”.”La juridiction essaie de faire ce qu’elle doit faire”, a déclaré en clôture de l’audience M. Chabert, reconnaissant que l’A69 constituait un dossier “hors normes”. “Hors normes dans sa dimension mais pas hors du droit”, a-t-il souligné, avant d’annoncer la date du 30 décembre.A l’issue des débats, la défense des anti-A69 ne cachait pas son pessimisme. “L’espoir est mince, trop mince (…). Je pense que la décision sera négative et nous porterons l’affaire devant le Conseil d’Etat, évidemment”, a déclaré à l’AFP Alice Terrasse, avocate de collectifs opposés à l’A69.Parallèlement, les anti-A69 ont ouvert un autre front juridique. Dénonçant un chantier qui s’est étendu sur des “emprises hors autorisation”, ils ont saisi mardi le procureur de la République “afin qu’il puisse obtenir la suspension du chantier, c’est une autre voie qui est mobilisée, à défaut d’avoir pu obtenir la suspension devant le juge administratif”, a ajouté l’avocate.

Avenir du chantier de l’A69: décision le 30 décembre, les opposants pessimistes

La cour administrative d’appel de Toulouse doit rendre le 30 décembre son arrêt sur la validité de l’autorisation environnementale de l’autoroute A69, les opposants ne cachant pas leur pessimisme après une audience où le rapporteur public a recommandé la poursuite des travaux.Etant donné la “taille critique” du bassin de population et d’emploi des villes de Castres et de Mazamet, dans le sud du Tarn, il est, selon le rapporteur Frédéric Diard, “difficile de lui dénier la nécessité d’une liaison autoroutière” avec la métropole toulousaine.Dans ce dossier, devenu depuis deux ans un symbole des luttes écologiques, ce magistrat, dont la fonction est d’éclairer les juridictions administratives et dont l’avis est en général suivi, estime en outre que l’autoroute A69 fait partie “des conditions favorables” au développement de cette zone et lui permettra d’être reliée aux “grands équipements régionaux” présents à Toulouse (aéroport, universités, hôpitaux, etc.).”Si vous nous suivez dans nos conclusions, vous annulerez le jugement du tribunal administratif de Toulouse”, a conclu M. Diard, soutenant que l’autorisation environnementale de ce chantier, accordée par l’Etat, mais invalidée par cette première juridiction, était bien conforme au droit.Le tribunal toulousain avait à l’époque considéré que la future liaison de 53 km ne présentait pas de Raison impérative d’intérêt public majeur (RIIPM), une condition juridique nécessaire pour autoriser les atteintes à l’environnement liées à des projets d’infrastructure comme l’A69.- “Saga juridictionnelle” -En appui du rapporteur public pour l’Etat, Eric Sacher, sous-directeur des affaires juridiques au ministère de la Transition écologique, a estimé que la décision du tribunal constituait une “anomalie” que la cour devait désormais corriger.Du côté des collectivités locales favorables au projet, l’avocate Catherine Schlegel a mis en avant le principe d’égalité territoriale dont l’agglomération de Castres-Mazamet “n’a pas à être privée”.En réponse, l’avocate des associations opposées à l’A69, Julie Rover, a d’abord rappelé que la cour administrative d’appel de Toulouse se trouvait dans la position de clore l'”exceptionnelle saga juridictionnelle” qui a entouré le chantier de l’autoroute. Celle-ci comprend “53.000 pages de procédure”, avait rappelé le président de la cour, Denis Chabert, en ouverture des débats.”Le droit et les avis techniques plaident pour la confirmation de la décision de première instance”, a soutenu Me Rover pour qui “l’anomalie juridique” serait un arrêt de la cour conforme à la position du rapporteur public.- “Espoir trop mince” -Marine Yzquierdo, autre avocate des opposants, est de son côté revenue sur le rejet de la demande de récusation que les anti-A69 et leurs conseils avaient déposée il y a quelques jours.Elle visait plusieurs magistrats siégeant jeudi, dont M. Chabert, au motif qu’ils avaient déjà participé à une première décision sur l’autoroute A69, autorisant en mai une reprise des travaux dans l’attente de l’audience d’appel.Elle a confié n’avoir “plus le cœur à plaider”, ayant “l’impression que les dés sont jetés”. Pour autant, affirmant “croire encore à la justice”, elle a appelé les cinq magistrats de la composition élargie de la cour à ne pas participer à une “politique de démolition massive du droit de l’environnement”.”La juridiction essaie de faire ce qu’elle doit faire”, a déclaré en clôture de l’audience M. Chabert, reconnaissant que l’A69 constituait un dossier “hors normes”. “Hors normes dans sa dimension mais pas hors du droit”, a-t-il souligné, avant d’annoncer la date du 30 décembre.A l’issue des débats, la défense des anti-A69 ne cachait pas son pessimisme. “L’espoir est mince, trop mince (…). Je pense que la décision sera négative et nous porterons l’affaire devant le Conseil d’Etat, évidemment”, a déclaré à l’AFP Alice Terrasse, avocate de collectifs opposés à l’A69.Parallèlement, les anti-A69 ont ouvert un autre front juridique. Dénonçant un chantier qui s’est étendu sur des “emprises hors autorisation”, ils ont saisi mardi le procureur de la République “afin qu’il puisse obtenir la suspension du chantier, c’est une autre voie qui est mobilisée, à défaut d’avoir pu obtenir la suspension devant le juge administratif”, a ajouté l’avocate.