Ukraine: “aucun compromis” sur les territoires occupés après une rencontre Poutine-Witkoff à Moscou

“Aucun compromis” n’a été trouvé mardi sur l’épineuse question des territoires occupés par la Russie en Ukraine après une rencontre à Moscou entre le président Vladimir Poutine et l’émissaire américain Steve Witkoff, qui lui présentait le plan de Washington pour mettre fin à près de quatre ans de guerre en Ukraine.M. Witkoff, accompagné du gendre du président américain, Jared Kushner, s’est entretenu pendant près de cinq heures au Kremlin avec le dirigeant russe à propos de ce plan présenté par Washington il y a deux semaines et depuis retravaillé lors de consultations avec les Ukrainiens.”Nous avons pu nous mettre d’accord sur certains points (…), d’autres ont suscité des critiques, mais l’essentiel est qu’une discussion constructive ait eu lieu et que les parties aient déclaré leur volonté de poursuivre leurs efforts”, a indiqué le conseiller diplomatique du Kremlin, Iouri Ouchakov.Sur la question des territoires occupés par la Russie en Ukraine, qui représentent environ 19% du pays, “aucune solution de compromis n’a encore été choisie”, même si “certaines propositions américaines peuvent être discutées”, a précisé M. Ouchakov.Il a qualifié la discussion d'”utile”, mais prévenu qu’il “reste encore beaucoup de travail” pour parvenir à un accord, alors que les troupes russes ont accéléré leur avancée sur le front.”Ce que nous avons essayé de faire, et je pense que nous avons fait quelques progrès, est de déterminer ce qui pourrait convenir aux Ukrainiens et leur donner des garanties de sécurité pour l’avenir”, a déclaré pour sa part le chef de la diplomatie américaine Marco Rubio sur la chaîne Fox News.Après cet entretien avec les Russes à Moscou, Steve Witkoff et Jared Kushner pourraient rencontrer mercredi en Europe une délégation de Kiev, selon une source ukrainienne à l’AFP.- “Nous sommes prêts” -Quelques heures avant sa rencontre avec les Américains, Vladimir Poutine avait menacé les Européens, les accusant de chercher à “empêcher” les efforts de Washington pour mettre fin au conflit.”Nous n’avons pas l’intention de faire la guerre à l’Europe, mais si l’Europe le souhaite et commence, nous sommes prêts dès maintenant”, a-t-il lancé aux journalistes, en marge d’un forum économique.Des propos qui tranchent avec ceux du chef de l’Otan, Mark Rutte, qui s’est dit peu avant convaincu que les efforts américains en Ukraine “finiront par rétablir la paix en Europe”.Le président américain Donald Trump a répété mardi que le règlement du conflit en Ukraine était une question complexe. “Ce n’est pas une situation facile, croyez-moi. Quel gâchis”, a-t-il dit.De son côté, le président ukrainien Volodymyr Zelensky, sous forte pression politique et diplomatique, a accusé la Russie d’utiliser les pourparlers actuels pour tenter “d’affaiblir les sanctions” visant Moscou.Il a appelé à la fin de la guerre et pas “seulement à une pause” dans les combats.Les Etats-Unis ont annoncé fin octobre des sanctions contre deux géants du secteur des hydrocarbures russes, Rosneft et Lukoil, les premières sanctions d’importance prises par Donald Trump contre la Russie depuis son retour au pouvoir.Les Européens espèrent que l’administration Trump, soupçonnée de complaisance vis-à-vis de Vladimir Poutine, ne sacrifiera pas l’Ukraine, considérée comme un rempart face à la Russie.- Accélération russe -Ces discussions se sont déroulées alors que les forces russes ont réalisé en novembre leur plus grosse progression sur le front en Ukraine depuis un an, selon l’analyse par l’AFP des données fournies par l’Institut américain pour l’étude de la guerre (ISW), qui travaille avec le Critical Threats Project (CTP, émanation de l’American Enterprise Institute), deux centres de réflexion américains spécialisés dans l’étude des conflits.En un mois, la Russie a pris 701 km2 aux Ukrainiens, la deuxième avancée la plus importante après celle de novembre 2024 (725 km2), en dehors des premiers mois de guerre au printemps 2022.La Russie a revendiqué lundi la prise de la ville de Pokrovsk dans l’est de l’Ukraine, un nœud logistique clé pour Kiev, ainsi que celle de Vovtchansk, dans le nord-est. Mais l’Ukraine a affirmé mardi que les combats à Pokrovsk se poursuivaient.En novembre, la Russie a tiré plus de missiles et de drones lors de ses attaques nocturnes sur l’Ukraine que durant le mois précédent, soit un total de 5.660 missiles et drones longue portée (+2%).En interne, le président ukrainien est affaibli par un vaste scandale de corruption impliquant ses proches et qui a contraint son puissant chef de cabinet, Andriï Iermak, à la démission vendredi.burx-pop/ial/roc/tmt

Brandt joue sa survie au tribunal, gouvernement et élus en soutien

L’avenir de Brandt, groupe centenaire d’électroménager et fleuron industriel français, se joue mercredi devant la justice, créant une forte incertitude chez ses salariés, qui s’accrochent au projet de reprise en société coopérative (Scop), soutenu par le gouvernement et les élus locaux.L’audience devant le tribunal des affaires économiques de Nanterre, prévue à 11H00, doit fixer le sort du groupe Brandt, bien incertain depuis son placement en redressement judiciaire début octobre.Parmi les offres déposées, seul le projet de Scop (société coopérative et participative), soutenu par le groupe Revive, permettrait de sauver au moins 300 emplois, sur les près de 700 que compte Brandt en France, d’après le ministre délégué à l’Industrie Sébastien Martin.Il constituerait aussi l’unique possibilité de sauver les deux usines du groupe, situées près d’Orléans, dans le Loiret, et à Vendôme, dans le Loir-et-Cher, selon des sources syndicales.Face au risque de disparition de la marque, le gouvernement et les élus locaux ont multiplié les prises de parole depuis 48 heures pour assurer qu’une reprise par les salariés, notamment au nom d’un “savoir-faire” français, était possible.Mais la tâche s’annonce difficile, pour un groupe dont la production est quasiment à l’arrêt.Entre 20 et 25 millions d’euros au total seraient nécessaires pour relancer l’activité de Brandt, qui ne pourra plus payer les salaires après le 15 décembre, ont affirmé des sources concordantes.Le gouvernement a annoncé un soutien de l’Etat à hauteur de 5 millions d’euros.La métropole d’Orléans a promis un apport, tout comme la Région Centre-Val de Loire qui a confirmé mardi à l’AFP qu’elle “mettrait les moyens financiers”, en ajoutant que le portage des sites industriels est notamment envisagé pour un montant entre 4,5 et 5 millions d’euros.”On est déjà à peu près à 15 millions d’euros mobilisés”, a précisé Sébastien Martin mardi sur RMC.Reste à savoir si les banques, poussées par le ministre à “jouer le jeu”, ont répondu à cet appel pour convaincre le tribunal de la viabilité du projet.Brandt, propriété depuis 2014 du groupe algérien Cevital, réalise 260 millions d’euros de chiffre d’affaires. L’entreprise subit notamment les conséquences des temps difficiles vécus par le secteur du gros électroménager.Affecté par la crise persistante de l’immobilier, il a enregistré l’an dernier un nouveau recul de ventes (-3,9%), après avoir déjà baissé en 2023. L’achat de ces produits, notamment des appareils de cuisine, est souvent lié à un déménagement.

Mondial-2027 en Australie: le XV de France va connaître ses premiers adversaires

Quels seront les adversaires du XV de France au Mondial-2027 en Australie? Les Bleus pourraient-ils encore tomber sur l’ogre sud-africain en quarts, voire dès les huitièmes, une des nouveautés de cette édition? Verdict dès ce mardi matin (10h00), à Sydney, avec le tirage au sort des poules.Premier Mondial à 24 équipes, contre 20 depuis l’édition 1999, premier Mondial à prévoir des huitièmes de finale, ce millésime australien sera peut être l’occasion d’un premier titre mondial pour l’équipe de France de rugby, après trois finales perdues (1987, 99 et 2011).Avantage, lors de ce tirage au sort: les joueurs de Fabien Galthié, cinquièmes mondiaux après les tests d’automne, seront protégés dans le chapeau 1, celui du top 6 mondial. Impossible donc pour Antoine Dupont, Romain Ntamack ou Damian Penaud de retrouver tout de suite les doubles champions du monde en titre sud-africains, les All Blacks néo-zélandais ou encore les Anglais, les Irlandais ou les Pumas argentins.Reste à espérer que le hasard n’offrira pas aux Bleus le pays hôte, les Wallabies australiens, septièmes mondiaux et cadors d’un chapeau 2 où il serait plus facile d’hériter du Japon ou d’un Pays de Galles moribond.Organisé à Sydney, dans les locaux d’une chaîne de télévision, ce tirage au sort va déterminer six groupes de quatre équipes, issues de quatre chapeaux. Un mauvais sort enverrait le XV de France dans une “poule de la mort”, avec les Wallabies, la Géorgie et les Samoa. – Hong Kong, Petit Poucet -Chanceux, les Bleus hériteraient d’un groupe avec le Japon, le Chili, dont ce sera la deuxième participation, et Hong Kong, le Petit Poucet, qualifié pour la première fois.Six groupes donc, de A à F, dont sortiront 16 équipes pour les huitièmes de finale: les deux premiers de chaque groupe et les quatre meilleurs troisièmes.Une fois ces groupes connus, la fédération internationale (World Rugby) annoncera dans deux mois, le 3 février, le calendrier des 52 matches, ainsi que les stades qui les accueilleront. Seule certitude pour l’instant: le match d’ouverture, le 1er octobre 2027, avec l’Australie aura lieu au Kings Park de Perth (ouest), et la finale le 13 novembre à Sydney (est).Les autres villes hôtes de ce tournoi sont Melbourne, Adelaïde, Townsville, Newcastle et Brisbane -qui accueillera les Jeux olympiques d’été en 2032-, avec au total 2,5 millions de billets en vente à partir de la mi-février.Depuis le Mondial-2011 en Nouvelle-Zélande, où ils s’étaient inclinés 8-7 en finale contre les All Blacks, les Bleus n’ont plus jamais franchi le cap des quarts, écrasés par les Néo-Zélandais à Cardiff en 2015 (62-13), puis battus d’un point (20-19) par les Gallois en 2019 au Japon et enfin d’un point encore en 2023 au Stade de France (29-28) face aux futurs champions du monde sud-africains.Bon augure, peut-être: le précédent Mondial australien, en 2003, est le seul à avoir couronné une équipe européenne, le XV de la Rose de Jonny Wilkinson.

Verdict attendu au procès de la mère accusée d’avoir empoisonné ses filles

Empoisonnement ou suicide? La cour d’assises des Landes rend son verdict mercredi pour Maylis Daubon, accusée d’avoir “attenté à la vie” de ses deux filles en les bourrant de médicaments, ce qu’elle nie en affirmant que l’aînée, décédée, s’est donné la mort.Après le réquisitoire de l’avocat général et les plaidoiries de la défense, jurés et magistrats se retireront pour délibérer sur la culpabilité de cette femme de 53 ans qui clame son innocence depuis l’ouverture du procès, le 24 novembre.Le 13 novembre 2019, Enea, 18 ans, déscolarisée depuis plus d’un an, se trouve au domicile familial de Dax. Souffrant de troubles psychologiques, suivie par un infirmier à domicile qui lui administre ses traitements, cette jeune fille rêveuse au look gothique passe ses journées dans sa chambre à lire, dessiner et regarder des films.Prise d’une crise de convulsions en fin de matinée, le Samu la découvre dans son lit et, alors qu’elle ne respire plus, la réanime. Mais elle succombe six jours plus tard à l’hôpital.L’enquête révèle qu’elle a pris du Propranolol, un bêta-bloquant qui ralentit l’activité du cœur, à un taux “dix fois supérieur à la dose thérapeutique”.L’année précédente, ce médicament lui avait été prescrit pour soigner des migraines mais aucune ordonnance ne lui avait été délivrée en 2019. Comment a-t-elle pu ingurgiter la cinquantaine de cachets, au moins, qui lui ont été fatals?- “Vulnérabilité chimique” -Pour l’accusation, Maylis Daubon, qui a mené l’adolescente chez une trentaine de médecins, lui faisait prendre des substances “de nature à entraîner la mort” depuis le début de l’année 2018.Selon une experte en toxicologie entendue à l’audience, cette surmédication a placé Enea dans un état de “vulnérabilité chimique”, qui a pu entraîner l’abolition de son libre arbitre et permettre éventuellement à un tiers de lui “suggérer des actes”.Une perquisition a permis de découvrir des cachets de Propranolol dans la chambre de la mère, cachés dans un emballage de suppositoires, ainsi que dans le vaisselier du salon.Confrontée aux “incohérences” relevées dans ses déclarations, aux soupçons de falsifications d’ordonnances, l’accusée a persisté à l’audience dans ses dénégations, répondant aux questions d’une voix souvent gémissante quand elle ne gardait pas la tête baissée dans le box.”Je suis une mère qui pose problème, je le sais”, a concédé Maylis Daubon, dont la “théâtralité”, la “victimisation” et la “mythomanie” ont été pointées à l’audience.Mais “je suis terrorisée d’être ici, accusée de faits horribles” que “rien au monde n’aurait pu me faire commettre”, a-t-elle lancé à la cour en maintenant qu’Enea s’est suicidée, thèse partagée par la famille Daubon.- Défendue par la cadette -Après sa mise en examen et son incarcération en 2022, les soupçons s’étaient renforcés à l’égard de l’accusée l’année suivante quand des analyses effectuées sur sa fille cadette, Luan, ont révélé notamment une prise importante de Zopiclone.Cet antidépresseur est réservé aux adultes, alors qu’elle était mineure à l’époque, et que sa mère bénéficiait, elle, de nombreuses prescriptions pour ce traitement.Agée de 22 ans aujourd’hui, la sœur d’Enea n’a jamais incriminé sa mère. Au procès, elle a maintenu qu’elle n’était “pas coupable”, revenant sur son enfance “heureuse” mais “compliquée” par le divorce des parents et des violences imputées au père, Yannick Reverdy.Cet ancien international de handball, qui avait divorcé de Maylis Daubon en 2009, a ensuite perdu contact avec ses filles. Pour lui, l’accusée s’est servi d’elles comme “outil de sa vengeance” contre lui.Devant la cour, une psychologue de la Protection de l’enfance a renouvelé l’hypothèse, balayée par la défense, d’un “syndrome de Münchhausen par procuration”, qui conduit un parent à exagérer ou provoquer des problèmes de santé sérieux chez son enfant, afin d’attirer l’attention ou la compassion sur lui-même.Un expert psychiatre, lui, a décrit “l’emprise” que la mère exerçait sur ses filles, vouée à “s’aggraver” à mesure qu’elles grandiraient, doublée d’une volonté d'”éliminer le père”.Outre l’empoisonnement d’Enea et Luan, Maylis Daubon est aussi soupçonnée d’avoir voulu faire assassiner son ex-mari en soudoyant des codétenues à la prison de Pau.Des “ragots de prison”, a balayé mardi l’accusée.