Nouvelles protestations après la mort d’un second Américain tué à Minneapolis par des agents fédéraux

La mort par balle d’un Américain de 37 ans, le second tué par les agents fédéraux à Minneapolis en janvier, a déclenché de nouvelles protestations samedi dans cette ville secouée depuis plusieurs semaines par des manifestations contre les opérations de la police de l’immigration (ICE).Alex Pretti, infirmier d’un service de réanimation, est mort après une altercation samedi avec des agents fédéraux. Son décès vient aggraver une situation déjà tendue depuis celui de Renee Good, une Américaine tuée par balle le 7 janvier par un agent de l’ICE dans cette même ville.Comme elle l’avait fait après la mort de Renee Good, l’administration Trump a aussitôt affirmé que l’homme s’apprêtait à mettre en danger les agents. Malgré ces allégations et un appel au calme de la police locale, plusieurs centaines de manifestants se sont rassemblés dans un parc de Minneapolis samedi soir, par un froid glacial.Des rassemblements de protestation ou d’hommages à Alex Pretti ont également eu lieu dans plusieurs villes, de New York à Los Angeles. Dans la classe politique, les démocrates ont fait part de leur indignation, menaçant de bloquer le financement de l’Etat fédéral qui risque une nouvelle paralysie à la fin du mois.Le gouverneur démocrate du Minnesota, Tim Walz, a réclamé que l’enquête soit chapeautée par les autorités locales, et non fédérales. “On ne peut pas se fier à l’Etat fédéral”, a-t-il affirmé, avant d’accuser l’ICE de semer “le chaos et la violence”.Côté républicain, le sénateur de Louisiane Bill Cassidy a appelé à une enquête conjointe, locale et fédérale, sur cet événement “incroyablement perturbant”, jugeant que “la crédibilité de l’ICE et du DHS (ministère américain de la Sécurité intérieure) sont en jeu”.Une vidéo circulant sur les réseaux sociaux et dont l’authenticité a été confirmée par les autorités montre plusieurs agents avec des gilets siglés “Police” lutter pour amener une personne au sol, puis la frapper plusieurs fois. Un tir résonne, les agents s’écartent de l’homme allongé dans la rue, et tirent à plusieurs reprises sur lui.- “Au moins dix coups” -“Il était là pour se livrer à la violence”, a déclaré à la presse la secrétaire à la Sécurité intérieure Kristi Noem, tandis que le conseiller de la Maison Blanche, Stephen Miller, a qualifié Alex Pretti d'”assassin”, dans un message relayé par le vice-président JD Vance.Dans un communiqué publié par les médias américains, les parents d’Alex Pretti ont accusé l’administration Trump de répandre “des mensonges écoeurants” sur leur fils, “un être au grand coeur”.Selon le DHS, l’homme était armé d’un pistolet et avait “violemment résisté” avant qu’un agent “craignant pour sa vie” ne tire.Sur X, le DHS a publié une photo de l’arme présumée.Mais selon une analyse des images réalisée par le média d’investigation Bellingcat, “quelques instants avant que le premier coup ne soit tiré”, on voit l’un des agents s’éloigner avec un pistolet semblable à l’arme montrée par le DHS.Ensuite, “deux agents différents tirent manifestement avec leurs armes et au moins dix coups sont tirés au total”, poursuit Bellingcat, “la plupart” alors que “l’homme était déjà allongé au sol immobile”.Le chef de la police de Minneapolis, Brian O’Hara, a indiqué qu’Alex Pretti habitait la ville, possédait un permis de port d’arme et n’était pas connu de la police.Il a ajouté que les lieux n’avaient pu être sécurisés pour l’enquête, en raison de l’arrivée rapide de manifestants, rendant la “situation extrêmement imprévisible”.- “Escalade” -“Le maire et le gouverneur poussent à l’insurrection avec leur rhétorique pompeuse, dangereuse, et arrogante”, a accusé sur sa plateforme Truth Social Donald Trump, appelant à laisser la police de l’immigration “faire son boulot”.Le maire de Minneapolis, Jacob Frey, a appelé le président à mettre fin aux opérations de l’ICE dans sa ville et à “rétablir la paix”.La ville est sous tensions depuis la mort de Renee Good, devenue un symbole des excès dont est régulièrement accusée l’ICE.Maria, une habitante de 56 ans rencontrée par l’AFP et qui n’a pas souhaité donner son nom de famille, dit être venue “soutenir les gens qui manifestent pacifiquement” et leur apporter des chauffe-mains, alors que la température est descendue sous les -20°C.Mais la situation est en pleine “escalade”, les agents de l’ICE “attaquent et terrorisent” les habitants, affirme-t-elle.”Ce qui se déroule dans notre pays est tout simplement obscène”, a réagi, visiblement émue, l’actrice américaine Natalie Portman au festival de Sundance.Vendredi, des milliers de personnes avaient déjà défilé dans le centre de Minneapolis pour protester contre les opérations antimigrants de l’ICE, au moment où les autorités américaines tentaient de calmer l’indignation provoquée par la détention d’un garçon de 5 ans.

Face à Trump, les Groenlandais tentent de rassurer leurs enfants

“Mes enfants sont en sécurité avec moi”: dans un café de Nuuk, la capitale groenlandaise, Lykke jette un regard attendri sur ses quatre fils et filles qui sirotent un chocolat chaud, en apparence insouciants des convulsions du monde.Depuis le retour de Donald Trump à la Maison Blanche l’an dernier et son ambition retrouvée de mettre la main sur le Groenland, la politique internationale s’est invitée dans les foyers de l’île arctique.Rythmée par les déclarations plus ou moins menaçantes du président américain, la situation est devenue anxiogène, et chacun tente de rassurer ses enfants.Juriste de 42 ans, Lykke Lynge s’en remet à sa foi chrétienne.”Il y a beaucoup de troubles dans le monde”, dit-elle. “Mais même si on aime notre pays, on a des valeurs encore plus élevées qui font que l’on arrive à dormir et qu’on n’a pas peur”, assure-t-elle.Tout le monde n’a cependant pas la religion chevillée au corps.Dès le 27 janvier 2025, soit une semaine après l’investiture de Donald Trump, les autorités groenlandaises ont publié un guide intitulé “Comment parler aux enfants en période d’incertitude?””Quand quelqu’un dit qu’il va venir prendre notre pays ou qu’il va nous bombarder, évidemment les enfants ont très peur, parce qu’ils ne peuvent pas, seuls, s’y retrouver dans tout ce flot d’informations”, explique Tina Dam, cheffe de programme à l’Unicef sur le territoire autonome danois.Ce guide – auquel l’agence onusienne a contribué – recommande aux parents d’être calmes et ouverts, d’écouter les enfants et d’être sensibles à leur ressenti, ou encore de limiter leur consommation d’actualité.Comme ailleurs dans le monde, les réseaux sociaux, en particulier TikTok, sont devenus la principale source d’information chez les jeunes.”Aujourd’hui, les enfants ont accès à de nombreuses informations qui ne leur sont pas destinées et qui ne sont clairement pas adaptées à leur âge”, souligne Tina Dam.”C’est pourquoi, en tant qu’adultes, nous devons en être conscients, protéger nos enfants et être capables de parler avec eux de ce qu’ils entendent, car la rhétorique est plutôt agressive”, dit-elle.- “Cher Donald Trump” -Mais comment rassurer les enfants quand on n’a pas soi-même la réponse à de nombreuses questions?Consultante de 41 ans, Arnakkuluk Jo Kleist dit beaucoup parler à Manumina, sa fille de 13 ans, abreuvée elle aussi de vidéos TikTok mais qui “ne semble heureusement pas aussi anxieuse que nous”.”Il lui arrive de poser des questions sur ce qui pourrait arriver, auxquelles je ne sais pas quoi répondre. Parce qu’en réalité, personne n’a encore de réponse”, confie-t-elle.L’héritage inuit, très présent dans ce territoire arctique extrême, contribue probablement aussi à contenir l’angoisse.Même si les inquiétudes sont réelles parmi les 57.000 habitants de l’île, jamais ils ne semblent avoir cédé à un sentiment de panique, y compris quand une opération militaire semblait encore d’actualité.  “Nous avons une histoire et des réalités dans notre pays où (…) nous sommes habitués à nous retrouver dans des situations qui échappent à notre contrôle”, affirme Arnakkuluk Jo Kleist.”On essaie de s’y adapter et de se dire: bon, qu’est-ce que je peux faire dans cette situation ?”Les réseaux sociaux ne fonctionnent pas à sens unique. Certains enfants et adolescents groenlandais s’en servent aussi pour s’adresser au monde et faire passer leur message.Marley, 7 ans, et sa sœur Mila, 14 ans, sont ainsi à l’origine d’une , à la fois sérieuse sur le fond et légère sur la forme, vue plus de deux millions de fois sur Instagram – soit l’équivalent de 35 fois la population groenlandaise.Le petit bonhomme joufflu s’y adresse au président américain avec la touchante détermination que peuvent avoir les enfants de son âge.”Cher Donald Trump”, lance-t-il entre deux mimiques, “j’ai un message pour vous: vous faites peur aux enfants groenlandais”.”C’est une façon de faire face”, explique sa mère, Paninnguaq Heilmann-Sigurdsen, à l’AFP. “C’est adapté aux enfants, mais aussi sérieux. Je pense que c’est une façon équilibrée de parler de faits graves tout en s’adressant à des enfants”.

Vols annulés, supermarchés vides: une tempête hivernale majeure déferle sur les Etats-Unis

Une tempête hivernale majeure déferle dimanche vers le nord-est des Etats-Unis après avoir provoqué d’importantes chutes de neige dans le centre, menaçant des millions d’Américains de coupures d’électricité et d’une paralysie des transports par des températures glaciales.De nombreux supermarchés ont été dévalisés face aux prévisions des services météo nationaux (NWS) qui ont annoncé d’abondantes chutes …

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Le traitement judiciaire de l’inceste parental en question en France

Ya-t-il un problème dans le traitement judiciaire de l’inceste parental? Soulevée par des associations et des collectifs de mères depuis plusieurs années, cette question pourrait bientôt faire l’objet d’une commission d’enquête parlementaire. Portée par le député apparenté au groupe socialiste Christian Baptiste, cette initiative est au coeur d’une proposition de résolution (PPR) qui devrait être examinée mardi ou mercredi à l’Assemblée nationale. Si elle voit le jour, la commission d’enquête sera notamment chargée d’examiner les causes des classements sans suite, d’évaluer la prise en compte de la parole de l’enfant et de “formuler des recommandations législatives et réglementaires garantissant une protection réelle des enfants victimes d’inceste et une sécurité juridique des parents protecteurs”.Car à l’heure actuelle, “les outils juridiques existants ne protègent pas les enfants”, estime Christian Baptiste, qui cite les chiffres de la Commission indépendante sur l’inceste et les violences sexuelles faites aux enfants (Ciivise). Selon cette dernière, seule une plainte pour inceste sur dix aboutit à une condamnation.Les enfants victimes demeurent par ailleurs “encore trop souvent exposés à leur agresseur, et les parents qui tentent de les protéger – le plus souvent des mères – se retrouvent eux-mêmes poursuivis”, ajoute le député. Ces critiques et ces inquiétudes rejoignent les cris d’alerte lancés depuis le début des années 2020 par la Ciivise et notamment l’emblématique juge des enfants Edouard Durand.  Le magistrat s’est notamment à plusieurs reprises ému de voir le parent protecteur être condamné pour non représentation d’enfant, dénonçant une inversion de culpabilité.  Longtemps menée dans l’ombre, la lutte de ces mères dites “protectrices”, en particulier celle menée par le collectif Incesticide, a reçu ces dernières années le soutien médiatique de l’ancienne Première dame Carla Bruni ou de la comédienne Isabelle Carré. – “Folles” -Au sein de la classe politique et du gouvernement, les lignes commencent à bouger. La ministre déléguée chargée de l’Egalité femmes-hommes Aurore Bergé s’est à plusieurs reprises inquiétée du manque de protection des mères lançant l’alerte dans les affaires d’inceste paternel. “Il y a une présomption de culpabilité qui pèse sur elles”, a-t-elle déploré fin novembre auprès de l’AFP, “elles seraient donc toutes folles et elles prendraient tout un malin plaisir à dénoncer les violences sexuelles que leurs enfants subiraient”. “Si on veut une société vigilante, où les gens osent signaler, il faut aussi protéger ceux qui dénoncent, on doit avoir une présomption de protection qui doit bénéficier à nos enfants”, ajoutait-elle. Sollicité par l’AFP, l’entourage du ministre de la Justice Gérald Darmanin reconnaît qu’il “y a un certain nombre de dysfonctionnements dans la prise en charge des enfants” et qu’il convient de “pallier ces manquements”.La loi a déjà évolué. Suivant les préconisations de la Ciivise, le code pénal a été modifié en mars 2024. Désormais, le retrait total de l’autorité parentale en cas de condamnation pour inceste est rendu plus systématique. – Réserves -Evoquée par Gérald Darmanin en août, une “ordonnance de sûreté” visant à “protéger sans délai un enfant face à un parent agresseur” est, elle, soumise à un calendrier parlementaire bousculé par la crise budgétaire.”Il doit y avoir une ordonnance de protection immédiate” et ce dès le dépôt de plainte de l’enfant, insiste la présidente de l’association Face à l’inceste Solène Podevin-Favre.”Un enfant qui a le courage de déposer une plainte va devoir rester chez son parent potentiellement agresseur pendant toute la durée de l’enquête et l’enquête en moyenne c’est 5 ans. Cette situation est intenable”, insiste Solène Podevin-Favre. L’avocate Marie Dosé émet, elle, certaines réserves. “Une interdiction générale absolue de tout contact entre l’enfant et le parent mis en cause est susceptible de porter atteinte à l’intérêt supérieur de certains enfants concernés.””Ériger de telles interdictions en principe irréfragable et intangible me paraît dangereux”, ajoute-t-elle. “Ce qu’il faut, surtout, c’est donner les moyens aux juges d’agir le plus rapidement possible en ayant le maximum d’informations”. 

Cuba defends military drills as deterrent against US aggression

Cuban President Miguel Diaz-Canel defended his country’s military preparedness exercises on Saturday as a deterrent against potential aggression from the United States.US President Donald Trump this month warned that Cuba “is ready to fall” and told Havana to “make a deal” or pay a price similar to Venezuela, whose ousted leader Nicolas Maduro was taken to America by US forces in a January 3 bombing raid that killed dozens of people.Venezuela was a key ally of Cuba and a critical supplier of oil and money, which Trump has vowed to cut off.Diaz-Canel on Saturday supervised military exercises that included a tank unit from Cuba’s armed forces. He was accompanied by Cuban General Alvaro Lopez Miera, who is the minister of the armed forces, and other high-ranking military officials.”The best way to prevent aggression is for imperialism to have to calculate the price of attacking our country,” Diaz-Canel said in remarks broadcast on Cuban television.”And that has a lot to do with our preparation for this type of military action… This takes on significant importance in the current circumstances,” he added.Cuba’s National Defense Council, which is led by Diaz-Canel, recently met “with the objective of increasing and improving the level of preparedness and cohesion” among the country’s leadership, according to an official government statement.The council met to “analyze and approve the plans and measures for transitioning to a State of War,” the statement added, without providing further details.These military exercises are part of the country’s preparation “under the strategic concept of the War of the Entire People,” a term used by authorities for the mobilization of civilians in the event of armed conflict.

Cinéma: “De la Comédie-Française” triomphe au Festival de l’Alpe d’Huez

“De la Comédie-Française”, de Martin Darondeau et Bertrand Usclat, a remporté un record de quatre prix au Festival du film de comédie de l’Alpe d’Huez, qui a également récompensé Laurent Lafitte et Laure Calamy.Le Grand prix a été accordé par le jury du festival, dirigé par Audrey Lamy, à “C’est quoi l’amour ?”, de Fabien Gorgeart. Cette comédie retrace avec humour les efforts d’un couple afin de faire reconnaître la nullité de leur mariage auprès de l’Église.Pour son rôle dans le film, Laure Calamy a reçu le prix d’interprétation féminine.De manière inédite dans le festival, clos ce dimanche, quatre autres prix ont été accordés à une seule œuvre: “De la Comédie-Française”. Premier film de Martin Darondeau et Bertrand Usclat, il est consacré par les prix du jury, du public, de la Région Auvergne-Rhône-Alpez et des abonnés Canal +.L’opus se déroule entièrement au sein même de la Comédie Française et narre l’histoire d’une metteuse en scène de la célèbre institution.Cette dernière était d’autant plus à l’honneur du festival que c’est un de ses anciens pensionnaires, Laurent Lafitte, qui a reçu le Prix d’interprétation masculine pour ses rôles dans “Alter Ego”, des réalisateurs Nicolas Charlet et Bruno Lavaine.Dans cette comédie décalée attendue en salles en mars, le comédien de 53 ans incarne Alex, un quinquagénaire dégarni dont la vie bascule avec l’arrivée d’un nouveau voisin, Axel – également campé par Lafitte – son sosie parfait et chevelu à qui tout semble réussir.Dans une récente interview à l’AFP, l’acteur avait confié s’être senti “porté” par ce projet et, “du coup, j’ose faire plein de choses”, avait-il dit. Le postulat absurde d'”Alter Ego” repose sur la performance de l’acteur, déjà trois fois nominé dans la catégorie meilleur acteur dans un second rôle aux César – “Elle” (2017), “Au revoir là-haut” (2018), “Le comte de Monte-Cristo” (2024) -, crédible ici dans ces deux personnages opposés.