Greenpeace dénonce la poursuite du commerce nucléaire entre France et Russie, toujours exempté de sanctions

Près de quatre ans après l’invasion de l’Ukraine, Greenpeace dénonce dans un nouveau rapport la poursuite du commerce nucléaire entre la France et la Russie, un secteur jusque-là resté épargné par les sanctions européennes et devenu source d’embarras au sein des 27.Ni la France ni l’UE n’ont “mis fin à leurs relations commerciales avec Rosatom”, le géant nucléaire public russe, déplore l’ONG, dans cette nouvelle analyse parue mercredi.”Le gouvernement français et l’Europe doivent sanctionner Rosatom pour envoyer un signal fort et mettre fin à l’impunité dont jouit la première entreprise au monde à avoir pris les commandes d’une centrale nucléaire étrangère par la force (Zaporijjia, en Ukraine)”, a déclaré Pauline Boyer, chargée de campagne pour Greenpeace France.L’Union européenne voudrait devenir totalement indépendante de l’énergie russe, pour priver Moscou d’une manne qui finance la guerre en Ukraine. Les Européens ont déjà adopté une interdiction du gaz russe à l’automne 2027. Mais le calendrier demeure incertain pour le pétrole russe, encore utilisé en Hongrie et en Slovaquie, et pour l’atome civil. Le sujet est l’objet de tractations délicates avec certains pays, en particulier la France, qui ne veut pas affaiblir sa filière nucléaire. La France n’importe certes pas d’uranium naturel de Russie, mais les registres des Douanes analysés par Greenpeace montrent qu’elle importe encore des quantités importantes d’uranium enrichi en Russie et d’uranium naturel provenant du Kazakhstan et d’Ouzbékistan et transitant par ce pays.”Certains États membres dépendent toujours du combustible russe, et nous devons nous assurer que nous disposons de sources alternatives. Dès que ce sera le cas, bien sûr en étroite concertation avec les États membres concernés, je présenterai la proposition”, a déclaré mercredi le commissaire européen à l’énergie Dan Jorgensen.Après son extraction des mines, l’uranium naturel doit être converti puis enrichi pour être transformé en combustible pour les centrales nucléaires.La France dispose d’une usine d’enrichissement, au Tricastin (Drôme), gérée par Orano, le géant français du cycle du combustible, qui est en train d’agrandir ses capacités. Mais elle fait aussi appel à d’autres pays, dont les Pays-Bas et la Russie, poids-lourd mondial de l’enrichissement.- “Diversification” -Depuis 2022, la part de l’uranium enrichi russe dans le total des importations françaises pour ces matières a chuté. Elle représentait alors 67% et cette part a régressé régulièrement mais atteignait encore 18% entre janvier et septembre 2025, “sous forme d’uranium naturel enrichi ou d’uranium de retraitement (uranium recyclé, NDLR) ré-enrichi (URE)”, selon l’étude de Greenpeace.Outre cet uranium enrichi, à fin septembre 2025, le Kazakhstan et l’Ouzbékistan, deux ex-républiques soviétiques, ont fourni la moitié (49,9%) de l’uranium naturel importé en France.Or selon Greenpeace, “une grande partie” de ces importations “transite toujours par le territoire russe entre les mains de Rosatom avant d’être livrée aux ports de Dunkerque ou de Rotterdam et acheminée notamment vers les usines Orano”, spécialiste du cycle de l’uranium. Contacté par l’AFP, le groupe français précise que sa quote-part de production “provenant du Kazakhstan est destinée pour l’essentiel à des clients chinois” et dit ne pas être l’unique fournisseur de la France.EDF assure “maximise(r) la diversification de ses sources géographiques et de ses fournisseurs”, en matières nucléaires: “nous ne sommes dépendants d’aucun site, d’aucune société et d’aucun pays”, selon une porte-parole à l’AFP.Mais EDF reste lié à un contrat conclu en 2018, avec la filiale de Rosatom, Tenex, pour le recyclage de l’uranium issu du retraitement (URT) des combustibles usés du groupe français. Cet uranium recyclé est actuellement utilisé dans une seule centrale française, à Cruas, après avoir été converti puis ré-enrichi. Selon EDF, “depuis 2024, l’enrichissement est réalisé en partie en Europe aux Pays-Bas et en Russie”, et la conversion en Russie, qui dispose de la seule usine au monde capable d’effectuer cette opération. Alors quelle alternative? EDF évoque des “discussions avec plusieurs fournisseurs” pour développer une usine de conversion d’URT “en Europe de l’Ouest. Selon le ministère de l’Economie, le gouvernement discute “activement” avec “ses partenaires et la Commission européenne” sur l’accroissement de capacités de conversion et enrichissement en Europe et dans l’OCDE.

Dollar halts descent, gold keeps climbing before Fed update

The dollar enjoyed a respite Wednesday after this week’s steep drop as traders awaited the US Federal Reserve’s take on interest rates, while gold reached another record high thanks to investors seeking safety amid an uncertain economic outlook.European stock markets came under pressure as the relative strength in the euro and sterling against the dollar weighed on the earnings potential of the continent’s multinationals. “A strong currency is unhelpful as it raises the cost of sales and buyers look elsewhere,” said David Morrison, senior market analyst at FCA.But a rise in US equity markets helped lift European stocks off their worst levels.The dollar had seen a sharp sell-off Tuesday after US President Donald Trump’s suggestion that he was happy with the currency’s recent decline, which saw it fall to a four-year low against the euro.The greenback’s retreat followed reports that the New York Federal Reserve had checked in with traders about the yen’s exchange rate, fuelling talk of joint US and Japanese intervention to prop up the yen. – ‘Dollar’s doing great’ -That led to speculation the White House was prepared to let the dollar weaken, and Trump did little to dismiss that when asked Tuesday if he was worried about the decline.Win Thin, at Bank of Nassau 1982 Ltd, said: “Foreign exchange typically is the leader in terms of showing market discomfort with a country’s policies and economic outlook.”But a weak dollar could be a boon for US equities.”The S&P 500 briefly cleared 7,000 for the first time, emboldened by hopes that a weakening dollar and interest rates will produce a potent cocktail to supercharge earnings in the months to come,” said market analyst Chris Beauchamp at trading platform IG.The price of gold also struck a new peak as the dollar’s low level supported demand for the save-haven investment.But investors generally took a cautious approach ahead of the Fed’s latest policy meeting, hoping for guidance on its plans for interest rates amid uncertainty over Trump’s latest tariff threats.The US central bank is widely expected to keep rates on hold for the coming months. But a durably weaker dollar could fan inflation in the world’s largest economy, lessening the chances of lower rates even later this year. US consumer confidence has plunged to its lowest level since 2014, a survey showed, as households fret about sticky inflation.Retail giant Amazon’s announcement that it is cutting 16,000 jobs added to the sense that — outside the seemingly bullet-proof tech sector — all is not well in the US economy.The company’s shares were down 1.0 percent in early afternoon trading.- ‘AI boom in full swing’ -In Europe, the CAC 40 in Paris was dragged down by renewed concerns for the luxury sector after market heavyweight LVMH posted a 13 percent slide in annual profit.LVMH shares tumbled nearly seven percent in response, while British fashion label Burberry, traded in London, fell 4.7 percent.Shares in Dutch tech giant ASML, the global leader in the machines that make semiconductors, jumped after the company announced a strong rise in annual profits and a buoyant outlook, while also saying it would cut hundreds of management jobs.”ASML’s latest results suggest the AI boom is still in full swing, with strong orders and a bullish outlook,” said Russ Mould, investment director at traders AJ Bell. “However, job cuts in the business would suggest it is not getting carried away with the strength of current trading.”The company’s shares finished the day down around 1.5 percent.- Key figures at around 1630 GMT -New York – Dow: UP 0.1 percent at 49,067.27 pointsNew York – S&P 500: UP less than 0.1 percent at 6,982.76 New York – NASDAQ Composite: UP 0.1 percent at 23,846.30London – FTSE 100: DOWN 0.5 percent at 10,154.43 (close)Paris – CAC 40: DOWN 1.1 percent at 8,066.68 (close)Frankfurt – DAX: DOWN 0.3 percent at 24,822.79 (close)Tokyo – Nikkei 225: UP 0.1 percent at 53,358.71 (close)Hong Kong – Hang Seng Index: UP 2.6 percent at 27,826.91 (close)Shanghai – Composite: UP 0.3 percent at 4,151.24 (close)Euro/dollar: DOWN at $1.1932 from $1.2035Pound/dollar: DOWN at $1.3774 from $1.3833Dollar/yen: UP at 153.71 yen from 152.32 yen on TuesdayEuro/pound: DOWN at 86.61 pence from 86.98 penceBrent North Sea Crude: UP 0.7 percent at $67.07 per barrelWest Texas Intermediate: UP 0.9 percent at $62.97 per barrelburs/rl/js

Trump attaque le maire de Minneapolis, la “désescalade” fragilisée

La “petite désescalade” promise par Donald Trump à Minneapolis, où un infirmier a été tué par balles par des agents fédéraux, semble incertaine mercredi après des propos acerbes du président américain contre son maire.La ville de quelque 400.000 habitants reste sous le choc du décès d’Alex Pretti, 37 ans, tué par des agents de la police aux frontières (CBP), après celui de Renee Good, une mère de famille du même âge, le 7 janvier sous les balles de la police de l’immigration (ICE).Et alors que l’administration républicaine a paru vouloir apaiser une situation inflammable, en ville comme dans les cercles politiques à Washington, le président a menacé mercredi l’édile de Minneapolis.Jacob Frey avait affirmé la veille sur X qu’il “n’appliquait pas et n’appliquerait pas les lois fédérales sur l’immigration”.”Est-ce que quelqu’un (…) pourrait lui expliquer que cette déclaration constitue une violation très grave de la loi et qu’il JOUE AVEC LE FEU”, a lancé le chef de l’Etat sur sa plateforme Truth social.Mais Jacob Frey a enfoncé le clou peu après en soulignant sur X: “Le travail de notre police est d’assurer la sécurité des citoyens, pas de faire respecter les lois fédérales sur l’immigration”.La situation est désormais scrutée de près par les alliés traditionnels de Washington.”Ce que j’ai vu est évidemment préoccupant”, a déclaré le Premier ministre britannique Keir Starmer, deux jours après des propos du chancelier allemand Friedrich Merz, qui jugeait “inquiétant” le “niveau de violence” aux Etats-Unis.- “Assassin en puissance” -Mardi, la députée démocrate d’origine somalienne, Ilhan Omar, a été agressée lors d’une réunion publique. Un individu s’est précipité vers l’élue, brandissant une seringue remplie d’un liquide nauséabond non identifié, avant d’être maîtrisé. Indemne, cette figure de la gauche américaine a poursuivi son discours, réclamant d’abolir “une fois pour toutes” la police de l’immigration ainsi que la démission de la ministre de la Sécurité intérieure, Kristi Noem.La gauche s’oppose au déploiement d’agents fédéraux chargés d’arrêter les sans-papiers, comme l’a promis Donald Trump. Elle dénonce des objectifs contraires, selon elle, aux principes de la démocratie américaine.La liberté avec laquelle agissent des agents fédéraux souvent masqués ne cesse d’inquiéter. L’un d’eux a été refoulé alors qu’il tentait de pénétrer dans le consulat d’Equateur à Minneapolis, selon le ministère des Affaires étrangères de ce pays, allié de Washington.Et un homme de 34 ans a été blessé après un échange de tirs avec les agents de la CBP dans l’Arizona, frontalier du Mexique, selon les autorités locales.Les propos vindicatifs du milliardaire américain tranchent avec la volonté affichée la veille de calmer le jeu.Après avoir décrit ce week-end Alex Pretti comme un “assassin en puissance”, le très radical conseiller présidentiel Stephen Miller a fait savoir que les autorités examinaient “les raisons pour lesquelles l’équipe de la (…) CBP pourrait ne pas avoir suivi le protocole”.La Maison Blanche a ensuite rétropédalé, assurant qu’il faisait référence à des “directives générales” destinées aux agents de l’immigration, plutôt qu’à la mort d’Alex Pretti précisément.- “Insurgés rémunérés” -De fait, des vidéos analysées par l’AFP et d’autres médias décrédibilisent la thèse selon laquelle l’infirmier, qui portait légalement une arme, menaçait les forces de l’ordre.Deux policiers lui ont tiré dessus, cinq secondes après qu’un agent a lancé “il a un flingue!”, selon un rapport préliminaire du ministère de la Sécurité intérieure transmis au Congrès et révélé par des médias américains.C’est désormais Tom Homan, émissaire présidentiel, qui pilote l’opération antimigrants après le départ du très martial chef de la police aux frontières, Greg Bovino.”Bovino est très bon, mais c’est un type plutôt excentrique”, a dit Donald Trump sur la chaîne Fox News. Avant d’affirmer, sans preuves, que les manifestations au Minnesota avaient été infiltrées par des “insurgés rémunérés”.Le président n’entend donc pas infléchir sa politique. Mais les pouvoirs locaux poursuivent la lutte. Une juge du Minnesota doit trancher rapidement sur la demande du procureur général de l’Etat d’y suspendre l’opération anti-immigration.La justice a aussi bloqué l’expulsion de Liam Conejo Ramos, 5 ans, et de son père d’origine équatorienne, arrêtés la semaine dernière. La photo du garçonnet apeuré, bonnet bleu aux oreilles de lapin sur la tête, est devenue virale.bur-pel-ube-dla/bpe/ph

Holocaust survivor urges German MPs to tackle resurgent antisemitism

Tova Friedman, one of the dwindling band of Holocaust survivors, took to the floor of the German parliament Wednesday to urge lawmakers to get “tougher” on resurgent antisemitism.In a speech that left some MPs visibly moved, 87-year-old Friedman recounted her experiences as a survivor of the Auschwitz extermination camp and appealed on those present to “use your power to fight”.”Don’t let antisemitism grow and bloom here,” she said.Born in 1938 close to Danzig (modern-day Gdansk in Poland), she survived Auschwitz after being sent there at the age of five together with her mother.Her family emigrated to the United States after the war, where she became a psychotherapist.”I walked out of Auschwitz thinking I’ll never have to be afraid again to be Jewish, never again, but here we are,” she said.”Now, 81 years later, much of the world has turned against us,” Friedman told the audience.”I just hope with all my heart that you become, say, a little tougher” in combatting antisemitism, she told those present, including Chancellor Friedrich Merz and President Frank-Walter Steinmeier.”Jews around the world again feel exposed, targeted, and hated,” she said.Friedman gave the example of her own grandson having to hide his Star of David and her granddaughter leaving her student dormitory after being harassed.”Shouts of: ‘Hitler was right!’ and ‘Gas the Jews’ are heard on the streets of New York, Paris, Amsterdam, London,” she said.She was applauded for several minutes at the end of her speech, held as part of a special session to commemorate Nazi Germany’s murder of six million European Jews during World War II.Germany has grown increasingly alarmed about rising anti-Jewish sentiment since the October 7, 2023 Hamas attack on Israel that sparked the war in Gaza.A record 6,236 antisemitic crimes were recorded in 2024, compared with just 2,641 in 2022, according to figures from the federal domestic intelligence agency (BfV).Nearly half of those incidents were attributed to right-wing extremism.The far-right Alternative for Germany (AfD) party has a narrow lead in some national polls, and the party includes figures who have called for the country to move away from its “culture of remembrance” of Nazi atrocities.