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Inondations en Indonésie: près de 1.000 morts et plus de 220 disparus

Des inondations dévastatrices en Indonésie ont fait près de 1.000 morts, selon un bilan provisoire des autorités jeudi, et des centaines de milliers de personnes souffrant des pénuries se plaignent que l’aide tarde à leur parvenir.Quelque 990 personnes ont perdu la vie dans les inondations qui ont dévasté le nord-ouest de l’île de Sumatra et plus de 220 personnes sont encore portées disparues, a indiqué le porte-parole de l’agence de prévention des catastrophes, Abdul Muhari.Des tempêtes tropicales et des pluies de mousson ont frappé l’Asie du Sud-Est et l’Asie du Sud ce mois-ci, provoquant des glissements de terrain et des crues éclair, alors que de nouvelles précipitations sont attendues.Dans la province d’Aceh, à Sumatra, théâtre d’un tsunami dévastateur en 2004, les habitants s’attachent à reconstruire tant bien que mal leur vie, mais frustrations et colère croissent alors que l’aide tarde à leur parvenir. “Les gens ne savent pas sur qui compter”, explique Syahrul, 39 ans, habitant à Bireuen, une ville du nord, où les destructions sont massives.Les habitants ont “perdu tout espoir (…) même celui d’essayer de se donner de l’espoir. À ce stade, ils ne peuvent plus compter du tout sur le gouvernement, quand on voit comment la situation a été gérée”, affirme-t-il à l’AFP. À Lhokseumawe, non loin de là, la population lutte toujours pour contenir des coulées de boue.”Près de 15 jours après l’inondation, nous n’avons pu que nettoyer l’intérieur de notre maison”, raconte à l’AFP Sariyulis, 36 ans.”Dehors, on ne peut plus rien faire à cause de la boue”, poursuit-il expliquant que la plupart des victimes des inondations se plaignaient du manque d’aide de la part des autorités. “Nous entendons sans cesse dire que chaque province peut gérer les inondations, mais nous vivons tout le contraire”, se lamente-t-il. “Plus de deux semaines après, nous sommes toujours confrontés aux mêmes problèmes (…) Les progrès réalisés (…) sont infimes”.Les mesures d’urgence en cours doivent être prolongées de deux semaines “afin de mener à bien la reconstruction et les réparations urgentes des infrastructures”, a déclaré Muzakir Munaf, gouverneur d’Aceh,à la presse. Mais le besoin le plus urgent concerne les médicaments, car les gens tombent malades, a-t-il ajouté, “nos communautés souffrent de maladies de peau, de toux, de démangeaisons et d’autres affections”. Le coût de la reconstruction pourrait s’élever à 51. 820 milliards de roupies (3,1 milliards de dollars) et le gouvernement indonésien se refuse pour l’instant à solliciter l’aide internationale.

Nobel: Machado dit avoir obtenu l’aide de l’administration Trump pour sortir du Venezuela

L’opposante vénézuélienne Maria Corina Machado, prix Nobel de la paix, a déclaré jeudi avoir obtenu le soutien de l’administration américaine pour sortir du Venezuela et rejoindre Oslo, un voyage entouré de mystère pour lequel des personnes “ont risqué leur vie”.”Nous avons reçu un soutien du gouvernement américain pour arriver ici”, a dit Mme Machado, qui vivait cachée dans son pays, lors d’une conférence de presse dans la capitale norvégienne.Selon le Wall Street Journal, elle portait une perruque et un déguisement quand elle a commencé son évasion lundi après-midi. Elle devait d’abord se rendre de la banlieue de Caracas, où elle se cachait depuis un an, à un village de pêcheurs côtier. Elle a effectué mardi une traversée périlleuse de la mer des Caraïbes, dont l’armée américaine avait été avertie, pour être accueillie à Curaçao par un spécialiste de ce genre d’opération fourni par l’administration Trump.Elle a ensuite emprunté un vol privé mercredi pour Oslo, ajoute le journal.-Action “décisive” de Trump -Récompensée en octobre pour ses efforts en faveur d’une transition démocratique au Venezuela, l’opposante de 58 ans avait dédié son Nobel, quelques heures après l’avoir reçu, au président américain Donald Trump. La réapparition de l’opposante – sa première apparition publique depuis près d’un an – a lieu en pleine crise entre le Venezuela et les États-Unis, qui ont déployé depuis août une imposante flottille en mer des Caraïbes, officiellement pour lutter contre le narcotrafic, causant 87 morts. Le président vénézuélien Nicolas Maduro accuse Washington de vouloir le renverser pour s’emparer du pétrole de son pays. Maria Corina Machado, bête noire de M. Maduro, est critiquée par certains pour la proximité de ses idées avec celles du président américain Donald Trump, et soutient ce déploiement américain. “Je crois que chaque pays a le droit de se défendre. Dans notre cas, je pense que les actions du président Trump ont été décisives pour en arriver là où nous en sommes aujourd’hui, à savoir un régime (vénézuélien, ndlr) plus faible que jamais, car celui-ci pensait auparavant pouvoir tout faire”, a-t-elle justifié jeudi.Donald Trump a annoncé mercredi la saisie d’un pétrolier au large des côtes du Venezuela.- Rentrer coûte que coûte -Arrivée dans la nuit, trop tard pour recevoir son Nobel en personne, Mme Machado a promis qu’elle “fera tout (son) possible” pour rentrer dans son pays, malgré les risques d’être arrêtée, et indépendamment du départ, ou non, de Maduro. “Je suis venue pour recevoir le prix au nom du peuple vénézuélien et je le ramènerai au Venezuela au moment adéquat”, a-t-elle déclaré à la presse en visitant le Parlement norvégien.”Je ne dirai pas quand ni comment cela se fera mais je ferai tout (mon) possible pour pouvoir rentrer et aussi mettre fin à cette tyrannie très bientôt”, a-t-elle dit, assurant qu’il fallait “finir le travail” pour établir la démocratie.Mme Machado a aussi remercié “tous ces hommes et ces femmes qui ont risqué leur vie pour que je puisse être ici aujourd’hui”. “Un jour, je pourrai vous raconter, car je ne veux certainement pas les mettre en danger maintenant”, a-t-elle ajouté.L’opposante était entrée en clandestinité au Venezuela en août 2024, quelques jours après la présidentielle à laquelle elle avait été empêchée de participer.Mercredi, c’est sa fille Ana Corina qui a reçu en son nom le prix et a lu pour elle un discours de remerciements. Le comité Nobel a évoqué “un voyage en situation de danger extrême” en référence à l’absence de la lauréate.La précédente apparition publique de Mme Machado remonte au 9 janvier lors d’une manifestation à Caracas. Au Venezuela, la justice la recherche pour “conspiration, incitation à la haine et terrorisme”, et des doutes subsistent sur la manière par laquelle elle compte parvenir à retourner dans son pays.”Elle risque d’être arrêtée si elle rentre, même si les autorités ont fait preuve de plus de retenue avec elle qu’avec beaucoup d’autres parce qu’une arrestation aurait une portée symbolique très forte”, a expliqué Benedicte Bull, spécialiste de l’Amérique latine de l’Université d’Oslo.”Pour avoir la démocratie, nous devons être prêts à nous battre pour la liberté”, a dit mercredi sa fille dans le discours lu à l’Hôtel de ville d’Oslo.Les États-Unis, l’Union européenne et de nombreux pays d’Amérique latine refusent de reconnaître les résultats de la présidentielle de l’an dernier, qui a permis au socialiste Nicolas Maduro d’enchaîner un troisième mandat de six ans. L’opposition accuse le pouvoir de fraude et a revendiqué la victoire de son candidat, Edmundo Gonzalez Urrutia, aujourd’hui en exil et également présent à Oslo mercredi.

Avenir du chantier de l’A69: la cour administrative tranchera le 30 décembre

La cour administrative d’appel de Toulouse doit rendre le 30 décembre son arrêt sur la validité de l’autorisation environnementale du chantier de l’autoroute A69 et la poursuite des travaux, recommandée par le rapporteur public.Etant donné la “taille critique” du bassin de population et d’emploi des villes de Castres et de Mazamet, dans le sud du Tarn, il est, selon le rapporteur Frédéric Diard, “difficile de lui dénier la nécessité d’une liaison autoroutière” avec la métropole toulousaine.Dans ce dossier, devenu depuis deux ans un symbole des luttes écologiques, ce magistrat, dont la fonction est d’éclairer les juridictions administratives et dont l’avis est en général suivi, estime en outre que l’autoroute A69 fait partie “des conditions favorables” au développement de cette zone et lui permettra d’être reliée aux “grands équipements régionaux” présents à Toulouse (aéroport, universités, hôpitaux, etc.).”Si vous nous suivez dans nos conclusions, vous annulerez le jugement du tribunal administratif de Toulouse”, a conclu M. Diard, soutenant que l’autorisation environnementale accordée par l’Etat à ce chantier mais qui avait été invalidée le 27 février, était conforme au droit.Le tribunal toulousain avait à l’époque considéré que cette future liaison de 53 km ne présentait pas de Raison impérative d’intérêt public majeur (RIIPM), une condition juridique nécessaire pour autoriser les atteintes à l’environnement liées à des projets d’infrastructure comme l’A69.- “anomalie” -En appui du rapporteur public, pour l’Etat, Eric Sacher, sous-directeur des affaires juridiques au ministère de la Transition écologique, a estimé que cette première décision constituait une “anomalie” que la cour administrative d’appel devait désormais corriger.Du côté des collectivités locales favorables au projet, l’avocate Catherine Schlegel a mis en avant le principe d’égalité territoriale dont l’agglomération de Castres-Mazamet “n’a pas à être privée”.En réponse, l’avocate des associations opposées à l’A69, Julie Rover, a d’abord rappelé que la cour administrative d’appel de Toulouse se trouvait dans la position de clore l'”exceptionnelle saga juridictionnelle” qui a entouré le chantier de l’autoroute. “53.000 pages de procédure”, avait rappelé le président de la cour, Denis Chabert, en ouverture des débats.- “hors normes” -“Le droit et les avis techniques plaident pour la confirmation de la décision de première instance”, a soutenu Me Rover pour qui “l’anomalie juridique” serait un arrêt de la cour conforme à la position du rapporteur public, qui, selon elle, “ne manquera pas d’être censuré par le Conseil d’Etat”.Marine Yzquierdo, autre avocate des opposants, est de son côté revenue sur le rejet de la demande de récusation que les anti-A69 et leurs avocats avaient déposée il y a quelques jours. Elle visait plusieurs magistrats siégeant jeudi, dont le président Denis Chabert, au motif qu’ils avaient déjà participé à une première décision sur l’autoroute A69, autorisant en mai une reprise des travaux dans l’attente de l’audience d’appel.Elle a confié n’avoir “plus le cœur à plaider”, ayant “l’impression que les dés sont jetés”. Pour autant, affirmant “croire encore à la justice”, elle a appelé les cinq magistrats de la composition élargie de la cour à ne pas participer à une “politique de démolition massive du droit de l’environnement”.”La juridiction essaie de faire ce qu’elle doit faire”, a déclaré en clôture de l’audience Denis Chabert, reconnaissant que l’A69 constituait un dossier “hors normes”. “Hors normes dans sa dimension mais pas hors du droit”, a-t-il souligné, avant d’annoncer la date du 30 décembre pour le rendu de cette décision attendue.

Avenir du chantier de l’A69: la cour administrative tranchera le 30 décembre

La cour administrative d’appel de Toulouse doit rendre le 30 décembre son arrêt sur la validité de l’autorisation environnementale du chantier de l’autoroute A69 et la poursuite des travaux, recommandée par le rapporteur public.Etant donné la “taille critique” du bassin de population et d’emploi des villes de Castres et de Mazamet, dans le sud du Tarn, il est, selon le rapporteur Frédéric Diard, “difficile de lui dénier la nécessité d’une liaison autoroutière” avec la métropole toulousaine.Dans ce dossier, devenu depuis deux ans un symbole des luttes écologiques, ce magistrat, dont la fonction est d’éclairer les juridictions administratives et dont l’avis est en général suivi, estime en outre que l’autoroute A69 fait partie “des conditions favorables” au développement de cette zone et lui permettra d’être reliée aux “grands équipements régionaux” présents à Toulouse (aéroport, universités, hôpitaux, etc.).”Si vous nous suivez dans nos conclusions, vous annulerez le jugement du tribunal administratif de Toulouse”, a conclu M. Diard, soutenant que l’autorisation environnementale accordée par l’Etat à ce chantier mais qui avait été invalidée le 27 février, était conforme au droit.Le tribunal toulousain avait à l’époque considéré que cette future liaison de 53 km ne présentait pas de Raison impérative d’intérêt public majeur (RIIPM), une condition juridique nécessaire pour autoriser les atteintes à l’environnement liées à des projets d’infrastructure comme l’A69.- “anomalie” -En appui du rapporteur public, pour l’Etat, Eric Sacher, sous-directeur des affaires juridiques au ministère de la Transition écologique, a estimé que cette première décision constituait une “anomalie” que la cour administrative d’appel devait désormais corriger.Du côté des collectivités locales favorables au projet, l’avocate Catherine Schlegel a mis en avant le principe d’égalité territoriale dont l’agglomération de Castres-Mazamet “n’a pas à être privée”.En réponse, l’avocate des associations opposées à l’A69, Julie Rover, a d’abord rappelé que la cour administrative d’appel de Toulouse se trouvait dans la position de clore l'”exceptionnelle saga juridictionnelle” qui a entouré le chantier de l’autoroute. “53.000 pages de procédure”, avait rappelé le président de la cour, Denis Chabert, en ouverture des débats.- “hors normes” -“Le droit et les avis techniques plaident pour la confirmation de la décision de première instance”, a soutenu Me Rover pour qui “l’anomalie juridique” serait un arrêt de la cour conforme à la position du rapporteur public, qui, selon elle, “ne manquera pas d’être censuré par le Conseil d’Etat”.Marine Yzquierdo, autre avocate des opposants, est de son côté revenue sur le rejet de la demande de récusation que les anti-A69 et leurs avocats avaient déposée il y a quelques jours. Elle visait plusieurs magistrats siégeant jeudi, dont le président Denis Chabert, au motif qu’ils avaient déjà participé à une première décision sur l’autoroute A69, autorisant en mai une reprise des travaux dans l’attente de l’audience d’appel.Elle a confié n’avoir “plus le cœur à plaider”, ayant “l’impression que les dés sont jetés”. Pour autant, affirmant “croire encore à la justice”, elle a appelé les cinq magistrats de la composition élargie de la cour à ne pas participer à une “politique de démolition massive du droit de l’environnement”.”La juridiction essaie de faire ce qu’elle doit faire”, a déclaré en clôture de l’audience Denis Chabert, reconnaissant que l’A69 constituait un dossier “hors normes”. “Hors normes dans sa dimension mais pas hors du droit”, a-t-il souligné, avant d’annoncer la date du 30 décembre pour le rendu de cette décision attendue.

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Avenir du chantier de l’A69: la cour administrative tranchera le 30 décembre

La cour administrative d’appel de Toulouse doit rendre le 30 décembre son arrêt sur la validité de l’autorisation environnementale du chantier de l’autoroute A69 et la poursuite des travaux, recommandée par le rapporteur public.Etant donné la “taille critique” du bassin de population et d’emploi des villes de Castres et de Mazamet, dans le sud du Tarn, il est, selon le rapporteur Frédéric Diard, “difficile de lui dénier la nécessité d’une liaison autoroutière” avec la métropole toulousaine.Dans ce dossier, devenu depuis deux ans un symbole des luttes écologiques, ce magistrat, dont la fonction est d’éclairer les juridictions administratives et dont l’avis est en général suivi, estime en outre que l’autoroute A69 fait partie “des conditions favorables” au développement de cette zone et lui permettra d’être reliée aux “grands équipements régionaux” présents à Toulouse (aéroport, universités, hôpitaux, etc.).”Si vous nous suivez dans nos conclusions, vous annulerez le jugement du tribunal administratif de Toulouse”, a conclu M. Diard, soutenant que l’autorisation environnementale accordée par l’Etat à ce chantier mais qui avait été invalidée le 27 février, était conforme au droit.Le tribunal toulousain avait à l’époque considéré que cette future liaison de 53 km ne présentait pas de Raison impérative d’intérêt public majeur (RIIPM), une condition juridique nécessaire pour autoriser les atteintes à l’environnement liées à des projets d’infrastructure comme l’A69.- “anomalie” -En appui du rapporteur public, pour l’Etat, Eric Sacher, sous-directeur des affaires juridiques au ministère de la Transition écologique, a estimé que cette première décision constituait une “anomalie” que la cour administrative d’appel devait désormais corriger.Du côté des collectivités locales favorables au projet, l’avocate Catherine Schlegel a mis en avant le principe d’égalité territoriale dont l’agglomération de Castres-Mazamet “n’a pas à être privée”.En réponse, l’avocate des associations opposées à l’A69, Julie Rover, a d’abord rappelé que la cour administrative d’appel de Toulouse se trouvait dans la position de clore l'”exceptionnelle saga juridictionnelle” qui a entouré le chantier de l’autoroute. “53.000 pages de procédure”, avait rappelé le président de la cour, Denis Chabert, en ouverture des débats.- “hors normes” -“Le droit et les avis techniques plaident pour la confirmation de la décision de première instance”, a soutenu Me Rover pour qui “l’anomalie juridique” serait un arrêt de la cour conforme à la position du rapporteur public, qui, selon elle, “ne manquera pas d’être censuré par le Conseil d’Etat”.Marine Yzquierdo, autre avocate des opposants, est de son côté revenue sur le rejet de la demande de récusation que les anti-A69 et leurs avocats avaient déposée il y a quelques jours. Elle visait plusieurs magistrats siégeant jeudi, dont le président Denis Chabert, au motif qu’ils avaient déjà participé à une première décision sur l’autoroute A69, autorisant en mai une reprise des travaux dans l’attente de l’audience d’appel.Elle a confié n’avoir “plus le cœur à plaider”, ayant “l’impression que les dés sont jetés”. Pour autant, affirmant “croire encore à la justice”, elle a appelé les cinq magistrats de la composition élargie de la cour à ne pas participer à une “politique de démolition massive du droit de l’environnement”.”La juridiction essaie de faire ce qu’elle doit faire”, a déclaré en clôture de l’audience Denis Chabert, reconnaissant que l’A69 constituait un dossier “hors normes”. “Hors normes dans sa dimension mais pas hors du droit”, a-t-il souligné, avant d’annoncer la date du 30 décembre pour le rendu de cette décision attendue.

Trump annonce que les Etats-Unis ont saisi un pétrolier au large du Venezuela

Donald Trump a annoncé mercredi que les Etats-Unis avaient saisi un pétrolier au large du Venezuela, une manière de faire grimper encore la tension avec Caracas, qui dénonce un “acte de piraterie internationale”.”Nous venons tout juste de saisir un pétrolier au large du Venezuela, un grand pétrolier, très grand, le plus grand jamais saisi”, a affirmé le président américain à des journalistes à la Maison Blanche.Le pétrolier saisi par les Américains est baptisé Skipper, selon le site spécialisé MarineTraffic. Il s’agit d’un “très grand pétrolier transporteur de brut” (VLCC). Selon MarineTraffic, il transportait 1,1 million de barils de pétrole brut soumis à des sanctions.Long de 333 mètres, le Skipper a été sanctionné par le Trésor américain en 2022 pour des liens présumés avec le Corps des gardiens de la révolution islamique iranien et le Hezbollah.A l’époque, il naviguait sous le nom d’Adisa.La ministre américaine de la Justice, Pam Bondi a publié sur son compte X une vidéo de 45 secondes montrant l’assaut de soldats américains armés débarquant sur le pont d’un navire depuis un hélicoptère. Personne d’autres que les soldats américains n’est visible sur cette vidéo.Elle a précisé que l’opération avait notamment été menée par le FBI avec le soutien du ministère de la Défense.”Depuis plusieurs années, ce pétrolier est sanctionné par les Etats-Unis en raison de son implication dans un réseau illicite d’expédition de pétrole soutenant des organisations terroristes étrangères”, a-t-elle déclaré sur X.Elle a affirmé que le navire saisi transportait du pétrole soumis à des sanctions en provenance du Venezuela et de l’Iran.La saisie du navire a eu lieu “au large des côtes vénézuéliennes”, “en toute sécurité”, a-t-elle dit.Selon le Washington Post, le pétrolier était en route pour Cuba pour y livrer du pétrole.Le gouvernement américain multiplie les mesures, économiques et militaires, pour accroître encore plus la pression sur le dirigeant socialiste vénézuélien Nicolas Maduro. Donald Trump a estimé que les jours de ce dernier étaient “comptés” dans un récent entretien avec le site Politico.Washington a déployé un important dispositif militaire dans les Caraïbes depuis cet été. Mais la saisie du pétrolier constitue une première dans cette crise, alors que les hydrocarbures constituent la principale source de revenus du Venezuela.Le ministère des Affaires étrangères vénézuélien a dénoncé “avec force ce qui constitue un vol éhonté et un acte de piraterie internationale, annoncé publiquement par le président des Etats-Unis”, dans un communiqué.Le ministère a encore estimé qu’avec cet “acte criminel”, le président américain montre que “son objectif a toujours été de s’emparer du pétrole vénézuélien sans verser la moindre contrepartie, laissant clairement entendre que la politique d’agression contre notre pays répond à un plan délibéré de spoliation de nos richesses énergétiques”. – “Des voleurs, des pirates” -“Ce sont des assassins, des voleurs, des pirates. Comment s’appelle ce film, +Pirates des Caraïbes+ ? Eh bien, Jack Sparrow est un héros, ceux-là sont des criminels des mers, des flibustiers, ils ont toujours agi ainsi”, a renchéri Diosdado Cabello, le ministre vénézuélien de l’Intérieur, lors de son passage télévisé hebdomadaire.Cette opération a eu lieu le jour même de la cérémonie de remise du Nobel de la paix à l’opposante vénézuélienne Maria Corina Machado, qui a dédié son prix à Donald Trump.Lors d’un rassemblement mercredi à Caracas, Nicolas Maduro a exigé la fin de “l’interventionnisme illégal et brutal du gouvernement américain au Venezuela et en Amérique latine”, sans faire référence explicitement à la confiscation du pétrolier.- Embargo -Accusant Caracas d’être derrière un trafic de produits stupéfiants qui inondent les Etats-Unis, Washington a conduit de multiples frappes contre des embarcations accusées de transporter de la drogue, en particulier en mer des Caraïbes.Les Etats-Unis ont bombardé une vingtaine d’embarcations avec un bilan de 87 morts. Caracas estime qu’il s’agit d’une opération visant à évincer M. Maduro du pouvoir et s’emparer des immenses réserves de pétrole du pays, soumis depuis 2019 à un embargo. Ce dernier avait été assoupli en 2023 avec des licences pour opérer dans le pays, mais Donald Trump les a révoquées depuis son retour à la Maison Blanche. Cela oblige le pays à écouler sa production sur le marché noir à des prix nettement plus bas, à destination en particulier de la Chine.La saisie d’un pétrolier pourrait peser sur ces exportations, en dissuadant les acheteurs potentiels.Le Venezuela fournit 1,1 million de barils par jour de pétrole brut, principalement à la Chine, selon des analystes. Le représentant commercial de l’Union européenne au Venezuela, Jaime Luis Socas, a estimé que les achats de pétrole brut au Venezuela chuteraient de 75% cette année, passant de 1,535 milliard d’euros en 2024 à 383 millions d’euros en 2025.