Budget: le Sénat, passé d’incontournable à coupable idéal
Pilier incontournable de la coalition gouvernementale sous Michel Barnier et François Bayrou, le Sénat doit constater sa mise à l’écart des débats budgétaires, victime du choix de Sébastien Lecornu de se tourner vers la gauche. Au point d’être pris pour responsable de l’échec du budget.”Je regrette l’absence de volonté d’aboutir de certains parlementaires, comme nous pouvions le craindre malheureusement depuis quelques jours”. En actant l’impossibilité d’arriver à un compromis avant le 31 décembre, le Premier ministre a ciblé, sans les nommer, les sénateurs et leur solide majorité acquise à la droite et ses alliés centristes.La commission mixte paritaire (CMP), réunion cruciale de députés et sénateurs chargés de trouver un accord sur le projet de loi de finances pour 2026, s’est soldée vendredi par un échec cuisant, en quelques minutes à peine.A qui la faute ? Dans les rangs gouvernementaux, la droite sénatoriale fait office de coupable idéal. En cause, la “radicalité” d’une “petite partie du groupe LR du Sénat pour des raisons très politiciennes”, qui aurait mis “en danger la réussite” des négociations, avançait Matignon dès jeudi.”La droite sénatoriale a, depuis le départ, écarté toute possibilité de compromis”, a renchéri vendredi Olivier Faure, le premier secrétaire du Parti socialiste.- Non aux concessions -Avec une ligne ferme “anti-taxes”, la chambre haute a en effet déroulé une partition intransigeante lors de l’examen du budget cet automne, refusant l’essentiel des compromis trouvés par le gouvernement à l’Assemblée nationale.Point le plus crispant: l’ultrasensible suspension de la réforme des retraites, accueillie comme un renoncement par le Sénat et son président Gérard Larcher.Cette concession majeure de Sébastien Lecornu au PS a considérablement raidi la Haute assemblée, qui n’a jamais voulu l’accepter. “On a dû avaler des couleuvres”, s’exaspère un sénateur LR.Jusqu’au bout, les sénateurs ont espéré un revirement de Sébastien Lecornu, le priant de réactiver l’article 49.3 sur une copie budgétaire penchant vers la droite. Mais la stratégie du Premier ministre était incompatible avec les velléités du Sénat: conscient que c’est bien l’Assemblée nationale qui dispose d’un pouvoir de censure, Sébastien Lecornu a essentiellement négocié avec les députés.Quitte à délaisser le Sénat ? “Le gouvernement a créé les conditions pour qu’un accord sur le budget soit impossible”, s’est énervé le patron des Républicains Bruno Retailleau, repris en choeur par ses alliés Mathieu Darnaud et Hervé Marseille, chefs des groupes LR et centriste du Sénat, qui ont taclé dans un communiqué commun “l’attitude regrettable” de l’exécutif.Beaucoup attribuent à l’ex-ministre la responsabilité de la fermeté de la droite sénatoriale, exacerbée depuis sa sortie tumultueuse du premier gouvernement de Sébastien Lecornu en octobre.”Bruno Retailleau n’est jamais intervenu pour nuire au compromis”, balaye le rapporteur général du Budget au Sénat, Jean-François Husson (LR). Lui assure que la chambre haute s’est montrée constructive jusqu’au bout: “259 des 263 articles du budget faisaient l’objet d’un accord”, martèle-t-il. – “Négocier dans le noir” -“Nous avons dû négocier dans le noir”, se désespère le négociateur en chef de la droite. “Je n’ai pas eu un seul appel, un seul SMS de Matignon depuis mercredi soir”, ajoute-t-il, persuadé que “le gouvernement n’a pas souhaité que notre CMP soit conclusive”. “Rejeter la faute sur le Sénat est totalement invraisemblable”, s’indigne aussi le sénateur Horizons Emmanuel Capus. “Nous sommes les seuls à avoir voté un budget. Il ne faut pas inverser les rôles.”Le camouflet n’en est pas moins majeur pour la chambre haute, qui faisait office de pilier de la coalition gouvernementale il y a seulement quelques mois. Sous Michel Barnier d’abord, mais également sous François Bayrou, où de nombreux textes de loi d’origine sénatoriale avaient pu prospérer, comme la “loi narcotrafic” ou la “loi Duplomb” sur les entraves au métier d’agriculteur.En janvier dernier, la CMP sur le budget 2025 avait même pu aboutir à une copie assez proche de celle du Sénat, moyennant l’usage d’un 49.3 pour la faire adopter. Douze mois plus tard, la donne a bien changé: les centaines d’heures d’examen du budget au Sénat tout au long de l’automne n’auront finalement servi à rien.
Bethlehem camp’s ‘lifeline’ football field faces Israeli demolition
Earlier this month a group of Palestinian boys turned out to train at their local football pitch in the shadow of the wall separating Israel from the West Bank’s Aida refugee camp — and found a note at the gate.The children took the ominous message from Israeli authorities to Muhannad Abu Srour, sports director at the Aida Youth Centre in the camp near Bethlehem, and the news was not good. “We were shocked to discover that it was a decision to demolish Aida camp’s football field,” Abu Srour told AFP, adding that more than 500 children regularly train on the field roughly half the size of a regulation soccer pitch.”The football field is the only open space we have. If the field is taken away, the children’s dream is taken away,” Abu Srour said.The planned destruction of the Aida field is one of many points of contention in the occupied West Bank, but it is a particularly painful one for young Palestinians yearning for a better future. One of the older members, 18-year-old Abdallah al-Ansurur, hopes to make it into the national Palestinian team, and, like many other youth at Aida camp, took his first steps in the game on the pitch flanked by the eight-metre concrete Israeli wall.”I started when I was about 13 years old. This field gave me a real opportunity to train,” said Ansurur, who was born and raised in Aida camp, one of the smallest in the West Bank.- ‘The only open space’ -Ansurur, who trains to be a goalkeeper, calls the astroturf-covered piece of land a “lifeline”.”Without this field, I wouldn’t have had this chance. If it didn’t exist, we’d be playing in the streets — or not playing at all,” he said.Israel has occupied the West Bank since 1967 and frequently demolishes Palestinian homes or infrastructure, arguing they were built without permits.AFP was shown the note from COGAT, the Israeli defence ministry body in charge of Palestinian civilian affairs, which says the field was not authorised.But Anton Salman, who was mayor of adjacent Bethlehem when the field was built in 2021, told AFP the construction was legal.Salman said his municipality leased the land from the Armenian Church authorities to whom it belongs, before allowing Aida camp’s popular committee to manage it for the benefit of residents.Saeed al-Azzeh, head of the popular committee, confirmed the information, calling the space, “the only breathing space” for camp residents.”Today, more than 7,000 people live on the same piece of land. Streets are narrow, alleys are cramped — there is nowhere else,” Azzeh said, referring to the camp.Like other Palestinian refugee camps, Aida was built to accommodate some of the hundreds of thousands of people who either fled their homes or were forced out during the creation of Israel in 1948.With time, tents gave way to concrete buildings, with the football field representing one of the few open spaces in the camp’s dense patchwork.- Kept apart by checkpoints -Abu Srour is proud of what came out of the field, with youth sports delegations able to travel abroad to play, a welcome escape from the West Bank’s myriad restrictions.”Going to play in France is easier than going to play in Nablus,” he said, referring to the main city in the north of the West Bank.This is because checkpoints, a fixture of the West Bank since the start of Israel’s occupation, have multiplied since the start of the war in Gaza.Abu Srour mentioned that bringing a local team to Ramallah, a city 20 kilometres (12.5 miles) away as the crow flies, took six hours recently, instead of one hour in the past.- ‘Demolished dreams’ -Restricted mobility is a major issue for most Palestinian athletes as it makes it nearly impossible for athletes of similar levels from different cities to train together.Waseem Abu Sal, who was the first Palestinian boxer to participate in the Olympics, told AFP he frequently sparred with athletes of different levels or weight categories for lack of mobility.Taking a short break from running a practice for 50 excited five to 10 year old boys, coach Mahmud Jandia told AFP he hoped the field would remain.”Yes, the wall is there — it feels like a prison — but despite that, the most important thing is that the field remains and the children keep playing.””If the field is demolished, all the children’s dreams will be demolished with it.”
Un “Gilet jaune” éborgné obtient qu’un juge examine la responsabilité d’un préfet de police
Un juge d’instruction va devoir examiner la responsabilité pénale de l’ancien préfet de police de Paris Didier Lallement dans les violences qui ont conduit à la perte par un “gilet jaune” d’un oeil à Paris, a-t-on appris vendredi de source proche du dossier.Manuel Coisne avait été éborgné en novembre 2019 par un tir de grenade lacrymogène à Paris. Un juge d’instruction avait ordonné fin 2024 le renvoi devant la cour criminelle départementale de Fabrice T., le policier suspecté d’être l’auteur du tir tendu qui l’avait mutilé.Mais l’avocat de M. Coisne, Me Arié Alimi, avait également porté plainte avec constitution de partie civile contre le préfet de police de Paris de l’époque, Didier Lallement, notamment pour “violences volontaires par personne dépositaire de l’autorité publique suivie de mutilation ou d’infirmité permanente” et “atteinte à la liberté individuelle”.Cette plainte avait été jointe à la procédure, mais le juge d’instruction saisi du dossier s’est borné à enquêter sur le policier auteur du tir et n’a pas enquêté sur l’éventuelle responsabilité pénale du préfet, responsable du maintien de l’ordre, a relevé la cour d’appel de Paris, dans une décision dont l’AFP a eu connaissance vendredi.Elle a ordonné un retour du dossier au juge d’instruction, pour enquêter sur ce volet aussi.”Dès le début de la procédure pénale, nous avions demandé à la juridiction d’instruction d’apprécier la responsabilité pénale du préfet Lallement, qui était à l’origine de la nasse illégale et du trouble à l’ordre public dans l’organisation du maintien de l’ordre sur la place d’Italie, le jour d’anniversaire du mouvement des gilets jaunes. C’est à cette occasion que cette nasse illégale doublée de l’usage illégitime de la force a causé la perte de mon œil”, a réagi Manuel Coisne, dans un communiqué transmis à l’AFP.”La poursuite (de l’ancien) préfet de police de Paris devant une cour criminelle devra ainsi être envisagée”, a-t-il poursuivi. “Nous sommes très heureux d’annoncer cette décision qui pourra conduire à la responsabilité pénale de tous les préfets dans le maintien de l’ordre à l’avenir.””C’est à ma connaissance la première fois qu’un préfet de police, et pas n’importe lequel, celui à l’origine de la brutalisation du maintien de l’ordre, pourrait être mis en examen et jugé pour les ordres donnés. Tous les préfets devront s’interroger sur les ordres qu’ils donneront à l’avenir”, a complété Me Alimi.
Guerre en Ukraine : Poutine assure que “la balle est dans le camp” de ses adversaires
“La balle est dans le camp” de l’Ukraine et de ses soutiens européens pour négocier la fin de la guerre, a estimé vendredi Vladimir Poutine, après s’être félicité des progrès de l’armée russe sur le front et avoir nié toute responsabilité dans ce conflit qui entrera bientôt dans sa cinquième année.Le président russe a consacré de longs moments de sa grande conférence de presse annuelle, qui a duré plus de quatre heures, à évoquer l’offensive en Ukraine, déclenchée en février 2022.Il s’est félicité des gains territoriaux obtenus dans l’est de l’Ukraine par les forces russes, assurant que celles-ci “avancent sur toute la ligne de contact” et que les Ukrainiens “reculent dans toutes les directions”.”Je suis sûr qu’avant la fin de cette année, nous assisterons encore à de nouveaux succès”, a-t-il encore dit pendant cette émission, qui combine conférence de presse et réponse aux questions de la population.Les troupes russes ont accéléré cette année leurs conquêtes sur le front en Ukraine, dont elles contrôlent environ 19% du territoire.Interrogé par un journaliste américain sur sa responsabilité personnelle dans le conflit le plus sanglant sur le sol européen depuis la fin de la Deuxième Guerre mondiale, Vladimir Poutine a répondu : “Nous ne nous considérons pas responsables de la mort des gens, parce que nous n’avons pas commencé cette guerre”. Avant d’imputer une nouvelle fois sa survenue aux autorités ukrainiennes.Le chef de l’Etat a jugé que c’était désormais à Kiev et à ses alliés européens d’accepter qu’il soit mis fin aux hostilités, Moscou ayant déjà fait des “compromis” au cours de pourparlers avec les Américains.Le président ukrainien Volodymyr Zelensky, en visite vendredi à Varsovie pour rencontrer pour la première fois son homologue polonais Karol Nawrocki, a quant à lui averti qu’en cas de défaite de l’Ukraine, la Russie s’en prendrait “inévitablement” à la Pologne voisine.- “Respectez nos intérêts” -Les Etats-Unis multiplient les tractations diplomatiques, avec en particulier une rencontre entres émissaires russes et américains à Miami ce week-end, en vue de préparer un plan pour l’Ukraine. Ce texte implique des concessions territoriales mais aussi des garanties de sécurité pour l’Ukraine.Et alors qu’on lui demandait s’il y aurait de “nouvelles opérations militaires spéciales”, le nom donné par la Russie à son intervention en Ukraine, M. Poutine a martelé: “Il n’y aura aucune opération si vous nous traitez avec respect et respectez nos intérêts”.Le président russe a par ailleurs mis en garde les Européens contre des “conséquences très lourdes” en cas de saisie des avoirs russes gelés pour aider l’Ukraine, évoquant mesures de représailles et recours en justice.Le chef de la diplomatie russe, Sergueï Lavrov, a pour sa part fustigé la proposition des Européens de déployer une force multinationale en Ukraine, les accusant de vouloir faire de ce pays un “tremplin pour menacer la Russie”.M. Poutine a en outre annoncé que la Russie pourrait “s’abstenir” de procéder à des frappes en profondeur en Ukraine le jour de la présidentielle si Kiev décidait qu’un tel scrutin aurait lieu.Volodymyr Zelensky, pressé par Donald Trump à ce sujet, s’était dit début décembre prêt à organiser cette élection si les conditions de sécurité étaient réunies.- Le Seigneur, l’amour et une comète -M. Poutine, 73 ans et au pouvoir depuis un quart de siècle, est rompu à l’exercice qu’est cette grande conférence annuelle. Il s’exprime à cette occasion sur un vaste spectre de sujets allant de la géopolitique aux préoccupations concrètes de la population.Interrogé sur le chercheur français Laurent Vinatier, emprisonné en Russie et qui pourrait être jugé pour espionnage, il a affirmé “ne rien savoir” de l’affaire et qu’il se pencherait sur le dossier.De nombreuses questions ont porté sur la situation économique et la détérioration du niveau de vie.Si l’économie russe a résisté jusqu’ici face aux restrictions visant notamment ses exportations d’hydrocarbures, les difficultés qu’elle traverse s’expriment via des pénuries de main-d’oeuvre, le coût prohibitif des crédits bancaires et la hausse des prix.Dans un contexte de ralentissement économique, la Banque centrale russe a abaissé vendredi son taux directeur de 16,5% à 16%, maintenant son objectif de ramener l’inflation à 4%, contre 6,6% en novembre sur un an.Comme au cours des éditions précédentes, M. Poutine a aussi répondu à une pléthore de doléances locales, s’engageant à régler des problèmes de particuliers ou à réprimander des responsables régionaux.Il a promis de discuter avec le gouvernement des taxes sur les commerces après la plainte d’un boulanger, refusé toute réglementation des prix ou encore parlé du passage d’une comète près de la Terre, affirmant en plaisantant qu’il s’agissait d’une “arme secrète” de la Russie.Et il a répondu “oui” à la question d’une journaliste lui demandant s’il était amoureux, glissé que, pour lui, le patriotisme avait commencé avec ses parents et qu’il croyait “au Seigneur, qui est avec nous et qui n’abandonnera jamais la Russie”.Quelque trois millions de questions ont été posées au président, triées avec l’aide de l’intelligence artificielle, selon le Kremlin.Ce programme, sous diverses formes, est organisé quasiment chaque année depuis 2001. En 2022, il n’avait pas eu lieu, l’armée russe venant alors d’essuyer des revers importants en Ukraine.




