Redressement fiscal en vue pour Castel, sur fond de dissensions

Castel, géant des boissons, est “dans le collimateur” du fisc français avec un “redressement” pouvant atteindre le milliard d’euros, a déclaré mardi le dirigeant de sa branche vins, rapidement désavoué par sa maison-mère, qui évoque des “éléments inexacts”, sur fond d’affrontement au sommet du groupe.”Bercy a le groupe Castel dans le collimateur. Il a mené une enquête sur plusieurs années”, a déclaré au quotidien régional Sud Ouest Alain Castel, neveu du fondateur du groupe bordelais, le milliardaire Pierre Castel (99 ans). Ce redressement “est +pré-lancé+. Le chiffre d’un milliard d’euros est évoqué. C’est colossal mais, s’il le faut, on paiera”, a-t-il ajouté, évoquant “l’opportunité” de remettre “tout ça d’aplomb”.Ce montant, avancé par le magazine Challenges, n’est qu’une “supposition”, a nuancé Castel Vins dans un communiqué transmis à l’AFP, ajoutant qu’il “représente une fourchette très haute”. Symbole du conflit ouvert entre la famille Castel et l’actuel directeur général de la principale holding du groupe, les propos d’Alain Castel ont poussé DF Holding, maison-mère de Castel Vins, à réagir.”DF Holding s’étonne qu’une de ses filiales, Castel Vins, ait communiqué publiquement sur des sujets qui relèvent exclusivement de la sphère du groupe et présentent, par ailleurs, un caractère confidentiel”, a écrit la structure dirigée par le Suisse Gregory Clerc.- “Peur” et “menace” -“DF Holding s’étonne également qu’une filiale se permette aussi de conjecturer sur d’éventuels montants de régularisations, alors même qu’ils relèvent de la compétence exclusive de l’administration concernée”, a ajouté la société, dont le chiffre d’affaires a atteint 6,5 milliards d’euros en 2024.La perspective d’un redressement fiscal avait été mentionnée par Gregory Clerc dans un récent courrier interne, consulté par l’AFP, où le directeur général évoquait “le lancement de plusieurs chantiers de régularisation fiscale et sociale” depuis 2024, dont un “dossier majeur” avec le fisc français “relatif à des périodes antérieures à (s)a prise de fonctions”.Nommé en octobre 2023 à la tête de DF Holding, cet avocat fiscaliste helvète avait auparavant défendu Pierre Castel, à titre privé, dans un litige fiscal en Suisse. Le fisc genevois a condamné le milliardaire français, exilé en Suisse depuis 1981, à verser plus de 350 millions d’euros pour avoir omis de déclarer une partie de sa fortune pendant plusieurs années.Alain Castel a dénoncé dans Sud Ouest “la captation du pouvoir” par M. Clerc, qui “ne rapporte à personne et manage par la peur et la menace”. La société qu’il dirige, Castel Vins, a pour sa part assuré que le redressement à venir faisait suite à une demande de “régularisation volontaire” engagée non pas par M. Clerc mais par “l’ancienne gouvernance” en 2022.- “Éléments inexacts” -En réponse, DF Holding a maintenu sa version: “la procédure de régularisation a bien été engagée auprès de l’administration en 2024”, a dit la société, dénonçant “des éléments inexacts, tant s’agissant des faits que des dates évoqués”.Le point à régulariser avec le fisc français, selon Castel Vins, concerne la localisation du centre de décision du groupe.”DF Holding relève du droit luxembourgeois. À la suite de cet établissement (au Luxembourg), pendant une période les principales équipes sont restées en activité en France. Il a été établi que le siège effectif était pendant ce temps-là en France. Le dossier vise à la régularisation des impôts dus sur cette période en France”, a expliqué la société.Un autre dossier, “dissocié” de cette procédure fiscale, concerne une enquête menée entre 2022 et 2025 par l’Office national antifraude (Onaf), qui a remis les éléments obtenus au Parquet national financier (PNF), a précisé Castel Vins, disant en attendre “les conclusions”.Le groupe Castel, connu en France pour ses marques Baron de Lestac, Listel, Kriter ou encore les cavistes Nicolas, et en Afrique pour ses bières, traverse une profonde crise de gouvernance.Le 8 janvier, la famille du fondateur a tenté, en vain, de révoquer Gregory Clerc lors d’une assemblée générale extraordinaire à Singapour, où siège la holding de tête du groupe, mais espère y parvenir lors d’une prochaine nouvelle assemblée.

“Autour de 20 milliards d’euros” d’exportations d’armements français en 2025 (ministre)

Les exportations françaises d’armements devraient s’établir en 2025 “autour de 20 milliards d’euros”, s’approchant des 21,6 milliards enregistrés l’année précédente, a annoncé mardi la ministre des Armées Catherine Vautrin.”Pour 2025, nous devrions, comme en 2024, enregistrer autour de 20 milliards d’euros de prises de commandes à l’export, dont un tiers sur le continent européen”, a déclaré Mme Vautrin en présentant ses voeux.Si ce montant est confirmé, il s’agira de la troisième meilleure performance annuelle pour l’industrie française de défense après 2022 et 2024, alors que les dépenses militaires mondiales ne cessent de croître, particulièrement en Europe.La ministre n’a pas précisé quelles commandes avaient contribué à ce résultat. En 2025, L’Inde a notamment signé un contrat pour acquérir 26 avions de combat Rafale pour sa marine, la Grèce acquis une quatrième frégate de défense et d’intervention (FDI), la Roumanie des missiles anti-aériens Mistral, la Croatie des canons Caesar.”Sans export, il n’y a pas d’autonomie stratégique crédible. C’est pourquoi le sujet à l’export n’est pas un sujet périphérique, c’est un élément pivot de notre système de défense”, a plaidé Mme Vautrin.La France a elle pour sa part passé commande pour 38 milliards d’euros, “dont 80% concernent notre base industrielle technologique de défense”, selon la ministre, citant notamment le porte-avions de nouvelle génération (PANG), les futurs sous-marins lanceurs d’engins (SNLE3G) ou une évolution du missile nucléaire M51.

Ukraine: “plus d’un million” d’habitants de Kiev privés de courant, entretiens russo-américains

“Plus d’un million” d’habitants de Kiev sont privés d’électricité mardi soir à la suite de nouvelles frappes nocturnes russes, a déploré le président Volodymyr Zelensky, tandis qu’un émissaire russe dit avoir eu des entretiens “constructifs” en Suisse avec les Américains sur le conflit en Ukraine.  Des drones russes ont par ailleurs fait trois morts et deux blessés dans la journée à Zaporijjia, dans le sud, selon le ministère ukrainien de l’Intérieur.A Davos, une station suisse huppée, “les rencontres se déroulent de manière constructive et de plus en plus de personnes prennent conscience du bien-fondé de la position russe”, a affirmé en marge du Forum économique mondial l’envoyé russe Kirill Dmitriev après des discussions sur l’Ukraine notamment avec les Américains Steve Witkoff et Jared Kushner, le gendre de Donald Trump.Volodymyr Zelensky s’est pour sa part dit “inquiet” d’une perte d’attention internationale sur le pire conflit en Europe depuis la Deuxième Guerre mondiale, à cause du différend causé par les velléités du président américain de s’emparer du Groenland.- Le Parlement dans le noir -A Kiev, 4.000 immeubles résidentiels sont toujours sans chauffage après des attaques aériennes dans la nuit de lundi à mardi, a souligné son maire Vitali Klitschko, la Russie continuant de viser les installations énergétiques de l’Ukraine.Ces bombardements ont aussi provisoirement privé la centrale nucléaire de Tchernobyl d’alimentation externe en courant et ont fait un blessé dans la capitale et un mort, un peu plus au nord, à Boutcha, où un massacre avait été commis pendant l’occupation russe début 2022.”Tout le monde n’a pas la possibilité de quitter la ville mais, en ce moment, la population a diminué”, a assuré M. Klitschko dans un entretien avec l’AFP, disant que 600.000 de ses 3,6 millions d’habitants en étaient partis depuis son appel le 9 janvier à une évacuation provisoire, quand la moitié des bâtiments d’habitation avaient été privés de chauffage par des frappes russes massives.Des journalistes de l’AFP y ont constaté la fermeture de magasins et de restaurants en raison des coupures de courant, ainsi que la mise hors service de feux de circulation et l’extinction de l’éclairage public la nuit dans certains quartiers.La Rada, le Parlement ukrainien, était également sans eau, ni électricité ni chauffage mardi, a annoncé son président Rouslan Stefantchouk.”La température frôle les -20°C et Poutine s’en sert pour briser la résistance, plonger tout le monde dans la dépression, créer de la tension dans la société”, a dénoncé M. Klitschko auprès de l’AFP.Pendant l’entretien, une alerte aérienne a retenti à Kiev.- Appel à quitter Kiev -Le 9 janvier, la capitale ukrainienne avait déjà subi un bombardement qui avait laissé sans chauffage 6.000 immeubles, la pire attaque russe sur son réseau énergétique depuis le début de l’invasion il y a bientôt quatre ans.Son maire a réitéré son appel à ceux qui le peuvent à quitter la ville pendant que les services ukrainiens s’acharnent à réparer les dégâts occasionnés aux infrastructures.”Imaginez qu’il n’y ait ni électricité ni eau chez vous. Vous ne pouvez pas prendre de douche. Vos radiateurs sont froids. La situation est très critique”, a résumé M. Klitschko.Selon l’armée de l’air ukrainienne, 34 missiles et 339 drones ont été envoyés pendant la nuit contre l’Ukraine, avec la région de Kiev comme “cible principale”.Pendant l’attaque, Mariana Kravtchenko, 42 ans, s’est réfugiée dans le métro avec son fils et son chat. “On a eu peur parce qu’il y a eu plusieurs explosions”, raconte-t-elle. Ils n’ont pas dormi de la nuit. – “Violation claire des règles de la guerre” -“On est très fatigué mais ça ira, on garde le sourire et on croit en la victoire”, a dit à l’AFP cette employée d’un entrepôt.D’autres régions ukrainiennes ont également subi des bombardements sur leurs sites énergétiques au cours de la nuit de lundi à mardi, notamment celle de Rivné (nord-ouest) où plus de 10.000 foyers se sont retrouvés sans courant, d’après l’administration régionale.Les Nations unies ont déploré mardi ces “attaques à grande échelle” et répétées de la Russie. “On ne peut que les qualifier de cruelles. Elles doivent cesser. Viser des civils et des infrastructures civiles constitue une violation claire des règles de la guerre”, a déclaré le Haut-Commissaire de l’ONU aux droits de l’homme Volker Türk.Le ministère russe de la Défense a affirmé que des industries militaires, des dépôts de munitions et “des infrastructures énergétiques et de transport” utilisées par l’armée ukrainienne avaient été bombardés.La centrale de Tchernobyl a été reconnectée au réseau électrique ukrainien dans l’après-midi, a expliqué le directeur du site Serguiï Tarakanov, tandis que d’autres centrales nucléaires ont été affectées, selon l’Agence internationale de l’énergie atomique.

US finalizes rule for deep-sea mining beyond its waters

President Donald Trump’s administration on Tuesday issued a new rule to fast-track deep-sea mining in international waters, bringing the United States a step closer to unilaterally launching the controversial industry.The National Oceanic and Atmospheric Administration’s 113-page document consolidates what is currently a two-step permitting process — one for exploration and another for commercial recovery — into a single review, thus reducing environmental oversight.It claims authority under the 1980 Deep Seabed Hard Mineral Resources Act to govern harvesting of minerals in areas beyond US jurisdiction.”Over the past decades there has been a vast improvement in the technological capability for deep seabed mining, and the industry has obtained a substantial amount of information from deep seabed exploration activities,” a document posted to the Federal Register said, justifying the consolidation.But Emily Jeffers, a senior attorney at the Center for Biological Diversity, pushed back against the idea that scientific understanding of the deep ocean has advanced in leaps and bounds, adding the seabed remains one of the planet’s last largely unexplored frontiers, where scientists are only beginning to grasp how ecosystems function.”By issuing the permit simultaneously, they’re committing to exploitation without the information that you would need to evaluate its impacts,” she told AFP.The rule follows an executive order signed by President Donald Trump last April directing agencies to streamline processes in a push to harvest seabed minerals, including rare earth elements critical to clean energy and defense technologies.Teeming with mysterious species, the ocean floor has become a coveted frontier for companies and countries seeking access to minerals in high demand for technologies such as electric vehicles.Swathes of Pacific Ocean seabed are carpeted in potato-sized “polymetallic nodules” containing cobalt, nickel, copper and manganese.Scientists, however, worry that mining could smother species through sediment plumes or release heavy metals that move up the food chain.Canadian firm The Metals Company has emerged as a frontrunner in the race, seeking to explore for minerals in the Clarion-Clipperton Zone of the Pacific Ocean.That prospect has unsettled the United Nations’ International Seabed Authority, which issued a veiled warning about TMC’s potential activities last year.ISA-member countries are deeply divided over how to proceed, with a growing number calling for a moratorium. French President Emmanuel Macron has said it would be “madness to launch predatory economic action that will disrupt the deep seabed, disrupt biodiversity, destroy it and release irrecoverable carbon sinks — when we know nothing about it.”The United States is not party to the ISA or to the UN Convention on the Law of the Sea (UNCLOS), under which the authority was established in 1994.

Iran protest crackdown latest developments

Iran has been pressing ahead with arrests following a wave of protests, according to local media and monitors, as the country faces international pressure over a crackdown rights groups said led to thousands of deaths under cover of ongoing internet restrictions. Here are key developments: – Arrests -Iranian state media continues to regularly report arrests of people it says were part of a “terrorist operation” spurred by Tehran’s arch foes Israel and the United States. State television said on Tuesday that 73 people had been arrested for “American-Zionist sedition” in central Isfahan, though the nationwide figure remains unclear.  Tasnim news agency said late last week 3,000 people had been arrested, with rights groups saying the estimated number has risen to around 25,000. The Tehran prosecutor has lodged lawsuits against 25 people including athletes and actors, as well as 60 coffee shops “that directly or indirectly accompanied or supported the calls for terrorism” during the protests, the judiciary’s Mizan Online website reported, adding that properties had also been seized. – Iran isolated -Iran has faced increased international isolation over the crackdown. The World Economic Forum cancelled Iranian Foreign Minister Abbas Araghchi’s appearance set for Tuesday at the Davos summit in Switzerland, saying it would not be “right”.Araghchi said the decision was based on “lies” and political pressure from Israel and the US. On Monday, Germany’s Lufthansa told AFP the airline would not operate flights to Tehran through March 29 and that group member Austrian would also cease flights until mid-February. And on Tuesday, the UN’s Human Rights Council said it would hold an urgent meeting on Friday on “the deteriorating human rights situation” in Iran.It cited “credible reports of alarming violence, crackdowns on protesters and violations of international human rights law”. Brussels on Tuesday proposed banning the export of more European Union drone and missile tech to Iran over the crackdown, European Commission head Ursula von der Leyen said.- Pahlavi says ‘be ready’ -Reza Pahlavi, the US-based son of the former shah, has presented himself as leader of the opposition.He called for protests before the rallies surged in size and intensity on January 8, with videos showing crowds chanting his family’s name.  He again called for demonstrations over the past weekend. Some reports of scattered demonstrations from late last week emerged but the rallies have largely subsided, with many shops in the capital Tehran’s Grand Bazaar open again Tuesday amid a heavy security presence, an AFP correspondent said. Pahlavi urged Iranians on Tuesday to “be ready”, in a post on X. “The time will come to return to the streets.” – Dead, wounded tolls -The Norway-based Iran Human Rights NGO (IHR) has said verification of deaths in the crackdown remains severely hampered due to the communication restrictions, but noted on Monday that available information “indicates that the number of protesters killed may exceed even the highest media estimates”, which reach 20,000. The Human Rights Activists News Agency has reported 4,029 confirmed deaths.Iran’s head of the national security and foreign policy commission in parliament, Ebrahim Azizi, said death tolls reported by foreign media were “lies”, without giving an exact figure himself, according to the ISNA news agency. He said, however, that 3,709 security personnel had been wounded. Other officials have said a few thousand were killed, attributing the deaths to foreign agents. Fars news agency cited a provincial official from northeastern Razavi Khorasan — home to Iran’s second largest city, Masshad — saying the death toll for the province was less than 400. Mehran, a 50-year-old Mashhad native, told IHR there was a bloody crackdown on protests in the city. “Security forces opened fire on protesters with live ammunition. People carried the wounded in their arms or on motorbikes,” he said.  – Internet still restricted -Twelve days after Iranian authorities imposed an internet blackout, tight communications restrictions remain in place. The monitor Netblocks said on Tuesday that “traffic on select platforms points to an emergent strategy of whitelisting”, in which selected users, entities or services are allowed to bypass restrictions.Tasnim said on Tuesday that local messaging applications had been activated. People in Iran have been able to make outgoing international calls and send texts, but cannot receive them. 

Mort d’un étudiant après une soirée d’intégration à Lille: relaxe générale requise

Une relaxe générale a été requise mardi pour trois étudiants jugés à Lille pour bizutage ou complicité après la mort d’un étudiant en marge d’une soirée d’intégration alcoolisée en 2021, ainsi que pour les autres prévenus, dont l’Université de Lille.La décision est attendue le 18 février à 14H00. Le procureur a estimé que les investigations n’avaient pas permis d’établir que la victime de 19 ans, Simon Guermonprez, était ivre au moment des faits, ni qu’il avait été contraint de consommer de l’alcool, ni qu’il ait subit des actes humiliants ou dégradants. La relaxe a également été requise pour l’Université de Lille, qui avait été citée directement à comparaître par la famille pour homicide involontaire et bizutage, ainsi que pour le chauffeur du poids lourd impliqué dans l’accident mortel. Simon Guermonprez, admis en deuxième année de médecine à Lille, participait le 8 juillet 2021 à une soirée d’intégration organisée par des étudiants plus âgés. À l’issue de la soirée, déposé vers minuit en Uber devant le domicile de ses parents dans la métropole lilloise, le jeune homme s’est ensuite rendu sur un pont surplombant l’autoroute A27.Selon l’enquête, il a pris un selfie avant d’être mortellement percuté par un camion circulant sur l’autoroute en contrebas, possiblement en tentant de récupérer son téléphone tombé sur les voies.Le chauffeur du poids lourd, poursuivi pour homicide involontaire, a affirmé à l’audience que le jeune homme se trouvait sur la bande d’arrêt d’urgence avant de se “jeter” sous son véhicule. “Je n’ai pas eu le temps de piler, il s’est jeté”, a déclaré à la barre le prévenu de 50 ans. Daniel Guermonprez, le père de la victime, rejette lui la thèse d’un suicide: “Il n’y a rien de rationnel à ce que Simon reparte vers ce pont autoroutier”, a-t-il déclaré, estimant que la “seule conclusion” possible est que son fils était “désorienté à cause de l’alcool”. La présidente du tribunal a détaillé l’organisation de la soirée, organisée par un groupe d’étudiants baptisé “Les Borgia”, dont faisaient partie les trois prévenus étudiants. Le rendez-vous avait été fixé à la citadelle de Lille à 20H00, avant un déplacement vers un appartement. Des équipes étaient chargées de l’accueil, de la préparation des boissons, de la communication et il existait une équipe “PLS” chargée de l’assistance aux étudiants en difficulté.- “Soirées non contrôlées” -Selon les éléments de l’enquête exposés à l’audience, les étudiants admis en deuxième année choisissaient de consommer de l’alcool ou non: ceux qui refusaient se voyaient apposer la mention “H2O” sur le front, tandis que ceux qui acceptaient portaient une “cible”, comme Simon Guermonprez. Des seringues de 50 à 60 ml étaient utilisées pour servir les boissons alcoolisées. Aucun des trois prévenus n’a reconnu avoir administré de l’alcool à la victime.À la barre, en larmes, une étudiante qui faisait partie de l’organisation de la fête a assuré que la mort de Simon avait “traumatisé beaucoup de monde”. “On fait des études de médecine, notre but est de sauver des gens”, a-t-elle déclaré, exprimant sa “tristesse” pour la famille, comme les deux autres prévenus.”Nos enfants ne choisissent pas la médecine pour être embarqués dans des soirées risquées puisque non contrôlées et non sécurisées”, a déclaré à la presse Daniel Guermonprez, appelant à “éradiquer ces moeurs insensées en faculté de médecine”.Dans ce dossier “il n’y a rien”, a plaidé Me Quentin Lebas, l’avocat de l’Université de Lille. “Ce n’est pas un dossier de bizutage” et “l’Université n’a commis aucune négligence”, a-t-il estimé, soulignant que cette soirée s’était déroulée “sans alcoolisation massive” et en dehors du campus.En 2022, un rapport de l’IGESR (Inspection générale de l’éducation, du sport et de la recherche) avait conclu qu’il ne pouvait être exclu que le décès de Simon soit relié à d’autres facteurs que cette soirée étudiante, mais qu’il était “très difficile” de le considérer comme indépendant, “en raison de la concomitance des événements et de l’alcoolisation attestée de l’étudiant”. 

À son procès en appel, Le Pen conteste tout “système” de détournement de fonds

“Il n’y a pas eu de système généralisé”: Marine Le Pen a tenté de convaincre mardi la cour d’appel de Paris, qui la juge pour détournement de fonds, de “cas différents” pour chaque contrat litigieux d’assistant parlementaire d’eurodéputés FN,  récusant avoir donné des consignes.A la barre pendant près de cinq heures, la triple candidate malheureuse à la présidentielle y revient à trois reprises: “Le terme de +système+ me gêne car on a le sentiment d’une manipulation”.Pour Marine Le Pen, il s’agit de s’en prendre à la pierre angulaire de l’accusation, identifiée comme déterminante dans la lourdeur de sa condamnation en première instance au printemps dernier. Elle avait été condamnée à quatre ans d’emprisonnement dont deux avec sursis, 100.000 euros d’amende et, surtout, cinq ans d’inéligibilité avec effet immédiat qui l’empêche à date de concourir à l’élection présidentielle.La justice lui reproche, ainsi qu’au parti (alors appelé Front national) et à dix autres cadres, d’avoir embauché des assistants parlementaires pour leurs eurodéputés, rémunérés par des fonds européens, mais dont l’activité réelle n’était qu’au seul bénéfice de la formation d’extrême droite.En première instance, le détournement de fonds public au préjudice du Parlement européen – qui s’est constitué partie civile – a été chiffré à 3,2 millions d’euros, une fois déduit 1,1 million d’euros déjà remboursés par une partie des prévenus.Devant la présidente de la cour d’appel Michèle Agi, Marine Le Pen se montre d’abord contenue au début de son interrogatoire, dans un effort de contrition qui doit trancher avec l’atmosphère houleuse lors de l’audience de l’année dernière devant le tribunal correctionnel.La députée du Pas-de-Calais se veut ferme, mais peine rapidement à contenir un agacement au fur et à mesure qu’elle est questionnée sur des éléments du dossier équivoques, voire embarrassants.Cet email, envoyé entre “tiers payeurs” qui font le joint-venture avec le Parlement européen, qui propose un vaste plan de chaises musicales des assistants afin d’éviter la “catastrophe”? “On a l’impression qu’il n’y a que des considérations financières qui président”, observe la magistrate. “Vous avez raison, c’est le sentiment qu’on peut avoir, mais ils faisaient des plans sur la comète”, jure Marine Le Pen.Ce message du trésorier du parti Wallerand de Saint Just –“Je crois que Marine sait tout cela”–, en réponse à un eurodéputé qui s’inquiète d’un système d’emploi fictif? “Je n’en étais pas destinataire, mais ce qui est sûr, c’est que si j’avais reçu un mail comme celui-là, je n’y aurais pas répondu avec cette désinvolture”, assène-t-elle.D’ailleurs, fait-elle observer, “la masse salariale du Front national ne cesse d’augmenter en 2014, 2015, 2016. Si vraiment il y avait eu une volonté, en quelque sorte, d’alléger le FN, ça se verrait de partout. Ça ne se voit absolument nulle part”.- Responsabilité de Jean-Marie Le Pen -Mardi, la cour d’appel avait commencé la journée par l’interrogatoire du député de l’Yonne Julien Odoul, mis en grande difficulté sur la réalité de son emploi d’assistant parlementaire d’une eurodéputée frontiste en 2014-2015 Mylène Troszczynski, alors que l’organigramme du parti le présentait comme “conseiller spécial” de Marine Le Pen, alors présidente de la formation.”Je n’ai pas travaillé pour Mylène Troszczynski car elle ne me donnait pas de travail”, a-t-il admis à la barre. L’enquête avait établi qu’en un an et demi, il n’avait eu que douze communications avec sa supérieure théorique et que de leur trois appels, le plus long avait duré quatre minutes et dix-sept secondes.Julien Odoul a soutenu s’être alors mis informellement au service de Marine Le Pen car Mylène Troszczynski lui “avait dit de (se) rendre utile au sein du siège du Front national”.Quelques heures plus tard, Marine Le Pen confirme, au prix de contorsions: “Il pouvait être conseiller spécial à mon cabinet et être assistant parlementaire”, d’autant “qu’il ne faisait pas huit heures de travail pour moi”. Et si elle “supposait” qu’il avait un emploi, elle assure qu’elle ignorait qu’il était censé être au service de Mylène Troszczynski.Après avoir esquissé à l’ouverture des débats, la semaine dernière, une inflexion dans sa défense – “si tant est qu’un délit a été commis” – en se concentrant sur la contestation de toute “intention” fautive, Marine Le Pen s’est finalement contentée d’un mea culpa a minima: “C’était peut être contestable, condamnable, le fonctionnement n’était peut-être pas idéal, mais tous ces gens travaillaient” pour leurs eurodéputés.Seule évolution notable: une bascule des responsabilités sur son père, Jean-Marie Le Pen, qui était, selon elle, “en quelque sorte dirigeant de ce mini-groupe” d’eurodéputés jusqu’en 2016, même après qu’elle lui avait succédé à la tête du parti cinq ans plus tôt.L’interrogatoire doit se poursuivre mercredi.

À son procès en appel, Le Pen conteste tout “système” de détournement de fonds

“Il n’y a pas eu de système généralisé”: Marine Le Pen a tenté de convaincre mardi la cour d’appel de Paris, qui la juge pour détournement de fonds, de “cas différents” pour chaque contrat litigieux d’assistant parlementaire d’eurodéputés FN,  récusant avoir donné des consignes.A la barre pendant près de cinq heures, la triple candidate malheureuse à la présidentielle y revient à trois reprises: “Le terme de +système+ me gêne car on a le sentiment d’une manipulation”.Pour Marine Le Pen, il s’agit de s’en prendre à la pierre angulaire de l’accusation, identifiée comme déterminante dans la lourdeur de sa condamnation en première instance au printemps dernier. Elle avait été condamnée à quatre ans d’emprisonnement dont deux avec sursis, 100.000 euros d’amende et, surtout, cinq ans d’inéligibilité avec effet immédiat qui l’empêche à date de concourir à l’élection présidentielle.La justice lui reproche, ainsi qu’au parti (alors appelé Front national) et à dix autres cadres, d’avoir embauché des assistants parlementaires pour leurs eurodéputés, rémunérés par des fonds européens, mais dont l’activité réelle n’était qu’au seul bénéfice de la formation d’extrême droite.En première instance, le détournement de fonds public au préjudice du Parlement européen – qui s’est constitué partie civile – a été chiffré à 3,2 millions d’euros, une fois déduit 1,1 million d’euros déjà remboursés par une partie des prévenus.Devant la présidente de la cour d’appel Michèle Agi, Marine Le Pen se montre d’abord contenue au début de son interrogatoire, dans un effort de contrition qui doit trancher avec l’atmosphère houleuse lors de l’audience de l’année dernière devant le tribunal correctionnel.La députée du Pas-de-Calais se veut ferme, mais peine rapidement à contenir un agacement au fur et à mesure qu’elle est questionnée sur des éléments du dossier équivoques, voire embarrassants.Cet email, envoyé entre “tiers payeurs” qui font le joint-venture avec le Parlement européen, qui propose un vaste plan de chaises musicales des assistants afin d’éviter la “catastrophe”? “On a l’impression qu’il n’y a que des considérations financières qui président”, observe la magistrate. “Vous avez raison, c’est le sentiment qu’on peut avoir, mais ils faisaient des plans sur la comète”, jure Marine Le Pen.Ce message du trésorier du parti Wallerand de Saint Just –“Je crois que Marine sait tout cela”–, en réponse à un eurodéputé qui s’inquiète d’un système d’emploi fictif? “Je n’en étais pas destinataire, mais ce qui est sûr, c’est que si j’avais reçu un mail comme celui-là, je n’y aurais pas répondu avec cette désinvolture”, assène-t-elle.D’ailleurs, fait-elle observer, “la masse salariale du Front national ne cesse d’augmenter en 2014, 2015, 2016. Si vraiment il y avait eu une volonté, en quelque sorte, d’alléger le FN, ça se verrait de partout. Ça ne se voit absolument nulle part”.- Responsabilité de Jean-Marie Le Pen -Mardi, la cour d’appel avait commencé la journée par l’interrogatoire du député de l’Yonne Julien Odoul, mis en grande difficulté sur la réalité de son emploi d’assistant parlementaire d’une eurodéputée frontiste en 2014-2015 Mylène Troszczynski, alors que l’organigramme du parti le présentait comme “conseiller spécial” de Marine Le Pen, alors présidente de la formation.”Je n’ai pas travaillé pour Mylène Troszczynski car elle ne me donnait pas de travail”, a-t-il admis à la barre. L’enquête avait établi qu’en un an et demi, il n’avait eu que douze communications avec sa supérieure théorique et que de leur trois appels, le plus long avait duré quatre minutes et dix-sept secondes.Julien Odoul a soutenu s’être alors mis informellement au service de Marine Le Pen car Mylène Troszczynski lui “avait dit de (se) rendre utile au sein du siège du Front national”.Quelques heures plus tard, Marine Le Pen confirme, au prix de contorsions: “Il pouvait être conseiller spécial à mon cabinet et être assistant parlementaire”, d’autant “qu’il ne faisait pas huit heures de travail pour moi”. Et si elle “supposait” qu’il avait un emploi, elle assure qu’elle ignorait qu’il était censé être au service de Mylène Troszczynski.Après avoir esquissé à l’ouverture des débats, la semaine dernière, une inflexion dans sa défense – “si tant est qu’un délit a été commis” – en se concentrant sur la contestation de toute “intention” fautive, Marine Le Pen s’est finalement contentée d’un mea culpa a minima: “C’était peut être contestable, condamnable, le fonctionnement n’était peut-être pas idéal, mais tous ces gens travaillaient” pour leurs eurodéputés.Seule évolution notable: une bascule des responsabilités sur son père, Jean-Marie Le Pen, qui était, selon elle, “en quelque sorte dirigeant de ce mini-groupe” d’eurodéputés jusqu’en 2016, même après qu’elle lui avait succédé à la tête du parti cinq ans plus tôt.L’interrogatoire doit se poursuivre mercredi.