Maduro due for first US court hearing after capture
Deposed Venezuelan president Nicolas Maduro is expected to appear in a New York court on Monday, just days after being seized in Caracas in a shock US military operation that paved the path for Washington’s plans to dominate the oil-rich country.Leftist strongman Maduro, 63, faces narcotrafficking charges along with his wife, Cilia Flores, who was forcibly taken out of Caracas in the US assault Saturday, which involved commandos, bombing by jet planes, and a massive naval force.All eyes were on Venezuela’s response to the swiftly moving events, and late Sunday, interim leader Delcy Rodriguez, in a potential win for Washington, stepped back from her initial defiance by offering to work with Trump.”We extend an invitation to the US government to work together on an agenda for cooperation,” the former vice president said.However, around 2,000 Maduro supporters, accompanied by a group of pro-Maduro paramilitaries and bikers, demonstrated Sunday in Caracas to demand his release from US custody. Trump announced late Sunday that the United States was “in charge” of the South American nation, while US Secretary of State Marco Rubio said that discussions of Venezuela holding elections following Maduro’s ouster were “premature.”- ‘Need access to oil’ -When asked what he needs from interim leader Rodriguez, Trump said: “We need total access. We need access to the oil and other things in their country that allow us to rebuild their country.”Leading opposition figure Edmundo Gonzalez Urrutia said that while the US intervention was “important” without the release of political prisoners and acknowledgement that he won the 2024 election, it was simply “not enough.”The Trump administration says it retains powerful economic leverage by blockading oil tankers from Venezuela. Trump has also threatened additional military attacks if needed.While there are no known US forces left inside Venezuela, a huge naval presence, including an aircraft carrier, remains off the coast.Details of the US operation were still emerging Monday, with Havana saying 32 Cubans were killed in the attack and Trump adding that Cuba itself was ready to fall after Maduro’s capture.”I don’t think we need any action. It looks like it’s going down,” Trump said.The UN Security Council will hold an emergency session on Monday at Venezuela’s request. This will provide a platform for international concern over US intentions in the country of around 30 million people.But what happens next in Venezuela, after a combined quarter-century of hard-left rule by Maduro and his late socialist predecessor Hugo Chavez, remains unclear.- Maduro associates still in power -The White House indicated Sunday that it does not want regime change, rather that Maduro is gone and a pliant new government takes his place — even if it is filled with his former associates.Anointed by his mentor Hugo Chavez before the latter’s death in 2013, Maduro kept a tight grip on power until his capture by US forces on Saturday.Maduro ruled alongside Flores and three other powerful figures: Rodriguez, now Venezuela’s interim leader, her brother Jorge, and their rival: hardline Interior Minister Diosdado Cabello.”It’s like a club of five,” a diplomatic source in Caracas told AFP under the condition of anonymity.The US position leaves the Venezuelan opposition, which the Trump administration says was robbed of victory by Maduro, out in the cold.Countries such as China, Russia and Iran, which have longstanding ties with Maduro’s government, were quick to condemn the operation. Some US allies, including the EU, expressed alarm.China called for Maduro to be “immediately released” in a condemnation of the US operation, which its foreign ministry said was a “clear violation of international law.”Iran said on Monday that its relations with close ally Venezuela remained unchanged and called for Maduro’s release.Colombian President Gustavo Petro, whose country neighbors Venezuela, called the US action an “assault on the sovereignty” of Latin America, which would lead to a humanitarian crisis.Petro rejected threats on Sunday of military action in Colombia made by Trump, who also accused the South American leader of drug trafficking.burs-sms/jm/ane
Un homme décédé dans un incendie aux urgences d’Hyères dans le Var
Un septuagénaire est décédé lundi matin dans un incendie alors qu’il était pris en charge par les urgences de l’hôpital d’Hyères, à côté de Toulon, et une enquête judiciaire est en cours, a-t-on appris de sources concordantes.”L’incendie s’est déclenché peu après 4 heures dans une des chambres du service des urgences de l’hôpital public de Hyères. Le feu a été circonscrit à une seule chambre. Les personnels soignants sont rapidement intervenus pour y mettre fin, mais malheureusement, il a provoqué le décès d’un patient qui avait été admis le 2 janvier”, a déclaré le préfet du Var, Simon Babre, à la presse devant l’établissement.Selon le procureur de Toulon, Raphaël Balland, la victime est née en 1949. Le magistrat a indiqué avoir ouvert une enquête en recherche des causes de la mort, notamment pour déterminer l’origine de l’incendie.Selon une source proche du dossier interrogée par l’AFP, l’origine du sinistre est “vraisemblablement liée à une fuite d’oxygène”.Selon un bilan des pompiers, le sinistre a provoqué l’évacuation de 32 personnes “horizontalement”, dont 19 patients vers la maternité de l’hôpital. La direction de l’hôpital parle, elle, de 22 patients présents aux urgences au moment des faits.”Quatre personnels soignants et deux personnels extérieurs qui ont inhalé des fumées, qui étaient notamment les premiers intervenants sur le sinistre, sont pris en charge pour observation. Leur situation n’inspire pas d’inquiétude particulière à ce stade”, précise de son côté le préfet.Au total, une soixantaine de pompiers se sont mobilisés sur cette intervention.Les urgences du Centre hospitalier sont en conséquence fermées et ne pourront rouvrir qu'”après le passage d’une commission de sécurité” et “un avis favorable”, déclare à l’AFPTV Yann Le Bras, directeur général du Centre hospitalier intercommunal Toulon-La Seyne-sur-mer.Outre l’origine de l’incendie, l’enquête devrait examiner pourquoi le patient était toujours aux urgences depuis le 2 janvier et dans quelles conditions d’hospitalisation exactes.Car si les autorités, préfet et directeur de l’établissement, parlent de “chambre d’hospitalisation”, selon la direction “au sein de l’Unité d’hébergement d’urgence, un secteur des urgences qui prend en charge des patients qui nécessitent une surveillance rapprochée”, les pompiers ont initialement évoqué un incendie dans un “box”.Un incendie début juin dans ce même service des urgences avait détruit notamment trois boxes de soin et une poignée de personnes avaient été intoxiquées.”Suite à ce sinistre, il y a eu le passage de plusieurs commissions de sécurité pour s’assurer de la reprise de fonctionnement des urgences. Également, nous avons fait un retour d’expérience”, assure le directeur.Les autres secteurs de l’hôpital, “les consultations, le bloc opératoire, la maternité, le SMUR et tous les services d’hospitalisation du centre hospitalier d’Hyères fonctionnent normalement”, a souligné l’établissement dans un communiqué.Pour les urgences, la population est pour l’instant invitée à se tourner vers son médecin traitant, à appeler le 15 ou à se présenter dans un autre service d’urgence et notamment celui de l’hôpital Sainte Musse à Toulon.
Le Premier ministre reçoit les syndicats d’un monde agricole où persiste la colère
Nouvelles “mesures” et retour au “bon sens”: le Premier ministre Sébastien Lecornu reçoit lundi et mardi les syndicats d’agriculteurs pour tenter d’écarter la menace d’un troisième hiver de colère paysanne, alors que la mobilisation reprend après une relative trêve pendant les fêtes.Les rencontres démarreront avec les Jeunes agriculteurs (JA) à 15H, puis la Coordination rurale (CR) à 18H, avant des entretiens mardi à 17H30 avec la puissante FNSEA suivie de la Confédération paysanne.Chacun espère un répit face aux crises qui secouent le monde agricole: épizootie de dermatose nodulaire contagieuse (DNC) qui frappe les bovins; faible cours du blé et prix élevé des engrais qui plombent les céréaliers; menace d’une concurrence accrue des pays latino-américains du Mercosur.Dans le Sud-Ouest frondeur, en première ligne de la crise sanitaire, la vaccination des bovins s’accélère – avec 74,7% du cheptel concerné vacciné au 4 janvier – mais les troupeaux sont considérés comme immunisés seulement 21 jours minimum après l’injection. Trois nouveaux foyers de DNC ont été détectés ces derniers jours en Ariège.Plusieurs points de blocage ont été dénombrés par la gendarmerie lundi, notamment sur les autoroutes A75 (Le Buisson, Lozère), A64 (Carbonne, Haute-Garonne), A51 (Roissard, Isère) et sur l’A7 au niveau de l’échangeur de Chanas dans le même département.L’entrée de l’autoroute est bloquée par une quarantaine d’agriculteurs et une vingtaine de tracteurs, selon la préfecture de l’Isère. D’autres voies d’accès à Lyon sont également perturbées.Le gouvernement a promis vendredi d’annoncer “de nombreuses mesures” en faveur des agriculteurs “tout au long du mois de janvier”, selon l’entourage de M. Lecornu. La ministre de l’Agriculture Annie Genevard a annoncé lundi matin sur X que le fonds hydraulique agricole passerait à 60 millions d’euros en 2026. En 2025, 20 millions d’euros étaient destinés à 97 projets.Dimanche, le Premier ministre s’est adressé aux agriculteurs dans une “lettre ouverte”. Rappelant certaines mesures déjà prises, il promet d’entrer dans une phase “plus offensive”, notamment vis-à-vis de l’Union européenne. M. Lecornu appelle notamment l’UE à “amplifier rapidement” ses contrôles aux frontières pour tous les produits agricoles qui “ne respecteraient pas les normes sanitaires et phytosanitaires” de l’Union imposées aux producteurs. “Dans cette attente, nous assumons d’agir dès maintenant”, souligne le Premier ministre. Sébastien Lecornu et Annie Genevard ont ainsi confirmé dimanche qu’ils suspendraient par arrêté l’importation de fruits et légumes d’Amérique du Sud contenant des résidus de fongicides et herbicides interdits en Europe – les mancozèbe, glufosinate, thiophanate-méthyl et carbendazime. Attendu mardi au Journal officiel, l’arrêté devra toutefois obtenir un feu vert de Bruxelles. – Promesses “insuffisantes” -“Je ne vous demande pas de croire à des mots: je vous demande de regarder les actes”, exhorte notamment M. Lecornu dans sa lettre. Mais l’opération déminage s’annonce délicate, et pour l’heure, les syndicats jugent tous “insuffisantes” les promesses faites. Dans un communiqué, la FNSEA dénonce une “absence de vision (…) mortifère” et estime qu’aucune des annonces contenues dans la lettre de M. Lecornu “ne permettent d’apporter les réponses concrètes aux problématiques de revenus des agriculteurs”. Le syndicat réclame “une loi d’exception agricole” permettant de s’exempter de certains “verrous réglementaires”, notamment pour “relancer la production” et “mettre fin aux contrôles absurdes”.Après une accalmie relative pendant les fêtes de Noël, les syndicats ont annoncé une reprise massive de la mobilisation.Unanimes dans leur opposition à l’accord de libre-échange UE-Mercosur, qui devrait être signé le 12 janvier, ils divergent cependant dans leur appréciation de la gestion de la dermatose.La Coordination rurale (2e syndicat, adepte des opérations coups de poing et anti-écologiste) et la Confédération paysanne (3e syndicat, classé à gauche) sont en pointe de la contestation: ils réclament la vaccination généralisée du cheptel (près de 16 millions de bovins) et l’arrêt de l’abattage intégral dès le premier cas.La FNSEA de son côté soutient la stratégie gouvernementale d’abattage et de vaccination.Côté CR, la volonté d’en découdre reste palpable. “Si ça se passe mal, il faudra monter à Paris, en tracteurs, en voitures…”, a déclaré à l’AFP José Pérez, président de la CR47, fer de lance des manifestations les plus spectaculaires dans le Sud-Ouest.bur-mca-dfa-meh/ved/cbr
Le Premier ministre reçoit les syndicats d’un monde agricole où persiste la colère
Nouvelles “mesures” et retour au “bon sens”: le Premier ministre Sébastien Lecornu reçoit lundi et mardi les syndicats d’agriculteurs pour tenter d’écarter la menace d’un troisième hiver de colère paysanne, alors que la mobilisation reprend après une relative trêve pendant les fêtes.Les rencontres démarreront avec les Jeunes agriculteurs (JA) à 15H, puis la Coordination rurale (CR) à 18H, avant des entretiens mardi à 17H30 avec la puissante FNSEA suivie de la Confédération paysanne.Chacun espère un répit face aux crises qui secouent le monde agricole: épizootie de dermatose nodulaire contagieuse (DNC) qui frappe les bovins; faible cours du blé et prix élevé des engrais qui plombent les céréaliers; menace d’une concurrence accrue des pays latino-américains du Mercosur.Dans le Sud-Ouest frondeur, en première ligne de la crise sanitaire, la vaccination des bovins s’accélère – avec 74,7% du cheptel concerné vacciné au 4 janvier – mais les troupeaux sont considérés comme immunisés seulement 21 jours minimum après l’injection. Trois nouveaux foyers de DNC ont été détectés ces derniers jours en Ariège.Plusieurs points de blocage ont été dénombrés par la gendarmerie lundi, notamment sur les autoroutes A75 (Le Buisson, Lozère), A64 (Carbonne, Haute-Garonne), A51 (Roissard, Isère) et sur l’A7 au niveau de l’échangeur de Chanas dans le même département.L’entrée de l’autoroute est bloquée par une quarantaine d’agriculteurs et une vingtaine de tracteurs, selon la préfecture de l’Isère. D’autres voies d’accès à Lyon sont également perturbées.Le gouvernement a promis vendredi d’annoncer “de nombreuses mesures” en faveur des agriculteurs “tout au long du mois de janvier”, selon l’entourage de M. Lecornu. La ministre de l’Agriculture Annie Genevard a annoncé lundi matin sur X que le fonds hydraulique agricole passerait à 60 millions d’euros en 2026. En 2025, 20 millions d’euros étaient destinés à 97 projets.Dimanche, le Premier ministre s’est adressé aux agriculteurs dans une “lettre ouverte”. Rappelant certaines mesures déjà prises, il promet d’entrer dans une phase “plus offensive”, notamment vis-à-vis de l’Union européenne. M. Lecornu appelle notamment l’UE à “amplifier rapidement” ses contrôles aux frontières pour tous les produits agricoles qui “ne respecteraient pas les normes sanitaires et phytosanitaires” de l’Union imposées aux producteurs. “Dans cette attente, nous assumons d’agir dès maintenant”, souligne le Premier ministre. Sébastien Lecornu et Annie Genevard ont ainsi confirmé dimanche qu’ils suspendraient par arrêté l’importation de fruits et légumes d’Amérique du Sud contenant des résidus de fongicides et herbicides interdits en Europe – les mancozèbe, glufosinate, thiophanate-méthyl et carbendazime. Attendu mardi au Journal officiel, l’arrêté devra toutefois obtenir un feu vert de Bruxelles. – Promesses “insuffisantes” -“Je ne vous demande pas de croire à des mots: je vous demande de regarder les actes”, exhorte notamment M. Lecornu dans sa lettre. Mais l’opération déminage s’annonce délicate, et pour l’heure, les syndicats jugent tous “insuffisantes” les promesses faites. Dans un communiqué, la FNSEA dénonce une “absence de vision (…) mortifère” et estime qu’aucune des annonces contenues dans la lettre de M. Lecornu “ne permettent d’apporter les réponses concrètes aux problématiques de revenus des agriculteurs”. Le syndicat réclame “une loi d’exception agricole” permettant de s’exempter de certains “verrous réglementaires”, notamment pour “relancer la production” et “mettre fin aux contrôles absurdes”.Après une accalmie relative pendant les fêtes de Noël, les syndicats ont annoncé une reprise massive de la mobilisation.Unanimes dans leur opposition à l’accord de libre-échange UE-Mercosur, qui devrait être signé le 12 janvier, ils divergent cependant dans leur appréciation de la gestion de la dermatose.La Coordination rurale (2e syndicat, adepte des opérations coups de poing et anti-écologiste) et la Confédération paysanne (3e syndicat, classé à gauche) sont en pointe de la contestation: ils réclament la vaccination généralisée du cheptel (près de 16 millions de bovins) et l’arrêt de l’abattage intégral dès le premier cas.La FNSEA de son côté soutient la stratégie gouvernementale d’abattage et de vaccination.Côté CR, la volonté d’en découdre reste palpable. “Si ça se passe mal, il faudra monter à Paris, en tracteurs, en voitures…”, a déclaré à l’AFP José Pérez, président de la CR47, fer de lance des manifestations les plus spectaculaires dans le Sud-Ouest.bur-mca-dfa-meh/ved/cbr
Vietnam says economy grew 8.0% in 2025 despite US tariffs
Vietnam said on Monday its economy grew 8.0 percent last year, thanks to strong gains in services, construction and exports, including to the United States — despite fresh tariffs taking effect.”GDP in 2025 is projected to grow significantly at an estimated rate of 8.02 percent compared to the previous year,” the General Statistics Office (GSO) said in a statement.Vietnam has long been a success story among Asian economies. Last year’s growth rate was the highest since 2022 when GDP also hit 8.0 percent.Vietnam posted strong growth despite new trade levies from the United States, its largest export market, on a range of products including clothing and shoes.The value of exports to the United States jumped 28 percent, from $119.6 billion in 2024 to $153.2 billion in 2025.The global manufacturing hub’s exports rose 17 percent to $475 billion while imports climbed to $455 billion, up 19 percent from 2024, according to the GSO.China was its largest source of imports, the office said.When US President Donald Trump announced his “Liberation Day” tariffs in April, Vietnam had the third-largest trade surplus with the United States of any country after China and Mexico, and was targeted with one of the highest rates in Trump’s tariff blitz.But by July, Hanoi secured a minimum 20 percent tariff with Washington, down from more than 40 percent, in return for opening its market to US products including cars.”Despite potential downside risks from tariffs imposed by the US, Vietnam has shown resilience through strong domestic consumption, business investment growth and government spending,” said Chad Ovel, a partner at private equity firm Mekong Capital.Its 2025 growth “reflects the continued strong fundamentals of the Vietnamese economy and the government’s pro-private sector direction”, Ovel told AFP on Monday.Vietnam’s industry and construction sector grew nearly nine percent while its services sector rose 8.6 percent from the previous year, according to the GSO.In the fourth quarter of 2025, Vietnam’s year-on-year economic growth was 8.46 percent, “reaching the highest growth rate for a fourth quarter in the 2011-2025 period”, the GSO said.The economy grew just over five percent in 2023 and topped seven percent in 2024.Vietnam aims to grow its economy by at least 10 percent this year, and is vying for “middle-income country” status by 2030.
Un nouveau parquet en France contre les trafics qui “déstabilisent l’ordre social”
Dans “la guerre” au narcotrafic déclarée par les autorités, une unité particulière se mobilise à partir de lundi au tribunal de Paris: le “Pnaco”, un nouveau parquet destiné à combattre la criminalité organisée.”Nous sommes face à des gens très dangereux” avec des modes opératoires qui peuvent se rapprocher “du terrorisme” car ils “déstabilisent l’ordre social”, explique la procureure Vanessa Perrée, à l’occasion du lancement du Parquet national anti-criminalité organisée (Pnaco).Au quotidien, “le trafic gêne de plus en plus les Français”, les traumatise avec “des victimes collatérales”, explique-t-elle dans un entretien accordé à l’AFP. Des victimes comme Mehdi Kessaci, le frère d’un militant associatif engagé contre le narcotrafic assassiné à Marseille le 13 novembre.A l’instar des groupes jihadistes, les trafiquants recrutent “sur les réseaux sociaux des mineurs de plus en plus jeunes”, attirés par “des sommes dérisoires pour prendre une vie humaine”. Comme celle de Nessim Ramdane, chauffeur VTC tué le 4 octobre 2024 à Marseille. Le suspect, bientôt jugé, avait 14 ans.- “Pas de dérive” – La loi narcotrafic créant le Pnaco donne de nouveaux outils aux enquêteurs. Comme un “dossier coffre” (procès-verbal distinct pour ne pas divulguer certaines techniques d’enquête aux mis en cause) ou une possibilité d’activer à distance un téléphone pour des écoutes. Ces moyens inquiètent de nombreux avocats, qui redoutent des atteintes aux droits de la défense.”Il n’y a pas de dérive, nous nous inscrivons dans l’Etat de droit”, balaie Vanessa Perrée. “Ce sont des moyens légaux, avec des contrôles, des débats contradictoires, la nécessité de passer devant un juge.””Alors oui, on a des gardes à vue plus longues, des techniques spéciales d’enquête, mais elles sont à la hauteur des enjeux, des moyens et de la dangerosité” des trafiquants.Leur violence désinhibée s’accompagne d’une complexification des flux financiers pour réinvestir l’argent sale “dans un circuit légal et non traçable”, et d’une capacité à corrompre permise par leur puissance financière.”On a vu des cas de greffiers, d’agents pénitentiaires” corrompus, relève Mme Perrée.Peut-on parler d’une mafia, avec une économie et un monde politique sous emprise ? “On n’a pas un narco-Etat en France”, tempère la magistrate. “On se donne justement les moyens” de s’en prémunir.Mais il faut être vigilant, comme lors des municipales de mars: “On peut s’interroger sur l’influence des trafiquants de drogue dans les quartiers” quand ils tentent “de se substituer aux services de l’Etat pour les citoyens”.Le Pnaco hérite de 170 dossiers en cours: narcotrafic, filières d’immigration clandestine, traite d’êtres humains, proxénétisme, vols à main armée…Lui échoient ainsi les investigations sur l’évasion en 2024 du trafiquant Mohamed Amra, qui a coûté la vie à deux agents pénitentiaires, celles sur le naufrage mortel de 31 migrants dans la Manche en 2021, ou sur une série d’enlèvements en 2025 liés aux cryptomonnaies.- Traquer l’argent -Ces affaires étaient jusque-là dirigées par la Juridiction nationale de lutte contre la criminalité organisée, créée en 2019 avec, déjà, l’ambition d’endiguer cette criminalité. Qu’apporte de plus le Pnaco ? Une “doctrine”, affirme Vanessa Perrée, reposant sur une collaboration renforcée avec les parquets locaux. Et une force de frappe augmentée avec seize magistrats, dont six spécialisés en criminalité organisée “classique” et six en financier. Dix supplémentaires arriveront en septembre.”Sur chaque dossier, on aura un binôme” de procureurs, épaulés d’assistants spécialisés, pour pister le produit stupéfiant mais aussi l’argent, avec une “enquête patrimoniale poussée”. Traquer l’argent “est essentiel”, insiste l’ancienne directrice de l’Agence de gestion et recouvrement des avoirs saisis (Agrasc).Le blanchiment s’opère “dans des sociétés de BTP, sur des comptes familiaux, dans des achats de produits de luxe, l’investissement dans des voitures, des montres, des bijoux…”.Il est communément avancé que le narcotrafic pèserait pour “six milliards d’euros” en France mais il est difficile “de savoir exactement ce que ça rapporte”, avec des “investissements qui prennent de la valeur” et s’effectuent “de plus en plus à l’étranger”, souligne-t-elle.D’où l’importance d’une coopération accrue avec des pays où résident des narcotrafiquants. “Nous avons encore pas mal de travail à faire avec les Émirats”, note Vanessa Perrée, en particulier pour retracer “les achats immobiliers en liquide, en crypto”. La magistrate relève aussi une “nécessaire coopération avec les pays du Maghreb”. Avec, pour le Pnaco, l’objectif de devenir “l’interlocuteur unique” français à l’international pour ces dossiers complexes.Sa mise en place marque “une étape historique dans la lutte contre le narcotrafic”, a salué sur X le garde des Sceaux Gérald Darmanin.






