Trump, first lady attend premier of multimillion-dollar ‘Melania’ documentary

US President Donald Trump, Melania Trump and top administration officials attended the premier Thursday night of the first lady’s new movie promising a behind-the-scenes glimpse at her husband’s return to power.The documentary, titled “Melania” and funded by an extraordinary multimillion-dollar deal with Amazon, was given a red-carpet screening at the newly renamed Trump-Kennedy center in Washington.”Glamorous, very glamorous,” the president said of the film as he arrived at the event holding hands with his wife.”We need some glamour.”Melania Trump’s movie aims to document the 20 days leading up to Trump’s second inauguration through the eyes of the Slovenian-born 55-year-old first lady.But amid reports of soft ticket sales for the film, the huge fee paid by Amazon has raised questions about whether the US tech giant is merely trying to curry favor with the president.Top administration officials like Secretary of Defense Pete Hegseth, diplomatic envoy Steve Witkoff and Health Secretary Robert F. Kennedy Jr., as well as House Speaker Mike Johnson, attended the screening.Melania Trump has often been a mysterious figure since her husband’s return to the White House in January 2025, preferring to spend her time with their son Barron in New York and Florida.But she said the film, which goes on global release Friday and will later be shown exclusively on Amazon Prime, would give people a look behind the enigma.”They will see how I work, who I am, how I communicate with people, and they will know me a little bit more,” she told Fox and Friends on Wednesday.A teaser for the documentary released in December showed the former model looking to the camera just before her husband’s second swearing-in at the US Capitol and saying: “Here we go again.”The Trumps held a private screening at the White House on Saturday — hours after immigration agents shot dead protester Alex Pretti in Minneapolis in an incident that has sparked national outrage.In one of a series of promotional interviews this week for the film, Melania Trump called for “unity” after the Minneapolis killing.- ‘MUST WATCH’ -While it promises an “unprecedented” glimpse into her life, “Melania” has also given an insight into the way US business titans have lined up to pay tribute to the Trump administration in the past year.Amazon tycoon Jeff Bezos has grown notably closer to Trump, securing a prime seat at the inauguration and telling the Washington Post newspaper he owns to favor pro-business editorials.US media say that of Amazon’s $40 million licensing deal for the film, Melania, who served as executive producer, will receive 70 percent. The next highest bid, from Disney, was reportedly only $14 million.On top of that Amazon has reportedly paid for a stunning $35 million marketing campaign including television commercials, billboards and a simulcast in 25 theaters at the same time as Thursday’s premiere.”How can it not be equated with currying favor or an outright bribe?” Ted Hope, a former Amazon film executive, was quoted as saying by the New York Times. Billionaire Donald Trump has faced repeated criticism that his family members are profiting from deals made off the back of his presidency. The White House says Trump is already rich and makes no money from his position.The president said on his Truth Social account that “Melania” was “A MUST WATCH.”But across the rest of social media the film and its PR campaign have drawn ridicule, with several internet users posting screenshots showing cinemas that have sold no seats for screenings.South Africa’s main cinema houses have pulled the documentary, with the distributor citing “the current climate,” without elaborating, local media reported.The South African government has strained ties with Trump’s administration, which has repeated false accusations that Pretoria is behind a “white genocide” of the Afrikaans community.The film has also drawn controversy over its choice of director. It is the first major project for Brett Ratner since multiple women accused him of sexual misconduct in 2017, allegations he denies.”He was very talented,” Melania Trump told Fox. “He was the best one, and he was great to work with.”

A Lyon, feu Gérard Collomb omniprésent dans la campagne électorale

Deux ans après sa mort, la figure de Gérard Collomb, ancien maire et ex-ministre de l’Intérieur, plane sur la campagne à Lyon, tous les candidats – y compris ses rivaux d’hier – s’inscrivant dans son sillage. Pendant près de vingt ans, ce socialiste devenu macroniste, décédé en novembre 2023 à 76 ans, a façonné la ville à travers ce qu’il appelait le “modèle lyonnais”, un développement urbain mêlant stabilité politique, attractivité économique et grands chantiers.De ce “maire bâtisseur” salué par le président Emmanuel Macron lors de ses obsèques, les Lyonnais retiennent l’émergence d’un nouveau quartier à la confluence de la Saône et du Rhône ou le vélo en libre-service.Ces derniers mois, le maire-sortant écologiste Grégory Doucet et son principal adversaire, l’ex-patron de l’OL Jean-Michel Aulas, soutenu par le centre et la droite, ont multiplié les hommages envers l’ancien édile. “Gérard Collomb a l’image largement répandue d’un bon maire. Aujourd’hui, tout le monde veut récupérer une partie de cette bonne image”, observe Gérard Angel qui a chroniqué pendant 15 ans les “potins” politiques lyonnais dans un journal satirique.Pourtant, Gérard Collomb est sorti par la petite porte au scrutin de 2020, ses listes ayant été balayées par une vague écologiste inédite, sur fond d’alliance controversée avec la droite entre les deux tours.- “Légitimité” -Grégory Doucet l’a battu, mais il le qualifie dès son investiture de “grand amoureux de Lyon”, et salue un “maire transformateur et humaniste” à son décès. Il inaugure aussi une place et une station de métro à son nom. “Il a été un grand maire, il faut le dire, et je lui ai rendu hommage pour cela mais nous n’étions pas toujours d’accord”, nuance l’écologiste dans un échange avec l’AFP, revendiquant une “ligne de continuités et de ruptures”.Sa majorité a ainsi repris plusieurs des projets de Gérard Collomb, comme la transformation des quartiers de la Part-Dieu et de La Confluence, avec plus d’arbres et de vélos toutefois. Et elle a dit niet à un projet routier visant à boucler le périphérique lyonnais par l’ouest.Par ces égards, M. Doucet a cherché “à s’approprier une forme de légitimité”, à “contrecarrer le stigmate du militant écologiste déconnecté des réalités”, explique à l’AFP Romain Meltz, politologue et chercheur associé à l’ENS de Lyon.”Quand on est élu, on a une responsabilité de s’appuyer sur ce qui a été fait” par nos prédécesseurs, souligne pour sa part Bruno Bernard, le président écologiste de la Métropole de Lyon, une collectivité façonnée par et pour Gérard Collomb.”C’est ça l’efficience d’une politique publique”, poursuit l’élu, qui préfère le terme de “successeur” à celui “d’héritier”.- “Intéressée” -En face, Jean Michel Aulas, novice politique à 76 ans, revendique pleinement avoir “été très proche de Gérard Collomb”.Patron de l’OL et de la compagnie de logiciels Cegid pendant des décennies, il a beaucoup fréquenté l’ancien maire de Lyon. Leur relation tenait à un “même logiciel sur le rayonnement urbain par l’entreprise”, selon M. Meltz.Les deux hommes ont aussi collaboré pour la construction d’un grand stade à l’est de Lyon, inauguré il y a dix ans, vitrine de l’OL et de la ville à l’international, dans une relation “intéressée”, selon Gérard Angel.Alors quand Jean-Michel Aulas commence à penser à la mairie, il prend le soin de s’afficher avec l’ex-gymnaste Yann Cucherat, ancien adjoint et allié de M. Collomb aux élections de 2020.”Lyon, c’est Gérard Collomb et son humanisme bâtisseur !”, lance-t-il ensuite lors de son premier meeting. Et avec son alliée LR à la Métropole, Véronique Sarselli, il ressort des cartons le projet d’une cinquième ligne de métro, hérité de l’ère Collomb et abandonné par les écologistes.Pour ceux qui furent proches du Gérard Collomb socialiste, la pilule est dure à avaler. Le conseiller métropolitain Louis Pelaez, qui quittera la politique en mars, a ainsi déploré “toute forme de récupération” du nom du défunt.

La pollution des eaux sous un entrepôt Bolloré incendié en 2023 suscite l’inquiétude

Plusieurs associations s’inquiètent de concentrations importantes de lithium détectées dans les eaux souterraines sous un entrepôt de l’entreprise Bolloré Logistics au sud de Rouen, incendié en janvier 2023, où des batteries avaient été stockées sans autorisation.Les dernières analyses publiées récemment par la préfecture de Seine-Maritime font état d’un taux de lithium de 200.000 microgrammes par litre sur un point de captage des eaux souterraines de la commune de Grand-Couronne où a eu lieu l’incendie. C’est dix fois plus que l’an dernier, selon France Nature Environnement Normandie qui a porté plainte en mai 2025 pour pollution et écocide. Aucune norme sanitaire n’existe en France pour cette substance. Mais l’association cite des études menées par l’Institut national de l’environnement industriel et des risques (Ineris) qui “tendent à établir une valeur cible maximale de 20 microgrammes par litre pour les organismes aquatiques des eaux douces et de 840 microgrammes pour l’eau destinée au réseau potable”. Parmi les effets dangereux potentiels identifiés par l’institut : neurotoxicité, hypothyroïdie, insuffisance rénale chronique. La pollution au lithium sous l’entrepôt incendié ne touche cependant pas le réseau d’eau potable, soulignent les autorités.D’après Paul Poulain, chercheur indépendant sur les pollutions et les risques, les composants des batteries au lithium et leur fuite dans l’environnement “constituent une menace directe” pour “les invertébrés, les poissons ou les oiseaux”.Le 16 janvier 2023, l’entrepôt stockant sans autorisation 12.300 batteries de véhicules appartenant à Blue Solutions, filiale du groupe Bolloré, avait été entièrement détruit par les flammes.- “On est scandalisés” -L’incendie avait immédiatement suscité des inquiétudes sur d’éventuels risques pour la santé ou l’environnement, auprès d’une population encore traumatisée par le précédent de l’usine Lubrizol en septembre 2019, quand 10.000 tonnes de produits chimiques étaient parties en fumée dans un autre incendie survenu dans le même secteur.En mai dernier, “quand nous avons déposé plainte on avait des taux 10 fois inférieurs à ce qu’on retrouve aujourd’hui”, a expliqué à l’AFP la juriste de France Nature Environnement Normandie Alice Béral. La hausse des concentrations, depuis, serait liée au ruissellement des eaux de pluie sur les batteries calcinées, seulement retirées du site en juillet 2025, plus de deux ans après l’incendie et après plusieurs mises en demeure.”On est toujours scandalisés, on aimerait que les responsables prennent leurs responsabilités”, a ajouté Mme Béral, soulignant vouloir faire assumer le coût du préjudice au groupe Bolloré.Le secrétaire de l’association des victimes de Lubrizol, Christophe Holleville, a regretté que le chantier de dépollution en surface se soit fait “à ciel ouvert”. “Cela aurait dû être fait sous un chapiteau de confinement, chaque coup de pelleteuse dégageait un nuage de poussière de lithium”, selon lui.Les taux de pollution au lithium “se sont envolés” dans les eaux de surface et malgré la mise en place d’une station de traitement des eaux polluées, “on atteint dans les eaux souterraines des taux record” qu’on ne retrouve qu’à proximité de sites d’extraction de ce métal, affirme-t-il.La préfecture reconnaît que le débit de pompage de la station de dépollution “n’atteint pas le niveau requis”.Blue Solutions et Bolloré Logistics, filiale rachetée en 2024 par CMA CGM, avaient été contraints par la préfecture et la justice administrative de financer cette “barrière hydraulique”.Contacté par l’AFP, le groupe Bolloré n’a pas donné suite.

US Senate eyes funding deal vote as government shutdown looms

The US Senate edged closer to a vote Friday on a funding deal to avert a government shutdown following a bitter standoff over President Donald Trump’s sweeping immigration crackdown.A partial government shutdown — affecting roughly three-quarters of the federal government — would be the second since Trump returned to office, threatening to furlough hundreds of thousands of public employees, interrupting government services and injecting fresh economic uncertainty just months ahead of the midterm elections.Current government funding lapses at midnight Friday.Democrats have said they are prepared to pass five of the six spending bills immediately, but have drawn a red line around funding for the Department of Homeland Security (DHS), demanding it be stripped out and renegotiated to impose new constraints on immigration enforcement agencies.Senate Democratic Leader Chuck Schumer said Thursday that the White House had agreed to the demand, with Senate leaders from both parties hoping to bring the deal to the floor for a vote on Friday.Democratic backlash to Trump’s hardline immigration crackdown, sharpened by the killing of two protesters in Minneapolis by federal agents in recent weeks, had raised the prospects of a shutdown in recent days. Democrats are pushing to rein in Immigration and Customs Enforcement (ICE), an agency that has rapidly expanded its ranks under Trump and now commands more funding than all other US federal law enforcement agencies combined.That anger boiled over Thursday when Senate Democrats blocked a key procedural vote on a six-bill spending package designed to keep most of the government funded.”What ICE is doing…it is state-sanctioned thuggery and it must stop. And Congress has the authority — and the moral obligation — to act,” Schumer said in a speech on the chamber floor.- All eyes on the House -Any fix, however, would still have to be approved by the House of Representatives — which is not due back from recess until Monday — making at least a weekend gap in funding inevitable.Lawmakers in both parties privately acknowledged that a brief lapse could easily stretch on if Schumer’s agreement with the White House — enthusiastically endorsed by Trump on Thursday — hits roadblocks in the lower chamber.Shutdowns temporarily freeze funding for non-essential federal operations, forcing agencies to halt services and place workers on unpaid leave or require them to work without pay. Under the current plan, departments ranging from education and transportation to housing, health and defense could be affected, while pressure would mount quickly to resolve disruptions rippling through the economy.Ironically, ICE itself would be largely unaffected, since it was allocated some $75 billion over four years in Trump’s 2025 One Big Beautiful Bill Act.The confrontation was triggered by events in Minnesota, where Alex Pretti, an intensive-care nurse filming Trump’s deportation efforts, was shot dead by Border Patrol agents last weekend. His killing came just weeks after another activist, Renee Good, was fatally shot blocks away during a separate immigration operation.Those deaths detonated what had appeared to be a stable bipartisan funding arrangement and refocused congressional debate on the conduct of federal officers operating under Trump’s aggressive enforcement campaign. Democrats want to see an end to roving immigration patrols, tighter warrant requirements, a universal use-of-force code, a ban on officers wearing masks, and mandates for body cameras and visible identification. Their agreement with the White House does not address any of these demands but it gives Congress an extra two weeks to thrash out a deal.  

Quatre mois de débats pour un 49.3: les députés s’interrogent sur le parlementarisme

Une séquence budgétaire harassante et un dernier recours à l’arme du 49.3 vendredi. Loin d’avoir vécu le “moment parlementaire” espéré, les élus se divisent sur les constats comme sur les solutions à apporter.Sur le perron de Matignon début octobre, Sébastien Lecornu solennise le contexte de son renoncement au 49.3: “Je pense que nous sommes dans le moment le plus parlementaire de la Ve République”.Quatre mois plus tard, s’il considère que cet outil constitutionnel ne “pourra plus être un réflexe”, le Premier ministre sera pourtant contraint d’y recourir comme ses prédécesseurs pour faire passer le budget de l’État à la faveur d’une non-censure négociée avec le Parti socialiste.Ce scénario n’avait jamais vraiment quitté la table faute de majorité, sur un texte qui détermine traditionnellement qui soutient ou non le gouvernement. Mais la conclusion est amère pour tout le monde, après “350 heures” de débats.- “Sclérose” -“C’était un drôle de pari, et ça n’a rien changé ensuite sur la nature des discussions”, se remémore Frédéric Valletoux, président Horizons de la commission des Affaires sociales. S’il reconnaît que le Premier ministre a hérité d’une situation “impossible”, le député regrette une “méthode” qui a trop laissé le stylo au Parlement sur le budget: “La commission des Finances c’est vingt administrateurs, celle des Affaires sociales, quinze. Comment voulez-vous qu’on fasse un budget satisfaisant ?”.Sébastien Lecornu a toutefois une victoire: le budget de la Sécurité sociale a bien été adopté par un vote dans l’hémicycle. Une première sous ce quinquennat.”À ce moment-là on pouvait se dire que le Parlement a réussi à s’imposer et à changer ses pratiques”, mais les concessions des oppositions “cachaient une volonté de n’en trouver aucune sur le budget de l’État”, déplore Erwan Balanant, député MoDem.Dès lors deux questions taraudent: le Parlement va-t-il trouver une manière plus satisfaisante de débattre des budgets ? Et comment ?”Ce que démontre cette séquence c’est que le parlementarisme est incompatible avec la Ve République”, tranche l’écologiste Sandrine Rousseau pour qui les “postures” liées à la présidentielle ont engendré “une sclérose parlementaire”.Un constat en partie partagé par Philippe Brun, député PS. “Si vous voulez vraiment du parlementarisme il faut supprimer l’élection présidentielle et renoncer au 49.3”, analyse-t-il, plaidant dans ce cas-là pour “interdire” les gouvernements minoritaires en rendant obligatoire le vote de confiance.- “Acteurs” -Coordinateur de LFI, Manuel Bompard ne croit pas à une “tripartition politique” qui durera “pour toujours”, mais réfléchit à un mode de scrutin qui renouvelle le Parlement. Comme sur une proportionnelle “avec un système d’apparentement”, permettant à chaque formation politique de concourir sous ses couleurs, mais en annonçant au préalable avec qui elle va additionner ses sièges pour former une coalition.Autre réflexion: “une prime majoritaire pour la coalition arrivée en tête, si elle atteint un score minimal, par exemple 40%. Si elle fait moins, vous ne pouvez pas considérer que le pays a voulu une majorité”, élabore le député.Toujours est-il qu’une réforme constitutionnelle, ou même un changement du mode de scrutin par une loi simple, seraient une gageure d’ici 2027, tant les positions divergent.”Le problème n’est pas la Constitution, c’est d’abord l’état d’esprit politique”, relève Renaud Labaye, secrétaire général du groupe RN à l’Assemblée.S’il estime qu’en cas d’entrée de l’extrême droite à l’Élysée, les électeurs à la recherche d’une “rupture” pourraient redonner à l’Assemblée une majorité nécessaire, il plaide pour ne “surtout pas écraser les oppositions”.”Même si vous êtes en majorité absolue il faut considérer que les lignes politiques entrant au Parlement sont représentatives de la population” et “même stratégiquement ce n’est pas bon de chercher à écraser”, poursuit ce proche conseiller de Marine Le Pen. Il juge toutefois impératif de “tout revoir” sur la procédure budgétaire.En marge de l’un des recours au 49.3 en janvier, la présidente de l’Assemblée Yaël Braun-Pivet avait déclaré: “C’est la démocratie (…) qui perd aujourd’hui”. La députée Renaissance a ainsi lancé une mission de réflexion à l’Assemblée pour que ce budget soit “le dernier discuté de cette façon-là”, souhaitant réformer le règlement ou les lois régissant la procédure budgétaire.Un député se montre toutefois circonspect: “la loi est bien écrite, le problème ce sont les acteurs”.

Pétrole: le Venezuela adopte une loi favorable au secteur privé, les Etats-Unis lèvent des sanctions

Moins d’un mois après la capture par les Etats-Unis du président Nicolas Maduro, Caracas a salué jeudi un “bond historique” pour le pétrole vénézuélien, avec l’adoption, sous pression américaine, d’une réforme ouvrant le secteur au privé, puis l’annonce par Washington d’une suspension partielle des sanctions instaurées en 2019.”Nous effectuons des pas historiques (…) J’ai reçu aujourd’hui un appel du président des Etats-Unis, Donald Trump, et de son secrétaire d’Etat, Marco Rubio”, a lancé la présidente par intérim Delcy Rodriguez lors d’une manifestation pro-pouvoir des employés du secteur pétrolier.Washington a levé les sanctions qui pesaient sur Petroleos de Venezuela (PDVSA), autorisant de facto les entreprises américaines à commercer avec le géant pétrolier public.Les transactions opérées par PDVSA, ainsi que celles des sociétés dont il détient au moins 50% des parts, sont désormais “autorisées”, affirme le ministère américain des Finances. Dans le même temps, Donald Trump a annoncé jeudi avoir demandé la réouverture de l’espace aérien du Venezuela aux vols commerciaux. “Les citoyens américains vont, dans très peu de temps, être en mesure d’aller au Venezuela et ils y seront en sécurité. (Le pays) est sous un contrôle très ferme”, a précisé le président américain, indiquant lui aussi avoir discuté avec son homologue vénézuélienne.Hasard ou conséquence ? L’annonce de la suspension de sanctions est venue quelques minutes à peine après l’adoption par l’Assemblée nationale vénézuélienne de la réforme de la loi sur les hydrocarbures, qui ouvre le secteur pétrolier au privé et bouleverse complètement le modèle hérité de l’ex-président Hugo Chavez (1999-2013), d’inspiration socialiste.De nombreux analystes soulignent qu’il s’agissait d’une exigence de M. Trump.”L’objectif principal de cette loi est que nous cessions de dire que nous avons les réserves les plus importantes (du monde) pour commencer à dire que nous comptons parmi les principaux producteurs de pétrole de toute cette planète”, a lancé le président de l’Assemblée, Jorge Rodriguez, frère de la présidente par intérim.Cette loi permet au pays de réaliser un “véritable bond historique, qualitatif”, a vanté Delcy Rodriguez.L’exploitation pétrolière était jusqu’ici l’apanage de l’Etat ou d’entreprises mixtes dans lesquelles l’Etat détenait la majorité. La réforme de la loi par M. Chavez en 2006 a limité l’activité des acteurs privés, imposant une participation majoritaire du public dans toutes les entreprises, fixant des impôts élevés.  Le nouveau texte autorise la signature de contrats permettant aux entreprises privées d’exploiter, de distribuer et de commercialiser la production sans participation de l’Etat. Il doit aussi dynamiser l’exploration, réservée jusqu’ici à ce dernier.- Flexibilité-Les différents impôts vont être remplacés par une contribution unique maximale de 15% ainsi que des redevances maximales (royalties) de 30% des revenus bruts.L’idée est d’avoir de la flexibilité: l’exécutif déterminera les taux d’imposition selon les projets. L’Etat peut ainsi par exemple baisser les impôts si un projet n’est pas aussi rentable que prévu ou a pris du retard, puis les augmenter quand celui-ci fonctionne bien. Jadis baptisé “Venezuela saoudite”, quand il était un acteur important du marché mondial, le pays produit selon les autorités quelque 1,2 million de barils par jour (bj).Des années de mauvaise gestion et de corruption ont fait passer la production d’un pic de plus de 3 millions de barils par jour au début des années 2000 à un plus bas historique de 350.000 par jour en 2020.La nouvelle loi va permettre des “contrats de service ou de production partagée. Cela démantèle totalement le modèle pétrolier d’Hugo Chavez”, explique à l’AFP l’expert pétrolier Francisco Monaldi, tout en avertissant que les conditions opérationnelles restent liées au bon vouloir de l’Etat.- “Sans débat” -Pour Rafael Ramirez, ex-ministre du pétrole de Chavez accusé de corruption et exilé en Italie, la nouvelle loi constitue un “énorme recul” pour le pays sud-américain, qui a nationalisé son industrie en 1976, sous la présidence du social-démocrate Carlos Andres Perez.La réforme “se fait malheureusement sans débat, de manière accélérée”, a-t-il regretté sur X. Pendant le débat à l’Assemblée, le pouvoir avait organisé une manifestation de travailleurs du secteur dans Caracas. “Cette réforme nous aide à améliorer (nos conditions de vie), nous, le moteur de la production de pétrole du Venezuela”, a estimé auprès de l’AFP Karina del Carmen Rodriguez, une employée de 53 ans. Les travailleurs espèrent que les investissements étrangers vont revitaliser le secteur et permettre des augmentations de leurs revenus extrêmement faibles.Les analystes s’attendent à ce que le flux de devises généré par le secteur pétrolier permette de mettre un coup d’arrêt à la spirale inflationniste.