Budget: Lecornu défend le recours au 49.3, la censure repoussée

Sébastien Lecornu a surmonté sans surprise vendredi les deux motions de censure: celle du RN et celle de la gauche hors PS à 19 voix près. Le Premier ministre a défendu l’utilisation du 49.3 pour faire passer le budget sans vote comme une solution de “dernier recours”. La motion a obtenu 269 voix, la droite et le PS refusant de s’y associer, alors que 288 étaient nécessaires pour faire tomber le gouvernement. La motion de censure déposée par le RN, et son allié le groupe du parti UDR d’Eric Ciotti, a aussi échoué, recueillant 142 voix.Le dépôt de ces motions répondait à la décision du Premier ministre, après y avoir renoncé, de recourir au 49.3 pour faire adopter le budget de l’Etat pour 2026.”Quand le débat ne permet plus de conclure, quelqu’un doit assumer”, a affirmé le Premier ministre devant l’Assemblée nationale juste avant le vote des motions.”L’engagement de la responsabilité du gouvernement ne doit être, selon moi, ni une facilité ni un raccourci. Il est un instrument de dernier recours, pour ne pas dire de dernier secours”, a-t-il estimé à propos de cet outil constitutionnel qui permet l’adoption d’un texte sans vote mais expose à un risque de censure.En renonçant au 49.3 début octobre pour tenter d’amadouer les socialistes avec lesquels il a fini par trouver un compromis, le chef du gouvernement a estimé que “pour la première fois depuis longtemps, le Parlement ne peut pas dire qu’il a été privé de son pouvoir”.Mais désormais le 49.3 “ne pourra plus être utilisé comme avant”, sauf “en absolu et dernier ressort” pour “protéger” et “préserver les institutions”, a-t-il assuré.- Fractures -Le débat, tenu dans un hémicycle clairsemé, a mis en lumière les fractures de la gauche, le PS se trouvant isolé face au front commun des Insoumis, des écologistes et des communistes.”En novembre ou en janvier, le 49.3 demeure un coup de force”, a affirmé Eric Coquerel, le président Insoumis de la commission des Finances, disant avoir “toujours pensé” que Sébastien Lecornu finirait par utiliser cet instrument décrié de la Constitution, alors que son gouvernement ne dispose d’aucune majorité à l’Assemblée.”Dans quelle démocratie un homme seul peut décider que gouverne un camp minoritaire ?”, s’est-il interrogé. LFI demande depuis les législatives anticipées de 2024 la démission du président Emmanuel Macron.La cheffe de file des députés RN, Marine Le Pen, a elle fustigé la “trahison du pacte solennel” conclu par le Premier ministre avec le Parlement, et un “passage en force”, selon elle “marque de fabrique” du macronisme. “Tout aurait dû vous conduire à démissionner”, a-t-elle estimé, pointant l'”impuissance” du gouvernement.- “Inflexions” -Le PS avait confirmé qu’il ne voterait pas la motion de censure commune déposée par les trois autres groupes de gauche. Le député PS Laurent Baumel a défendu ce choix vendredi, saluant les “inflexions substantielles” obtenues par son groupe, et se félicitant que l’abandon au moins temporaire du 49.3 ait permis de donner une “portée effective” aux discussions menées dans l’hémicycle.”Nous avons effacé le spectre de l’année blanche en réindexant l’ensemble des prestations et des barèmes sur le coût de la vie”, s’est-il félicité, mentionnant aussi la hausse de la prime d’activité pour trois millions de salariés modestes concédée par le Premier ministre, ou la généralisation des repas à un euro pour les étudiants.Une décision fustigée par M. Coquerel, comme par l’orateur du groupe Ecologiste et social, Benjamin Lucas-Lundy: “Je dis à mes amis et à mes camarades socialistes que quelques non-reculs ne font pas une avancée”, leur a-t-il lancé.Du côté de la coalition présidentielle, les choix budgétaires de M. Lecornu laissent aussi un goût amer. “Nos désaccords avec ce texte sont réels et assumés”, a souligné l’ancienne ministre Horizons Agnès Firmin-Le Bodo. Mais en attendant la présidentielle, “nous devons sortir (le pays) du blocage permanent”, a souligné le député LR Nicolas Ray.Après le rejet attendu des deux motions de censure, le gouvernement devrait engager dans la foulée sa responsabilité sur la partie “dépenses” et l’ensemble du texte. Ce qui suscitera deux nouvelles motions de censure, qui devraient être rejetées en début de semaine prochaine.Après un bref passage au Sénat, le texte devrait revenir à l’Assemblée pour un troisième et dernier 49.3, et d’ultimes motions de censure, permettant la promulgation du texte début février.

A Nanterre, l’infernale promiscuité et l’insalubrité d’une prison française

Ils sont cinq, confinés 22 heures par jour dans le huis clos d’une cellule de 11 m2: le centre pénitentiaire de Nanterre craque, malade d’un fléau français, une surpopulation carcérale hors de contrôle dont pâtissent détenus comme surveillants.Dans cet espace conçu pour deux, mal ventilé et assombri par un caillebotis devant la fenêtre, entre deux lits superposés, une table minuscule accueille cinq assiettes. Ce soir, un maigre matelas la remplacera. Dans une autre cellule, appuyé sur ses béquilles pour soulager sa sciatique, un sexagénaire explique avoir hérité de la couche au sol, où ce soir il s’allongera, tête contre le frigo. La nuit tombée, ses compagnons descendront de leur lit dépourvu d’échelle, puis l’enjamberont, avant d’atteindre des toilettes guère dissimulées par un drap tendu. Ici, elles fuient un peu. Dans une autre, le robinet de l’évier goutte en continu sous une tablette peinant à accueillir les cinq verres à dents. Contre le froid et l’humidité qui se lit sur les moisissures des fenêtres, les plaques de cuisson resteront allumées, une poêle vide chauffée à blanc faisant office de radiateur, explique un détenu. Envahies de corps, de linge étendu, de provisions cantinées et de modestes effets, des cellules comme celles-ci, l’AFP en a vu plusieurs en accompagnant mi-janvier la députée des Hauts-de-Seine Elsa Faucillon, venue exercer son droit de visite parlementaire dans cette prison ouverte en 1991, enchâssée entre la Seine et l’autoroute, à deux encablures de l’université. D’autres, plus petites, accueillent trois détenus dans des conditions aussi indignes. Télévision allumée en permanence, dans une atmosphère parfois enfumée par les cigarettes, on tue le temps en rabâchant les mêmes débats, en se racontant la vie dehors, en lisant, en somnolant pour rattraper des nuits hachées, ou en jouant aux cartes au risque d’exacerber les inévitables tensions, racontent les détenus.- Deux heures de promenade -Et puis il y a les cafards, selon des occupants qui montrent le carton colmatant les fissures, tentative dérisoire d’affronter l’invasion. La bétonisation des pieds de bâtiments, juste achevée, a permis d’éloigner les rats, assure à la parlementaire le directeur Thomas Benesty. Le progrès est récent: un certificat médical établi en novembre, dont l’AFP a eu connaissance, évoque sur le pied d’un détenu qui dormait par terre, des “lésions compatibles avec une morsure de rongeur”, peut-être arrivé par les toilettes.De ces cagibis, on s’échappe durant les deux heures de promenade quotidienne, ou au gré des micro-événements qui scandent des jours sans fin: trois parloirs hebdomadaires dans des cabines vitrées offertes aux regards, douches (là encore trois par semaine), rendez-vous médicaux, activités… Cela représente “quatre, cinq, six heures par semaine”, estime un détenu.Après une visite fin 2023, le Contrôleur général des prisons (CGLPL) avait estimé que l’établissement n’était pas en mesure “d’assurer des conditions d’hébergement dignes”. Mais, relevait-il, il est “parvenu à éviter les matelas au sol depuis 2020”. Signe d’une dégradation générale, ce rare satisfecit appartient au passé: 202 matelas sont comptabilisés au moment de la visite, indique à l’élue Thomas Benesty, avec, pour 592 places, 1.226 prisonniers, dont 60% en attente de procès, les autres étant condamnés à des peines courtes ou plus longues en attente d’affectation. Solidement installée au-dessus des 200%, la densité “est montée jusqu’à 213%” fin 2025, glisse le directeur.- “Carencés” -Malgré une abnégation saluée par le CGLPL, comment demander aux agents d’assurer convenablement l’ordre, de repérer les fragilités psychologiques, les tensions émergentes, de répondre aux doléances, comme cet appareil d’assistance respiratoire nocturne défaillant, cette rage de dents ou cette demande d’activité pendante? “On ne sait plus s’il faut écrire, si on va nous répondre”, soupire un détenu. “On sait pourquoi on est là et on le comprend. Mais là, on a l’impression d’une peine sur une peine sur une peine…”  Un tableau d’honneur a été installé à l’entrée de la zone de détention pour récompenser l’engagement des surveillants. Certains, raconte le directeur, renoncent à des jours de repos pour assurer le maintien d’activités de réinsertion ou des extractions médicales. Mais l’absentéisme atteint 25%, signe d’épuisement des corps et des esprits.Dans ces conditions “contraires à nos principes fondamentaux”, demande Elsa Faucillon, comment prévenir la récidive, une des missions de la prison avec la punition et la protection de la société ? Cette dernière a récemment “été privilégiée”, “choix politique qu’un représentant de l’administration pénitentiaire n’a pas à commenter”, répond M. Benesty. “Ce qui est certain, c’est qu’actuellement à Nanterre, pour pouvoir répondre aux trois missions en même temps, nous sommes carencés.” Les conseillers pénitentiaires d’insertion et de probation (Cpip) gèrent 90 dossiers chacun, quand le chiffre référence c’est 60, détaille leur responsable Virginie Nouaille. “Il y a forcément une connaissance moindre” des détenus “qui fragilise notre mission d’évaluation et de prise en charge.” Pour mener cette mission, manquent actuellement six postes de conseillers pénitentiaires. Ainsi que deux assistantes sociales. “Sur deux”, ironise-t-elle. 

Israeli Bedouin say hope for better life crushed after deadly crackdown

When the Israeli Bedouin village of Tarabin al-Sana backed Prime Minister Benjamin Netanyahu’s party in the last elections, they expected their lives would improve. Three years later, the small community in the Negev has been left stunned after a two-week crackdown during which police shot dead a 36-year-old father of six.Israeli police set up roadblocks, fired tear gas and searched homes in scenes reminiscent of military raids on Palestinian towns in the occupied West Bank.Tarabin’s residents, however, are Israeli citizens.At the last national elections in 2022, some 60 percent of the village’s voters cast their ballots for Netanyahu’s right-wing Likud party.”What happened in Tarabin in the last two weeks has never happened before,” tribal representative and local council member Abed Tarabin told AFP.”We are citizens of the state; we didn’t do anything to warrant the move they made,” he added, accusing the police of having “punished the entire village”.The crackdown began on December 27 when police made arrests in the village over what they said were violent incidents and stolen weapons.After accusing residents of retaliatory acts of vehicle arson in a nearby Jewish community, officers encircled Tarabin.Residents say forces withdrew on January 11, but that police were still present. Two young children wandered aimlessly past a pile of twisted charred metal, crushed breeze blocks and a burnt-out car next to the dilapidated village school.”The children here are traumatised,” said resident Mundher Tarabin, 36, adding that some were so badly affected they still hadn’t gone back to school days later. – ‘People supported him’ -Israel’s impoverished and long-marginalised Bedouin are descendants of shepherds who once roamed freely far beyond the country’s current borders.Today there are about 300,000 Bedouin living in Israel, and like its other Arab minorities, they often complain of discrimination.Campaigning in 2021, Netanyahu visited Tarabin and drank coffee with local leaders to woo Arab voters.Behind a camel pen on the edge of the village, Mundher Tarabin showed where Netanyahu had made a speech.”He said he’d make the Negev a better place,” Tarabin said.”And people supported him.”Tarabin said he had himself voted for Netanyahu’s Likud, but would not do so again in elections this year.Faced with poor infrastructure and opportunities, Bedouin grapple with high levels of crime within their communities.Police said the Tarabin raid was part of a wider operation called “New Order” aimed at “removing illegal weapons from criminal circulation, disrupting criminal activity and enforcing the law”.”Dozens of suspects were arrested or fined for a range of offences, including illegal weapons possession, drug offences, outstanding warrants and traffic-related violations,” they said.Visiting the Negev on January 7, Netanyahu warned that crime in the region was “out of control”.”We will rein it in,” he vowed, and said this would involve Jewish settlement on an unprecedented scale as well as “arrangements for the Bedouin residents”.- ‘Incitement’ -Bedouin in the Negev live in a mixture of communities recognised and not recognised by the government. Many say the police fail to effectively address crime. “The state has always known how to come and deal with crime. But what we see today is not dealing with crime — it’s incitement,” Mundher Tarabin said. He accused far-right National Security Minister Itamar Ben Gvir — who spearheaded the Tarabin operation and visited the village five times in two weeks — of using the raid as a campaign stunt. “They want to show the right wing that they are doing their job,” agreed Huda Abu Obaid, a resident of Lakiya, a nearby Bedouin town where police placed temporary roadblocks in November.Abu Obaid said Ben Gvir had visited multiple times to record social media videos.Abu Obaid — who heads the NGO Negev Coexistence Forum for Civil Equality — said the key to stopping the cycle of violence was investing in education and employment. But she was fearful the state was attempting to scapegoat the Bedouin. “If today they are closing the towns, and they are using the police, using weapons against the people, I’m not sure what they will do in the next few years.”

Compter les oiseaux pour mieux les protéger

Mésange bleue, martinet noir, verdier d’Europe: les oiseaux communs des parcs et jardins se raréfient. Pour quantifier le phénomène, la Ligue pour la protection des oiseaux (LPO) organise ce week-end un vaste comptage citoyen, pour aider à la mise en place de mesures de protection et sensibiliser le public.L’an dernier, près de 600.000 données ont été collectées lors des différentes opérations de comptage – dont 171.000 sur le seul dernier week-end de janvier – soit 23% de plus qu’en 2024. Depuis 2012, année de mise en place de ces opérations, plus de 6 millions de données ont ainsi été rassemblées, par plus de 100.000 observateurs, “ce qui constitue un record pour une opération de science participative grand public en France”, se félicite Rishane Colas, chargée de projet à la LPO Ile-de-France.- 41% en déclin -“Ces informations sont précieuses, car elles viennent compléter certaines données scientifiques pour comprendre sur le long terme l’état des populations des oiseaux communs, et ensuite après analyse, permettre de mettre en place des plans d’actions destinés à préserver certaines espèces”, explique Mme Colas. “Ça permet de comparer des données que l’on a déjà – par exemple celles dans les milieux naturels – avec celles que l’on n’a pas, notamment dans les espaces occupés par l’Homme pour voir les impacts des activités humaines sur les oiseaux”, notamment en milieu urbain.Cet observatoire, en partenariat avec le Museum national d’histoire naturelle, a déjà permis de constater que 41% des espèces d’oiseaux des parcs et jardins ont vu leurs populations diminuer entre 2012 et 2022. “Depuis 10 ans, le déclin est très marqué, notamment dû à la perte d’habitats, au manque de ressources alimentaires”, ou encore au changement climatique. “C’est une tendance inquiétante”, pointe la responsable.La majorité des oiseaux communs sont insectivores, et la baisse des populations d’insectes, liée notamment aux pesticides, diminue leurs sources de nourriture, influant sur leur survie ou leur reproduction. Par ailleurs, l’urbanisation et la disparition des haies entraînent la raréfaction des sites de nidification et de refuge, explique Mme Colas. Ces chiffres confirment les tendances observées au niveau mondial. En octobre, l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN) a publié des données d’experts montrant que dans le monde, six espèces d’oiseaux sur 10 sont en déclin (contre 44% en 2016) et une sur 10 menacée d’extinction. En France, ce sont plus de 280 espèces d’oiseaux qui sont menacées.Parmi elles, le moineau friquet dont les effectifs ont diminué de 60% au niveau national, signale Mme Colas. “En Ile-de-France, nos comptages citoyens montrent qu’on est passé de 30.000 couples en 1995 à seulement 150 en 2023”.- Attention aux doublons -“Les oiseaux les plus menacés sont ceux qui se nourrissent exclusivement d’insectes. Au printemps on retrouve ainsi un déclin particulièrement dramatique pour le martinet noir et les hirondelles”.A l’inverse, les espèces comme le moineau commun, qui est omnivore, restent parmi les plus observées lors des comptages dans les parcs et jardins, car elles peuvent plus facilement s’adapter.Des observatoires citoyens existent aussi en Belgique ou au Royaume-Uni. En France, outre le comptage des 24 et 25 janvier, utile aussi pour observer les oiseaux migrateurs, un autre week-end d’observation est prévu fin mai pour comptabiliser les oiseaux au moment de la nidification.Le protocole se veut à la fois très précis, pour que les données soient réellement exploitables scientifiquement, et simple: il faut choisir un endroit d’observation – par exemple son balcon en ville, son jardin depuis sa fenêtre ou bien un endroit dans un parc public – et compter pendant une heure exactement tous les oiseaux qui se posent à cet endroit en tentant de reconnaître les espèces. On rentre ensuite toutes ces observations sur le site oiseauxdesjardins.fr, sur lequel on s’est préalablement inscrit.”Attention aux doublons”, prévient Rishane Colas. “On ne comptabilise que le nombre maximal d’oiseaux de la même espèce qui se posent au même endroit pendant l’heure d’observation, on n’additionne pas chaque fois que l’un deux se présente, car ça peut être deux fois le même”, explique-t-elle.

Compter les oiseaux pour mieux les protéger

Mésange bleue, martinet noir, verdier d’Europe: les oiseaux communs des parcs et jardins se raréfient. Pour quantifier le phénomène, la Ligue pour la protection des oiseaux (LPO) organise ce week-end un vaste comptage citoyen, pour aider à la mise en place de mesures de protection et sensibiliser le public.L’an dernier, près de 600.000 données ont été collectées lors des différentes opérations de comptage – dont 171.000 sur le seul dernier week-end de janvier – soit 23% de plus qu’en 2024. Depuis 2012, année de mise en place de ces opérations, plus de 6 millions de données ont ainsi été rassemblées, par plus de 100.000 observateurs, “ce qui constitue un record pour une opération de science participative grand public en France”, se félicite Rishane Colas, chargée de projet à la LPO Ile-de-France.- 41% en déclin -“Ces informations sont précieuses, car elles viennent compléter certaines données scientifiques pour comprendre sur le long terme l’état des populations des oiseaux communs, et ensuite après analyse, permettre de mettre en place des plans d’actions destinés à préserver certaines espèces”, explique Mme Colas. “Ça permet de comparer des données que l’on a déjà – par exemple celles dans les milieux naturels – avec celles que l’on n’a pas, notamment dans les espaces occupés par l’Homme pour voir les impacts des activités humaines sur les oiseaux”, notamment en milieu urbain.Cet observatoire, en partenariat avec le Museum national d’histoire naturelle, a déjà permis de constater que 41% des espèces d’oiseaux des parcs et jardins ont vu leurs populations diminuer entre 2012 et 2022. “Depuis 10 ans, le déclin est très marqué, notamment dû à la perte d’habitats, au manque de ressources alimentaires”, ou encore au changement climatique. “C’est une tendance inquiétante”, pointe la responsable.La majorité des oiseaux communs sont insectivores, et la baisse des populations d’insectes, liée notamment aux pesticides, diminue leurs sources de nourriture, influant sur leur survie ou leur reproduction. Par ailleurs, l’urbanisation et la disparition des haies entraînent la raréfaction des sites de nidification et de refuge, explique Mme Colas. Ces chiffres confirment les tendances observées au niveau mondial. En octobre, l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN) a publié des données d’experts montrant que dans le monde, six espèces d’oiseaux sur 10 sont en déclin (contre 44% en 2016) et une sur 10 menacée d’extinction. En France, ce sont plus de 280 espèces d’oiseaux qui sont menacées.Parmi elles, le moineau friquet dont les effectifs ont diminué de 60% au niveau national, signale Mme Colas. “En Ile-de-France, nos comptages citoyens montrent qu’on est passé de 30.000 couples en 1995 à seulement 150 en 2023”.- Attention aux doublons -“Les oiseaux les plus menacés sont ceux qui se nourrissent exclusivement d’insectes. Au printemps on retrouve ainsi un déclin particulièrement dramatique pour le martinet noir et les hirondelles”.A l’inverse, les espèces comme le moineau commun, qui est omnivore, restent parmi les plus observées lors des comptages dans les parcs et jardins, car elles peuvent plus facilement s’adapter.Des observatoires citoyens existent aussi en Belgique ou au Royaume-Uni. En France, outre le comptage des 24 et 25 janvier, utile aussi pour observer les oiseaux migrateurs, un autre week-end d’observation est prévu fin mai pour comptabiliser les oiseaux au moment de la nidification.Le protocole se veut à la fois très précis, pour que les données soient réellement exploitables scientifiquement, et simple: il faut choisir un endroit d’observation – par exemple son balcon en ville, son jardin depuis sa fenêtre ou bien un endroit dans un parc public – et compter pendant une heure exactement tous les oiseaux qui se posent à cet endroit en tentant de reconnaître les espèces. On rentre ensuite toutes ces observations sur le site oiseauxdesjardins.fr, sur lequel on s’est préalablement inscrit.”Attention aux doublons”, prévient Rishane Colas. “On ne comptabilise que le nombre maximal d’oiseaux de la même espèce qui se posent au même endroit pendant l’heure d’observation, on n’additionne pas chaque fois que l’un deux se présente, car ça peut être deux fois le même”, explique-t-elle.

Fury over five-year-old’s detention in US immigration crackdown

Democrats and local officials in Minneapolis expressed outrage Thursday at the detention of a five-year-old boy in a massive immigration crackdown, as US Vice President JD Vance defended federal agents’ actions.Thousands of Immigration and Customs Enforcement (ICE) agents have been deployed to the Democratic-led city, as the administration of President Donald Trump presses its campaign to deport what it says are millions of illegal immigrants across the country.Vance confirmed Thursday that the five-year-old boy, Liam Conejo Ramos, was among those detained, but argued that agents were protecting the boy after his father “ran” from an immigration sweep.”What are they supposed to do? Are they supposed to let a five-year-old child freeze to death?” he said.Democratic Texas congressman Joaquin Castro rejected that explanation, branding Homeland Security authorities “sick liars.”Castro said that he had not been able to locate the boy, who was reportedly being held with his father in San Antonio, Texas.”My staff and I have been working to figure out his whereabouts, make sure that he’s safe and also to demand his release by ICE,” he said in a video posted on X.But ICE “have not given us information,” he said.Former US vice president Kamala Harris said she was “outraged” by Ramos’s detention.”Liam Ramos is just a baby. He should be at home with his family, not used as bait by ICE and held in a Texas detention center,” she wrote on X.Harris shared a photo of the child wearing a blue knitted hat with dangling, white rabbit ears, while a person behind him appears to hold onto his backpack.Another photo circulating online shows Ramos escorted by a man wearing black clothes and a black face covering.Former US secretary of state Hillary Clinton accused law enforcement of “terrorizing a population” and “using children as pawns.”Minneapolis Mayor Jacob Frey said the federal government was treating children “like criminals.”Frey said the influx of 3,000 federal agents felt like an “occupation,” the Minnesota Star Tribune newspaper reported.The Homeland Security department rejected claims that ICE agents targeted the child, saying he had been “abandoned” by his father during an operation to arrest the man.”For the child’s safety, one of our ICE officers remained with the child while the other officers apprehended (his father) Conejo Arias,” it posted on X.”Parents are asked if they want to be removed with their children, or ICE will place the children with a safe person the parent designates.”- ‘Taking a toll’ -Ramos is one of at least four children detained in the same Minneapolis school district this month, US media have reported citing local administrators.Zena Stenvik, the Columbia Heights Public Schools District superintendent, said the children were “apprehended and taken away by masked and armed ICE agents with no identifying badges.””The onslaught of ICE activity in our community is inducing trauma and is taking a toll on our children,” she told reporters.The children’s detention came as the US attorney general announced the arrests of three activists accused of disrupting a church service with a protest accusing a pastor of working for ICE.Videos of that protest showed dozens of demonstrators chanting “ICE out!” in the church.Minneapolis has been rocked by increasingly tense protests since federal agents shot and killed US citizen Renee Good on January 7.The officer who fired the shots that killed Good, Jonathan Ross, has neither been suspended nor charged with any crime. Trump and his officials quickly defended his actions as legitimate self-defense.The lawyer for Ramos and his father, Marc Prokosch, said the pair are not US citizens and followed the legal process in applying for asylum in Minneapolis, which is a sanctuary city, meaning police do not cooperate with federal immigration sweeps.Vance claimed such local efforts were hindering ICE efforts.”The lack of cooperation between state and local officials makes it harder for us to do our job and turns up the temperature,” Vance said.Minnesota has sought a temporary restraining order for the ICE operation in the state which, if granted by a federal judge, would pause the sweeps. There will be a hearing on the application Monday.

Moscou exige le départ des troupes de Kiev du Donbass, avant une réunion à Abou Dhabi

La Russie a indiqué vendredi qu’elle exigeait toujours de Kiev un retrait de ses troupes de l’est de l’Ukraine pour régler le conflit, avant des pourparlers à Abou Dhabi entre responsables russes, ukrainiens et américains.Le président ukrainien Volodymyr Zelensky a de son côté indiqué que la question territoriale restait le principal point non résolu et serait au menu des pourparlers prévus pour durer vendredi et samedi.Ces discussions seraient les premières négociations directes entre Moscou et Kiev sur un plan américain de règlement du conflit.”Les forces armées ukrainiennes doivent quitter le Donbass, elles doivent s’en retirer. C’est une condition très importante”, a déclaré le porte-parole de la présidence russe, Dmitri Peskov. “Sans règlement de la question territoriale (…) il est inutile d’espérer la conclusion d’un accord de long terme”, a-t-il ajouté.La Russie exige un retrait des forces ukrainiennes du Donbass, territoire industriel et minier de l’est de l’Ukraine incluant les régions de Donetsk et Lougansk. Ses exigences visent notamment de la région de Donetsk qu’elle contrôle en partie et qui reste l’épicentre des combats qui ont fait a minima des dizaines de milliers de morts depuis 2022.Cette réunion à Abou Dhabi doit se tenir au lendemain de deux rencontres au plus haut niveau: l’une à Davos entre Volodymyr Zelensky et le président  américain Donald Trump, et l’autre à Moscou entre le président Vladimir Poutine et les émissaires américains Steve Witkoff et Jared Kushner.- Europe “perdue” -Pour l’heure, il n’est pas confirmé que les délégations russes et ukrainiennes négocieront en face à face. Cela n’a jamais été le cas depuis l’annonce, en novembre, d’un plan promu par Donald Trump pour trouver une issue au conflit.Le dernier cycle de négociations directes entre les deux belligérants sur le règlement du conflit, déclenché par l’invasion russe à grande échelle de l’Ukraine en 2022, date de juillet 2025 à Istanbul. Il n’avait débouché que sur des échanges de prisonniers et de dépouilles de soldats.”La question du Donbass est clé”, a indiqué vendredi Volodymyr Zelensky, ajoutant que cette question sera discutée “à Abou Dhabi, aujourd’hui et demain”.M. Zelensky a précisé qu’il prévoyait un échange par téléphone avec son équipe de négociateurs sur place vers 15H ou 16H (13H/14H GMT) pour préparer la réunion tripartite.Kiev tiendra informé ses alliés européens des résultats des discussions, a-t-il dit.A Davos la veille, le dirigeant ukrainien a tenu un discours très dur envers ses principaux soutiens politiques et financiers, disant voir une Europe “fragmentée” et “perdue” lorsqu’il s’agit d’influer sur les positions de Donald Trump, et manquant de “volonté politique” face à Vladimir Poutine.- Objectifs “sur le champ de bataille” -L’équipe russe sera menée par le général Igor Kostioukov, le chef des renseignements militaires russes (GRU), a déclaré tôt vendredi à la presse le conseiller diplomatique du Kremlin, Iouri Ouchakov.Selon Kiev, l’Ukraine sera représentée par le secrétaire du Conseil de sécurité Roustem Oumerov, son chef de cabinet Kyrylo Boudanov et son chef-adjoint Serguiï Kyslytsia, par le chef du parti présidentiel David Arakhamia et par le chef d’état-major des forces armées, le général Andriï Gnatov.M. Ouchakov a souligné que l’entretien jeudi entre MM. Poutine et Witkoff à Moscou, avait été “utile à tous points de vue”.Une autre rencontre, consacrée aux questions économiques, aura lieu également vendredi à Abou Dhabi entre M. Witkoff et l’émissaire du Kremlin aux questions économiques internationales, Kirill Dmitriev, a précisé Iouri Ouchakov.”Nous sommes sincèrement intéressés par un règlement (du conflit) par les moyens politico-diplomatiques”, a assuré M. Ouchakov. Mais “tant que ce n’est pas encore le cas, la Russie va continuer d’atteindre ses objectifs (…) sur le champ de bataille”, a-t-il averti.- Garanties de sécurité -A Davos, le président ukrainien Volodymyr Zelensky s’est brièvement entretenu jeudi avec M. Trump, une rencontre qu’il a qualifiée de “positive” mais de dialogue “pas simple”.Il a assuré être parvenu à un accord sur “les garanties de sécurité” que doivent offrir les Etats-Unis à l’Ukraine pour dissuader la Russie d’attaquer à nouveau.La Russie a multiplié ces derniers mois les frappes sur le réseau énergétique ukrainien, provoquant des coupures d’électricité et de chauffage massives notamment dans la capitale, par des températures glaciales.

Budget: Lecornu affronte deux motions de censure, avant un nouveau 49.3

“Coup de force”, “reniement”: Eric Coquerel (LFI) et Marine Le Pen (RN) s’en sont pris avec force vendredi à la décision de Sébastien Lecornu de recourir au 49.3 pour faire passer le budget. Mais les  motions de censures de la gauche hors PS et de l’extrême droite sont promises à l’échec, faute de soutien de LR et du PS.Le débat, tenu dans un hémicycle clairsemé, a mis en lumière les fractures de la gauche, le PS se trouvant isolé face au front commun des Insoumis, des écologistes et des communistes.”En novembre ou en janvier, le 49.3 demeure un coup de force”, a affirmé Eric Coquerel, le président insoumis de la Commission des Finances, disant avoir “toujours pensé” que Sébastien Lecornu finirait par utiliser cet instrument décrié de la Constitution, alors que son gouvernement ne dispose d’aucune majorité à l’Assemblée.”Dans quelle démocratie un homme seul peut décider que gouverne un camp minoritaire ?”, s’est-il interrogé – LFI demande depuis les législatives anticipées de 2024 la démission du président de la République Emmanuel Macron.La présidente du groupe RN, Marine le Pen, a elle fustigé la “trahison du pacte solennel” conclu par le chef du gouvernement avec le Parlement, et un “passage en force”, selon elle “marque de fabrique” du macronisme. “Tout aurait dû vous conduire à démissionner”, a-t-elle estimé, pointant l'”impuissance” du gouvernement.Dès avant sa prise de parole, l’entourage du Premier ministre a laissé filtrer des éléments de réponse. “Le pouvoir n’a pas été confisqué” et il est “toujours pleinement entre les mains des députés”, devrait se défendre le Premier ministre, qui admet que recourir au 49.3 n’est pas “une victoire”. Il devrait expliquer avoir voulu “trancher” après avoir “laissé le Parlement aller jusqu’au bout” des débats.Le Premier ministre a engagé mardi la responsabilité de son gouvernement pour faire passer le budget, constatant l’absence de majorité pour le voter.- Sortir du “blocage permanent” -Le PS a dès mardi confirmé qu’il ne voterait pas la motion de censure commune déposée par les trois autres groupes de gauche. Le député PS Laurent Baumel a défendu ce choix vendredi, saluant les “inflexions substantielles” obtenues par son groupe, et se félicitant que l’abandon au moins temporaire du 49.3 ait permis de donner une “portée effective” aux discussions menées dans l’hémicycle.”Nous avons effacé le spectre de l’année blanche en réindexant l’ensemble des prestations et des barèmes sur le coût de la vie”, s’est-il félicité, mentionnant aussi la hausse de la prime d’activité pour trois millions de salariés modestes concédée par le Premier ministre, ou la généralisation des repas à un euro pour les étudiants.Une décision fustigée par M. Coquerel, comme par l’orateur du groupe Ecologiste et social, Benjamin Lucas-Lundy: “Je dis à mes amis et à mes camarades socialistes que quelques non-reculs ne font pas une avancée”, leur a-t-il lancé.Du côté de la coalition présidentielle, les choix budgétaires de M. Lecornu laissent aussi un goût amer. “Nos désaccords avec ce texte sont réels et assumés”, a ainsi souligné l’ancienne ministre Agnès Firmin-Le Bodo. Mais en attendant la présidentielle, “nous devons sortir (le pays) du blocage permanent”, a souligné le député Nicolas Ray (LR).Les deux motions de censure devraient être rejetées successivement en fin de matinée. Le gouvernement devrait engager dans la foulée sa responsabilité sur la partie dépenses et l’ensemble du texte, suscitant deux nouvelles motions de censure, qui devraient être rejetées en début de semaine prochaine.Après un bref passage au Sénat, le texte devrait revenir à l’Assemblée pour un troisième et dernier 49.3, et d’ultimes motions de censure, permettant la promulgation du texte début février.