Mercosur: l’Union européenne donne son feu vert, sans la France

Après plus de vingt-cinq ans de négociations, l’Union européenne a donné son feu vert à l’accord de libre-échange avec le Mercosur vendredi, malgré la colère des agriculteurs et l’opposition de la France.La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, a salué un “accord historique” avec l’Amérique latine, qu’elle a “hâte” de parapher.L’accord est “équilibré”, alors que “l’insatisfaction des deux parties a été une réalité tout au long des négociations”, a réagi Rubén Ramírez, le ministre des Affaires étrangères du Paraguay, un des quatre pays membres fondateurs.Selon le gouvernement argentin, cette signature est prévue le 17 janvier au Paraguay.Ce traité entre l’UE, l’Argentine, le Brésil, le Paraguay et l’Uruguay créerait l’une des plus grandes zones de libre-échange au monde, de plus de 700 millions de consommateurs.Ce feu vert “n’est pas la fin de l’histoire”, a assuré la ministre française de l’Agriculture Annie Genevard. “Il y a un acteur majeur qui va rentrer en ligne de compte, c’est le Parlement européen”.La ratification du traité dépend encore d’un vote du Parlement européen, probablement en février ou en mars. Le scrutin pourrait être serré, alors que la contestation agricole s’amplifie.La FNSEA, premier syndicat agricole français, a promis un grand rassemblement le 20 janvier à Strasbourg, devant le siège du Parlement européen.Vendredi, des manifestations ont eu lieu en Pologne et en Italie et la mobilisation s’est poursuivie en France.Une cinquantaine de tracteurs d’agriculteurs français et allemands ont bloqué le Pont de l’Europe reliant Strasbourg à Kehl, de l’autre côté du Rhin.Deux autoroutes à la frontière franco-belge étaient également bloquées, ainsi qu’un dépôt pétrolier dans le Nord de la France.Des agriculteurs et leurs tracteurs étaient aussi à Paris pour dénoncer le Mercosur, le prix des engrais et la gestion gouvernementale de l’épizootie de dermatose nodulaire contagieuse (DNC) chez les bovins.- L’Italie décisive -A Bruxelles vendredi, une majorité d’Etats européens a donné son aval à cet accord avec le Mercosur, grâce au soutien décisif de l’Italie.La cheffe du gouvernement italien Giorgia Meloni vante un “équilibre” entre les bénéfices pour les industriels et les “garanties” apportées aux agriculteurs.En Allemagne, le chancelier Friedrich Merz a salué un “signal fort”, qui soulage l’industrie automobile, déboussolée par les droits de douane des États-Unis et la concurrence chinoise.Comme la Hongrie, la Pologne, l’Irlande et l’Autriche, la France s’est opposée à cet accord “d’un autre âge”, négocié depuis 1999. Elle compte poursuivre la bataille au Parlement européen et s’alarme d’une éventuelle application du traité avant sa ratification à Strasbourg.150 eurodéputés, sur 720, ont en outre appelé à saisir la justice pour tenter de suspendre l’accord.Pour ses détracteurs, ce traité va bousculer l’agriculture européenne avec des produits moins chers et pas forcément respectueux des normes de l’UE, faute de contrôles suffisants. Pour ses thuriféraires, il va permettre au contraire de relancer une économie européenne à la peine, et de “renforcer l’autonomie stratégique” de l’UE, s’est félicité le gouvernement espagnol.En supprimant une large part des droits de douane, cet accord favorise les exportations européennes de voitures, de machines, de vins et de fromages. Dans le sens inverse, il facilite l’entrée en Europe de bœuf, de volaille, sucre, riz, miel et soja sud-américains, avec des quotas de produits détaxés qui inquiètent les filières concernées.- “Échec diplomatique” français -Le retour de Donald Trump à la Maison Blanche a donné un argument supplémentaire aux partisans de l’accord. L’Union européenne doit diversifier ses partenariats commerciaux, martèle ainsi la Commission.C’est un “jour historique pour le multilatéralisme”, s’est aussi réjoui le président brésilien Lula.Dans l’espoir d’amadouer les agriculteurs, Bruxelles a enchaîné les concessions ces derniers mois, dont des garanties renforcées pour les produits les plus sensibles.Sur ce volet, les Vingt-Sept se sont alignés vendredi sur la position mieux-disante du Parlement européen pour protéger les agriculteurs en cas de déstabilisation du marché.Mais rien n’y a fait, la colère agricole est repartie de plus belle. En France, empêtrée dans l’instabilité politique, Emmanuel Macron a paru hésiter au sujet de ce traité avec le Mercosur, “pas acceptable en l’état”.Mais la pression était trop forte, avec la menace de la droite de faire tomber le gouvernement en cas de soutien à l’accord.Et malgré le non d’Emmanuel Macron au Mercosur, l’extrême droite française a annoncé deux motions de censure à l’Assemblée nationale et au Parlement européen, aux faibles chances d’aboutir. La gauche radicale a également annoncé le dépôt d’une motion de censure à l’Assemblée.L’UE va ainsi signer un accord commercial contre l’avis de la première puissance agricole européenne, une situation quasiment inédite.Certes, Paris souligne avoir pesé pour obtenir des gestes en faveur des agriculteurs. Mais c’est “un échec diplomatique et tactique”, cingle un ancien ministre français, anonymement. 

Musk’s Grok under fire over sexualized images despite new limits

European officials and tech campaigners on Friday slammed Elon Musk’s AI chatbot Grok after its controversial image creation feature was restricted to paying subscribers, saying the change failed to address concerns about sexualized deepfakes.Grok has faced global backlash after it emerged the feature allowed users to sexualize images of women and children using simple text prompts such as “put her in a bikini” or “remove her clothes.”Grok appeared to deflect the criticism with a new monetization policy, posting on the platform X late Thursday that image generation and editing were now “limited to paying subscribers,” alongside a link to a premium subscription.British Prime Minister Keir Starmer’s office joined the chorus of critics, condemning the move as an affront to victims and “not a solution.””That simply turns an AI feature that allows the creation of unlawful images into a premium service,” a Downing Street spokesperson said.”It’s insulting the victims of misogyny and sexual violence.” EU digital affairs spokesman Thomas Regnier said “this doesn’t change our fundamental issue, paid subscription or non-paid subscription. We don’t want to see such images. It’s as simple as that.””What we’re asking platforms to do is to make sure that their design, that their systems do not allow the generation of such illegal content,” he told reporters.The European Commission, which acts as the EU’s digital watchdog, has ordered X to retain all internal documents and data related to Grok until the end of 2026 in response to the uproar.- ‘Safety gaps’ -Grok, developed by Musk’s startup xAI and integrated into X, announced the move after Wednesday’s fatal shooting in Minneapolis by an immigration agent, which triggered a wave of AI deepfakes.Some X users used Grok to digitally undress an old photo of the victim, as well as a new photo of her body slumped over after the shooting, generating AI images showing her in a bikini.Another woman wrongly identified as the victim was also subjected to similar manipulation.The fabricated images still appeared to float around X — and spread to other tech platforms — on Friday despite the new restriction.There was no immediate comment from X on the Minneapolis deepfakes. When reached by AFP for comment by email, xAI replied with a terse, automated response: “Legacy Media Lies.””Restricting Grok’s image-generation tools to paying subscribers may help limit scale and curb some misuse, but it doesn’t fully address the safety gaps that allowed nonconsensual and sexualized content to emerge,” said Cliff Steinhauer, from the nonprofit National Cybersecurity Alliance.”Access restrictions alone aren’t a comprehensive safeguard, as motivated bad actors may still find ways around them, and meaningful user protection ultimately needs to be grounded in how these tools are designed and governed.”France, Malaysia and India have also previously pushed back against the use of Grok to alter women and children’s photos, after a flood of user complaints, announcing investigations or calling on Musk’s company for swift takedowns of the explicit images.Britain’s communications regulator Ofcom announced earlier this week that it had made “urgent contact with X and xAI” over the Grok feature, warning that it could open an investigation depending on their response.On Friday, an Ofcom spokesperson said the regulator had “received a response” and was now “undertaking an expedited assessment as a matter of urgency.”Last week, in response to a post about the explicit images, Musk said that anyone using Grok to “make illegal content will suffer the same consequences as if they upload illegal content.”But he appeared to make light of the controversy in a separate post, adding laughing emojis as he reshared to his 232 million followers on X a post featuring a toaster wrapped in a bikini. “Grok can put a bikini on everything,” the original post said.burs-lga-raz-ac/aha

Brew, smell, and serve: AI steals the show at CES 2026

AI took over CES 2026, powering coffee machines to brew the perfect espresso, a device to create your perfect scent, and ball-hitting tennis robots that make you forget it’s human against machine.- Alexa, make me an espresso -German group Bosch presented a new feature for its fully automated 800 Series coffee machine (sold from $1,700) that can be synchronized with Amazon’s Alexa voice assistant. After a short night’s sleep, users can order a double espresso with voice commands only, and the coffee maker will deliver. Some 35 different espresso options are available.”We’re one of the first manufacturers to really lean in with AI,” explained Andrew de Lara, spokesperson for Bosch. The century-old company, positioned at the high end of the market in the United States, wants to gradually bring AI into the kitchen, notably through its Home Connect mobile app, which already allows users to control several appliances remotely. – Scent of AI -South Korean company DigitalScent has developed a machine, already available in some airports, that creates a personalized fragrance based on your mood and preferences. Once you have picked your preferences, it releases a scent that gives you an idea of the final result. You can then make adjustments before making your final decision. Once you have placed your order, the machine uses AI to produce a virtually unique fragrance in a matter of seconds, choosing from a range of over 1,150 combinations. The fragrance is contained in a small, portable vial, costing $3 to $4, according to a spokesperson.- Game, set, AI -Several start-ups unveiled new-generation ball machines powered by artificial intelligence. While Singapore-based Sharpa already offers a convincing humanoid table tennis robot with a reaction time of just two hundredths of a second, there is no equivalent on the market for tennis. A few days ago, China’s UBTech posted a video online of its Walker S2 robot playing rallies with a human, but at a slow speed and without any real movement. UBTech’s robots are designed for industrial use rather than tennis courts and, in all likelihood, the video was produced solely to demonstrate the agility of the Walker S2 to attract business customers.While we wait for the humanoid robot that can volley at the net, another Chinese company, Tenniix, is marketing a robot that sends balls at speeds of up to 75 miles per hour (120.7 kilometers per hour). It has 10 different shots, some with spin, and even a lob that reaches eight meters high. The basic version, which can hold up to 100 balls, will set you back $699, but the most complete version, at $1,600, includes cameras and wheels that allow it to move around. The fast-moving machine uses AI to analyze the trajectory of your cross-court forehand and fires off a ball from about where a real-life return shot would most likely come, giving the player the impression of a real rally. “There’s a real rhythm,” says Run Kai Huang, spokesperson for Tenniix, “as if you were playing with a real person.”

Brew, smell, and serve: AI steals the show at CES 2026

AI took over CES 2026, powering coffee machines to brew the perfect espresso, a device to create your perfect scent, and ball-hitting tennis robots that make you forget it’s human against machine.- Alexa, make me an espresso -German group Bosch presented a new feature for its fully automated 800 Series coffee machine (sold from $1,700) that can be synchronized with Amazon’s Alexa voice assistant. After a short night’s sleep, users can order a double espresso with voice commands only, and the coffee maker will deliver. Some 35 different espresso options are available.”We’re one of the first manufacturers to really lean in with AI,” explained Andrew de Lara, spokesperson for Bosch. The century-old company, positioned at the high end of the market in the United States, wants to gradually bring AI into the kitchen, notably through its Home Connect mobile app, which already allows users to control several appliances remotely. – Scent of AI -South Korean company DigitalScent has developed a machine, already available in some airports, that creates a personalized fragrance based on your mood and preferences. Once you have picked your preferences, it releases a scent that gives you an idea of the final result. You can then make adjustments before making your final decision. Once you have placed your order, the machine uses AI to produce a virtually unique fragrance in a matter of seconds, choosing from a range of over 1,150 combinations. The fragrance is contained in a small, portable vial, costing $3 to $4, according to a spokesperson.- Game, set, AI -Several start-ups unveiled new-generation ball machines powered by artificial intelligence. While Singapore-based Sharpa already offers a convincing humanoid table tennis robot with a reaction time of just two hundredths of a second, there is no equivalent on the market for tennis. A few days ago, China’s UBTech posted a video online of its Walker S2 robot playing rallies with a human, but at a slow speed and without any real movement. UBTech’s robots are designed for industrial use rather than tennis courts and, in all likelihood, the video was produced solely to demonstrate the agility of the Walker S2 to attract business customers.While we wait for the humanoid robot that can volley at the net, another Chinese company, Tenniix, is marketing a robot that sends balls at speeds of up to 75 miles per hour (120.7 kilometers per hour). It has 10 different shots, some with spin, and even a lob that reaches eight meters high. The basic version, which can hold up to 100 balls, will set you back $699, but the most complete version, at $1,600, includes cameras and wheels that allow it to move around. The fast-moving machine uses AI to analyze the trajectory of your cross-court forehand and fires off a ball from about where a real-life return shot would most likely come, giving the player the impression of a real rally. “There’s a real rhythm,” says Run Kai Huang, spokesperson for Tenniix, “as if you were playing with a real person.”

“1.000 euros contre du shit”: à Aix, le procès d’agents corrompus en prison

“Sollicités en permanence par les détenus”, ou face à des “soucis financiers”, cinq personnes travaillant en prison ont expliqué devant le tribunal vendredi pourquoi ils avaient fait entrer des stupéfiants, des parfums ou des cigarettes à Aix-Luynes.Le procureur a requis des peines allant de deux à quatre ans de prison, assortis d’interdiction de travailler dans la fonction publique ou en lien avec l’administration pénitentiaire. Il a été particulièrement dur à l’encontre de Julie L., “la surveillante qui a choisi de basculer du côté des voyous”, selon ses termes, et a requis “pas moins de trois ans de prison” contre elle.Celle-ci avait expliqué un peu plus tôt à la barre avoir fait passer un parfum dans son sac de travail à la demande d’un coprévenu, Mohamed S., technicien pour une société spécialiste de la maintenance en prison, la Gepsa, avec qui elle était en couple, “parce que je l’aimais”.Ensuite, la jeune femme de 24 ans, cheveux longs et raides, épaisses lunettes, a raconté avoir eu “des soucis financiers”: “la banque ne voulait pas m’accorder de crédit et j’en ai parlé aux mauvaises personnes”, a-t-elle reconnu.Un détenu lui propose “1.000 euros contre du shit”, et elle accepte, se rend sur un parking de Marignane (au nord de Marseille) pour récupérer la marchandise et l’argent et cache dans sa brassière quatre morceaux “comme des savons” de résine de cannabis.La surveillante, affectée à Luynes dès sa sortie de l’école, s’est dite victime de harcèlement par ses collègues, et a été diagnostiquée dépressive. Elle a “eu du mal à [s]e remettre” d’avoir trouvé un détenu pendu dans sa cellule en 2023.- “Dans la fosse aux lions” -Mohamed S., 24 ans, un temps en couple avec la surveillante, assure avoir été “jeté dans la fosse aux lions” à son arrivée à la prison d’Aix-Luynes.”Je ne savais pas comment ça fonctionnait”, a raconté le technicien de maintenance à la barre. “Dès que je suis arrivé, j’étais énormément sollicité. J’ai fini par céder pour avoir la paix”. Il reconnaît seulement avoir fait passer parfums et cigarettes, même si des stupéfiants ont été retrouvés chez lui bien emballés lors de la perquisition.Son oncle, Kamel S., à la tête d’une entreprise de BTP “réputée dans toute la région”, selon ses dires, a fait état d’intimidations, de menaces: “on m’a cassé mon véhicule. Alors oui, j’ai acheté des cigarettes électroniques pour être tranquille”.Une version à laquelle abonde aussi Laurent B., technicien chez Gepsa, qui assure que les détenus “savaient où on sortait le soir sur Marseille, etc.”. Un jour l’un d’eux lui a dit “bien, ta nouvelle voiture!”, alors qu’il venait de changer de véhicule.”J’ai d’abord dit +oui+ pour les cigarettes, et petit à petit les détenus ont augmenté leurs demandes, ils ont voulu passer du stupéfiant dedans”, a-t-il détaillé.Co-prévenu, un détenu, Sid Ahmed B., auxiliaire de justice à Luynes, est désigné par les enquêteurs comme un des intermédiaires dans ce trafic entre détenus et personnels intervenant dans la prison.Il a nié tous les faits qui lui sont reprochés, assurant être “presque un détenu modèle”. L’avocat général Emmanuel Merlin a fustigé “une énième affaire de corruption en prison, et en particulier à Luynes”, deuxième établissement pénitentiaire de France par sa taille.”C’est grâce à des gens comme ça que le crime organisé peut continuer à prospérer même en prison”, a-t-il continué.En mai, une surveillante de cette prison soupçonnée d’être impliquée dans un vaste réseau de trafic de stupéfiants entre la France et l’Espagne avait été mise en examen et placée en détention provisoire.Fin janvier, une autre surveillante sera jugée à Aix-en-Provence pour corruption.Le procès se poursuivait vendredi avec des jugements prévus pour tomber tard dans la soirée.

Recalled Ndiaye takes Senegal past 10-man Mali into AFCON semisFri, 09 Jan 2026 20:20:11 GMT

Recalled Iliman Ndiaye scored in the first half to give Senegal a 1-0 victory over 10-man Mali in Tangiers on Friday in the first Africa Cup of Nations quarter-final.Mali hopes were dealt a severe blow in first-half added time when captain Yves Bissouma was sent off after being shown a second yellow card.The only goal …

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A Minneapolis, les démocrates craignent l’impunité pour l’agent de l’immigration qui a tué une femme

Les responsables démocrates de Minneapolis disent craindre vendredi que l’agent fédéral de l’immigration qui a tué une femme deux jours plus tôt ne bénéficie de l’impunité, après cet événement qui a provoqué une vive émotion et des manifestations appelant au départ de ces policiers.Les élus de cette grande ville du nord des Etats-Unis, déjà secouée par la mort de George Floyd en 2020, déplorent que leurs enquêteurs locaux aient été écartés de l’enquête sur les circonstances de la mort de Renee Nicole Good, une Américaine de 37 ans.La procédure est pour l’instant aux mains des autorités fédérales, qui martèlent depuis mercredi que le policier a agi en état de légitime défense alors que la victime tentait de le renverser en voiture.Dans la rue, les manifestants contestent depuis mercredi cette version officielle et s’en prennent à l’ICE, la police fédérale de l’immigration au centre de la politique d’expulsion à grande échelle du gouvernement de Donald Trump.”L’ICE doit dégager du Minnesota, on n’a pas besoin d’eux ici”, s’indigne vendredi auprès de l’AFP Eleanor, une habitante de Minneapolis qui n’a pas souhaité donner son nom de famille, de nombreux résidents décrivant un climat de peur instauré par ces opérations de la police fédérale.”Il fait froid, mais c’est important d’être là”, dit aussi Julie, une manifestante emmitouflée dans son bonnet qui tient une pancarte “ICE, dehors” devant un bâtiment fédéral de la ville.Là, dans une certaine tension, quelques dizaines de manifestants font face vendredi midi à des agents fédéraux en uniformes militaires, tandis que des barrières de béton sont installées. Au moins une personne a été interpellée, a constaté un photographe de l’AFP.- Enquête -Jeudi, le vice-président américain, JD Vance, a affirmé que l’agent de l’ICE à l’origine des tirs bénéficiait d’une “immunité absolue.””Le fait que le ministère de la Justice de Pam Bondi et ce gouvernement soient déjà parvenus à une conclusion dans ce dossier est très inquiétant”, a déclaré le maire, Jacob Frey, lors d’une conférence de presse vendredi. “Nous savons qu’ils ont déjà bouclé une grande partie de l’enquête”, a-t-il ajouté. Lui et d’autres élus locaux contestent sans relâche la version des autorités fédérales en s’appuyant sur des vidéos qui semblent démentir le fait que l’agent ayant tiré sur Renee Nicole Good allait être renversé.L’épouse de la victime, Becca Good, a déclaré à la presse locale qu’elles s’étaient rendues dans cette zone pavillonnaire où la police de l’immigration menait des opérations pour “soutenir nos voisins”. “Nous avions des sifflets, ils avaient des armes à feu”, a-t-elle déclaré.La procureure locale, une élue démocrate, a affirmé vendredi que le FBI détient la voiture impliquée ou les douilles, mais ne partage pas ces éléments de preuves avec ses services. Mary Moriarty, qui dit vouloir qu’une “enquête complète” soit menée au niveau local, a aussi appelé d’éventuels témoins à se faire connaître auprès de ses services.Le policier impliqué, un agent expérimenté nommé Jonathan Ross selon la presse américaine, avait été blessé en juin dernier, trainé sur une centaine de mètres par la voiture d’un suspect en fuite.- Portland -Sur les lieux du tir de mercredi, les barricades de poubelles et palettes qui bloquaient le carrefour ont été retirées dans la nuit par la police.Chevelure blonde, yeux bleus et robe rouge: sous les yeux des passants, une femme peint depuis plusieurs heures une toile représentant Renee Nicole Good, souriante et entourée de fleurs sur fond de ciel bleu et nuages blancs.C’est à moins de deux kilomètres de là que l’Afro-Américain George Floyd avait été tué par un policier blanc en 2020, déclenchant des semaines de manifestations antiracistes, parfois violentes, à travers le pays.Selon le média américain The Trace, spécialisé sur la violence par armes à feu, Renee Nicole Good est la quatrième personne tuée par des agents fédéraux de l’immigration depuis le lancement de la politique d’expulsion à grande échelle de l’administration Trump, et sept autres ont été blessées.Dans un incident séparé, deux personnes ont été blessées jeudi à Portland (Oregon, nord-ouest) par des tirs de la police fédérale aux frontières lors d’un contrôle de voiture.Selon le ministère, les occupants ont tenté de “rouler sur les policiers”, lesquels ont répliqué. La gouverneure a demandé une enquête approfondie.

Tempêtes sur l’Europe : fortes intempéries sur une partie du continent, transports perturbés

Tempête Goretti au Royaume-Uni et en France, tempête de neige Elli en Allemagne… Une partie de l’Europe, où sévit une vague de froid, a affronté vendredi de nouvelles intempéries, accompagnées de coupures d’électricité et de transports perturbés.En France, après des vents violents dépassant parfois 200 km/h sur le littoral de Normandie, dans le nord-ouest, Météo-France a confirmé le retour au calme, en rétrogradant en vigilance jaune la quasi-totalité du pays.Quelque 176.000 foyers restaient privés d’électricité à 18H00 (17H00 GMT). L’énergéticien EDF a annoncé l’arrêt de deux réacteurs nucléaires de sa centrale de Flamanville (nord-ouest) après leur déconnexion du réseau électrique en raison de la tempête.La majorité des interventions des secours ont porté sur des chutes d’arbres et de lignes électriques et des toitures arrachées. Deux blessés graves ont été signalés dans le nord.Le port de Dieppe  en Normandie (nord-ouest) a été fermé en raison de la montée des eaux sous l’effet de la tempête, qui a également provoqué des “inondations importantes” sur le littoral, à Etretat et Fécamp, selon les autorités.Dans cette région la plus touchée, la circulation a commencé à reprendre sur une grande partie des lignes ferroviaires dans l’après-midi.- Vents de 160 km/h au Royaume-Uni -La tempête Goretti, accompagnée de fortes chutes de neige, a aussi balayé le Royaume-Uni.Des rafales frôlant les 160 km/h ont frappé le sud-ouest de l’Angleterre et le pays de Galles dans la nuit, abattant des arbres et perturbant les déplacements.Quelque 50.000 foyers étaient toujours privés d’électricité dans l’après-midi, selon le fournisseur d’énergie National Grid, dont plus de 40.000 dans le sud-ouest de l’Angleterre. Après une alerte rouge aux vents violents jeudi pour les îles Scilly et une grande partie des Cornouailles (sud-ouest), la majeure partie du pays était passée en alerte jaune vendredi, avec de fortes chutes de neige, du verglas et de la pluie attendus en Ecosse, au Pays de Galles, en Irlande du Nord et dans le nord de l’Angleterre. Cependant, selon le Met Office, l’impact de ces conditions météorologiques ne devrait pas être particulièrement grave.Plus de 250 écoles restent fermées en Ecosse.La circulation des trains, totalement suspendue dans le nord-ouest et le sud-ouest de l’Angleterre, commençait à reprendre dans l’après-midi. Londres a échappé au pire de la tempête: une cinquantaine de vols ont toutefois été annulés à Heathrow, son principal aéroport.A la mi-journée, l’Allemagne était fortement perturbée par les conditions météorologiques, notamment dans le nord, autour de Brême et de Hambourg, où les écoles ont fermé.- Jusqu’à -20°C en Allemagne -“Aucun train longue distance ne circule dans cette région jusqu’à nouvel ordre”, a déclaré la compagnie ferroviaire Deutsche Bahn dans un communiqué.Le trafic longue distance dans le nord de l’Allemagne ne reprendra “progressivement” que samedi, a annoncé le groupe public. Samedi, “il faudra encore s’attendre à des restrictions et à des annulations de trains dans tout le pays”, a ajouté la Deutsche Bahn.L’aéroport d’Hambourg a annoncé des annulations et retards de vols tout au long de la journée. A Brême, l’ensemble des lignes de bus et certaines lignes de tramway sont suspendues jusqu’à nouvel ordre.Les médias allemands font état de nombreux accidents de la circulation dans tout le pays. Un accident en Bavière a fait deux morts et un blessé léger vendredi, selon la police de de Dingolfing.Dans un autre accident dans le nord de la Bavière, un homme de 52 ans a perdu la vie lorsque sa voiture a percuté un arbre.Plusieurs axes routiers sont paralysés, notamment dans la région de Francfort-sur-le-Main (centre). Dans le sud-ouest et sur les côtes de la mer du Nord, le service météorologique national (DWD) prévoyait vendredi après-midi de fortes rafales de vent, pouvant atteindre la force d’un “ouragan” en altitude.Après 5 à 10 cm d’ici la fin de journée, et localement jusqu’à 15 cm, le DWD prévoit une atténuation des chutes de neige dans la nuit de samedi à dimanche.Les minimales devraient chuter ce week-end à -10°C, voire jusqu’à -20°C localement, selon le DWD.Le premier constructeur automobile du continent, Volkswagen, a fermé son site d’Emden (nord-ouest), où travaillent 8.000 ouvriers.- Froid polaire en Hongrie -L’Ukraine devait faire face vendredi au cumul de la vague de froid et des conséquences de frappes russes qui ont notamment privé de chauffage la moitié des immeubles résidentiels de Kiev, la capitale, par des températures oscillant entre -7 et -12°C.En Russie, de fortes chutes de neige se sont abattues vendredi matin sur Moscou. Plus de 300 vols ont été retardés ou annulés dans quatre aéroports de la région de Moscou en raison de la neige, a indiqué l’agence RIA Novosti.Dans les Balkans, qui ont connu de fortes chutes de neige et des pluies torrentielles en début de semaine, faisant au moins deux morts, les eaux de crue commençaient à se retirer vendredi.Mais des alertes pour verglas et chutes de neige restent en vigueur dans la majeure partie de la région, y compris en Serbie, où certaines parties de l’ouest sont privées d’électricité depuis plusieurs jours après une tempête de neige.En Hongrie, d’importantes perturbations se poursuivaient pour le cinquième jour consécutif dans le réseau ferroviaire. Une station météo du nord a enregistré une température de -32,7°C dans un gouffre montagneux dans la nuit.Et en République tchèque, le gestionnaire du réseau électrique CEPS a indiqué avoir enregistré jeudi sa plus forte consommation en cinq ans à cause du froid.bur-mba-lpt-am/liu