Procès RN: les espoirs d’une première victoire procédurale pour Marine Le Pen

Une possible victoire procédurale pour Marine Le Pen? La cour d’appel de Paris se prononce jeudi sur l’éventuel retrait du dossier de plusieurs contrats d’assistants parlementaires pour lesquels la leader d’extrême droite avait été condamnée en première instance.L’accusation elle-même a reconnu mercredi qu’une partie de ces contrats devait être écartée.A la barre, mercredi matin, l’avocat de Marine Le Pen, Rodolphe Bosselut, a salué “l’honnêteté dont le parquet général a fait preuve”.Quelques minutes plus tôt, l’un des deux représentants de l’accusation avait considéré qu’en première instance, le tribunal correctionnel de Paris avait “surestimé” les charges dont il était saisi.Or, “la saisine du tribunal ne pouvant être implicite”, l’avocat général a donc demandé à ce qu’un certain nombre de contrats d’assistants parlementaires, pour lesquels Marine Le Pen, en tant que présidente du Front national (FN, devenu Rassemblement national), avait été condamnée, ne soient pas pris en compte.La cour d’appel doit rendre sa décision jeudi matin.En cause, un embrouillamini né de l'”ordonnance de renvoi devant le tribunal correctionnel”, soit le document rédigé par les juges d’instruction récapitulant le dossier et énumérant les charges dont les magistrats sont “saisis” à l’audience pour mener le procès.Dans l’affaire des assistants parlementaires d’eurodéputés FN, les juges de première instance avaient pris en compte un tableau annexe, non signé, listant l’ensemble des contrats, quand bien même certains n’avaient pas donné lieu à des mises en examen d’assistants.- “Monstruosité juridique” -Le tribunal correctionnel avait jugé que le document était suffisant pour poursuivre Marine Le Pen en tant que présidente du parti pour complicité de détournement de fonds pour l’ensemble des contrats, en appliquant l’infraction à une période, et non contrat par contrat.”Ça a abouti à une aggravation de la situation pénale (de Marine Le Pen), pour une valeur complémentaire de détournements supposés d’1,4 million d’euros!”, a répété trois fois Me Bosselut.Dans la salle d’audience, la triple candidate malheureuse à la présidentielle – dont l’issue du procès doit déterminer son avenir politique – n’a pu retenir un hochement de tête de satisfaction.Vingt-quatre heures après l’ouverture de son procès en appel, elle peut espérer un changement d’approche du dossier par rapport à ses premiers juges de l’automne 2024.La présidente du tribunal correctionnel ne s’était-elle pas emportée contre son avocat qui avait fait part de son “impression de se faire piéger” par l’intégration de ce fameux tableau, en l’enjoignant à “garder (ses) impressions et, surtout, ne (pas s’)y fier”?.Toute l’audience de première instance avait été à l’avenant, chargée d’une tension – souvent également alimentée par Marine Le Pen elle-même.”On a eu le sentiment (lors du premier procès) d’une monstruosité juridique”, souffle-t-elle mercredi à la sortie de l’audience, saluant dans les préconisations du parquet général “un événement majeur”.- “La route est longue” -Laissant désormais ses avocats s’exprimer – là où celle qui porta la robe dans les années 90 s’était beaucoup exposée lors du premier procès -, Marine Le Pen semble elle-aussi aborder cette audience en appel de manière fort différente.Mardi, à l’ouverture des débats, elle avait déjà esquissé une inflexion dans son système de défense avec une formule inédite: “si un délit a été commis, je veux bien l’entendre”. Pour mieux s’empresser de contester toute intention de le commettre et rejeter la faute sur la négligence du Parlement européen.”La route est longue, le procès dure un mois, mais en tout état de cause, aujourd’hui, je pense, comme d’ailleurs l’audience d’hier, les choses sont appréhendées avec beaucoup plus de sérénité et moins d’hostilité”, a estimé devant la presse Me Bosselut.Un mois d’audience doit encore la confronter à ces contrats d’assistants parlementaires – même le “tableau annexe” retiré -, dont elle n’était pas parvenue en première instance à convaincre de leur activité effective pour les eurodéputés RN, alors qu’ils exerçaient en parallèle des fonctions pour le parti.En ligne de mire: l’espoir d’une relaxe ou, à défaut, d’une condamnation à une peine d’inéligibilité de moins de deux ans et sans emprisonnement ferme ou bracelet électronique, pour pouvoir se présenter en 2027.

Groenland: Trump réitère ses menaces avant une rencontre sous haute tension à Washington

Donald Trump a insisté mercredi sur la nécessité pour les Etats-Unis de s’emparer du Groenland, avec le soutien de l’Otan, juste avant un entretien sous haute tension entre dirigeants danois, groenlandais et américains autour de l’avenir du territoire autonome danois.Les Etats-Unis “ont besoin du Groenland pour des raisons de sécurité nationale. Il est vital pour le Dôme d’Or (ndlr, le projet de bouclier antimissile) que nous construisons”, a dit le président américain sur son réseau Truth Social.”L’Otan devrait ouvrir la voie pour que nous l’obtenions”, a-t-il ajouté, au risque de jeter le trouble sur le fonctionnement de l’Alliance atlantique.”L’Otan devient bien plus redoutable et efficace avec le Groenland entre les mains des ÉTATS-UNIS. Tout autre scénario est inacceptable”, a conclu Donald Trump.La Première ministre danoise Mette Frederiksen avait estimé début janvier qu’une attaque américaine sur le Groenland serait “la fin de tout” et en particulier de l’Otan.Pour amadouer l’administration américaine, le Danemark a promis qu’il allait “renforcer sa présence militaire” au Groenland et dialoguer avec l’Otan pour accroître la présence alliée dans l’Arctique, a annoncé à l’AFP le ministre danois de la Défense, Troels Lund Poulsen.Depuis son retour au pouvoir, il y a près d’un an, Donald Trump évoque régulièrement la possibilité de prendre le contrôle de cette immense île arctique, stratégique mais peu peuplée. Il fait pour la première fois un lien entre le Dôme d’Or, gigantesque projet de bouclier qui doit permettre l’interception de missiles quelle que soit la provenance de leurs, et la possession du Groenland.- JD Vance hôte -A Washington, le ministre danois des Affaires étrangères, Lars Løkke Rasmussen, et son homologue groenlandaise Vivian Motzfeldt doivent rencontrer le vice-président, JD Vance, et le secrétaire d’Etat Marco Rubio.M. Vance avait tenu des propos très durs à l’encontre de Copenhague lors d’une visite au printemps au Groenland, où il n’avait pas été invité. Qualifiant le Danemark de “mauvais allié”, il avait fustigé la faiblesse de l’engagement du pays au Groenland et sur la sécurité arctique.M. Løkke a dit espérer lever “certains malentendus” au cours de la rencontre, alors que le Danemark et le Groenland rejettent toute idée de rattachement de l’île aux Etats-Unis.Donald Trump a accru les inquiétudes danoises et groenlandaises ces derniers jours, déclarant dimanche qu’il s’emparerait “d’une manière ou d’une autre” du territoire autonome danois.Le milliardaire républicain affirme que les Etats-Unis ont besoin du Groenland pour contenir les avancées de la Russie et de la Chine en Arctique. Face à ces menaces, les Européens soutiennent le Danemark: Emmanuel Macron a jugé qu’une violation de la souveraineté du Danemark entraînerait “des conséquences en cascade inédite”. La présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen a affirmé que les habitants du territoire autonome “peuvent compter sur nous”.- “Crise géopolitique” – Selon Penny Naas, chercheuse au German Marshall Fund of the United States (GMFUS), un centre d’études sur les relations transatlantiques, la réunion pourrait tourner court si les Américains campent sur leur exigence d’obtenir le Groenland coûte que coûte.Mais, “s’il y a une légère nuance, cela pourrait mener à une conversation différente”, estime-t-elle.”Nous sommes confrontés à une crise géopolitique et si nous devons choisir entre les Etats-Unis et le Danemark là, maintenant, nous choisissons le Danemark”, a dit mardi le chef du gouvernement groenlandais, Jens-Frederik Nielsen, à l’occasion d’un déplacement à Copenhague.”Le Groenland n’appartiendra pas aux Etats-Unis. Le Groenland ne sera pas dirigé par les Etats-Unis. Le Groenland ne fera pas partie des Etats-Unis”, a-t-il martelé.Aux côtés de M. Nielsen à Copenhague, la Première ministre danoise, Mette Frederiksen, a estimé qu’il n’avait pas été facile de résister à ce qu’elle a qualifié de “pression totalement inacceptable de la part de notre plus proche allié”.Le Danemark, membre de l’Otan, rejette les accusations américaines selon lesquelles il ne protégerait pas suffisamment le Groenland face à la Russie et à la Chine.Copenhague rappelle avoir notamment investi près de 90 milliards de couronnes (12 milliards d’euros) pour renforcer sa présence militaire dans l’Arctique.Peu après la rencontre à la Maison Blanche, une délégation du Congrès américain – composée principalement de démocrates, mais aussi d’un républicain – doit se rendre à Copenhague pour exprimer sa solidarité avec le Danemark.”Les menaces continues du président Trump envers le Groenland sont inutiles et ne font qu’affaiblir notre alliance au sein de l’Otan”, a déclaré le sénateur démocrate Dick Durbin, l’un des membres de cette délégation.

L’Iran promet des procès “rapides” pour les manifestants arrêtés

L’Iran a promis mercredi des procès “rapides” pour les suspects arrêtés lors des manifestations, alors que les organisations de défense des droits humains craignent un usage massif de la peine de mort dans le pays largement coupé du monde depuis près d’une semaine.A Téhéran mercredi, des milliers de personnes se sont rassemblées pour les funérailles de plus de 100 membres des forces de sécurité et autres “martyrs” tués lors des manifestations secouant l’Iran depuis le 28 décembre. Des images de la télévision d’Etat montrent la foule agitant des drapeaux de la République islamique pour cette cérémonie, qui a commencé avec des lectures de prières pour les morts devant l’université de la capitale. Des banderoles avec les mots “mort à l’Amérique” et des photos du guide suprême, l’ayatollah Ali Khamenei, émergeaient de la foule, selon un journaliste de l’AFP à Téhéran, de même qu’une photo montrant Donald Trump, du sang sur le visage, lors d’une tentative d’assassinat en 2024, avec la légende: “Cette fois il ne manquera pas sa cible”.”L’Iran n’a jamais vu un tel niveau de destruction”, a déclaré devant la foule le chef d’état-major de l’armée iranienne, Abdolrahim Moussavi, en allusion aux actes de violence survenus lors des manifestations.Au moins 700 manifestants – mais probablement des milliers – selon les ONG, ont été tués lors du mouvement de protestation et de très nombreuses personnes arrêtées. Selon les médias iraniens, le chef du pouvoir judiciaire a promis mercredi des procès “rapides” et “publics” à l’issue d’une visite de cinq heures dans une prison de Téhéran où sont détenus des manifestants – des “émeutiers” selon les autorités. “Si quelqu’un a mis le feu à une personne, l’a décapitée avant de brûler son corps, nous devons faire notre travail rapidement”, a déclaré Gholamhossein Mohseni Ejeï. Sur une vidéo de la télévision d’Etat, on le voit assis devant un drapeau iranien dans une grande salle ornée de tapis de la prison, interroger lui-même un homme en tenue grise de prisonnier dont le visage est flouté. Le détenu est accusé d’avoir apporté des cocktails Molotov dans un parc de la capitale.- “Exécutions” -Les défenseurs des droits humains s’inquiètent d’exécutions express à venir. Amnesty International et d’autres ont notamment dit avoir des informations sur l’exécution d’un premier manifestant prévue mercredi, ce qu’a aussi avancé la diplomatie américaine. “Plus de 10.600 manifestants ont été arrêtés (…) Erfan Soltani, 26 ans, dont l’exécution a été programmée pour le 14 janvier, est l’un d’eux”, a écrit le Département d’Etat dans un message en farsi sur X.Amnesty a demandé à l’Iran de “surseoir immédiatement à toutes les exécutions, y compris celle d’Erfan Soltani”.Téhéran, de son côté, accuse Washington de chercher un “prétexte” en vue d’une intervention militaire pour faire tomber le pouvoir.Le président américain, dont les intentions restent floues, a menacé plusieurs fois d’intervenir militairement depuis le début du mouvement, l’un des plus vastes depuis la proclamation de la République islamique en 1979.Mardi, il a promis aux manifestants que “beaucoup d’aide est en route”. “CONTINUEZ A MANIFESTER – PRENEZ LE CONTROLE DE VOS INSTITUTIONS!!!”, a-t-il lancé sur son réseau Truth social.La répression a fait au moins 734 morts selon l’ONG Iran Human Rights (IHR) basée en Norvège, qui estime toutefois que le nombre réel de morts pourrait s’élever à plusieurs milliers.Internet était toujours coupé mercredi dans tout le pays, pour le septième jour de suite, ce qui rend difficile l’accès aux informations. Les communications téléphoniques restaient limitées.Mais des rapports crédibles font état “de tueries à grande échelle menées par les forces de sécurité à travers le pays”, a affirmé mardi l’ONG Human Rights Watch.- “La plus violente” -La répression pourrait être “la plus violente” de l’histoire contemporaine de ce pays, a déploré mercredi le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, exhortant les autorités à la faire cesser “impérativement”. Les condamnations affluent à l’international ces derniers jours : l’ONU s’est dite “horrifiée” et la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen a dit plancher sur de nouvelles sanctions contre Téhéran.Donald Trump a lui annoncé mardi des sanctions contre les partenaires commerciaux de l’Iran – des droits de douane de 25% prenant effet “immédiatement”.Sur les réseaux sociaux, de nouvelles vidéos, authentifiées par l’AFP, sont apparues mardi montrant des dizaines de corps alignés à l’intérieur et à l’extérieur d’une morgue au sud de la capitale iranienne.”La violence augmente, les arrestations aussi. Les oppresseurs tirent au hasard”, racontait mardi à l’AFP Kian Tahsildari à Istanbul, relayant le témoignage d’amis à Machhad, dans le nord-est de l’Iran.

Attaque du 7-Octobre: Hachette rappelle des manuels parascolaires critiqués par Macron

Le groupe d’édition Hachette a rappelé mercredi trois manuels de révision parascolaires qui qualifient de “colons juifs” les victimes de l’attaque du 7-octobre 2023 en Israël, une “falsification des faits” dénoncée par Emmanuel Macron et les organisations juives.Le président de la République a jugé “intolérable” que ces ouvrages de révision du baccalauréat “falsifient les faits” au sujet des “attentats terroristes et antisémites du Hamas du 7 octobre” 2023. “Le révisionnisme n’a pas sa place en République”, a-t-il ajouté sur le réseau social X.C’est la Ligue internationale contre le racisme et l’antisémitisme (Licra) qui avait alerté mardi soir sur ces manuels dans lesquels il est écrit: “En octobre 2023, à la suite de la mort de plus de 1.200 colons juifs lors d’une série d’attaques du Hamas, Israël décide de renforcer son blocus économique et d’envahir une grande partie de la Bande de Gaza, entraînant une crise humanitaire de grande ampleur dans la région”.Il est “grave et inacceptable” de “qualifier les victimes de l’attentat du 7 octobre 2023 de +colons juifs+”, a réagi mercredi le ministre de l’Education Edouard Geffray.Hachette Livre a annoncé dans un communiqué le rappel “avec effet immédiat” de ces trois ouvrages de révision parascolaire destinés aux élèves de terminale en histoire-géographie, géopolitique et sciences politiques, reconnaissant leur “contenu erroné”. Son PDG Arnaud Lagardère a tenu “personnellement à présenter (ses) excuses auprès de tous ceux qui ont pu se sentir blessés à juste titre, auprès du corps enseignant, des parents d’élèves et des élèves eux-mêmes”.- “Militantisme révisionniste” -Le 7 octobre 2023, des commandos du mouvement islamiste palestinien Hamas ont lancé une attaque surprise sans précédent en Israël qui a entraîné la mort de plus de 1.200 personnes, en majorité des civils, selon un décompte de l’AFP basé sur des données officielles.En riposte, Israël a lancé une offensive dans la bande de Gaza, faisant plus de 70.900 morts en deux ans, d’après les chiffres du ministère de la Santé de Gaza, placé sous l’autorité du Hamas, jugés fiables par l’ONU.Un cessez-le-feu fragile est en vigueur depuis octobre.Yonathan Arfi, le président du Conseil représentatif des institutions juives de France (Crif), a estimé que le “narratif” du texte incriminé constituait “une falsification de l’Histoire et une forme inacceptable de légitimation du terrorisme du Hamas, que cet ouvrage omet précisément de qualifier d’organisation terroriste”.”Plus grave encore que le militantisme révisionniste de l’auteur, cet extrait met en lumière l’endoctrinement passif des relecteurs qui auraient dû être pleinement et objectivement à leurs tâches”, a dénoncé Haïm Korsia, le Grand rabbin de France, sur X.Hachette a annoncé qu’une enquête interne avait été “ouverte pour déterminer les raisons qui ont conduit à une telle erreur”.Les ouvrages mis en cause font partie d'”Objectif Bac”, une collection qui permet “d’acquérir tous les savoirs et tous les savoirs-faire indispensables pour réussir ses années lycée et les épreuves du Bac”, selon le site de l’éditeur. Ces ouvrages parascolaires ne sont pas des manuels dont le contenu est supervisé par le ministère de l’Education.Hachette, numéro un français de l’édition, passé sous le contrôle du milliardaire Vincent Bolloré fin 2023, a rappelé, dans le communiqué, “son engagement constant et infaillible dans la production d’ouvrages scolaires et parascolaires strictement respectueux des exigences de l’Education nationale”.”La lutte contre l’antisémitisme est un combat de tous les instants”, a pour sa part réagi la ministre déléguée chargée de la Lutte contre les discriminations, Aurore Bergé.

Au Louvre, frustration et résignation devant la hausse des prix pour les touristes hors-UE

“C’est injuste mais il n’y a pas le choix”: aux abords du musée parisien du Louvre, les touristes accueillent avec résignation la hausse de 45% du prix d’entrée pour les visiteurs hors-UE à partir de mercredi, une mesure quasiment sans équivalent en Europe.Venue de Corée du Sud, HongJu Lee fait partie de ceux qui doivent désormais débourser 32 euros pour admirer la Joconde ou la Vénus de Milo, contre 22 euros auparavant, et cette décision gouvernementale a du mal à passer.”En Corée du Sud, nous n’avons pas ce genre de mesures donc c’est très injuste parce que cela fait partie de l’héritage mondial, comme l’Unesco”, dit la jeune trentenaire. “Nous avons le même droit de voir l’art”. A ses côtés, son petit ami français Julien Rittling n’est, lui, “pas choqué” de payer moins qu’elle, parce qu’il a le sentiment de “participer au patrimoine en payant (ses) impôts”.Les dix euros supplémentaires demandés à HongJu Lee ne la dissuaderont toutefois de franchir les portes du musée le plus visité au monde.”Ce n’est pas possible de voir le tableau de Mona Lisa sans y aller, c’est obligatoire et quand je vois les files d’attente, je me dis que beaucoup de gens pensent comme moi”, observe-t-elle.- “Ce n’est pas juste” -Parmi les visiteurs croisés mercredi par l’AFP, très peu semblent informés de cette hausse, qui va s’appliquer cette année à cinq autres lieux culturels en France, dont le Château de Versailles, et qui vise à financer la rénovation du patrimoine. Le gouvernement espère ainsi dégager au total entre 20 à 30 millions d’euros de recettes supplémentaires par an.Rarissime en Europe ou aux États-Unis, la différenciation tarifaire au Louvre reste également en travers de la gorge de Marcia Branco, sexagénaire venue du Brésil, qui s’étonne qu’une telle mesure soit appliquée en France.”Si j’allais dans un pays pauvre comme l’Inde, je comprendrais que les habitants paient moins cher parce qu’ils ont moins d’argent que les gens venant de l’étranger mais là, je suis à Paris et c’est censé être un pays riche”, dit-elle. “Ce n’est pas juste parce que je viens d’un pays moins riche que je dois payer plus”.Venue d’Uruguay avec son fils adolescent, Pamela González fait également part de son incompréhension, même si elle ira aussi arpenter les 73.000 m2 du Louvre. “C’est injuste pour ceux d’entre nous qui viennent de plus loin. Parce que ça favorise quelqu’un qui justement est déjà ici et pour qui c’est plus facile de venir. C’est bien moins cher que pour nous qui vivons à plus de 10.000 kilomètres d’ici”, s’étrangle-t-elle.- Opposition des syndicats -En tant qu’Italien, Andrew échappera à la hausse mais se dit lui aussi choqué. “Tout le monde mérite de voir le Louvre et le pays d’origine (du visiteur, ndlr ne doit avoir aucune importance”, affirme ce jeune homme de 26 ans, qui ne veut pas donner son patronyme.Au nom de l’universalisme des “musées”, cette différenciation tarifaire est notamment combattue par les syndicats du Louvre, qui sont engagés depuis un mois dans un mouvement de grève pour dénoncer notamment les sous-effectifs. Ils s’émeuvent également de la surcharge de travail qui incombera, selon eux, aux personnels chargés de vérifier l’origine géographique des visiteurs. Selon le site du Louvre, le prix de 32 euros s’applique par défaut, charge aux ressortissants européens de prouver leur lieu de résidence. Venu d’Australie, Jesse Kriwen dit “comprendre les deux points de vue”. “Je pense que (cette mesure) est une reconnaissance de l’apport des contribuables mais on a toujours envie que tout le monde soit traité de manière égalitaire”, observe-t-il.Une telle mesure serait-elle envisageable en Australie? Non, balaie sa compagne Isabelle Szemray, “parce que l’Australie est un pays très multiculturel”.

Budget: le 49.3 “n’a pas été évoqué” en Conseil des ministres

Un recours au 49.3 pour faire adopter le budget 2026 au Parlement sans vote “n’a pas été évoqué” mercredi en Conseil des ministres, a déclaré la porte-parole du gouvernement Maud Bregeon, assurant qu’un compromis sur le fond était “incontournable” quel que soit l’outil constitutionnel choisi.Une délibération en Conseil des ministres est indispensable pour utiliser cet article de la Constitution qui permet au gouvernement de faire passer un texte sans vote mais l’expose à un risque de censure. Si le Premier ministre Sébastien Lecornu décide de dégainer le 49.3 dans les tout prochains jours, un nouveau Conseil des ministres devra donc être organisé.”La Constitution donne des moyens au gouvernement pour permettre l’adoption d’un budget”, a dit Maud Bregeon devant la presse, qu’il s’agisse du 49.3 ou d’un passage par des ordonnances.”En tout état de cause, le compromis est incontournable” sur le contenu du projet de loi de finances, avec le Parti socialiste et Les Républicains, a-t-elle insisté une fois de plus. Et “ce qui fait le compromis, c’est le fond et non la procédure parlementaire”, a-t-elle plaidé. Sébastien Lecornu a donc appelé à “clarifier coûte que coûte” les questions de “fond”, selon ses propos rapportés par la porte-parole.L’entourage d’Emmanuel Macron a pour sa part démenti une préférence du chef de l’Etat pour les ordonnances, qui auraient l’avantage de raccourcir les délais par rapport au 49.3 et d’assurer l’adoption d’un budget même si le gouvernement tombe par la suite sur une motion de censure.”Le président est neutre technologiquement sur ce sujet”, a dit un de ses proches: ce qui compte pour lui ce ne sont pas les outils constitutionnels employés, qui sont “à la main du Premier ministre”, mais le résultat. “Il veut en finir”, avec un budget adopté “rapidement”, et en tout cas d’ici la fin janvier au plus tard, a-t-il affirmé.Mais selon son entourage, Emmanuel Macron veut à la fois un budget et préserver la stabilité gouvernementale. “Donc si ce sont les ordonnances qui sont privilégiées par le Premier ministre, ça doit être des ordonnances négociées”, c’est-à-dire acceptées par les socialistes et LR qui s’engageraient à ne pas censurer le gouvernement dans la foulée, selon ce même proche.Or les marges de manoeuvre pour définir le contenu d’un budget adopté par ordonnances fait l’objet de débats constitutionnels et d’incertitudes.”Des ordonnances négociées, je ne sais pas ce que ça veut dire”, prévient une ministre. “Je doute que le président joue d’une quelconque façon avec le flou constitutionnel”, a-t-elle ajouté.

Budget: le 49.3 “n’a pas été évoqué” en Conseil des ministres

Un recours au 49.3 pour faire adopter le budget 2026 au Parlement sans vote “n’a pas été évoqué” mercredi en Conseil des ministres, a déclaré la porte-parole du gouvernement Maud Bregeon, assurant qu’un compromis sur le fond était “incontournable” quel que soit l’outil constitutionnel choisi.Une délibération en Conseil des ministres est indispensable pour utiliser cet article de la Constitution qui permet au gouvernement de faire passer un texte sans vote mais l’expose à un risque de censure. Si le Premier ministre Sébastien Lecornu décide de dégainer le 49.3 dans les tout prochains jours, un nouveau Conseil des ministres devra donc être organisé.”La Constitution donne des moyens au gouvernement pour permettre l’adoption d’un budget”, a dit Maud Bregeon devant la presse, qu’il s’agisse du 49.3 ou d’un passage par des ordonnances.”En tout état de cause, le compromis est incontournable” sur le contenu du projet de loi de finances, avec le Parti socialiste et Les Républicains, a-t-elle insisté une fois de plus. Et “ce qui fait le compromis, c’est le fond et non la procédure parlementaire”, a-t-elle plaidé. Sébastien Lecornu a donc appelé à “clarifier coûte que coûte” les questions de “fond”, selon ses propos rapportés par la porte-parole.L’entourage d’Emmanuel Macron a pour sa part démenti une préférence du chef de l’Etat pour les ordonnances, qui auraient l’avantage de raccourcir les délais par rapport au 49.3 et d’assurer l’adoption d’un budget même si le gouvernement tombe par la suite sur une motion de censure.”Le président est neutre technologiquement sur ce sujet”, a dit un de ses proches: ce qui compte pour lui ce ne sont pas les outils constitutionnels employés, qui sont “à la main du Premier ministre”, mais le résultat. “Il veut en finir”, avec un budget adopté “rapidement”, et en tout cas d’ici la fin janvier au plus tard, a-t-il affirmé.Mais selon son entourage, Emmanuel Macron veut à la fois un budget et préserver la stabilité gouvernementale. “Donc si ce sont les ordonnances qui sont privilégiées par le Premier ministre, ça doit être des ordonnances négociées”, c’est-à-dire acceptées par les socialistes et LR qui s’engageraient à ne pas censurer le gouvernement dans la foulée, selon ce même proche.Or les marges de manoeuvre pour définir le contenu d’un budget adopté par ordonnances fait l’objet de débats constitutionnels et d’incertitudes.”Des ordonnances négociées, je ne sais pas ce que ça veut dire”, prévient une ministre. “Je doute que le président joue d’une quelconque façon avec le flou constitutionnel”, a-t-elle ajouté.

Iran vows fast trials over protests after Trump threat

Iran on Wednesday vowed fast-track trials for people arrested over a massive wave of protests, after US President Donald Trump threatened “very strong action” if the Islamic republic goes ahead with hangings.In Tehran, authorities held a funeral ceremony for over 100 members of the security forces and other “martyrs” killed in the demonstrations, which authorities have branded as “riots” while accusing protesters of waging “acts of terror”.The protest movement across Iran, initially sparked by economic grievances, has turned into one of the biggest challenges yet to the clerical leadership since it took power in 1979. Demonstrators have defied the authorities’ zero-tolerance for dissent by turning out in protests all around the country, even as authorities insist they have regained the upper hand.Iran’s judiciary chief Gholamhossein Mohseni Ejei said on a visit to a prison holding protest detainees that “if a person burned someone, beheaded someone and set them on fire then we must do our work quickly”, in comments broadcast by state television.Iranian news agencies also quoted him as saying the trials should be held in public and said he had spent five hours in a prison in Tehran to examine the cases.Footage broadcast by state media showed the judiciary chief seated before an Iranian flag in a large, ornate room in the prison, interrogating a prisoner himself. The detainee, dressed in grey clothing and his face blurred, is accused of taking Molotov cocktails to a park in Tehran.- Blackout -Trump on Tuesday said in a CBS News interview that the United States would act if Iran began hanging protesters.”We will take very strong action if they do such a thing,” said the American leader, who has repeatedly threatened Iran with military intervention.”When they start killing thousands of people — and now you’re telling me about hanging. We’ll see how that’s going to work out for them,” Trump said.Iranian authorities called the American warnings a “pretext for military intervention”.Rights groups accuse the government of fatally shooting protesters and masking the scale of the crackdown with an internet blackout imposed on January 8.Internet monitor Netblocks said in a post to X on Wednesday that the blackout had now lasted 132 hours.Some information has trickled out of Iran however. New videos on social media, with locations verified by AFP, showed bodies lined up in the Kahrizak morgue just south of the Iranian capital, with the corpses wrapped in black bags and distraught relatives searching for loved ones.- Calls to halt executions -Iranian prosecutors have said authorities would press capital charges of “waging war against God” on some detainees. According to state media, hundreds of people have been arrested.State media has also reported on the arrest of a foreign national for espionage in connection with the protests. No details were given on the person’s nationality or identity.The US State Department on its Farsi language X account said 26-year-old protester Erfan Soltani had been sentenced to be executed on Wednesday.”Erfan is the first protester to be sentenced to death, but he won’t be the last,” the State Department said, adding more than 10,600 Iranians had been arrested. Rights group Amnesty International called on Iran to immediately halt all executions, including Soltani’s.Norway-based NGO Iran Human Rights said it had confirmed 734 people killed during the protests, including nine minors, but warned the death toll was likely far higher.”The real number of those killed is likely in the thousands,” IHR’s director Mahmood Amiry-Moghaddam said.Iranian state media has said dozens of members of the security forces have been killed, with their funerals turning into large pro-government rallies. – Khamenei in hiding -At Wednesday’s funeral ceremony in Tehran, thousands of people waved flags of the Islamic republic as prayers were read out for the dead outside Tehran University, according to images broadcast on state television.”Death to America!” read banners held up by people attending the rally, while others carried photos of supreme leader Ayatollah Ali Khamenei.Another image could be seen at the rally showing Trump’s assassination attempt, captioned: “This time it will not miss the target”.It appeared to be referring to the assassination attempt against Trump during a campaign rally in 2024.Amir, an Iraqi computer scientist, returned to Baghdad from Iran on Monday and described dramatic scenes in Tehran during protests on Thursday night.”My friends and I saw protesters in Tehran’s Sarsabz neighbourhood amid a heavy military presence. The police were firing rubber bullets,” he told AFP in Iraq. In power since 1989 and now aged 86, Khamenei has faced significant challenges, most recently the 12-day war in June against Israel, which forced him to go into hiding.Analysts have cautioned that it is premature to predict the immediate demise of the theocratic system, pointing to the repressive levers the leadership controls, including the Revolutionary Guard Corps, which is charged with safeguarding the Islamic revolution.

Du château fort au laboratoire, une archéologue sonore ressuscite le passé

Le marteau du forgeron sur le clou incandescent, la hache sur le chêne, le burin sur la pierre: Mylène Pardoën, “archéologue sonore”, capte les bruits d’un château fort en construction selon les techniques du XIIIe siècle pour recréer la bande-son du Moyen Âge.”Je suis à la pêche au son mais, au lieu d’avoir un filet, j’ai des micros”, explique cette chercheuse au CNRS Lyon-Saint-Étienne, en piquant un micro sur un gigantesque tronc d’arbre couché que la hache d’un équarrisseur façonne en bois de charpente.Ce billot viendra couvrir l’impressionnant château fort de Guédelon qui, depuis 28 ans, se construit à Treigny (Yonne) avec les matériaux et selon les techniques du XIIIe siècle.De quoi offrir un formidable terrain de jeu à Mylène Pardoën, qui traque depuis de longues années les sons du passé là où ils se font encore entendre. “Je capte les gestes de tout le patrimoine artisanal et des lieux qui ont encore une empreinte historique”, explique-t-elle à l’AFP. Il y a un patrimoine culturel, architectural, génétique… mais il n’y avait pas de patrimoine sonore: Mylène Pardoën a réparé cette erreur. Touche-à-tout du savoir, cette ancienne mécanicienne d’hélicoptères militaires s’est reconvertie dans la musicologie. Alliant sa passion pour l’Histoire avec son expertise du son, elle a inventé son propre métier, unique au monde: “archéologue sonore”.- Authentique -Mylène Pardöen, est déjà à la base du “projet Bretez”, du nom du cartographe qui a réalisé le plan de Paris de 1739. Cette marche virtuelle, multi-primée au niveau international, vise à reconstituer le Paris du XVIIIe siècle avec des images en 3D mais en y ajoutant une dimension, souvent oubliée: le “paysage sonore”.Sur le Pont au Change, dans le Paris du siècle des Lumières, on entend le charpentier clouant une poutre, les marchandes ambulantes, les bêtes qui vont à l’abattoir…Pour restituer cet univers, par les oreilles, il faut “reconstruire toutes les ambiances sonores puisqu’on ne peut pas prendre des ambiances contemporaines”, explique Mylène Pardoën.Le défi est d’autant plus élevé que l’ingénieure du son, aujourd’hui chercheuse au CNRS à la Maison des Sciences de l’Homme de Lyon (MSH), se refuse de céder à l’artificialisation de l’IA: “la restitution s’effectue sur la base des sons authentiques, et non sur la base d’effets sonores générés par ordinateur”, précise-t-elle.Mais où aller chercher à notre ère des sons du Moyen-Âge? Embarquée dans sa machine à remonter le temps sonore, la chercheuse a trouvé sa source à Guédelon.”Par exemple, sur cette maison-là”, dit-elle en pointant le plan du projet Bretez parcourant le vieux Paris, “il y avait des travaux de réparations”. “Eh bien, on a inséré des sons d’un équarrisseur et d’un forgeron qu’on a enregistrés à Guédelon”, explique-t-elle.- Indiana Jones du son -“On rend vivant, vraiment avec de l’humain, une fresque sonore”, dit-elle, assise devant une multitude d’écrans dans son laboratoire de Lyon aux murs et plafonds tapissés de 46 hauts-parleurs.C’est ici que la chercheuse “spatialise” les sons qu’elle a captés pour créer une “réelle immersion”. “Et la fresque devient une possible réalité d’un moment qui nous permet de raconter une histoire”, se réjouit Mylène Pardoën.Médaille de cristal du CNRS en 2020, qui distingue celles et ceux qui contribuent à l’excellence de la recherche française, Mylène Pardoën a également été la base de la reconstitution acoustique lors des rénovations de la cathédrale Notre-Dame, à Paris. Mais cette Indiana Jones du son remonte le temps bien plus loin en arrière: “J’ai des captations pour les gestes préhistoriques”, dit-elle en référence aux prises de son qu’elle a réalisées lors de la reproduction de tailles de silex faites à l’Institut de Préhistoire Orientale à Jalès (Ardèche).