Mercosur: des milliers d’agriculteurs européens en colère à Strasbourg

Fumigènes ou drapeaux à la main, des milliers d’agriculteurs ont manifesté mardi devant le Parlement européen contre l’accord avec le Mercosur, à la veille d’un vote sur une saisine de la justice.Français en majorité mais aussi Italiens, Belges ou encore Polonais, ils ont rejoint le bâtiment en fin de matinée, parfois en tracteur. A la mi-journée, la police estimait qu’ils étaient plus de 5.500 personnes.Dans l’après-midi, l’ambiance s’est tendue, des manifestants jetant des fumigènes, des bouteilles et des fruits vers les CRS qui ont répliqué à coups de grenades lacrymogènes.Cible des critiques: Ursula von der Leyen, qui a signé samedi au Paraguay l’accord de libre-échange contesté avec les quatre pays du Mercosur (Argentine, Brésil, Paraguay, Uruguay). Son nom a été hué et un cercueil portant le nom de la présidente de la Commission européenne a été exhibé.”La Commission européenne nous abandonne”, a déploré le Copa-Cogeca, une organisation qui rassemble les principaux syndicats agricoles européens.”Nous sommes nombreux aujourd’hui parce que nous voulons continuer à nous battre pour une vision d’une agriculture qui produit en Europe”, a déclaré à la foule Arnaud Rousseau, président de la FNSEA. L’accord commercial avec le Mercosur est “quelque chose que nous ne voulons pas”, a-t-il insisté, réclamant le soutien des députés européens quel que soit leur parti ou leur pays.Les parlementaires ne se prononceront sur l’ensemble de l’accord avec le Mercosur que dans les prochains mois mais ils sont appelés à s’exprimer mercredi sur une éventuelle saisine de la Cour de justice de l’Union européenne (CJUE).En cas de vote positif, la CJUE étudiera la compatibilité de l’accord avec les traités. Si l’avis de la cour est négatif, l’accord ne pourra entrer en vigueur que s’il est modifié.”C’est aux parlementaires (européens) à décider maintenant de saisir la Cour de justice européenne” a dit sur TF1 la ministre de l’Agriculture Annie Genevard, espérant que “cette démarche ira à son terme”.”On veut que les eurodéputés fassent leur boulot, qu’ils fassent appel à la cour, pour que l’accord soit réétudié”, a déclaré à l’AFP Emmanuelle Poirier, 45 ans. Elle qui élève des vaches limousines dans la Creuse craint “l’importation massive de viande qui ne correspond pas au cahier des charges en France”.Au sein même des groupes politiques, les eurodéputés sont divisés.”Nous sommes en train de travailler, voix par voix, élu par élu, député par député à faire cette majorité dont nous avons besoin pour stopper (l’accord avec) le Mercosur lors du vote de demain”, a déclaré François-Xavier Bellamy, membre du PPE (droite).Les agriculteurs ont prévu de rester à Strasbourg jusqu’à mercredi.”On se battra jusqu’au bout” a martelé Pierrick Horel, président des Jeunes Agriculteurs.- Motion de censure -Négocié depuis 1999, l’accord avec le Mercosur a été soutenu par une majorité d’Etats. La France s’y est opposée.Ce texte crée l’une des plus grandes zones de libre-échange au monde entre l’Union européenne, le Brésil, l’Argentine, le Paraguay et l’Uruguay, soit plus de 700 millions de consommateurs.Il doit permettre à l’UE d’exporter davantage de voitures, machines, vins et spiritueux vers l’Amérique latine tout en facilitant l’entrée en Europe de viande bovine, sucre, riz, miel et soja sud-américains.Pour ses détracteurs, cela va bousculer l’agriculture européenne avec des produits importés moins chers et pas forcément respectueux des normes de l’UE, faute de contrôles suffisants.”Ce libre-échange peut, dans certains cas, aussi ouvrir des débouchés à l’Italie et réduire les droits de douane, mais il met en péril la santé de tous”, dénonce Nicolo Koliotassis, 23 ans, viticulteur en Vénétie et membre de Coldiretti, syndicat agricole italien.Jeudi, les eurodéputés seront amenés à voter cette fois sur une motion de censure à l’encontre de Mme von der Leyen, une démarche à l’initiative du groupe d’extrême droite des Patriotes pour l’Europe, qui a peu de chances de succès.Ailleurs en France, la mobilisation des agriculteurs se poursuit aussi: une cinquantaine de membres de la Coordination rurale ont mené dans la nuit une opération “coup de poing” contre un entrepôt logistique Système U dans l’Hérault, a indiqué la préfecture, condamnant des “actions illégales”.

Mercosur: des milliers d’agriculteurs européens en colère à Strasbourg

Fumigènes ou drapeaux à la main, des milliers d’agriculteurs ont manifesté mardi devant le Parlement européen contre l’accord avec le Mercosur, à la veille d’un vote sur une saisine de la justice.Français en majorité mais aussi Italiens, Belges ou encore Polonais, ils ont rejoint le bâtiment en fin de matinée, parfois en tracteur. A la mi-journée, la police estimait qu’ils étaient plus de 5.500 personnes.Dans l’après-midi, l’ambiance s’est tendue, des manifestants jetant des fumigènes, des bouteilles et des fruits vers les CRS qui ont répliqué à coups de grenades lacrymogènes.Cible des critiques: Ursula von der Leyen, qui a signé samedi au Paraguay l’accord de libre-échange contesté avec les quatre pays du Mercosur (Argentine, Brésil, Paraguay, Uruguay). Son nom a été hué et un cercueil portant le nom de la présidente de la Commission européenne a été exhibé.”La Commission européenne nous abandonne”, a déploré le Copa-Cogeca, une organisation qui rassemble les principaux syndicats agricoles européens.”Nous sommes nombreux aujourd’hui parce que nous voulons continuer à nous battre pour une vision d’une agriculture qui produit en Europe”, a déclaré à la foule Arnaud Rousseau, président de la FNSEA. L’accord commercial avec le Mercosur est “quelque chose que nous ne voulons pas”, a-t-il insisté, réclamant le soutien des députés européens quel que soit leur parti ou leur pays.Les parlementaires ne se prononceront sur l’ensemble de l’accord avec le Mercosur que dans les prochains mois mais ils sont appelés à s’exprimer mercredi sur une éventuelle saisine de la Cour de justice de l’Union européenne (CJUE).En cas de vote positif, la CJUE étudiera la compatibilité de l’accord avec les traités. Si l’avis de la cour est négatif, l’accord ne pourra entrer en vigueur que s’il est modifié.”C’est aux parlementaires (européens) à décider maintenant de saisir la Cour de justice européenne” a dit sur TF1 la ministre de l’Agriculture Annie Genevard, espérant que “cette démarche ira à son terme”.”On veut que les eurodéputés fassent leur boulot, qu’ils fassent appel à la cour, pour que l’accord soit réétudié”, a déclaré à l’AFP Emmanuelle Poirier, 45 ans. Elle qui élève des vaches limousines dans la Creuse craint “l’importation massive de viande qui ne correspond pas au cahier des charges en France”.Au sein même des groupes politiques, les eurodéputés sont divisés.”Nous sommes en train de travailler, voix par voix, élu par élu, député par député à faire cette majorité dont nous avons besoin pour stopper (l’accord avec) le Mercosur lors du vote de demain”, a déclaré François-Xavier Bellamy, membre du PPE (droite).Les agriculteurs ont prévu de rester à Strasbourg jusqu’à mercredi.”On se battra jusqu’au bout” a martelé Pierrick Horel, président des Jeunes Agriculteurs.- Motion de censure -Négocié depuis 1999, l’accord avec le Mercosur a été soutenu par une majorité d’Etats. La France s’y est opposée.Ce texte crée l’une des plus grandes zones de libre-échange au monde entre l’Union européenne, le Brésil, l’Argentine, le Paraguay et l’Uruguay, soit plus de 700 millions de consommateurs.Il doit permettre à l’UE d’exporter davantage de voitures, machines, vins et spiritueux vers l’Amérique latine tout en facilitant l’entrée en Europe de viande bovine, sucre, riz, miel et soja sud-américains.Pour ses détracteurs, cela va bousculer l’agriculture européenne avec des produits importés moins chers et pas forcément respectueux des normes de l’UE, faute de contrôles suffisants.”Ce libre-échange peut, dans certains cas, aussi ouvrir des débouchés à l’Italie et réduire les droits de douane, mais il met en péril la santé de tous”, dénonce Nicolo Koliotassis, 23 ans, viticulteur en Vénétie et membre de Coldiretti, syndicat agricole italien.Jeudi, les eurodéputés seront amenés à voter cette fois sur une motion de censure à l’encontre de Mme von der Leyen, une démarche à l’initiative du groupe d’extrême droite des Patriotes pour l’Europe, qui a peu de chances de succès.Ailleurs en France, la mobilisation des agriculteurs se poursuit aussi: une cinquantaine de membres de la Coordination rurale ont mené dans la nuit une opération “coup de poing” contre un entrepôt logistique Système U dans l’Hérault, a indiqué la préfecture, condamnant des “actions illégales”.

À son procès en appel, Le Pen nie tout “système” de détournement de fonds

Aux premières heures de son interrogatoire au procès en appel des assistants parlementaires d’eurodéputés du Front National, décisif pour sa candidature en 2027, Marine Le Pen s’est efforcée mardi de casser l’image d’un “système” institutionnalisé de détournements de fonds européens par son parti.L’interrogatoire depuis mardi après-midi de la cheffe de file de l’extrême droite, actuellement inéligible en raison de sa condamnation en première instance, est le premier temps fort de ce procès à hauts enjeux politiques prévue jusqu’au 11 février au palais de justice de Paris, sur l’île de la Cité.”Le terme de +système+ me gêne car on a le sentiment d’une manipulation”, déclare à la cour Marine Le Pen en évoquant un concept-clé de l’accusation, validé par les juges de première instance. La triple candidate à l’Elysée dément avoir intentionnellement commis un délit dans cette affaire.”Les cas des assistants parlementaires doivent être analysés les uns après les autres car il m’apparaît qu’ils recoupent des réalités très différentes”, soutient à la barre la patronne des députés RN de 57 ans, en veste bleu marine à manches mi-longues sur chemisier bleu ciel échancré.La justice reproche à Marine Le Pen, au Rassemblement national (alors appelé Front national) et à dix autres cadres le paiement entre 2004 et 2016 de salariés du parti, qui traversait alors des difficultés financières en raison de mauvais résultats électoraux, avec de l’argent du Parlement européen.Sur les 25 condamnés en première instance, seule la moitié a fait appel.Pugnace, méticuleuse, Marine Le Pen se montre ferme à la barre pour contrer les éléments de l’accusation, marquant sa réprobation de la tête à certaines questions de la présidente Michèle Agi.Son attitude contenue devant les juges tranche cependant avec l’atmosphère houleuse de son interrogatoire au premier procès. Sitôt que l’agacement commence à pointer dans la voix de Mme Le Pen, il se voit aussitôt bridé.”La masse salariale du Front national ne cesse d’augmenter, en 2014, 2015, 2016. Si vraiment il y avait eu une volonté en quelque sorte d’alléger le FN, ça se verrait de partout. Ca ne se voit absolument nulle part”, affirme-t-elle.L’interrogatoire de Marine Le Pen est prévu jusqu’à mercredi soir.- Relaxée dans une autre affaire -Le 31 mars 2025, le tribunal correctionnel de Paris l’a déclarée coupable et notamment condamnée à cinq ans d’inéligibilité avec exécution immédiate, l’empêchant en l’état de se présenter à la prochaine présidentielle. Un coup de tonnerre au moment où la candidate potentielle survolait les intentions de vote pour le premier tour.En première instance, les juges ont établi le préjudice économique du Parlement de Strasbourg à 3,2 millions d’euros, une fois déduit 1,1 million d’euros de fonds indûment versés mais déjà remboursés par une partie des prévenus.Au moment où l’extrême droite a le vent en poupe, avec le nombre sans précédent de 120 députés RN à l’Assemblée nationale, Mme Le Pen, rattrapée par les pratiques des années de vaches maigres du parti, pourrait voir sa quatrième candidature à l’élection présidentielle empêchée par la justice et devoir céder la place à son poulain Jordan Bardella.Mardi, la cour d’appel a commencé la journée par l’interrogatoire du député de l’Yonne Julien Odoul, mis en grande difficulté sur la réalité de son emploi d’assistant parlementaire d’une eurodéputée frontiste en 2014-2015.Ayant rejoint le parti d’extrême droite en 2014, le prévenu disposait d’un contrat de travail comme assistant parlementaire de l’eurodéputée Mylène Troszczynski. Et ceci alors que l’organigramme du Front national publié à l’hiver 2015, qui éveillera l’attention du Parlement européen, le présentait comme “conseiller spécial” au cabinet de la présidente du parti, Marine Le Pen.Malgré le contrat le mettant théoriquement au service de l’eurodéputée, sur les premiers mois, “je n’ai pas travaillé pour Mylène Troszczynski car elle ne me donnait pas de travail”, affirme à la barre Julien Odoul, 40 ans.Sur une période d’un an et demi, il n’aura que douze communications avec sa supérieure théorique. De leur trois appels, le plus long sera d’une durée de quatre minutes et dix-sept secondes. “Rétrospectivement, elle n’avait pas besoin de mes services”, dit-il regretter. Se présentant comme désœuvré, débarquant dans un parti désorganisé, Julien Odoul soutient s’être alors mis informellement au service de Marine Le Pen car “Mylène Troszczynski m’avait dit de me rendre utile au sein du siège du Front national”.Dans un télescopage du calendrier judiciaire, au moment même où Mme Le Pen montait la barre sur l’île de la Cité, la 17e chambre correctionnelle du tribunal de Paris l’a relaxée dans une autre affaire dans laquelle elle était mise en cause.Une ancienne étudiante de l’Institut d’études politiques de Bordeaux la poursuivait pour injure publique pour l’avoir associée en mars 2019 dans un tweet à l'”islam radical” en commentaire d’une photographie où elle était voilée.

À son procès en appel, Le Pen nie tout “système” de détournement de fonds

Aux premières heures de son interrogatoire au procès en appel des assistants parlementaires d’eurodéputés du Front National, décisif pour sa candidature en 2027, Marine Le Pen s’est efforcée mardi de casser l’image d’un “système” institutionnalisé de détournements de fonds européens par son parti.L’interrogatoire depuis mardi après-midi de la cheffe de file de l’extrême droite, actuellement inéligible en raison de sa condamnation en première instance, est le premier temps fort de ce procès à hauts enjeux politiques prévue jusqu’au 11 février au palais de justice de Paris, sur l’île de la Cité.”Le terme de +système+ me gêne car on a le sentiment d’une manipulation”, déclare à la cour Marine Le Pen en évoquant un concept-clé de l’accusation, validé par les juges de première instance. La triple candidate à l’Elysée dément avoir intentionnellement commis un délit dans cette affaire.”Les cas des assistants parlementaires doivent être analysés les uns après les autres car il m’apparaît qu’ils recoupent des réalités très différentes”, soutient à la barre la patronne des députés RN de 57 ans, en veste bleu marine à manches mi-longues sur chemisier bleu ciel échancré.La justice reproche à Marine Le Pen, au Rassemblement national (alors appelé Front national) et à dix autres cadres le paiement entre 2004 et 2016 de salariés du parti, qui traversait alors des difficultés financières en raison de mauvais résultats électoraux, avec de l’argent du Parlement européen.Sur les 25 condamnés en première instance, seule la moitié a fait appel.Pugnace, méticuleuse, Marine Le Pen se montre ferme à la barre pour contrer les éléments de l’accusation, marquant sa réprobation de la tête à certaines questions de la présidente Michèle Agi.Son attitude contenue devant les juges tranche cependant avec l’atmosphère houleuse de son interrogatoire au premier procès. Sitôt que l’agacement commence à pointer dans la voix de Mme Le Pen, il se voit aussitôt bridé.”La masse salariale du Front national ne cesse d’augmenter, en 2014, 2015, 2016. Si vraiment il y avait eu une volonté en quelque sorte d’alléger le FN, ça se verrait de partout. Ca ne se voit absolument nulle part”, affirme-t-elle.L’interrogatoire de Marine Le Pen est prévu jusqu’à mercredi soir.- Relaxée dans une autre affaire -Le 31 mars 2025, le tribunal correctionnel de Paris l’a déclarée coupable et notamment condamnée à cinq ans d’inéligibilité avec exécution immédiate, l’empêchant en l’état de se présenter à la prochaine présidentielle. Un coup de tonnerre au moment où la candidate potentielle survolait les intentions de vote pour le premier tour.En première instance, les juges ont établi le préjudice économique du Parlement de Strasbourg à 3,2 millions d’euros, une fois déduit 1,1 million d’euros de fonds indûment versés mais déjà remboursés par une partie des prévenus.Au moment où l’extrême droite a le vent en poupe, avec le nombre sans précédent de 120 députés RN à l’Assemblée nationale, Mme Le Pen, rattrapée par les pratiques des années de vaches maigres du parti, pourrait voir sa quatrième candidature à l’élection présidentielle empêchée par la justice et devoir céder la place à son poulain Jordan Bardella.Mardi, la cour d’appel a commencé la journée par l’interrogatoire du député de l’Yonne Julien Odoul, mis en grande difficulté sur la réalité de son emploi d’assistant parlementaire d’une eurodéputée frontiste en 2014-2015.Ayant rejoint le parti d’extrême droite en 2014, le prévenu disposait d’un contrat de travail comme assistant parlementaire de l’eurodéputée Mylène Troszczynski. Et ceci alors que l’organigramme du Front national publié à l’hiver 2015, qui éveillera l’attention du Parlement européen, le présentait comme “conseiller spécial” au cabinet de la présidente du parti, Marine Le Pen.Malgré le contrat le mettant théoriquement au service de l’eurodéputée, sur les premiers mois, “je n’ai pas travaillé pour Mylène Troszczynski car elle ne me donnait pas de travail”, affirme à la barre Julien Odoul, 40 ans.Sur une période d’un an et demi, il n’aura que douze communications avec sa supérieure théorique. De leur trois appels, le plus long sera d’une durée de quatre minutes et dix-sept secondes. “Rétrospectivement, elle n’avait pas besoin de mes services”, dit-il regretter. Se présentant comme désœuvré, débarquant dans un parti désorganisé, Julien Odoul soutient s’être alors mis informellement au service de Marine Le Pen car “Mylène Troszczynski m’avait dit de me rendre utile au sein du siège du Front national”.Dans un télescopage du calendrier judiciaire, au moment même où Mme Le Pen montait la barre sur l’île de la Cité, la 17e chambre correctionnelle du tribunal de Paris l’a relaxée dans une autre affaire dans laquelle elle était mise en cause.Une ancienne étudiante de l’Institut d’études politiques de Bordeaux la poursuivait pour injure publique pour l’avoir associée en mars 2019 dans un tweet à l'”islam radical” en commentaire d’une photographie où elle était voilée.

Assassinat du père Olivier Maire: “Pourquoi ?”, demandent ses frères

Ses frères veulent savoir “pourquoi”. “Pourquoi”, répètent-ils, le père Olivier Maire, homme de la “non-violence”, a-t-il été tué en août 2021 ? L’accusé, lui, est encore resté muet mardi, après avoir refusé de se présenter devant la cour d’assises de Vendée.”Ce que je voudrais vraiment, c’est savoir pourquoi”, a déclaré à la barre l’un des frères d’Olivier Maire, âgé de 63 ans. “Olivier c’était la non-violence, la pacification”, a-t-il ajouté, se souvenant de ses sourires et de sa “gentillesse”.A son autre frère, l’avocate générale demande comment, selon lui, la victime a pu réagir face à l’attaque et aux coups mortels. “Olivier n’a pas pensé à se défendre, mais à se protéger”, a-t-il deviné. Absent mardi matin à l’ouverture de l’audience, l’accusé, ressortissant rwandais âgé de 45 ans, a refusé de se présenter malgré la sommation de la cour. Un mandat d’amener a donc été délivré. A son arrivée en fin de matinée, Emmanuel Abayisenga, flottant dans son survêtement gris – il pèse 39 kg, a-t-il été mentionné à l’audience – marchait avec difficulté, à pas lents. Un membre de son escorte l’a saisi sous les aisselles pour l’installer sur son siège. Lundi, au premier jour du procès, l’accusé était resté impassible, regard fixé devant lui. “Merci de respecter mon droit au silence. Je n’ai pas besoin d’une interprète ni d’un avocat”, avait-il écrit en début d’audience à la présidente. – Coups à la tête -Au cours de l’enquête, Emmanuel Abayisenga a fait plusieurs déclarations confuses sur les faits. Souffrant de troubles urinaires, il a notamment dit que le père Olivier Maire voulait le faire “castrer” pour résoudre ses problèmes de santé. Il a aussi affirmé en garde à vue avoir frappé le prêtre après que celui-ci l’a sciemment fait tomber dans l’escalier menant à leurs logements. En août 2021, sous contrôle judiciaire après avoir été incarcéré dans le cadre de l’enquête sur l’incendie de la cathédrale de Nantes – faits pour lesquels il a depuis été condamné à quatre ans de prison – Emmanuel Abayisenga est hébergé par la congrégation des missionnaires montfortains de Saint-Laurent-sur-Sèvre, en Vendée. Le 9 août, en début de matinée, il se présente à la gendarmerie, bagages en mains, et demande à être envoyé en prison. Le corps d’Olivier Maire, 61 ans, est découvert allongé sur le sol du bâtiment où lui et M. Abayisenga logeaient. D’après l’autopsie, la victime est décédée dans la nuit du 8 au 9 août des suites de coups violents portés à la tête. Sur les photos projetées mardi devant la cour d’assises, une flaque de sang encadre son visage. – Discernement -Les experts psychiatres qui ont examiné Emmanuel Abayisenga ont retenu l’altération de son discernement au moment des faits. Le sujet “de l’altération ou de l’abolition du discernement” sera “la principale question de ce dossier”, a déclaré lundi Me Antoine de Guerry de Beauregard, avocat de la congrégation, partie civile au procès.Né au Rwanda et arrivé en France en 2012, l’accusé a été débouté à plusieurs reprises de ses demandes d’asile. Il a fait l’objet de quatre obligations de quitter le territoire français (OQTF) entre 2015 et 2019.Lors de son procès en 2023 pour l’incendie de la cathédrale de Nantes, il avait déclaré avoir été profondément marqué par une agression subie au sein de l’édifice fin 2018. Dans un mail adressé à de nombreux contacts le jour de l’incendie, il livrait son amertume face à sa situation administrative et cette agression. Avant la mort d’Olivier Maire, il avait confié à plusieurs personnes sa volonté de quitter la congrégation pour retourner en prison.  Le verdict est attendu jeudi.

Powell to attend US Supreme Court hearing on Fed governor

US Federal Reserve Chair Jerome Powell plans to attend a Supreme Court hearing Wednesday on President Donald Trump’s attempted firing of a central bank governor, a source familiar with the matter told AFP.Powell’s expected appearance comes as the Trump administration intensifies its pressure campaign targeting the central bank, including opening a criminal investigation into the Fed chief.Wednesday’s case involves Trump’s push last summer to fire Fed Governor Lisa Cook over claims of mortgage fraud. Cook, a key official serving on the Fed’s rate-setting committee, has challenged her ouster.The Supreme Court in October barred Trump from immediately removing Cook — allowing her to remain in her post at least until the case is heard.Powell’s anticipated attendance on Wednesday, which was first reported by US media and confirmed to AFP by a source with knowledge of the matter, would mark a more public show of support for Cook than before.Earlier this month, Powell revealed that US prosecutors had opened an inquiry into him over an ongoing renovation of the Fed’s headquarters. Prosecutors have sent the Fed subpoenas and threatened a criminal indictment relating to testimony he gave last summer about the remodeling.Powell has dismissed the investigation as a politically motivated attempt to influence the central bank’s interest rate setting.The heads of major central banks have also thrown their support behind Powell, saying it was critical to preserve the Fed’s independence.Asked about Powell’s planned attendance at the court, US Treasury Secretary Scott Bessent told CNBC: “If you’re trying not to politicize the Fed, for the Fed chair to be sitting there trying to put his thumb on the scale is a real mistake.”Bessent added that Trump could reach a decision on whom to name as Powell’s successor “as soon as next week,” with the Fed chief’s term due to expire in May.

Municipales à Paris: Hidalgo finit par apporter son soutien au candidat de la gauche Emmanuel Grégoire

Après des mois de silence, la maire socialiste sortante de Paris Anne Hidalgo a fini par apporter un soutien timide au candidat de la gauche unie hors LFI Emmanuel Grégoire, en annonçant mardi qu’elle voterait aux municipales pour son ancien premier adjoint, avec lequel elle est en froid.”J’ai toujours dit que je voterais pour la gauche et celui qui conduit la liste, c’est Emmanuel Grégoire”, déclare l’édile dans un entretien aux Echos. “Mais attention, une alliance avec La France insoumise, c’est sans moi. Emmanuel Grégoire le dit clairement”, ajoute Anne Hidalgo qui voit dans Jean-Luc Mélenchon “une impasse pour la gauche”.La semaine dernière lors de sa dernière cérémonie voeux à l’Hôtel de ville, au terme de douze ans de mandat, la maire n’avait pas prononcé le nom de celui qui fut son premier adjoint pendant six ans, affirmant être “tenue par la loi à une réserve”.Son soutien du bout des lèvres intervient après des mois de silence sur la campagne d’Emmanuel Grégoire, tête de liste d’une union de la gauche (écologistes, communistes et ex-Insoumis de L’Après) au scrutin des 15 et 22 mars. Anne Hidalgo est en froid avec son ancien dauphin, longtemps considéré comme son héritier naturel, qui avait quitté l’Hôtel de ville en 2024 pour devenir député. En annonçant renoncer à briguer un troisième mandat, elle avait désigné le sénateur Rémi Féraud pour lui succéder, déclenchant une primaire fratricide remportée par Emmanuel Grégoire en juin dernier.Sa détestation était allée jusqu’à dire qu’elle ne soutiendrait pas Emmanuel Grégoire s’il remportait ce vote interne au PS, au motif qu’il ferait “perdre la gauche” aux municipales. Ses propos avaient choqué de nombreux militants.Dans son entretien aux Echos, Anne Hidalgo “espère” qu’en mars “les Parisiens ne feront pas le choix de Rachida Dati”, la candidate de la droite, car il y a “un réel danger qu’elle s’allie avec l’extrême droite” de Sarah Knafo, la candidate de Reconquête.Elle met aussi en garde contre “la montée des personnalités, comme Rachida Dati, Sarah Knafo ou encore Sophia Chikirou (candidate de LFI) qui manient l’intimidation, les invectives et rabaissent le débat”.”Je rappelle que Rachida Dati va être jugée en septembre 2026 pour corruption et trafic d’influence. Si elle est condamnée, elle pourrait devoir céder sa place”, tacle en outre la maire.La ministre de la Culture doit être jugée pour corruption et trafic d’influence, soupçonnée d’avoir indûment perçu 900.000 euros entre 2010 et 2012 d’une filiale de l’alliance Renault-Nissan quand Carlos Ghosn en était le PDG alors qu’elle était eurodéputée. Des charges qu’elle conteste.”Moi, je n’ai pas de procès”, répond Anne Hidalgo au sujet de son voyage polémique à Tahiti en 2023, pour lequel le Parquet national financier (PNF) a ouvert une enquête.

Mort d’El Hacen Diarra en garde à vue: la famille réclame l’interpellation des policiers impliqués

La famille d’El Hacen Diarra, mort la semaine dernière dans un commissariat parisien, a réclamé mardi le placement en garde à vue des policiers impliqués, soulignant notamment que les résultats d’autopsie étaient “caractéristiques” d’un étranglement.Le parquet de Paris a annoncé l’ouverture d’une information judiciaire pour “violences volontaires ayant entraîné la mort par personne dépositaire de l’autorité publique” lundi soir, cinq jours après les faits et deux jours après une demande de l’avocat de la famille, Me Yassine Bouzrou.Bien trop tard pour les proches de ce Mauritanien de 35 ans, qui dénoncent des violences policières ayant conduit au décès. Sur des images captées par un voisin, on distingue deux policiers, dont l’un, à genoux, donne deux coups de poing à El Hacen Diarra, plaqué au sol. On l’entend crier: “Vous m’étranglez !”, selon l’analyse du son réalisée par la famille du défunt.Interrogé lors des questions au gouvernement à l’Assemblée nationale, le ministre de l’Intérieur Laurent Nuñez a affirmé n’avoir “aucune raison de suspendre” les policiers, tout en reconnaissant que “deux coups” ont été portés à M. Diarra.”Après cinq jours de dysfonctionnements graves et d’une communication qui a retardé l’accès à la vérité, la pratique judiciaire impose désormais des actes immédiats”, l’interpellation des “policiers impliqués” et leur présentation “sans délai” au juge d’instruction, réclame Me Bouzrou dans un communiqué transmis à l’AFP.L’avocat déplore un “délai (…) préjudiciable à la recherche de la vérité, tant en raison de l’absence de diligences immédiates que d’une communication institutionnelle exclusivement fondée sur les déclarations des policiers impliqués, sans aucun élément objectif de corroboration, présentant le décès comme un simple malaise”.- Plaie et fracture -L’avocat s’appuie sur les conclusions de l’autopsie: fracture de la corne du cartilage de la thyroïde et plaie profonde à la tempe. La première lésion, “grave et non-anodine (est) classiquement observée lors d’étranglements”, et la seconde est “incompatible avec l’hypothèse d’un malaise spontané et (traduit) des violences d’une intensité particulière”, dénonce Me Bouzrou.Le parquet a fait état de ces résultats. Mais affirme de son côté qu’ils n’apportent “pas à ce stade de certitude sur la causalité du décès”. Il assure que la fracture peut être “antérieure au décès ou consécutive à l’autopsie” et que des examens complémentaires ont été ordonnés “dont les conclusions ne seront pas disponibles avant plusieurs semaines”.Me Bouzrou dénonce également l’absence d’images par les caméras-piétons des policiers qui “n’étaient pas activées, en raison d’un prétendu défaut de batterie”, une explication “peu crédible (qui) soulève désormais la question d’une éventuelle dissimulation” de preuves. D’autant que les enquêteurs n’ont pas trouvé de caméra qui couvrirait les lieux d’interpellation, et qu’il n’y a à ce stade pas d’images de son transport au commissariat. Un appel à témoins a été lancé lundi soir par le parquet.- “Interpellation violente” -L’action et la communication du parquet, qui a confié le dossier cinq jours plus tard à un juge d’instruction, est dénoncée par la famille d’El Hacen Diarra.”Les déclarations publiques de Madame la procureure de la République (de Paris) selon lesquelles la causalité entre l’interpellation violente et le décès ne serait pas établie ne peuvent que surprendre”, déclare Me Bouzrou, qui souligne un “enchaînement factuel, médical et chronologique cohérent”.Le parquet justifie avoir d’abord ouvert “une enquête en recherche des causes de la mort”, arguant de “l’absence initiale de tout élément connu sur les causes du décès”, et pour pouvoir selon lui “immédiatement” ordonner une autopsie.Les agents qui ont interpellé El Hacen Diarra ont d’abord été entendus par des policiers d’un autre commissariat, “avant même que la saisine de l’IGPN puisse être effective”, ajoute-t-il. Il assure saisir “systématiquement” un juge d’instruction en cas de décès “dans des conditions suspectes ou inexpliquées dans un lieu de privation de liberté”.Quant au premier déroulé des faits communiqué la semaine dernière, le parquet explique qu’il a “été rapporté à la presse pour ce qu’il est: le récit des personnes entendues” – soit la version de policiers. L’un avait évoqué l’usage d’un taser, et ils avaient affirmé que M. Diarra les avait entraînés dans sa chute “à deux reprises” lors de l’interpellation.