Municipales: Amine Kessaci s’engage avec Payan pour combattre le narcotrafic à Marseille

Le militant écologiste et anti-drogue Amine Kessaci est candidat aux municipales à Marseille sur la liste du maire sortant de gauche Benoît Payan, souhaitant faire de la deuxième ville de France une “vitrine dans la lutte contre le narcotrafic”.L’annonce officielle a été faite lundi soir depuis un lieu symbolique, l’Après M, un ancien McDonald’s en plein coeur des quartiers déshérités du Nord, devenu avec l’aide de la municipalité un “fast social food” où il est arrivé sous les applaudissements et des dizaines de personnes qui scandaient son prénom.”J’ai la garantie de savoir que le maire va porter mon combat, qu’à ses côtés, je pourrai porter la lutte et faire finalement de Marseille la vitrine nationale de la lutte contre le narcotrafic”, a expliqué le jeune homme de 22 ans, dans un entretien avec l’AFP.La liste du Printemps marseillais n’a pas été détaillée mais Amine Kessaci rejoint une coalition allant des socialistes aux communistes, en passant par Les Ecologistes, sous la houlette du maire sortant et ex-socialiste Benoît Payan.”Résoudre les questions de narcotrafic, ça ne se fait pas avec des annonces (…) ça ne se fait pas avec uniquement des moyens répressifs”, a martelé M. Kessaci, plaidant pour “des politiques sociales, des logements dignes, une école forte.”En 2020, il avait perdu son grand frère Brahim, impliqué dans le trafic, dont le corps avait été retrouvé carbonisé. Avant d’être endeuillé le 13 novembre par la mort de son petit frère Mehdi, dans un probable “crime d’intimidation” en représailles à son militantisme.Raison pour laquelle, il a promis lundi devant sa mère un “accompagnement des familles”: “plus jamais à Marseille, il n’y aura une maman qui pleurera son enfant seule”.- Un “rôle central” -Benoît Payan a rappelé que “Marseille est à la croisée des chemins. Le Rassemblement national guette” et “il est hors de question pour nous de laisser la haine gagner cette ville”.A moins de deux mois des municipales, face au RN qui affiche ses ambitions et place la sécurité au centre de sa campagne, le maire sortant peut se targuer ici d’un joli coup politique avec Amine Kessaci qui jouera un “rôle central” dans sa campagne.Et ce malgré le dispositif de sécurité entourant le militant, qui admet ne plus “faire un pas sans avoir quatre ou cinq policiers” autour de lui et qui doit bien souvent mettre un gilet pare-balle en public.”Je ne suis coupable de rien et je ne vivrai pas assigné à résidence”, a-t-il averti, tout en ayant à coeur de ne “jamais mettre en danger” ceux qui assurent sa sécurité lors de sa campagne.Après l’assassinat de Mehdi, Amine Kessaci a enchaîné les interventions médiatiques, son visage rond, à peine vieilli par la barbe, affichant sa douleur et son épuisement.Mercredi, depuis Paris, il annonçait son intention de créer une association nationale des maires de France engagés contre le narcotrafic. Quelques jours plus tôt, il était l’invité surprise à Lyon du premier meeting de l’écologiste Grégory Doucet, apportant son soutien au maire sortant candidat à sa réélection.Jeune militant de quartier propulsé sur la scène nationale, M. Kessaci n’en est pas à son premier essai en politique.En 2024, candidat d’une gauche unie aux législatives dans le nord de Marseille, il s’était hissé au second tour avant d’être battu de justesse par la députée sortante d’extrême droite, la RN Gisèle Lelouis.- “Pas une fatalité” -Dans un livre au titre prémonitoire, publié à l’automne, “Marseille essuie tes larmes” (Le bruit du monde), il plantait le décor de son enfance dans la cité de Frais-Vallon, choyé par une mère algérienne dans une famille “modeste mais pas ignorante”.Une mère à qui il dédie son engagement, pour elle et toutes ces mamans de quartiers qui luttent pour protéger leurs enfants de la drogue.C’est notamment pour épauler ces familles que l’association qu’il a créée, Conscience, intervient dans des banlieues déshéritées en France.Aujourd’hui, sa parole porte jusqu’au sommet de l’Etat et il a rencontré Emmanuel Macron plusieurs fois.”Il ne s’agit pas uniquement de parler mais d’agir tous les jours pour montrer que le narcotrafic n’est pas une fatalité”, insiste le militant.

Mi-chats mi-pachas: Istanbul sous la griffe de ses félins

Depuis qu’un inconnu lui a volé son panier, Kanyon, un chat blanc tacheté de gris établi de longue date à l’entrée d’un centre commercial d’Istanbul, croule sous les croquettes et l’affection.L’histoire de Kanyon, qui dispose désormais d’une petite maison en plastique cernée de jouets et d’un compte Instagram alimenté par une admiratrice, n’est pas isolée: plus de 160.000 chats peuplent les rues d’Istanbul, selon la municipalité, nourris – parfois à l’excès – par les 16 millions de Stambouliotes qui leur vouent un respect proche du culte.Sur les deux rives de la mégapole turque et parfois même sur les ferries qui les relient, des félins s’étalent à longueur de temps sur les banquettes des cafés, dans les vitrines, aux arrêts de bus ou aux caisses des supermarchés, sans presque jamais risquer d’être importunés.”Les Stambouliotes aiment les animaux. Ici, les chats peuvent entrer dans les magasins et s’assoupir sur les couvertures les plus chères. C’est pour ça qu’on dit qu’Istanbul est la ville des chats”, théorise Gaye Köselerden, 57 ans, devant le recoin coloré occupé par Kanyon, aux faux airs de chambre d’enfant. “Les animaux nous sont confiés: ils ont besoin de notre amour et de notre compassion”, abonde Elif Coskun, visiteuse régulière de Kanyon qui puise dans son salaire pour nourrir chaque jour les chiens et chats d’un cimetière voisin.- “Au nom de Dieu” -A l’instar de Kanyon, partout dans la ville des matous sont élevés au rang de mascottes de quartier. Une statue de bronze a même été coulée après la mort en 2016 de l’un d’eux, Tombili, le figurant accoudé à une marche, sa position favorite qui l’avait transformé en petite star de l’internet mondial.En 2020, quand la chatte Gli, mascotte de l’ex-basilique Sainte-Sophie, décéda, elle eut droit à sa nécrologie dans la presse turque, qui rappela que Barack Obama en personne l’avait gratifiée d’une caresse onze ans plus tôt.Le palais voisin de Topkapi, ancienne résidence des sultans, a récemment restauré une chatière séculaire.”Les chats ont toujours été là, sans doute parce qu’ils sont propres et proches des humains. (…) Mais leur fonction première était de débarrasser le palais des nuisibles – souris ou autres”, explique à l’AFP Ilhan Kocaman, le directeur des lieux.Cette omniprésence des chats s’explique historiquement par “la profonde affection que le prophète Mahomet (leur) portait”, poursuit Altan Armutak, professeur au département d’histoire vétérinaire de l’université d’Istanbul. Et cet amour existait déjà quand la ville était encore byzantine: lorsque les Ottomans prirent Constantinople en 1453, rappelle-t-il, “ils trouvèrent des chats attendant leur repas devant les poissonneries et les boucheries”.”La nourriture donnée aux chats était considérée comme une offrande faite au nom de Dieu”, ajoute-t-il.- “Les yeux dans les yeux” – Six siècles plus tard, la municipalité d’Istanbul s’évertue toutefois à contenir leur population: plus de 43.000 chats des rues ont été stérilisés l’an passé, douze fois plus qu’en 2015.Et les autorités s’inquiètent des offrandes trop généreuses des habitants, accusées de faire proliférer les rongeurs. “Normalement, les chats chassent les rats. Mais à Istanbul, les rats mangent les croquettes aux côtés des chats. Il faut remédier à cela”, a récemment alerté le gouverneur de la ville.De telles scènes ont été filmées dans plusieurs quartiers, mais la menace semble pour l’heure relative.”Je vis ici depuis quatre mois et je n’ai jamais vu un seul rat”, assure Fatime Özarslan, étudiante de 22 ans originaire de Dortmund (Allemagne), venue distribuer un sachet de pâté à quelques-uns de la centaine de félins peuplant le parc stambouliote de Maçka.”En Allemagne, nous avons beaucoup de rats mais ici, avec autant de chats, ils doivent avoir peur”, sourit-elle.Pour elle, le jeu en vaut la chandelle car “Istanbul sans ses chats, ce n’est pas possible”.”Ici, les gens et les chats vivent presque les yeux dans les yeux.”

Au procès de Joël Guerriau, la soirée sous drogue qui a traumatisé Sandrine Josso

Perverse tentative de soumission chimique ou rocambolesque inadvertance ? Au procès à Paris de l’ex-sénateur Joël Guerriau pour avoir lourdement drogué la députée Sandrine Josso, les deux protagonistes ont livré lundi des lectures opposées de ce retentissant huis clos.L’ancien élu centriste de Loire-Atlantique, qui a démissionné en octobre dernier du Sénat, est jugé lundi et mardi par le tribunal correctionnel de Paris pour avoir drogué à l’ecstasy son amie politique de dix ans afin de la violer. Dans cette affaire souvent perçue comme un cas emblématique de soumission chimique, le prévenu de 68 ans nie toute motivation sexuelle.”Je suis allée voir un ami, je suis allée le cœur léger fêter sa réélection. Au fur et à mesure de la soirée, j’ai découvert un agresseur, en fait”, résume d’une voix faible à la barre Sandrine Josso, 50 ans, veste bleu électrique sur tenue noire, devant une salle comble.De mots lents, pesés, la parlementaire MoDem refait devant le tribunal le fil de la soirée qui a fait basculer sa vie, la décortiquant image par image comme sur le canapé du psychiatre qui la suit désormais.Invitée le 14 novembre 2023 au soir par Joël Guerriau à célébrer sa fraîche réélection au Sénat, Sandrine Josso débarque vers 20h, entre deux séances à l’Assemblée nationale, à son pied-à-terre du 6e arrondissement. Arrivée dans le petit triplex, elle découvre à sa grande surprise son hôte en jogging décontracté, et qu’elle est l’unique invitée.Il lui demande si elle souhaite du champagne blanc ou rosé, elle choisit le blanc. Il prépare les verres sur le comptoir de sa kitchenette et les lui sert. En bouche, le champagne s’avère “sucré”, “comme un peu gluant”.”J’ai pensé que c’était peut-être un mauvais champagne. Là, il a insisté pour qu’on trinque à nouveau. Je trouvais ça étonnant. Et puis il allait vers le variateur (de lumière). Et puis après il mettait fort l’intensité, puis il baissait. Il revenait s’asseoir. Il disait +mais tu bois rien+”, raconte Sandrine Josso.- “Je suis un imbécile” -Au bout d’une vingtaine de minutes, elle commence à se sentir mal: palpitations cardiaques, bouffées de chaleur ou de froid, nausées, tremblements… La panique la gagne totalement lorsqu’elle le voit manipuler, à la cuisine, un sachet transparent à côté de sa coupe de champagne.”Sa tenue vestimentaire, le fait qu’il soit monté sur pile, qu’il me force à boire, je me dis qu’il a mis quelque chose dans mon verre. Là je comprends qu’il faut que je parte, je comprends le danger”, dit Sandrine Josso, qui a dû se faire retirer quatre dents depuis les faits tant le stress lui crispe la mâchoire.En grande détresse, parlant et se tenant debout avec difficulté, persuadée qu’elle s’apprête à mourir tant son cœur bat à toute vitesse, elle quitte précipitamment vers 22H00 le domicile de Joël Guerriau et demande à des collègues de la récupérer à l’Assemblée nationale.Transportée à l’hôpital, les analyses toxicologiques relèvent une forte intoxication de son corps à l’ecstasy, avec une présence de MDMA à hauteur de 388 nanogrammes par millilitre de sang. Une concentration très nettement supérieure à une prise récréative de cette drogue euphorisante.Associée à l’alcool, la MDMA peut provoquer des trous de mémoire. Cette drogue n’est toutefois utilisée que dans 2% des cas avérés de soumission chimique en 2018, a relevé un expert au cours de l’instruction.Interrogé durant trois heures avant elle, Joël Guerriau justifie par une abracadabrante inadvertance l’intoxication de son amie “Sandrine” – qui le nomme, elle, “M. Guerriau” – dans un contexte d’épisode dépressif.La veille de sa venue, en proie à une “crise d’angoisse”, “pas bien du tout” après une “journée horrible”, il dit avoir versé la poudre d’ecstasy, fournie par un collègue sénateur pour l'”aider”, dans une coupe pour la prendre. Mais il aurait finalement changé d’avis et rangé la coupe dans le placard, laissant la drogue au fond du verre, oubliant même sa présence.”Ça paraît incompréhensible”, fait remarquer, dubitatif, le président Thierry Donard.Ce n’est qu’au cours de la soirée avec Sandrine Josso, déclare d’une voix posée et doucereuse Joël Guerriau à ses juges, qu’il se rappelle soudain avoir oublié la drogue au fond d’un des deux verres qu’il a servis.La députée note le regard “insistant” de son ami. Lui assure qu’il l’observe pour voir si elle a des symptômes dont il devrait s’inquiéter. “Je ne vois aucun signe, rien, ça me rassure.””Bref, je suis un imbécile”, conclut-il… allant même jusqu’à saluer l’engagement politique de Sandrine Josso contre le fléau de la soumission chimique.Le procès continue mardi.

Au procès de Joël Guerriau, la soirée sous drogue qui a traumatisé Sandrine Josso

Perverse tentative de soumission chimique ou rocambolesque inadvertance ? Au procès à Paris de l’ex-sénateur Joël Guerriau pour avoir lourdement drogué la députée Sandrine Josso, les deux protagonistes ont livré lundi des lectures opposées de ce retentissant huis clos.L’ancien élu centriste de Loire-Atlantique, qui a démissionné en octobre dernier du Sénat, est jugé lundi et mardi par le tribunal correctionnel de Paris pour avoir drogué à l’ecstasy son amie politique de dix ans afin de la violer. Dans cette affaire souvent perçue comme un cas emblématique de soumission chimique, le prévenu de 68 ans nie toute motivation sexuelle.”Je suis allée voir un ami, je suis allée le cœur léger fêter sa réélection. Au fur et à mesure de la soirée, j’ai découvert un agresseur, en fait”, résume d’une voix faible à la barre Sandrine Josso, 50 ans, veste bleu électrique sur tenue noire, devant une salle comble.De mots lents, pesés, la parlementaire MoDem refait devant le tribunal le fil de la soirée qui a fait basculer sa vie, la décortiquant image par image comme sur le canapé du psychiatre qui la suit désormais.Invitée le 14 novembre 2023 au soir par Joël Guerriau à célébrer sa fraîche réélection au Sénat, Sandrine Josso débarque vers 20h, entre deux séances à l’Assemblée nationale, à son pied-à-terre du 6e arrondissement. Arrivée dans le petit triplex, elle découvre à sa grande surprise son hôte en jogging décontracté, et qu’elle est l’unique invitée.Il lui demande si elle souhaite du champagne blanc ou rosé, elle choisit le blanc. Il prépare les verres sur le comptoir de sa kitchenette et les lui sert. En bouche, le champagne s’avère “sucré”, “comme un peu gluant”.”J’ai pensé que c’était peut-être un mauvais champagne. Là, il a insisté pour qu’on trinque à nouveau. Je trouvais ça étonnant. Et puis il allait vers le variateur (de lumière). Et puis après il mettait fort l’intensité, puis il baissait. Il revenait s’asseoir. Il disait +mais tu bois rien+”, raconte Sandrine Josso.- “Je suis un imbécile” -Au bout d’une vingtaine de minutes, elle commence à se sentir mal: palpitations cardiaques, bouffées de chaleur ou de froid, nausées, tremblements… La panique la gagne totalement lorsqu’elle le voit manipuler, à la cuisine, un sachet transparent à côté de sa coupe de champagne.”Sa tenue vestimentaire, le fait qu’il soit monté sur pile, qu’il me force à boire, je me dis qu’il a mis quelque chose dans mon verre. Là je comprends qu’il faut que je parte, je comprends le danger”, dit Sandrine Josso, qui a dû se faire retirer quatre dents depuis les faits tant le stress lui crispe la mâchoire.En grande détresse, parlant et se tenant debout avec difficulté, persuadée qu’elle s’apprête à mourir tant son cœur bat à toute vitesse, elle quitte précipitamment vers 22H00 le domicile de Joël Guerriau et demande à des collègues de la récupérer à l’Assemblée nationale.Transportée à l’hôpital, les analyses toxicologiques relèvent une forte intoxication de son corps à l’ecstasy, avec une présence de MDMA à hauteur de 388 nanogrammes par millilitre de sang. Une concentration très nettement supérieure à une prise récréative de cette drogue euphorisante.Associée à l’alcool, la MDMA peut provoquer des trous de mémoire. Cette drogue n’est toutefois utilisée que dans 2% des cas avérés de soumission chimique en 2018, a relevé un expert au cours de l’instruction.Interrogé durant trois heures avant elle, Joël Guerriau justifie par une abracadabrante inadvertance l’intoxication de son amie “Sandrine” – qui le nomme, elle, “M. Guerriau” – dans un contexte d’épisode dépressif.La veille de sa venue, en proie à une “crise d’angoisse”, “pas bien du tout” après une “journée horrible”, il dit avoir versé la poudre d’ecstasy, fournie par un collègue sénateur pour l'”aider”, dans une coupe pour la prendre. Mais il aurait finalement changé d’avis et rangé la coupe dans le placard, laissant la drogue au fond du verre, oubliant même sa présence.”Ça paraît incompréhensible”, fait remarquer, dubitatif, le président Thierry Donard.Ce n’est qu’au cours de la soirée avec Sandrine Josso, déclare d’une voix posée et doucereuse Joël Guerriau à ses juges, qu’il se rappelle soudain avoir oublié la drogue au fond d’un des deux verres qu’il a servis.La députée note le regard “insistant” de son ami. Lui assure qu’il l’observe pour voir si elle a des symptômes dont il devrait s’inquiéter. “Je ne vois aucun signe, rien, ça me rassure.””Bref, je suis un imbécile”, conclut-il… allant même jusqu’à saluer l’engagement politique de Sandrine Josso contre le fléau de la soumission chimique.Le procès continue mardi.

Au procès de Joël Guerriau, la soirée sous drogue qui a traumatisé Sandrine Josso

Perverse tentative de soumission chimique ou rocambolesque inadvertance ? Au procès à Paris de l’ex-sénateur Joël Guerriau pour avoir lourdement drogué la députée Sandrine Josso, les deux protagonistes ont livré lundi des lectures opposées de ce retentissant huis clos.L’ancien élu centriste de Loire-Atlantique, qui a démissionné en octobre dernier du Sénat, est jugé lundi et mardi par le tribunal correctionnel de Paris pour avoir drogué à l’ecstasy son amie politique de dix ans afin de la violer. Dans cette affaire souvent perçue comme un cas emblématique de soumission chimique, le prévenu de 68 ans nie toute motivation sexuelle.”Je suis allée voir un ami, je suis allée le cœur léger fêter sa réélection. Au fur et à mesure de la soirée, j’ai découvert un agresseur, en fait”, résume d’une voix faible à la barre Sandrine Josso, 50 ans, veste bleu électrique sur tenue noire, devant une salle comble.De mots lents, pesés, la parlementaire MoDem refait devant le tribunal le fil de la soirée qui a fait basculer sa vie, la décortiquant image par image comme sur le canapé du psychiatre qui la suit désormais.Invitée le 14 novembre 2023 au soir par Joël Guerriau à célébrer sa fraîche réélection au Sénat, Sandrine Josso débarque vers 20h, entre deux séances à l’Assemblée nationale, à son pied-à-terre du 6e arrondissement. Arrivée dans le petit triplex, elle découvre à sa grande surprise son hôte en jogging décontracté, et qu’elle est l’unique invitée.Il lui demande si elle souhaite du champagne blanc ou rosé, elle choisit le blanc. Il prépare les verres sur le comptoir de sa kitchenette et les lui sert. En bouche, le champagne s’avère “sucré”, “comme un peu gluant”.”J’ai pensé que c’était peut-être un mauvais champagne. Là, il a insisté pour qu’on trinque à nouveau. Je trouvais ça étonnant. Et puis il allait vers le variateur (de lumière). Et puis après il mettait fort l’intensité, puis il baissait. Il revenait s’asseoir. Il disait +mais tu bois rien+”, raconte Sandrine Josso.- “Je suis un imbécile” -Au bout d’une vingtaine de minutes, elle commence à se sentir mal: palpitations cardiaques, bouffées de chaleur ou de froid, nausées, tremblements… La panique la gagne totalement lorsqu’elle le voit manipuler, à la cuisine, un sachet transparent à côté de sa coupe de champagne.”Sa tenue vestimentaire, le fait qu’il soit monté sur pile, qu’il me force à boire, je me dis qu’il a mis quelque chose dans mon verre. Là je comprends qu’il faut que je parte, je comprends le danger”, dit Sandrine Josso, qui a dû se faire retirer quatre dents depuis les faits tant le stress lui crispe la mâchoire.En grande détresse, parlant et se tenant debout avec difficulté, persuadée qu’elle s’apprête à mourir tant son cœur bat à toute vitesse, elle quitte précipitamment vers 22H00 le domicile de Joël Guerriau et demande à des collègues de la récupérer à l’Assemblée nationale.Transportée à l’hôpital, les analyses toxicologiques relèvent une forte intoxication de son corps à l’ecstasy, avec une présence de MDMA à hauteur de 388 nanogrammes par millilitre de sang. Une concentration très nettement supérieure à une prise récréative de cette drogue euphorisante.Associée à l’alcool, la MDMA peut provoquer des trous de mémoire. Cette drogue n’est toutefois utilisée que dans 2% des cas avérés de soumission chimique en 2018, a relevé un expert au cours de l’instruction.Interrogé durant trois heures avant elle, Joël Guerriau justifie par une abracadabrante inadvertance l’intoxication de son amie “Sandrine” – qui le nomme, elle, “M. Guerriau” – dans un contexte d’épisode dépressif.La veille de sa venue, en proie à une “crise d’angoisse”, “pas bien du tout” après une “journée horrible”, il dit avoir versé la poudre d’ecstasy, fournie par un collègue sénateur pour l'”aider”, dans une coupe pour la prendre. Mais il aurait finalement changé d’avis et rangé la coupe dans le placard, laissant la drogue au fond du verre, oubliant même sa présence.”Ça paraît incompréhensible”, fait remarquer, dubitatif, le président Thierry Donard.Ce n’est qu’au cours de la soirée avec Sandrine Josso, déclare d’une voix posée et doucereuse Joël Guerriau à ses juges, qu’il se rappelle soudain avoir oublié la drogue au fond d’un des deux verres qu’il a servis.La députée note le regard “insistant” de son ami. Lui assure qu’il l’observe pour voir si elle a des symptômes dont il devrait s’inquiéter. “Je ne vois aucun signe, rien, ça me rassure.””Bref, je suis un imbécile”, conclut-il… allant même jusqu’à saluer l’engagement politique de Sandrine Josso contre le fléau de la soumission chimique.Le procès continue mardi.

Kibbutz defender Ran Gvili is Israel’s last hostage killed on Oct 7

Ran Gvili, a young Israeli police officer, was on medical leave when Hamas launched its deadly attack on Israel on October 7, 2023.Instead of staying home, the 24-year-old grabbed his gun and raced toward the area of the attack in southern Israel, where he fought until his last bullet.Nicknamed the “Defender of Alumim” by his family and the kibbutz of that name, Gvili was killed in combat near the community and his body taken to Gaza by Hamas militants.Before his remains were returned on Monday, he was the last of the 251 people abducted during the assault on Israel still held in Gaza.Upon his arrival at a military base near Gaza, his father Ytzik Gvili said: “I’m proud of you my son.”Israeli Prime Minister Benjamin Netanyahu described him as “a hero of Israel”, saying he “fought not only with a broken arm, he was shot, twice, and he kept fighting, and he killed 14 terrorists alone, and then he died”.A motorcycle enthusiast and non-commissioned officer in the elite Yassam unit of the Israeli police in the Negev desert region, Gvili was on medical leave and living with his parents in the town of Meitar ahead of a shoulder surgery, according to his family.It was then that he heard of the attack.Gvili drove towards the onslaught and joined his unit to fight the attackers — his team was highly outnumbered as they faced about 40 Hamas fighters.”We were both wounded,” recalled Colonel Guy Madar, who was fighting alongside Gvili outside Alumim, the site of fierce combat.- ‘First to help’ -Madar was the last person to see Gvili alive before they got separated.It took several months before Israeli authorities informed his parents in January 2024 that the young officer had been killed on that day and that his body had been taken to Gaza.”He ran to help, to save people… even though he was already injured before October 7,” his father told AFP in December, referring to Gvili’s shoulder injury.”But that was Rani — always running forward, the first to help and the first to jump in.””He fought until the last bullet and then he was taken hostage,” added Talik Gvili, his mother.A man of many skills, Gvili had been using his medical leave to carry out renovation work at the family home.His father recalled seeing him working outside the house with a Palestinian labourer from Gaza just days before the Hamas attack.”In a way, it fits him, to be the one to stay behind,” Talik Gvili, a lawyer, has repeatedly said at events held across the country calling for her son’s return before the implementation of phase two of the US-backed truce plan for Gaza.His family had steadfastly opposed the reopening of the Rafah crossing between Egypt and Gaza until his remains were returned.Emmanuel Ohayon, a close friend of Gvili, described him as “a man of great physical presence, but also gentle and kind”.”When he entered a room, you felt his presence, not because of his size, but because he knew how to be there for everyone,” Ohayon said Saturday evening at a weekly gathering in Meitar.

Primaire de la gauche: Ruffin confirme qu’il sera bien candidat

Le député de Picardie François Ruffin a confirmé lundi dans des interviews à Libération et TF1 qu’il serait bien candidat à la primaire unitaire de la gauche, comme Marine Tondelier pour les Ecologistes et Clémentine Autain pour l’Après, qui aura lieu le 11 octobre.”La primaire est actée : ce sera le 11 octobre prochain. Et oui, sans surprise, je serai candidat”, indique le fondateur du parti Debout! dans Libération.Les participants à cette primaire – à laquelle ne participeront ni Raphaël Glucksmann ni Jean-Luc Mélenchon – ont annoncé ce week-end qu’elle se tiendrait le 11 octobre.”Elle se fera”, assure François Ruffin dans Libération, sans préciser s’il pourrait être candidat si la primaire n’avait pas lieu.”Et je ne reculerai pas: une fois récolté les 500 maires et les 100.000 soutiens, 100.000 parrains citoyens, je serai candidat à l’élection présidentielle”, ajoute-t-il.”J’y vais pour gagner, et surtout j’y vais pour faire gagner les Français”, a-t-il insisté sur TF1.En mai 2025, l’ancien Insoumis – qui a rompu avec fracas avec LFI au moment des législatives de 2024 – avait déjà appelé de ses voeux à une primaire et annoncé qu’il y serait candidat.Depuis, le député de la Somme, fort de ses trois victoires dans sa circonscription depuis 2017, dont deux face au Rassemblement national, a notamment lancé son mouvement Debout, une déclinaison nationale de son petit parti Picardie Debout.Souvent critiqué pour ses difficultés à s’intéger dans un collectif, il est devenu un des principaux défenseurs de la primaire, qu’il souhaite être “de débordement”.Et continue de tendre la main à Jean-Luc Mélenchon et Raphaël Glucksmann pour qu’ils y participent.”De quoi ont-ils peur ? Du vote, du peuple de gauche, de leurs électeurs ?”, lance-t-il dans Libération.En cas de victoire à la présidentielle, l’ancien journaliste, âgé de 50 ans, promet “une nouvelle abolition des privilèges”.”L’exemple viendra d’en haut: je suis le premier député au Smic, je serai le premier Président au Smic. Je paierai mes factures d’électricité comme de Gaulle et j’achèterai ma vaisselle au supermarché comme sa femme Yvonne. Nous ferons vingt millions d’euros d’économies sur le budget de l’Elysée, quatre cents postes d’infirmières. C’est un symbole”, promet-il.Et d’ajouter, sur TF1: “Je ne suis pas né pour ça, enfant je ne me revais pas président, mais je me sens habité par mille voix, mille vies, mille visages”.La co-fondatrice de l’Après Clémentine Autain, qui a également rompu avec La France insoumise, et la patronne des Ecologistes Marine Tondelier ont déjà annoncé leur candidature dans le cadre de cette primaire, où le patron du PS Olivier Faure souhaite engager les socialistes.

Face à Trump, les Groenlandais tentent de rassurer leurs enfants

“Mes enfants sont en sécurité avec moi”: dans un café de Nuuk, la capitale groenlandaise, Lykke jette un regard attendri sur ses quatre fils et filles qui sirotent un chocolat chaud, en apparence insouciants des convulsions du monde.Depuis le retour de Donald Trump à la Maison Blanche l’an dernier et son ambition retrouvée de mettre la main sur le Groenland, la politique internationale s’est invitée dans les foyers de l’île arctique.Rythmée par les déclarations plus ou moins menaçantes du président américain, la situation est devenue anxiogène, et chacun tente de rassurer ses enfants.Juriste de 42 ans, Lykke Lynge s’en remet à sa foi chrétienne.”Il y a beaucoup de troubles dans le monde”, dit-elle. “Mais même si on aime notre pays, on a des valeurs encore plus élevées qui font que l’on arrive à dormir et qu’on n’a pas peur”, assure-t-elle.Tout le monde n’a cependant pas la religion chevillée au corps.Dès le 27 janvier 2025, soit une semaine après l’investiture de Donald Trump, les autorités groenlandaises ont publié un guide intitulé “Comment parler aux enfants en période d’incertitude?””Quand quelqu’un dit qu’il va venir prendre notre pays ou qu’il va nous bombarder, évidemment les enfants ont très peur, parce qu’ils ne peuvent pas, seuls, s’y retrouver dans tout ce flot d’informations”, explique Tina Dam, cheffe de programme à l’Unicef sur le territoire autonome danois.Ce guide – auquel l’agence onusienne a contribué – recommande aux parents d’être calmes et ouverts, d’écouter les enfants et d’être sensibles à leur ressenti, ou encore de limiter leur consommation d’actualité.Comme ailleurs dans le monde, les réseaux sociaux, en particulier TikTok, sont devenus la principale source d’information chez les jeunes.”Aujourd’hui, les enfants ont accès à de nombreuses informations qui ne leur sont pas destinées et qui ne sont clairement pas adaptées à leur âge”, souligne Tina Dam.”C’est pourquoi, en tant qu’adultes, nous devons en être conscients, protéger nos enfants et être capables de parler avec eux de ce qu’ils entendent, car la rhétorique est plutôt agressive”, dit-elle.- “Cher Donald Trump” -Mais comment rassurer les enfants quand on n’a pas soi-même la réponse à de nombreuses questions?Consultante de 41 ans, Arnakkuluk Jo Kleist dit beaucoup parler à Manumina, sa fille de 13 ans, abreuvée elle aussi de vidéos TikTok mais qui “ne semble heureusement pas aussi anxieuse que nous”.”Il lui arrive de poser des questions sur ce qui pourrait arriver, auxquelles je ne sais pas quoi répondre. Parce qu’en réalité, personne n’a encore de réponse”, confie-t-elle.L’héritage inuit, très présent dans ce territoire arctique extrême, contribue probablement aussi à contenir l’angoisse.Même si les inquiétudes sont réelles parmi les 57.000 habitants de l’île, jamais ils ne semblent avoir cédé à un sentiment de panique, y compris quand une opération militaire semblait encore d’actualité.  “Nous avons une histoire et des réalités dans notre pays où (…) nous sommes habitués à nous retrouver dans des situations qui échappent à notre contrôle”, affirme Arnakkuluk Jo Kleist.”On essaie de s’y adapter et de se dire: bon, qu’est-ce que je peux faire dans cette situation ?”Les réseaux sociaux ne fonctionnent pas à sens unique. Certains enfants et adolescents groenlandais s’en servent aussi pour s’adresser au monde et faire passer leur message.Marley, 7 ans, et sa sœur Mila, 14 ans, sont ainsi à l’origine d’une vidéo virale, à la fois sérieuse sur le fond et légère sur la forme, vue plus de deux millions de fois sur Instagram – soit l’équivalent de 35 fois la population groenlandaise.Le petit bonhomme joufflu s’y adresse au président américain avec la touchante détermination que peuvent avoir les enfants de son âge.”Cher Donald Trump”, lance-t-il entre deux mimiques, “j’ai un message pour vous: vous faites peur aux enfants groenlandais”.”C’est une façon de faire face”, explique sa mère, Paninnguaq Heilmann-Sigurdsen, à l’AFP. “C’est adapté aux enfants, mais aussi sérieux. Je pense que c’est une façon équilibrée de parler de faits graves tout en s’adressant à des enfants”.

Fin de vie: après avoir refusé l’aide à mourir, le Sénat défend les soins palliatifs

Après avoir rejeté toute forme de droit à l’aide à mourir, le Sénat s’est penché lundi sur une proposition de loi plus consensuelle sur l’accès aux soins palliatifs, priorité affichée par la droite majoritaire à la chambre haute.Le texte de la députée macroniste Annie Vidal, qui sera mis au vote mercredi, a été de facto relégué au second plan dans cette discussion au Parlement sur la fin de vie, derrière la création envisagée d’un dispositif d’aide à mourir, examinée en parallèle.Cette loi légalisant sous conditions le suicide assisté et l’euthanasie a été dénaturée par le Sénat la semaine passée, à l’initiative de l’aile la plus conservatrice de la droite et des centristes.Les débats s’étaient envenimés sur ce premier texte. Ils se sont globalement apaisés sur le second lundi, même si la gauche a dénoncé l’attitude de la majorité sénatoriale, l’accusant de ne faire “que la moitié du chemin” sur le débat sur la fin de vie. La droite et les centristes ont, eux, assumé considérer les soins palliatifs comme “un préalable”: “en fonction de l’ambition qu’on mettra dans les soins palliatifs, alors nous pourrons envisager l’aide à mourir”, a assuré la centriste Anne-Sophie Romagny.Cette proposition de loi vise initialement à “garantir l’égal accès de tous à l’accompagnement et aux soins palliatifs”. Pour ce faire, les députés avaient voté pour instaurer un droit “opposable” aux soins palliatifs.Mais les sénateurs l’ont supprimé, en accord avec le gouvernement, craignant qu’il ne suscite “de la déception chez les patients et les familles” car il ne permettra pas, en soi, d’augmenter l’offre de soins. La ministre de la Santé Stéphanie Rist a estimé que cela ne serait qu’une “simple promesse”, redoutant de “nombreux contentieux”.- Quels moyens ? -La ministre a également soutenu l’instauration d’une “stratégie” nationale des soins palliatifs, préférée à une véritable loi de programmation pluriannuelle, votée par les députés.Le gouvernement a sanctuarisé 100 millions d’euros d’investissement dans ce domaine dans le budget de la Sécurité sociale pour 2026. Les sénateurs ont voté pour doubler le montant annuel alloué au secteur dans les prochaines années, même si certains parlementaires ont fait remarquer que ces objectifs chiffrés ne seraient pas contraignants.Alors qu’une dizaine de départements ne disposent pas, actuellement, d’unité de soins palliatifs, le texte crée des “maisons d’accompagnement et de soins palliatifs”.Le Sénat dominé par la droite a également dit ses craintes vis-à-vis des moyens mobilisés. “S’il n’y a pas derrière une volonté politique qui se traduit par les moyens financiers, on aura travaillé sur un sujet sans avoir un retour concret sur les territoires”, s’est inquiété le président LR de la commission des Affaires sociales, Philippe Mouiller.Les deux textes sur la fin de vie seront mis au vote mercredi après-midi. Sur la loi dédiée à l’aide à mourir, le scrutin n’aura néanmoins guère de sens car le texte a été vidé de sa substance.L’Assemblée nationale les examinera en deuxième lecture la semaine du 16 février, sa présidente Yaël Braun-Pivet espérant aboutir à une adoption définitive “avant l’été” sur cette réforme sociétale majeure, promesse d’Emmanuel Macron.