Deux motions de censure à l’Assemblée la semaine prochaine, Lecornu dénonce “des postures cyniques”

Deux motions de censure axées sur le Mercosur, l’une déposée par LFI, l’autre par le RN, devraient être débattues en milieu de semaine prochaine à l’Assemblée contre le gouvernement de Sébastien Lecornu qui a dénoncé en retour des “postures cyniques partisanes”.Vendredi matin, La France insoumise a déposé une motion de censure pour protester contre le “piétinement” de la souveraineté populaire et du droit international tant concernant l’accord de libre-échange avec le Mercosur que le Venezuela.”La France humiliée à Bruxelles mais aussi à Washington, voilà le bilan désastreux” d’Emmanuel Macron, estiment les signataires de cette motion, déposée de manière spontanée en vertu de l’article 49.2 de la Constitution et annoncée par la cheffe des députés LFI Mathilde Panot sur X. Malgré le “non” d’Emmanuel Macron au Mercosur, LFI accuse le président d’avoir “laissé ouverte la porte de la capitulation de notre pays face à la Commission européenne” avec cet accord, voyant dans ses tentatives d’obtenir des contreparties des “artifices”. Le Rassemblement national a également annoncé jeudi son intention de déposer une motion de censure sur le Mercosur. Son président Jordan Bardella a estimé que ce “non” était “une manœuvre de communication aussi tardive qu’hypocrite, “une mise en scène”, et donc “une trahison des agriculteurs”. Ces deux motions de censure n’ont cependant que peu de chances d’aboutir. Certes le patron des Républicains Bruno Retailleau avait lui aussi fait planer le “risque d’une censure” mais uniquement si Emmanuel Macron avait choisi de voter en faveur du texte. Quant au PS, c’est éventuellement sur le budget, en cas d’une “mauvaise copie” soumise à un 49.3 qu’il pourrait se joindre à une censure selon son Premier secrétaire Olivier Faure.Fait inhabituel, Sébastien Lecornu a fustigé sur X ces motions de censure comme des “postures cyniques partisanes”.”La France a une position claire sur le Mercosur : nous voterons contre, sans surprise”, a écrit le Premier ministre, accusant ces formations politiques de “choisir délibérément d’afficher des désaccords politiciens internes” et “d’affaiblir la voix de la France”. Ces motions “retardent encore les discussions budgétaires, déjà bloquées par les mêmes partis politiques sur fond d’agenda électoral, et envoient un très mauvais signal à l’étranger”, ajoute M. Lecornu.Le Premier ministre juge que “le moment devrait être à la mobilisation au sein de chaque groupe politique au Parlement européen, pour construire une majorité contre cet accord”.Faute d’avoir réussi à bloquer le traité de libre échange au niveau des Etats membres, l’exécutif mise maintenant sur le Parlement européen en espérant qu’une majorité d’eurodéputés votent contre la ratification de l’accord ou décident de saisir la Cour européenne de justice, ce qui retarderait le processus de quelques mois.

Deux motions de censure à l’Assemblée la semaine prochaine, Lecornu dénonce “des postures cyniques”

Deux motions de censure axées sur le Mercosur, l’une déposée par LFI, l’autre par le RN, devraient être débattues en milieu de semaine prochaine à l’Assemblée contre le gouvernement de Sébastien Lecornu qui a dénoncé en retour des “postures cyniques partisanes”.Vendredi matin, La France insoumise a déposé une motion de censure pour protester contre le “piétinement” de la souveraineté populaire et du droit international tant concernant l’accord de libre-échange avec le Mercosur que le Venezuela.”La France humiliée à Bruxelles mais aussi à Washington, voilà le bilan désastreux” d’Emmanuel Macron, estiment les signataires de cette motion, déposée de manière spontanée en vertu de l’article 49.2 de la Constitution et annoncée par la cheffe des députés LFI Mathilde Panot sur X. Malgré le “non” d’Emmanuel Macron au Mercosur, LFI accuse le président d’avoir “laissé ouverte la porte de la capitulation de notre pays face à la Commission européenne” avec cet accord, voyant dans ses tentatives d’obtenir des contreparties des “artifices”. Le Rassemblement national a également annoncé jeudi son intention de déposer une motion de censure sur le Mercosur. Son président Jordan Bardella a estimé que ce “non” était “une manœuvre de communication aussi tardive qu’hypocrite, “une mise en scène”, et donc “une trahison des agriculteurs”. Ces deux motions de censure n’ont cependant que peu de chances d’aboutir. Certes le patron des Républicains Bruno Retailleau avait lui aussi fait planer le “risque d’une censure” mais uniquement si Emmanuel Macron avait choisi de voter en faveur du texte. Quant au PS, c’est éventuellement sur le budget, en cas d’une “mauvaise copie” soumise à un 49.3 qu’il pourrait se joindre à une censure selon son Premier secrétaire Olivier Faure.Fait inhabituel, Sébastien Lecornu a fustigé sur X ces motions de censure comme des “postures cyniques partisanes”.”La France a une position claire sur le Mercosur : nous voterons contre, sans surprise”, a écrit le Premier ministre, accusant ces formations politiques de “choisir délibérément d’afficher des désaccords politiciens internes” et “d’affaiblir la voix de la France”. Ces motions “retardent encore les discussions budgétaires, déjà bloquées par les mêmes partis politiques sur fond d’agenda électoral, et envoient un très mauvais signal à l’étranger”, ajoute M. Lecornu.Le Premier ministre juge que “le moment devrait être à la mobilisation au sein de chaque groupe politique au Parlement européen, pour construire une majorité contre cet accord”.Faute d’avoir réussi à bloquer le traité de libre échange au niveau des Etats membres, l’exécutif mise maintenant sur le Parlement européen en espérant qu’une majorité d’eurodéputés votent contre la ratification de l’accord ou décident de saisir la Cour européenne de justice, ce qui retarderait le processus de quelques mois.

Le Venezuela libère des prisonniers, mais assure n’être “pas soumis” aux Etats-Unis

Les autorités vénézuéliennes ont relâché plusieurs opposants dont l’ancien candidat à la présidentielle Enrique Marquez, un geste salué par Donald Trump tandis que Caracas assure n’être ni “subordonné ni soumis” aux Etats-Unis après la capture de Nicolas Maduro par les forces américaines le 3 janvier.Donald Trump s’est réjoui vendredi sur son réseau Truth Social de la libération la veille par le Venezuela d'”un grand nombre de prisonniers politiques en signe de +recherche de la paix+”. “C’est un geste très important et intelligent”, a estimé le locataire de la Maison Blanche.Le président américain a également indiqué sur son réseau qu’il avait “annulé” une nouvelle attaque ciblant le pays, du fait de la “coopération” avec le pouvoir en place à Caracas. “Les États-Unis et le Venezuela travaillent bien ensemble” notamment pour la “reconstruction” de l’industrie pétrolière, a-t-il dit.Le pape Léon XIV a, quant à lui, fait part de sa “vive inquiétude” quant à “l’aggravation des tensions dans la mer des Caraïbes et le long des côtes américaines du Pacifique”, évoquant notamment la situation au Venezuela.”Je renouvelle à cet égard mon appel à respecter la volonté du peuple vénézuélien et à s’engager en faveur de la protection des droits humains et civils de chacun”, a déclaré vendredi le pontife américain lors d’un discours devant le corps diplomatique.L’annonce de la libération des opposants est intervenue quelques jours après le début lundi du mandat de la présidente par intérim vénézuélienne, Delcy Rodriguez. C’est la première vague de libération depuis la capture du président déchu Nicolas Maduro, détenu aux Etats-Unis qui veulent le juger pour notamment narcoterrorisme.L’un des principaux relâchés, Enrique Marquez avait mené une croisade judiciaire contre la réélection en 2024 de Nicolas Maduro, acquise selon l’opposition et une partie de la communauté internationale dans des conditions entachées de fraude.Cet opposant âgé de 62 ans s’était formellement inscrit pour le scrutin afin de pouvoir être le représentant principal de l’opposition en cas de rejet par les autorités de la candidature d’Edmundo Gonzalez Urrutia, qui avait lui-même remplacé au pied levé Maria Corina Machado, déclarée inéligible.M. Urrutia avait finalement pu se maintenir face à M. Maduro et M. Marquez n’avait pas défendu sa propre candidature, soutenant M. Urrutia.Ce dernier a été contraint à l’exil en Espagne après le scrutin de juillet 2024, tandis que M. Marquez a été arrêté en janvier 2025.Réfugié dans la clandestinité, Mme Machado a pour sa part remporté le prix Nobel de la paix 2025.Donald Trump a annoncé jeudi qu’il recevrait l’opposante à Washington “la semaine prochaine”, se disant dans un entretien sur la chaîne Fox News “impatient” de la rencontrer. Il a ajouté que ce serait “un grand honneur” si elle lui remettait son prix Nobel de la paix, comme le lui a proposé la lauréate 2025. A Oslo toutefois, l’Institut Nobel a indiqué qu’il était impossible de transférer un prix Nobel.L’avocate de premier plan Rocio San Miguel, arrêtée en février 2024, a elle aussi été libérée jeudi lors de cette première vague parmi de “nombreux prisonniers”, dont des étrangers parmi lesquels cinq Espagnols.Mme San Miguel, qui dispose également de la nationalité espagnole, s’est immédiatement envolée pour l’Espagne avec quatre autres ressortissants de ce pays également libérés et attendus en début d’après-midi à Madrid.Le gouvernement de gauche espagnol a déclaré vendredi espérer la libération d’un autre ressortissant espagnol actuellement emprisonné au Venezuela pour des raisons politiques.Mme Machado a salué ces libérations, jugeant qu’ “aujourd’hui, la vérité, pourchassée et réduite au silence pendant des années, parvient à se frayer un chemin”.- “Geste unilatéral” -Ces libérations sont “un geste unilatéral du gouvernement” afin “de favoriser la coexistence pacifique”, a fait valoir Jorge Rodriguez, président du Parlement du Venezuela, sans préciser le nombre ni la nationalité des détenus relâchés.L’ONG Foro penal estimait avant jeudi à 806 le nombre de prisonniers politiques au Venezuela, dont 175 militaires.Reporters sans frontières a salué la libération de prisonniers politiques par Caracas mais a demandé au gouvernement “d’étendre ce geste” afin de libérer les journalistes qui restent emprisonnés au Venezuela.Malgré ses concessions, la présidente par interim Delcy Rodriguez a assuré que son pays n’était ni “subordonné ni soumis” aux Etats-Unis et a évoqué sa “loyauté envers le président Nicolas Maduro”, emmené contre son gré aux Etats-Unis où il a été incarcéré.

L’Iran ne “reculera pas” face aux manifestations, avertit Khamenei

Le guide suprême iranien, l’ayatollah Ali Khamenei, a averti vendredi que son pays ne “reculerait pas” face à une vague de contestation qui prend de l’ampleur et pose un sérieux défi à la République islamique en place depuis 1979.”Mort au dictateur”: dans les rues de Téhéran et d’autres grandes villes, des Iraniens réclament désormais ouvertement la fin de cette théocratie chiite, après quasiment deux semaines d’un mouvement initialement lié au coût de la vie.Devant ses partisans scandant en écho “mort à l’Amérique”, Ali Khamenei a adopté un ton offensif, dans un discours diffusé par la télévision d’Etat. “La République islamique ne reculera pas face aux saboteurs”, a-t-il lancé.”Hier soir, à Téhéran, une bande de vandales est venue détruire un bâtiment (…) pour faire plaisir au président américain”, a dénoncé le guide suprême.Mais “l’arrogant” Donald Trump sera “renversé”, à l’image de la dynastie qui a gouverné l’Iran jusqu’à la Révolution islamique de 1979, a-t-il averti.Il l’a accusé d’avoir les mains “tachées du sang de plus d’un millier d’Iraniens”, dans une référence apparente à la guerre de 12 jours déclenchée en juin par Israël et à laquelle les Etats-Unis s’étaient associés.La veille, M. Trump avait de nouveau menacé de “frapper très fort” l’Iran si les autorités réagissaient en tuant des manifestants. “Nous sommes prêts à le faire”, a-t-il insisté, saluant “l’enthousiasme incroyable (du peuple) pour renverser ce régime”.- Internet toujours coupé -Le discours d’Ali Khamenei intervient au lendemain d’importantes manifestations à Téhéran, alors qu’internet, coupé jeudi dans tout le pays, demeure inaccessible, d’après l’ONG de surveillance de la cybersécurité Netblocks.Des images vérifiées par l’AFP montrent des foules de personnes à pied défiant le pouvoir ou d’automobilistes klaxonnant en soutien au mouvement.Des rassemblements ont aussi eu lieu ailleurs dans le pays, notamment à Tabriz (nord), dans la ville sainte de Mashhad (est) ainsi que dans l’ouest du pays à majorité kurde, notamment autour de la grande ville de Kermanshah.Sur plusieurs images que l’AFP n’a pas été en mesure d’authentifier à ce stade, on voit des manifestants mettre le feu à l’entrée de l’antenne régionale de la télévision d’Etat dans la ville d’Ispahan (centre). Dans la même temps, la télévision d’Etat iranienne a diffusé vendredi des images de milliers de personnes participant à des contre-manifestations et clamant des slogans favorables aux autorités.Elle a aussi montré les dégâts causés selon elle par les protestataires, citant le maire de Téhéran selon lequel plus de 42 bus, véhicules publics et ambulances ont été incendiés, ainsi que 10 bâtiments officiels. – “Politique d’Etat’ -Le fils de l’ancien chah et figure de l’opposition en exil, Reza Pahlavi, a exhorté vendredi à une nouvelle démonstration de force dans les rues afin d’amplifier la mobilisation et “affaiblir davantage le pouvoir répressif du régime”.Ces manifestations sont les plus importantes en Iran depuis celles survenues après la mort en 2022 de Mahsa Amini, arrêtée pour un voile prétendument mal ajusté.Elles éclatent au moment où le pays est affaibli après la guerre avec Israël et les coups portés à plusieurs de ses alliés régionaux, tandis que l’ONU a rétabli en septembre des sanctions liées au programme nucléaire iranien. Des ONG ont accusé les autorités d’avoir ouvert le feu sur des manifestants, faisant des dizaines de morts depuis le début le 28 décembre de la contestation. Carabines à plomb, canons à eau, gaz lacrymogène et coups: dans un communiqué commun, Amnesty International et Human Rights Watch (HRW) dénoncent les méthodes utilisées “pour disperser, intimider et punir des manifestants largement pacifiques”, y voyant “une politique d’Etat bien ancrée”.  Le Conseil national de sécurité iranien a averti vendredi que le pouvoir judiciaire et les forces de sécurité ne feraient “aucun compromis avec les saboteurs”.Selon le groupe de défense des droits humains Haalvsh, qui évoque un nombre indéterminé de victimes, des manifestants ont été pris pour cible à Zahedan (sud-est) après la prière du vendredi.La France a appellé les autorités iraniennes “à la plus grande retenue” dans leur réponse à ce mouvement, l’UE condamnant pour sa part une violence “inacceptable” et réclamant le rétablissement de l’accès à internet.