Jour J pour l’assurance chômage, la CGT mobilise devant l’Unédic
Patronat et syndicats tentent mercredi de trouver un accord sur l’assurance chômage dégageant au moins 400 millions d’euros d’économies et éviter ainsi que le gouvernement reprenne la main sur les conditions d’indemnisation.Au cœur de l’équation figurent notamment les conditions d’indemnisation des salariés ayant conclu une rupture conventionnelle, dispositif que le gouvernement juge trop coûteux. Devant le siège de l’Unédic, au moins 300 personnes se sont réunies à l’appel de la CGT, en présence de sa secrétaire générale Sophie Binet, qui a dénoncé une baisse “inédite” des droits des chômeurs de 25% depuis 2017.”On ne lutte pas contre le chômage en s’attaquant aux chômeurs”, a-t-elle ajouté, devant des militants principalement issus de la fédération du Spectacle (FNSAC) et du comité chômeurs et précaires.Parmi les propositions patronales pour trouver des économies figure l’augmentation du nombre d’heures annuel nécessaire aux intermittents du spectacle pour être indemnisés, qui passerait de 507 à 557 heures. “On peut craindre qu’avec l’adoption d’une telle mesure, beaucoup d’entre nous n’arrivent pas à ouvrir des droits à l’assurance chômage”, a expliqué Ghislain Gauthier, secrétaire général de la FNSAC.Cette proposition pourrait toutefois être écartée, les discussions devraient se focaliser sur les ruptures conventionnelles. Si un accord est trouvé, il aboutirait à des conditions d’indemnisation moins favorables pour les salariés rompant leur CDI d’un commun accord avec leur employeur, aujourd’hui soumis quasiment aux mêmes règles que les autres chômeurs. En 2024, 515.000 ruptures conventionnelles individuelles ont été conclues, notamment dans de petites entreprises. Avec des dépenses d’allocations chômage atteignant 9,4 milliards d’euros, soit 26% du total, le dispositif, créé en 2008, est trop cher aux yeux du gouvernement, qui dénonce des “abus”. Plus jeunes et plus diplômés que la moyenne des demandeurs d’emploi, les chômeurs issus de ces ruptures touchent en moyenne des allocations plus élevées, ouvrant des droits plus longtemps, selon l’Unédic.- “Voie de passage” – La négociation a été ouverte à la demande du gouvernement Lecornu, qui a écarté une réforme de l’assurance chômage plus large avec un objectif d’économies dix fois supérieur demandée en août par son prédécesseur François Bayrou: la mission confiée aux partenaires sociaux est d’économiser au moins 400 millions d’euros par an. Après une politique de la chaise vide du Medef, la négociation a connu un nouveau départ en sa présence, avec la volonté affichée des trois organisations patronales (Medef, CPME et U2P) d’économiser au moins un milliard et de négocier sur l’assurance chômage au-delà des seules ruptures conventionnelles. Irrecevable pour les syndicats.Lundi, les chefs de file des cinq syndicats représentatifs ont appelé le patronat à se montrer “raisonnable”, plusieurs se disant optimistes sur un possible accord. La secrétaire générale de la CFDT, Marylise Léon, a ainsi évoqué une “voie de passage”.”Depuis toujours on nous dit que c’est dans la philosophie du gouvernement de vouloir reprendre la main sur l’assurance chômage mais à chaque fois, on lui a démontré qu’on était capable de trouver des accords”, selon son homologue de FO, Frédéric Souillot. La CGT, qui désigne les employeurs comme responsables des abus de ruptures conventionnelles et propose un “malus” pour ceux y ayant beaucoup recours, est moins accommodante. Lundi, les organisations patronales ont soumis aux syndicats un projet d’accord prévoyant de réduire à 15 mois, au lieu de 18, la durée d’indemnisation maximale pour les chômeurs de moins de 55 ans ayant signé une rupture conventionnelle. Après un accord à l’amiable, la grande majorité des demandeurs d’emploi verraient en outre leur indemnisation diminuer de 30% au-delà de six mois d’indemnisation. La CFDT défend, elle, une dégressivité qui ne serait appliquée qu'”en cas d’absence de démarche de mise en œuvre du projet professionnel”, à l’issue d’un accompagnement renforcé. “La CFE-CGC se bat depuis des années contre la dégressivité, qui ne sert à rien”, s’agace pour sa part le négociateur du syndicat des cadres, Jean-François Foucard. De l’issue de cette journée incertaine dépendra aussi la possibilité d’avancer dans l’autre négociation en cours, sur les contrats courts.
Jour J pour l’assurance chômage, la CGT mobilise devant l’Unédic
Patronat et syndicats tentent mercredi de trouver un accord sur l’assurance chômage dégageant au moins 400 millions d’euros d’économies et éviter ainsi que le gouvernement reprenne la main sur les conditions d’indemnisation.Au cœur de l’équation figurent notamment les conditions d’indemnisation des salariés ayant conclu une rupture conventionnelle, dispositif que le gouvernement juge trop coûteux. Devant le siège de l’Unédic, au moins 300 personnes se sont réunies à l’appel de la CGT, en présence de sa secrétaire générale Sophie Binet, qui a dénoncé une baisse “inédite” des droits des chômeurs de 25% depuis 2017.”On ne lutte pas contre le chômage en s’attaquant aux chômeurs”, a-t-elle ajouté, devant des militants principalement issus de la fédération du Spectacle (FNSAC) et du comité chômeurs et précaires.Parmi les propositions patronales pour trouver des économies figure l’augmentation du nombre d’heures annuel nécessaire aux intermittents du spectacle pour être indemnisés, qui passerait de 507 à 557 heures. “On peut craindre qu’avec l’adoption d’une telle mesure, beaucoup d’entre nous n’arrivent pas à ouvrir des droits à l’assurance chômage”, a expliqué Ghislain Gauthier, secrétaire général de la FNSAC.Cette proposition pourrait toutefois être écartée, les discussions devraient se focaliser sur les ruptures conventionnelles. Si un accord est trouvé, il aboutirait à des conditions d’indemnisation moins favorables pour les salariés rompant leur CDI d’un commun accord avec leur employeur, aujourd’hui soumis quasiment aux mêmes règles que les autres chômeurs. En 2024, 515.000 ruptures conventionnelles individuelles ont été conclues, notamment dans de petites entreprises. Avec des dépenses d’allocations chômage atteignant 9,4 milliards d’euros, soit 26% du total, le dispositif, créé en 2008, est trop cher aux yeux du gouvernement, qui dénonce des “abus”. Plus jeunes et plus diplômés que la moyenne des demandeurs d’emploi, les chômeurs issus de ces ruptures touchent en moyenne des allocations plus élevées, ouvrant des droits plus longtemps, selon l’Unédic.- “Voie de passage” – La négociation a été ouverte à la demande du gouvernement Lecornu, qui a écarté une réforme de l’assurance chômage plus large avec un objectif d’économies dix fois supérieur demandée en août par son prédécesseur François Bayrou: la mission confiée aux partenaires sociaux est d’économiser au moins 400 millions d’euros par an. Après une politique de la chaise vide du Medef, la négociation a connu un nouveau départ en sa présence, avec la volonté affichée des trois organisations patronales (Medef, CPME et U2P) d’économiser au moins un milliard et de négocier sur l’assurance chômage au-delà des seules ruptures conventionnelles. Irrecevable pour les syndicats.Lundi, les chefs de file des cinq syndicats représentatifs ont appelé le patronat à se montrer “raisonnable”, plusieurs se disant optimistes sur un possible accord. La secrétaire générale de la CFDT, Marylise Léon, a ainsi évoqué une “voie de passage”.”Depuis toujours on nous dit que c’est dans la philosophie du gouvernement de vouloir reprendre la main sur l’assurance chômage mais à chaque fois, on lui a démontré qu’on était capable de trouver des accords”, selon son homologue de FO, Frédéric Souillot. La CGT, qui désigne les employeurs comme responsables des abus de ruptures conventionnelles et propose un “malus” pour ceux y ayant beaucoup recours, est moins accommodante. Lundi, les organisations patronales ont soumis aux syndicats un projet d’accord prévoyant de réduire à 15 mois, au lieu de 18, la durée d’indemnisation maximale pour les chômeurs de moins de 55 ans ayant signé une rupture conventionnelle. Après un accord à l’amiable, la grande majorité des demandeurs d’emploi verraient en outre leur indemnisation diminuer de 30% au-delà de six mois d’indemnisation. La CFDT défend, elle, une dégressivité qui ne serait appliquée qu'”en cas d’absence de démarche de mise en œuvre du projet professionnel”, à l’issue d’un accompagnement renforcé. “La CFE-CGC se bat depuis des années contre la dégressivité, qui ne sert à rien”, s’agace pour sa part le négociateur du syndicat des cadres, Jean-François Foucard. De l’issue de cette journée incertaine dépendra aussi la possibilité d’avancer dans l’autre négociation en cours, sur les contrats courts.
L’Iran dénonce des “mensonges” après des accusations de Trump sur ses programmes nucléaire et balistique
L’Iran a rejeté mercredi de “gros mensonges” américains, après que Donald Trump l’a accusé de développer des missiles capables de frapper les Etats-Unis et de poursuivre ses “sinistres ambitions nucléaires”. Avant de nouveaux pourparlers entre les deux pays prévus jeudi à Genève, sous médiation omanaise, le président américain a toutefois dit privilégier la voie diplomatique alors que Téhéran estimait qu’un accord était “à portée de main”. Les Etats-Unis, qui ont multiplié les menaces d’attaque en cas d’échec de la diplomatie, ont déployé un dispositif militaire massif dans la région du Golfe. “Tout ce qu’ils avancent au sujet du programme nucléaire iranien, des missiles balistiques de l’Iran et du nombre de victimes lors des troubles de janvier n’est rien d’autre que la répétition de gros mensonges”, a déclaré sur X le porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères, Esmaïl Baghaï. Quelques heures plus tôt, M. Trump avait affirmé lors de son discours de politique générale devant le Congrès que l’Iran avait “déjà développé des missiles qui peuvent menacer l’Europe et nos bases” militaires et travaillait à concevoir des missiles “qui pourront atteindre bientôt les Etats-Unis”. – “Opportunité historique” -“Ils (…) poursuivent à l’heure actuelle leurs sinistres ambitions nucléaires”, a ajouté le président américain, qui tente d’arracher un accord garantissant notamment que l’Iran ne se dote pas de l’arme atomique. “Ma préférence va à une résolution de ce problème par la diplomatie, mais une chose est sûre: je ne permettrai jamais au principal soutien mondial du terrorisme (…) de se doter d’une arme nucléaire”, a-t-il poursuivi. “Ils veulent conclure un accord, mais nous n’avons pas encore entendu ces mots clés: +Nous n’aurons jamais l’arme nucléaire+”, a-t-il insisté. Le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, avait auparavant affirmé que son pays était “déterminé à parvenir à un accord juste et équitable — dans les plus brefs délais”. Il a fait état d’une “opportunité historique de conclure un accord sans précédent qui prenne en compte” les intérêts mutuels. “Un accord est à portée de main, mais seulement si la diplomatie est privilégiée”, a-t-il ajouté.- Manifestations d’étudiants -Téhéran se défend d’ambitions nucléaires militaires, mais insiste sur son droit au nucléaire civil, en vertu du Traité de non-prolifération (TNP) dont il est signataire.L’Iran et les Etats-Unis, qui ont renoué le dialogue le 6 février à Mascate, avaient tenu cinq sessions de pourparlers nucléaires l’an dernier, stoppés net par la guerre de 12 jours déclenchée en juin par une attaque israélienne, durant laquelle Washington avait bombardé des sites nucléaires iraniens.Le président américain a également affirmé que les autorités iraniennes avaient tué 32.000 personnes dans la répression d’une vague inédite de contestation qui a culminé les 8 et 9 janvier.Les responsables iraniens reconnaissent plus de 3.000 morts dans ces manifestations, mais imputent les violences à des “actes terroristes” orchestrés par les Etats-Unis et Israël. L’organisation Human Rights Activists News Agency (HRANA), basée aux Etats-Unis, a elle recensé plus de 7.000 morts, des manifestants pour la plupart, précisant que le bilan réel est probablement bien plus élevé. En Iran, des étudiants des universités de Téhéran ont recommencé à manifester contre le pouvoir depuis la reprise des cours samedi. La porte-parole du gouvernement, Fatemeh Mohajerani, a reconnu mardi qu’ils avaient “le droit de manifester”, mais les a avertis de ne pas franchir des “lignes rouges”. Des vidéos diffusées sur les réseaux sociaux et authentifiées par l’AFP ont montré des étudiants brûler le drapeau de la République islamique et scander notamment “Mort au dictateur”, en référence au guide suprême, Ali Khamenei.Selon un habitant de Téhéran, interrogé par un journaliste de l’AFP basé à l’étranger, les protestations se limitent aux grandes universités.
L’Assemblée se prononce à nouveau sur la loi créant une aide à mourir
L’Assemblée nationale se prononcera à nouveau mercredi sur la création d’un droit à l’aide à mourir, réforme sociétale majeure débattue depuis plusieurs années, qui avait été largement adoptée en première lecture, mais sur laquelle subsistent des points de friction.Le suspense sur le nombre de députés qui soutiendront le texte sera finalement plus important que prévu à cause de certains changements adoptés durant son examen. Ils feront l’objet d’un nouveau vote mercredi avant celui sur l’ensemble du texte, et pourraient faire basculer certains élus.Les scrutins, prévus à partir de 15H00, ont dû être repoussés d’une journée pour terminer l’examen des quelque 2.000 amendements, qui aura duré plus d’une semaine. La proposition de loi doit ensuite repartir au Sénat.Les députés adopteront d’abord un premier texte sur le développement des soins palliatifs, consensuel, qui prévoit notamment la création de “maisons d’accompagnement”, intermédiaires entre le domicile et l’hôpital.Le “droit opposable” à disposer de soins palliatifs a toutefois été supprimé, face aux risques de contentieux qu’il entraînerait, selon ses contempteurs.- Mode d’administration -Les députés n’auront toujours pas de consigne de vote de leur groupe mercredi sur un sujet jugé plus intime que politique.Ainsi le député RN Jean-Philippe Tanguy, proche de Marine Le Pen, a expliqué qu’il voterait pour alors même que la cheffe du groupe y est opposée. Mais avant le vote solennel, l’Assemblée devra trancher deux points précis du texte.Source de la principale incertitude: la seconde délibération réclamée sur le mode d’administration de la substance létale qu’un patient pourra demander pour mettre fin à sa vie.Initialement, selon le texte, le malade devait s’administrer lui-même le produit, sauf s’il n’était “physiquement pas en mesure” de le faire, auquel cas un médecin ou un infirmier s’en chargerait.Mais plusieurs amendements ont été adoptés lors des discussions, parfois sur un fil, pour que l’administration par un soignant ne soit plus l’exception, et puisse être librement choisie.Une manière de respecter “l’ultime liberté de la personne”, qui pourrait ainsi accorder son “attention aux personnes qui l’entourent” plutôt qu’à ce geste, a fait valoir auprès de l’AFP la socialiste Océane Godard.Une “ligne rouge”, estime au contraire Agnès Firmin-Le Bodo (Horizons), pour qui l’auto-administration est une façon de vérifier la “volonté libre et éclairée (du patient) jusqu’au bout”. Un tel changement mettrait selon elle “en péril le vote du texte”. Le député RN Théo Bernhardt avait lui aussi dit dans l’hémicycle qu’il ne pourrait alors plus “voter pour”. “Ce texte ouvre une boîte de Pandore et ne pose pas les limites suffisantes pour prémunir la société des dérives”, a abondé de son côté la porte-parole du gouvernement, Maud Bregeon.A l’inverse, la cheffe des députés insoumis, Mathilde Panot, a évoqué sur France 2 “un grand moment d’avancée humaniste (…) attendu par des millions de gens”. – Calendrier serré -L’auteur de la proposition de loi, Olivier Falorni (groupe MoDem), modère toutefois les inquiétudes: il trouverait “très surprenant” qu’elle soit rejetée pour cette raison.Tout en défendant malgré tout le statu quo, au nom de l'”équilibre” trouvé en première lecture, bien que personnellement favorable au libre choix du mode d’administration.Les députés devront également à nouveau voter sur l’ajout, souhaité par le gouvernement, d’une précision indiquant qu’une “souffrance psychologique seule” ne peut permettre de bénéficier de l’aide à mourir.”Superfétatoire”, estime M. Falorni. Une dépression ne pourra par exemple jamais permettre d’accéder à une aide à mourir, vu les critères cumulatifs à remplir pour y être éligible, a-t-il dit à l’AFP.Mis à part ces points encore en suspens, le texte n’a que peu évolué.Les députés ont validé les critères d’éligibilité, la procédure collégiale d’instruction de la demande, et la clause de conscience pour les soignants.Certains ont tenté, en vain, de remplacer le terme d’aide à mourir par ceux de suicide assisté et d’euthanasie, ou encore de supprimer le délit d’entrave prévu. Un délit d’incitation a été ajouté.Le parcours législatif du texte est encore loin d’être fini. Il doit être à nouveau étudié en avril au Sénat, qui l’avait rejeté en bloc en première lecture. Le gouvernement devra ensuite vraisemblablement donner le dernier mot à l’Assemblée.Ce qui supposerait une réunion pour tenter de concilier sénateurs et députés, et, après un probable échec, une nouvelle lecture dans les deux chambres, puis une lecture définitive à l’Assemblée.Les défenseurs de la loi souhaitent qu’elle soit promulguée à l’été. Un calendrier très serré aux yeux de certains députés.
L’Assemblée se prononce à nouveau sur la loi créant une aide à mourir
L’Assemblée nationale se prononcera à nouveau mercredi sur la création d’un droit à l’aide à mourir, réforme sociétale majeure débattue depuis plusieurs années, qui avait été largement adoptée en première lecture, mais sur laquelle subsistent des points de friction.Le suspense sur le nombre de députés qui soutiendront le texte sera finalement plus important que prévu à cause de certains changements adoptés durant son examen. Ils feront l’objet d’un nouveau vote mercredi avant celui sur l’ensemble du texte, et pourraient faire basculer certains élus.Les scrutins, prévus à partir de 15H00, ont dû être repoussés d’une journée pour terminer l’examen des quelque 2.000 amendements, qui aura duré plus d’une semaine. La proposition de loi doit ensuite repartir au Sénat.Les députés adopteront d’abord un premier texte sur le développement des soins palliatifs, consensuel, qui prévoit notamment la création de “maisons d’accompagnement”, intermédiaires entre le domicile et l’hôpital.Le “droit opposable” à disposer de soins palliatifs a toutefois été supprimé, face aux risques de contentieux qu’il entraînerait, selon ses contempteurs.- Mode d’administration -Les députés n’auront toujours pas de consigne de vote de leur groupe mercredi sur un sujet jugé plus intime que politique.Ainsi le député RN Jean-Philippe Tanguy, proche de Marine Le Pen, a expliqué qu’il voterait pour alors même que la cheffe du groupe y est opposée. Mais avant le vote solennel, l’Assemblée devra trancher deux points précis du texte.Source de la principale incertitude: la seconde délibération réclamée sur le mode d’administration de la substance létale qu’un patient pourra demander pour mettre fin à sa vie.Initialement, selon le texte, le malade devait s’administrer lui-même le produit, sauf s’il n’était “physiquement pas en mesure” de le faire, auquel cas un médecin ou un infirmier s’en chargerait.Mais plusieurs amendements ont été adoptés lors des discussions, parfois sur un fil, pour que l’administration par un soignant ne soit plus l’exception, et puisse être librement choisie.Une manière de respecter “l’ultime liberté de la personne”, qui pourrait ainsi accorder son “attention aux personnes qui l’entourent” plutôt qu’à ce geste, a fait valoir auprès de l’AFP la socialiste Océane Godard.Une “ligne rouge”, estime au contraire Agnès Firmin-Le Bodo (Horizons), pour qui l’auto-administration est une façon de vérifier la “volonté libre et éclairée (du patient) jusqu’au bout”. Un tel changement mettrait selon elle “en péril le vote du texte”. Le député RN Théo Bernhardt avait lui aussi dit dans l’hémicycle qu’il ne pourrait alors plus “voter pour”. “Ce texte ouvre une boîte de Pandore et ne pose pas les limites suffisantes pour prémunir la société des dérives”, a abondé de son côté la porte-parole du gouvernement, Maud Bregeon.A l’inverse, la cheffe des députés insoumis, Mathilde Panot, a évoqué sur France 2 “un grand moment d’avancée humaniste (…) attendu par des millions de gens”. – Calendrier serré -L’auteur de la proposition de loi, Olivier Falorni (groupe MoDem), modère toutefois les inquiétudes: il trouverait “très surprenant” qu’elle soit rejetée pour cette raison.Tout en défendant malgré tout le statu quo, au nom de l'”équilibre” trouvé en première lecture, bien que personnellement favorable au libre choix du mode d’administration.Les députés devront également à nouveau voter sur l’ajout, souhaité par le gouvernement, d’une précision indiquant qu’une “souffrance psychologique seule” ne peut permettre de bénéficier de l’aide à mourir.”Superfétatoire”, estime M. Falorni. Une dépression ne pourra par exemple jamais permettre d’accéder à une aide à mourir, vu les critères cumulatifs à remplir pour y être éligible, a-t-il dit à l’AFP.Mis à part ces points encore en suspens, le texte n’a que peu évolué.Les députés ont validé les critères d’éligibilité, la procédure collégiale d’instruction de la demande, et la clause de conscience pour les soignants.Certains ont tenté, en vain, de remplacer le terme d’aide à mourir par ceux de suicide assisté et d’euthanasie, ou encore de supprimer le délit d’entrave prévu. Un délit d’incitation a été ajouté.Le parcours législatif du texte est encore loin d’être fini. Il doit être à nouveau étudié en avril au Sénat, qui l’avait rejeté en bloc en première lecture. Le gouvernement devra ensuite vraisemblablement donner le dernier mot à l’Assemblée.Ce qui supposerait une réunion pour tenter de concilier sénateurs et députés, et, après un probable échec, une nouvelle lecture dans les deux chambres, puis une lecture définitive à l’Assemblée.Les défenseurs de la loi souhaitent qu’elle soit promulguée à l’été. Un calendrier très serré aux yeux de certains députés.
Rubio meets Caribbean leaders as US raises pressure on Cuba
US Secretary of State Marco Rubio will seek to address Caribbean leaders’ concerns about Cuba at a summit on Wednesday, as Washington ramps up pressure on the communist island fresh after removing Venezuela’s president.Rubio, a Cuban-American who has spent his political career hoping to topple Havana’s government, is also looking for sustained cooperation on Venezuela and troubled Haiti as he takes part in the summit of the Caribbean Community, or CARICOM, which does not include Cuba.After attending President Donald Trump’s State of the Union address to Congress, Rubio flew overnight to join the summit in Saint Kitts and Nevis, a sun-kissed former British colony of fewer than 50,000 people.Rubio became the highest-ranking US official ever to visit the tiny country, the birthplace of one of the United States’ founding fathers, Alexander Hamilton.Trump has reoriented foreign policy toward the Western Hemisphere through his “Donroe Doctrine” in which he has vowed unrepentant intervention to advance US interests.After US forces snatched Venezuela’s leftist leader Nicolas Maduro in a January 3 raid, the Latin American country has been forced to cut off its crucial oil shipments to Cuba.This has plunged Cuba into a further economic morass with fuel shortages and rolling blackouts.Speaking at the opening of the CARICOM summit on Tuesday, Jamaican Prime Minister Andrew Holness warned that a further deterioration in Cuba will impact stability across the Caribbean and trigger migration — the top political concern for Trump.”Humanitarian suffering serves no one,” Holness said. “A prolonged crisis in Cuba will not remain confined to Cuba.”- Plea for ‘stability’ -Holness said that Jamaica believed in democracy and free markets — a rebuke to the communist system in Havana — but called for “humanitarian relief” for Cubans.”Jamaica supports constructive dialogue between Cuba and the United States aimed at de-escalation, reform and stability,” he said.”We believe there is space, perhaps more space now than in years past, for pragmatic engagement.”The summit’s host, Saint Kitts and Nevis Prime Minister Terrance Drew, also called for humanitarian backing to Cuba, saying: “A destabilized Cuba will destabilize all of us.”A medical doctor, Drew studied for seven years in Cuba and said friends there have told him of food scarcity, power outages and garbage strewn in the streets.”I can only feel the pain of those who treated me so well when I was a student,” he said.The United States has imposed sanctions on Cuba almost continuously since Fidel Castro’s 1959 revolution.Since becoming the top US diplomat, Rubio has publicly toned down calls for regime change, and Washington has quietly held discussions with Havana.Trump and Rubio have threatened sanctions against countries that sell oil to Cuba but stopped short of enacting some measures pushed by Cuban-American hardline critics of Havana, such as prohibiting the transfer of remittances.- ‘Elephant in the room’ -Kamla Persad-Bissessar, the prime minister of Trinidad and Tobago, said she empathized with the Cuban people but took issue with her Jamaican counterpart’s remarks.”We cannot advocate for others to live under communism and dictatorship,” she said.She also criticized CARICOM countries for their reticence, at least publicly, to back what she called the “elephant in the room” — US intervention in Venezuela.Trinidad and Tobago, whose coast is visible from Venezuela, gave access to the US military in the run-up to the operation that removed Maduro.The deposed Venezuelan leader faces US charges of narco-trafficking, which he denies.Persad-Bissessar thanked Trump, Rubio “and the US military… for standing firm against narco-trafficking, human and arms smuggling.”The Trump administration has been carrying out deadly strikes against alleged drug boats in the Caribbean, drawing criticism by those who say the attacks are legally and ethically dubious.The Trinidadian prime minister praised the US approach and credited it with bringing down her country’s homicide rate by helping cut the flow of firearms from Venezuela.
Manifestante de 73 ans blessée par la police: ouverture du procès en appel d’un commissaire
Un commissaire condamné en 2024 pour avoir ordonné une charge qui a grièvement blessé une septuagénaire lors d’une manifestation de “gilets jaunes” interdite, à Nice en 2019, est rejugé en appel mercredi à Lyon.La victime, Geneviève Legay, 80 ans, a été accueillie à son arrivée au tribunal par une trentaine de militants de l’association altermondialiste Attac qui avaient déployé une banderole: “Justice pour Geneviève Legay et pour toutes les violences policières”.”J’aimerais qu’on gagne pour que cela fasse jurisprudence pour tous les autres qui n’ont pas de procès”, a déclaré à la presse la Niçoise, en référence à d’autres manifestants blessés durant le mouvement des “gilets jaunes”.”En droit, mon client n’a rien fait. Il n’a pas commis d’acte délictuel. Il a donné un ordre et cet ordre a été mal exécuté”, a soutenu pour sa part Me Laurent-Franck Liénard, l’avocat du commissaire Rabah Souchi.L’audience, qui doit durer toute la journée, a débuté vers 09h00. Elle reviendra sur la journée du 23 mars 2019. Ce jour-là, Mme Legay, alors âgée de 73 ans et porte-parole départementale d’Attac, avait pris part à une manifestation non autorisée de “gilets jaunes” dans le centre de Nice.Les images de cette femme aux cheveux gris entourée de policiers, d’abord debout avec un drapeau arc-en-ciel puis inanimée au sol après la charge, avaient fait des remous, tout comme les efforts des autorités pour tenter de disculper la police ou les propos du président Emmanuel Macron souhaitant “une forme de sagesse” à la septuagénaire.Victime de multiples fractures, en particulier au crâne, Mme Legay était restée deux mois à l’hôpital. Elle en garde des séquelles: plus d’odorat, ouïe et goût perturbés, 45 séances de kiné pour retrouver un peu d’équilibre et un long suivi psychologique. En mars 2024, le tribunal correctionnel de Lyon avait condamné Rabah Souchi à six mois de prison avec sursis pour “complicité de violence par une personne dépositaire de l’autorité publique”.Il avait suivi les réquisitions du procureur pour qui l’ordre de charger les manifestants “n’était pas justifié ni proportionné ni nécessaire” dans le contexte établi.Lors du procès, M. Souchi avait assuré que la décision de charger était “la tactique la plus efficace ce jour-là” afin de répondre à l’objectif de dispersion fixé par le préfet. Il avait également accusé le policier qui a bousculé Mme Legay de s’être “détaché de l’action collective”.Il est depuis deux ans directeur adjoint de la police municipale de Nice.En mai 2024, dans une procédure distincte, le tribunal administratif de Nice avait reconnu l’Etat responsable à 80% des blessures subies par Geneviève Legay, jugeant qu’elles résultaient “directement d’une mesure prise par l’autorité publique”.Il avait toutefois noté que Mme Legay avait “fait preuve d’une imprudence délibérée”, lui imputant une part de responsabilité à 20%.







