L’Ukraine en alerte aux missiles, au moins quatre morts à Kiev

La Russie a mené des bombardements d’ampleur dans la nuit de jeudi à vendredi sur l’Ukraine, où les autorités ont fait état d’au moins quatre morts à Kiev et d’une frappe de missile à vitesse hypersonique dans l’ouest.Le président Volodymyr Zelensky avait prévenu jeudi soir du risque d’une “attaque massive russe” imminente après que la Russie a rejeté un plan européen du déploiement d’une force multinationale en Ukraine après une éventuelle fin de la guerre.A Kiev, la police a fait état de plusieurs immeubles résidentiels frappés par des drones, avec quatre morts et 24 blessés à la clé.Parmi les morts figure un secouriste déployé sur l’un des sites touchés, tué par une nouvelle frappe de drone, a précisé le maire Vitali Klitschko, évoquant aussi des infrastructures endommagés et des coupures de courant.Le chef de l’administration militaire régionale, Mykola Kalachnyk, a précisé que “l’ennemi attaque massivement Kiev avec des drones explosifs”.A l’échelle nationale, l’armée de l’Air a lancé une “alerte aux missiles à travers toute l’Ukraine”, évoquant des missiles balistiques provenant de la base de Kaspoutine Iar, à quelque 400 kilomètres à l’est de la frontière.A l’ouest, la ville de Lviv a fait l’objet dans la nuit d’une “frappe de missile”, a indiqué le chef de l’administration de Lviv, Maksym Kozytsky, sans faire état de victimes.Selon le maire de la ville, AndriÏ Sadovyï, “une infrastructure critique” non précisée a été touchée. Le commandement occidental de l’armée de l’Air a évoqué de son côté une frappe sur Lviv intervenue à 23H47 (21H47 GMT) avec un missile balistique se déplaçant à une vitesse hypersonique de 13.000 km/h.Il a cependant précisé que “le type de missile avec lequel les agresseurs russes ont attaqué la ville sera confirmé après étude de ses éléments”.- 500.000 Russes sans courant -Cette frappe, près de la frontière de la Pologne, membre de l’UE, intervient alors que les autorités ukrainiennes redoutent une nouvelle attaque à l’aide du missile hypersonique russe Orechnik.Ce dernier peut, selon Vladimir Poutine, atteindre la vitesse de Mach 10, soit plus de 12.000 km/h. Il a été déployé mi-décembre au Bélarus, pays allié de la Russie, avait annoncé alors son président Alexandre Loukachenko.L’arme, capable de frapper avec des ogives nucléaires des cibles à plusieurs milliers de kilomètres, a été utilisée pour la première fois avec des têtes conventionnelles en 2024 contre la ville de Dnipro, dans le centre-est de l’UkrainePrès de quatre ans après le lancement de l’offensive à grande échelle du Kremlin, Moscou continue de bombarder l’Ukraine, en ciblant notamment les infrastructures énergétiques du pays : plus d’un million d’habitants du centre de l’Ukraine ont été privés jeudi d’eau et de chauffage, par des températures glaciales, après des frappes nocturnes de drones.En réponse, l’Ukraine multiplie également les frappes sur les infrastructres énergétiques russes.Quelque 556.000 personnes ont ainsi été privées vendredi matin de courant et de chauffage dans la région russe de Belgorod, jouxtant la ville ukrainienne de Kharkiv, selon le gouverneur local, Viatcheslav Gladkov.Ces nouvelles frappes interviennent alors que les discussions diplomatiques impulsée par Donald Trump ces derniers mois sur ce conflit semblent bloquées.Moscou a rejeté jeudi un plan européen de déploiement d’une force multinationale destinée à garantir la sécurité de l’Ukraine après une éventuelle fin de la guerre.”Les nouvelles déclarations militaristes de la soi-disant Coalition des volontaires et du régime de Kiev font d’eux un véritable +axe de la guerre+”, a dénoncé la porte-parole de la diplomatie russe, Maria Zakharova.Il s’agissait de la première réaction de Moscou depuis le sommet sur les garanties de sécurité pour Kiev ayant réuni mardi à Paris les 35 pays membres de la “Coalition des volontaires”, essentiellement européens, avec la participation du président ukrainien Volodymyr Zelensky et le soutien de Washington.Ils se sont accordés pour déployer une force multinationale en Ukraine et participer à la surveillance d’un potentiel cessez-le-feu sous “leadership” américain, une fois conclu un hypothétique accord avec la Russie.

Quand les robots humanoïdes rêvent de mettre K.O. le MMA

Cerné par les casinos de Las Vegas, le chapiteau de la célèbre BattleBots Arena n’accueille pas un énième combat de destruction de véhicules robotisés. Pour la première fois, les machines ont forme humaine: deux robots de la taille d’écoliers titubent en s’échangeant quelques crochets devant un public mi-curieux mi-enthousiaste.Loin des engins armés de scies ou …

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Après la neige, les vents violents: la tempête Goretti s’abat sur la France

Le nord-ouest de la France, à peine remis d’un épisode neigeux, affronte la tempête Goretti avec une rafale de vent mesurée à plus de 200 km/h en Normandie et des coupures d’électricité touchant 50.000 foyers dans la nuit de jeudi à vendredi.Du Finistère à la Seine-Maritime, les pompiers ont effectué des dizaines d’interventions pour des chutes d’arbres et de câbles électriques.Selon les premiers bilans, aucune victime grave n’a été recensée dans les régions touchées.Environ 20.000 foyers étaient privés d’électricité en Bretagne, 7.000 en Pays-de-la-Loire et 5.000 en Normandie, pour un total de 50.000 au niveau national, a annoncé le gestionnaire de réseau Enedis, précisant que la situation restait évolutive.Une rafale de vent a atteint 213 km/h à Barfleur, sur la côte nord-est du département de la Manche secoué par la tempête Goretti, a annoncé la préfecture. Selon les prévisions, le pic d’intensité était attendu entre 0h30 et 1h00 du matin.Peu avant 21H00, le vent soufflait déjà très fort dans le port de plaisance de Cherbourg, quasiment désert. Les drisses et les mâts des voiliers qui s’entrechoquent résonnent dans tout le bassin, constate un journaliste de l’AFP.Jean-Michel Coleman, un Franco-Américain de 58 ans dont le père a débarqué sur Omaha Beach, arrime son voilier “avec quatre sangles pour poids lourds qui supportent 15 tonnes chacune”. “Ce soir il vaut mieux plus que pas assez”, explique-t-il, en attribuant au changement climatique les tempêtes selon lui “de plus en plus fréquentes”.La Manche, seul département placé en vigilance rouge, niveau d’alerte le plus élevé, a été rétrogradé comme prévu en orange à 3h00 du matin vendredi. “Le plus fort de l’événement est passé en Bretagne, ainsi que sur le département de la Manche”, a indiqué Météo-France. Un tel seuil pour vents violents en France avait été atteint la dernière fois lors de la tempête Ciaran en 2023.Le pays avait alors été balayé par des rafales à près de 200 km/h, privant d’électricité plus d’un million de foyers et couchant au sol des pans entiers de forêt.- Population calfeutrée -Sur les îles Chausey, au large de Granville, la population s’est calfeutrée. “J’ai mon ciré, mes bottes, ma lampe torche, ma tronçonneuse aussi, tout est prêt”, témoigne pour l’AFP Hervé Hillard, habitant de l’archipel.La préfecture de la Manche a appelé la population à rester à l’abri durant la tempête. Les écoles, collèges et lycées sont fermés vendredi dans ce département ainsi qu’en Seine-Maritime.Les autorités ont également incité les habitants de la Manche à prévoir des moyens d’éclairage de secours et une réserve d’eau potable.Dans son bulletin publié à 6H, Météo France a maintenu 21 départements en vigilance orange vents jusqu’à 18H vendredi. La Normandie, les Hauts-de-France, l’Ile-de-France et l’Eure-et-Loir dans la partie nord de l’Hexagone, mais aussi les Landes et les Pyrénées-Atlantique dans le sud-ouest restent concernés par ce niveau d’alerte.Les vigilances orange “vagues-submersion”, qui concernaient la Somme, la Seine-Maritime et la Calvados, ont en revanche toutes été levées, tout comme la vigilance orange “neige-verglas”, dans les Alpes.Dans le Calvados “le vent se renforce”, avec notamment des rafales à 144km/h relevées à Ondefontaine ou encore 139km/h à Jurques, a indiqué la préfecture tôt vendredi.Le préfet de Normandie Jean-Benoît Albertini a dit se préparer à un “événement dont l’ampleur dépasse ceux observés habituellement” dans la région. Un millier de pompiers y sont mobilisés. Le gestionnaire du réseau électrique Enedis a fait venir des renforts et mis en place un dispositif de crise.- Vagues de 10 mètres -La préfecture maritime de la Manche et de la mer du Nord a demandé de ne pas prendre la mer, redoutant la formation de vagues de plus de 10 mètres.L’abbaye du Mont Saint-Michel a fermé ses portes jeudi à 17h et ne devrait rouvrir qu’à 14h vendredi.Cinq grands viaducs, dont le pont de Normandie ou le pont de Cheviré à Nantes, sont fermés de manière “préventive” jusqu’à vendredi matin.La circulation des trains est elle suspendue dans l’ensemble de la Normandie à partir de 22H00 et sera aussi perturbée en Bretagne ainsi que dans les Hauts-de-France.En région parisienne, les rafales devaient atteindre environ “90 à 100 km/h voire plus” pendant plusieurs heures, selon Météo-France.La tempête Goretti affecte aussi le Royaume-Uni, où l’agence britannique de météorologie, le Met Office, a émis une alerte rouge aux vents violents pour les Cornouailles, dans le sud-ouest de l’Angleterre.Les compagnies maritimes qui desservent la Corse ont par ailleurs annoncé des perturbations entre jeudi et dimanche en raison des forts vents prévus sur la Méditerranée. La Corsica Linea et la Méridionale ont ainsi annulé des trajets entre l’île et Marseille. La préfecture maritime de Méditerranée a demandé de “reporter” les sorties en mer et de vérifier les amarrages des bateaux.bur-ban-llb-mac-mas/aro/lpa/ega

Manifestations à Minneapolis après la mort d’une femme tuée par la police de l’immigration

Des milliers de personnes se sont rassemblées jeudi à Minneapolis, où la police de l’immigration a abattu une femme la veille et obtenu le soutien décrié de la Maison Blanche, tandis que plus à l’ouest, à Portland, deux personnes ont été blessées par des tirs de la police aux frontières. A Portland, bastion démocrate de l’Oregon (extrême nord-ouest, limitrophe du Canada) deux personnes ont été admises à l’hôpital “à la suite d’une fusillade impliquant des agents fédéraux”, a expliqué la police municipale.La gouverneure de l’Oregon, Tina Kotek, a fait part jeudi soir lors d’une conférence de presse de ses inquiétudes concernant l’usage de la force par les agents fédéraux à Portland et a demandé une enquête approfondie sur l’évènement.Il s’est déroulé lors d’un contrôle de police sur une voiture, selon le ministère de la Sécurité intérieure, qui affirme que le passager est un sans-papiers vénézuélien lié au gang Tren de Aragua.Les deux occupants ont tenté de “rouler sur les policiers”, qui ont répliqué, affirme le ministère sur X, offrant un récit officiel proche de celui fourni à Minneapolis – bien que les deux incidents soient distincts.  En effet, avant cela, le vice-président JD Vance a martelé que le policier qui a abattu une Américaine de 37 ans à Minneapolis (Minnesota, centre-nord) avait agi pour protéger sa vie et celle de ses collègues, alors que la victime tentait de les renverser en voiture. La Maison Blanche évoque la “légitime défense” de la police de l’immigration, l’ICE.Des “conneries”, réplique le maire démocrate Jacob Frey, qui conteste fermement cette version officielle. L’opposition démocrate locale dénnonce la “propagande” de l’administration Trump, s’appuyant sur plusieurs vidéos de témoins montrant la scène sous différents angles.On y voit le SUV de la victime bloquer le passage d’un convoi de l’ICE. Puis plusieurs policiers demandent à la conductrice de sortir de son véhicule. L’un d’eux tente d’ouvrir la portière. Mais, alors que la voiture redémarre pour s’éloigner des agents, un policier placé à l’avant-gauche du véhicule ouvre le feu à plusieurs reprises. Des centaines de personnes se sont rassemblées jeudi dans la banlieue de cet autre bastion démocrate pour protester contre l’ICE, principal outil de la politique d’expulsion à grande échelle de l’administration Trump.Des manifestations se sont également déroulées dans plusieurs autres villes américaines, dont Washington et New York. – “Ils ne me croient pas” -Plusieurs personnes ont été arrêtées à Minneapolis jeudi après des heurts entre protestataires et policiers devant un bâtiment fédéral.Des centaines d’habitants se sont également rassemblées dans le calme sur les lieux des tirs de mercredi, où un mémorial a été improvisé sur la neige avec des bougies et des dizaines de bouquets de fleurs. Il se situe à moins de deux kilomètres du lieu où l’Afro-Américain George Floyd avait été tué en 2020 par un policier blanc, provoquant des semaines de manifestations antiracistes à travers les Etats-Unis.Abdinasir Abdullahi, 38 ans, citoyen américain depuis une quinzaine d’années, d’origine éthiopienne, raconte à l’AFP le climat de peur que provoquent ces descentes de la police de l’immigration, affirmant qu’il ne se déplace plus sans son passeport. “Ils ne me croient pas si je dis que je suis Américain. Ils ne veulent pas vous croire”, dit-il.Interrogée par l’AFP lors de la manifestation, Shanda Copeland, 62 ans, estime que “ça ne peut plus continuer ainsi”. “Je ne peux pas rester chez moi à regarder sans rien faire.”Une cagnotte totalisant déjà plus d’un million de dollars a été lancée pour soutenir la famille de la victime, Renee Nicole Good. Des photos de cette mère de trois enfants, blonde et souriante, ont été affichées dans les rues de Minneapolis, avec la mention “Assassinée par ICE.”La Maison Blanche a continué de défendre l’action de ses agents et dénoncé “un mouvement de gauche dangereux” qui mène “un assaut organisé” à travers le pays contre les forces de l’ordre. Le FBI est seul en charge de l’enquête sur les tirs visant Renee Nicole Good commis mercredi matin, alors que l’ICE menait une vaste série d’opérations.A plusieurs reprises ces derniers mois, des personnes sont mortes, souvent accidentellement, en tentant d’échapper à des contrôles de l’ICE. Des agents ont également plusieurs fois tiré sur des conducteurs qui tentaient de les renverser, selon la version de l’administration, faisant au moins un mort en septembre à Chicago.

US immigration agent’s fatal shooting of woman leaves Minneapolis in shock

The snow-lined street in the midwestern city of Minneapolis where Renee Nicole Good was gunned down by an immigration agent Wednesday lies less than a mile from the site of another slaying that shook Americans.In 2020, George Floyd was killed by a police officer in the same neighborhood, sparking a wave of Black Lives Matter (BLM) protests here and across the country, as the United States examined bias in law enforcement and generations of fractured race relations.But some now fear the act of protest itself, saying it has grown more dangerous under the Trump administration.”I’d like to, but it’s scary, you don’t want to get shot in the face,” 26-year-old Grace told AFP, adding: “I’m not surprised that they shot and killed someone here.””I went to a protest before Christmas, and I was very scared about even going to that, even before anyone was shot.”Grace said she joined BLM protests in the past and feared being tracked by the government then, but those concerns have grown “under this administration, where Trump just relentlessly pursues anyone in contrast to him.” What’s worse, some comments online “are horrific, people saying she deserved it,” Grace said.”I don’t know how we’re going to come back from this as a country.”- ‘People are tired’ -Like many Minneapolis natives, 36-year-old Anthony Emanuel was deeply shaken when George Floyd, a Black man, was murdered by a white police officer who knelt on his neck.Floyd’s dying words — “I can’t breathe” — were chanted at protests across the country, and Emanuel took part. But Emanuel, who works as a ride-share driver, is uncertain about protesting this time.”I think people are just tired. And I think people are tired and still figuring it out, still going to work… still behind on bills,” Emanuel said, citing political and financial pressures that only grow in hard economic times.”We’re still exhausted from George Floyd. We’ve still been rebuilding. And now another wave has come, and some people who had the energy don’t anymore.” The street where Good was killed, Portland Avenue, runs from downtown Minneapolis to its southern neighborhoods. It’s a road driven daily by Jessica Dreischmeier, 39, who works in children’s mental health care.Despite the biting cold Thursday, she stopped to pay her respects at the makeshift memorial for Good, where dozens of bouquets and candles have been laid in the snow.With wet eyes she confides she has mixed feelings: the awe of seeing those gathered to share her community’s grief “in such a kind of profound and respectful way” and the harsh contrast of knowing outsiders can “come and create havoc.”From a distance, US President Donald Trump and his Vice President JD Vance were quick to defend the federal agent’s actions as self-defense, while local Democratic leaders strongly refuted that version of events.”I don’t think that is a helpful approach for the leader of our country, to take that stance really recklessly. I think makes people feel a lot of deep rage,” Dreischmeier said.Meanwhile, Minneapolis City Council member Jason Chavez on Thursday called for the immediate arrest and firing of the ICE agents who “were complicit in the act,” adding: “They need to be held accountable for their atrocities. And we will take nothing less than that.”

Mercosur: l’UE proche du but après vingt-cinq ans de suspense

Après plus de vingt-cinq ans de négociations, l’Union européenne touche du doigt l’accord commercial avec le Mercosur, qui pourrait recevoir l’aval des Etats européens vendredi, malgré la colère des agriculteurs et l’opposition de la France.Depuis 1999, la Commission européenne mène des tractations ardues pour créer l’une des plus grandes zones de libre-échange au monde avec l’Argentine, le Brésil, le Paraguay et l’Uruguay.Entre fausses promesses de dénouement imminent et longues mésententes, les négociations ont achoppé des années durant sur la question agricole.Cette fois, Bruxelles croit l’accord à portée de main.Pour ses détracteurs, il va bousculer l’agriculture européenne à coups de produits moins chers et pas forcément respectueux des normes environnementales de l’UE, faute de contrôles suffisants. Pour ses thuriféraires comme l’Allemagne et l’Espagne, cet accord va permettre au contraire de relancer une économie européenne à la peine, affaiblie par la concurrence chinoise et les droits de douane aux Etats-Unis.En dépit de la contestation redoublée des agriculteurs européens, Ursula von der Leyen espère parapher ce traité lundi au Paraguay.Avant de s’envoler vers l’Amérique latine, la présidente de la Commission européenne a besoin de la bénédiction des Etats européens, à la majorité qualifiée, lors d’un vote attendu ce vendredi.L’Italie, qui avait demandé un délai supplémentaire en décembre, semble cette fois prête à donner son aval, potentiellement décisif.La France est toujours contre, comme l’a annoncé Emmanuel Macron jeudi soir, invoquant un “rejet unanime” de la classe politique hexagonale.La Pologne, la Hongrie, l’Irlande, mais aussi l’Autriche devraient également s’y opposer, sans parvenir à bloquer l’accord pour autant.Ce traité entre l’UE et quatre pays du Mercosur créerait une zone de libre-échange de plus de 700 millions de consommateurs, réclamée par les milieux d’affaires.En supprimant une large part des droits de douane, il favoriserait les exportations européennes de voitures, de machines, de vins ou de fromages. Dans le sens inverse, il faciliterait l’entrée en Europe de boeuf, de volaille, sucre, riz, miel et soja sud-américains, avec des quotas de produits détaxés qui alarment les filières concernées.- “Echec diplomatique” pour la France -Le retour de Donald Trump à la Maison Blanche a donné un argument supplémentaire aux partisans de l’accord.L’Union européenne doit diversifier ses partenariats commerciaux, martèle ainsi Bruxelles. L’accord avec le Mercosur est “essentiel sur le plan économique, politique, stratégique et diplomatique”, a insisté Olof Gill, un porte-parole de la Commission.Et “les priorités agricoles ont été au coeur” des discussions, a-t-il assuré jeudi. “Nous avons négocié comme des fous”.Dans l’espoir d’amadouer les agriculteurs, Bruxelles a enchaîné les concessions ces derniers mois, dont des garanties renforcées pour protéger les produits sensibles ou un geste budgétaire dans la future politique agricole commune (PAC) de l’UE.Mais rien n’y a fait. La colère agricole est repartie de plus belle, en particulier en France, où des tracteurs étaient à Paris jeudi pour dénoncer tout à la fois le Mercosur, le prix des engrais ou la gestion gouvernementale de l’épizootie de dermatose nodulaire contagieuse (DNC) chez les bovins.Empêtré dans l’instabilité politique, Emmanuel Macron a paru hésiter sur ce traité avec le Mercosur, “pas acceptable en l’état”.Mais la pression politique était trop forte, avec la menace de la droite de faire tomber le gouvernement de Sébastien Lecornu en cas de soutien à l’accord. Et même malgré le non d’Emmanuel Macron au Mercosur, l’extrême droite française a annoncé deux motions de censure à l’Assemblée nationale et au Parlement européen, aux faibles chances d’aboutir.L’Union européenne s’apprête à approuver un traité commercial contre l’avis de la première puissance agricole du continent, une situation quasiment inédite.Certes, Paris souligne avoir pesé pour obtenir des gestes “incontestables” en faveur des agriculteurs.Mais c’est “un échec diplomatique et tactique”, cingle un ancien ministre français, anonymement.La France s’est isolée en disant que cet accord était “épouvantable”, quand l’Italie peut se targuer d’une “tactique assez habile qui permet à (Giorgia) Meloni de dire +c’est moi qui décide+”, estime-t-il.Paris explique néanmoins que la partie n’est pas terminée, puisque l’accord, s’il est bien signé, doit encore être soumis au Parlement européen pour ratification, dans quelques semaines.Le scrutin pourrait être serré dans l’hémicycle où les considérations nationales pèseront. Environ 150 eurodéputés (sur 720) voudraient saisir la justice pour tenter de s’opposer à l’application de l’accord.

Le Venezuela relâche des prisonniers, mais assure n’être “pas soumis” aux Etats-Unis

Les autorités vénézuéliennes ont relâché jeudi plusieurs opposants dont l’ancien candidat à la présidentielle Enrique Marquez, la présidente par interim Delcy Rodriguez assurant toutefois que le pays n’est ni “subordonné ni soumis” aux Etats-Unis après la capture de Nicolas Maduro par les forces américaines le 3 janvier.M. Marquez avait mené une croisade judiciaire contre la réélection en 2024 de M. Maduro, acquise selon l’opposition et une partie de la communauté internationale dans des conditions entachées de fraude.Cet opposant âgé de 62 ans s’était formellement inscrit pour le scrutin afin de pouvoir être le représentant principal de l’opposition en cas de rejet par les autorités de la candidature d’Edmundo Gonzalez Urrutia, qui avait lui-même remplacé au pied levé Maria Corina Machado, déclarée inéligible.M. Urrutia avait finalement pu se maintenir face à M. Maduro et M. Marquez n’avait pas défendu sa propre candidature, soutenant M. Urrutia.Ce dernier a été contraint à l’exil après le scrutin de juillet 2024, tandis que M. Marquez a été arrêté en janvier 2025.Réfugié dans la clandestinité, Mme Machado a pour sa part remporté le prix Nobel de la paix 2025.Le président américain Donald Trump a annoncé jeudi qu’il recevrait l’opposante à Washington “la semaine prochaine”, se disant dans un entretien sur la chaîne Fox News “impatient” de la rencontrer. Il a ajouté que ce serait “un grand honneur” si elle lui remettait son prix Nobel de la paix, comme le lui a proposé la lauréate 2025. L’avocate de premier plan Rocio San Miguel, arrêtée en février 2024, a elle aussi été libérée jeudi lors de cette première vague parmi de “nombreux prisonniers”, dont des étrangers.Mme San Miguel, qui dispose également de la nationalité espagnole, s’est immédiatement envolée pour l’Espagne avec quatre autres ressortissants de ce pays également libérés, selon Madrid.Mme Machado a salué ces libérations, jugeant qu’ “aujourd’hui, la vérité, pourchassée et réduite au silence pendant des années, parvient à se frayer un chemin”.- “Geste unilatéral” -Ces libérations sont “un geste unilatéral du gouvernement” afin “de favoriser la coexistence pacifique”, a fait valoir Jorge Rodriguez, président du Parlement du Venezuela, sans préciser le nombre ni la nationalité des détenus relâchés.L’ONG Foro penal estimait avant jeudi à 806 le nombre de prisonniers politiques au Venezuela, dont 175 militaires.Malgré ces concessions, la présidente par interim Delcy Rodriguez a assuré que son pays n’était ni “subordonné ni soumis” aux Etats-Unis et a évoqué sa “loyauté envers le président Nicolas Maduro”, emmené contre son gré aux Etats-Unis où il a été incarcéré.Dans un entretien publié jeudi dans le New York Times, Donald Trump a affirmé de son côté que les Etats-Unis pourraient conserver plusieurs années le contrôle du Venezuela, riche des plus grandes réserves d’hydrocarbures prouvées du monde. M. Trump, qui recevra vendredi les dirigeants de grands groupes pétroliers américains pour leur vanter les “immenses” opportunités au Venezuela, s’est par ailleurs félicité de la “très bonne entente” avec le pouvoir intérimaire à Caracas. “Ils nous donnent tout ce que nous jugeons nécessaire”, a-t-il dit.Dès mardi soir, le chef d’Etat américain avait assuré que le Venezuela allait remettre aux Etats-Unis “entre 30 et 50 millions de barils de pétrole” actuellement stockés sur des navires.Jeudi, trois navires affrétés par Chevron transportaient du pétrole du Venezuela vers les Etats-Unis, selon une analyse de l’AFP de données de suivi maritime, alors que les pressions de Washington sur Caracas font craindre une saturation des capacités de stockage du pays.M. Trump a par ailleurs annoncé jeudi qu’après des frappes contre des embarcations maritimes dans les Caraïbes et le Pacifique, les Etats-Unis allaient mener des frappes “au sol” contre les cartels, sans préciser exactement où.En Colombie, pays voisin du Venezuela,le gouvernement a annoncé que le président Gustavo Petro et M. Trump “se sont engagés à mener des actions conjointes” contre la guérilla ELN qui opère à la frontière.Parallèlement, le guérillero le plus recherché de Colombie, connu sous le nom d’Ivan Mordisco, a affirmé jeudi avoir convoqué un sommet de guérillas après l’opération américaine sur le sol vénézuélien.

Protesters, US law enforcers clash after immigration agent kills woman

Protesters clashed with law enforcement in Minneapolis Thursday after the fatal shooting of a US woman further deepened the divide over President Donald Trump’s deployment of federal forces to crack down on illegal immigration.Renee Nicole Good, 37, was shot in the head on Wednesday as she apparently tried to drive away from agents in the northern US city as they approached her car, which they said blocked their way.Vice President JD Vance said, without providing evidence, Good was part of a “broader left-wing network” opposed to Immigration and Customs Enforcement (ICE), and insisted the officer acted in “self-defense.”The White House asserted that US law enforcement was under “organized attack” and presented a version of the shooting disputed by officials in Minnesota, who contend that federal forces are making the streets more dangerous.Large, noisy crowds gathered around Minneapolis in protest on Thursday, chanting slogans against ICE. Federal immigration officers armed with pepperball guns and tear gas wrestled several protesters to the ground.In a separate incident Thursday afternoon, US federal agents shot and wounded two individuals in the western city of Portland, Oregon, local police said.”Two people are in the hospital following a shooting involving federal agents,” a statement from Portland Police said, adding a man and a woman were wounded by “apparent gunshot wounds.”Speaking at a news conference late Thursday, Oregon Governor Tina Kotek voiced concern about the use of force by federal agents in Portland and called for a full investigation into the shooting. – ‘Smoke and mirrors’ -Trump and senior officials have claimed that in the Minneapolis incident, Good was trying to kill the ICE agents.”I want to see nobody get shot. I want to see nobody screaming and trying to run over policemen either,” the president told The New York Times.Footage from Wednesday shows an agent attempting to open Good’s car door before another officer, standing near the front bumper, fires three times into the moving Honda SUV.The vehicle veers into parked cars, as horrified onlookers hurl abuse at the federal officers before her bloodied body appears slumped at the wheel. Good leaves behind a wife and a six-year-old, officials said. More than $800,000 has been fundraised for her family.A US citizen, Good was not the target of immigration enforcement action and was only suspected of blocking traffic, police said.Vance alleged Thursday that Good was part of a broader effort “to attack, to doxx, to assault and to make it impossible for our ICE officers to do their job.”White House spokeswoman Karoline Leavitt said “law enforcement are under organized attack.”- Immigrant deportations -Protests in Minneapolis grew after Minnesota’s Democratic Governor Tim Walz called it a “patriotic duty” to demonstrate.”Watching that woman get murdered yesterday — no more. This can’t continue to happen. And I can’t sit home and just watch it,” 62-year-old Shanda Copeland told AFP at a protest in the city on Thursday. “I feel like at least I’m here and I’ll raise my voice as loud as I can.”Minneapolis schools were closed Thursday and Friday in anticipation of unrest.Walz said Minnesota must participate in the shooting probe alongside federal investigators — otherwise Homeland Security Secretary Kristi Noem “is judge, jury and basically executioner.”But Vance suggested the officer would be cleared by a federal probe that would exclude state-level officials.”The idea that this was not justified is absurd,” he said.Wednesday’s incident came during protests over immigration enforcement in southern Minneapolis, where locals are expressing widespread anger over Trump’s vow to arrest and deport “millions” of undocumented people.The victim’s mother, Donna Ganger, told the Minnesota Star Tribune her daughter “was probably terrified” and “not part” of anti-ICE activity.Religious leaders addressed crowds at the scene of Good’s death, where a memorial of flowers and candles was growing.Nearby, Abdinasir Abdullahi, 38, a naturalized US citizen originally from Ethiopia, told AFP he goes nowhere without his passport for fear of ICE.”They don’t trust if I say I’m a citizen, they don’t want to trust you,” he said.