Accord UE-Mercosur: dernière ligne droite agitée, la France sème le trouble

Le bras de fer se tend entre Bruxelles et Paris: la Commission européenne a martelé lundi son intention de signer l’accord de libre-échange avec le Mercosur dans les prochains jours, en dépit de la mobilisation agricole et des appels de la France à reporter la décision.Ursula von der Leyen voudrait parapher ce traité commercial avec l’Amérique latine samedi lors du sommet du Mercosur à Foz do Iguaçu au Brésil. Mais elle a d’abord besoin de l’aval des Etats européens durant la semaine à Bruxelles. Et la France, toujours opposée à l’accord en l’état, plaide pour un report du vote en 2026.”A ce stade, le compte n’y est pas pour protéger les agriculteurs français. Les exigences françaises n’ont pas été remplies”, a tonné Paris dimanche soir. Emmanuel Macron “a demandé à la présidente de la Commission un report de l’examen de l’accord”, a indiqué son entourage.L’exécutif européen a opposé au président français une fin de non-recevoir lundi. Ce traité est “de la plus haute importance pour l’Union européenne”, sur “le plan économique, diplomatique et géopolitique”, a souligné un porte-parole de la Commission, qui maintient son calendrier.Une signature est “absolument nécessaire cette semaine”, a renchéri l’Allemagne, fervent défenseur de cet accord avec lequel elle espère relancer ses exportations industrielles. Ce bras de fer lance une semaine qui s’annonçait déjà agitée à Bruxelles. Les syndicats agricoles promettent jusqu’à 10.000 manifestants dans la capitale belge jeudi, en marge d’un sommet européen entre chefs d’Etat et de gouvernement.Les agriculteurs de l’UE restent vent debout contre cet accord commercial avec l’Argentine, le Brésil, l’Uruguay et le Paraguay.Ce traité favoriserait les exportations européennes de voitures, de machines, de vins et de spiritueux. En retour, il faciliterait l’entrée en Europe de viande, sucre, riz, miel ou soja sud-américains, ce qui alarme les filières.Mais la Commission européenne n’en démord pas. “C’est maintenant ou jamais” pour l’accord, souligne une source interne, à propos de négociations entamées il y a plus de 25 ans.”S’il n’y a pas de compromis cette semaine, on risque une crise européenne grave. Ce sera un grand échec pour la Commission, pour l’Allemagne et pour l’Espagne”, met aussi en garde un diplomate européen, sous couvert de l’anonymat.- Sauvegarde et contrôles renforcés -Allemands, Espagnols et Scandinaves misent sur cet accord pour relancer une économie européenne à la peine face à la concurrence chinoise et aux taxes douanières des Etats-Unis.La France aura donc du mal à bloquer ce traité qui n’a besoin que d’une majorité qualifiée pour être adopté, lors d’un vote attendu mercredi ou vendredi. L’Italie, qui a soufflé le chaud et le froid, pourrait jouer les arbitresPour compliquer encore l’équation, un autre scrutin est prévu dès ce mardi, au Parlement européen cette fois.A Strasbourg, les eurodéputés se penchent sur les mesures de “sauvegarde” destinées à rassurer les agriculteurs et amadouer la France.Avec ce dispositif, l’Union européenne promet un “suivi renforcé” des produits les plus sensibles tels que la viande bovine, la volaille, le riz, le miel, les œufs, l’ail, l’éthanol et le sucre, et une intervention en cas de déstabilisation du marché. Les Etats européens ont déjà approuvé cette clause de sauvegarde. Mais le Parlement européen pourrait encore la consolider.Autre signal pour tenter de convaincre Paris, la Commission européenne a annoncé la semaine dernière le renforcement de ses contrôles sur les importations agricoles, afin de s’assurer qu’elles respectent les normes européennes.Bruxelles promet également de mettre à jour ses règles sur les traces de pesticides dans les produits importés, afin d’éviter que des substances interdites en Europe rentrent sur le continent via les importations.Si Ursula von der Leyen signe le traité samedi, la partie ne sera pas terminée pour autant.Il restera une ultime étape au Parlement européen: l’adoption définitive de l’accord au début de l’année 2026 a priori.Des sources internes s’attendent à un scrutin serré dans l’hémicycle, où les considérations nationales pèseront.Tous bords politiques confondus, “tous les Français voteront contre, la plupart des Polonais aussi”, pronostique un bon connaisseur des équilibres parlementaires. En ajoutant la gauche radicale et l’extrême droite, “on arrive déjà à 300 opposants” au traité, calcule-t-il, sur un total de 720 élus.

Accord UE-Mercosur: dernière ligne droite agitée, la France sème le trouble

Le bras de fer se tend entre Bruxelles et Paris: la Commission européenne a martelé lundi son intention de signer l’accord de libre-échange avec le Mercosur dans les prochains jours, en dépit de la mobilisation agricole et des appels de la France à reporter la décision.Ursula von der Leyen voudrait parapher ce traité commercial avec l’Amérique latine samedi lors du sommet du Mercosur à Foz do Iguaçu au Brésil. Mais elle a d’abord besoin de l’aval des Etats européens durant la semaine à Bruxelles. Et la France, toujours opposée à l’accord en l’état, plaide pour un report du vote en 2026.”A ce stade, le compte n’y est pas pour protéger les agriculteurs français. Les exigences françaises n’ont pas été remplies”, a tonné Paris dimanche soir. Emmanuel Macron “a demandé à la présidente de la Commission un report de l’examen de l’accord”, a indiqué son entourage.L’exécutif européen a opposé au président français une fin de non-recevoir lundi. Ce traité est “de la plus haute importance pour l’Union européenne”, sur “le plan économique, diplomatique et géopolitique”, a souligné un porte-parole de la Commission, qui maintient son calendrier.Une signature est “absolument nécessaire cette semaine”, a renchéri l’Allemagne, fervent défenseur de cet accord avec lequel elle espère relancer ses exportations industrielles. Ce bras de fer lance une semaine qui s’annonçait déjà agitée à Bruxelles. Les syndicats agricoles promettent jusqu’à 10.000 manifestants dans la capitale belge jeudi, en marge d’un sommet européen entre chefs d’Etat et de gouvernement.Les agriculteurs de l’UE restent vent debout contre cet accord commercial avec l’Argentine, le Brésil, l’Uruguay et le Paraguay.Ce traité favoriserait les exportations européennes de voitures, de machines, de vins et de spiritueux. En retour, il faciliterait l’entrée en Europe de viande, sucre, riz, miel ou soja sud-américains, ce qui alarme les filières.Mais la Commission européenne n’en démord pas. “C’est maintenant ou jamais” pour l’accord, souligne une source interne, à propos de négociations entamées il y a plus de 25 ans.”S’il n’y a pas de compromis cette semaine, on risque une crise européenne grave. Ce sera un grand échec pour la Commission, pour l’Allemagne et pour l’Espagne”, met aussi en garde un diplomate européen, sous couvert de l’anonymat.- Sauvegarde et contrôles renforcés -Allemands, Espagnols et Scandinaves misent sur cet accord pour relancer une économie européenne à la peine face à la concurrence chinoise et aux taxes douanières des Etats-Unis.La France aura donc du mal à bloquer ce traité qui n’a besoin que d’une majorité qualifiée pour être adopté, lors d’un vote attendu mercredi ou vendredi. L’Italie, qui a soufflé le chaud et le froid, pourrait jouer les arbitresPour compliquer encore l’équation, un autre scrutin est prévu dès ce mardi, au Parlement européen cette fois.A Strasbourg, les eurodéputés se penchent sur les mesures de “sauvegarde” destinées à rassurer les agriculteurs et amadouer la France.Avec ce dispositif, l’Union européenne promet un “suivi renforcé” des produits les plus sensibles tels que la viande bovine, la volaille, le riz, le miel, les œufs, l’ail, l’éthanol et le sucre, et une intervention en cas de déstabilisation du marché. Les Etats européens ont déjà approuvé cette clause de sauvegarde. Mais le Parlement européen pourrait encore la consolider.Autre signal pour tenter de convaincre Paris, la Commission européenne a annoncé la semaine dernière le renforcement de ses contrôles sur les importations agricoles, afin de s’assurer qu’elles respectent les normes européennes.Bruxelles promet également de mettre à jour ses règles sur les traces de pesticides dans les produits importés, afin d’éviter que des substances interdites en Europe rentrent sur le continent via les importations.Si Ursula von der Leyen signe le traité samedi, la partie ne sera pas terminée pour autant.Il restera une ultime étape au Parlement européen: l’adoption définitive de l’accord au début de l’année 2026 a priori.Des sources internes s’attendent à un scrutin serré dans l’hémicycle, où les considérations nationales pèseront.Tous bords politiques confondus, “tous les Français voteront contre, la plupart des Polonais aussi”, pronostique un bon connaisseur des équilibres parlementaires. En ajoutant la gauche radicale et l’extrême droite, “on arrive déjà à 300 opposants” au traité, calcule-t-il, sur un total de 720 élus.

Le Cambodge accuse la Thaïlande d’avoir bombardé la province de Siem Reap

Le Cambodge a accusé lundi la Thaïlande d’avoir bombardé la province de Siem Reap, où se situent les célèbres temples d’Angkor, pour la première fois depuis la reprise de leurs affrontements frontaliers, qui ont fait au moins 31 morts.”L’armée thaïlandaise a élargi le champ de sa violente attaque, utilisant un avion de chasse F-16 pour …

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Espagne: amende de 64 millions d’euros contre Airbnb pour avoir publié des annonces de logements interdits à la location

Le gouvernement espagnol a annoncé lundi avoir infligé une amende de 64 millions d’euros à la plateforme Airbnb pour avoir notamment publié des annonces de logements interdits à la location, une infraction qualifiée de “grave”, en pleine crise du logement dans le pays.En Espagne, les plateformes de location de courte durée suscitent un vif débat, …

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Stocks diverge ahead of central bank calls, US data

Stock markets diverged Monday at the start of a week filled with economic data and central bank decisions, following a tech sell-off on Wall Street.London, Frankfurt and Paris rose solidly around midday after major Asian indices slid.Gold climbed closer to its all-time high as the dollar dropped, as traders bet on further cuts to US interest rate by the Federal Reserve next year. “The coming week is shaping up to be a significant one for global markets, with a dense calendar of economic releases and major central bank decisions,” said Jim Reid, managing director at Deutsche Bank.The European Central Bank is expected to hold interest rates on Thursday, when the Bank of England is forecast to trim borrowing costs, as policymakers react to cooler inflation in the eurozone and UK. However the Bank of Japan is expected to hike its main rate on Friday amid a weak yen. Attention turns also to key US data, including reports on jobs for October and November, which were delayed by the government shutdown. Investors will also study a US inflation reading this week.The data will be pored over for an idea about the Fed’s plans for next month’s rate decision, even if traders have pared back their expectations for cuts next year.The US central bank has lowered borrowing costs at the past three meetings, citing concerns about a struggling American labour market, though there has been some dissent among policymakers who are concerned about persistently high inflation.Also in view is the race to take the helm at the Fed after boss Jerome Powell steps down in May, with US President Donald Trump’s top economic aide Kevin Hassett and Fed governor Kevin Warsh said to be the front-runners.- Tech sell-off -Concerns about the AI-fuelled tech rally have meanwhile returned to the spotlight after last week’s poorly-received earnings from US giants Oracle and Broadcom revived questions about the wisdom of the vast sums invested in the sector.After hefty losses on Wall Street on Friday, where the S&P 500 and Nasdaq indices both shed more than one percent, Asia suffered a tech-led retreat Monday.Tokyo and Seoul, which have chalked up multiple record highs this year on the back of the tech surge, were among the biggest losers along with Taipei and Hong Kong.  Shanghai was also down as another round of weak data showing Chinese retail sales rose at the slowest pace since December 2022.Among the biggest losers were South Korean chip giants Samsung and SK hynix, while Japanese tech investment titan SoftBank tanked more than seven percent.Tech firms have been at the forefront of a global surge in equity markets for the past two years as they pumped cash into all things linked to artificial intelligence, with chip giant Nvidia becoming the first to top $5 trillion in market valuation in October.But they have hit a sticky patch in recent weeks amid worries that their valuations have gone too far and the AI investments will take some time to make returns, if at all.- Key figures at around 1115 GMT -London – FTSE 100: UP 0.9 percent at 9,734.14 pointsParis – CAC 40: UP 1.1 percent at 8,155.43Frankfurt – DAX: UP 0.5 percent at 24,303.89Tokyo – Nikkei 225: DOWN 1.3 percent at 50,168.11 (close)Hong Kong – Hang Seng Index: DOWN 1.3 percent at 25,628.88 (close)Shanghai – Composite: DOWN 0.6 percent at 3,867.92 (close)New York – Dow: DOWN 0.5 percent at 48,458.05 (close)Euro/dollar: UP at $1.1747 from $1.1742 on FridayDollar/yen: DOWN at 155.03 yen from 155.83Pound/dollar: UP at $1.3386 from $1.3368Euro/pound: DOWN at 87.76 pence from 87.83West Texas Intermediate: DOWN 0.2 percent at $57.35 per barrelBrent North Sea Crude: DOWN 0.2 percent at $61.04 per barrel

Budget: dernière ligne droite très incertaine pour Sébastien Lecornu, entre Sénat et Assemblée

Une semaine décisive s’ouvre pour le Premier ministre Sébastien Lecornu, toujours convaincu de pouvoir doter la France d’un budget avant le 31 décembre malgré de grandes incertitudes sur l’issue du budget de l’État, soumis au vote du Sénat lundi avant d’ultimes tractations.Accord sur le gong ? Retour du 49.3 ? Loi spéciale et reprise des débats budgétaires en janvier ? Les scénarios restent ouverts à quelques jours de la fin de l’année.Le chef du gouvernement, qui a promis une nouvelle méthode au début de l’automne pour faire adopter les budgets sans recourir au 49.3, malgré son absence de majorité à l’Assemblée nationale, s’en tient pour l’instant à cette ligne.Le pari est presque réussi sur le budget de la Sécurité sociale, adopté à l’Assemblée la semaine passée à une courte majorité. Un ultime vote des députés est prévu mardi après-midi sur ce texte qui accorde de nombreuses concessions à la gauche.Mais l’attention du gouvernement est désormais focalisée sur le projet de loi de finances (PLF), objet d’un rejet massif en première lecture à l’Assemblée, avec une seule voix favorable.Le Sénat, dominé par une alliance entre la droite et les centristes, devrait, lui, l’adopter très largement lundi après-midi, après deux semaines de débats jour et nuit.- Ligne “anti-taxes” -Une commission mixte paritaire (CMP) réunissant sept députés et sept sénateurs tentera ensuite, vendredi, de trouver un accord, une opération périlleuse au vu des divergences entre les deux chambres.Ce conciliabule réuni à l’Assemblée aura du travail pour atteindre l’objectif du gouvernement de ramener le déficit public sous les 5% du PIB en 2026: dans l’état actuel des discussions, la copie est à 5,3%, contre 5,4% en 2025, a annoncé le gouvernement devant les sénateurs.Ce chiffrage tire notamment les conséquences du compromis trouvé sur le budget de la Sécu, qui ponctionne plusieurs milliards au budget de l’Etat. Mais également des votes du Sénat, qui s’est en effet montré intransigeant sur les prélèvements nouveaux, à l’image de Bruno Retailleau.”Il ne pourra pas y avoir d’accord sur un budget qui augmenterait considérablement les impôts et ne réduirait pas significativement la dette”, a résumé le patron des Républicains, dont la voix est prépondérante au sein du puissant groupe LR du Sénat.Les sénateurs ont ainsi rejeté la surtaxe visant les grandes entreprises, dont le gouvernement espérait quatre mds d’euros, et ils ont réduit significativement la portée de la taxe sur les holdings patrimoniales proposée par le gouvernement.Si le vote favorable du Sénat ne fait aucun doute, le plus difficile commencera pour le gouvernement. Il disposera de quelques jours pour convaincre une majorité de parlementaires avant la tenue de la CMP vendredi.Au sein de celle-ci, l’ancien socle commun sera majoritaire, ce qui pourrait présager, en théorie, d’un accord possible.Mais cela ne servira à rien si le texte de compromis n’est pas ensuite adopté la semaine prochaine à l’Assemblée.Le député socialiste Laurent Baumel a estimé lundi sur Radio J qu’il y avait “peu de chances” de trouver un budget avant la fin de l’année.La ministre des Comptes publics Amélie de Montchalin a elle assuré sur CNEWS/Europe 1 que “le buget est une urgence”, appelant au “compromis”.- Le plaidoyer de Borne -Dans l’hypothèse où la CMP s’accorderait sur un texte, le gouvernement pourrait tenter de le faire voter par les députés. Mais l’équation semble quasiment impossible, alors que les socialistes promettent au mieux de s’abstenir et que les écologistes devraient voter contre, selon leur cheffe Marine Tondelier.Autre possibilité: le 49.3, dont l’ancienne Première ministre Elisabeth Borne a défendu dimanche l’utilisation. “C’est une façon moins engageante pour les oppositions de permettre l’adoption d’un texte, sans devoir le voter”, a plaidé celle qui l’a utilisé 23 fois à Matignon.Cela ne permettrait au demeurant pas au Premier ministre de faire l’économie d’un accord avec le PS. “Si le gouvernement l’utilise sans compromis préalable, il s’expose à une censure immédiate”, a prévenu le premier secrétaire du PS, Olivier Faure.La porte-parole du gouvernement, Maud Bregeon, a quoi qu’il en soit de nouveau écarté cette piste dimanche.En cas d’échec de la CMP ou de rejet de ses conclusions, les discussions reprendront au mois de janvier avec, d’ici là, le vote d’une loi spéciale pour permettre la continuité de l’État.

Budget: dernière ligne droite très incertaine pour Sébastien Lecornu, entre Sénat et Assemblée

Une semaine décisive s’ouvre pour le Premier ministre Sébastien Lecornu, toujours convaincu de pouvoir doter la France d’un budget avant le 31 décembre malgré de grandes incertitudes sur l’issue du budget de l’État, soumis au vote du Sénat lundi avant d’ultimes tractations.Accord sur le gong ? Retour du 49.3 ? Loi spéciale et reprise des débats budgétaires en janvier ? Les scénarios restent ouverts à quelques jours de la fin de l’année.Le chef du gouvernement, qui a promis une nouvelle méthode au début de l’automne pour faire adopter les budgets sans recourir au 49.3, malgré son absence de majorité à l’Assemblée nationale, s’en tient pour l’instant à cette ligne.Le pari est presque réussi sur le budget de la Sécurité sociale, adopté à l’Assemblée la semaine passée à une courte majorité. Un ultime vote des députés est prévu mardi après-midi sur ce texte qui accorde de nombreuses concessions à la gauche.Mais l’attention du gouvernement est désormais focalisée sur le projet de loi de finances (PLF), objet d’un rejet massif en première lecture à l’Assemblée, avec une seule voix favorable.Le Sénat, dominé par une alliance entre la droite et les centristes, devrait, lui, l’adopter très largement lundi après-midi, après deux semaines de débats jour et nuit.- Ligne “anti-taxes” -Une commission mixte paritaire (CMP) réunissant sept députés et sept sénateurs tentera ensuite, vendredi, de trouver un accord, une opération périlleuse au vu des divergences entre les deux chambres.Ce conciliabule réuni à l’Assemblée aura du travail pour atteindre l’objectif du gouvernement de ramener le déficit public sous les 5% du PIB en 2026: dans l’état actuel des discussions, la copie est à 5,3%, contre 5,4% en 2025, a annoncé le gouvernement devant les sénateurs.Ce chiffrage tire notamment les conséquences du compromis trouvé sur le budget de la Sécu, qui ponctionne plusieurs milliards au budget de l’Etat. Mais également des votes du Sénat, qui s’est en effet montré intransigeant sur les prélèvements nouveaux, à l’image de Bruno Retailleau.”Il ne pourra pas y avoir d’accord sur un budget qui augmenterait considérablement les impôts et ne réduirait pas significativement la dette”, a résumé le patron des Républicains, dont la voix est prépondérante au sein du puissant groupe LR du Sénat.Les sénateurs ont ainsi rejeté la surtaxe visant les grandes entreprises, dont le gouvernement espérait quatre mds d’euros, et ils ont réduit significativement la portée de la taxe sur les holdings patrimoniales proposée par le gouvernement.Si le vote favorable du Sénat ne fait aucun doute, le plus difficile commencera pour le gouvernement. Il disposera de quelques jours pour convaincre une majorité de parlementaires avant la tenue de la CMP vendredi.Au sein de celle-ci, l’ancien socle commun sera majoritaire, ce qui pourrait présager, en théorie, d’un accord possible.Mais cela ne servira à rien si le texte de compromis n’est pas ensuite adopté la semaine prochaine à l’Assemblée.Le député socialiste Laurent Baumel a estimé lundi sur Radio J qu’il y avait “peu de chances” de trouver un budget avant la fin de l’année.La ministre des Comptes publics Amélie de Montchalin a elle assuré sur CNEWS/Europe 1 que “le buget est une urgence”, appelant au “compromis”.- Le plaidoyer de Borne -Dans l’hypothèse où la CMP s’accorderait sur un texte, le gouvernement pourrait tenter de le faire voter par les députés. Mais l’équation semble quasiment impossible, alors que les socialistes promettent au mieux de s’abstenir et que les écologistes devraient voter contre, selon leur cheffe Marine Tondelier.Autre possibilité: le 49.3, dont l’ancienne Première ministre Elisabeth Borne a défendu dimanche l’utilisation. “C’est une façon moins engageante pour les oppositions de permettre l’adoption d’un texte, sans devoir le voter”, a plaidé celle qui l’a utilisé 23 fois à Matignon.Cela ne permettrait au demeurant pas au Premier ministre de faire l’économie d’un accord avec le PS. “Si le gouvernement l’utilise sans compromis préalable, il s’expose à une censure immédiate”, a prévenu le premier secrétaire du PS, Olivier Faure.La porte-parole du gouvernement, Maud Bregeon, a quoi qu’il en soit de nouveau écarté cette piste dimanche.En cas d’échec de la CMP ou de rejet de ses conclusions, les discussions reprendront au mois de janvier avec, d’ici là, le vote d’une loi spéciale pour permettre la continuité de l’État.

La secrète collection Dior d’Alaïa s’expose à Paris pour la première fois

Un pan entier de l’histoire de la mode sort de l’ombre: à Paris, une double exposition dévoile pour la première fois une partie de la collection Dior d’Azzedine Alaïa, où des robes emblématiques Christian Dior côtoient l’audace du couturier franco-tunisien.A partir de lundi, la Fondation Azzedine Alaïa fait dialoguer une trentaine de silhouettes de l’inventeur du New Look avec celles du maître de la coupe dans l’exposition “Azzedine Alaïa et Christian Dior, deux maîtres de la Haute Couture”. En parallèle, depuis le 20 novembre, la Galerie Dior présente une centaine de pièces inédites à travers le parcours “La collection Dior d’Azzedine Alaïa”. Ces pièces proviennent des archives personnelles du créateur à la renommée mondiale. En collectionneur passionné, il a réuni en près de quarante ans quelque 20.000 vêtements et accessoires, dont environ 600 créations Dior.Alaïa a toujours été “fasciné par l’ampleur des robes Dior qui +semblaient tenir debout toutes seules+”, explique à l’AFP Olivier Saillard, le directeur de la Fondation Azzedine Alaïa et commissaire des deux expositions. – Un secret bien gardé -Si sa passion pour la mode patrimoniale était connue de tous, le contenu exact de ses archives est resté un mystère jusqu’à sa mort en 2017. “Il était extrêmement discret sur ce qu’il possédait. Il n’a jamais souhaité nous montrer sa collection”, explique Olivier Flaviano, directeur de la Galerie Dior.Ce n’est qu’en 2023 que la Fondation Alaïa sollicite la maison Dior pour identifier et répertorier ces pièces. Très bien conservées pour la plupart, elles se révèlent être des œuvres importantes. “Il y a des modèles que nous n’avions pas dans nos archives”, souligne M. Flaviano.Ce travail minutieux a fait naître l’idée d’une double exposition.À la Fondation Alaïa, l’exposition se concentre exclusivement sur les créations de Christian Dior (1947-1957) et explore les liens entre ces deux experts de la silhouette. “Ce qu’il y a de plus commun entre eux, c’est la taille”, souligne Olivier Saillard.Chez Dior, la taille se dessine avec des corsets intérieurs tandis que chez Alaïa, elle s’affirme par des ceintures sculpturales. Pour illustrer ce parallèle, le commissaire de l’exposition compare une robe Venezuela noire de 1957, emblématique des volumes architecturés de Dior, à une robe courte de 2010 signée Alaïa, à jupe patineuse et épaisse ceinture en cuir, exposée à côté. Autre association, l’Andalouse de Christian Dior, robe jaune et rouge à volants créée en 1955, fait écho à une longue robe bordeaux à volants de 2013 d’Alaïa. Au milieu des robes noires – couleur fétiche du couturier franco-tunisien – ces rapprochements révèlent une parenté esthétique inattendue.- Stage de cinq jours -À la Galerie Dior, les 101 pièces prêtées par la Fondation Alaïa, majoritairement signées Christian Dior, s’intègrent dans un parcours qui mêle robes historiques et documents d’archives, avec notamment pour la première fois des chartes de collection, ces grandes planches où s’alignent croquis et échantillons de tissus.”C’est une exposition où, plus que tout autre, on présente une grande diversité de documents d’archives”, souligne M. Flaviano.L’exposition s’ouvre sur la “Rose des vents”, une robe du soir de 1950 en organza plissé, d’un rose pâle subtilement nuancé de gris, couleurs fétiches de Christian Dior.Un peu plus loin, un cliché d’Azzedine Alaïa en 1956, fraîchement arrivé de Tunis, est exposé à côté de son contrat de travail chez Dior, où il effectua un stage de cinq jours, encore conservé dans les archives de la maison.Dans la salle consacrée au jardin, une robe du soir jaune tournesol à manches longues et à la jupe plissée baptisée “Marcel Pagnol” (1952) attire l’attention. Plus loin, des robes aux nuances allant du rose pâle au rouge intense démontrent que la palette Dior ne se limitait pas à ses teintes emblématiques rose, gris ou bleu marine. Azzedine Alaïa s’est-il inspiré de toutes ces archives pour ses propres créations ? “Ce n’est pas possible, la collection était tellement énorme”, assure Olivier Saillard. “Une fois qu’il ne pouvait plus entrer, dans une salle, il en remplissait une autre. Retrouver une robe était de l’ordre de l’impossible. Mais ça a laissé des souvenirs”, conclut-il.