Coup d’envoi de la campagne des législatives au Bangladesh

La campagne officielle des très attendues élections législatives du 12 février a débuté jeudi au Bangladesh, un an et demi après les émeutes meurtrières qui ont causé la fin du règne autocratique de l’ex-Première ministre Sheikh Hasina.Dans vingt jours, plus de 127 millions d’électeurs – sur une population de 170 millions – seront appelés à pourvoir les 350 sièges de la chambre unique du Parlement et à se prononcer par référendum sur une série de réformes destinées à renforcer la démocratie.Le scrutin s’annonce aussi incertain que tendu, dans un pays à très forte majorité musulmane où les rivalités politiques et communautaires se sont nourries d’incessantes violences depuis la “révolution” de l’été 2024.Le parti de Mme Hasina, la Ligue Awami, mis hors-la-loi, ce sont ses deux principaux adversaires historiques, le Parti nationaliste du Bangladesh (BNP) et le mouvement islamiste du Jaamat-e-Islami, qui font figures de favoris.Promu à la tête du BNP après le décès en décembre de l’ex-Première ministre Khaleda Zia qui était sa mère, Tarique Rahman, 60 ans, a donné le coup d’envoi de sa campagne à Sylhet (nord-est), comme le veut la tradition du parti.De retour au Bangladesh le mois dernier après dix-sept ans d’exil volontaire au Royaume-Uni, le fils de le première femme ayant dirigé le pays a entamé une série de réunions publiques dans le district de Sylhet.Dans la foule de ses spectateurs, beaucoup de convaincus comme Harun Ur Rashid, 40 ans. “Il porte l’héritage de ses parents”, a-t-il rappelé à l’AFP. “Ceux qui se présentent contre le BNP étaient opposés à la création de cette nation. Les gens ne voteront pas pour eux”.D’autres sont venus en curieux. “Je suis venu voir à quoi il ressemble”, a expliqué Raqibul Hasan Shawon, un ingénieur de 26 ans. “Je ne sais pas encore pour qui je vais voter. Ils font tous des promesses mais elles ne sont jamais tenues”.Principal adversaire du BNP, le Jaamat-e-Islami entame lui sa mobilisation plus tard jeudi par un rassemblement dans la capitale Dacca.- “Bégum de fer” -Proche de la confrérie des Frères musulmans, le principal parti islamiste du Bangladesh a fait son grand retour depuis la chute de Sheikh Hasina, qui l’avait interdit et avait livré une chasse féroce à tous ses dirigeants.Autorisés à revenir dans le jeu politique par le gouvernement provisoire du prix Nobel de la paix Muhammad Yunus, les islamistes ont multiplié ces derniers mois les démonstrations de force dans les rues du pays.Pour ce scrutin, ils ont pris la tête d’une coalition rejointe par le nouveau Parti national des citoyens (NCP), fondé par des chefs de file de la contestation étudiante qui a précipité le départ en exil pour l’Inde de Mme Hasina.Celle qui était surnommée la “bégum de fer” a été condamnée par contumace en novembre pour avoir ordonné à la police de tirer sur les manifestants en 2024, ce qu’elle a toujours catégoriquement démenti.Selon l’ONU, ces émeutes ont fait au moins 1.400 morts, pour l’essentiel des civils.La Ligue Awami avait largement remporté les dernières législatives en janvier 2024, en raflant 222 sièges, mais sa victoire avait alors été dénoncée comme frauduleuse.La mobilisation et l’attitude de ses partisans constituent l’une des grandes inconnues du vote du 12 février. Le référendum convoqué le même jour porte sur une charte de réformes promues par Muhammad Yunus pour, selon lui, empêcher le retour de tout régime autocratique.Adoptée en octobre après d’âpres tractations, ce document limite notamment à deux le nombre de mandats du Premier ministre, renforce les pouvoirs du président et réaffirme le caractère multiethnique et multireligieux du pays.

Le Livret A boudé par les épargnants l’an dernier

Le Livret A n’a plus la cote: les épargnants ont retiré plus d’argent qu’ils n’en ont déposé sur leurs Livrets A l’an dernier, une première depuis 2015 liée à la concurrence féroce de l’assurance vie, affirme jeudi la Caisse des dépôts (CDC).”C’est un retour de balancier qui est tout à fait logique”, a estimé lors d’une conférence de presse en ligne le directeur financier du fonds d’épargne de la CDC Stéphane Magnan, après plusieurs années de dépôts importants et un taux de rémunération en berne.Dans le détail, les retraits ont dépassé les dépôts de 2,12 milliards d’euros en 2025, malgré un mois de décembre honorable.Cette situation dite de “décollecte nette” est rare en année pleine pour le produit financier le plus célèbre en France, détenu par 57 millions d’épargnants et concentrant près de 450 milliards d’euros.Elle arrive après plusieurs années fastes pour le Livret A: cette somme a fortement augmenté ces dernières années, notamment depuis le début de la pandémie de Covid-19, en 2020.La capacité d’épargne élevée des Français est toujours intacte: ils mettent de côté près d’un euro gagné sur cinq selon l’Insee, un ratio qui s’explique par le fort degré d’incertitude, voire d’inquiétude, concernant leur avenir et celui du pays.Mais l’attrait du Livret A a été plombé l’an dernier par les deux baisses successives de son taux de rémunération: de 3% à 2,4% au mois de février, puis de 2,4% à 1,7% en août.- Perspectives moroses -Le taux de rendement des produits concurrents, les fonds euros de l’assurance vie, commercialisés par les réseaux bancaires et les compagnies d’assurance, était dans le même temps de 2,65% en moyenne, selon les estimations de plusieurs experts de l’épargne.Ce dernier taux est toutefois soumis à des prélèvements sociaux et fiscaux pouvant aller jusqu’à 30%, contrairement au Livret A qui n’est pas soumis à la fiscalité.Les données annuelles pour l’assurance vie seront publiées la semaine prochaine par la fédération professionnelle France Assureurs mais le Magistère Banque-Finance de l’université Panthéon-Assas table sur une collecte nette de 50 milliards d’euros en 2025.La nouvelle baisse à venir du taux du Livret A, à 1,5% en février, ne devrait pas permettre d’inverser la tendance, a expliqué à l’AFP Marc Campi, associé au sein du cabinet Square Management.Le petit livret rouge n’a également pas bénéficié d’un soutien massif des établissements bancaires, à qui il coûte cher. Peu promeuvent les produits d’épargne réglementée sur leurs étagères.Beaucoup d’agents économiques, dont le ministère de l’Economie et la Banque de France, ont par ailleurs volontiers mis en avant des placements financiers plus risqués, destinés au financement du capital des entreprises.La “Caisse” est également attendue sur une meilleure transparence de l’utilisation des fonds du Livret A et de son cousin le Livret de développement durable et solidaire (LDDS), dont une partie est investie au capital d’entreprises dont la liste n’est pas publique.- Le LEP à la peine -Le LDDS s’en est un peu mieux sorti l’an dernier que le Livret A, avec une collecte nette positive de 1,65 milliard d’euros. Les deux produits, gérés par les banques et par la Caisse des dépôts, totalisaient fin décembre 615,2 milliards d’euros. Ils ont rapporté 12,64 milliards d’euros d’intérêts à leurs possesseurs, précise jeudi la CDC.La CDC a également partagé jeudi les données concernant le Livret d’épargne populaire (LEP), affichant un taux avantageux (2,5% à partir du 1er février) mais réservé aux ménages modestes.Malgré les efforts déclarés de la Banque de France et de Bercy, les LEP ont connu eux aussi l’an dernier une situation de décollecte nette, de 840 millions d’euros, essentiellement due à la radiation des titulaires n’étant plus éligibles du fait d’une augmentation de leurs revenus.Seules 12 millions de personnes détiennent un LEP, un nombre très loin des quelque 31 millions éligibles en France.”Les chiffres d’ouvertures de LEP sont un peu décevant”, a déploré M. Magnan, “il y a clairement une question d’information de l’ensemble des gens qui pourraient avoir un LEP et qui ne l’ont pas encore ouvert”.

La procureure de Paris dévoile ses pistes pour “entraver” les dérives mafieuses

Il y a “des clignotants, et en tout cas une pensée mafieuse”: la procureure de Paris Laure Beccuau présente, dans un entretien à l’AFP, ses pistes pour entraver les dérives mafieuses, l’une de ses priorités pour 2026.Après l’entrée en fonctions du Parquet national anticriminalité organisée (Pnaco), début janvier, désormais chargé des dossiers de “très grande complexité”, le parquet de Paris, premier parquet de France, reste mobilisé dans la lutte contre la criminalité organisée, en région parisienne et au-delà, sur le territoire de sa juridiction interrégionale spécialisée (Jirs).Réponse: “Quand on parle de mafia, on parle du système de mafia italienne. En revanche, il n’y a pas encore de mafias endogènes – dans le sens de structures mafieuses similaires aux mafias italiennes mais nées sur le territoire français.Néanmoins, on a des clignotants, et en tout cas, une pensée mafieuse. L’assassinat de Mehdi Kessaci pour la seule raison qu’il était le frère de quelqu’un qui veut lutter contre l’implantation d’une contre-société, notamment, on peut le lire comme l’émergence de cette pensée mafieuse.Or, une fois que la mafia l’emporte, sa présence sur le territoire n’est plus remise en cause par les habitants. Ils voient alors la structure mafieuse comme leur référence pour obtenir des emplois, pour les protéger: c’est devenu une contre-société.R: Nous n’en sommes pas là. En revanche, il y a des clignotants, par exemple quand vous entendez dire que des trafiquants de stupéfiants montent les courses des personnes âgées ou aident à obtenir des emplois ou des logements sociaux. Il y a déjà là une forme d’installation d’une contre-société et des repères qui se brouillent. En quelque sorte, des +malfaiteurs+ se substituent aux autorités publiques dans les attentes des habitants, comme pour la sécurité.Après avoir rendu service à des personnes âgées, à des jeunes, avoir aidé un petit commerçant, on peut imaginer – et ça s’est déjà vu – que les malfaiteurs vont demander en échange aux habitants du quartier de voter pour tel ou tel. De même, à force de blanchir (des fonds) dans les petits commerces, c’est progressivement l’économie légale qui est vérolée.On a pu voir cela émerger dans des quartiers en Seine-Saint-Denis ou ailleurs dans le ressort de la juridiction interrégionale spécialisée (Jirs, dont la compétence s’étend bien au-delà de la région parisienne, incluant par exemple Orléans ou La Réunion). La loi a créé depuis juin 2025 l’infraction de participation à une organisation criminelle indépendamment de la préparation d’une infraction particulière, précisément pour enrayer toute velléité de développement d’un potentiel phénomène mafieux.R: Nous allons nous rendre dans tous les tribunaux qui relèvent de la Jirs de Paris pour discuter avec les collègues magistrats et les enquêteurs, les écouter sur ce qu’ils repèrent (…), les inciter à surveiller ces phénomènes, à travailler dans les quartiers en termes de renseignement criminel, de cibles, de dialogue avec les habitants.Le Pnaco (Parquet national anticriminalité organisée) est désormais chargé des dossiers de très grande complexité et des cibles nationales (…). Mais la lutte contre la criminalité organisée restera éminemment territoriale parce que c’est par là qu’on obtient le renseignement, et c’est par la présence locale qu’on rassure les habitants.Mes objectifs prioritaires sont l’entrave, au-delà des saisies elles-mêmes de produits stupéfiants: l’entrave à la circulation des produits, à tout ce qui va bénéficier au réseau criminel, à leur communication via les plateformes, à la réintroduction du profit criminel dans l’économie légale”.

Fin de vie: les sénateurs s’opposent à toute forme d’aide à mourir

Les sénateurs se sont opposés mercredi à la création de toute forme d’aide à mourir lors des débats sur la fin de vie, l’hémicycle dominé par la droite enterrant cette réforme sociétale majeure qui devrait toutefois bientôt revenir à l’Assemblée nationale.Très chaotiques et confus, les débats ont tourné court avec le rejet d’un premier article fixant les conditions requises pour accéder à un dispositif de suicide assisté ou d’euthanasie.Plus tard, dans la soirée, la droite sénatoriale a définitivement enterré le projet de loi en réécrivant entièrement l’article-clé créant l’aide active à mourir, le vidant de sa substance. L’amendement déposé par des sénateurs, dont certains proches du patron des Républicains Bruno Retailleau, a remplacé cette assistance médicale à mourir par un “droit au meilleur soulagement possible de la douleur et de la souffrance”.”Nous sommes en train de voter, chers collègues, un texte qui revient sur la loi Claeys-Léonetti”, s’est inquiété le sénateur communiste Pierre Ouzoulias, estimant que la mesure votée pourrait interdire demain l’arrêt de l’hydratation lors d’une sédation profonde et continue maintenue jusqu’au décès.L’examen du reste des articles, par exemple sur la clause de conscience des médecins, s’est poursuivi et fini dans la soirée malgré la suppression dans le texte du dispositif d’assistance médicale à mourir, les sénateurs dénonçant l’absurdité des débats sur un “texte fantôme”, “une mascarade” pour certains.Les échanges ont été particulièrement houleux au sein de l’hémicycle pourtant réputé plus sage que le Palais-Bourbon. Une partie de la gauche a notamment accusé certains sénateurs de rejeter le texte en raison de leurs convictions religieuses.Un vote solennel sur l’ensemble de la proposition de loi du député Olivier Falorni reste prévu mercredi 28 janvier, mais il n’aura guère de sens, car le texte est amputé de son ossature. La suite du processus parlementaire risque donc essentiellement de se dérouler à l’Assemblée nationale, où une nette majorité avait pu se dégager, au contraire du Sénat. Le gouvernement espère saisir les députés en deuxième lecture au plus vite, potentiellement dès le mois de février.L’article concernant les conditions d’accès à l’aide à mourir a été rejeté pour des raisons diverses. Une grande partie de la droite et des centristes, opposés à toute forme d’aide à mourir dans le sillage de Bruno Retailleau, ont voté contre.Pourtant la ligne tenue jusqu’ici par la majorité sénatoriale militait non pas pour un rejet du texte, mais pour l’adoption d’un dispositif beaucoup plus strictement encadré.Le président de la commission des Affaires sociales du Sénat, Philippe Mouiller (Les Républicains) s’est ainsi ému du rejet de cet article “clé de voute” du texte. Le groupe socialiste s’y est opposé car la rédaction avait été considérablement modifiée et s’éloignait trop, selon lui, du dispositif voté à l’Assemblée nationale en juin 2025.L’enseignement de ce vote est sans appel: les divergences de vue du Sénat étaient sans doute trop importantes pour que la chambre haute puisse aboutir à un texte cohérent soutenu par une majorité.- “Un triste soir” -“C’est un triste soir pour le Sénat que nous vivons collectivement”, s’est désolé le chef des sénateurs socialistes Patrick Kanner. “Le Sénat a fait de ce texte une forme d’agonie politique. Nous sommes en train de ridiculiser la Haute assemblée sur un sujet essentiel pour les Français”, a-t-il ajouté, s’attaquant aux divisions de la droite.”On ne peut pas demander à des sénateurs qui sont opposés à l’euthanasie et au suicide assisté de voter pour un article comme (celui-là). C’est impossible. C’est tout”, a rétorqué le centriste Loïc Hervé. “En mon âme et conscience, je ne peux pas voter un texte de reconnaissance de l’aide à mourir si nous n’avons pas le droit aux soins palliatifs”, a renchéri la sénatrice LR Marie Mercier.Le Sénat examinera en effet à partir du lundi 26 janvier une autre proposition de loi sur les soins palliatifs, plus consensuelle. De nombreux parlementaires ont d’ailleurs regretté que ce texte n’ait pas été examiné en premier.Le calendrier parlementaire de cette réforme sera long, car il faudra encore au moins un aller-retour entre les deux chambres. Mais l’absence de majorité au Sénat semble désormais indiquer une chose: le consensus aura probablement lieu à l’Assemblée, à qui le gouvernement peut donner le dernier mot.”Le Sénat montre son incapacité, contrairement à l’Assemblée, à trouver un compromis sur un texte aussi important”, a regretté Jonathan Denis, président de l’Association pour le droit de mourir dans la dignité (ADMD), appelant au retour rapide du texte à l’Assemblée.Si cette réforme majeure du second quinquennat d’Emmanuel Macron aboutissait, la France rejoindrait d’autres pays ayant légiféré sur la question, comme les Pays-Bas, la Belgique, la Suisse, le Canada.

Fin de vie: les sénateurs s’opposent à toute forme d’aide à mourir

Les sénateurs se sont opposés mercredi à la création de toute forme d’aide à mourir lors des débats sur la fin de vie, l’hémicycle dominé par la droite enterrant cette réforme sociétale majeure qui devrait toutefois bientôt revenir à l’Assemblée nationale.Très chaotiques et confus, les débats ont tourné court avec le rejet d’un premier article fixant les conditions requises pour accéder à un dispositif de suicide assisté ou d’euthanasie.Plus tard, dans la soirée, la droite sénatoriale a définitivement enterré le projet de loi en réécrivant entièrement l’article-clé créant l’aide active à mourir, le vidant de sa substance. L’amendement déposé par des sénateurs, dont certains proches du patron des Républicains Bruno Retailleau, a remplacé cette assistance médicale à mourir par un “droit au meilleur soulagement possible de la douleur et de la souffrance”.”Nous sommes en train de voter, chers collègues, un texte qui revient sur la loi Claeys-Léonetti”, s’est inquiété le sénateur communiste Pierre Ouzoulias, estimant que la mesure votée pourrait interdire demain l’arrêt de l’hydratation lors d’une sédation profonde et continue maintenue jusqu’au décès.L’examen du reste des articles, par exemple sur la clause de conscience des médecins, s’est poursuivi et fini dans la soirée malgré la suppression dans le texte du dispositif d’assistance médicale à mourir, les sénateurs dénonçant l’absurdité des débats sur un “texte fantôme”, “une mascarade” pour certains.Les échanges ont été particulièrement houleux au sein de l’hémicycle pourtant réputé plus sage que le Palais-Bourbon. Une partie de la gauche a notamment accusé certains sénateurs de rejeter le texte en raison de leurs convictions religieuses.Un vote solennel sur l’ensemble de la proposition de loi du député Olivier Falorni reste prévu mercredi 28 janvier, mais il n’aura guère de sens, car le texte est amputé de son ossature. La suite du processus parlementaire risque donc essentiellement de se dérouler à l’Assemblée nationale, où une nette majorité avait pu se dégager, au contraire du Sénat. Le gouvernement espère saisir les députés en deuxième lecture au plus vite, potentiellement dès le mois de février.L’article concernant les conditions d’accès à l’aide à mourir a été rejeté pour des raisons diverses. Une grande partie de la droite et des centristes, opposés à toute forme d’aide à mourir dans le sillage de Bruno Retailleau, ont voté contre.Pourtant la ligne tenue jusqu’ici par la majorité sénatoriale militait non pas pour un rejet du texte, mais pour l’adoption d’un dispositif beaucoup plus strictement encadré.Le président de la commission des Affaires sociales du Sénat, Philippe Mouiller (Les Républicains) s’est ainsi ému du rejet de cet article “clé de voute” du texte. Le groupe socialiste s’y est opposé car la rédaction avait été considérablement modifiée et s’éloignait trop, selon lui, du dispositif voté à l’Assemblée nationale en juin 2025.L’enseignement de ce vote est sans appel: les divergences de vue du Sénat étaient sans doute trop importantes pour que la chambre haute puisse aboutir à un texte cohérent soutenu par une majorité.- “Un triste soir” -“C’est un triste soir pour le Sénat que nous vivons collectivement”, s’est désolé le chef des sénateurs socialistes Patrick Kanner. “Le Sénat a fait de ce texte une forme d’agonie politique. Nous sommes en train de ridiculiser la Haute assemblée sur un sujet essentiel pour les Français”, a-t-il ajouté, s’attaquant aux divisions de la droite.”On ne peut pas demander à des sénateurs qui sont opposés à l’euthanasie et au suicide assisté de voter pour un article comme (celui-là). C’est impossible. C’est tout”, a rétorqué le centriste Loïc Hervé. “En mon âme et conscience, je ne peux pas voter un texte de reconnaissance de l’aide à mourir si nous n’avons pas le droit aux soins palliatifs”, a renchéri la sénatrice LR Marie Mercier.Le Sénat examinera en effet à partir du lundi 26 janvier une autre proposition de loi sur les soins palliatifs, plus consensuelle. De nombreux parlementaires ont d’ailleurs regretté que ce texte n’ait pas été examiné en premier.Le calendrier parlementaire de cette réforme sera long, car il faudra encore au moins un aller-retour entre les deux chambres. Mais l’absence de majorité au Sénat semble désormais indiquer une chose: le consensus aura probablement lieu à l’Assemblée, à qui le gouvernement peut donner le dernier mot.”Le Sénat montre son incapacité, contrairement à l’Assemblée, à trouver un compromis sur un texte aussi important”, a regretté Jonathan Denis, président de l’Association pour le droit de mourir dans la dignité (ADMD), appelant au retour rapide du texte à l’Assemblée.Si cette réforme majeure du second quinquennat d’Emmanuel Macron aboutissait, la France rejoindrait d’autres pays ayant légiféré sur la question, comme les Pays-Bas, la Belgique, la Suisse, le Canada.

Fin de vie: les sénateurs s’opposent à toute forme d’aide à mourir

Les sénateurs se sont opposés mercredi à la création de toute forme d’aide à mourir lors des débats sur la fin de vie, l’hémicycle dominé par la droite enterrant cette réforme sociétale majeure qui devrait toutefois bientôt revenir à l’Assemblée nationale.Très chaotiques et confus, les débats ont tourné court avec le rejet d’un premier article fixant les conditions requises pour accéder à un dispositif de suicide assisté ou d’euthanasie.Plus tard, dans la soirée, la droite sénatoriale a définitivement enterré le projet de loi en réécrivant entièrement l’article-clé créant l’aide active à mourir, le vidant de sa substance. L’amendement déposé par des sénateurs, dont certains proches du patron des Républicains Bruno Retailleau, a remplacé cette assistance médicale à mourir par un “droit au meilleur soulagement possible de la douleur et de la souffrance”.”Nous sommes en train de voter, chers collègues, un texte qui revient sur la loi Claeys-Léonetti”, s’est inquiété le sénateur communiste Pierre Ouzoulias, estimant que la mesure votée pourrait interdire demain l’arrêt de l’hydratation lors d’une sédation profonde et continue maintenue jusqu’au décès.L’examen du reste des articles, par exemple sur la clause de conscience des médecins, s’est poursuivi et fini dans la soirée malgré la suppression dans le texte du dispositif d’assistance médicale à mourir, les sénateurs dénonçant l’absurdité des débats sur un “texte fantôme”, “une mascarade” pour certains.Les échanges ont été particulièrement houleux au sein de l’hémicycle pourtant réputé plus sage que le Palais-Bourbon. Une partie de la gauche a notamment accusé certains sénateurs de rejeter le texte en raison de leurs convictions religieuses.Un vote solennel sur l’ensemble de la proposition de loi du député Olivier Falorni reste prévu mercredi 28 janvier, mais il n’aura guère de sens, car le texte est amputé de son ossature. La suite du processus parlementaire risque donc essentiellement de se dérouler à l’Assemblée nationale, où une nette majorité avait pu se dégager, au contraire du Sénat. Le gouvernement espère saisir les députés en deuxième lecture au plus vite, potentiellement dès le mois de février.L’article concernant les conditions d’accès à l’aide à mourir a été rejeté pour des raisons diverses. Une grande partie de la droite et des centristes, opposés à toute forme d’aide à mourir dans le sillage de Bruno Retailleau, ont voté contre.Pourtant la ligne tenue jusqu’ici par la majorité sénatoriale militait non pas pour un rejet du texte, mais pour l’adoption d’un dispositif beaucoup plus strictement encadré.Le président de la commission des Affaires sociales du Sénat, Philippe Mouiller (Les Républicains) s’est ainsi ému du rejet de cet article “clé de voute” du texte. Le groupe socialiste s’y est opposé car la rédaction avait été considérablement modifiée et s’éloignait trop, selon lui, du dispositif voté à l’Assemblée nationale en juin 2025.L’enseignement de ce vote est sans appel: les divergences de vue du Sénat étaient sans doute trop importantes pour que la chambre haute puisse aboutir à un texte cohérent soutenu par une majorité.- “Un triste soir” -“C’est un triste soir pour le Sénat que nous vivons collectivement”, s’est désolé le chef des sénateurs socialistes Patrick Kanner. “Le Sénat a fait de ce texte une forme d’agonie politique. Nous sommes en train de ridiculiser la Haute assemblée sur un sujet essentiel pour les Français”, a-t-il ajouté, s’attaquant aux divisions de la droite.”On ne peut pas demander à des sénateurs qui sont opposés à l’euthanasie et au suicide assisté de voter pour un article comme (celui-là). C’est impossible. C’est tout”, a rétorqué le centriste Loïc Hervé. “En mon âme et conscience, je ne peux pas voter un texte de reconnaissance de l’aide à mourir si nous n’avons pas le droit aux soins palliatifs”, a renchéri la sénatrice LR Marie Mercier.Le Sénat examinera en effet à partir du lundi 26 janvier une autre proposition de loi sur les soins palliatifs, plus consensuelle. De nombreux parlementaires ont d’ailleurs regretté que ce texte n’ait pas été examiné en premier.Le calendrier parlementaire de cette réforme sera long, car il faudra encore au moins un aller-retour entre les deux chambres. Mais l’absence de majorité au Sénat semble désormais indiquer une chose: le consensus aura probablement lieu à l’Assemblée, à qui le gouvernement peut donner le dernier mot.”Le Sénat montre son incapacité, contrairement à l’Assemblée, à trouver un compromis sur un texte aussi important”, a regretté Jonathan Denis, président de l’Association pour le droit de mourir dans la dignité (ADMD), appelant au retour rapide du texte à l’Assemblée.Si cette réforme majeure du second quinquennat d’Emmanuel Macron aboutissait, la France rejoindrait d’autres pays ayant légiféré sur la question, comme les Pays-Bas, la Belgique, la Suisse, le Canada.