Les 52 agriculteurs de la Confédération paysanne sont sortis de garde à vue

Les 52 agriculteurs de la Confédération paysanne arrêtés mercredi après être entrés dans une annexe du ministère de l’Agriculture sont sortis de garde à vue sans poursuite judiciaire jeudi, a appris l’AFP du parquet de Paris.  “Seuls des autocollants ont été constatés dans les locaux dans lesquels les personnes avaient pénétré. L’exploitation des vidéosurveillances a permis de voir un groupe de personnes munies de banderoles et cartons occuper l’entrée et le sas d’une annexe, sans commission de violences ni de dégradation”, a relaté le parquet contacté par l’AFP.En conséquence, le ministère public “a classé en raison de l’absence d’infraction suffisamment caractérisée, pour l’ensemble des personnes interpellées” pour dégradations d’un bien public en réunion et participation à un groupement en vue de commettre des dégradations. Mercredi, peu après 16H00, une centaine d’agriculteurs de la Confédération paysanne étaient entrés dans une annexe du ministère, en déployant une banderole “L’agriculture, on veut en vivre, pas en mourir”.Selon une source policière, ils étaient munis de banderoles, bombes de peinture, fumigènes et d’un cutter. Un responsable du ministère de l’Agriculture a porté plainte, selon la même source.Cinquante-deux militants dont trois porte-parole nationaux avaient été placés en garde à vue dans différents commissariats parisiens.”Un grand merci, et une grande fierté. Parce qu’on est là pour défendre les petits paysans, c’est pour ça qu’on est là”, s’est écrié Jean-Michel Sauvage, agriculteur bio dans le Pas-de-Calais, en sortant du commissariat du XIIIe arrondissement sous les applaudissements de militants, a constaté un journaliste de l’AFP.Devant le commissariat, une centaine de militants et membres de la Confédération paysanne, de la CGT, de Solidaires et d’autres associations écologistes s’étaient rassemblés dans la matinée pour les soutenir.Des élus de gauche, dont l’écologiste Sandrine Rousseau, étaient également présents. “On dénonce clairement la répression démesurée que subit la Confédération paysanne”, a déclaré à l’AFP Nina Lejeune, secrétaire nationale du syndicat agricole. Les élus syndicaux présents se sont également insurgés contre ce qu’ils décrivent comme un “deux poids, deux mesures” entre la Confédération paysanne et la FNSEA, principal syndicat agricole, dont les 350 tracteurs ont défilé mardi dans Paris jusqu’à l’Assemblée nationale. “On était rassemblés pacifiquement, il n’y a eu aucun dialogue possible”, a affirmé jeudi Nicolas Fortin, secrétaire national de la Confédération paysanne devant le commissariat du XIIIe arrondissement. hrc-hay-mca-clw-meh/ak/bow/LyS

Groenland: le Danemark, en désaccord fondamental avec Trump, obtient l’envoi d’une mission militaire européenne

Une mission militaire européenne a démarré jeudi au Groenland, territoire autonome danois convoité par Donald Trump, au lendemain d’une rencontre à Washington où le Danemark a acté son “désaccord fondamental” avec les Etats-Unis.Traditionnel allié des Américains au sein de l’Otan, le Danemark a annoncé renforcer sa présence militaire au Groenland, en réponse aux critiques américaines sur son manque d’engagement dans l’île arctique mais également en réaction à la volonté réitérée du président américain de s’en emparer. Deux avions de transport de troupe danois ont atterri dès mercredi sur le territoire.Dans la foulée, la France, la Suède, l’Allemagne et la Norvège, rejoints par les Pays-Bas, la Finlande et le Royaume-Uni, ont annoncé l’envoi de personnel militaire pour une mission de reconnaissance qui s’inscrit dans le cadre de l’exercice danois “Arctic Endurance” organisé avec des alliés de l’Otan.Ces renforts militaires européens de taille modeste – 13 pour l’Allemagne par exemple, un militaire pour les Pays-Bas et le Royaume-Uni – doivent préparer la participation de ces armées à de futurs exercices dans l’Arctique, expliquent des sources de défense de plusieurs pays.”La France et les Européens doivent continuer partout où leurs intérêts sont menacés d’être là, sans escalade, mais intraitables sur le respect de la souveraineté territoriale”, a dit le président français lors de ses vœux aux Armées sur la base aérienne d’Istres, estimant que c’était le rôle de la France “d’être aux côtés d’un État souverain pour protéger son territoire”.Paris va y dépêcher dans les prochains jours, au-delà d’une première équipe de militaires déjà sur place, de nouveaux “moyens terrestres, aériens et maritimes”.Au lendemain de la rencontre entre le ministre danois des Affaires étrangères Lars Løkke Rasmussen, celle du Groenland Vivian Motzfeldt et des dirigeants américains à la Maison Blanche, la Première ministre danoise Mette Frederiksen a acté l’existence d’un “désaccord fondamental” avec les États-Unis sur l’avenir du territoire arctique. “L’ambition américaine de prendre le contrôle du Groenland reste intacte”, a-t-elle estimé. “Il s’agit bien sûr d’une situation grave et nous poursuivons donc nos efforts pour empêcher que ce scénario ne se réalise”.- “Effrayant” -Mette Frederiksen a “salué” l’envoi de troupes européennes pour participer à des “exercices communs au Groenland et dans ses environs”. “Il existe un consensus au sein de l’OTAN sur le fait qu’une présence renforcée dans l’Arctique est essentielle pour la sécurité européenne et nord-américaine”, ajoute Mme Frederiksen. Son ministre de la Défense Troels Lund Poulsen a annoncé qu’un plan était en élaboration pour instaurer une présence plus importante et permanente en 2026.Au contraire, la diplomatie russe a fait part de sa “sérieuse inquiétude” après l’envoi de troupes provenant de pays de l’Otan.A Nuuk, où des drapeaux groenlandais ont fleuri devant les devantures des boutiques et aux fenêtres des habitations, l’issue de la rencontre entre Danois, Groenlandais et Américains laissait les habitants partagés entre angoisse et espoir de voir la situation s’améliorer.C’est très effrayant parce que c’est quelque chose d’énorme”, a commenté Vera Stidsen, une enseignante de 51 ans rencontrée à la sortie d’un supermarché de Nuuk, la capitale groenlandaise.”J’espère qu’à l’avenir nous pourrons continuer à vivre comme nous l’avons fait jusqu’à présent: en paix et sans être dérangés”, a-t-elle dit à l’AFP.Danois, Groenlandais et Américains ont annoncé la mise en place d’un “groupe de travail de haut niveau” pour tenter d’aller de l’avant malgré les divergences, a dit M. Løkke Rasmussen à Washington. “Le Groenland souhaite coopérer, mais sur la base de valeurs fondamentales telles que la démocratie et le respect”, a fait valoir de son côté le Premier ministre groenlandais Jens-Frederik Nielsen, pour qui “le dialogue et la diplomatie sont la bonne voie à suivre”.- “Pas navire chinois” -Donald Trump, qui assure entretenir de bonnes relations avec le Danemark, répète que les États-Unis ont besoin du Groenland pour sa sécurité nationale, pour contenir les avancées de la Russie et de la Chine en Arctique, et n’écarte pas un recours à la force pour s’en emparer.”Je pense qu’une solution sera trouvée”, a déclaré Donald Trump à l’issue de la réunion de mercredi, à laquelle il n’a pas participé. Il n’y a ni navires ni investissements “massifs” chinois au Groenland, a répliqué M. Løkke Rasmussen devant la presse danoise.Pour démonter son engagement, Copenhague avait rappelé avoir investi près de 90 milliards de couronnes (12 milliards d’euros) pour renforcer la défense de l’Arctique.

La France épinglée par la CEDH pour les conditions de détention indignes à la prison de Strasbourg

Cellules surpeuplées et insalubres, cafards et souris, absence d’eau chaude et d’intimité aux toilettes: un homme de 42 ans a fait condamner jeudi la France par la Cour européenne des droits de l’Homme pour ses conditions de détention à la maison d’arrêt de Strasbourg.Cette prison, “en situation de surpopulation” et “propice à la prolifération des animaux nuisibles”, n’offrait pas, “à l’époque de la détention du requérant”, des conditions de détention “décentes”, ce qui était assimilable à un “traitement inhumain et dégradant”, a tranché la CEDH. Les autorités françaises devront verser 7.400 euros au détenu à titre de dédommagement moral.C’est la neuvième fois depuis 2013 que la France est condamnée par la CEDH pour les conditions de vie dans ses prisons, a précisé à l’AFP Patrice Spinosi, l’avocat qui a porté ces dossiers avec l’Observatoire international des prisons (OIP). Au total, ces arrêts concernaient 42 détenus, mais “ce n’est que la partie émergée de l’iceberg” car seule une minorité des personnes concernées ont “l’énergie et le temps” pour saisir la justice, jusqu’au Conseil d’Etat et à la CEDH, afin de dénoncer leurs conditions de détention, a souligné l’avocat.Dans le cas de la maison d’arrêt de Strasbourg, les juges européens ont donné raison au requérant pour la période allant d’avril à juillet 2016.Pendant ces 87 jours, le détenu n’a pu être seul en cellule que pendant quatre jours. Le reste du temps, il devait partager les 9 m2 de son espace de vie avec au moins un autre prisonnier et même, pendant six jours, avec deux codétenus, selon le comptage précis fourni par les autorités françaises.En s’appuyant notamment sur plusieurs rapports du Contrôleur général des lieux de privation de liberté (CGLPL), la Cour a souligné la vétusté de la prison, la présence de rongeurs et cafards ou les douches “parfois glaciales”. Surtout, les toilettes, au sein des cellules, sont installées “à proximité immédiate des lits et des lieux de repas” et ne sont pas séparées par une cloison fermée, si bien que les détenus n’y disposent d’aucune intimité, ont relevé les juges européens.Au vu de tous ces éléments, la CEDH a estimé que le requérant avait été exposé à “une épreuve d’une intensité excédant le niveau inévitable de souffrance inhérent à la détention”.Pour Me Spinosi, “il n’est pas sûr que cet arrêt change la donne mais c’est un nouveau signal de la situation dantesque dans les prisons, où la surpopulation est à l’origine de l’essentiel des problèmes”.

Suicide d’une gendarme à Lyon: la justice écarte tout harcèlement, émoi de la famille

La justice a refermé jeudi l’enquête sur la mort en 2011 d’une gendarme dans une caserne à Lyon, une décision jugée “scandaleuse” par la famille qui récuse la thèse d’un suicide pour raisons personnelles, persuadée qu’elle était harcelée par des collègues.Dans ce dossier au long cours, la chambre de l’instruction de la cour d’appel de Lyon a rendu un non-lieu, tout en reconnaissant que “des propos racistes” avaient pu être prononcés “en présence de Myriam Sakhri”.Aussi “déplacés et racistes” furent-ils, “ils ne la visaient pas”, et l’enquête n’a pas fait apparaître “d’éléments suffisants” pour soutenir que sa hiérarchie ou ses collègues “auraient eu des propos ou comportements répétés” constituant du harcèlement moral, a justifié la chambre dans son arrêt.”Aucune négligence, inattention, maladresse ou faute d’imprudence à l’origine du décès, n’a non plus été mise en évidence”, relève encore la chambre de l’instruction.C’est “une décision scandaleuse”, a réagi par téléphone Me Vincent Brengarth, avocat de la famille Sakhri. “Il est évidemment impensable pour nous d’en rester là. Le combat va continuer”, a-t-il ajouté.Présente à la cour, où des portraits de la disparue avait été accrochés aux grilles, sa soeur Nadirha Sakhri a dénoncé une enquête “bâclée” et une “mascarade depuis le début”.”Ils ne veulent pas juger son affaire. Ils n’ont pas de courage, ce n’est pas un souci. Nous irons jusqu’à la Cour de cassation. Et si la Cour de cassation n’arrivera pas à juger l’affaire, on ira jusqu’à la Cour européenne”, a-t-elle déclaré.- Sans suite -Âgée de 32 ans et d’origine algérienne, Myriam Sakhri a été retrouvée morte le 24 septembre 2011 dans son appartement de fonction, à Lyon, une balle dans le ventre et son arme de service à ses pieds.Affectée au Centre d’opérations et de renseignements de la gendarmerie (Corg) du Rhône, service chargé de répondre aux appels du public, elle s’était plainte de harcèlement et de racisme et une enquête interne avait été ouverte, dont elle attendait les conclusions.À sa mort, un mot retrouvé à ses côtés, écrit de sa main -“Merci à G. le connard !”- désignait le colonel qui commandait à l’époque la gendarmerie du Rhône.Après le décès de la gendarme, l’affaire avait été rapidement classée. Mais la famille, dénonçant la partialité des investigations menées par l’Inspection générale de la gendarmerie nationale (IGGN), avait porté plainte.Celle-ci avait déclenché l’ouverture d’une première information judiciaire en 2012. Elle avait débouché sur un non-lieu en 2013, confirmé en appel en 2014 puis par la Cour de cassation en 2015.Les magistrats avaient écarté tout harcèlement, estimant que la gendarme s’était suicidée après avoir appris qu’elle devrait comparaître devant un tribunal pour deux affaires liées à l’exercice de sa profession.- “Courage” -Pas convaincue, la famille avait poursuivi son combat et compilé des témoignages démontrant que la gendarme était devenue “la bête noire” de son entourage professionnel.Sur la base de ces nouveaux éléments, une information judiciaire pour harcèlement et homicide involontaire avait été rouverte en 2021 et confiée à la chambre de l’instruction de la cour d’appel. Celles-ci a procédé à de nombreuses auditions de témoins, dont il est ressorti que “plusieurs opérateurs du Corg ont tenu des propos déplacés et racistes à l’encontre des usagers” en présence de Myriam Sakhri mais sans la viser, estime la chambre dans son arrêt.”Le geste désespéré de Myriam Sakhri trouve plutôt son origine dans son insatisfaction professionnelle” suite notamment “à une demande de mutation non obtenue”, et aux poursuites engagées contre elle, “le tout sur un terrain psychologique particulièrement fragile”, écrit-elle encore.La justice “manque de courage”, a dénoncé Me Brengarth, assurant disposer d'”énormément d’éléments qui permettaient non seulement de caractériser l’existence d’un racisme ambiant au sein du service dans lequel évoluait Myriam Sakri”, mais aussi “des comportements de harcèlement à son encontre”.

What is the Insurrection Act threatened by Trump on Minnesota?

President Donald Trump threatened on Thursday to invoke the “Insurrection Act” to quell protests over federal immigration raids in the northern US state of Minnesota.Here is a look at what the act entails and its previous use:- Insurrection Act -The Insurrection Act allows for domestic deployment of the US military for civilian law enforcement purposes such as conducting searches and making arrests.Trump has threatened to invoke it in response to protests against his mass deportation drive not only in Minnesota but also in other Democratic-ruled states — California, Illinois and Oregon.Intermittent and sometimes violent protests have occurred in the states when Trump has launched targeted “surges” of federal agents, including from Immigration and Customs Enforcement (ICE).”If the corrupt politicians of Minnesota don’t obey the law and stop the professional agitators and insurrectionists from attacking the Patriots of ICE, who are only trying to do their job, I will institute the INSURRECTION ACT,” he said in a Truth Social post on Thursday.- Posse Comitatus -Using the US military domestically to conduct law enforcement activities is normally barred by another law, the 1878 Posse Comitatus Act.The Insurrection Act lets a president sidestep the Posse Comitatus Act to suppress “armed rebellion” or “domestic violence” and use the armed forces “as he considers necessary” to enforce the law.- Past use -The Insurrection Act has been invoked by US presidents about 30 times previously but rarely in recent history, according to the Brennan Center for Justice at the New York University School of Law.It was enacted in 1792 but the current version dates to 1807.America’s first president, George Washington, used it to put down state rebellions against federal authority and president Abraham Lincoln relied upon it at the start of the 1861-65 Civil War.The Insurrection Act was most recently invoked by president George H.W. Bush at the request of California’s governor to help put down riots in Los Angeles in 1992 that followed the acquittal of police officers involved in the beating of a Black motorist, Rodney King.It was used by president Lyndon Johnson in 1968 to quell riots that broke out in the nation’s capital and other cities following the assassination of civil rights leader Martin Luther King Jr.- National Guard deployments -Trump separately relied on a seldom-used law known as Title 10 to send National Guard troops to Los Angeles last year against the wishes of California’s Democratic governor, Gavin Newsom.Title 10 permits National Guard federalization in times of “a rebellion or danger of a rebellion” against government authority, but does not give the troops the powers to perform domestic law enforcement duties.Trump’s bid to deploy the National Guard to another city, Chicago, suffered a setback last month when the Supreme Court ruled he had “failed to identify a source of authority that would allow the military to execute the laws in Illinois.”The Supreme Court rebuff was a rare defeat for Trump at the top court, where conservatives hold a 6-3 majority.

Un homme décède en garde à vue à Paris, enquête ouverte

Un homme, interpellé en possession de résine de cannabis, est mort après avoir perdu connaissance dans les locaux du commissariat du XXe arrondissement de Paris, a appris jeudi l’AFP de source policière et auprès du parquet.Le parquet de Paris a ouvert une enquête en recherche des causes de la mort, confiée à l’Inspection générale de la police nationale (IGPN), la police des polices, a-t-il indiqué, sollicité par l’AFP.L’homme avait été interpellé mercredi dans la soirée par des policiers des Brigades territoriales de contact (BTC), “qui l’ont vu rouler un joint de cannabis”, a précisé le parquet.Il s’était alors rebellé et les policiers avaient été contraints d’utiliser leur pistolet à impulsion électrique, “en mode contact” au niveau du mollet, pour le maîtriser, d’après la source policière.Selon le parquet, lors de son interpellation, il a chuté au sol, entraînant deux policiers.Le dépistage d’alcoolémie de la personne gardée à vue s’est avéré négatif, a encore expliqué le parquet, mais il était en possession de faux documents administratifs et de matière brunâtre s’apparentant à du cannabis.Blessé à l’arcade, il était dans l’attente de son transport à l’hôpital quand il est tombé du banc où il était installé et, malgré l’intervention des secours, est décédé.Le corps de la victime a été transporté à l’institut médico-légal pour une autopsie. 

Ouganda: fin du scrutin perturbé par des problèmes techniques, résultats attendus sous 48 heures

L’Ouganda a commencé à compter ses bulletins de vote jeudi à l’issue d’une journée électorale marquée par d’importants problèmes techniques, le résultat des scrutins présidentiel et législatifs étant attendu dans les 48 heures.Sur la chaîne NBS, une télévision privée, le dépouillement était filmé dans plusieurs bureaux du pays. Des agents vêtus de chasubles égrainaient, souvent en extérieur, les noms présents sur les bulletins, devant quelques dizaines de personnes.Nombre d’observateurs voient dans ces élections une formalité pour le président sortant Yoweri Museveni, ex-guérillero âgé de 81 ans, qui vise un septième mandat consécutif en s’appuyant sur un contrôle total de l’appareil électoral et sécuritaire.La population n’a pas accès au réseau internet, coupé depuis mardi par les autorités. Un important dispositif sécuritaire a été mis en place à travers le pays.Le principal adversaire de M. Museveni est l’ancien chanteur de raggamuffin Bobi Wine, 43 ans, qui se présente comme le “président du ghetto”, en référence à son quartier natal situé dans un des bidonvilles de la capitale Kampala.D’importants problèmes techniques ont perturbé le vote à travers le pays, potentiellement causés par le blocage d’internet. Pour l’opposition, ces perturbations sont un acte “délibéré” pour garantir la victoire de Yoweri Museveni. Après avoir voté, encadré par un important dispositif sécuritaire et une foule de supporters, M. Wine, de son vrai nom Robert Kyagulanyi, a pointé du doigt les problèmes techniques du jour “parmi d’autres irrégularités”.- “Bourrage des urnes” -Sur X, il a accusé le gouvernement de “bourrage massif des urnes” et d’avoir arrêté des cadres de son parti à la faveur du blocage d’internet. Ces informations n’ont pas pu être vérifiées par l’AFP. Le président Museveni a de son côté accusé jeudi l’opposition d’avoir “bourré les urnes” lors de l’élection présidentielle de 2021, qu’il a affirmé avoir remporté à “plus de 70%” et non avec 58% des suffrages, comme l’avait déclaré la commission électorale.Il s’est dit confiant d’obtenir 80% des suffrages, mais a reconnu des difficultés techniques rencontrées par les machines biométriques censées vérifier l’identité des votants, qu’il a pu constater lui-même.”J’ai mis l’empreinte de mon pouce droit. La machine ne l’a pas acceptée. Alors j’ai mis le gauche. Elle ne l’a pas accepté”, mais “mon visage a été accepté par la machine”, a raconté M. Museveni à la presse en fin de matinée après avoir voté à Rwakitura (ouest).Plus tôt jeudi, des journalistes de l’AFP ont vu des électeurs voter après une longue attente, et de nombreux bureaux contraints de recourir à une vérification manuelle de l’identité des électeurs.”Ils essaient de truquer l’élection”, s’est indignée Respy, une jeune femme d’une vingtaine d’années. “Ils essaient de nous épuiser et de nous faire rentrer chez nous.”Les résultats doivent constitutionnellement être communiqués sous 48 heures, soit d’ici samedi 17H00 (14H00 GMT), la commission électorale ayant repoussé d’une heure la fermeture des  bureaux de vote jeudi, à l’origine prévue à 16H00 (13H00 GMT). – “Intimidation généralisée” -Le vote se déroule dans un climat “marqué par une répression et une intimidation généralisées”, a pointé l’ONU.Au moins 400 partisans de Bobi Wine ont été arrêtés durant sa campagne, selon l’ONG Amnesty international. L’opposant, qui avait été détenu et torturé en 2021, a pris l’habitude de porter un gilet pare-balles.L’autre grand chef de l’opposition, Kizza Besigye, qui s’est présenté à quatre reprises contre M. Museveni, a été enlevé en 2024 au Kenya pour être ramené en Ouganda, où il reste détenu pour des accusations de trahison.Une dizaine d’ONG se sont vu intimer l’ordre de cesser immédiatement leurs activités dans le pays.Et malgré des promesses répétées qu’il ne le ferait pas, le gouvernement a coupé l’accès à internet mardi pour une durée indéterminée, présentant la mesure comme un moyen de contenir la “désinformation” et l'”incitation à la violence”.En Tanzanie voisine, internet avait été bloqué plusieurs jours à partir du 29 octobre dernier, jour d’élections jugées frauduleuses par des observateurs étrangers. Des manifestations antipouvoir avaient alors été réprimées dans le sang, avec plus de 2.000 personnes tuées selon l’opposition, dans l’opacité la plus totale.Yoweri Museveni reste néanmoins pour beaucoup le “père de la nation”, qui a tiré le pays du chaos politique et économique à l’issue d’une guerre de brousse contre ses rivaux dans les années 1980. Plus de 70% de la population ougandaise a moins de 30 ans et n’a connu que lui au pouvoir. Bobi Wine a promis des manifestations en cas de fraude électorale, ce qui fait craindre des violences, évitées jeudi.”Après avoir voté (…) je ne resterai pas ici”, a déclaré Irene, une supportrice de Bobi Wine, sans donner son nom de famille, anticipant des brutalités policières : “J’ai peur.”

Procès en vue pour l’ancien nageur Yannick Agnel, accusé de viol sur mineure

L’ancien champion olympique de natation Yannick Agnel sera bien jugé devant la cour criminelle du Haut-Rhin pour viol sur la fille de son entraîneur, âgée de 13 ans au moment des faits présumés, suite au rejet jeudi de son appel.En mai, un juge d’instruction de Mulhouse avait ordonné le renvoi devant la cour criminelle de l’ancien champion de 33 ans. Yannick Agnel, qui a toujours plaidé une relation consentie et amoureuse, avait fait appel de cette décision.Mais la cour d’appel de Colmar a estimé jeudi qu’il existait des charges suffisantes à son encontre, et qu’en conséquence il devra bien être jugé pour des faits de viol et d’agression sexuelle.Me Thomas Wetterer, l’avocat de la jeune femme, a exprimé à l’AFP sa “satisfaction”, tout en ajoutant attendre le procès pour s’exprimer davantage.En mai, il avait salué la perspective d’un procès. “Le juge d’instruction mulhousien réaffirme quelque chose qui devrait être naturel dans le sens commun, c’est qu’un homme de 23 ans ne peut pas avoir de rapport sexuel avec une enfant de 13 ans”, avait-il souligné. Les avocats du mis en examen, qui n’avaient eux pas fait le déplacement à Colmar, ont encore cinq jours pour éventuellement se pourvoir en cassation. L’ancien nageur, sous contrôle judiciaire depuis décembre 2021, encourt une peine de vingt ans d’emprisonnement.- Plainte en juillet 2021 -Ancien pensionnaire du Mulhouse Olympic Natation, Yannick Agnel est accusé de viols et d’agressions sexuelles survenus entre le 1er janvier et le 31 août 2016 sur la fille de son entraîneur Lionel Horter, chez qui il était hébergé. Les faits présumés se seraient déroulés à Mulhouse, mais également à l’étranger, en Thaïlande (où le Mulhouse Olympic Natation se rend régulièrement en stage, ndlr) ou à Rio de Janeiro, ville hôte des Jeux olympiques de 2016.L’enquête avait débuté à l’été 2021 à la suite du dépôt de plainte de la jeune femme – également licenciée au club à l’époque, elle a depuis abandonné la natation. Yannick Agnel avait été mis en examen cinq mois plus tard, le 11 décembre 2021. A l’issue de 48 heures de garde à vue, il avait “reconnu la matérialité des faits reprochés, même si pour certains viols il a un problème de mémoire”, avait expliqué la procureure de la République d’alors, Edwige Roux-Morizot.Le nageur a toujours nié l’emprise qu’il pouvait avoir sur la jeune fille. Mais Mme Roux-Morizot avait estimé que les faits étaient “constitutifs de viols et d’agressions sexuelles en raison de la différence d’âge” et d’une “véritable contrainte morale”.Yannick Agnel possède l’un des plus beaux palmarès de la natation française: il a été double champion olympique à Londres en 2012 sur le 200 m nage libre et le relais 4×100 m, avant d’être sacré champion du monde dans ces deux disciplines en 2013.