La destruction d’un mas médiéval sur un domaine dont le couple Sarkozy est actionnaire devant la justice

Un mas médiéval du XVe siècle entièrement réduit en “gravats”: la justice s’est penchée jeudi sur la citation directe d’une association écologiste engagée contre un luxueux domaine des Alpilles, appartenant à l’entrepreneur Stéphane Courbit associé au couple Sarkozy.Devant le tribunal de Tarascon, la Ligue de défense des Alpilles vise la société Estoublon Holding, propriétaire du domaine d’Estoublon dans le massif des Alpilles, dans lequel sont associés l’entrepreneur et producteur télé Stéphane Courbit et l’ex-président Nicolas Sarkozy et son épouse Carla Bruni-Sarkozy.En mai 2025, la justice avait déjà prononcé une amende de 150.000 euros dans le cadre d’une comparution sur reconnaissance préalable de culpabilité (CRPC) concernant la destruction de cette bâtisse remontant au XVe siècle à l’encontre d’une autre entité juridique, la société agricole du domaine d’Estoublon.Avec 17 hectares de vigne et 120 hectares d’oliviers, ce domaine, qui se targue d’exister depuis 1489, propose des huiles d’olive “multimédaillées aux profils aromatiques exceptionnels” et met en avant sur son site Internet des offres d’oenotourisme.Au sein d’une “des propriétés les plus exclusives de Provence”, le château –privatisable– offre 10 chambres.Les faits examinés jeudi à Tarascon remontent à mai 2021. Sans attendre les permis nécessaires, des travaux de destruction sont menés au mas de Montredon, dans le périmètre d’un château classé monument historique, au coeur du domaine.Quand, en juin, arrive le refus du maire, il ne reste plus rien de la bâtisse de 800 mètres carrés.”On est sur un cas de démolition totale”, indique Frédéric Aubanton, architecte des bâtiments de France (ABF), cité comme témoin.- “Rayé de l’histoire” -Un tel ouvrage, dont “les éléments majeurs, sculptés, ont été brisés en petits morceaux”, ne peut pas être “remonté”, a-t-il encore estimé.A l’AFP il explique que ce mas datant du XVe siècle avait subi des altérations au XVIIe et au XVIIIe siècle.C’était “un mas typique de ces petits fiefs seigneuriaux, avec des éléments de décors, des fenêtres à meneaux, un escalier à vis, une cheminée monumentale, au rez-de-chaussée de belles voûtes d’arêtes”, dit-il.A la barre, la représentante de la Ligue de défense des Alpilles, Annick Blanc, a fustigé le montant de la CRPC. “Le mas a été rayé de l’histoire et de la mémoire (…) payer 150.000 euros après avoir réduit un mas en poussière pourrait faire des émules”, a-t-elle déploré.Plaidant la relaxe, l’avocat du domaine d’Estoublon, Me Kyum Lee s’est insurgé de voir se rouvrir devant la justice une affaire déjà réglée, selon lui, qualifiant la procédure intentée “d’appel de la CRPC.””Je ne vais pas remettre en cause le fait que le mas a été détruit”, a-t-il reconnu.Mais, a-t-il souligné, “la partie civile n’est pas contente de la peine convenue en CRPC. Elle se dit qu’il faut un nouveau procès pour pouvoir enfin obtenir, peu importe de qui, une peine bien supérieure.”La décision sera rendue le 30 avril. L’avocat de la ligue, Me Benoist Busson, a demandé 100.000 euros de dommages et intérêts solidairement à la Estoublon Holding, à Stéphane Courbit, à un ex-responsable du domaine et au cabinet d’architecture intervenu sur le chantier.”Ils ont 800m2 qu’ils ont démoli qu’ils peuvent reconstruire, on estime que c’est un dossier à plusieurs millions d’euros”, a-t-il dit à l’AFP.En 2022, un reportage de Paris Match sur le domaine suivait Carla Bruni, qui “s’implique dans tous les processus créatifs” à Estoublon. Le magazine explique alors que l’entrepreneur Stéphane Courbit est associé au couple Sarkozy et à la famille Prats dans cette affaire. “Mon mari et moi sommes tombés amoureux d’Estoublon”, raconte ainsi Mme Bruni-Sarkozy.

Ligue Europa : Lyon termine en beauté contre le PAOK avec sa classe biberon

Lyon, avec les premiers buts en professionnels de Rémi Himbert, Khalis Merah et Alejandro Gomes Rodrigues, a battu le club grec du PAOK Salonique (4-2), jeudi au Groupama stadium en match de la 8e et dernière journée de la phase de Ligue de Ligue Europa et termine à la première place.Celle-ci assure à l’Olympique lyonnais, qui disputait son 300e match européen et qui a terminé la rencontre avec plusieurs jeunes du centre de formation, de recevoir au match retour jusqu’à la fin de la phase à élimination directe.Himbert (17 ans) a égalisé à 1-1 (33), inscrivant son premier but en professionnel pour sa première titularisation en équipe une. Il n’avait jusqu’à présent disputé que deux minutes en Ligue 1 contre Brest puis Metz et treize minutes en Ligue Europa contre Young Boys Berne, le 22 janvier. Auparavant, le PAOK avait ouvert la marque par Georgios Giakoumakis qui a repris à bout portant un centre venu de l’aile droite après un corner joué à deux (21) avant d’être réduit à dix après l’exclusion de Konstantelias (40).En fin de match, Himbert, déséquilibré par Giannis Michailidis, a obtenu un penalty que n’a pas converti Adam Karabec qui a tiré sur la barre (84) avant de se rattraper en marquant le troisième but de près en concluant un mouvement collectif (3-2, 87).Plus tôt en seconde période, Khalis Merah (18 ans) avait donné l’avantage à l’OL à la conclusion d’une action collective et en convertissant une passe du Portugais Afonso Moreira (20 ans), déjà impliqué sur le premier but (2-1, 55).Merah a ainsi également marqué pour la première fois en professionnels tout comme en fin de match le jeune Anglais Alejandro Gomes Rodrigues (90+3), qui sera prêté d’ici la fin du mercato. A 17 ans, Gomes Rodrigues est ainsi désormais le plus jeune joueur de Lyon à avoir marqué en coupe d’Europe devant Rémi Himbert et Karim Benzema.Le PAOK avait réussi à revenir à 2-2 avec un but de Soualiho Meite à la réception d’un corner (66).

Attaque de l’aéroport au Niger : le chef de la junte félicite la Russie pour son aide et accuse la France

Le chef de la junte au Niger a félicité la Russie pour son aide militaire face à l’attaque de l’aéroport de Niamey et a accusé nommément les présidents français, béninois et ivoirien d’avoir été les “sponsors” des assaillants.La junte affirme que quatre militaires ont été blessés et que vingts assaillants ont été tués, dont “un Français”, et d’autres arrêtés.Le régime militaire constitué à la suite d’un coup d’Etat le 26 juillet 2023 entretient des relations glaciales avec la France et le Bénin et les accuse régulièrement de le déstabiliser, ce que ces deux pays nient. Il s’est rapproché de nouveaux partenaires, dont la Russie.Situé à une dizaine de kilomètres de la présidence nigérienne, l’aéroport international de Niamey est un site stratégique abritant une base de l’armée de l’air nigérienne, une base de drones récemment construite ainsi que le quartier général de la Force unifiée créée par le Niger, le Burkina Faso et le Mali pour combattre les groupes jihadistes qui les ensanglantent.Par ailleurs, une importante cargaison d’uranium, dont le Niger est producteur, y est actuellement entreposée dans l’attente d’être exportée : elle est au coeur d’un bras de fer avec le géant français du cycle du combustible nucléaire Orano, qui accuse l’Etat nigérien de l’avoir exproprié.Dans la nuit de mercredi à jeudi, des détonations ont été entendues peu après minuit (23H00 GMT) par de nombreux habitants du quartier de l’aéroport. Le calme était revenu au bout d’environ une heure, selon ces mêmes sources.Le périmètre autour de l’aéroport, en particulier l’accès à une base militaire du site, était bloqué par un fort dispositif des forces de sécurité, a constaté un journaliste de l’AFP.”Nous félicitons l’ensemble des forces de défense et de sécurité (…) ainsi que les partenaires russes qui ont défendu avec professionnalisme leur secteur de sécurité”, a affirmé le chef de la junte, le général Abdourahamane Tiani, dans une déclaration diffusée à la radio publique La Voix du Sahel.”Nous rappelons aux sponsors de ces mercenaires, notamment à Emmanuel Macron, Patrice Talon, Alassane Ouattara : nous les avons suffisamment écoutés aboyer, qu’ils s’apprêtent eux aussi à leur tour à nous écouter”, a-t-il ajouté.Dans un communiqué lu à la télévision publique Télé Sahel, le ministre nigérien de la Défense, le général Salifou Modi, a assuré qu'”un groupe de mercenaires télécommandés a attaqué la base aérienne 101 de Niamey” pendant “une trentaine de minutes”, avant une “riposte aéroterrestre”.”Quatre militaires ont été blessés et du matériel a été endommagé, dont un stock de munitions qui a pris feu” et, “dans leur fuite, les terroristes ont tiré à la sauvette sur trois aéronefs civils, dont deux de la compagnie aérienne Asky”, a-t-il précisé.La compagnie aérienne Air Côte d’Ivoire avait informé plus tôt dans la journée qu’un de ses avions avait également été touché sur le tarmac, où il était garé.”La vigoureuse riposte aéroterrestre a permis la neutralisation de 20 mercenaires et l’arrestation de 11 autres dont la majorité est grièvement blessée, ainsi que la récupération d’importants matériels de guerre”, a ajouté le ministre.-  -La télévision a montré une visite du chef de la junte sur la base militaire de Niamey et des corps qu’elle a présentés comme étant ceux des assaillants tués, affirmant qu’il y a “un Français” parmi eux.Sur des images prises par satellite consultées jeudi matin par l’AFP, on pouvait voir des zones partiellement brûlées près de la piste de l’aéroport.Selon le groupe de journalistes ouest-africains spécialisés dans l’actualité sécuritaire au Sahel Wamaps, près de 300 militaires italiens sont basés à l’aéroport.”La priorité absolue demeure la sécurité du personnel italien et de nos militaires de la Mission italienne de soutien au Niger (Misin), qui ne semblent avoir été impliqués d’aucune manière”, a réagi jeudi sur X le ministre italien de la Défense, Guido Crosetto, qui assure “surveiller la situation”.Plusieurs observateurs considèrent que l’hypothèse d’une attaque jihadiste est la plus crédible, le Niger étant confronté aux violences du Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (JNIM, lié à Al Qaida) et de l’Etat islamique au Sahel (EIS) dans sa partie occidentale, proche de la capitale, et dans le sud-est.Toutefois, jeudi soir, aucun groupe jihadiste n’avait revendiqué l’attaque.”Ces derniers jours, il y avait eu des alertes concernant un risque imminent d’attaque. Les deux groupes ont renforcé leur présence dans des zones proches de Niamey et la menace terroriste reste élevée”, explique à l’AFP Beverly Ochieng, un analyste de la société de conseil Control Risks. Concernant l’uranium, le géant français Orano a promis la semaine dernière de poursuivre ses actions juridiques contre l’État nigérien mais aussi contre “quiconque voudrait mettre la main” sur ce stock d’uranium d’au moins 1.000 tonnes.

L’Iran menace de frapper les bases militaires et porte-avions américains en cas d’attaque

L’Iran a promis jeudi de frapper “instantanément” les bases et porte-avions américains en cas d’attaque des Etats-Unis, qui font toujours peser la menace d’une intervention militaire, l’ONU appelant de son côté au dialogue pour éviter une crise aux “conséquences dévastatrices”.L’Union européenne a ajouté une pression supplémentaire, ses 27 ministres des Affaires étrangères s’accordant pour désigner comme “organisation terroriste” les Gardiens de la Révolution, bras armé de la République islamique accusé d’avoir orchestré la répression sanglante en janvier.”+Terroriste+, c’est bien ainsi que l’on qualifie un régime qui réprime les manifestations de son propre peuple dans le sang”, a déclaré la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen.”Tout régime qui tue des milliers de ses propres citoyens travaille à sa propre perte”, a abondé la cheffe de la diplomatie européenne Kaja Kallas, tout en estimant, en réaction à l’éventualité de frappes américaines, que le Moyen-Orient n’avait pas besoin d’une “nouvelle guerre”.”Nous devons nous préparer à la guerre”, a pourtant dit le vice-président iranien Mohammad Reza Aref, tandis que d’autres responsables ont continué jeudi à menacer des pires représailles en cas d’attaque.L’Iran répondra “instantanément”, a juré le porte-parole de l’armée, évoquant les “sérieuses vulnérabilités” des porte-avions américains. La riposte sera “écrasante”, avait promis peu avant le chef de l’armée Amir Hatami, annonçant avoir doté les régiments de combat de 1.000 drones.- “Erreur stratégique majeure” -Le chef de la diplomatie iranienne Abbas Araghchi a lui qualifié d'”erreur stratégique majeure” la décision visant les Gardiens de la Révolution, et accusé l’Europe d'”attiser le feu”.Les Européens ont également décidé de sanctionner plusieurs hauts responsables iraniens, dont le ministre de l’Intérieur, le chef de la police et plusieurs dirigeants des Gardiens de la Révolution.Au total, quelque 21 entités et individus sont ciblés par ces sanctions, qui prévoient une interdiction d’entrer dans l’UE et le gel des avoirs dans l’Union européenne.Si les Européens lient leurs sanctions à la répression de la contestation, le président américain Donald Trump a centré ses dernières menaces d’intervention militaire sur le dossier du nucléaire iranien, sans mentionner la situation intérieure en Iran. Réclamant un accord, il a averti mercredi sur son réseau Truth Social  que le “temps était compté” avant une éventuelle attaque américaine, “pire” que celle menée en juin dernier contre des sites nucléaires iraniens.Le secrétaire général de l’ONU Antonio Guterres a lui appelé au dialogue avec l’Iran, notamment sur la question nucléaire, afin d’éviter une crise aux “conséquences dévastatrices pour la région”.- “Au plus bas” -A Téhéran jeudi, cafés et magasins étaient ouverts et les embouteillages avaient repris comme d’habitude dans le centre ville, où des banderoles progouvernementales ont été déployées.Dans les rues, les habitants interrogés par l’AFP semblaient résignés. “Je pense que la guerre est inévitable et qu’il faut un changement. Ca peut être pour le pire, ou pour le meilleur, je ne suis pas sûre”, déclare une serveuse de 29 ans sous couvert d’anonymat.”Dans la vie, il y a des hauts et des bas. Et là nous sommes au plus bas”, estime une autre femme, même âge, dans un quartier aisé du nord de Téhéran.Les voies diplomatiques ne semblent toutefois pas encore totalement épuisées. Le chef de la diplomatie iranienne a mené cette semaine des tractations avec les pays du Golfe, opposés à une intervention américaine. “Cela plongerait la région dans le chaos, affecterait l’économie et ferait exploser les prix du pétrole et du gaz”, a confié à l’AFP un responsable d’un de ces pays sous couvert d’anonymat, alors que le cours du baril de brut a bondi au plus haut depuis août.Abbas Araghchi se rendra vendredi en Turquie, pays souhaitant jouer un rôle de médiateur entre Téhéran et Washington.Moscou, de son côté, a estimé que le potentiel de négociations était “loin d’être épuisé”, appelant “toutes les parties à la retenue”.Dans la soirée de jeudi, le président iranien Massoud Pezeshkian et l’émir du Qatar, le cheikh Tamim ben Hamad Al Thani, ont parlé d’efforts en vue d’une “désescalade” dans la région.Les bilans des ONG sur la violente répression qui s’est abattue sur les manifestants en janvier font état de milliers, voire de dizaines de milliers de morts.D’après un nouveau décompte de l’ONG Human Rights Activists News Agency (HRANA), basée aux Etats-Unis, 6.373 personnes, dont 5.993 manifestants, ont été tuées durant le mouvement de contestation, 11.018 gravement blessées et 42.486 arrêtées. Mais le nombre de morts pourrait être bien plus élevé, avec plus de 17.000 décès en cours d’examen, écrit l’ONG sur X, ajoutant que les restrictions de communication restaient en place malgré un rétablissement partiel d’internet après trois semaines de coupure.

Procès Casino: l’ex-PDG Jean Charles Naouri, l’entreprise et Nicolas Miguet condamnés pour corruption

L’ex-PDG de Casino Jean-Charles Naouri a été condamné jeudi à quatre ans d’emprisonnement dont trois avec sursis pour corruption et diffusion d’informations fausses, l’enseigne de supermarchés, trois de ses anciens cadres et le patron de presse Nicolas Miguet ayant également été reconnus coupables.Le tribunal correctionnel de Paris a aménagé la partie d’emprisonnement ferme de M. Naouri en détention à domicile sous bracelet électronique. L’ex-champion de la grande distribution, qui a annoncé faire appel, a également été condamné à un million d’euros, une amende deux fois moins élevée que celle réclamée par le parquet national financier.La société Casino, désormais dans l’escarcelle de l’entrepreneur tchèque Daniel Kretinsky, a pour sa part été condamnée à 40 millions d’euros d’amende dont 20 millions avec sursis.Jean-Charles Naouri avait conclu en septembre 2018 une “convention” avec le sulfureux patron de presse Nicolas Miguet, facturée 823.000 euros, supposément pour des “conseils” pendant neuf mois.Pour l’accusation, dont le raisonnement a été suivi par le tribunal, il s’agissait en fait de défendre le cours de l’action Casino, au moment même où elle décrochait en Bourse, en présentant sous un jour favorable l’enseigne de grande distribution dans les différentes publications de conseils boursiers de M. Miguet.Celui qui s’était fait connaître dès les années 1990 par son activisme médiatique et politique — il a tenté, en vain, de se présenter à plusieurs reprises à l’élection présidentielle — a été condamné à 800.000 euros d’amende et quatre ans d’emprisonnement dont deux avec sursis.Le mandat de dépôt, avec effet différé, lui a été décerné pour la partie ferme: Nicolas Miguet devra donc être incarcéré dans les prochaines semaines.Le tribunal correctionnel “a également jugé que la diffusion de la rumeur d’une offre publique hostile imminente de Carrefour sur Casino” par Nicolas Miguet, “à l’instigation de Casino et de ses anciens dirigeants, constituait bien le délit de diffusion d’informations fausses ou trompeuses”. Le patron de presse a encore été condamné pour blanchiment et délit d’initié.Les magistrats ont en revanche relaxé l’ensemble des mis en cause du délit de manipulation de cours par recours à des procédés fictifs: “La démonstration d’un lien de causalité entre les faits et un effet sur le cours de Casino n’a pas été rapportée”, ont-ils noté.Dans un communiqué de ses avocats, Jean-Charles Naouri s’est dit “déterminé à se battre afin que la justice prononce sa totale innocence”, en rappelant en outre qu’il avait déposé une plainte “visant les manipulations de cours dont Casino a été victime entre 2015 et 2018”.Le groupe Casino a indiqué à l’AFP “prendre acte du jugement” et “se donner dix jours” quand à l’opportunité de faire appel.Trois ex-cadres du groupe de grande distribution ont par ailleurs été condamnés à trois ans d’emprisonnement avec sursis, avec des peines d’amende allant de 250.000 à 500.000 euros.

L’Assemblée adopte un texte pour la protection d’urgence d’enfants victimes de violences

L’Assemblée nationale a adopté jeudi en première lecture une proposition de loi transpartisane visant à mieux protéger un enfant victime d’inceste ou de violences, en accroissant les contrôles et en instaurant une nouvelle “ordonnance de protection provisoire”.Porté par Perrine Goulet (MoDem), le texte a été adopté par l’ensemble des 35 députés présents. Il devra désormais aller au Sénat.”Pour de trop nombreux enfants la famille n’est pas un espace protecteur, elle peut même devenir le lieu du danger (…) il est temps que le doute bénéficie à la protection de l’enfant, plutôt qu’à la personne soupçonnée de violences”, a déclaré la députée.Comportant plusieurs volets, la proposition de loi entend notamment renforcer les contrôles dans les lieux d’accueil et de protection de l’enfance, en les rendant obligatoires tous les trois ans, – voire deux ans pour les pouponnières à caractère social -, contre cinq ans jusqu’ici.Les députés ont aussi adopté des amendements pour qu’une majorité des contrôles prévus se fassent de manière “inopinée”.Fin 2025, une vidéo montrant des éducateurs d’un foyer à Paris rasant la tête d’un enfant de 8 ans contre son gré, en guise de “sanction”, avait déclenché l’ouverture d’une enquête pour violences volontaires sur mineur.La nouvelle loi interdirait également l’ouverture de structures de protection de l’enfance sous statut privé à but lucratif, laissant trois ans à celles qui existent pour s’y conformer. Le gouvernement soutient en partie le texte, mais la ministre Charlotte Parmentier-Lecocq (Autonomie et Personnes handicapées) a jugé que cette mesure emportait un “risque constitutionnel”.Elle a estimé “plus sûr” d’imposer “des conditions d’autorisation et de contrôle plus strictes”, expliquant que le gouvernement le proposerait via un projet de loi à venir sur l’aide sociale à l’enfance.Autre pilier de la proposition de loi portée par Perrine Goulet : la création d’une “ordonnance de protection provisoire”, qui vise à agir avant d’éventuelles poursuites judiciaires.En cas de mise en danger de l’enfant par un parent, le procureur de la République devrait organiser sa mise sous protection, pouvant aller jusqu’à interdire au parent mis en cause d’entrer en contact avec l’enfant et de paraître dans certains lieux (domicile, école, lieux d’activités…).Il devra statuer dans les 72 heures, puis saisir le juge compétent dans les huit jours, afin que ce dernier dispose ensuite de 15 jours pour décider du maintien ou non de la mesure. L’enfant devrait donner son consentement pour revoir son parent violent.

Municipales à Paris: des élus écologistes rejoignent Sophia Chikirou

Les conseillers de Paris écologistes Jérôme Gleizes et Emile Meunier ont annoncé jeudi rejoindre Sophia Chikirou, candidate LFI à la mairie de Paris, marquant leur rupture avec la ligne de leur parti, qui a choisi de s’allier dès le premier tour avec les socialistes.”On est rentrés très souvent en conflit avec la politique sociale-démocrate menée à Paris, que ce soit sur les questions d’urbanisme, sur les questions de la place de la publicité, ce qu’on appelle la +LVMHisation+”, a déclaré à l’AFP Emile Meunier, conseiller du 18e arrondissement, qui avait voté contre le ralliement des écologistes à une union de la gauche hors LFI emmenée par le socialiste Emmanuel Grégoire.Au total, 20% des places éligibles sur la liste LFI pour la mairie centrale et les mairies d’arrondissement seront réservées à des candidats écologistes réunis dans le collectif des “Verts populaires”.”On a passé beaucoup de temps à travailler sur le programme”, a expliqué Sophia Chikirou.Parmi les propositions vertes intégrées à son programme, celle de faire évoluer le périphérique parisien “vers un boulevard urbain”, ou encore le fait de “ne plus artificialiser un seul mètre carré”.Les deux élus parisiens, qui revendiquent être “plusieurs dizaines” à franchir le pas à Paris, font partie des quelque 400 signataires d’une tribune, publiée lundi dans Mediapart, qui critique la stratégie d’alliance de la direction nationale du parti Les Ecologistes. Les signataires disent refuser d’être “la béquille d’une social-démocratie qui entend exclure La France insoumise et choisit de tourner le dos au programme comme à la logique unitaire du Nouveau Front populaire”. Cette stratégie d’alliance parisienne rappelle celle récemment annoncée à Montpellier.”L’élection municipale n’est pas déconnectée des enjeux nationaux”, a commenté Sophia Chikirou, qui critique régulièrement Emmanuel Grégoire pour ses votes en tant que député à l’Assemblée nationale, notamment pour avoir validé le budget 2026 aux côtés des députés macronistes.”A Paris, Grégoire se dit de gauche. Mais à l’Assemblée, ses votes sont clairs: brutalisation du Parlement, austérité, coupes dans la santé, la culture, l’écologie, le social”, lui avait-elle reproché mardi sur X.La candidate LFI, qui tient son premier grand meeting vendredi, souhaite par ailleurs entamer dès ce week-end un travail de terrain pour “aller chercher les abstentionnistes”, notamment les jeunes et les habitants des quartiers populaires.”Notre objectif, c’est d’aller chercher les 30% d’électeurs qui ont voté Mélenchon en 2022 parce que s’ils ont adhéré au projet +Avenir en commun+, c’est qu’ils adhèrent au projet +Nouveau Paris Populaire+”, a-t-elle précisé.”Jérôme Gleizes et Émile Meunier ont exprimé lors des échanges internes leur désaccord sur le choix de l’union avec les forces de gauches qui l’ont souhaité, ils ont été largement minoritaires”, a réagi auprès de l’AFP l’ex-tête de liste écologiste David Belliard, assurant veiller “à ne rien faire qui puisse faciliter la victoire de la droite radicalisée à Paris”.

Le Britannique Starmer juge “vital” d’améliorer les relations avec la Chine

Le président chinois Xi Jinping et le Premier ministre britannique Keir Starmer ont salué jeudi à Pékin l’amélioration de la relation entre leurs pays, nécessaire selon eux malgré la persistance de différends sérieux.Il s’agit de la première visite en Chine d’un chef du gouvernement britannique depuis 2018, et elle intervient après une série d’autres déplacements de dirigeants occidentaux, soucieux de se rapprocher de Pékin quand leur allié américain traditionnel devient plus imprévisible.M. Starmer a ainsi indiqué à des journalistes en marge de son déplacement avoir soulevé lors de ses entretiens avec le président Xi le cas de l’ex-magnat hongkongais des médias Jimmy Lai, détenteur d’un passeport britannique et emprisonné, ainsi que la situation de la minorité musulmane des Ouïghours.Il a eu avec M. Xi à ce propos une “discussion respectueuse”, a-t-il dit, sans donner plus de détail.Pékin réfute les accusations d’internements massifs dans des camps de rééducation ou de travail forcé de Ouïghours au Xinjiang lancées par des défenseurs des droits.M. Starmer, venu en Chine expressément avec l’intention d’améliorer la situation économique de son pays et avec “le coût de la vie” chez lui en tête, a présenté cette discussion sur les droits humains comme faisant partie du dialogue plus général avec Pékin.”Il est vital de construire une relation plus sophistiquée dans laquelle nous identifions les opportunités de collaboration, tout en permettant un dialogue constructif sur les sujets sur lesquels nous ne sommes pas d’accord”, a-t-il dit au début de son entretien avec M. Xi, avec qui il a aussi partagé un déjeuner.- Whisky et visas -Keir Starmer a assuré plus tard être parvenu à des “progrès vraiment bons”, avec l’annonce par Downing Street d’une réduction de 10 à 5% des droits de douane sur les exportations britanniques de whisky vers la Chine, ainsi qu’une exemption de visa pour les séjours en Chine de moins de 30 jours, dont bénéficient déjà une cinquantaine de pays (France, Allemagne, Austalie, etc.).L’Association du whisky écossais a salué cette initiative, affirmant qu’elle “pourrait relancer les exportations” vers ce qu’elle a qualifié de “marché de croissance prioritaire”.”En tant que membres permanents du Conseil de sécurité des Nations unies et de grandes puissances économiques mondiales, la Chine et le Royaume-Uni doivent renforcer leur dialogue et leur coopération”, qu’il s’agisse de sécurité internationale ou d’économie, a abondé M. Xi devant M. Starmer au Palais du peuple.Il a dit croire à l’ouverture d’un “nouveau chapitre” de la relation après les “revers” des dernières années. Et s’est vu offrir par Keir Starmer le ballon de football du récent match de Premier League entre Arsenal et Manchester United, club dont il est un supporter.A l’issue d’un entretien entre M. Starmer et le Premier ministre Li Qiang, Londres et Pékin ont également signé une série d’accords de coopération sur la lutte contre l’immigration irrégulière, la santé, ou encore les services.- Intérêt national -M. Xi a saisi une nouvelle occasion de présenter son pays comme un partenaire fiable, défenseur de l’ordre international et du libre-échange, par opposition à “l’unilateralisme, (au) protectionisme galopants” du moment.  Pour Londres, la visite de M. Starmer vise à explorer les voies d’une coopération plus soutenue avec la deuxième puissance économique mondiale, sur fond de rivalités internationales exacerbées, et alors que le président américain Donald Trump ébranle les alliances du passé, y compris avec son partenaire historique britannique.Elle intervient peu après celles du français Emmanuel Macron et du Canadien Mark Carney, En route pour Pékin, M. Starmer avait défendu la relation avec les États-Unis comme “l’une des plus étroites que nous ayons”.Mais il avait jugé qu’il serait “absurde” pour le Royaume-Uni de se détourner de la Chine, malgré les critiques qu’un rapprochement suscite au Royaume-Uni.Il a répété à l’envi que la coopération avec la Chine relevait de “l’intérêt national”. Le pays est le troisième partenaire commercial du Royaume-Uni et M. Starmer était accompagné d’une cinquantaine de chefs d’entreprises.Le géant pharmaceutique AstraZeneca a ainsi annoncé en marge de la visite qu’il comptait investir 15 milliards de dollars (12,5 milliards d’euros) en Chine d’ici 2030.Des personnalités politiques de l’opposition britannique ont critiqué ce voyage, la cheffe du Parti conservateur, Kemi Badenoch, réagissant aux spéculations selon lesquelles Xi pourrait se rendre en Grande-Bretagne. “Nous ne devons pas dérouler le tapis rouge pour un Etat qui se livre quotidiennement à de l’espionnage sur notre territoire, bafoue les règles du commerce international et soutient Poutine dans sa guerre insensée contre l’Ukraine”, a-t-elle dit.Keir Starmer repartira de Chine samedi pour une courte étape au Japon, dont les relations avec Pékin se sont tendues ces derniers mois.