Altice France poursuit sa restructuration avec une procédure de sauvegarde accélérée

Le groupe Altice France, maison mère de l’opérateur SFR, entrera dans les prochains jours en procédure de sauvegarde accélérée, nouvelle étape de restructuration de sa colossale dette, tandis que la presse se fait l’écho d’une possible cession de SFR.Le groupe de télécommunications, propriété du milliardaire Patrick Drahi, devrait achever le processus de réduction de sa dette en passant devant le tribunal de commerce, a indiqué mercredi une source proche du dossier à l’AFP, confirmant une information de BFM Business.”Comme nous l’avons annoncé fin février, pour entériner l’accord sur la dette, nous devons mettre en place un processus juridico-administratif, dont la sauvegarde accélérée devant le tribunal de commerce de Paris fait partie”, a précisé cette source. La procédure, classique dans le cadre d’un processus sur la restructuration de dette d’une entreprise, devrait permettre de finaliser l’accord conclu avec les créanciers d’ici fin septembre à début octobre. – Rumeur de cession -Après avoir annoncé en début d’année un accord avec ses principaux créanciers, le groupe est parvenu à rassembler plus de 90% des propriétaires de sa dette autour d’une importante réduction de celle-ci. Son montant, qui atteignait près de 24 milliards d’euros au troisième trimestre 2024, planait sur l’avenir du groupe.Mais après un long bras de fer avec ses créanciers, l’entreprise est parvenue fin février à un accord pour réduire sa dette de 8,6 milliards d’euros.En contrepartie, Altice France devrait céder 45% de son capital à ses créanciers, et prévoit notamment un versement de 1,6 milliard d’euros en cash.De quoi faire réduire le montant de sa dette à 15,5 milliards d’euros. Voire, à terme, à 13 milliards d’euros, grâce à la “vente d’actifs non stratégiques”, a indiqué Altice en début d’année. Si le groupe n’a pas donné davantage de détails sur les entités concernées, la presse se fait l’écho depuis plusieurs jours de l’ouverture de discussions en vue d’une potentielle cession de SFR. Selon Bloomberg, Altice France envisage une vente de l’opérateur valorisé à 30 milliards d’euros. Une potentielle cession inédite depuis l’entrée de Free sur le marché des télécoms en 2012, et qui aboutirait à la reconfiguration du marché français. Un tel processus devrait néanmoins se conformer aux règles de concurrence, si la cession hypothétique intervenait entre des groupes français. – “Relance commerciale” -En parallèle, le groupe dit rester “concentré sur l’implémentation de l’accord sur la dette”, ainsi que sur “la poursuite de la relance commerciale de SFR et de l’amélioration de la qualité de service, deux indicateurs déjà bien engagés comme en témoignent les résultats du premier trimestre.Après plusieurs trimestres consécutifs de perte d’abonnés, le groupe avait indiqué mi-avril, lors de la publication de ses résultats annuels, avoir enregistré un rebond du nombre de ses abonnés au premier trimestre, avec un nombre de clients particuliers abonnés mobile en progression de 17.000 sur cette période.Il dévoilera ses résultats financiers du 1er trimestre le 27 mai. Le groupe, qui n’est plus coté en Bourse depuis 2021, connaît depuis plusieurs années des difficultés, notamment liées au poids de sa dette et au scandale de corruption impliquant l’ancien dirigeant de sa filiale portugaise et co-fondateur du groupe.Altice France a déjà entamé une cure d’amaigrissement depuis un an pour alléger le fardeau de sa dette.Il a ainsi cédé son activité médias, qui incluait BFM et RMC, ses centres de données et ses parts de La Poste Mobile, tandis que les autres filiales du groupe Altice à l’étranger procédaient également à des cessions.

La Tanzanie bloque X après le piratage d’un compte de sa police

Le réseau social X était bloqué mercredi en Tanzanie, a constaté le groupe de surveillance Internet NetBlocks, au lendemain du piratage d’un compte de la police sur lequel avait été faussement annoncée la mort de la présidente et où des vidéos pornographiques avaient été diffusées.La fermeture de X intervient dans un contexte de répression politique de la part de l’exécutif tanzanien, accusé par l’opposition et les ONG de défense des droits humains de retomber dans les pratiques autoritaires du précédent président John Magufuli (2015-2021).Lundi, le défenseur des droits de l’Homme kényan Boniface Mwangi et la journaliste ougandaise Agather Atuhaire, venus assister à une comparution du chef de l’opposition Tundu Lissu, ont disparu en Tanzanie après que la présidente Samia Suluhu Hassan a demandé aux forces de sécurité locales d’interdire l’accès au pays aux “activistes” étrangers qui tentent de “s’ingérer dans nos affaires”.Mercredi, les Tanzaniens ne pouvaient accéder à X qu’en utilisant un réseau privé virtuel (VPN), a constaté un correspondant de l’AFP.”Les métriques en temps réel montrent que X (anciennement Twitter) est devenu inaccessible sur les principaux fournisseurs d’Internet en #Tanzanie”, a annoncé NetBlocks dans un communiqué tard mardi.”L’incident survient alors qu’un compte de police compromis publie des affirmations selon lesquelles le président est décédé, provoquant la colère de la direction du pays”, a poursuivi ce groupe de surveillance en ligne.Le ministre tanzanien de l’Information, des Communications et de la Technologie, Jerry William Silaa, a confirmé le piratage au parlement, ajoutant que le compte YouTube de l’autorité fiscale du pays avait également été infiltré. La mort de la présidente Hassan y avait également été faussement annoncée.”La raison pour laquelle ces comptes ont été compromis est que leurs protocoles de sécurité n’étaient pas suffisamment robustes. Ces comptes ont depuis été restaurés”, a déclaré le ministre Silaa.La police a déclaré qu’elle recherchait “les criminels” qui ont “créé et distribué” des “informations trompeuses et contraires à l’éthique”, appelant les Tanzaniens à ne pas les partager.

Équipe de France: l’avènement de Rayan Cherki

Souvent espéré pour son talent, aux portes de l’équipe de France en mars, le Lyonnais Rayan Cherki a fini par être appelé mercredi par Didier Deschamps pour disputer le “Final Four” de la Ligue des nations, début juin.”Ça fait plaisir, c’est le début d’une belle aventure, impatient de commencer”, a expliqué l’attaquant de 21 ans, tout sourire, dans une vidéo diffusée par son club de  l’Olympique lyonnais au moment où le sélectionneur des Bleus annonçait sa sélection. “Surtout qu’on va disputer deux beaux matches (contre l’Espagne en demi-finales le 5 juin à Stuttgart, puis en finale ou pour la 3e place le 8, ndlr), donc impatient d’apporter ma pierre à l’édifice”, a développé Cherki qui ne disputera donc pas le championnat d’Europe Espoirs en Slovaquie avec les Bleuets, dont il était pourtant l’une des pièces majeures. “On perd un leader technique”, a commenté Gérald Baticle, le sélectionneur des Espoirs, “mais c’est une fierté lorsqu’un de nos joueurs est appelé par Didier, cela fait partie de nos objectif et il est atteint”.”Rayan aurait pu être là aussi au mois de mars, par rapport à ce qu’il réalise avec son club où il a été beaucoup plus décisif, que ce soit à travers ses buts et ses passes”, a rappelé Didier Deschamps qui lui avait alors préféré le jeune Parisien Désiré Doué.Mais après un exercice débuté dans le “loft” lyonnais et terminé en boulet de canon, le meilleur passeur de Ligue 1, promis à un avenir radieux depuis ses débuts professionnels à seulement 16 ans, va découvrir les A, faisant du même coup taire les spéculations sur son choix de sélection alors qu’il était susceptible d’intégrer aussi bien l’équipe nationale algérienne qu’italienne en raison de ses origines familiales. La France a fini par emporter le morceau mais Deschamps a nié avoir voulu forcer le destin international de Cherki, se réfugiant derrière des critères uniquement sportifs. “Je n’ai jamais bloqué un joueur ni l’empêché de choisir. Quand je les prends, c’est pour nos besoins mais pas pour les empêcher de faire autre chose. À aucun moment je n’ai joué avec ça depuis que je suis sélectionneur”, s’est-il défendu.Sportivement également, malgré un talent reconnu de tous, Cherki a retardé son éclosion au plus haut niveau en rechignant parfois aux tâches défensives ou en annihilant ses propres actions par un dribble de trop. – Un avenir loin de Lyon ? -“Pour moi, c’est un joueur qui a des capacités d’élimination, de créativité, qui ont pu, pendant des périodes, énerver aussi, parce que ce n’était pas toujours forcément efficace”, a reconnu Deschamps qui situe encore la marge de progression du Lyonnais “dans le travail collectif, défensif”.Mais Didier Deschamps ne veut plus se passer “des capacités individuelles (de Cherki) à pouvoir faire des différences avec un dribble ou une passe” tout en souhaitant qu’il “garde sa créativité, sa spontanéité en étant le plus naturel possible”.Naturel, brut de décoffrage, l’attaquant lyonnais l’a souvent été lorsqu’il a dû s’exprimer dans les médias où les joueurs préfèrent souvent la prudence des propos.Comme lors de la dernière journée de Ligue 1 après la victoire de l’OL face à Angers durant laquelle, il a acté son départ de Lyon, son club de toujours.”Je pense que c’était ma dernière avec Lyon. Maintenant je suis prudent. Je sais ce que j’ai vécu l’été dernier. Cela n’a pas été facile à vivre pour moi, je n’oublie pas par où je suis passé. J’ai commencé la saison au loft alors que je n’ai jamais trahi le club. La saison prochaine ? Je vais voir où le vent me mène”, avait-il alors affirmé.Convoité, Cherki se voit offrir deux nouvelles possibilités de briller au plus haut niveau. “C’est une étape importante pour lui, qui demandera confirmation”, a prophétisé Deschamps. 

Tollé en Europe après des tirs israéliens pendant une visite de diplomates en Cisjordanie

L’armée israélienne a reconnu mercredi des tirs de “sommation” lors d’une visite de diplomates étrangers organisée par l’Autorité palestinienne à Jénine, en Cisjordanie occupée, un incident qui survient dans un contexte de pressions internationales accrues sur Israël pour sa conduite de la guerre à Gaza.Toute menace contre la vie de diplomates est “inacceptable”, a immédiatement réagi à Bruxelles la cheffe de la diplomatie européenne Kaja Kallas. L’Allemagne, la Belgique, l’Espagne, l’Irlande et l’Egypte ont également condamné les tirs, Rome et Paris annonçant pour leur part convoquer les ambassadeurs d’Israël.L’Autorité palestinienne a dénoncé un “crime odieux commis par les forces d’occupation israéliennes”.”La délégation s’est écartée de l’itinéraire approuvé et est entrée dans une zone où elle n’était pas autorisée à se trouver”, et “des soldats en opération dans la zone ont tiré des coups de semonce pour les éloigner”, a expliqué l’armée israélienne, exprimant ses regrets dans un communiqué.Selon l’agence de presse palestinienne Wafa, la délégation comprenait des diplomates de nombreux pays, notamment de France, Royaume-Uni, Espagne, Canada, Russie, Turquie, Brésil, Inde, Egypte et Chili. – Gaza dans l’attente d’aide – Israël est déjà sous le feu des critiques internationales pour ne laisser entrer dans la bande de Gaza qu’une portion d’aide sans rapport avec les besoins immenses de la population, après plus de deux mois de blocus total du territoire palestinien, affamé et dévasté par 19 mois de guerre.Les pays européens ont aussi haussé le ton contre l’intensification de son offensive sur ce territoire au but affiché d’anéantir le Hamas, dont l’attaque le 7 octobre 2023 en Israël a déclenché la guerre, et de ramener les otages retenus depuis à Gaza. “La situation est insupportable. Aucune aide n’est entrée et personne ne nous distribue quoi que ce soit”, a déclaré par téléphone à l’AFP Oum Talal al-Masri, 53 ans, depuis la ville de Gaza (nord).”Nous arrivons à peine à préparer un repas par jour. L’aide n’est pas un luxe, nous avons un besoin urgent et désespéré de tout, nourriture, médicaments, eau potable et produits d’hygiène”, a-t-elle ajouté.Levant partiellement son blocus total imposé le 2 mars, Israël a annoncé avoir laissé passer une centaine de camions de l’ONU lundi et mardi dans le territoire palestinien.L’ONU a dénoncé une “goutte d’eau dans l’océan”, alors que 22 pays ont exigé d’Israël une “reprise complète de l’aide, immédiatement”.Le Bureau des affaires humanitaires de l’ONU (Ocha) se plaint aussi d’obstacles israéliens à l’acheminement de l’aide jusqu’à ses destinataires finaux, une fois qu’elle est entrée par Gaza.- “Que des mots” -“Pour l’instant, l’aide ce ne sont que des mots”, déplore Mme Masri, alors que s’intensifie l’offensive militaire élargie lancée samedi par Israël. La Défense civile de Gaza a pour sa part fait état de 19 personnes, “pour la plupart des enfants” tuées dans des raids aériens israéliens à travers le territoire “la nuit dernière et tôt” mercredi. Le pape Léon XIV a lui lancé un “appel pressant” à laisser entrer “une aide humanitaire décente” à Gaza.Mardi, le Royaume-Uni a annoncé la suspension de ses négociations avec Israël sur un accord de libre-échange, et l’Union européenne a décidé un réexamen de son accord d’association avec Israël, soutenu par 17 Etats membres.L’Allemagne a défendu mercredi l’utilité de cet accord, qu’elle a qualifié de “forum important” pour les relations avec Israël. – “Réalité complexe” -“Les pressions extérieures ne détourneront pas Israël de sa voie pour défendre son existence et sa sécurité”, ont réagi les Affaires étrangères israéliennes. Le ministère israélien a jugé que le réexamen de l’accord d’association reflétait “une incompréhension totale de la réalité complexe à laquelle Israël” fait face et encourageait “le Hamas à rester sur ses positions”.L’attaque sans précédent du mouvement islamiste palestinien du 7-Octobre a entraîné la mort de 1.218 personnes côté israélien, en majorité des civils, selon un décompte de l’AFP à partir de données officielles. Sur les 251 personnes alors enlevées, 57 restent retenues à Gaza, dont 34 déclarées mortes par l’armée.La campagne de représailles israéliennes a fait au moins 53.592 morts à Gaza, majoritairement des civils, selon des données du ministère de la Santé du Hamas, jugées fiables par l’ONU.

Tollé en Europe après des tirs israéliens pendant une visite de diplomates en Cisjordanie

L’armée israélienne a reconnu mercredi des tirs de “sommation” lors d’une visite de diplomates étrangers organisée par l’Autorité palestinienne à Jénine, en Cisjordanie occupée, un incident qui survient dans un contexte de pressions internationales accrues sur Israël pour sa conduite de la guerre à Gaza.Toute menace contre la vie de diplomates est “inacceptable”, a immédiatement réagi à Bruxelles la cheffe de la diplomatie européenne Kaja Kallas. L’Allemagne, la Belgique, l’Espagne, l’Irlande et l’Egypte ont également condamné les tirs, Rome et Paris annonçant pour leur part convoquer les ambassadeurs d’Israël.L’Autorité palestinienne a dénoncé un “crime odieux commis par les forces d’occupation israéliennes”.”La délégation s’est écartée de l’itinéraire approuvé et est entrée dans une zone où elle n’était pas autorisée à se trouver”, et “des soldats en opération dans la zone ont tiré des coups de semonce pour les éloigner”, a expliqué l’armée israélienne, exprimant ses regrets dans un communiqué.Selon l’agence de presse palestinienne Wafa, la délégation comprenait des diplomates de nombreux pays, notamment de France, Royaume-Uni, Espagne, Canada, Russie, Turquie, Brésil, Inde, Egypte et Chili. – Gaza dans l’attente d’aide – Israël est déjà sous le feu des critiques internationales pour ne laisser entrer dans la bande de Gaza qu’une portion d’aide sans rapport avec les besoins immenses de la population, après plus de deux mois de blocus total du territoire palestinien, affamé et dévasté par 19 mois de guerre.Les pays européens ont aussi haussé le ton contre l’intensification de son offensive sur ce territoire au but affiché d’anéantir le Hamas, dont l’attaque le 7 octobre 2023 en Israël a déclenché la guerre, et de ramener les otages retenus depuis à Gaza. “La situation est insupportable. Aucune aide n’est entrée et personne ne nous distribue quoi que ce soit”, a déclaré par téléphone à l’AFP Oum Talal al-Masri, 53 ans, depuis la ville de Gaza (nord).”Nous arrivons à peine à préparer un repas par jour. L’aide n’est pas un luxe, nous avons un besoin urgent et désespéré de tout, nourriture, médicaments, eau potable et produits d’hygiène”, a-t-elle ajouté.Levant partiellement son blocus total imposé le 2 mars, Israël a annoncé avoir laissé passer une centaine de camions de l’ONU lundi et mardi dans le territoire palestinien.L’ONU a dénoncé une “goutte d’eau dans l’océan”, alors que 22 pays ont exigé d’Israël une “reprise complète de l’aide, immédiatement”.Le Bureau des affaires humanitaires de l’ONU (Ocha) se plaint aussi d’obstacles israéliens à l’acheminement de l’aide jusqu’à ses destinataires finaux, une fois qu’elle est entrée par Gaza.- “Que des mots” -“Pour l’instant, l’aide ce ne sont que des mots”, déplore Mme Masri, alors que s’intensifie l’offensive militaire élargie lancée samedi par Israël. La Défense civile de Gaza a pour sa part fait état de 19 personnes, “pour la plupart des enfants” tuées dans des raids aériens israéliens à travers le territoire “la nuit dernière et tôt” mercredi. Le pape Léon XIV a lui lancé un “appel pressant” à laisser entrer “une aide humanitaire décente” à Gaza.Mardi, le Royaume-Uni a annoncé la suspension de ses négociations avec Israël sur un accord de libre-échange, et l’Union européenne a décidé un réexamen de son accord d’association avec Israël, soutenu par 17 Etats membres.L’Allemagne a défendu mercredi l’utilité de cet accord, qu’elle a qualifié de “forum important” pour les relations avec Israël. – “Réalité complexe” -“Les pressions extérieures ne détourneront pas Israël de sa voie pour défendre son existence et sa sécurité”, ont réagi les Affaires étrangères israéliennes. Le ministère israélien a jugé que le réexamen de l’accord d’association reflétait “une incompréhension totale de la réalité complexe à laquelle Israël” fait face et encourageait “le Hamas à rester sur ses positions”.L’attaque sans précédent du mouvement islamiste palestinien du 7-Octobre a entraîné la mort de 1.218 personnes côté israélien, en majorité des civils, selon un décompte de l’AFP à partir de données officielles. Sur les 251 personnes alors enlevées, 57 restent retenues à Gaza, dont 34 déclarées mortes par l’armée.La campagne de représailles israéliennes a fait au moins 53.592 morts à Gaza, majoritairement des civils, selon des données du ministère de la Santé du Hamas, jugées fiables par l’ONU.

Comment la prévision des tempêtes et des canicules fait des bonds grâce à l’IA

Des prévisions de canicules ou de tempêtes plus fiables, plus précises et moins gourmandes en énergie, tel est le rêve de toutes les agences météo, désormais alimenté par les progrès fulgurants des modèles d’intelligence artificielle (IA), cruciaux pour affronter les catastrophes accentuées par le changement climatique.Après une première percée en 2023 d’un modèle d’apprentissage de Huawei, Google et Microsoft ont à leur tour développé des IA capables d’obtenir, en quelques minutes, de meilleures prévisions que celles produites en quelques heures par les puissants calculateurs traditionnels des grandes agences internationales.Ces performances, expérimentales et non encore disponibles pour le grand public ou même les professionnels, illustrent toutefois les progrès rapides de la recherche.Selon Google en décembre, son modèle GenCast, entraîné sur des données historiques, s’est montré capable de prévoir la météo et des événements extrêmes sur une période de 15 jours avec une précision inégalée. Si GenCast avait été opérationnel en 2019, il aurait, pour plus de 1.300 désastres climatiques, dépassé dans 97% des cas les prévisions de la référence mondiale, le Centre européen de prévisions météorologiques à moyen terme (ECMWF, en anglais).Un autre modèle baptisé Aurora et développé par un laboratoire de Microsoft à Amsterdam, toujours sur des données historiques, est devenu le premier modèle IA à systématiquement mieux prédire la trajectoire à cinq jours de cyclones que ne l’avaient fait sept centres de prévisions étatiques, selon des résultats publiés mercredi dans la revue scientifique de référence Nature.Pour Doksuri en 2023, le plus coûteux typhon du Pacifique à ce jour (plus de 28 milliards de dollars de dégâts), Aurora a été capable de déterminer avec quatre jours d’anticipation que la tempête allait frapper les Philippines alors que les prévisions officielles de l’époque le voyaient se diriger au nord de Taïwan.”Dans les cinq à dix prochaines années, le Saint Graal consistera à construire des systèmes capables de travailler directement avec des observations”, satellites ou autres, “afin de générer des prévisions à haute résolution partout où nous le souhaitons”, alors que nombre de pays sont dépourvus à ce jour de système d’alertes fiables, a déclaré Paris Perdikaris, l’auteur principal d’Aurora, dans une vidéo publiée par Nature.Il était prévisible que les modèles d’IA rivaliseraient un jour avec les modèles physiques classiques, mais “on ne pensait pas que ça arriverait aussi tôt”, raconte à l’AFP Laure Raynaud, chercheuse IA à Météo-France, en plein développement de la déclinaison IA de ses modèles Arpège et AROME.- Toujours des prévisionnistes -Les modèles dits “physiques”, développés depuis des dizaines d’années, consistent à injecter dans de puissants ordinateurs les myriades de données d’observations ou d’archives météo, puis d’y appliquer les lois de la physique transformées en équations mathématiques, pour en déduire les prévisions.Inconvénient: cela requiert des heures de calculs sur des ordinateurs surpuissants et énergivores.Un modèle d’apprentissage IA engrange ces mêmes données, mais son réseau neuronal s’auto-alimente et en déduit ses prévisions de façon “complètement statistique”, sans tout recalculer, explique Laure Raynaud.Grâce aux gains de rapidité et de qualité, “on va peut-être pouvoir calculer plus souvent par jour nos prévisions”, notamment pour les orages, dévastateurs et très difficiles à prévoir, explique la chercheuse. Météo-France vise des prévisions avec IA à une échelle de quelques centaines de mètres.Le centre européen ECMWF développe aussi son modèle IA, “à peu près 1.000 fois moins coûteux en temps calcul que le modèle physique” traditionnel, dit à l’AFP Florence Rabier, directrice générale du centre qui fournit des prévisions à 35 pays d’Europe.Ce modèle d’IA produit pour l’heure des prévisions à une échelle d’environ 30 km2, certes moins fine que celles d’Aurora (environ 10 km2), mais sa première version est déjà une réalité opérationnelle, entre les mains depuis février des prévisionnistes nationaux, chargés d’établir les alertes pour les populations.Et qui ne sont pas près de disparaître, souligne Laure Raynaud: “on aura toujours besoin de prévisionnistes pour expertiser la donnée”.”Quand il s’agit de la protection des personnes et des biens, je ne pense pas qu’on puisse se priver de l’expertise humaine”, abonde Florence Rabier.

Comment la prévision des tempêtes et des canicules fait des bonds grâce à l’IA

Des prévisions de canicules ou de tempêtes plus fiables, plus précises et moins gourmandes en énergie, tel est le rêve de toutes les agences météo, désormais alimenté par les progrès fulgurants des modèles d’intelligence artificielle (IA), cruciaux pour affronter les catastrophes accentuées par le changement climatique.Après une première percée en 2023 d’un modèle d’apprentissage de Huawei, Google et Microsoft ont à leur tour développé des IA capables d’obtenir, en quelques minutes, de meilleures prévisions que celles produites en quelques heures par les puissants calculateurs traditionnels des grandes agences internationales.Ces performances, expérimentales et non encore disponibles pour le grand public ou même les professionnels, illustrent toutefois les progrès rapides de la recherche.Selon Google en décembre, son modèle GenCast, entraîné sur des données historiques, s’est montré capable de prévoir la météo et des événements extrêmes sur une période de 15 jours avec une précision inégalée. Si GenCast avait été opérationnel en 2019, il aurait, pour plus de 1.300 désastres climatiques, dépassé dans 97% des cas les prévisions de la référence mondiale, le Centre européen de prévisions météorologiques à moyen terme (ECMWF, en anglais).Un autre modèle baptisé Aurora et développé par un laboratoire de Microsoft à Amsterdam, toujours sur des données historiques, est devenu le premier modèle IA à systématiquement mieux prédire la trajectoire à cinq jours de cyclones que ne l’avaient fait sept centres de prévisions étatiques, selon des résultats publiés mercredi dans la revue scientifique de référence Nature.Pour Doksuri en 2023, le plus coûteux typhon du Pacifique à ce jour (plus de 28 milliards de dollars de dégâts), Aurora a été capable de déterminer avec quatre jours d’anticipation que la tempête allait frapper les Philippines alors que les prévisions officielles de l’époque le voyaient se diriger au nord de Taïwan.”Dans les cinq à dix prochaines années, le Saint Graal consistera à construire des systèmes capables de travailler directement avec des observations”, satellites ou autres, “afin de générer des prévisions à haute résolution partout où nous le souhaitons”, alors que nombre de pays sont dépourvus à ce jour de système d’alertes fiables, a déclaré Paris Perdikaris, l’auteur principal d’Aurora, dans une vidéo publiée par Nature.Il était prévisible que les modèles d’IA rivaliseraient un jour avec les modèles physiques classiques, mais “on ne pensait pas que ça arriverait aussi tôt”, raconte à l’AFP Laure Raynaud, chercheuse IA à Météo-France, en plein développement de la déclinaison IA de ses modèles Arpège et AROME.- Toujours des prévisionnistes -Les modèles dits “physiques”, développés depuis des dizaines d’années, consistent à injecter dans de puissants ordinateurs les myriades de données d’observations ou d’archives météo, puis d’y appliquer les lois de la physique transformées en équations mathématiques, pour en déduire les prévisions.Inconvénient: cela requiert des heures de calculs sur des ordinateurs surpuissants et énergivores.Un modèle d’apprentissage IA engrange ces mêmes données, mais son réseau neuronal s’auto-alimente et en déduit ses prévisions de façon “complètement statistique”, sans tout recalculer, explique Laure Raynaud.Grâce aux gains de rapidité et de qualité, “on va peut-être pouvoir calculer plus souvent par jour nos prévisions”, notamment pour les orages, dévastateurs et très difficiles à prévoir, explique la chercheuse. Météo-France vise des prévisions avec IA à une échelle de quelques centaines de mètres.Le centre européen ECMWF développe aussi son modèle IA, “à peu près 1.000 fois moins coûteux en temps calcul que le modèle physique” traditionnel, dit à l’AFP Florence Rabier, directrice générale du centre qui fournit des prévisions à 35 pays d’Europe.Ce modèle d’IA produit pour l’heure des prévisions à une échelle d’environ 30 km2, certes moins fine que celles d’Aurora (environ 10 km2), mais sa première version est déjà une réalité opérationnelle, entre les mains depuis février des prévisionnistes nationaux, chargés d’établir les alertes pour les populations.Et qui ne sont pas près de disparaître, souligne Laure Raynaud: “on aura toujours besoin de prévisionnistes pour expertiser la donnée”.”Quand il s’agit de la protection des personnes et des biens, je ne pense pas qu’on puisse se priver de l’expertise humaine”, abonde Florence Rabier.

Cannes: idylle queer et tourments familiaux en compétition

Au lendemain du film choc du dissident iranien Jafar Panahi, le Festival de Cannes accueillait mercredi les stars montantes Paul Mescal et Josh O’Connor, réunies dans une romance gay, et faisait entendre la voix du fondateur de Wikileaks Julian Assange.En lice pour la Palme d’or, “The History of Sound” du Sud-Africain Oliver Hermanus, 41 ans, raconte l’idylle entre deux jeunes hommes dans l’Amérique rurale alors qu’éclate la Première Guerre mondiale en Europe.Après “Gladiator 2”, l’Irlandais Paul Mescal, 29 ans, change de registre et partage l’affiche avec le Britannique Josh O’Connor, 35 ans, qui incarnait le prince Charles dans la série “The Crown” et figure au générique d’un autre film en compétition, “The Mastermind” de l’Américaine Kelly Reichardt.Entrée dans sa dernière ligne droite, la course à la Palme voyait deux autres films explorant de douloureuses histoires familiales prendre le départ mercredi. Avec “Romeria”, l’Espagnole Carla Simon suit une jeune Catalane partant en voyage en Galice sur la trace de ses parents toxicomanes morts du sida, en écho à sa propre histoire. La réalisatrice de 38 ans a été récompensée par l’Ours d’or à Berlin en 2022 pour “Nos soleils”.Tête de pont du cinéma norvégien, Joachim Trier, 51 ans, présente lui son troisième film en compétition, “Sentimental Value”, avec l’Américaine Elle Fanning et son actrice fétiche, sa compatriote Renate Reinsve. Le palmarès sera délivré samedi par le jury présidé par l’actrice française Juliette Binoche, qui était invité par la mairie de Cannes à déguster un traditionnel aïoli mercredi midi. L’occasion de les “remercier” et de “montrer que Cannes est une ville qui ne s’arrête pas à la Croisette”, a commenté le maire David Lisnard.- “Monde nouveau” -Sur un versant plus politique, le festival a de nouveau fait entendre la voix de l’Iranien Jafar Panahi, qui fait figure de favori avec “Un simple accident”, nouvelle charge contre la République islamique. Incarcéré à deux reprises en Iran et frappé d’une interdiction de filmer, le réalisateur a expliqué lors d’une conférence de presse avoir nourri son film de récits de prisonniers politiques.”Comment peut-on mettre un artiste en prison et ne pas comprendre ce que cela signifie ?”, s’est-il interrogé en farsi, selon la transcription simultanée réalisée par le festival. “Quand on le met en prison, on lui tend une perche, on lui donne une matière, des idées, on lui ouvre un monde nouveau.””+Un simple accident+, ce n’est pas nous qui l’avons fait, c’est la République islamique”, a poursuivi le cinéaste de 64 ans.”Lorsque la République islamique emprisonne un artiste, elle doit en assumer les conséquences. Avec les possibilités technologiques qui existent aujourd’hui, aucun pouvoir ne peut empêcher un artiste de travailler”, a-t-il ajouté, soulignant que son co-scénariste Mehdi Mahmoudian, actuellement détenu, ressortirait “de prison avec des dizaines d’idées de scénarios”.”Je suis vivant tant que je fais des films. Si je ne fais pas de films, alors ce qui m’arrive n’a plus d’importance”, avait déclaré mardi à l’AFP Jafar Panahi, présent lors d’un grand festival international de cinéma pour la première fois en 15 ans.- Documentaire sur Assange -Invité surprise du festival, Julian Assange, 53 ans, est lui à Cannes pour accompagner un documentaire qui lui est consacré, “The six billion dollar man”.Le film retrace la vie du célèbre activiste australien, dont le gouvernement américain souhaitait l’extradition depuis la Grande-Bretagne. Assange a y passé deux ans en liberté surveillée, cinq derrière les barreaux et sept autres reclus dans l’ambassade d’Équateur à Londres, avant d’être libéré en juin 2024.”Julian Assange s’est sacrifié au nom du droit d’informer le public sur ce que les entreprises et les gouvernements font en secret”, a déclaré le documentariste américain Eugene Jarecki à l’AFP.L’intéressé, libéré après avoir plaidé coupable d’obtention et de divulgation d’informations sur la défense nationale, a choisi de ne pas s’exprimer publiquement à Cannes. “Il parlera quand il se sentira prêt”, a commenté son épouse Stella Assange.À la Quinzaine des réalisateurs était, enfin, diffusé le documentaire “Militantropos”, sur la vie quotidienne dans l’Ukraine en guerre depuis l’invasion russe de février 2022. L’équipe du film a posé devant les marches du Palais des Festivals dans des tenues symboliquement couvertes de miroirs. “Ce n’est pas qu’un film. Ce n’est pas qu’un geste. C’est un appel à l’action. Le miroir est devant vous. Que voyez-vous?”, ont-il commenté dans un communiqué.

Rapport sur “l’entrisme” des Frères musulmans: Macron demande de nouvelles propositions au gouvernement

Emmanuel Macron a demandé au gouvernement de formuler de “nouvelles propositions” au vu de la “gravité des faits” établis dans un rapport sur les Frères musulmans et l’islamisme politique en France, qui a fait l’objet mercredi d’un Conseil de défense à l’Elysée.Le président avait convoqué autour de lui François Bayrou mais aussi plusieurs de ses ministres en charge des Affaires étrangères, des Finances, ainsi que de l’Éducation nationale, de l’Enseignement supérieur et des Sports, “trois secteurs particulièrement visés par cet entrisme par le bas”, précise-t-on à l’Élysée.Compte tenu de “la gravité des faits établis” par ce rapport, le chef de l’Etat a jugé insuffisantes les propositions examinées mercredi et a donc demandé au gouvernement d’en formuler de nouvelles en vue “d’un prochain Conseil de défense au début du mois de juin”, a indiqué l’Elysée. Il a aussi promis de rendre public un rapport assez détaillé “d’ici la fin de la semaine”, une communication rarissime pour un Conseil de défense.Au même moment, le ministre de l’Intérieur Bruno Retailleau a esquissé de premières pistes devant le Sénat, à savoir “une meilleure organisation de l’État”  avec “un vrai chef de file en matière de renseignement” et “un parquet administratif au ministère de l’Intérieur” pour “diligenter des dissolutions” et “des entraves administratives”. Il a également évoqué une “formation” des fonctionnaires et des élus locaux, et une “stratégie de sensibilisation du grand public”, soulignant “des trous dans la raquette” concernant les “circuits financiers” de cette mouvance. Le rapport, dont l’AFP a obtenu copie, fait état d’une “menace pour la cohésion nationale” avec le développement d’un islamisme “par le bas” de la part des Frères musulmans.- “Confusion préjudiciable” -Le Conseil s’est aussi penché sur la question des réseaux sociaux, “vecteur pour les islamistes qui surfent sur des éléments d’actualité et remettent en cause ce que la République défend en matière de laïcité, notamment pour essayer de démontrer que l’État est islamophobe”.Présentée comme “la branche nationale des Frères musulmans en France”, la Fédération des Musulmans de France a vivement dénoncé dans un communiqué des “accusations infondées” et mis en garde contre des “amalgames dangereux”.”Nous rejetons fermement toute allégation qui tenterait de nous associer à un projet politique étranger, ou à une stratégie d’+entrisme+. Cette lecture idéologique ne reflète ni notre réalité institutionnelle ni notre action de terrain”, a-t-elle assuré.Le Conseil français du culte musulman (CFCM), ex-instance de représentation de l’islam tombée en disgrâce en 2021, a lui aussi exprimé sa “profonde inquiétude face aux possibles dérives et instrumentalisations des données rendues publiques”. Il a notamment critiqué “l’absence de définitions claires des concepts” dans le rapport. Il “entretient une confusion préjudiciable” pour les “citoyens musulmans” qui ont “aujourd’hui le sentiment de ne plus être à l’abri d’une suspicion permanente”.”L’islamophobie franchit un seuil”, a tonné sur X Jean-Luc Mélenchon, le leader de La France insoumise, que la droite et le RN accusent de relayer l’argumentaire islamiste. “Un Conseil de défense autour du président accrédite les thèses délirantes de Retailleau et de Le Pen. Ça suffit ! Vous allez détruire notre pays”, a-t-il dénoncé, s’inquiétant d’un “déchaînement d’inquisitions cruelles”. – Attal monte au créneau -Avant même sa publication officielle, la classe politique a rivalisé de réactions et de propositions. Le président du RN Jordan Bardella a demandé que “les Frères musulmans soient interdits” et que “l’ensemble de ses relais soit combattus sur le plan administratif”. “Il faut remettre en cause notre convention fiscale avec le Qatar qui est l’un des premiers fournisseurs financiers des Frères musulmans”, a-t-il ajouté.Mais l’idée qui a fait le plus réagir vient de Renaissance. Son secrétaire général Gabriel Attal, à l’origine de l’interdiction de l’abaya à l’école, a souhaité interdire le voile dans l’espace public pour les mineures de moins de quinze ans, sans toutefois faire l’unanimité au sein du bloc central.Le rapport “montre une offensive organisée, coordonnée pour défier nos valeurs, nos règles républicaines”, a argué M. Attal dans les couloirs de l’Assemblée nationale.”L’opportunisme de Gabriel Attal (…) fait le jeu des islamistes”, a critiqué en outre le député ex-LFI François Ruffin, qui juge néanmoins que le rapport “contient des choses intéressantes à la fois dans ses points de vigilance et dans ses recommandations”.

Procès Kardashian: 10 ans de prison requis contre quatre braqueurs présumés de la superstar

Pas des vieux “pieds nickelés” aux “rides rassurantes”, mais des malfrats “chevronnés”. L’accusation a estimé mercredi que les “papys braqueurs” présumés de Kim Kardashian étaient “tous coupables”, et requis 10 ans de prison contre quatre hommes soupçonnés d’être entrés arme au poing dans son hôtel cette nuit d’octobre 2016.Huit des dix accusés “clament leur innocence”, mais l’avocate générale en a “l’intime conviction”: ils sont “tous coupables”, déclare-t-elle dès le début de ses réquisitions.Aux magistrats professionnels et surtout aux jurés populaires de la cour d’assises de Paris, Anne-Dominique Merville demande de ne pas se fier aux apparences, à ces “vieux messieurs et dame” aux “rides rassurantes” comparaissant tous libres sur le banc des accusés.”Aujourd’hui, on vous les présente comme des pieds nickelés”. Mais il y a neuf ans, au moment des faits, ce sont “des braqueurs chevronnés du grand banditisme” au casier judiciaire chargé, martèle encore la magistrate. “La réalité, c’est qu’ils ont monté un coup et qu’ils ont réussi”.En pleine Fashion week parisienne, “entre 2H59 et 3H15” la nuit du 2 au 3 octobre 2016, la star américaine était seule dans sa chambre d’hôtel au moment du “braquage éclair”.”Ils sont cagoulés, gantés, ils vont séquestrer, ligoter. Ils n’ont aucune empathie pour Kim Kardashian, pour le réceptionniste”, affirme l’avocate générale. Et ont “une cible”: la fameuse bague estimée à 3,5 millions d’euros que la reine des influenceuses exhibe sur les réseaux sociaux comme le reste de sa vie.Dans ce coup “minutieusement préparé” où l’on s’est recruté “entre voleurs”, “ils sont venus pour cette bague, ils la récupèrent, ils savent exactement ce qu’ils font”, insiste encore la magistrate.- “Vérité à facettes” -Les quatre hommes identifiés par l’accusation comme les “braqueurs” (le cas d’un cinquième, souffrant d’Alzheimer, a été disjoint) encourent 30 ans de réclusion ou la perpétuité pour ceux en récidive, mais la peine réclamée en est bien éloignée: 10 ans, car malgré la “gravité” et les casiers chargés, il faut prendre en compte l’état de santé et l’âge avancé de la plupart d’entre eux, affirme l’avocate générale.Dans le prétoire, celui qu’elle identifie comme le “commanditaire”, Aomar Aït Khedache, 69 ans, suit les réquisitions en les lisant sur un ordinateur: il est désormais complètement sourd et quasiment muet en plus de souffrir de diabète et du dos – il se déplace avec une canne.Il est celui qui “recrute”, “donne les ordres”, part en Belgique revendre les 9 millions d’euros de butin jamais retrouvé, et “minimise la violence” même s’il a reconnu être l’un des hommes montés dans la chambre de Kim Kardashian, soutient l’avocate générale. “Le risque de récidive n’existe pas”, reconnaît-elle, mais il doit “payer pour ses crimes”.Même raisonnement pour Didier Dubreucq, 69 ans, monté également dans la chambre selon l’accusation mais qui clame lui son “innocence”. Il est absent à l’audience, “hospitalisé”, dit la magistrate, alors qu’il suit une chimiothérapie en marge du procès. “Il a déjà été soigné en détention” et pourrait l’être à nouveau, précise-t-elle.Ainsi que Yunice Abbas, 71 ans, opéré du coeur pendant sa détention provisoire et atteint de la maladie de Parkinson. Il a reconnu être arrivé avec deux complices à vélo sur les lieux du braquage, pour y “faire le guet”. Pour lui aussi, “la vérité a beaucoup de facettes”, grince la magistrate. Contre le dernier membre de l’équipe, le seul jeunot – 26 ans à l’époque -, elle réclame 10 ans également, vu ses dénégations, son casier et le “risque de récidive” dans son cas. Huit ans sont réclamés contre le fils d’Aomar Aït Khedache, Harminy, qui a fait office de “chauffeur” le soir du braquage.Contre les “taupes” Gary Madar (frère du chauffeur de Kim Kardashian) et son ami Florus Heroui qui ont selon elle obtenu et “transmis” de précieuses informations sur le calendrier de Kim Kardashian à Paris, des peines de sept ans sont requises. Et six ans enfin contre la “secrétaire criminelle” Cathy Glotin, personnage “central”, chargée d’organiser les rendez-vous entre son compagnon Aomar Aït Khedache et les complices.La défense plaide dans l’après-midi et jeudi, verdict vendredi.