US lawmaker says denied access to man deported to El Salvador

US lawmaker Glenn Ivey said Monday that authorities in El Salvador had prevented him from visiting Kilmar Abrego Garcia, a Salvadoran man deported from the United States by the Trump administration due to an administrative error.US President Donald Trump has delivered on campaign promises by launching a sweeping crackdown on migrants to the United States since coming to power in January. Rights groups have alleged that Trump’s government is committing rights abuses and denying undocumented migrants due process, claims that courts have, in part, upheld in cases that are ongoing.Abrego Garcia’s case is one of the most prominent to have come to light. US authorities admit that he was deported to a notorious El Salvadoran prison for violent criminals due to an error, but have refused to comply with court orders to return him to the United States.Ivey is the sixth US Democratic lawmaker to visit El Salvador in an effort to secure the return of Abrego Garcia, 29, who is being held in a penal facility in Santa Ana, 70 kilometers (43 miles) from the Salvadoran capital, after being deported in March. “We were not able to meet with Kilmar, for sure,” Ivey told a press conference in San Salvador. “We went out to the Santa Ana prison today and got there, and we spoke to the people at the gate. They wouldn’t open the gate and let us in.”Ivey said he was told to obtain a permit for a visit, but he had already spoken to senior officials in order to arrange the meeting. He said he had spoken to Salvadoran Ambassador to the United States Milena Mayorga and that he intended to speak to Abrego Garcia “to make sure that he’s okay, to discuss his legal rights and the like.”The US lawmaker said he had met leaders of human rights groups, but was unable to meet officials from the government of President Nayib Bukele, a key Trump ally who has also refused to facilitate returning Abrego Garcia to the United States.Chris Newman, an attorney for Abrego Garcia’s family, said this was his third visit to El Salvador to try and secure the release of his client. “We want access to Mr. Abrego Garcia so he can receive legal services,” he said.El Salvador has received 288 migrants deported from the United States, including 252 Venezuelans, who are being held in a maximum security prison. The Trump administration says — without proof — that Abrego Garcia is a violent criminal who is a member of the MS-13 gang, which has been declared a “terrorist” organization by Washington.Trump’s government has used an obscure wartime law to summarily deport alleged gang members, a process some US courts have halted and that one, in Texas, has deemed “unlawful.”

Le projet de loi “refondation” de Mayotte en passe d’adoption au Sénat

Le Sénat s’apprête à adopter mardi le projet de loi-programme pour “refonder” Mayotte, un texte qui décline près de quatre milliards d’euros d’engagements financiers de l’Etat pour l’archipel dévasté et entend répondre aux crises multiples qui le touchent, avec des mesures parfois contestées.Plus de cinq mois après le passage ravageur du cyclone Chido sur ce territoire de l’océan Indien, situé entre les Comores et Madagascar, le gouvernement entend franchir avec ce texte “une étape historique” dans son engagement pour Mayotte. La chambre haute, dominée par une alliance droite-centristes qui soutient le gouvernement, devrait l’adopter très largement en première lecture lors d’un vote solennel prévu à 18h30. La gauche fera néanmoins part de son hostilité à de nombreux dispositifs de lutte contre l’insécurité, l’immigration et l’habitat insalubre, les principaux “fléaux” identifiés à Mayotte par le ministre des Outre-mer Manuel Valls.Le projet de loi sera ensuite examiné à l’Assemblée nationale en juin, pour une promulgation espérée dès le début de l’été.”Nous n’avons pas laissé tomber Mayotte”, a martelé le ministre durant les débats sur ce projet de loi, la semaine passée au Palais du Luxembourg. Satisfait de voir les sénateurs soutenir l’essentiel des propositions gouvernementales, il estime que cette initiative législative permettra de “construire un avenir à la hauteur de l’attachement des Mahorais à la France”. – “Tout s’écroule” -Mais il a aussi fait face à de nombreuses critiques de parlementaires qui craignent des promesses en l’air ou en trompe-l’oeil.”Le compte n’y est pas”, s’alarme le sénateur de Mayotte Saïd Omar Oili, pour qui le gouvernement se cache derrière “un catalogue de promesses plus qu’une vraie feuille de route”. “L’aide promise doit devenir réalité car tout s’écroule à Mayotte”, a exhorté celui qui siège au groupe socialiste et a recommandé à ses collègues de s’abstenir sur le vote du texte.Eau, éducation, santé, infrastructures, sécurité, immigration, habitat informel… Le projet de loi s’attaque à tous les grands enjeux du 101e département français, le plus pauvre du pays. Il a la particularité de contenir non seulement des dispositions législatives, mais également tout un volet programmatique, sans valeur normative, dans lequel l’Etat liste ses priorités et ses objectifs sur la période 2025-2031. Avec une promesse d’ordre financier: débloquer “près de quatre milliards d’euros” sur sept ans pour relever un archipel meurtri. Le fléchage et le calendrier de ces investissements ont été quelque peu précisés par le gouvernement par voie d’amendement, sans toutefois répondre totalement aux exigences des élus du territoire, qui continuent d’appeler à plus de transparence et de moyens.Le projet contient aussi des dispositifs économiques et sociaux, avec la création d’une zone franche globale – avec des abattements fiscaux à 100% -, et la perspective, d’ici 2031, d’une “convergence sociale” entre l’Hexagone et l’archipel. Le texte facilite par ailleurs les expropriations en vue de reconstruire les infrastructures “essentielles” au territoire.Mais c’est le volet migratoire et sécuritaire qui a suscité le plus de débats dans l’hémicycle de la Haute assemblée. La lutte contre l’immigration clandestine a en effet été érigée comme priorité par le gouvernement, face à l’afflux massif d’étrangers en situation irrégulière sur l’archipel, venus notamment des Comores voisines.- “Croisade contre l’immigration” -Conditions d’accès au séjour et de regroupement familial durcies, expulsions rendues possibles de parents défaillants dans l’éducation de leurs enfants lorsque ceux-ci sont jugés dangereux, nouveaux lieux de rétention des familles avec mineurs, augmentation des peines pour reconnaissance frauduleuse de paternité… Droite sénatoriale et gouvernement, de concert, ont multiplié les dispositifs, souvent dérogatoires au droit commun, pour “réduire l’attractivité” de Mayotte.Un choix vivement dénoncé à gauche.”Aveuglé par la question migratoire et emporté dans une croisade contre l’immigration, le gouvernement s’attache à faire de Mayotte une terre où l’on piétine les droits de l’homme”, s’indigne la sénatrice de La Réunion Evelyne Corbière Naminzo (groupe communiste).”La réalité, c’est que l’immigration vient hypothéquer toute perspective de développement de Mayotte”, rétorque le corapporteur Horizons Olivier Bitz, pour qui “il n’y aura pas de refondation sans maîtrise des flux migratoires”.

Le projet de loi “refondation” de Mayotte en passe d’adoption au Sénat

Le Sénat s’apprête à adopter mardi le projet de loi-programme pour “refonder” Mayotte, un texte qui décline près de quatre milliards d’euros d’engagements financiers de l’Etat pour l’archipel dévasté et entend répondre aux crises multiples qui le touchent, avec des mesures parfois contestées.Plus de cinq mois après le passage ravageur du cyclone Chido sur ce territoire de l’océan Indien, situé entre les Comores et Madagascar, le gouvernement entend franchir avec ce texte “une étape historique” dans son engagement pour Mayotte. La chambre haute, dominée par une alliance droite-centristes qui soutient le gouvernement, devrait l’adopter très largement en première lecture lors d’un vote solennel prévu à 18h30. La gauche fera néanmoins part de son hostilité à de nombreux dispositifs de lutte contre l’insécurité, l’immigration et l’habitat insalubre, les principaux “fléaux” identifiés à Mayotte par le ministre des Outre-mer Manuel Valls.Le projet de loi sera ensuite examiné à l’Assemblée nationale en juin, pour une promulgation espérée dès le début de l’été.”Nous n’avons pas laissé tomber Mayotte”, a martelé le ministre durant les débats sur ce projet de loi, la semaine passée au Palais du Luxembourg. Satisfait de voir les sénateurs soutenir l’essentiel des propositions gouvernementales, il estime que cette initiative législative permettra de “construire un avenir à la hauteur de l’attachement des Mahorais à la France”. – “Tout s’écroule” -Mais il a aussi fait face à de nombreuses critiques de parlementaires qui craignent des promesses en l’air ou en trompe-l’oeil.”Le compte n’y est pas”, s’alarme le sénateur de Mayotte Saïd Omar Oili, pour qui le gouvernement se cache derrière “un catalogue de promesses plus qu’une vraie feuille de route”. “L’aide promise doit devenir réalité car tout s’écroule à Mayotte”, a exhorté celui qui siège au groupe socialiste et a recommandé à ses collègues de s’abstenir sur le vote du texte.Eau, éducation, santé, infrastructures, sécurité, immigration, habitat informel… Le projet de loi s’attaque à tous les grands enjeux du 101e département français, le plus pauvre du pays. Il a la particularité de contenir non seulement des dispositions législatives, mais également tout un volet programmatique, sans valeur normative, dans lequel l’Etat liste ses priorités et ses objectifs sur la période 2025-2031. Avec une promesse d’ordre financier: débloquer “près de quatre milliards d’euros” sur sept ans pour relever un archipel meurtri. Le fléchage et le calendrier de ces investissements ont été quelque peu précisés par le gouvernement par voie d’amendement, sans toutefois répondre totalement aux exigences des élus du territoire, qui continuent d’appeler à plus de transparence et de moyens.Le projet contient aussi des dispositifs économiques et sociaux, avec la création d’une zone franche globale – avec des abattements fiscaux à 100% -, et la perspective, d’ici 2031, d’une “convergence sociale” entre l’Hexagone et l’archipel. Le texte facilite par ailleurs les expropriations en vue de reconstruire les infrastructures “essentielles” au territoire.Mais c’est le volet migratoire et sécuritaire qui a suscité le plus de débats dans l’hémicycle de la Haute assemblée. La lutte contre l’immigration clandestine a en effet été érigée comme priorité par le gouvernement, face à l’afflux massif d’étrangers en situation irrégulière sur l’archipel, venus notamment des Comores voisines.- “Croisade contre l’immigration” -Conditions d’accès au séjour et de regroupement familial durcies, expulsions rendues possibles de parents défaillants dans l’éducation de leurs enfants lorsque ceux-ci sont jugés dangereux, nouveaux lieux de rétention des familles avec mineurs, augmentation des peines pour reconnaissance frauduleuse de paternité… Droite sénatoriale et gouvernement, de concert, ont multiplié les dispositifs, souvent dérogatoires au droit commun, pour “réduire l’attractivité” de Mayotte.Un choix vivement dénoncé à gauche.”Aveuglé par la question migratoire et emporté dans une croisade contre l’immigration, le gouvernement s’attache à faire de Mayotte une terre où l’on piétine les droits de l’homme”, s’indigne la sénatrice de La Réunion Evelyne Corbière Naminzo (groupe communiste).”La réalité, c’est que l’immigration vient hypothéquer toute perspective de développement de Mayotte”, rétorque le corapporteur Horizons Olivier Bitz, pour qui “il n’y aura pas de refondation sans maîtrise des flux migratoires”.

Argentine: le procès Maradona en péril pour l’indiscrétion présumée d’une juge

Péripétie de procédure, ou grave débâcle judiciaire ? Le procès sur la mort de Maradona est sur le fil du rasoir, après la mise en cause d’une des juges, soupçonnée d’avoir collaboré à l’insu de tous à un documentaire, et qui pourrait faire annuler l’ensemble des débats à ce jour.Après sept jours de suspension reprend mardi à San Isidro (nord de Buenos Aires) le procès de sept professionnels de santé – médecins, psychiatre, psychologue, infirmiers –  accusés de négligences ayant potentiellement entraîné la mort de l’astre du football, en novembre 2020 sur un lit de convalescence à domicile, post-neurochirurgie.Reprise d’audience, mais pour combien de temps ? Dans la foulée de deux avocats (de la défense) mardi dernier, d’autres – dont Fernando Burlando, médiatique avocat des filles aînées de Maradona – sont résolus à demander mardi la récusation, voire la destitution, de la juge Julieta Makintach, l’une des trois magistrates du procès.Le doute initial est venu de la présence en audience, en mars aux premiers jours du procès, de personnes paraissant filmer les débats, où les caméras étaient strictement interdites. Plusieurs parties soupçonnaient alors la connivence d’une magistrate.Julieta Makintach, pénaliste de 47 ans, a démenti avoir participé à une production audiovisuelle sur le procès, ou avoir commis un quelconque délit, mais une série de perquisitions depuis une semaine – depuis les demandes de récusation-, puis la diffusion de vidéos dans la presse, sont venues affaiblir sa défense.L’une des productrices impliquées s’est défendue, dans une déposition à laquelle l’AFP a eu accès, de n’avoir fait que préparer un documentaire centré sur la juge Makintach, “son rôle de juge et femme”, sans “référence au procès proprement dit”.Les images de vidéosurveillance qui ont filtré montrent la magistrate parcourant, le dimanche juste avant le procès, les locaux du tribunal, filmée par une équipe, avec plusieurs prises, donnant des bouts d’interview, sur son métier, mais aussi sur le début du procès.- “Si ça peut arriver à Maradona…” -Si la semaine dernière, certaines parties spéculaient sur le fait que le procès pourrait se poursuivre, y compris avec la juge Makintach éventuellement dessaisie, l’option paraissait ces derniers jours moins probable aux yeux des avocats comme d’observateurs extérieurs.”C’est un scandale d’une ampleur telle que le monde entier parle de la justice argentine comme du pire des exemples”, a fulminé Me Burlando ce week-end, remonté contre la “négligence” du tribunal de San Isidro et le “narcissisme” de la magistrate. “Elle n’a pas agi comme une juge, mais comme une actrice”.”Le procès ne peut pas continuer, il doit être annulé, même si c’est une honte et un manque total de respect pour Maradona, ses sœurs, ses filles et tous les Argentins qui veulent une justice équitable”, a estimé pour l’AFP Adrian Tenca, pénaliste et professeur de droit à l’Université de Buenos Aires.”Tout le monde a désormais la sensation que ceci est vicié (…) le plus sain est qu’on recommence tout à zéro”, a plaidé Mario Baudry, avocat de Veronica Ojeda, ex-compagne de Maradona, prédisant que si toutes les parties se mettent d’accord, un nouveau trio de juges pourrait être désigné en vue de reprendre le procès. Peut-être vers janvier 2026, a-t-il spéculé.Difficile de percevoir a priori à qui bénéficierait un report pour de longs mois, dans un procès qui déjà avançait péniblement, à raison de deux audiences par semaine. Et où les témoignages, à ce jour, avaient surtout convergé vers le piètre niveau de soins, d’équipement médical, sur le lieu de convalescence fatal de Maradona à Tigre (nord de Buenos Aires). Sans pour autant dessiner un clair niveau de responsabilité, ou d’intentionnalité.Les accusés, qui déclinent toute responsabilité dans le décès, encourent 8 à 25 ans de prison.  Fernando Burlando a souligné la “grande tristesse” de la famille, à l’idée de voir, le cas échéant, déposer une nouvelle fois les filles de Maradona. Le témoignage de Gianinna, en particulier, avait été particulièrement éprouvant mi-mai, maintes fois interrompu par les larmes.”Nous sommes la risée du monde, mais c’est ça notre justice en Argentine”, s’est désolé Me Baudry, s’interrogeant sur l’impact à l’extérieur, sur de potentiels investisseurs. “Si quelque chose comme ça arrive à quelqu’un comme Maradona, qu’est-ce qui peut arriver à des gens ordinaires ?”

Venezuela: Maduro profite du boycott de l’opposition pour s’offrir une majorité écrasante au Parlement et dans les régions

Vingt-trois Etats sur 24, 89% des sièges au Parlement: le président Nicolas Maduro, héritier d’Hugo Chavez, a recouvert de rouge –la couleur du chavisme– la carte du Venezuela lors des élections législatives et régionales de dimanche, consolidant son pouvoir alors que l’opposition se félicite de son boycott sans toutefois définir une stratégie claire.Le parti du président a conquis 23 des 24 gouvernorats et, selon une annonce non officielle mais issue d’un des hommes les plus puissants du pays, Jorge Rodriguez, sa coalition a remporté 256 des 285 sièges à l’Assemblée. Président de l’actuelle Assemblée, chef de campagne du pouvoir pour le scrutin, chef négociateur du Venezuela avec Washington, Jorge Rodriguez a souligné en soirée que “les oppositions” ont gagné les 29 sièges restants, sans donner le détail.M. Rodriguez faisait référence à la fois à l’opposition considérée comme étant aux ordres du pouvoir, couramment surnommée les “Scorpions”, et à la faction menée par l’ancien chef de l’opposition Henrique Capriles pour qui la politique de la chaise vide ne porte pas de fruits.La cheffe de l’opposition Maria Corina Machado et Edmundo Gonzalez, son candidat à la présidentielle de l’an dernier, avaient appelé au boycott du scrutin, estimant les règles du jeu faussées.  Avec cette victoire écrasante, M. Maduro renforce sa mainmise sur les institutions du pays, dix mois après sa réélection contestée, marquée par des troubles et des arrestations massives.Le rendez-vous de dimanche a d’ailleurs été marqué par l’arrestation en amont de quelque 70 personnes, dont Juan Pablo Guanipa, une figure de l’opposition, accusées de vouloir déstabiliser les élections. Plus de 400.000 membres des forces de l’ordre ont été déployés le jour du scrutin, avec des patrouilles de policiers encagoulés et armés.M. Maduro peut avancer tranquillement vers sa réforme de la Constitution sur laquelle il y a peu d’informations, mais qu’il évoque fréquemment depuis des mois.”Aujourd’hui, nous avons démontré le pouvoir du chavisme ! Cette victoire est la victoire de la paix et de la stabilité”, a exulté M. Maduro après l’annonce des résultats dimanche. Le président fête une victoire, mais l’opposition y voit une défaite. Mme Machado avait appelé à ne pas participer à la “farce”, assure que la faible affluence dans les bureaux de vote est une protestation silencieuse contre la réélection de M. Maduro en juillet. Le gros de l’opposition, qui revendique la victoire à la présidentielle de 2024 et crie à la fraude, estimait qu’il n’était pas possible de participer à un nouveau scrutin organisé par le pouvoir.Pour le groupe opposant rebelle qui a participé au scrutin, le résultat est maigre. Le pouvoir ne lui a laissé que des miettes: une poignée de députés et la gouvernance de l’État de Cojedes (centre-ouest).- “Pas insignifiant” -“Bien que prévisible, le résultat n’en a pas moins des implications importantes: un chavisme renforcé dans le contrôle institutionnel, une opposition divisée à la représentation limitée, et une majorité sociale (de la population) démobilisée”, estime l’analyste politique Luis Vicente Leon.Mme Machado, qui vit dans la clandestinité, a une nouvelle fois lundi appelé l’armée à “agir” contre un gouvernement jugé illégitime. Mais les forces armées, clef de voûte du pouvoir qui sait les choyer, ont juré loyauté à maintes reprises au président Maduro.Pour ce qui est de l’opposition, “l’abstention (…) ne fait qu’aggraver sa situation”, estime le politologue Pablo Quintero. “Elle génère un processus de désaffection politique, de désillusion, de résignation de la part des gens”. Henrique Capriles a été élu député et dirigera un groupe d’une quinzaine d’élus à l’Assemblée, selon les estimations de M. Leon. Peu mais “pas insignifiant”, selon l’analyste. “Ils ont partiellement atteint leur objectif de préserver une présence institutionnelle et d’éviter la disparition totale”, relève-t-il.Staline Gonzalez, l’un des opposants élu député, défend la participation et critique la position de Mme Machado: “Cette théorie de donner de l’espace au gouvernement, au +madurisme+, et de croire qu’il suffit de délégitimer le processus en n’y participant pas pour qu’il (Maduro) s’en aille… Qu’avec ça nous allons ramener la démocratie. Nous ne sommes pas convaincus par ce chemin”.M. Quintero estime toutefois que le coût est élevé et croit que “l’opposition a besoin de sang neuf”.

Venezuela: Maduro profite du boycott de l’opposition pour s’offrir une majorité écrasante au Parlement et dans les régions

Vingt-trois Etats sur 24, 89% des sièges au Parlement: le président Nicolas Maduro, héritier d’Hugo Chavez, a recouvert de rouge –la couleur du chavisme– la carte du Venezuela lors des élections législatives et régionales de dimanche, consolidant son pouvoir alors que l’opposition se félicite de son boycott sans toutefois définir une stratégie claire.Le parti du président a conquis 23 des 24 gouvernorats et, selon une annonce non officielle mais issue d’un des hommes les plus puissants du pays, Jorge Rodriguez, sa coalition a remporté 256 des 285 sièges à l’Assemblée. Président de l’actuelle Assemblée, chef de campagne du pouvoir pour le scrutin, chef négociateur du Venezuela avec Washington, Jorge Rodriguez a souligné en soirée que “les oppositions” ont gagné les 29 sièges restants, sans donner le détail.M. Rodriguez faisait référence à la fois à l’opposition considérée comme étant aux ordres du pouvoir, couramment surnommée les “Scorpions”, et à la faction menée par l’ancien chef de l’opposition Henrique Capriles pour qui la politique de la chaise vide ne porte pas de fruits.La cheffe de l’opposition Maria Corina Machado et Edmundo Gonzalez, son candidat à la présidentielle de l’an dernier, avaient appelé au boycott du scrutin, estimant les règles du jeu faussées.  Avec cette victoire écrasante, M. Maduro renforce sa mainmise sur les institutions du pays, dix mois après sa réélection contestée, marquée par des troubles et des arrestations massives.Le rendez-vous de dimanche a d’ailleurs été marqué par l’arrestation en amont de quelque 70 personnes, dont Juan Pablo Guanipa, une figure de l’opposition, accusées de vouloir déstabiliser les élections. Plus de 400.000 membres des forces de l’ordre ont été déployés le jour du scrutin, avec des patrouilles de policiers encagoulés et armés.M. Maduro peut avancer tranquillement vers sa réforme de la Constitution sur laquelle il y a peu d’informations, mais qu’il évoque fréquemment depuis des mois.”Aujourd’hui, nous avons démontré le pouvoir du chavisme ! Cette victoire est la victoire de la paix et de la stabilité”, a exulté M. Maduro après l’annonce des résultats dimanche. Le président fête une victoire, mais l’opposition y voit une défaite. Mme Machado avait appelé à ne pas participer à la “farce”, assure que la faible affluence dans les bureaux de vote est une protestation silencieuse contre la réélection de M. Maduro en juillet. Le gros de l’opposition, qui revendique la victoire à la présidentielle de 2024 et crie à la fraude, estimait qu’il n’était pas possible de participer à un nouveau scrutin organisé par le pouvoir.Pour le groupe opposant rebelle qui a participé au scrutin, le résultat est maigre. Le pouvoir ne lui a laissé que des miettes: une poignée de députés et la gouvernance de l’État de Cojedes (centre-ouest).- “Pas insignifiant” -“Bien que prévisible, le résultat n’en a pas moins des implications importantes: un chavisme renforcé dans le contrôle institutionnel, une opposition divisée à la représentation limitée, et une majorité sociale (de la population) démobilisée”, estime l’analyste politique Luis Vicente Leon.Mme Machado, qui vit dans la clandestinité, a une nouvelle fois lundi appelé l’armée à “agir” contre un gouvernement jugé illégitime. Mais les forces armées, clef de voûte du pouvoir qui sait les choyer, ont juré loyauté à maintes reprises au président Maduro.Pour ce qui est de l’opposition, “l’abstention (…) ne fait qu’aggraver sa situation”, estime le politologue Pablo Quintero. “Elle génère un processus de désaffection politique, de désillusion, de résignation de la part des gens”. Henrique Capriles a été élu député et dirigera un groupe d’une quinzaine d’élus à l’Assemblée, selon les estimations de M. Leon. Peu mais “pas insignifiant”, selon l’analyste. “Ils ont partiellement atteint leur objectif de préserver une présence institutionnelle et d’éviter la disparition totale”, relève-t-il.Staline Gonzalez, l’un des opposants élu député, défend la participation et critique la position de Mme Machado: “Cette théorie de donner de l’espace au gouvernement, au +madurisme+, et de croire qu’il suffit de délégitimer le processus en n’y participant pas pour qu’il (Maduro) s’en aille… Qu’avec ça nous allons ramener la démocratie. Nous ne sommes pas convaincus par ce chemin”.M. Quintero estime toutefois que le coût est élevé et croit que “l’opposition a besoin de sang neuf”.

Après deux explosions, la mégafusée d’Elon Musk Starship prête à un nouveau vol test

L’entreprise SpaceX du multimilliardaire Elon Musk compte mener mardi un nouveau lancement test de sa mégafusée Starship, qu’elle développe pour partir à la conquête de Mars, après deux explosions spectaculaires survenues coup sur coup lors de ses derniers vols d’essai.Cette fusée, haute de 123 mètres, soit la taille d’un immeuble d’environ 40 étages, doit s’élancer dans le ciel du Texas à partir de 18H30 locales (23H30 GMT) pour un neuvième vol test.Ce dernier succède à deux précédents essais en janvier et mars s’étant soldés par de spectaculaires explosions en altitude et des pluies de débris au-dessus des Caraïbes.A chaque fois, le premier étage de la fusée, propulsant l’ensemble, avait réussi à revenir sur le pas de tir et à être rattrapé par des bras mécaniques – une manoeuvre spectaculaire que seule SpaceX maîtrise.Mais l’immense vaisseau avait lui explosé en vol les deux fois, contraignant les autorités à dévier les trajectoires de certains avions ou encore à retarder des décollages. Des suspensions de vol de Starship et des enquêtes sur ces incidents avaient également été ordonnées.- Objectif 25 vols annuels -Ces incidents spectaculaires sont toutefois loin d’être inédits, l’entreprise d’Elon Musk misant pour le développement de ses appareils sur le lancement de multiples prototypes afin de corriger rapidement les problèmes rencontrés en situation de vol.Une philosophie qui a fait son succès, mais n’est pas exempte de critiques, quatre des huit précédents vols d’essais de Starship s’étant ainsi soldés par des explosions, volontaires ou non.En 2023, des associations ont porté plainte contre les autorités américaines, les accusant d’en avoir mal évalué l’impact environnemental, alors que la base spatiale de l’entreprise au Texas est située à proximité de zones naturelles protégées.En dépit de ces critiques, le régulateur américain de l’aviation, la FAA, a accordé début mai son feu vert à l’augmentation de la cadence des lancements de 5 à 25 vols annuels, à l’issue d’une procédure de plusieurs années et d’évaluations sur l’impact environnemental.Une autorisation qui survient dans un contexte où la grande proximité d’Elon Musk avec le président Donald Trump fait craindre de possibles ingérences dans les actions des autorités de régulation.- Plongeon brutal dans le golfe -Lors de ce nouveau vol, SpaceX réutilisera pour la première fois un premier étage de fusée ayant déjà volé et été récupéré, signant ainsi une nouvelle étape vers son objectif de totale réutilisation de la fusée.Cette caractéristique permettrait de réduire considérablement les coûts et les ressources nécessaires mais est extrêmement difficile à réaliser techniquement.S’il réussit déjà à récupérer le propulseur de la fusée, Elon Musk compte bientôt tenter une récupération du vaisseau Starship, qui constitue le deuxième étage de la fusée et donne son nom à l’ensemble.”Je pense que nous parviendrons à une réutilisation rapide de l’ensemble de la structure – le vaisseau et le propulseur – l’année prochaine”, a déclaré le richissime entrepreneur, connu pour ses projections très optimistes, en début d’année dans un podcast.Lors de ce nouveau vol, SpaceX espère réaliser les tests qu’elle comptait mener lors des deux précédents vols sur le vaisseau – dont une tentative de déploiement de satellites – puis le laisser finir sa course dans l’océan Indien.Le premier étage ne reviendra quant à lui pas cette fois sur son pas de tir mais ira “s’écraser brutalement” dans les eaux du golfe du Mexique, unilatéralement rebaptisé “golfe d’Amérique” par Donald Trump, a prévenu SpaceX.Un changement de programme destiné à réaliser “plusieurs expériences en vol” afin d'”améliorer les performances et la fiabilité des futurs propulseurs”, a-t-elle expliqué.

Charles III à Ottawa pour un discours historique sur fond de tensions canado-américaines

Temps fort d’une visite hautement symbolique, le roi Charles III prononce mardi au Canada le discours du trône pour la réouverture du parlement, au moment où le pays dont il est le chef d’Etat vit une crise sans précédent en raison des menaces de Donald Trump.Le nouveau Premier ministre Mark Carney veut faire de cette visite, vue comme un “honneur historique, à la mesure des enjeux de notre temps”, une démonstration de souveraineté face au voisin du sud.C’est à son invitation que le souverain a fait exceptionnellement ce déplacement pour cette allocution qui est en principe prononcée par le représentant de la couronne britannique au Canada, le gouverneur général.Si le roi Charles III prononcera le discours comme s’il s’agit de ses propres mots, il a été, en réalité, rédigé par le cabinet du Premier ministre puisqu’il vise à détailler le programme du nouveau gouvernement de centre-gauche.Cette équipe dirigée par le libéral Mark Carney, un technocrate sans expérience politique, est en place depuis les élections législatives du 28 avril après une campagne entièrement centrée sur Donald Trump et comment faire face à ses menaces. Le discours du trône mardi devrait donc donner des pistes sur les grands projets de M. Carney, qui a juré de lancer la plus grande transformation de l’économie canadienne depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale pour construire un pays “fort”.Dans un langage diplomatique prudent, il devrait également contenir une réaffirmation de la souveraineté du Canada.- “Le Canada n’est pas seul” -“En terme de symbolisme, c’est extraordinaire car c’est seulement la troisième fois que le souverain lis ce discours”, explique Félix Mathieu, politologue et professeur à l’Université du Québec en Outaouais.En effet, Elizabeth II, la mère du roi Charles, n’est venue prononcer que deux fois le discours du trône lors de son long règne, en 1957 et la dernière fois en 1977.”Ce qui va être intéressant c’est aussi tout ce qui va entourer le discours du trône” ajoute-t-il parlant d’un “message à Donald Trump” pour lui montrer que le “Canada n’est pas seul dans ce combat”.Pour de nombreux Canadiens, ce voyage royal revêt une symbolique forte en effet. Et ils étaient nombreux lundi à se presser dans la capitale pour saluer le monarque pour son premier jour de visite.Pour Shrikant Mogulala, c’est directement un “message aux États-Unis et à Donald Trump”. Et pour ce trentenaire, “le message est clair: nous ne sommes pas à vendre”.”C’est formidable pour le Canada qu’il soit ici, compte tenu des circonstances géopolitiques et de la situation actuelle de notre pays”, renchérit auprès de l’AFP Dave Shaw, retraité de 60 ans.Charles et Camilla se sont rendus lundi sur un marché de producteurs, ont assisté à un spectacle de danse autochtone et au début d’un match de hockey de rue.Mardi, le couple arrivera dans l’ancienne gare qui abrite la chambre temporaire du Sénat dans une voiture de cérémonie tirée par des chevaux de la Gendarmerie royale du Canada.Le couple sera accueilli par une garde d’honneur d’une centaine de personnes et par une fanfare militaire. Une salve de 21 coups de canon sera tirée au moment où le drapeau canadien sur le bâtiment sera remplacé par une bannière indiquant la présence du roi.

Diffusion d’images pornographiques de mineurs: l’auteur de BD Bastien Vivès face à la justice

Dessins potaches ou pédopornographiques ? L’auteur de bande dessinée Bastien Vivès est jugé à partir de mardi par le tribunal de Nanterre, accusé par plusieurs associations d’avoir réalisé et diffusé des dessins à caractère pornographique de mineurs dans deux de ses albums. Le dessinateur de 41 ans comparaît jusqu’à mercredi pour “fixation et transmission en vue de la diffusion d’images à caractère pédopornographique”, un délit passible de cinq ans d’emprisonnement et 75.000 euros d’amende.Les éditions Les Requins Marteaux et Glénat, qui ont publié les deux albums incriminés, comparaissent elles pour diffusion de l’image d’un mineur présentant un caractère pornographique. Sollicité par l’AFP, Bastien Vivès, qui sera présent à l’audience, n’a pas souhaité s’exprimer avant le début de son procès.En janvier 2023, une enquête avait été ouverte à la suite d’une plainte de plusieurs associations de protection de l’enfance. Elle visait trois ouvrages du dessinateur: “Les Melons de la colère” (paru en 2011), “La Décharge mentale” (2018) et “Petit Paul” (2018). Ce sont ces deux derniers albums qui seront au cœur des débats. “Petit Paul”, qui avait déjà fait l’objet de deux signalements en 2018 et 2020, classés sans suite par le parquet de Nanterre, met en scène un enfant au pénis démesuré ayant des relations sexuelles avec des femmes majeures.”La Décharge mentale” évoque un homme ayant des relations sexuelles avec de jeunes filles mineures. Dans sa plainte, l’association Fondation pour l’enfance dénonçait des “représentations de mineurs dans des situations sexuellement explicites, présentant indubitablement un caractère pornographique”, ce que la défense dément.”Il n’y a jamais eu aucune incitation et aucune apologie de la pédophilie par Bastien Vivès dans ses œuvres”, a assuré à l’AFP Me Richard Malka, avocat du dessinateur. – “Stricte application de la loi” -Pour Me Cécile Astolfe, qui défend la Fondation pour l’enfance, ce procès est pourtant la résultante d’une “stricte application de la loi”. “La représentation d’un mineur de moins de 15 ans présentant un caractère pornographique est interdite”, a-t-elle insisté. Trois autres associations, L’enfant bleu, Innocence en danger et Face à l’inceste, sont également parties civiles dans l’affaire.  Une dizaine de témoins sont également attendus parmi lesquels, côté défense, l’ancienne ministre de la Culture Françoise Nyssen (2017-2018) et le directeur de l’hebdomadaire satirique Charlie Hebdo, Riss.  En 2018, après la parution de “Petit Paul”, les éditions Glénat avaient affirmé que cet album n’avait “jamais” eu “pour vocation de dédramatiser, favoriser ou légitimer l’abus de mineur de quelque manière que ce soit”.Dans un entretien avec l’AFP, la directrice de la maison d’édition, Marion Glénat-Corveler, a assuré qu’elle défendrait la liberté d’expression à l’audience, “une des valeurs fondamentales de (son) métier d’éditeur”.Plusieurs autres œuvres du dessinateur, à l’instar des “Melons de la colère”, vague parodie des “Raisins de la colère” où plusieurs hommes violent une adolescente paysanne, avaient suscité l’indignation d’associations et de militants.Le Festival international de la BD d’Angoulême avait d’ailleurs déprogrammé une exposition consacrée à Bastien Vivès prévue lors de son édition 2023, en raison de “menaces physiques” proférées contre lui.En juin 2024, cinq personnes ont été condamnées à Paris à des peines de prison avec sursis pour menaces de mort ou violence sur l’auteur.