Décès du dramaturge Valère Novarina, dynamiteur du langage

Le dramaturge, auteur et peintre franco-suisse Valère Novarina, décédé à l’âge de 83 ans, était un dynamiteur du langage, auteur de pièces où les mots déferlaient en rangs serrés.L’artiste s’est éteint vendredi, a précisé samedi à l’AFP Richard Pierre, régisseur général de sa compagnie, la troupe Union des contraires.Avec une cinquantaine de pièces, dont la plupart éditées chez P.O.L, le théâtre de Valère Novarina est surprenant, provocateur.Ses pièces, jouées presque tous les ans au Festival d’Avignon, haut lieu de la création théâtrale en France, ne sont pas toujours reprises en tournée. Les programmateurs sont à la recherche de spectacles “consensuels, où le langage recule devant l’émotion diffuse”, expliquait-il en 2015.”Le spectateur est traité comme un troupeau … moi je cherche plutôt à atteindre chaque individu comme s’il était transpercé par une flèche”, ajoutait-il.Franc-tireur se définissant comme “un pirate” en dehors de toute structure, il s’intéresse au langage, une passion cultivée très tôt, dans les alpages savoyards où il passait ses vacances, cachant ses “écrits scientifiques” sous les pierres ou les ardoises.Né dans la banlieue de Genève, il passe son enfance et son adolescence au bord du lac Léman et dans la montagne. A Paris, il étudie la littérature et la philosophie, rencontre les metteurs en scène Roger Blin et Marcel Maréchal, l’écrivain et philosophe Jean-Noël Vuarnet; il envisage brièvement de devenir acteur avant de se consacrer à l’écriture.Une deuxième vocation pour le dessin et la peinture s’épanouit peu à peu, au service des personnages puis des décors des pièces qu’il met en scène lui-même à partir de 1986.Pour lui, les mots sont “une matière, et surtout un espace, il y a là dedans de la physique des fluides”. Ses textes explosent les codes du langage, entre poésie et théâtre, inclassables, longs et touffus. Ils figurent au début des années 2010 au programme du baccalauréat littéraire, option théâtre.Il ne compte plus les spectateurs ou même acteurs qui avouent ne rien comprendre à ses textes mais semble ne pas s’en formaliser.- Fan de de Funès -Lors de la création de “L’Atelier volant” en 1974, sa première oeuvre publiée, des rangées entières de spectateurs quittent la salle.  La création du “Drame de la vie” en 1986 au Festival d’Avignon, qu’il monte lui-même faute d’avoir trouvé un metteur en scène, donne lieu à une “mini bataille d’Hernani”, se souvient-il. “Les acteurs étaient acclamés par une moitié de la salle et hués par l’autre”. A un spectateur qui lance “ce n’est pas cette scatologie névrotique qui tirera le théâtre de l’ornière!”, le comédien André Marcon rétorque: “Retourne dans ta caravane!”.Le théâtre de Valère Novarina est drôle aussi. Lui-même est un fan absolu du cirque et des acteurs comiques, Louis de Funès en tête. Il lui a d’ailleurs consacré un texte, “Pour Louis de Funès”.Novarina “adore les acteurs”. “Ce sont les acteurs qui trouvent tout, il y a une sorte de somatisation de la parole qui se fait, il faut que le théâtre descende dans les pieds!”Lauréat de plusieurs prix, dont le grand prix du théâtre de l’Académie française (2007) ou le Grand Prix de Littérature Paul Morand de l’Académie Française (2020), il sera en mars 2017 candidat malheureux à l’Académie française pour le siège vacant du philosophe René Girard. 

Uganda opposition leader in hiding as election results dueSat, 17 Jan 2026 11:19:00 GMT

Ugandan opposition leader Bobi Wine said Saturday that he had escaped a police raid on his home and was in hiding as the country braced for the results of a fraught election held under an internet blackout.President Yoweri Museveni, 81, looked set to be declared winner and extend his 40-year rule in an election marred …

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“Ne touchez pas au Groenland”: manifestations attendues à Copenhague et Nuuk

D’importantes manifestations sont prévues samedi dans plusieurs villes du Danemark et dans la capitale groenlandaise Nuuk, afin de protester contre les ambitions territoriales de Donald Trump, qui continue d’afficher son intention de s’emparer du Groenland. Sur les réseaux sociaux, des milliers de personnes ont signalé leur volonté de participer aux rassemblements dans l’immense île arctique et au Danemark, à Copenhague, Aarhus (centre), Aalborg (nord) et Odense (sud), sur initiative de plusieurs organisations groenlandaises.”L’objectif est d’envoyer un message clair et unanime en faveur du respect de la démocratie et des droits humains fondamentaux au Groenland”, a expliqué Uagut, l’organisation nationale pour les Groenlandais du Danemark, sur son site.Les organisateurs Uagut, le mouvement citoyen “Ne touchez pas au Groenland” et Inuit – un regroupement d’associations locales groenlandaises – veulent profiter de la présence d’une délégation du Congrès américain à Copenhague pour faire entendre leurs voix. La manifestation à Copenhague se déroulera entre 12H00 et 14H00 (11H00 à 13H00 GMT), avec un arrêt devant l’ambassade américaine vers 13H00.Depuis son retour au pouvoir, il y a un an, Donald Trump évoque régulièrement la prise de contrôle de l’immense île arctique rattachée au Danemark, stratégique, mais peu peuplée. Il a assuré qu’il s’en emparerait “d’une manière ou d’une autre”, pour contrer selon lui les avancées russes et chinoises en Arctique.Vendredi soir, son proche conseiller Stephen Miller a réaffirmé les vues américaines sur ce territoire.”Le Groenland est grand comme un quart des Etats-Unis. Le Danemark, sans lui manquer de respect, est un petit pays avec une petite économie et une petite armée. Il ne peut pas défendre le Groenland”, a-t-il déclaré sur Fox News.A Copenhague, les 11 parlementaires du Congrès américain ont au contraire affiché leur soutien, au dernier jour de leur visite où ils ont rencontré la Première ministre danoise, le chef du gouvernement groenlandais, des chefs d’entreprises et des représentants au Parlement danois. Le sénateur démocrate Chris Coons, qui dirige la délégation, a salué samedi devant la presse “225 années” d’alliance avec le Royaume du Danemark. Il a assuré qu’il n’existait “pas de menaces immédiates pesant sur le Groenland”.”Mais nous partageons de réelles préoccupations concernant la sécurité dans l’Arctique à l’avenir, à mesure que le climat change, que la banquise recule et que les routes maritimes évoluent”, a-t-il dit, soulignant qu’il fallait “examiner des moyens de mieux investir dans la sécurité arctique”.  Les protestations prévues samedi interviennent trois jours après une réunion à Washington où les autorités danoises ont constaté l’impossibilité de s’entendre dans l’immédiat avec les dirigeants américains sur l’avenir du territoire autonome.Alors que plusieurs dirigeants européens ont affiché leur soutien au Danemark, membre fondateur de l’Otan, le président américain a menacé vendredi de droits de douane les pays qui ne soutiendraient pas son plan visant à acquérir le Groenland.- “Respect” -“Les événements récents ont mis le Groenland et les Groenlandais, tant au Groenland qu’au Danemark, sous pression”, a constaté Julie Rademacher, présidente du mouvement Uagut dans une déclaration transmise à l’AFP. “Lorsque les tensions montent et que les gens sont en état d’alerte, nous risquons de créer plus de problèmes que de solutions”, a-t-elle relevé.Un appel à manifester à Nuuk samedi, à 15H00 GMT, a également été lancé. Sur la page Facebook de l’événement, quelque 900 personnes ont indiqué leur intention d’y participer, dans un territoire qui compte environ 57.000 habitants. “Nous exigeons le respect du droit international et des principes juridiques internationaux. Ce n’est pas seulement notre combat, c’est un combat qui concerne le monde entier”, affirme Avijâja Rosing-Olsen, organisatrice du mouvement, citée dans un communiqué.Selon le dernier sondage publié en janvier 2025, 85% des Groenlandais sont opposés à leur rattachement aux États-Unis. Seuls 6% y sont favorables.La France, la Suède, l’Allemagne et la Norvège, rejoints par les Pays-Bas, la Finlande, la Slovénie et le Royaume-Uni, ont annoncé cette semaine l’envoi de personnel militaire pour une mission de reconnaissance qui s’inscrit dans le cadre de l’exercice danois “Arctic Endurance” organisé avec des alliés de l’Otan.Les Etats-Unis ont été invités à participer à des exercices militaires au Groenland, a affirmé vendredi soir le chef du Commandement arctique danois à l’AFP, assurant que ces manoeuvres se déroulaient en rapport avec la Russie.

Décès du dramaturge et peintre Valère Novarina

Le dramaturge, auteur et peintre franco-suisse Valère Novarina, est décédé à l’âge de 83 ans, a-t-on appris samedi auprès du régisseur de sa compagnie, confirmant des informations de presse.Il s’est éteint à l’âge de 83 ans, a précisé à l’AFP Richard Pierre, régisseur général de la compagnie Union des contraires.Auteur d’un théâtre surprenant et provocateur, il cultive très tôt une passion pour le langage. Ses textes, inclassables, touffus, en explosent les codes, entre poésie et théâtre.Ses pièces étaient jouées presque tous les ans au Festival d’Avignon, haut lieu de la création théâtrale en France.Né dans la banlieue de Genève, Valère Novarina passe son enfance et son adolescence au bord du lac Léman et dans la montagne. A Paris, il étudie la littérature et la philosophie, rencontre les metteurs en scène Roger Blin, Marcel Maréchal, l’écrivain et philosophe Jean-Noël Vuarnet, envisage brièvement de devenir acteur avant de se consacrer à l’écriture. Une deuxième vocation pour le dessin et la peinture s’épanouit peu à peu, au service des personnages puis des décors des pièces qu’il met en scène lui-même à partir de 1986.Il était également fan de cirque et des acteurs comiques, Louis de Funès en tête, auquel il a consacré un texte, “Pour Louis de Funès”.

‘My nightmare’: Iranians recount crackdown under internet blackout

One move in the wrong direction and Kiarash would have been dead, he said, as a shooter opened fire on him and other protesters in the Iranian capital during a wave of demonstrations met by a deadly crackdown. Blood stained the street after a person dressed in a full chador covering shot at a large crowd that had gathered in the north of Tehran on January 10, during anti-government protests sparked by economic strain that exploded in size and intensity on January 8. “I heard this pop pop… and I saw with my eyes three people collapsed at the same time,” said 44-year-old Kiarash, who spoke to AFP by phone from Germany where he lives, after witnessing violent suppression of protests while visiting his native Iran. A man nearby shouted as he tried to help his companion, his hand covered in her blood, Kiarash said. “This is my nightmare right now,” he said. “He couldn’t understand that she had been shot.”If the shooter had been left-handed, Kiarash said, “I was dead.”He had gone out to protests despite witnessing horrific scenes earlier in the morning at the sprawling mortuary in southern Tehran.After receiving news that a friend had died after being shot, he went with relatives to the Behesht-e Zahrah cemetery. They found it flooded with people there to collect and prepare bodies for burial, which in Islam must be done as quickly as possible after death, often within 24 hours. People pushed into two warehouses stacked with black body bags, sometimes two or three on top of each other, he said. A mother on her own cried for help moving the body of her son. There were “more than 1,500, up to 2,500 (dead) people in just one warehouse”, said the former logistics company employee. The crowds chanted to honour the dead and against supreme leader Ayatollah Ali Khamenei, who leads the clerical authorities in place since the 1979 Islamic revolution. Security forces did not intervene, but stopped people from recording any images. Testimonies like Kiarash’s are part of the piecemeal picture emerging of what happened in Iran during the protests, after authorities imposed a nationwide internet blackout on January 8. – ‘People were not scattering’ -Norway-based rights group Iran Human Rights (IHR) says 3,428 protesters have been verified to have been killed by security forces, but warns the actual toll could be several times higher.Other estimates place the death toll at more than 5,000 — and possibly as high as 20,000 — with the internet blackout severely hampering independent verification, IHR said.The opposition Iran International channel based outside the country has said at least 12,000 people were killed during the protests, citing senior government and security sources.Eyewitness accounts received by IHR reported “protesters being shot dead while trying to flee, the use of military-grade weapons and the street execution of wounded protesters”. Kiarash, who had completed compulsory military service in Iran, said he recognised the sound of heavy machine gun fire at protests on January 8 in the northern city of Amol. A friend called his family to ask for blood donations for dozens of wounded — many of them hit in their feet, he said.Kaveh, using a pseudonym and speaking to AFP from Britain after leaving Iran, said he also heard gunshots in the streets of Tehran on Friday last week, but did not see shooters himself.  “It wasn’t shotgun (fire), it was an assault rifle, automatic bursts of fire… every 10 minutes we heard a row of gunshots,” the 33-year-old said. But “people were not scattering”, he added. “They were just staying.” Kaveh had felt a palpable change in Tehran’s streets before protests last week — shops closed and usually packed roads emptied. Then the internet went dark. People started to gather in the streets, putting up blockades and setting fires in trash bins, Kaveh said. He sent a text to his wife: “No internet, I’m good, Love u”. But the message wasn’t delivered.Videos have filtered out despite the internet blackout showing large demonstrations in which people shouted slogans against Khamenei and for the return of the monarchy ousted by the Islamic revolution, with some showing police cars and mosques on fire. A video geolocated by AFP to Kermanshah in western Iran was punctuated by the crack of what sound like gunshots. “Since the start of the protests I saw many bodies in the streets and people being shot,” a 39-year-old artist in Tehran said in a message to a friend. “Tehran looked like a war zone.” Mohammad, a 30-year-old Iranian photojournalist in Tehran, said he was “afraid of the possibility of a war or civil war” after “these peaceful protests turned extremely violent”.- Identified ‘by his tattoos’ – Saleh Alavizadeh, an Iranian actor and director based in France, said he knew two people who had been killed during the protests. “A young theatre actor was shot in the head, and because they couldn’t recognise him from his face… they had to recognise him by his tattoos,” he told AFP. “Everyone knows at least one person who has been killed,” Alavizadeh said of the several people he’d spoken to in Iran in recent days during spurts of connectivity.Canada said on Thursday that Iranian authorities had killed a Canadian citizen, and France said a French-Iranian woman had been injured in Iran, without providing further details.Iran’s Foreign Minister Abbas Araghchi has said only “hundreds” were killed in what authorities have deemed “riots” and a “terrorist operation” that hijacked peaceful protests over the economy and was fuelled by Tehran’s arch-foes the United States and Israel.State television has been awash with images of large pro-government demonstrations called by authorities, funeral processions for security forces and reports of thousands of arrests. Billboards have appeared in Tehran with an image of a burnt public bus with the words: “This is not a protest”.Even as government-approved media shares floods of clips online, ordinary Iranians have remained mostly cut off, leaving relatives abroad wracked with worry. Fearing messages sent by Starlink or landlines could be intercepted or mark them as spies, many Iranians stick to simple messages of reassurance. Kaveh gave friends with Starlink access several numbers to call. “Just report back if they’re good or not,” he told them. “We don’t go into details.” The government has said it has control of the streets and rights groups say there have been no verifiable reports of protests in recent days. Some Iranians said they were certain it is only a matter of time before protests flare up again despite — or as a result of — the high death toll. But for Kiarash, one thing was certain as he headed to the airport in Tehran to leave his homeland: for the city and the people, “nothing will be normal again”.

Luciano Benavides wins Dakar bike title by two seconds

Argentina’s Luciano Benavides won the Dakar Rally bike title by a mere two seconds in Saudi Arabia on Saturday.Second in the 13th and closing stage was enough for the 30-year-old KTM rider to deny Honda’s American two-time champion Ricky Brabec and secure his debut Dakar crown.”I’ve dreamed of this moment my whole life,” said the winner.Brabec, winner in 2020 and 2024, was on target for a third title but lost time when going the wrong way close to the finish of the 105km ride around Yanbu.”Even yesterday, it seemed impossible, but I still felt it could happen, and today Ricky took the wrong line and I took the right one,” Benavides said.”It was a glimmer of hope.”I saw it was him and that he had to pull a U-turn to get back on the right line because crossing between the two was impossible. I saw the opening and I went for it.”Edgar Canet won the stage, with Spain’s Tosha Schareina (Honda) finishing third and also taking the number-three spot in the overall standings.Benavides’s older brother Kevin won the marathon race in 2021 and 2023.The 2026 champion said he had given his all “from start to finish today”.”I’d told everyone before the start that this Dakar was mine,” he added.”Nine years in the Dakar and my first win. My brother and I are making history.”He won by 43 seconds and I’ve won by two. I think I have him beaten on that front! It’s a dream come true.”

Casse du Louvre: “nous n’avons pas dit notre dernier mot”, martèle la procureure de Paris

“Nous n’avons pas dit notre dernier mot”: trois mois après le retentissant casse du Louvre, la procureure de la République de Paris, Laure Beccuau, n’abandonne pas l’espoir de retrouver les bijoux, dans un entretien à l’AFP.Quatre hommes, suspectés d’être les membres du commando, et une femme considérée comme leur complice, ont été mis en examen dans les semaines qui ont suivi le vol des Joyaux de la Couronne, estimés à 88 millions d’euros. Ils sont interrogés depuis le début de la semaine par les juges d’instruction.Q: Les interrogatoires en cours ont-ils permis de faire avancer l’enquête?R: “À ce stade, de ce que l’on sait, les interrogatoires n’ont pas suscité d’éléments nouveaux d’enquête susceptibles de révéler de nouvelles pistes à explorer par les services enquêteurs (…) Ces investigations sont désormais à la main des magistrats instructeurs sur commission rogatoire. Mais ce que je peux affirmer, c’est qu’évidemment ce dossier reste un dossier prioritaire pour les services enquêteurs saisis, en l’occurrence la police judiciaire de la préfecture de police et l’office central de lutte contre le trafic des œuvres d’art. Ça reste un dossier évidemment sensible et prioritaire, puisqu’on reste avec l’objectif essentiel de retrouver des bijoux”.Q: À propos des bijoux, y a-t-il du nouveau ?R: “L’office central bénéficie d’un certain nombre de relais dans le monde de l’art, y compris international. Ils ont des possibilités d’avoir des signaux d’alerte sur les réseaux de receleurs, y compris à l’étranger (…) Dans ce type d’enquête, où l’on a encore des pistes à explorer et des interrogatoires à faire, nous nous refusons, et je suis convaincue que les magistrats instructeurs aussi, à avoir une piste privilégiée. Parce que c’est le meilleur moyen intellectuellement d’en fermer d’autres qui devraient être explorées”.”Nous n’avons pas de signaux qui nous disent que les bijoux sont susceptibles d’avoir franchi la frontière, nous avons encore des chances d’explorer des pistes au niveau national. Tout est possible”.Q: Que sait-on d’un éventuel commanditaire ?R: “C’est une hypothèse qui est examinée, mais qui ne peut pas être affirmée comme plus certaine qu’une autre. (…) Nous nous refusons à avoir une idée préconçue de ce qui peut avoir amené les intéressés à perpétrer ce vol au préjudice du musée du Louvre”.Q: Si quelqu’un rend les bijoux, la justice fera-t-elle preuve de mansuétude?R: “Si ces bijoux sont restitués, ce que je n’ai cessé de dire, c’est que cela constituerait un repentir actif qui peut être pris en considération au stade de la peine, dans un raisonnement judiciaire classique (…) Ça ne retire pas le fait que l’infraction a été commise. Il n’y aura pas de non-lieu à poursuivre. Mais au stade du choix de la peine, il appartiendra au ministère public, puis au tribunal, de tenir compte de l’attitude de ceux qui auront coopéré à l’enquête et qui auront contribué à réduire le préjudice.”Q: En tant que procureure de Paris, gardez-vous un espoir de remettre un jour la main sur ces bijoux ?R: “Notre détermination reste intacte. Nous n’avons pas dit notre dernier mot. Ça prendra le temps qu’il faudra. Quand je dis nous, j’inclus les enquêteurs notamment de la BRB (Brigade de répression du banditisme), les magistrats du parquet et les juges d’instruction de la Jirs (la Juridiction Interrégionale Spécialisée de Paris).”

Près de Strasbourg, la difficile préservation du riche patrimoine brassicole

A Schiltigheim, en banlieue de Strasbourg, élus et militants passionnés s’efforcent de sauvegarder le précieux héritage industriel de l’ancienne “cité des brasseurs” alsacienne, où la fin de la production de bière fin 2025 par Heineken a ouvert une vaste friche.La noria des camions a cessé devant le site de l’ancienne “Espérance”, une des cinq brasseries historiques de cette municipalité, que le groupe néerlandais avait acquise au début des années 70. Terminées aussi les odeurs de fermentation qui baignaient parfois les quartiers alentours.La décision annoncée en 2022 du géant d’Amsterdam fut, selon la maire Danielle Dambach, “un coup dur” qui s’est soldée par la perte de 220 emplois et la fermeture de la dernière grande brasserie en activité de la ville.Elle a aussi nourri l’amertume envers le groupe, qui avait déjà racheté deux autres grandes brasseries, Fischer et Adelshoffen, pour finalement les fermer. “Heineken a vampirisé Schilick”, appellation familière de la commune, estime l’édile écologiste auprès de l’AFP.A l’Espérance – qui fabriquait historiquement la bière Ancre – Fischer et Adelshoffen s’ajoutaient Perle et Schutzenberger. Ces dernières ont mis la clé sous la porte, au début des années 1970 pour la première, en 2006 pour la seconde, victimes notamment de la mondialisation du secteur et d’une concurrence accrue. – “Cathédrales industrielles”Ces entreprises marquent la mémoire de la ville mais aussi son paysage urbain, comme la malterie de Fischer et ses deux cheminées ou les bâtiments de style néo-médiéval allemand de Schutzenberger, des édifices en partie protégés par leur classement aux monuments historiques.De village, Schiltigheim s’est transformé au milieu du XIXe siècle en prospère ville industrielle après l’installation sur son territoire des cinq brasseries.Les grands patrons à l’époque “voulaient faire de belles usines, (…) ce sont un peu des cathédrales industrielles”, explique Jean-Pierre Nafziger, ancien professeur d’histoire et président de l’association Mémoire et Patrimoine de Schiltigheim.Pour lui, il est important de “garder une trace de ce passé”, qui constitue l’ADN de la ville, où fourmillaient aussi d’autres industries, comme les tonneliers, les chaudronniers et l’industrie alimentaire.Mais les intérêts s’affrontent avec d’un côté une commune et des pouvoirs publics soucieux de réhabiliter des sites – des processus long et coûteux -, et de l’autre les propriétaires qui veulent rentabiliser rapidement leur terrain dans l’immobilier, mais ont besoin pour cela de l’aval de la ville.Dans le passé, la confrontation avec Heineken fut rude, raconte la maire. Notamment pour le site Fischer, où est né un quartier de 600 logements -au lieu de 1000 initialement envisagés- autour de la malterie finalement sauvée, qui devrait héberger un complexe cinématographique.Perle fut rasée dans les années 80, Adelshoffen presque entièrement détruite dans les années 2000.- “Dernière chance”Pour Schutzenberger, aux mains d’un groupe immobilier, il aura fallu attendre près de vingt ans avant que, face à la dégradation des bâtiments, un projet de rénovation émerge fin 2025 pour créer logements, restaurants et commerces sur le site de 2,7 hectares.Si l’immobilier aura sans doute aussi sa part sur le vaste terrain de 13 hectares de Heineken/Espérance, les autorités publiques insistent d’ores et déjà sur la création d’espaces verts, d’un collège ou d’une activité économique.Le groupe néerlandais a indiqué à l’AFP ne pas avoir “à ce stade identifié de solution de reconversion pour le site”, par l’entremise de son service de communication en France.”Recréer une vie, ça se réfléchit, ça prend du temps”, souligne Mme Dambach. L’important à ce stade consiste surtout à superviser le démantèlement et dialoguer avec le propriétaire, dit-elle.  Pour le collectif La Cité des Brasseurs Schiltigheim, créé en 2024, la fermeture du site avec sa célèbre salle de brassage classée aux monuments historiques, constitue “la dernière chance” de créer ce qui fait défaut à l’Alsace: un “lieu public -à mi-chemin entre le musée et le loisir-” dédié à l’histoire et à la culture brassicole.”On sera sévèrement jugé par les générations futures si on n’est pas en mesure aujourd’hui de faire quelque chose pour sauvegarder ce patrimoine”, explique à l’AFP Maxence Creusat, l’un des fondateurs de ce collectif de bénévoles, apolitiques et passionnés, qui entend proposer un projet dans ce sens.Car pour lui, “si on ne fait rien aujourd’hui, c’est simple, dans 50 ans, il n’y aura plus rien”.

Budget: des chiffrages en cours pour la surtaxe des bénéfices des entreprises, dit Roland Lescure

Le ministre de l’Economie et des Finances Roland Lescure a évoqué samedi des chiffrages en cours au sujet d’une éventuelle surtaxe des bénéfices des grandes entreprises samedi, une mesure réclamée par le parti socialiste mais repoussée à l’Assemblée.”On est en train encore de caler les derniers chiffrages. Pourquoi? Parce qu’on est encore en train de négocier avec les groupes parlementaires du Sénat l’évolution des dépenses des collectivités locales”, a commenté le ministre sur France info, rappelant que la mesure figurait dans le budget initial du gouvernement. “Ce n’est pas seulement une demande du PS”, a-t-il ajouté.Lors de son allocution vendredi, le Premier ministre Sébastien Lecornu n’a rien dit de cette éventuelle surtaxe sur les bénéfices des entreprises, censée aider à la négociation avec le PS mais repoussée à l’Assemblée. Opposés à cette mesure, les groupes LR et Renaissance n’ont pas apporté leur soutien à un amendement du gouvernement jeudi, qui aurait porté le rendement de la surtaxe à 6,3 milliards d’euros, contre 8 milliards en 2025 et 4 milliards dans le projet de loi initial du gouvernement pour 2026.Les socialistes réclamaient quant à eux le maintien de la surtaxe à 8 milliards. Début janvier, Roland Lescure avait plaidé pour la réintroduction de cette surtaxe à l’Assemblée, après sa suppression au Sénat, nécessaire au compromis, selon lui.”On est en train de caler ça. Donc on aura l’occasion de vous donner les chiffres exacts dans les 2-3 jours qui viennent au maximum”, a précisé le ministre de l’Economie samedi.M. Lescure a par ailleurs confirmé l’augmentation de 50 euros en moyenne de la prime d’activité, un complément de revenu versé aux travailleurs à revenus modestes, pour plus de trois millions de ménages, une mesure annoncée par le Premier ministre vendredi.”Il y avait des économies prévues sur la prime d’activité (…) Tout ça, c’est terminé. Mais il y a en plus une hausse de la prime d’activité qui fait à peu près 50 euros pour quelqu’un qui gagne le SMIC”, a expliqué Roland Lescure.Le gouvernement doit trancher d’ici mardi entre un recours au 49.3 ou à une ordonnance budgétaire pour tenter de faire passer le projet de budget sans vote.”Le vote du budget, j’allais dire traditionnel, est malheureusement proscrit du fait de la manière dont les débats se sont produits. Moi, j’ai été élu à l’Assemblée nationale. Je préfère toujours que l’Assemblée nationale puisse se prononcer. Et on verra dans les heures qui viennent ce qu’on décide”, a répondu Roland Lescure, interrogé sur l’option qui sera retenue par le gouvernement.